Je saaaaaaaaaaaaais, je suis une horrible horriiiiible personne! Non seulement je n'ai plus posté depuis des mois mais en plus, je n'ai pas répondu à toutes vos reviews sur le dernier chapitre... J'ai honte!

Mais j'espère tout de même me rattraper avec la longueur et le contenu légèrement citronné du chapitre ci-dessous. Pourvu que ça vous plaise!

Encore une fois, merci de votre patience, votre fidélité, vos encouragements et autres marques de sympathie. Vous êtes top! :')

Je vous laisse à votre lecture et vous donne rendez-vous en bas...

Disclaimer: Twilight et ses personnages appartiennent à S. Meyer. Je ne fais que jouer avec...


- « I'm FREE ! I'm freeeeeee… » chantonnai-je en ouvrant la porte de ma chambre. « LIKE A RIVER ! »

Alice, assise à son bureau, se tourna vers moi en me lançant un regard sceptique auquel je répondis par un sourire qui dévoilait toutes mes dents. Elle me regarda patiemment exécuter une petite danse de la joie – complètement désynchronisée mais fallait-il encore le préciser ? – tout en me délestant de mon manteau et de mon sac, que j'envoyai tous deux valser dans un coin de la pièce.

- « J'en déduis que ton exam s'est bien passé ? »

Bingo !

- « Au-delà de mes espérances ! »

- « Je t'avais bien dit que tu n'avais aucune raison de t'inquiéter… »

Aucune raison, c'était vite dit. La philo avait toujours été ma bête noire. Il avait fallu que je travaille deux fois plus pour ce cours que pour n'importe quel autre… Mais toutes ces heures de travail avaient fini par payer !

- « Soit. On s'en fiche. L'important, c'est que ma session d'exams est officiellement TERMINEE ! » hurlai-je en me lançant à plat ventre sur mon lit, rebondissant mollement.

Je prévoyais de dormir au moins… trois jours d'affilée.

- « Ca va, ça va, calme ta joie ! Aie un peu de compassion pour ceux qui n'en ont pas encore fini avec cette infamie » râla-t-elle en désignant sa monstrueuse pile de notes.

- « Oh allez, un petit effort ! Demain, à cette heure-ci, tu en seras au même point que moi »

- « Demain ne pourra jamais arriver assez vite… » marmonna-t-elle en mâchonnant son crayon. « Au fait, je compte sur toi pour ne rien prévoir demain après-midi. J'ai réservé pour 15 heures tapantes dans un petit spa pour Rose, toi et moi. Accès aux thermes, massages aux huiles essentielles et manucure / pédicure. Puis, je vous invite au resto pour fêter la fin de ce calvaire »

- « Quelle générosité »

- « Contente-toi d'accepter ! »

J'étais de trop bonne humeur que pour lui refuser ce plaisir…

- « Tout ce que tu voudras ! »

Elle se tourna vers moi et je vis sa bouche s'ouvrir puis se fermer.

- « Répète un peu ça pour voir ? »

- « Tout. Ce. Que. Tu. Voudras »

- « Ce que j'aime entendre ces mots sortir de ta bouche… » soupira-t-elle. « Ils sont tellement rares »

- « Roh, t'exagères ! » rigolai-je.

Bella Swan, experte en mauvaise foi, bonjour ?

- « A peine. Sinon, t'as déjà prévu quelque chose pour ce soir ? Pas que je veuille te foutre dehors mais je risque de veiller tard à cause de ce maudit exam d'histoire de l'art qui me donne envie de me frapper le crâne contre le mur. Plusieurs fois. Jusqu'au black out total, en fait »

Mon cœur se réchauffa instantanément à sa question. Oui, j'avais effectivement quelque chose de prévu. Sitôt sortie de la salle d'examen une demi-heure plus tôt, j'avais reçu un sms d'Edward.

Reçu le jeudi 19 janvier 2012 à 16h03

De : Edward Cullen

17/2B Pikestreet. Viens fêter la fin de tes exams chez moi ce soir, 19 heures. Tu me manques. E.

Ca m'avait fait sourire.

Et m'avait rendue fiévreuse aussi…

- « Ton frère m'a invitée chez lui »

Elle me fit son sourire spécial perverse.

- « J'en connais une qui ne se souviendra plus de son prénom demain matin »

- « Alice ! » râlai-je.

- « Quoi, tu ne vas tout de même pas me faire croire que vous allez vous regarder dans le blanc des yeux toute la soirée ! »

Je levai les yeux au ciel mais ne pus m'empêcher de sourire. Me contenter de regarder Edward dans les yeux ne faisait effectivement pas partie de mes plans pour la soirée… Depuis notre petite séance dans la voiture plus d'une semaine auparavant, nous ne nous étions vus qu'une seule et unique fois lui et moi : le jour de mon examen de littérature française. Il était arrivé dans l'auditoire, la pile d'examens vierges sous le bras et un sourire dévastateur collé aux lèvres. Sous son blazer, il avait à nouveau revêtu le t-shirt que je lui avais offert et qui, apparemment, était devenu son vêtement fétiche. Lorsqu'il avait pris la parole, ses yeux étaient tombés sur moi et la chaleur qu'ils dégageaient m'avait tout de suite apaisée. J'avais beau maîtriser la matière, il y avait toujours cette petite part d'appréhension juste avant de découvrir les questions d'un examen… Edward nous avait alors annoncé que ce dernier se ferait via des questionnaires anonymes et j'avais apprécié ça. Je ne voulais pas que le fait qu'on soit ensemble influence sa manière de me noter et apparemment, c'était également son cas.

L'examen ne m'avait pas posé de problème majeur. A vrai dire, je pensais même l'avoir plutôt bien réussi… Et quand je lui avais tendu mon enveloppe avec mon nom couvert d'une étiquette blanche deux heures plus tard, j'avais frissonné lorsque ses doigts avaient frôlé les miens en la récupérant. Edward nous avait alors offert un sourire qui nous avait fait fondre, ma petite culotte et moi.

Mais ce petit geste mis à part, nous n'avions plus eu aucun contact physique depuis une semaine. Il avait respecté mon désir de distance durant les examens, même s'il m'avait avoué avoir du mal avec ça. Et je ne pouvais qu'être d'accord. Bien sûr, nous nous étions envoyé de nombreux sms – certains assez… disons explicites d'ailleurs – et nous étions appelés chaque soir… Mais ce n'était pas la même chose. Il me manquait. Cruellement. Je voulais être proche de lui. Désespérément.

Et aujourd'hui, mes partiels étaient officiellement terminés et il m'invitait à fêter ça. Dans son appartement.

Lui et moi.

Seuls.

Je ne pouvais pas attendre…

- « No comment… » marmonnai-je.

- « Oh mais tu n'as pas besoin d'en faire, tes rougeurs parlent pour toi ! Au moins, l'une de nous deux aura droit à un peu d'action ce soir… »

- « Tu peux toujours demander à mon frère de passer » fis-je, même si les mots m'écorchaient légèrement la bouche.

Parler de la vie sexuelle de mon frère m'enchantait toujours autant…

- « Je pourrais oui… Sauf que je suis toujours en pleine grève du sexe ! »

- « Alice, franchement, tu devrais arrêter avec ça. Tu vois bien que ça ne change rien à la situation… »

Depuis qu'Edward et moi avions annoncé notre réconciliation, mon frère ne m'avait plus adressé la parole. J'avais essayé de discuter avec lui plusieurs fois mais rien n'y faisais : pour lui, j'avais commis une erreur monumentale en pardonnant à Edward et je n'allais pas tarder à le regretter. Voyant que la situation était loin de s'arranger, Alice s'y était mise à son tour et avait tenté de le raisonner mais dès qu'elle mettait le sujet sur le tapis, il se fermait comme une huître. Alors, pour protester, elle avait initié une espèce de grève du sexe pour une durée indéterminée.

- « Tu te fais du mal pour rien » ajoutai-je.

- « Ma meilleure amie et mon frère sont amoureux l'un de l'autre. Je trouve ça super et ça me rend heureuse. Tant que mon petit ami ne peut pas accepter ça, eh bien, il faudra qu'il se contente de jouer tout seul avec mini Jazzy. Point barre »

Je secouai la tête. Cette fille était têtue comme une mule… Mais je ne pouvais pas nier que la savoir de notre côté me rassurait, quelque part.

