Regina se tenait aux côtés d'Emma. Cette dernière était occupée à réprimander ses parents :
- « Je ne vois pas pourquoi tu lui as dit...
- Je n'avais plus de tes nouvelles, se justifia son père. Alors j'ai été voir Robin et finalement, je lui ai annoncé. Je ne voyais pas pourquoi tu devrais spécifiquement t'en charger.
- Parce que sa femme a enlevé notre fille, argua Emma.
- Justement, intervint Snow. Tu es trop concernée. Et il devait apprendre la mort de sa femme. Ne pas savoir est une souffrance.
- Et si tu n'avais pas été chez Greenie sans prévenir personne, tout ceci ne serait pas arrivé » finit Regina en apportant le coup de grâce.
Emma soupira, vexée, mais se tut. Elle savait qu'elle avait sa part de responsabilité et elle remerciait secrètement son père d'avoir exécuté à sa place cette annonce terrible.
- « Comment a-t-il réagi ?, demanda Regina.
- Il était... abasourdi, annonça David. Qui ne le serait pas ?
- C'est normal qu'il veuille quitter Storybrooke. souffla Snow.
- Pauvre Roland... » murmura faiblement Emma.
Ils comprenaient ce qu'elle voulait signifier. Apprendre les actes de sa mère avait dû être une épreuve peut-être plus douloureuse que la mort de sa mère. Il ne l'avait jamais connue ainsi ce qui rendait la nouvelle encore plus difficile à croire et à assimiler. Ils regardèrent Robin mettre les dernières bagages à l'arrière de son pick-up. Lucie et Henry disaient au revoir à Roland. Ce dernier était triste de quitter Storybrooke. Henry le rassura, lui rappelant qu'ils pourraient toujours se voir de temps en temps à New-York. Roland sourit faiblement, plus par politesse que par joie. S'il ne nourrissait aucune rancœur envers lui c'est parce que Regina s'était consciencieusement accusée du meurtre de Marianne.
Lucie demanda à parler au fils de Marianne et son grand fère s'éloigna, adressant un vague au revoir de la main à Robin.
« Je sais que tu sais pour Marianne » commença Lucie.
Roland déglutit et hocha la tête, honteux et triste. Lucie s'approcha et prit sa main. Leurs yeux s'embuaient de larmes. L'un pleurait sa mère, l'autre pleurait la mort de la mère d'un ami. Elle lui confia :
- « C'est ta maman, tu as le droit de l'aimer.
- Elle a fait des choses horribles.
- Elle t'a aimé de tout son cœur, souffla Lucie d'une voix teintée de larmes.
- C'est parce que je ne l'aimais pas assez qu'elle est partie. Et elle non plus, elle ne m'aimait pas assez.
- C'est faux, contredit Lucie. Elle t'aimait vraiment très fort mais... »
Elle abandonna sa phrase, le temps de reprendre son souffle, de calmer sa voix. Les larmes silencieuses coulèrent sur ses joues. Roland respirait lentement afin de ne pas craquer et pleurer.
- « Elle t'aimait. Elle l'a oublié, tu dois lui pardonner.
- Comment tu le sais ? » articula Roland, la vois brisée.
Son regard était triste, luisant de larmes mais aussi débordant d'espoir. Il espérait sincèrement que la petite fille eut raison. Mais comment aurait-elle pu le savoir ?
« Elle me l'a dit, murmura Lucie d'une voix assurée. Je te jure qu'elle me l'a dit. »
Le grand chêne étiraient ses branches vers le ciel. Il touchait les nuages et teintait ses feuilles aux couleurs de l'aurore. Lucie s'avança vers le Major Oak. Sher Khan ne l'accompagnait pas. Elle voulait être seule pour parler avec Marianne. Elle posa une main sur le tronc de l'arbre, sentait un cœur y battre et insuffler la vie.
« Je connais la vérité maintenant », déclara Lucie.
Elle énonçait simplement, sans accuser. Elle sentit l'arbre retenir son souffle et vit ses branches perdre de leur magnificences. Le remord le rongeait.
« Ce que tu as fait n'était pas bien. J'ai été en colère contre toi..., avoua Lucie. Mais Sher Khan a raison. Tu n'as pas été méchante avec moi. »
L'arbre soupira de soulagement.
« Roland est triste parce que tu es partie et il est trop vieux pour venir ici. Tu veux lui dire quelque chose ? »
Le Major Oak laissa ses branches pleurer. Il est des erreurs qui ne peuvent être réparées. Marianne souhaitait cependant faire parvenir un dernier message à son fils. Le vent souffla et porta ses mots aux oreilles de la petite fille qui écouta attentivement afin de pouvoir répéter avec exactitude ce dernier message à Roland.
