DÉCOUVERTES ET COMPLICATIONS
Edward scrutait celui qu'il avait toujours considéré comme une figure paternelle durant un long moment. Il tenta de pêcher les informations dont il avait tant besoin en utilisant son don, mais l'esprit de Carlisle semblait s'être figé, l'appréhension, la peur de perdre ceux qu'il aimait ne laissant que peu de place aux souvenirs de son histoire passés.
- S'il te plaît ? Murmura Edward d'une voix désespéré
Carlisle soupira et tendit furtivement l'oreille afin de s'assurer que le reste de la famille n'était pas à l'écoute, mais incapable d'en être sur, il décida de communiquer avec son fils via ses pensées.
C'était il y a bien longtemps, commença Carlisle. Une époque ou tout était différent, une époque ou les mœurs étaient différentes, une époque ou j'étais terriblement … différent... j'ai rencontré Aro par un simple hasard et nous avons tout de suite comprit ce que nous étions l'un pour l'autre, mais il faisait partit des Volturi. Carlisle poussa un long soupire et se pencha pour frotter ses mains sur son visage, un geste qu'il avait l'habitude de faire en situation de stress lorsqu'il était encore humain. Je ne comprenais pas à cet époque qu'Aro était le seul à être capable de tenir ses frères, reprit-il en essayant de tempérer ses pensées. Je lui en ai voulu pour ce qu'il était, son régime, ses opinions. Bien sur, avec le temps, j'ai compris que tout est relatif, ses opinions ne sont pas cruelles, elles sont justes réelles... mais à ce moment là j'étais encore jeune, je n'arrivais pas à accepter. Je suis resté avec lui quelques années, jusqu'au jour ou je ne pouvais plus supporter ce que je voyais. Je ne pouvais plus rester et il ne pouvait malheureusement pas partir. Je l'ai quitté en colère, ne comprenant pas comment il pouvait se prétendre mon compagnon et me regarder partir sans rien faire... sans me suivre. Je pensai qu'il ne m'aimait pas vraiment ou pas assez, qu'il préférait la puissance, le pouvoir... Il m'aura fallut du temps pour saisir ce qu'il avait à l'époque voulu me faire comprendre, pour prendre la réelle mesure de ses sentiments pour moi. Aro était resté seul si longtemps et il avait déjà tellement vécu qu'il lui aura fallut faire un énorme sacrifice pour me laisser partir, pour accepter que je ne pouvais pas être heureux dans ce château. Maintenant, je sais pourquoi il ne m'a pas suivit. Sans lui, cela ferait longtemps que les humains ne seraient plus que du bétail parquée dans des enclos, s'il avait laissé Cauis ou Marcus prendre sa place, les vampires comme nous auraient été détruit sans l'ombre d'une hésitation, avec pour seul crime notre différence. Aro n'est pas parfait, mais il est juste, fidèle... et il m'aime...
Edward était toujours particulièrement étonné, pas seulement du fait d'apprendre qu'Aro soit le partenaire de Carlisle, mais que durant plus d'un siècle, le chef de clan n'avait jamais trahi son secret, même via son esprit. En revanche, certaines choses lui paraissait à présent plus claires. Même si Carlisle aimait sincèrement Esmée, Edward avait toujours remarqué qu'il n'y avait pas d'osmose réelle entre eux, pas cette fameuse connexion qu'il connaissait enfin grâce à Jacob. Carlisle paraissait toujours faire le nécessaire pour la contenter, mais ne semblait jamais réellement heureux. Il passait la majeure partie de son temps à l'hôpital, et lorsqu'il rentrait, c'était souvent pour rester cloîtré dans son bureau.
Carlisle s'était toujours sentit seul, même au milieu de la famille qu'il s'était évertuée à construire, visiblement, rien n'avait pu réellement soulager la douleur qu'avait provoquée la séparation d'avec Aro.
- Je ne t'en veux pas, souffla son fils. Je suis juste terriblement surprit. Esmée et toi n'avaient jamais rien laissé transparaître...