- « Et puis, de toute façon, il ne pourra plus résister à ça » sourit-elle en désignant sa poitrine du doigt « … très longtemps. Une semaine, tout au plus »

- « Si tu le dis… »

- « Fais-moi un peu confiance. A quelle heure est-ce que mon frère t'a demandé de venir chez lui ? »

- « 19 heures »

Ses yeux firent l'aller-retour entre l'horloge murale et moi, avant de s'écarquiller. Elle se leva de sa chaise et se mit à gesticuler dans tous les sens.

- « Mais… mais c'est dans moins de deux heures ! »

- « Et alors ? »

- « Et alors ? Qu'est-ce que tu fiches encore ici à me parler alors que tu devrais être dans cette foutue salle de bain ? »

La pauvre fille semblait sur le point de faire une attaque.

- « Va prendre ta douche ! Je me charge de te trouver une tenue valable. Puis, je m'occuperai de tes cheveux et de ton make up. Allez allez ! » exigea-t-elle en m'extrayant de mon lit en tirant frénétiquement sur mon bras.

Malgré mes protestations, elle me traîna ensuite jusqu'à la salle de bain et me poussa à l'intérieur avant de refermer la porte sur moi d'un coup sec en me sommant, je cite, de « me magner sévère ».

- « Chef oui chef ! » éructai-je, tout sourire.

Mais ce dernier fana d'un coup lorsque je me postai devant le miroir. Lorgnant d'un œil mauvais mes cernes presque violettes, mon teint blême et mes cheveux ternes, je me demandai soudain si j'aurais assez de deux heures pour arranger ma mine affreuse avant de rendre visite au Dieu vivant qui me servait de petit ami.

- « Bon ben, quand faut y aller… » soupirai-je en agrippant mon rasoir d'une main et mon exfoliant de l'autre. « Au boulot ! »


Un peu plus de deux heures plus tard, je me retrouvai devant la porte de l'appartement d'Edward, les mains tremblantes et le cœur au bord des lèvres. Alice avait fait des miracles sur moi. En trois coups de pinceau, elle avait réussi à me donner une allure humaine. Elle avait même accepté de troquer la robe rouge sang qu'elle avait prévue pour moi contre un jean sombre et un joli haut blanc qui tombait légèrement sur mon épaule.

Classique et simple. Comme moi.

J'étais aussi impatiente que stressée, même si je savais que je n'avais aucune raison de l'être. Nous allions juste passer une agréable soirée ensemble…

qui se terminerait peut-être dans son lit.

Celui même dans lequel je l'avais imaginé maintes et maintes fois…

Urgh.

Prenant une inspiration pour m'exhorter au calme, je frappai trois petits coups et attendis qu'il vienne m'ouvrir en tripotant nerveusement la lanière du sac que ma colocataire m'avait forcée à emporter.

« Mon frère n'a probablement pas de démaquillant chez lui et si tu finis par passer la nuit sur place, je peux te garantir qu'il n'appréciera pas ce qu'il trouvera en face de lui au réveil si tu ne prends pas ce fichu sac avec toi ! ».

Sauf que, vu la taille du sac, il y avait probablement autre chose que du démaquillant à l'intérieur…

J'entendis bientôt un bruit de pas feutrés de l'autre côté de la porte et l'instant d'après, un Edward en jean délavé et simple t-shirt blanc me fit face.

Il était pieds nus et sans vraiment savoir pourquoi, cette vision me fit déglutir bruyamment.

- « Hey » sourit-il en me scannant rapidement de la tête aux pieds.

- « Salut »

- « Tu es en retard… »

- « D'à peine dix minutes »

- « C'est déjà de trop » grogna-t-il en m'attirant brusquement à lui.

Ses lèvres touchèrent à peine les miennes que déjà, sa langue avide s'invitait dans ma bouche. Agréablement surprise par son accueil plus que chaleureux, je lâchai mon sac, qui tomba au sol dans un bruit sourd, pour attraper ses cheveux encore humides à pleines mains tandis que les siennes vinrent crocheter l'arrière de mes cuisses pour me soulever du sol. J'entendis vaguement la porte claquer derrière moi avant qu'il ne me plaque tout contre, rapprochant dangereusement nos corps l'un de l'autre.

La suite fut une lente succession de soupirs, de morsures, de succions, lapements et autres frottements tous plus agréables les uns que les autres.

Lorsqu'il finit par décoller ses lèvres des miennes au bout de longues minutes, j'ouvris les yeux et tombai sur mon sourire en coin préféré.

- « Tu m'as manqué »

- « J'ai cru comprendre » fis-je, à bout de souffle. « Quel accueil… »

- « J'ai à cœur de mettre mes invités à l'aise »

Je fis une moue que j'espérais convaincante.

- « Dis-moi que tu ne réserves pas le même traitement à tous tes invités ! »

Son sourire s'accentua et il pinça légèrement ma fesse gauche.

- « Rassurez-vous : c'est un privilège qui vous est exclusivement réservé, miss Swan »

Il souffla un dernier baiser sur mes lèvres et me reposa ensuite sur le sol. J'en profitai pour récupérer mon sac et lorsqu'il s'en aperçut, je vis ses lèvres frémir.

Monsieur est content on dirait !

- « Bienvenue chez moi » fit-il en me prenant le poids des mains. « Je te fais faire le tour du propriétaire ? ».

J'acquiesçai vigoureusement, impatiente de découvrir l'endroit où l'homme de mes rêves passait une bonne partie de ses journées… et toutes ses nuits. Prenant ma main dans la sienne, il parcourut un petit couloir avant de pousser une porte vitrée qui débouchait sur une grande pièce.

- « Le salon… »

Je fis un tour sur moi-même, appréciant le style sobre et élégant de la pièce. Un grand canapé en cuir noir surmonté d'une fresque abstraite aux accents rouge vif, une petite table basse en bois clair, trois pans de murs blancs et le dernier gris souris, une bibliothèque aux étagères pleines à craquer, quelques discrets objets de décoration ci et là, le tout sous un éclairage légèrement tamisé…

- « Très joli » commentai-je.

- « Merci mais j'ai bien peur de n'y être pour rien sur ce coup. Esmée s'est occupée de la déco »

- « Ta mère est décoratrice d'intérieur, c'est bien ça ? »

- « Oui, en tant qu'indépendante »

- « Charlie pourrait peut-être lui demander deux ou trois conseils pour la maison » dis-je distraitement.

Il arqua un sourcil et je me rendis compte de ce que je venais de dire.

- « Enfin, je veux dire… Q-quand ils… hum… »

- « Je suis sûr qu'elle serait à la fois ravie de le rencontrer et de l'aider » m'interrompit-il en souriant doucement.

Nous continuâmes ensuite la visite avec la cuisine, où une petite table pour deux avait été dressée. Une délicieuse odeur épicée s'échappait du four mais Edward refusa de me laisser jeter un coup d'œil au contenu du plat sous prétexte que cela devait rester une surprise. Cela m'intrigua mais je décidai de jouer le jeu. Vinrent ensuite son bureau, classique et étonnamment bien rangé, la chambre d'amis, la salle de bains encore embuée de sa récente douche…

- « … et enfin, ma chambre »

Il ouvrit la porte avant de s'écarter et j'en profitai pour faire quelques timides pas à l'intérieur de la pièce. Les tons verts et marrons prédominaient ici, donnant une atmosphère boisée et chaleureuse à la pièce. Un grand lit en bois sculpté trônait en son centre et à sa droite, je repérai une porte ouverte menant à un dressing, ainsi qu'une autre, donnant sur la salle de bain visitée plus tôt. La décoration se limitait à une toile, quelques livres et un cadre sur l'une des tables de chevet.

Lorsque je m'approchai, je fus surprise de découvrir que c'était en fait une photo de moi.

- « Où est-ce que tu as eu ça ? » interrogeai-je en me saisissant de l'objet.

La photo datait de la soirée du nouvel an. Il s'agissait d'un plan assez rapproché. Un de mes amis devait être en train de faire le pitre parce que je riais aux éclats, les yeux fermés et la tête rejetée en arrière…

- « Alice m'a fait envoyer un jeu de photos » fit-il en posant mon sac au pied du lit avant de se placer derrière moi. « Apparemment, le photographe qu'elle a engagé ce soir là est un peu tombé sous ton charme »

Je tournai la tête vers lui en fronçant les sourcils et, comme pour me prouver ses dires, il sortit une pile de clichés de sa table de chevet. J'apparaissais effectivement sur bon nombre d'entre eux, tantôt souriante, tantôt… mélancolique ? Une photo en particulier attira toute mon attention. Quiconque l'observerait distraitement conclurait qu'il s'agissait d'un cliché raté. On y apercevait un morceau de mon profil alors que j'avais les yeux baissés. Je devais m'être mise à marcher lorsque le photographe avait appuyé sur le déclencheur car mon visage était flou. Mais en y regardant de plus près, dans un coin de la photo, on pouvait apercevoir Edward. Il était là, dans mon dos, les yeux braqués sur ma nuque.