Lucie et Henry étaient installés par terre, en tailleur. Un plateau en damier les séparait. Ils faisaient tantôt sauter des pions blancs ou noirs d'un bout à l'autre du plateau, s'accusant parfois l'un l'autre de ne pas respecter scrupuleusement les rè les regardait se chamailler, tournant distraitement le liquide qui miroitait dans sa tasse. Regina tendit son chocolat à Emma qui la remercia d'un sourire, puis prit la tasse de café à son intention. Les enfants étaient trop accaparés par leur jeu pour se soucier du plateau garni de gâteaux et de leurs verres, pour le moment.
« Tu préférerais une petite sœur ou un petit frère ? », demanda sa mère aux cheveux blonds.
Regina tourna la tête vers ses enfants. Henry haussa les épaules, indifférent quant au sexe du bébé. Lucie se pinça la lèvre et réfléchit.
« Une petite sœur est vraiment un fléau, lui fit remarquer Zelena en feintant une exaspération à son paroxysme. Elle sont exécrables. »
La petite fille sourit en voyant sa mère brune rouler des yeux.
- « Les grandes sœurs ne sont parfois pas bien mieux, regarde ta tante, mon cœur, railla Regina.
- Moi aussi je suis une grande sœur. »
Emma venait de pointer du doigt un détail que Regina avait momentanément omis. Ceci fit bien rire les enfants qui s'en amusèrent grandement. Regina prit une mine pincée, tiraillée entre un amusement sincère et un soupçon de remord.
Lucie arrêta son souhait sur une sœur, par curiosité. Elle avait déjà Henry et voulait « une sœur pour avoir les deux ». Ses mères qui rappelèrent tout de même que le choix n'était pas sien, que seul le hasard déterminerait ce petit détail qui n'amoindrirait en rien le bonheur suscité par cette naissance.
Sa grossesse l'inquiétait énormément. Emma s'angoissait dès que le bébé demeurait trop inactif. Elle ne cessait de se rendre à l'hôpital et multipliait les échographies. Elle se rassurait dès qu'elle entendait ces battements rapides et réguliers. Rien ce ce que pouvait lui dire Regina ne parvenait à la rassurer. La brune avait demandé à sa sœur de l'assister dans les derniers mois. Même si ses connaissances découlaient d'une malédiction, Zelena n'en restait pas moins la plus qualifiée pour cette tâche.
La brune claqua la porte derrière elle, heureuse de retrouver sa maison. Zelena ne prit pas la peine de délaisser son magazine et fit le bilan :
- « Elle a pleuré, mangé, pleuré, pleuré encore... et a été quatre ou cinq fois aux toilettes. Je suis même étonnée qu'elle ait encore de l'eau à éliminer..., fit-elle en tournant une page.
- Je n'ai pas tant pleuré que ça, contredit Emma la bouche pâteuse. Et il n'arrête pas de me donner des coups dans la vessie pour ta gouverne, lança-t-elle avec plus de force à Regina.
- Je n'ai rien dit, lui fit remarquer la brune.
- Je suis désolée..., souffla Emma.
- Je sais. La grossesse est assez éprouvante dans les derniers mois. »
Regina trouva une place sur le canapé sur lequel Emma s'était allongée. Elle se mit près d'elle et passa une main dans ses cheveux blonds.
- « Et sur les photos que j'ai vues, personne n'avait un ventre aussi gros de que le mien, geignit Emma en proie à une nouvelle crise de larmes.
- Tu ne l'en as pas empêchée ?, reprocha la brune à sa sœur.
- Je ne suis pas responsable de tous les faits et gestes de ta femme » contra cette dernière.
Regina roula des yeux et reporta son attention sur Emma :
- « Tu sais que ça ne veut rien dire... Whale a dit que tout était normal. Tu as peut-être un peu plus de liquide amniotique c'est tout. On ne va pas te reprocher de faire un super airbag pour le bébé.
- Si elle continue à enfler, il faudra la faire rouler jusqu'à l'hôpital, commenta Zelena. Elle est épuisante. Je ne sais pas comment tu fais pour la supporter.
- Et moi je me demande comment Aboubou fait pour te supporter. Comme quoi, il y a des miracles inexplicables partout. »
Zelena baissa les yeux sur la main de Regina. Elle plissa les yeux, remarquant que la main décrivait doucement des cercles sur le genou d'Emma.