- Lorsque je l'ai rencontré, elle était terriblement brisée et instable, soupira Carlisle, malgré le fait que j'ai tenté de lui expliquer qu'elle serait susceptible de trouver son compagnon un jour, elle croit dure comme fer que c'est moi. Pour elle, je suis son sauveur et sincèrement, j'ai toujours eu peur de sa réaction si son fantasme finissait par brusquement se désagréger. De toute façon, je ne lui ai jamais avoué que j'avais déjà été accouplé et même si je l'avais fait, jamais je n'aurai pu lui dire qu'il s'agissait d'Aro. À la vérité, personne ne sait. Même lorsque je vivais au château, nous étions suffisamment discret.
Edward hocha la tête, il voulait comprendre, mais il ne lui fallut pas longtemps pour se rappeler que Jacob était toujours manquant et il ne voulait pas s'attarder sur des sujets secondaires.
- Il va nous aider ?
- Oui, affirma Carlisle qui à présent s'en voulait d'avoir douté de son compagnon. Il fera tout ce qu'il faut pour nous aider
Hochant de nouveau la tête, Edward s'en retourna vers le salon sans rajouter un mot. À cet instant, il ne savait tout simplement pas quoi faire. Bien que ses instincts lui criaient de courir retrouver son compagnon, sa raison savait qu'il lui fallait d'abord prendre soin de son fils. Pour se faire, il décida d'envoyer Seth et Antony à distance sécuritaire de sa famille et de la meute.
- Je voudrais que tu parte, Seth, déclara-t-il d'une voix morne alors que ses yeux étaient rivés sur le visage fatigué de l'enfant
Les yeux du jeune loup s'agrandirent dans un mélange de colère et d'indignation. Il ne pouvait pas croire que le vampire osait lui ordonner d'abandonner son ami.
- Quoi ! Grogna Seth. Je ne vais pas partir alors que Jacob à besoin de moi... je... je veux venir aider !
Edward lui adressa un regard qui ne laissa pas place à la discutions. Même si durant les dernières semaines, il avait accepté toutes les attaques mesquines de Seth parce qu'il savait qu'il avait largement mérité ce traitement, à cet instant, il n'était pas dans une humeur à supporter que l'on conteste ses décisions.
Pas maintenant. Pas alors que son compagnon était aux mains de monstres certainement prêts à faire toutes sortes d'expériences sur lui.
- Tu dois protéger Antony ! Grogna Edward. C'est ta priorité et je ne veux pas qu'il reste près de nous, pas alors que les Volturi rêve de mettre la main sur lui, c'est déjà assez qu'ils détiennent Jacob
Seth baissa la tête dans la défaite, tout à fait conscient qu'Edward avait raison. Il n'était pas question de laisser les sangsues Italiennes toucher un cheveux de son trésor. Et que ça lui plaise ou non, il sacrifierait la vie de quiconque pour protéger son imprégné, même celle de Jacob si nécessaire.
- Bien, alors que dois-je faire ? Demanda-t-il faiblement
- Nous possédons une maison sur un îles à l'est du Brésil, intervint Carlisle qui venait d'entrer dans la pièce. C'est un lieu très bien isolé, même des humains, il y fait très beau et vous y serez tranquille
Edward prit quelques instants pour penser à cette option. Effectivement, envoyer Seth et son fils sur l'île était une bonne idée, elle était suffisamment cachée et cela ressemblerait plus à des vacances qu'à une cavale pour son fils, ce qui n'était pas négligeable.
Je veux rester avec vous, Seth aussi veut, intervint silencieusement Antony
Durant une seconde, le regard d'Edward s'adoucit considérablement et il scruta son fils avec une expression qui ne cachait rien de sa tristesse. Il marcha vers lui, se baissa pour se mettre à son niveau et le serra dans ses bras un long moment sans dire un mot.
- Je t'aime tellement, murmura-t-il rhétoriquement. Mais il n'est pas question que je te permette d'être près du danger
Je veux papa... je veux qu'il revienne
- Je le veux aussi, fils. Et je te jure de faire tout ce que je peux pour te le ramener au plus vite, promit le vampire en se redressant. Mais en attendant, tu vas rester avec Seth et faire tout ce qu'il te demande sans discuter
Avec un soupire, Edward s'empara des clés de la Mercedes, sortit une carte de son portefeuille avant de se tourner vers Seth.