Des yeux pleins de ferveur, de regret et d'envie aussi.

- « J'aime beaucoup celle-ci » chuchotai-je en traçant du bout des doigts son visage harmonieux saisi sur papier.

Me regardait-il toujours avec ces yeux-là ?

- « Moi aussi. Mais tu peux la garder si tu le souhaites »

Je me tournai vers lui et entourai sa taille de mes bras. Dressée sur la pointe des pieds, j'effleurai ses lèvres des miennes en un remerciement silencieux. Ses mains vinrent alors encadrer mon visage et il me rendit mon baiser avec délicatesse et révérence.

C'était un moment plein de douceur. Un moment parfait…

… jusqu'à ce que mon ventre vienne tout gâcher en gargouillant bruyamment.

Argh !

- « Tiens, je ne savais pas qu'on avait entrepris des travaux de forage dans le coin… » fit-il le plus sérieusement du monde en regardant vers la fenêtre.

Je lui donnai un coup dans le ventre, boudeuse.

- « C'est malin, tiens ! »

- « Ow, mais c'est qu'elle en deviendrait presque violente ! » s'esclaffa-t-il.

- « Je te conseille d'arrêter de me chercher Cullen sinon… »

Je m'apprêtai à lui donner un deuxième coup pour l'astreindre au silence lorsqu'il intercepta ma main et me fit reculer. En trois rapides enjambées, je me retrouvai allongée sur son lit, les bras au dessus de ma tête maintenus par l'une de ses mains et son corps musclé moulé au mien.

- « Sinon quoi, Bella ? »

J'aurais volontiers continué ce jeu de taquineries si je n'avais pas été aussi distraite par son odeur musquée, son regard brûlant et son désir évident qui pointait contre mon ventre.

- « Alors ? »

- « Hein ? »

Il haussa un sourcil.

- « Tu étais en train de me menacer… »

- « Oh ? »

- « Hin hin… Et si je suis pour la non-violence, sache que je n'hésiterai pas à te punir si tu tentes encore une fois de me frapper »

- « Me punir ? » déglutis-je, anormalement excitée à cette perspective.

Un sourire lascif étira ses belles lèvres.

- « Oui »

- « Comment ? »

- « J'ai quelques idées en tête » souffla-t-il en faisant traîner son index de ma joue à ma clavicule, me faisant trembler. « Il est possible que l'une d'entre elles vous inclue, toi et tes adorables fesses, alors que je te ferai basculer par-dessus mes genoux »

Je pouvais sentir mon sang battre rapidement à mes tempes.

- « Tu es sérieux ? »

- « Peut-être » sourit-il énigmatiquement.

Je roulai des yeux.

- « Pervers ! »

- « Quoi, ça te choque ? Parce que si c'est le cas, je ferais mieux de ne pas te dire tout ce que j'ai pu faire dans ce lit en pensant à toi… »

Il se lécha les lèvres et je mordis durement les miennes alors qu'une vision de lui, nu et proche de l'extase, brouillait ma vue.

Voilà une discussion qui pourrait s'avérer intéressante !

Au moment où j'envisageais de creuser le sujet, mon ventre gargouilla de plus belle et Edward soupira avant de relâcher sa prise sur moi.

- « Allez viens, allons nourrir la bête »

Je me saisis de la main qu'il me tendait et il m'aida à me remettre debout.

- « Cette discussion est loin d'être finie » prévins-je alors qu'il me menait hors de la pièce, un sourire satisfait collé au visage.

Il secoua la tête, clairement amusé, et porta ma main à ses lèvres.

- « A vos ordres, princesse »


- « Je n'arrive pas à croire que tu aies cuisiné pour moi ! »

- « Et moi, je n'arrive pas à croire que le bâtiment ne soit pas réduit en cendres après ça » s'esclaffa-t-il en reprenant une gorgée de vin.

J'en fis de même, appréciant sa fraîcheur et son goût fruité en contemplant mon assiette vide.

J'avais mangé comme une ogresse !

- « En tout cas, c'était délicieux. Vraiment. Je suis très impressionnée… »

Avec son velouté aux champignons en entrée et son saumon au beurre d'épices en plat principal, on pouvait dire qu'il s'était décarcassé ce soir. Sans parler de l'ambiance romantique du dîner : après avoir éteint toutes les lumières de la pièce, il avait savamment disposé quelques bougies dans la cuisine et nous avait concocté une petite playlist à la fois soul et jazzy du meilleur goût pour accompagner le repas…

- « J'espère que tu as gardé un peu de place » sourit-il. « Je t'ai préparé un dessert et je crois bien qu'il s'agit de la pièce maîtresse du menu » ajouta-t-il en se levant.

Il passa de l'autre côté du comptoir et je levai à mon tour pour aller prendre place sur l'un des tabourets hauts adjacents. Penché vers l'avant, il vérifiait la cuisson de son dessert dans le four, m'offrant une vue imprenable sur ses épaules larges, son dos musclé et ses fesses parfaitement galbées. Je soupirai. Ce mec ressemblait à une gravure de mode et il était à moi.

A moi.

Il sortit deux petits ramequins du four et les déposa sur le comptoir avec deux cuillères. Bien que repue, l'eau me monta directement à la bouche en voyant ce qu'il m'avait préparé.

- « Est-ce que c'est… »

- « … un fondant au chocolat, oui. Je crois me souvenir que tu as un faible pour cette sucrerie »

- « C'est plus qu'un faible ! » ris-je en observant le petit gâteau sous toutes ses coutures. « Ca m'a l'air merveilleux »

- « Goûtes-y et dis-moi si ça n'en a que l'air… »

N'y tenant plus, je plantai ma cuillère dans le dessert encore chaud et la portai à mes lèvres. Ce fut alors l'explosion de goût. Le côté amer du chocolat était contrebalancé par le caractère à la fois sucré et acidulé des framboises qui avaient été ajoutées au cœur du dessert. C'était délicieux. Tellement délicieux que mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes, comme si me priver du sens de la vue renforcerait encore celui du goût.

- « Mmmmmh Edward, ce truc est fantastique » gémis-je.

J'ouvris les yeux et tombai sur les siens, profonds et légèrement noircis.

Je connaissais ce regard.

C'était celui de l'envie. Du désir brut. De la perte de contrôle imminente.

Je ne devais pas être étonnée… Durant tout le dîner, nous avions passé notre temps à nous taquiner et l'air était empli d'une électricité que je ne connaissais que trop bien. Celle qui était liée à l'anticipation.

Et apparemment, je venais de craquer l'allumette qui nous enflammerait pour de bon tous les deux.

- « Ah oui ? » fit-il d'une voix rauque.

J'acquiesçai lentement, émerveillée par le jeu d'ombre que provoquait la flamme d'une bougie sur sa peau. Replantant ma cuillère dans le dessert, j'amenai une autre bouchée à mes lèvres quand sa main s'enroula fermement autour de mon poignet.

- « A mon tour »

J'haussai un sourcil en le voyant repousser son propre fondant vers l'extrémité du comptoir et se pencher vers moi.

Il voulait goûter mon dessert.

Et en voyant le feu qui brûlait dans son regard, j'étais toute disposée à partager… J'amenai donc la douceur à sa bouche divine et observai, hypnotisée, cette dernière se refermer autour du couvert en argent. Un grondement rauque s'échappa de sa gorge lorsque les saveurs exquises assaillirent son palais et je réprimai un gémissement sonore quand sa langue apparut pour lécher une ultime trace de chocolat fondu qui avait échappé à ses lèvres.

- « Délicieux » statua-t-il alors que ses doigts lâchaient mon poignet pour venir saisir le couvert à leur tour.