« Je préviens, sis. Si cette main monte plus haut sur cette cuisse, je démissionne. »
Et sur ce, elle se cacha derrière son magazine.
Lucie partit sans se retourner. Elle courut rejoindre les autres enfants. Elle retrouva sans amie et Hans. Elle se souvenait de lui mais ce dernier l'avait oubliée. Bien que ses mères le lui ait proposé, Lucie avait préféré garder tous ses souvenirs. Elle n'avait rien voulu oublier de son histoire, aussi sombre soit-elle. Hans était toujours gentil envers elle. Ils jouèrent avec Neal et Alexandra. Ils riaient et couraient partout autour de ce château pour enfants.
Regina rejoignit Gold et Belle sur un banc. Elle les salua et s'intéressa au petit Adam que Belle tenait lové dans ses bras. Il était si petit. Belle caressait doucement ses petites joues roses. Le soleil rendait cette sortie en plein air des plus appréciables.
- « Et comment ça se passe avec lui ?, fit Regina en désignant Hans d'un signe de tête.
- Il s'intègre bien, répondit Belle en suivant le regard de la Mairesse. Il est très attentionné.
- Dans le but d'obtenir quelque chose par la suite ?, soupçonna Regina.
- Je l'ai connu il y a longtemps, lui conta Gold. Il n'a jamais rien cherché d'autre qu'une famille. Maintenant qu'il l'a, il ne fera rien de répréhensible.
- Il est vraiment gentil, confirma Belle. Et assez charmeur aussi. Il sait jouer avec les mots. Même s'il ne se souvient pas d'elle, je crois qu'il l'aime bien mais je ne sais pas s'il est complètement désintéressé ou non... », continua-t-elle dans un rire.
Ils regardèrent Hans donner une fleur à Alexandra et offrir un compliment à Lucie qui ne comprit pas la manœuvre du jeune garçon. La Mairesse entendit son téléphone teinter faiblement. Elle le sortit de sa poche et ouvrit le message qui provenait sans surprise d'Emma. Elle sourit, déjà amusée de ce qu'elle s'apprêtait à y lire.
- « Je sais de source sûre que le morveux drague notre fille. Éloigne-le.
- Comment le sais-tu ?, écrivit Regina.
- J'ai des yeux partout, Madame le Maire. »
Regina expliqua à Belle ce qui la faisait ainsi sourire. L'épouse de Gold mentionna ensuite que Hans avait peut-être un faible pour les blondes vu comment il semblait absorbé par sa conversation avec Alexandra. Rumpelstilskin prit Adam dans ses bras. Il était surprenant de voir à quel point il semblait à l'aise et heureux avec son fils dans ses bras. Belle se leva pour apporter une bouteille d'eau aux enfants qui se cessaient de courir en tous sens.
« Tu feras un bon père. »
Gold ne répondit pas. Il hocha seulement la tête, lui signifiant qu'il l'avait entendue. Cette phrase signifiait beaucoup à ses yeux, et peut-être d'autant plus parce qu'elle venait de Regina.
Emma posa son pinceau et lut le message de Regina :
« Elle se s'intéresse pas à lui. Je pense qu'elle apprécie Grégory plus qu'elle ne veut bien nous le dire. Mais personne n'aura la main de notre fille tant qu'on n'aura pas donné notre accord. »
La blonde rit doucement à l'humour de sa femme et reprit sa peinture. Les couleurs virevoltaient sur la toile. Elle avait développé un amour certain pour la vivacité des reflets, l'éblouissant éclat des couleurs. Henry la rejoignit au rez-de-chaussée après avoir imprimé une partie de ces cours. Du fait de son année mouvementée, il devrait rattraper certaines matières l'année prochaine.
« Tu comptes accoucher du nouveau Andy Wharol ? » demanda-t-il en refrénant difficilement un sourire moqueur.
Emma regarda son fils d'un œil dubitatif puis baissa les yeux sur son ventre. Elle portait machinalement ses mains sur ce dernier, voulant le sentir bouger sous ses doigts, le sentir vivre à l'intérieur de son corps. Elle n'avait pas remarqué que ses mains étaient maculées de peinture et qu'elle en avait repeint son ventre.
« Andy adore la couleur. Ça égaye son intérieur. » répondit l'artiste du tac au tac en posant une main sur son ventre arrondi.
Emma continua de le nommer ainsi, par humour d'abord puis par habitude. Henry l'accompagnait puis Regina et Lucie les rejoignirent. Ensuite, il leur fut difficile de concevoir un autre nom pour le bébé. Ils se se souvinrent que difficilement de l'origine du prénom. Par ailleurs, il sonnait déjà mélodieusement à leurs oreilles.