- Pour ce soir, tu vas à l'hôtel, lui ordonna-t-il en lui tendant la carte, les clefs, ainsi que son portable. Je t'appellerai demain pour te donner l'heure à laquelle l'avion décolle, et te fournir tout ce dont tu pourrai avoir besoin.
Encore une fois, Seth se contenta de hocher la tête. Il avait beau ne pas être ravi avec l'idée d'abandonner son frère aux mains de quelqu'un qui avait tenté de le tuer il y a encore peu, mais il savait qu'il ne pouvait pas faire autre chose. Même s'il voulait lui aussi participer au sauvetage de son alpha, sa priorité était Antony, il le serait toujours. D'ailleurs Seth était bien conscient que c'était justement la raison pour laquelle Jacob n'avait pas hésité une seconde à le mettre dans ses bras avant de lui ordonner de s'enfuir.
En poussant un soupire, le loup observa le père de son compagnon l'étreindre une dernière fois avant de le mettre dans ses bras. Carlisle et Jasper s'avancèrent à leur tour pour embrasser rapidement l'enfant avant que Seth ne disparaisse sous le regard attristé d'Edward.
- Je vais vous aider à trouver Jacob, déclara soudainement la voix de Rosalie, surprenant du même coup tous les mâles présent dans la pièce
Depuis plusieurs heures, Jacob ne faisait que s'éveiller pour se rendormir. Il avait été gravement blessé, mais sentait déjà les blessures se guérir d'elles-mêmes. Même s'il était toujours à moitié assommé, il se savait transporté par des vampires, mais fut cependant incapable d'ouvrir les yeux suffisamment longtemps pour se repérer. Reprenant lentement conscience, il comprit soudainement qu'il était incapable de se transformer, mais il n'eut pas le temps de s'attarder à ce sujet que les souvenirs le frappèrent avec forces. Sa meute, ses frères, ses amis l'avaient littéralement offert sur un plateau à une bande de vampires et apparemment, s'ils avaient été capable de s'emparer de son fils, ils en auraient fait autant avec lui.
La première réaction de l'alpha fut la colère. Une profonde colère, un sentiment d'injustice, d'impuissance et de trahison. Bien sur, il savait qu'il n'avait pas agit pour le mieux durant les derniers mois. Il avait subitement disparut dans l'idée de mettre un terme à sa vie à l'abri des regards de tous, mais avait fini par mettre au monde un enfant, était resté éloigné de chez lui durant un bon moment pour soudainement revenir en espérant être accueilli par la compréhension des siens. Malheureusement, tout ce qu'il avait trouvé été de la colère, cependant, celle-ci ne justifiait pas ce qui venait d'arriver. Jacob était loin d'être un idiot, si Sam lui en voulait autant, il était parfaitement capable de le punir lui-même, ce qui l'amenait à penser que son ancien alpha ne l'aurait jamais donné de la sorte à une bande de vampires.
Pas sans une bonne raison.
Avec un effort considérable, Jacob parvint enfin à ouvrir les yeux suffisamment longtemps pour apercevoir le décor autour de lui. Visiblement, ses ravisseurs le transportaient à travers la foret.
- Ho, le chiot est réveillé ! Entendit-il railler joyeusement
Avec un gémissement de douleur, Jacob tourna légèrement la tête pour tenter de voir à qui appartenait la voix, mais le vampire qui le transportait le jeta brusquement au sol. Jacob remarqua alors qu'ils étaient près d'une voiture, il fut traîné, puis poussé sur la plage arrière entre les deux mâles tendit que la femelle s'installa derrière le volant.