Il amena une nouvelle bouchée à mes lèvres et sourit lorsqu'un filet de chocolat s'échappa pour atterrir sur mon menton. Il vint le recueillir du pouce et cette fois, ce fut ma main qui saisit son poignet. Plantant mes yeux dans les siens, j'amenai alors son pouce à mes lèvres et, sans un mot, l'engloutit. Ce simple geste le fit haleter bruyamment et il m'observa, fasciné, suçoter son doigt d'une manière qui, je le savais, était plus qu'équivoque.

- « Tout à fait d'accord » confirmai-je après avoir relâché sa main, qui resta un moment suspendue dans les airs.

Ses yeux se fermèrent durant un instant et lorsqu'il les rouvrit, ils étaient voilés.

[Playlist : Desire – Under Your Spell : www . youtube . com / watch?v = JqNjgymKacY & feature = related]

- « Oh Bella… » expira-t-il. « Tu n'aurais vraiment pas du faire ça »

Et là, sans que je comprenne comment, je me retrouvai assise sur le comptoir tandis qu'Edward, niché entre mes cuisses écartées, affolait ma langue de la sienne. Ses mains erraient partout sur moi, frénétiques et avides. Elles caressaient, agrippaient, palpaient sans aucune retenue pendant qu'il m'étouffait de baisers.

- « As-tu la moindre idée d'à quel point tu me rends dingue ? »

Je souris contre ses lèvres et pour toute réponse, lui rendis son baiser avec ferveur en ondulant du bassin, désireuse de le sentir au plus près de moi. Ma verve le fit grogner sauvagement et je sentis alors son érection se presser plus franchement contre mon centre déjà surchauffé.

Nos mouvements étaient brusques, animaux. Instinctifs et désespérés.

Lui et moi savions ce qui allait se passer ce soir. Ce qui allait se passer maintenant.

Nous avions assez attendu et le moment était venu pour nous de nous retrouver.

- « Accroche-toi à moi » commanda-t-il.

Je m'exécutai, m'agrippant à lui comme s'il était la seule chose susceptible de m'empêcher de me perdre au beau milieu du tourbillon de sensations dans lequel j'étais plongée. Sa bouche toujours collée à la mienne, il nous mena hors de la cuisine d'un pas déterminé et, alors que je pensais qu'il prendrait la direction de sa chambre, il s'arrêta au beau milieu du salon pour m'allonger sur son canapé. Son corps vint immédiatement recouvrir le mien et sa tête trouva refuge dans le creux de mon cou.

- « La… la… ch-chambre » bégayai-je piteusement.

- « Non. Je te veux ici. Maintenant »

Sa langue glissa jusqu'à ma mâchoire, qu'il se mit à la mordiller tendrement. C'était tellement bon que mes mains partirent d'elles même à l'assaut de ses mèches folles pour maintenir son visage à cet endroit. Ses lèvres s'y attardèrent longuement, et migrèrent ensuite plus bas. D'abord sur ma gorge, puis sur mes clavicules, avant de terminer leur course dans mon décolleté.

- « Tu sens tellement bon… » soupira-t-il en y enfouissant son visage.

Du bout des lèvres, il effleura l'endroit où mon cœur battait à tout rompre et ce simple geste fit remonter une boule d'émotion dans ma gorge. Son regard sérieux et attentif se planta alors dans le mien juste avant que je ne sente l'une de ses mains serpenter sous mon haut pour aller empaumer délicatement mon sein gauche. Mon corps s'arqua contre le sien, poussant mon globe durci de désir dans sa paume. Il en agaça légèrement la pointe du pouce, ne me quittant pas des yeux, et une salve de frissons remonta le long de mon épine dorsale.

- « Oh… » gémis-je en remontant une jambe contre sa hanche.

- « J'ai besoin de te sentir… De te goûter… »

Il se mit à déboutonner mon chemisier de sa main libre, caressant les pans de peau progressivement révélés et lorsque ce fut fait, il s'attaqua directement à l'agrafe de mon soutien-gorge. J'eus à peine le temps de m'étonner de sa dextérité en la matière que sa bouche fondit sur mon autre pointe douloureusement tendue pour lui. Ses lèvres, sa langue et ses dents la sucèrent, lapèrent et mordillèrent avec dévotion, avant d'infliger le même délicieux traitement à sa jumelle.

Je ne cessais de piailler, soupirer et gesticuler sous lui. Tout cela était trop et pas assez à la fois.

- « Ed… s-s'il te plaît… »

Ma supplique le fit relever les yeux vers moi et je profitai de son interruption pour le pousser en arrière. A genoux face à lui, je saisis le bord de son t-shirt et fit passer ce dernier par-dessus sa tête, ébouriffant encore un peu plus ses cheveux au passage. Son torse lisse et musclé se révéla à ma vue et j'y posai immédiatement les mains, m'émerveillant de sa douceur et de sa perfection. Il me laissa faire tout suivant des yeux le chemin de mes caresses, qui se dirigèrent inexorablement vers le sud… Mes doigts tremblants longèrent la ligne de poils descendant toujours plus bas et lorsqu'ils parvinrent à la lisière son jean, la respiration d'Edward était bruyante et erratique.

A l'instar de la mienne.

Mon index traîna là un long moment, au bout duquel je levai les yeux vers lui. Les siens me suppliaient de continuer, ce que je fis, ouvrant son bouton, puis descendant sa fermeture éclair avant de tirer le vêtement vers le bas.

Je voulais le voir nu. Je voulais sentir sa peau contre la mienne.

Sans aucune barrière.

Il se leva pour s'en débarrasser complètement et se repositionna ensuite face à moi. Je pris un moment pour le contempler, à moitié nu, les muscles de ses jambes bandés, son sous-vêtement blanc tendu par une érection qu'il m'était impossible d'ignorer.

Bon sang, il était magnifique.

Se penchant vers moi, il déposa un tendre baiser sur mes lèvres et je sentis alors sa main agripper le devant de mon propre pantalon. Lentement, sensuellement, il reproduit chacun de mes gestes et mon vêtement ne tarda pas à rejoindre le sien à l'autre bout de la pièce. Plongeant son regard dans le mien, il glissa alors ses doigts à l'intérieur de mon sous-vêtement et je m'empressai de l'imiter. Nous les fîmes glisser simultanément sur les jambes de l'autre, pour ensuite les jeter au pied du canapé.

Nous nous retrouvâmes dès lors face à face, vulnérables, haletants.

Et dévorés par l'envie.

Ses yeux parcoururent quelques instants ma forme nue avec désir avant de revenir aux miens.

- « Viens là » souffla-t-il en ceinturant ma taille de ses grandes mains.

Il me rapprocha de lui et je vins m'installer sur ses cuisses fuselées, passant mes bras autour de son cou. Les lèvres de mon amant se mirent à picorer les miennes dans un baiser doux, qui se fit vorace lorsque sa langue se pressa contre mes lèvres. J'ouvris la bouche pour lui et il avala mon cri quand ses mains empoignèrent mes fesses pour me plaquer encore un peu plus contre lui et que je sentis son membre en érection dur et brûlant contre mon ventre. Mon intimité déjà détrempée s'humidifia derechef. Excitée au-delà du possible, je ne pus m'empêcher d'enrouler ma main autour de son sexe tendu, le faisant grogner contre mes lèvres.

Je me mis à le caresser doucement et sa bouche quitta la mienne pour me regarder faire.

- « Mmmh oui… juste… comme ça »

Je le cajolai encore un moment, fascinée par son expression voluptueuse et le plaisir qu'il semblait prendre à être caressé de la sorte. Au bout de quelques minutes cependant, sa main vint recouvrir la mienne pour défaire ma prise.

Je lui lançai un regard perdu auquel il répondit par un sourire sexy.

- « Je ne veux pas venir comme ça » expliqua-t-il. « Je veux venir en toi. Et je veux que tu viennes avec moi »

Putain.

Ses mains soulevèrent légèrement mes fesses et il nous fit subitement rebasculer vers arrière, me tirant un petit cri qui le fit éclater de rire. Nous reprîmes alors le baiser là où nous l'avions laissé, souriant comme des idiots contre la bouche de l'autre, tendres, complices.

Heureux de nous retrouver.

D'une main, il remonta l'une de mes jambes contre lui, se créant ainsi un espace pour venir se loger entre mes cuisses. Nos intimités se rencontrèrent et nous gémîmes de concert. Sentir son corps nu contre le mien me fit instantanément perdre pied. Je me mis à onduler des hanches, à la recherche d'une quelconque friction susceptible d'apaiser l'incendie qui ravageait mon bas-ventre. Edward me donna ce dont j'avais besoin, faisant coulisser son sexe dur contre le mien tandis que, du bout des doigts, il redessinait avec précision chaque courbe de mon corps en feu.