Elle sentit l'eau ruisseler le long de ses jambes. Les contractions commençaient à devenir plus fortes. Zelena emmena précipitamment Emma à la voiture et fit rugir le moteur du véhicule. La voiture commença à prendre la direction de l'hôpital. La voiture semblait plus sauter que rouler sur le bitume. Zelena avait les mains crispées sur le volant et se tenait en avant, peut-être dans l'espoir de mieux voir la route. Emma geignit de douleur et lâcha :
- « Il faut appeler Regina.
- D'abord, on arrive à l'hôpital, après, on l'appelle.
- Je te jure que si jamais j'accouche sans Regina, je te colle mon poing dans la figure. Je serrerai les cuisses tant qu'elle sera pas là.
- Tu les as bien ouvertes pour la conception, tu vas être forcée de les rouvrir pour le laisser sortir. »
La réplique se voulait plus cinglante que véridique. Devant le silence éloquent d'Emma, Zelena prit un air dégoûté.
- « Vous l'avez vraiment conçu comme ça ?, fit-elle. Je crois que je vais vomir...
- … En partie... » souffla Emma avant de composer le numéro de Regina.
La blonde fut soulagée de constater que Regina décrochait dès la première sonnerie. Elle lui expliqua qu'elles étaient sur le chemin de l'hôpital et Emma l'entendit mettre fin à la réunion d'une phrase succincte.
- « Tu as intérêt à faire vite parce que je sens qu'il va bientôt arriver, la prévint Emma.
- Je suis déjà à l'hôpital, l'informa Regina à l'autre bout du fil. Je t'attends.
- Si ta sœur nous avait téléportées, on serait déjà arrivé ! Elle conduit comme un pied et elle arrête pas de caler.
- Je sais conduire, se défendit Zelena avec véhémence. Et je ne sais pas ce que la magie peut donner sur une femme enceinte. Après six mois de grossesse c'est dangereux.
- C'est pour l'avion pas la téléportation, argua Emma en montant le ton à son tour.
- Je suis plutôt d'accord avec elle... » appuya Regina.
Emma commençait déjà à se fendre d'un sourire vainqueur malgré la douleur quand sa femme finit sa phrase :
« ..On ne sait pas ce que peut donner la magie. La voiture est un choix plus sage et... »
Emma raccrocha, dépitée. La brune rit doucement de ce comportement puéril et regarda par la fenêtre. Elle était en proie à une excitation irrépressible. La voiture se garait sur le parking de l'hôpital et le bébé allait arriver.
Zelena dut s'accommoder de la compagnie des Charmings dans la salle d'attente. Neal et Lucie parlaient avec animation du futur bébé. Ils étaient pressés de le voir. Ils ignoraient tous ce qui était en train de se jouer dans la salle d'accouchement.
Regina ne fit rien quand Emma broya sa main dans la sienne. Sa peau était ruisselante de sueur et ses cheveux blonds collaient sa peau. Son souffle était court et malgré la douleur qui lui tordait ses entrailles, elle restait attentive et suivait à la lettre les instructions de la sage-femme.
Emma reprit son souffle. Les deux mères l'entendirent hurler. La sage femme emmitoufla le nouveau né dans une serviette et le posa immédiatement sur la poitrine d'Emma. Il avait le teint rougi et on devinait un fin duvet de cheveux sur son crâne. Il criait à plein poumons et les mères étaient émues de rencontrer leur fils pour la première fois.
Mais Emma sentait les contractions revenir et elle geignit. Regina demande ce qui était en train de se passer mais le personnel médical ne lui répondit pas. La sage-femme somma une de ses collègues d'aller chercher l'obstétricien et de faire venir l'anesthésiste.
- « Madame, vous devez sortir, déclara fermement la sage femme en regardant expressément la brune..
- Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?, s'affola Regina.
- Un deuxième arrive mais vous devez sortir. »
Notes :
Si on part du principe que OUAT s'inscrit sur une ligne temporelle sensiblement pareille à la nôtre (Emma a un Iphone, Regina un Blackberry haha), Emma est arrivée à Storybrooke en 2011. Avec la malédiction, la ville date de 1983. L'échographie est une technique qui date de 1958. Il arrive encore aujourd'hui à des gynécos de se tromper sur le sexe du bébé alors un deuxième foetus a très bien pu grandir sans qu'on en sache rien. Donc, avec un matériel plus ancien, ça me semble jouable.
Dimanche, suite et fin. ^^