- Qu'est... qu'est-ce que vous voulez ? Murmura-t-il
Le rire de la femelle résonna dans l'habitacle alors qu'elle démarrait le véhicule. Jacob ne reçu aucune réponse à sa question et souffla sa frustration. Il voulait savoir comment ils en étaient arrivé à obtenir l'aide de la meute et si possible, ce qui l'attendait à présent qu'il était prisonnier. Il se doutait que cela devait avoir à faire avec son fils, mais là encore, il aurait voulu savoir qui avait pu mettre ces vampires au courant...
Bella !
Son esprit parut enfin capable de faire le lien. Peut-être était-ce ses blessures ou le choc de ce qui venait de lui arriver, mais Jacob n'avait jusqu'ici pas encore fait le rapprochement avec Bella. Il se souvenait à présent des paroles de Carlisle au sujet des Volturi et comprit qu'il devait forcement s'agir de ce clan.
Il se fustigea alors en repensant au jour ou il l'avait laissé s'enfuir. Jacob la savait vicieuse, mais jamais il n'aurait pensé qu'elle irait jusqu'à mettre tout le clan Cullen, comprenant Edward en danger pour se venger. D'ailleurs, au fond, même si Jacob était parfaitement incapable de lui pardonner de s'être attaqué à son fils, il avait nourrit le faible espoir qu'elle puisse avoir regretté ce qu'elle avait osé faire. Comment, après tous les risques qu'il avait prit pour elle, pour la protéger, pouvait-elle même être capable de penser à lui nuire à lui et surtout à son fils ? Après avoir été prêt à sacrifier son bonheur, celui de ses proches, sa propre survie pour lui permettre de vivre sa parfaite vie égoïste... de quel droit pouvait-elle même penser à agir de la sorte ? Elle avait après tout été parfaitement capable de foirer son mariage d'elle-même. Jacob n'avait rien fait, rien demandé, rien provoqué.
Il n'avait pas demandé quoi que ce soit Edward, il n'avait pas laissé sa meute le menacer lui ou sa famille, il n'avait même pas supplié le vampire de devenir son ami. Non, il avait souffert en silence, allant jusqu'à se torturer en observant son âme sœur l'épouser, persuadé qu'il le perdait pour toujours. Et cela aurait certainement été le cas, si Bella n'avait finalement pas montré son vrai visage. Elle serait parvenu à vivre son bonheur au détriment du sien.
Mais malgré toute la souffrance de Jacob, tous ses sacrifices, elle avait encore le toupet de le pointer du doigt, prétendant qu'il était responsable de tous ces échecs. Visiblement, la pauvre fille était beaucoup trop perturbée pour comprendre qu'elle n'avait eu besoin de personne pour détruire l'amour qu'Edward avait eu pour elle.
Cette chienne ! S'emporta Jacob, fou de colère en prenant brusquement conscience qu'elle avait de nouveau risqué la vie de son fils.
Le loup ne se rendit pas compte que la voiture s'était arrêtée, sa hargne occupant beaucoup trop son esprit pour notifier ce détail. Il sentait sa peau brûler et son corps se mit violemment à trembler, puis soudainement, il se transforma sur la plage arrière, au milieu des deux vampires, détruisant du même coup une grande partie du toit de la voiture.
Déchirant la tôle à coups de dents sans une seconde pensée, le loup parvint à se dégager de l'habitable devenu à présent minuscule comparé à sa taille en repoussant les trois vampires surpris hors du véhicule.
En oubliant les trois vampires derrière lui, il se mit à courir, l'esprit embrumé par la rage. Sa seule pensée étant de trouver la chienne pour en finir une bonne fois pour toute.
Son loup se délecta lorsqu'il attrapa brusquement le fumet de celle qu'il rêvait à présent de tuer.
Et elle ose venir jusqu'ici ! Ricana-t-il vicieusement, ne pouvant pas croire sa chance de pouvoir lui faire face aussi rapidement.
Mais au moment ou la chienne fit un bon pour atterrir juste en face de lui, ne lui facilitant que d'avantage la tâche. Une douleur horrible le cloua littéralement au sol.
Il brûlait vif... il mourrait... sans pouvoir mettre un terme à l'existence pathétique de celle qui s'évertuait à faire de sa vie un enfer.