- « J'ai envie de toi Bella… tellement… »

- « Je te veux aussi » soufflai-je avec ferveur.

Ses mains vinrent encadrer mon visage, m'enveloppant comme si j'étais le plus fragile et le plus précieux des trésors.

- « Tu en es sûre ? »

Je tournai mon visage et embrassai sa main tout en acquiesçant. Il me renvoya un sourire éblouissant, avant de s'écarter promptement. Je suivis son mouvement, légèrement paniquée.

- « Où est-ce que tu vas ? »

- « Chercher un préservatif. Il sont dans ma… »

- « Tu n'as pas besoin de faire ça » l'interrompis-je. « Je… je suis protégée » poursuivis-je en sentant le sang affluer à mes joues.

Je m'étais finalement décidée à me rendre chez une gynécologue plus tôt dans la semaine et ce, pour la première fois de ma vie. Pudique comme je l'étais, ça avait été un moment affreusement gênant mais j'avais eu ce que je voulais : une injection contraceptive. Au moins, j'étais sûre de ne pas avoir de surprise.

Il sembla hésiter un instant avant reposer un genou sur le canapé.

- « Je me suis fait tester après… tu sais… » balbutia-t-il, gêné. « Je suis clean »

D'un coup, je relâchai le souffle que j'avais retenu sans m'en rendre compte et, pleine d'audace et de confiance, j'écartai légèrement mes cuisses laiteuses.

- « Alors viens »

Son regard erra un moment sur ma posture invitante puis, avec une extrême lenteur, il reprit sa place initiale et m'embrassa délicatement. Mes jambes vinrent s'enrouler autour de sa taille, l'amenant au plus près de moi.

Nous y étions.

- « Je t'aime Bella » murmura-t-il alors que le bout de son sexe entrait en moi.

- « Je t'aime aussi »

Sa bouche recouvrit la mienne et mes ongles se plantèrent dans ses épaules lorsque, d'une seule poussée, il s'enterra au plus profond de moi. Son grondement rauque fit écho à mon gémissement ravi. L'absence de latex entre nous nous permettait de sentir tout de l'autre et cette sensation était juste… indescriptible.

- « Bella, ma Bella… Te sentir comme ça, c'est… »

- « Je sais. Continue, je t'en supplie »

- « Tout ce que tu voudras »

Prenant appui sur ses mains, il ancra son regard dans le mien et débuta alors un va et vient langoureux. Ses coups de reins profonds et mesurés m'arrachaient soupirs sur encouragements, murmures sur louanges. Je ne pouvais m'empêcher de le toucher, de vénérer ce corps qui me faisait tant de bien, qui m'apportait tant de plaisir. Entièrement nu, les muscles tendus par l'effort, il était beau à damner.

- « Seigneur, regarde-toi... Offerte, tellement belle dans le plaisir » murmura-t-il. « Je pourrais passer des jours entiers à m'enfouir en toi, encore et encore, juste pour te voir gémir comme ça »

Urgh.

J'adorais le fait qu'il soit si expressif durant l'amour. Si possible, ses mots rendaient la chose encore meilleure… Ses mains vinrent saisir l'arrière de mes genoux et il les fit délicatement basculer contre mes épaules. Se penchant sur moi, il reprit ses poussés et je me mis à geindre plus fort. Ce nouvel angle de pénétration lui permettait de s'enfoncer plus profondément en moi et je pouvais sentir son gland venir frapper répétitivement un endroit hautement sensible de mon anatomie. Sans parler du délicieux frottement de son pelvis contre mon clitoris gonflé…

- « Juste là. Oh oui, juste là… »

- « J'y suis, n'est-ce pas ? Fuck, je peux te sentir trembler de l'intérieur… »

Sa langue lécha une perle de sueur entre mes seins et je rejetai la tête en arrière, étourdie.

- « C'est ça, laisse toi aller… Est-ce que c'est bon, bébé ? Est-ce que tu aimes me sentir en toi comme ça ? »

- « Oui » couinai-je en baissant les yeux vers l'endroit où nous étions joints.

Me voyant faire, il grogna et accéléra un peu plus la cadence. Sa peau moite claquait en rythme contre la mienne, de plus en plus vite, de plus en plus fort et ce son avait quelque chose d'hautement… érotique. En quelques poussées, je me surpris à me retrouver au bord du précipice. Déjà.

- « Je vais… j'ai besoin de… » bégayai-je, complètement incohérente.

- « Tu es proche bébé ? »

Le rythme de ses coups de reins s'intensifia encore, atteignant une vitesse démentielle, presque sauvage. Pris dans l'étau de mes parois intimes frémissantes, je pouvais sentir son sexe grossir, signe de l'imminence de son propre orgasme.

- « Je vais bientôt jouir mon amour ! Il faut que tu viennes… Viens avec moi Bella… »

Je me tortillais dans tous les sens, à la recherche de la chose qui me ferait basculer par-dessus bord.

J'étais si proche ! Il me manquait juste… juste…

Comme s'il avait senti mon désarroi, il se pressa tout contre moi et…

- « Edward ! »

Son index venant frôler mon clitoris me permit enfin d'atteindre à la délivrance et c'est dans un cri d'extase pure que je me sentis partir dans les étoiles. Je surfai sur cet orgasme fabuleux vague après vague, avec l'impression que mon corps était soudain aussi léger qu'une plume et celle de ne jamais pouvoir redescendre.

Ce n'est que lorsqu'Edward se mit à haleter mon prénom avec frénésie que je finis par reprendre conscience de là où j'étais. Au dessus de moi, mon amant semblait être entré dans une véritable transe, se déhanchant avec fièvre et abandon. Un râle vibrant traversa la barrière de ses lèvres et, dans un ultime coup de rein, il s'immobilisa subitement, la tête rejetée vers l'arrière, tendu et magnifique. Je sentis son membre pulser contre mes parois tandis qu'il se déversait en longs jets chauds à l'intérieur de ma féminité, une expression d'intense béatitude transfigurant son visage.

Il retomba ensuite lourdement sur moi, épuisé et haletant. Durant de longues minutes, il resta niché contre mon cou, pendant que je passais mes doigts dans ses cheveux dans une caresse que j'espérais apaisante, un sourire idiot collé aux lèvres.

Il finit par apposer un baiser sous mon oreille avant de me faire face et je pus voir que son sourire était au moins aussi grand que le mien.

- « Tu vas bien ? »

- « Tu te poses encore la question ? Je n'ai peut être pas crié assez fort… »

- « Tu rigoles ? Tu m'as presque percé un tympan ! » rit-il.

- « Tu n'as qu'à me bâillonner la prochaine fois… » suggérai-je, taquine.

Il secoua la tête, amusé, et d'une main, vint écarter les mèches humides qui collaient à mon front.

- « C'est tentant… mais j'aime beaucoup trop t'entendre gémir mon prénom pour ça »

Il embrassa mon front, puis mon nez.

- « Je t'aime Bella »

Je lui souris de toutes mes dents, heureuse comme jamais. Ca faisait tellement de bien d'entendre ces mots après le moment que nous venions de partager…

- « Moi aussi je t'aime »

Il me rendit mon sourire avant de fondre sur mes lèvres, m'embrassant avec passion. Il était toujours à l'intérieur de moi et, plus le baiser s'intensifiait, plus je le sentais reprendre de la vigueur.

Il était insatiable… et il était à moi !

- « Prête pour un second round, miss Swan ? »

- « Définitivement, professeur Cullen… »


[Playlist : Bebe – Siempre me quedara (cocaine baby) : www . youtube . com / watch?v = z-HKvYDTpoc & feature = related]

Les timides rayons du soleil filtrant au travers des stores m'arrachèrent à mon sommeil le lendemain matin. Je m'étirai comme un chat, appréciant le confort du lit et le contact des draps hors de prix d'Edward sur ma peau. J'étais légèrement courbaturée mais cette gêne était la bienvenue.

Et pour cause…

La veille, mon amant m'avait fait l'amour jusqu'à satiété, expérimentant tour à tour la moquette de son salon, la commode de sa chambre et, enfin, son lit, où nous avions fini par nous endormir, épuisés et rassasiés l'un de l'autre. Du moins, c'est ce que je croyais jusqu'à ce qu'il me réveille au beau milieu de la nuit.

Je frémis avec délice en me remémorant ce simple « Encore » qu'il avait murmuré à mon oreille et qui m'avait mis le feu au corps. Corps qu'il avait ensuite travaillé du sien avec hum… acharnement.

Oh oui, Edward m'avait vraiment fait passer la plus belle nuit de ma vie.

La première d'une longue série… me promis-je.

A l'autre extrémité du lit, mon amant grommela quelque chose d'incompréhensible avant de venir se lover contre moi et je frissonnai en le sentant nu et dur contre mes fesses.

Encore.

Les yeux clos, je me mis à onduler lascivement des hanches, accentuant progressivement la pression. Entendre sa respiration calme et régulière devenir haletante au bout d'une poignée de minutes me fit sourire, plutôt fière de mon effet. Et quand sa paume chaude vint se plaquer sur mon ventre nu pour me ramener tout contre lui, je sus qu'il était définitivement réveillé.

- « A quoi tu joues, Bella ? »

- « Moi ? A rien » prétendis-je en continuant de me frotter à lui.

- « Si tu veux mon avis, ça ressemble à tout sauf à rien. Mais puisque tu sembles être d'humeur joueuse… »

Sa main louvoya le long de mon ventre, me faisant me tendre d'anticipation. Son index trouva rapidement refuge entre mes cuisses et je soupirai lorsqu'il se mit à tournoyer avec lenteur autour de mon clitoris encore gonflé de nos ébats de la veille.

- « Edward… »

Son autre main alla empaumer l'un de mes seins avant d'en triturer la pointe, la faisant rouler tortueusement entre le pouce et l'index.

- « Oui, amour ? »

Le sourire satisfait que je décelai dans sa voix aurait du m'agacer mais c'était tout le contraire. J'aimais être à sa merci. J'aimais le fait qu'il puisse jouer de moi comme de son instrument favori. Qu'il sache exactement sur quelle corde tirer pour avoir la réaction voulue.

- « Tellement bon… » soupirai-je.

- « Je sais. Tu en veux plus ? »

Il n'attendit pas ma réponse. Il la connaissait déjà. Ses doigts bougèrent plus vite, provoquant une intense chaleur qui m'électrisa de la tête aux pieds. Voulant maximiser les sensations, je me mis à bouger en rythme avec lui et il mordit durement mon épaule avant de la lécher.

- « Ces bruits que tu fais… J'adore ça. Ca me rend dingue »

Il tourna mon visage vers lui et attaqua férocement ma bouche de la sienne, m'arrachant plus de ces bruits dont il raffolait tant. Deux de ses doigts entrèrent alors simultanément en moi et je ne sus plus où donner de la tête. Cette délicieuse intrusion… Son pouce frottant mon petit bouton de plaisir... Ses mouvements contre mes fesses… Ses mots… C'était trop. Trop. Trop. Trop.

Les yeux plantés dans ses iris flamboyants, je succombai à nouveau à l'orgasme. Il me tourna alors face à lui pour me prendre dans ses bras et me berça de longues minutes alors que je me laissai totalement aller contre son torse, euphorique et parfaitement contentée.

- « Tu vas finir par me tuer » ris-je, encore groggy.

- « C'est intéressant… Tu savais qu'on appelle souvent l'orgasme 'la petite mort' ? »

- « Dans ce cas, considère que je suis morte entre hier soir et ce matin. Plusieurs fois »

Un petit rire secoua son torse.

- « Mourir de plaisir… C'est une idée qui me plait bien ! »

J'admirai un moment son profil avant de jeter un œil plus bas. Son érection massive soulevait légèrement le drap blanc qui couvrait à peine le bas de son corps et le souvenir d'une partie de notre conversation de la veille me revint en mémoire. Du bout du doigt, je me mis à tracer le contour de ses pectoraux parfaitement dessinés.

- « A propos de ça, je crois me souvenir que tu devais me parler de certaines… choses que tu as faites dans ce lit en pensant à moi »

Un sourire lascif étira ses belles lèvres.

- « Qu'est-ce que tu veux savoir exactement ? »

Tout !

- « Je ne sais pas… Est-ce que tu as… un fantasme ? Un scénario dans lequel tu m'imagines particulièrement souvent ? »

Son sourire se fit énigmatique, ce qui piqua ma curiosité.

- « Tu te souviens de cette fois dans la salle des livres rares de la bibliothèque ? »

J'hochai la tête, n'en revenant toujours pas de mon audace ce jour-là, lorsque je m'étais caressée devant lui dans l'unique but de la faire céder à mes avances.

Ah, ce bon vieux plan SAEC…

- « C'était un de mes fantasmes te concernant… Te voir te toucher. C'était très sexy »

- « Tu y as repensé ? » m'enquis-je, l'air de rien.

- « Oui »

- « Souvent ? »

- « Très souvent » appuya-il.

Je rougis, ravie.

- « Et… est-ce que tu en as d'autres ? Des fantasmes ? »

Il me laissa mariner un petit moment, sachant pertinemment que je mourrais d'impatience.

- « A vrai dire, il y a bien quelque chose… » dit-il d'une voix rauque en laissant traîner son index autour de ma pointe érigée.

- « Ah oui ? » haletai-je, pleine d'espoir.

Il m'avait donné tellement de plaisir en quelques heures que je voulais lui rendre la pareille. Faire quelque chose qui lui tenait particulièrement à cœur.

Quelque chose qui l'exciterait profondément.

Il fit passer l'une de mes jambes par-dessus les siennes et nous redressa en position assise. Collant son torse contre le mien, il amena sa bouche au niveau de mon oreille.

- « La douche. J'ai toujours rêvé de te prendre dans ma douche » susurra-t-il suavement avant d'aspirer ce point si sensible sous mon oreille.

Urgh.

- « C'est vrai ? Ca te plairait ? »

- « Hum hum… Plus que ça, même. Ca me rendrait complètement… sauvage »

Il avait soufflé ce dernier mot, me faisant trembler de désir.

Je voulais voir ça.

Je voulais le voir sauvage. Le rendre sauvage.

Alors, sans un mot, je me levai du lit et l'entraînai à ma suite.

Lorsqu'il vit que je me dirigeai vers la salle d'eau, son sourire s'accentua et il se mordit la lèvre, sexy comme l'enfer. Une fois la porte de la salle de bain fermée, je ne perdis pas de temps et pénétrai directement dans la cabine de douche légèrement exigue, en allumant le jet. Il ne tarda pas à me rejoindre, se collant contre mon dos et embrassant mon épaule.

- « Tu veux savoir comment se déroule mon fantasme, Bella ? »

J'acquiesçai de la tête, impatiente, et il tendit la main devant moi afin de saisir le flacon de gel douche.

- « Nous entrons dans la douche et nous nous savonnons mutuellement »

Il versa un peu de liquide dans ses mains, puis au creux des miennes. Je me tournai alors vers lui et, souriants, nous laissâmes nos mains ramper sur le corps de l'autre. L'air humide fut dès lors saturé d'une odeur boisée. Son odeur, que j'avais toujours trouvée entêtante. Les mains d'Edward s'attardèrent longuement sur la poitrine, mon ventre, mes cuisses et mes fesses, évitant soigneusement les parties les plus intimes et sensibles de mon corps. Lorsque je le lui fis remarquer, il m'offrit un sourire tordu.

- « Mon fantasme, tu te souviens ? »

Je fis une moue à laquelle il résista sans peine et pour le punir, je décidai d'en faire de même avec lui. Mes mains mousseuses naviguèrent lentement sur sa peau d'albâtre, évitant soigneusement sa virilité bandée, même si je mourrais d'envie de la toucher. Bientôt, nos corps furent entièrement couverts de mousse et Edward se saisit du pommeau afin de nous rincer minutieusement. J'observai, fascinée, la matière blanche glisser sur son corps tonique et élancé.

C'était une vision des plus célestes.

- « Et maintenant ? » interrogeai-je une fois le pommeau à nouveau fixé au dessus de nos têtes.

Pour toute réponse, il fit un pas vers moi et je me retrouvai plaquée contre l'une des parois de la douche. Son pouce vint balayer ma lèvre inférieure et je me sentis frémir sous son regard prédateur. Sa main vint alors saisir la mienne, qu'il amena à son sexe tendu.

- « Tu me caresses » souffla-t-il à mon oreille.

Quelque peu excitée par son ton commandant, j'enroulai fermement mes doigts autour de sa longueur et amorçai un rythme lent mais assuré.

- « Comme ça ? »

- « Ouais » grogna-t-il en plaçant ses mains contre le carrelage, de part et d'autre de mon visage.

Je continuai ma torture, observant ses lèvres entrouvertes, qui laissaient filtrer son souffle de plus en plus saccadé. Son regard sombre ne quittait pas le mien et d'elle-même, ma main se mit à le pomper plus vite. Plus énergiquement.

- « Ensuite ? »

- « Ta… Ta bouche… partout sur moi » haleta-t-il.

Il avait l'air complètement perdu dans le plaisir et cette vision m'enflamma. Mes lèvres vinrent couvrir les siennes et il me rendit mon baiser avec impétuosité, balançant ses hanches à la rencontre de ma main. Lorsque sa langue tenta de s'inviter dans la danse cependant, je m'écartai en lui renvoyant un sourire enjôleur, qui le fit grogner de mécontentement. Mes attentions se dirigèrent alors vers sa mâchoire. Cette mâchoire ciselée, virile et masculine. Je ne pus résister à l'envie de lécher sa barbe naissante et je le sentis tressaillir.

- « Bella… »

Mes lèvres migrèrent alors vers son cou, avant de s'attaquer à son sternum, puis à ses pectoraux. J'en voulais plus, plus, toujours plus. Du coin de l'œil, je vis des poings se contracter lorsque, du bout de ma langue, j'effleurai son téton gauche.

- « Mmmh, t'arrête pas… »

Oh Edward, c'est loin d'être mon intention…

Il voulait mes lèvres partout sur lui et, de mon côté, je savais exactement où je voulais qu'elles terminent leur course. Après avoir longuement cajolé son buste, je m'agenouillai à ses pieds et relevai le visage vers lui. Mes yeux contemplèrent un moment l'eau ruisseler sur son exquise anatomie, avant de revenir fixer son épaisse virilité, désormais à hauteur de mes yeux. Instinctivement, je me léchai les lèvres.

J'étais prête pour ça. Définitivement prête.

Les mouvements de ma main se firent peu à peu plus lents et ce changement de rythme le poussa à ouvrir les yeux. Prenant en compte ma position, Edward sembla avoir un regain de contrôle.

- « Bella, tu… tu n'es pas obligée de… »

- « Chuuuut » soufflai-je. « J'en ai envie, Edward »

Et il avait beau être un gentleman, je savais qu'il en avait autant envie que moi, si pas plus. Il restait un homme après tout.

Et puis, c'était bien de ça dont il avait rêvé quelques semaines auparavant, alors que nous avions partagé son lit lors du fameux week-end chez les Cullen…

Il me dévisagea longtemps, indécis. Puis, je vis quelque chose changer dans son regard. Prudemment, il amena une main à mon visage, qu'il se mit à caresser du bout des doigts. Je décidai de prendre ça pour une invitation à poursuivre. Alors, tout en gardant les yeux plantés dans les siens, je m'approchai un peu plus de sa verge… et en léchai timidement le bout.

Sa réaction fut au-delà de mes espérances. Il rejeta la tête en arrière en sifflant, semblant littéralement transporté et je me sentis soudain puissante. Sexy.

- « Encore » plaida-t-il d'une voix rauque.

Ouvrant grand la bouche, j'englobai alors tout ce que je pus de lui, le faisant jurer bruyamment. Ses mains vinrent se perdre dans mes cheveux au moment où j'entamai un va et vient délibérément lent, appréciant sa forme, sa rigidité et son goût sous ma langue.

Oui, son goût. Parce qu'Edward avait un goût de péché.

Quant à son apparence… Les abdominaux contractés, les mâchoires serrées, le visage métamorphosé par le plaisir, il était l'image-même de la luxure. Je ne pouvais pas le quitter des yeux, subjuguée par le spectacle qu'il m'offrait. J'avais beau être novice en matière de sexe oral, le traitement que je lui administrais semblait le combler de bonheur, à en juger par les sons encourageants qui sortaient de ses lèvres gourmandes et les légères ondulations de son bassin. Ondulations qui ne tardèrent pas à se faire irrégulières, tout comme sa respiration.

Edward semblait approcher de son point de rupture.

Alors mes joues se creusèrent. Mes succions s'accentuèrent. Ma poigne se fit plus ferme.

- « Oh fuck »

Je voulais l'amener à son apogée.

- « F-fuck Bella »

Le faire perdre pied.

- « Fuuuuck »

Le voir jouir.

Mais il en avait décidé autrement…

En un quart de seconde, je me retrouvai à nouveau plaquée contre la paroi froide de la cabine tandis qu'Edward écartait mes cuisses du genou tout en empaumant mon sexe détrempé. Puis, il tomba à son tour à mes pieds et je sentis sa langue chaude et parfaite contre mon centre en feu. Agrippant ses cheveux de toutes mes forces, je ne retins pas mes cris. Entre deux lapements, mon amant me murmurait frénétiquement à quel point j'étais chaude et merveilleuse et excitante et faite pour lui contre mes lèvres intimes et cette passion, cet abandon dans ses mots et ses gestes furent ma perte. Je me mis à convulser, mes jambes se dérobant sous moi tandis que je m'enfonçais dans les limbes du plaisir. Edward me rattrapa in extremis et, à la seule force de ses bras, me souleva dans les airs pour m'enrouler autour de lui. Il me pénétra d'une seule poussée et se mit à me marteler de coups de reins rapides et profonds. Ses yeux écarquillés fixaient obstinément mes seins, qui bondissaient en rythme devant lui. Il se pencha téta férocement l'un d'eux en relevant ses pupilles dilatées vers moi et une longue plainte résonna dans l'espace confiné.

La mienne. La sienne.

La nôtre, tandis que j'explosai à nouveau autour de lui et que tout son corps se propulsa vers le mien dans une poussée finale. Je rejetai la tête vers l'arrière et il étouffa son hurlement d'extase dans creux de mon cou en agrippant mes hanches plus fort.

Nous retombâmes alors dans un silence confortable, apaisant.

Seul le bruit de l'eau et celui de nos respirations difficiles venaient troubler ce moment paisible et bientôt, je sentis les mains d'Edward quitter mes hanches pour me serrer contre lui. Je lui rendis son étreinte avec force et, au bout de quelques minutes, son rire discret se fit entendre.

- « Wow »

- « Wow ? » répétai-je.

Il tourna la tête vers moi, un sourire éclatant collé au visage.

- « Ouais, juste… wow »

J'haussai un sourcil, faussement moqueuse.

- « Edward Cullen, seriez-vous, par le plus grand et stupéfiant des hasards, à court de mots ? »

- « Tu viens de donner vie à mon plus grand fantasme… C'est on ne peut plus compréhensible ! »

- « Ton plus grand fantasme hum ? »

Ses lèvres vinrent frôler les miennes, séductrices. Tentatrices.

- « Oui. Et j'ajouterais que c'était au-delà de mes espérances. Tu as été… fantastique »

- « Flatteur… » rougis-je en détournant les yeux.

- « Sincère » contra-t-il en me faisant descendre de mon perchoir.

Il déposa un chaste baiser sur mes lèvres avant de venir coller sa bouche à mon oreille.

- « Il me tarde de voir ce que donnera la suite… »

- « D'autres fantasmes ? » souris-je.

- « Disons juste que j'ai deux ou trois… idées supplémentaires en tête, pour toi et moi »

Je me mordis la lèvre, excitée à l'idée de réaliser un autre de ses fantasmes.

Son imagination débordante promettait de nombreuses réjouissances !

- « Aurais-je droit à un ind... »

Ma question se transforma en un cri suraigu lorsque la température de l'eau qui cascadait toujours sur nous chuta brutalement. Edward ne perdit pas de temps et nous fit sortir de la cabine avant de nous enrouler dans une épaisse serviette moelleuse.

- « Désolé pour ça » s'excusa-t-il en me frictionnant vigoureusement. « On a du vider le ballon d'eau chaude »

- « Ca en valait le coup, j'imagine »

- « Tu grelottes » soupira-t-il, avant de m'offrir un sourire tordu. « Viens, allons te réchauffer »

Ce qu'il fit, avec ses draps, son corps et ses mots d'amour, le reste de la matinée…


Peu avant 14 heures, il consentit tout de même à la laisser retourner au dortoir afin que je puisse préparer mes affaires pour l'après-midi entre filles concoctée par Alice.

Sa moue boudeuse et ses propositions sensuelles avaient bien failli me faire changer d'avis mais j'avais tout de même trouvé la force de lui résister. Il avait fini par rendre les armes, non sans m'avoir fait promettre de lui réserver ma journée du lendemain.

- « Entièrement et exclusivement » avait-il précisé.

J'avais bien évidemment essayé d'en savoir plus mais il avait préféré garder la surprise intacte, disant qu'il m'enverrait un SMS le soir même pour plus de précisions.

Un petit déjeuner au lit plus tard, j'avais quitté son appartement, un sourire géant plaqué au visage. Avec un peu de chance, j'allais rentrer juste à temps pour pouvoir souhaiter bonne chance à Alice pour son dernier examen.

Je pénétrai dans notre chambre, grimaçant au désordre monumental qui y régnait. Mais pas d'Alice à l'horizon. Sur mon oreiller, je trouvai un post-it rose fluo signé de sa main.

Sois prête et décente à 16h00 !

Rose nous rejoint directement au spa !

Je file, j'suis totalement à la bourre ! Croise les doigts pour moi !

A.

Nous avions dû nous rater de peu.

Je secouai la tête en comptabilisant le nombre de points d'exclamation contenus dans le message. Même dans ses petits mots, ma colocataire était speed.

Une vraie pile électrique.

Etant donné que j'avais un peu de temps devant moi, je me décidai à faire un peu de rangement. Alice avait beau avoir été « à la bourre », ça ne l'avait pas empêchée d'essayer au moins trois tenues différentes, à en juger par la quantité de vêtements éparpillés au sol. En m'approchant du bureau, au beau milieu de piles de notes de cours plutôt anarchiques, j'aperçus sa carte d'étudiante.

La même carte que tous les étudiants devaient présenter lors de leur arrivée à l'examen sous peine de ne pas pouvoir le passer.

- « J'en connais une qui va rappliquer ici en hurlant dans moins de cinq minutes » marmonnai-je pour moi-même.

Et en effet, moins de vingt secondes plus tard, j'entendis la porte de la chambre s'ouvrir avec fracas.

- « C'est ça que tu cherches ? » souris-je en brandissant la carte, sans même me retourner.

- « Pas vraiment, non »

Je me tendis instantanément en essayant de mettre un visage sur cette voix que j'avais rarement entendue. Puis lentement, presque au ralenti, je me tournai face à mon interlocuteur.

Ou plutôt, mon interlocutrice.

- « Tanya ? »

J'étais abasourdie de la trouver ici, dans ma chambre. Et j'étais encore plus stupéfaite par son apparence... Les cheveux négligemment noués, le teint blafard et les yeux hagards, elle n'avait plus rien de la beauté sophistiquée que j'avais tant enviée quelques temps auparavant.

- « Tiens, tu connais mon prénom ? Je n'ai pourtant pas le souvenir que nous ayons été présentées »

Son sourire étrange me mit mal à l'aise.

- « J'imagine donc qu'Edward a du te parler de moi » poursuivit-elle en récupérant mes clés dans la petite vasque à côté de la porte afin de verrouiller cette dernière.

Elle mit ensuite la clé dans la poche arrière de son jean.

- « Qu'est-ce que tu fais ? »

- « Je t'ai vue entrer chez lui hier soir… pour n'en sortir qu'il y a quelques minutes »

Je déglutis difficilement, tentant de repousser le sentiment de panique qui commençait à me gagner. Tanya était calme. Trop calme peut-être pour que ça soit normal.

- « Tu ne nies pas » remarqua-t-elle.

- « Rends-moi ma clé »

- « Tu as couché avec lui, n'est-ce pas ? »

Elle fit un pas vers moi et je reculai instinctivement en parcourant la pièce du regard. Elle bloquait ma seule issue et, si nous nous lancions dans un corps à corps, j'étais à peu près certaine de perdre. Je n'avais jamais eu à me battre jusqu'ici… Et puis, même si je remportais la bataille et que j'arrivais par je ne sais quel miracle jusqu'à la porte, c'était toujours elle qui en avait la clé.

J'étais coincée.

- « Réponds-moi ! » cracha-t-elle en me foudroyant du regard.

- « V-vous n'êtes plus ensemble »

- « Ca, c'est à cause de toi ! Il était enfin revenu vers moi. Nous nous étions enfin retrouvés et tu as tout gâché ! » éructa-t-elle en continuant d'approcher. « Il faut toujours que quelque chose vienne se mettre entre nous. Ses amis, sa putain de carrière, ensuite toi… »

Je reculai encore, de plus en plus alarmée. Elle avait une étincelle folle dans le regard. Le genre d'étincelle qui ne laissait aucun doute quant à la raison de sa venue ici.

Et quant à l'issue de notre inéluctable affrontement.

- « Qu'est-ce que tu veux ? »

- « Ta tête sur un plateau. Voilà ce que je veux »

Une goutte de sueur glissa le long de mon dos et je me forçai à respirer profondément pour ne pas me laisser submerger.

Je devais la raisonner.

- « Ca ne changera rien… »

- « Si je te fous hors du décor, il n'aura pas d'autre choix que de revenir vers moi »

Elle délirait. Elle délirait complètement.

- « Vois les choses en face : il ne t'aime plus Tanya.»

Je compris mon erreur en voyant une expression de pure fureur déformer ses traits juste avant qu'elle ne me plaque brutalement contre le mur. Ma tête rebondit violemment contre la surface dure et je gémis de douleur.

- « Il m'aime, t'entends ? » vociféra-t-elle. « Il m'a toujours aimée ! »

D'une main, elle me gifla tandis que de l'autre, elle se mit à enserrer ma gorge.

Complètement tétanisée, je ne parvenais plus à bouger.

- « Tu me l'as volé ! » hurla-t-elle en raffermissant sa prise. « Nous allions enfin être ensemble et tu me l'as volé espèce de salope ! »

- « Ta… Tan-ya… »

Le coup de poing qu'elle me mit dans le ventre me fit me courber de douleur mais sa poigne dans mes cheveux me força à relever la tête vers elle.

- « Ca fait mal hein ? » ricana-t-elle. « Dis-toi que j'ai souffert comme ça pendant des heures cette nuit en t'imaginant dans le lit de mon mec » cracha-t-elle à quelques millimètres de mon visage avant d'y abattre son poing.

Une vive douleur vrilla mon nez et je tombai au sol, sonnée et abasourdie par tant de violence. Le goût du sang envahit ma bouche, me rendant instantanément faible et nauséeuse. Elle vint alors s'asseoir à califourchon sur mon ventre, coinçant mes bras entre ses cuisses et mes flancs. L'une de ses mains plongea dans sa poche arrière, et en la voyant en sortir un couteau à cran d'arrêt, je me mis à gémir et gesticuler sous elle.

Elle plaqua sa main libre sur ma bouche pour étouffer mes cris.

- « C'est ça qui te fait peur, Isabella ? » sourit-elle en agitant son couteau devant mes yeux écarquillés.

Je n'osai pas lui répondre. J'avais trop peur de ce qu'elle comptait me faire.

- « Quand je me serai occupée de toi, Edward n'osera plus jamais te regarder dans les yeux. Tout ce que tu lui inspireras, c'est du dégoût »

Les larmes inondèrent mes yeux en sentant la lame froide glisser le long de ma joue. Cette fille était assez dérangée que pour me défigurer à vie et croire que c'est ce qui lui permettrait de retrouver son amour perdu. Elle était folle. Folle à lier.

Et elle m'avait piégée.

- « D'abord, je vais t'entailler ici et ici » souffla-t-elle en traçant une croix sur ma peau humide de sueur et de larmes. Ensuite, je m'occuperai de tes cheveux. Tes si jolis cheveux… »

Elle les caressa avec une étrange révérence avant de les empoigner une nouvelle fois. Elle les tira vers elle et plaça son arme tout près de ma tempe.

- « Dis au revoir à ta petite gueule d'ange, ma mignonne. Et à Edward, par la même occasion… »

En entendant son rire hystérique, presque inhumain, je fermai les yeux de toutes mes forces. Il y eut alors un grand bruit et lorsque je sentis la pointe de la lame transpercer ma peau…

Je lâchai prise.


Ne me cherchez pas car je suis déjà loooooooooooooiiiiiin !

La suite au prochain épisode ;)

Prenez soin de vous et, si le cœur vous en dit, laissez une petite trace de votre passage...

V.