Hello les gens !

Une fois n'est pas coutume, merci beaucoup pour vos reviews !

En ce soir du 25 octobre 2007, quelques heures avant la sortie de la VF des Reliques de la Mort de la grande JKR, voici le dernier chapitre de « les revoir ». Ca me fait tout bizarre !

Bonne lecture,

Chalini

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Chapitre 27

La fin de la guerre

- Tu crois qu'ils vont camper encore longtemps devant l'hôpital ?

- Bah... sans doute ! Chaque journaliste rêve d'obtenir le premier interview de la célébrité nationale !

- De toute façon, ils n'ont aucune chance d'arriver jusqu'ici, vus tous les tests et contrôles auxquels nous devons nous plier et tous les justificatifs que nous devons montrer pour pouvoir passer.

- Oui, c'est contraignant – la première fois, si Kinsley n'avait pas été là, je crois qu'ils ne m'auraient jamais laissé passer -, mais au moins, la tranquillité d'Harry est assurée.

- C'est l'essentiel, je pense. Est-ce que tu imagines : un groupe de journalistes en furie débarquant dans cette chambre ?

- Non, je ne préfère pas imaginer. Tu as bien vu ce que ça a donné avec les infirmières.

Elles voulaient toutes s'occuper de lui. Heureusement, Isabella est super. Elle le soigne correctement et ne passe pas son temps à le regarder avec des yeux de merlan frit.

- De toute façon, avec toi dans les parages, serait bien folle celle qui oserait tenter quelque chose !

Harry reprenait peu à peu conscience. Il entendait les voix des deux jeunes filles qui parlaient à côté de lui, mais ne parvenait pas à faire le moindre geste. Un mal de tête oppressait douloureusement son cerveau. Il tenta de remuer faiblement dans le lit douillet dans lequel il était allongé, mais il renonça bien vite, chacun de ses membres semblant peser une tonne.

Et tout à coup, tout lui revint. Des images défilaient pêle-mêle dans son esprit : la Cité Obscure, Rogue, Nagini, Pettigrow, Voldemort, son bouclier, un éclair de lumière verte. C'était le combat final. Avant de s'évanouir, il se souvenait avoir vu le corps de Voldemort s'écrouler sur le sol. Tout était donc fini. Voldemort n'était plus.

Il ouvrit doucement les yeux, mais les referma bien vite, ébloui par la vive lumière qui inondait la pièce. Une pièce blanche. Un lit blanc. Des meubles blancs. Mais où donc se trouvait-il ?

Il n'eut pas le loisir de poursuivre ses réflexions, car un cri aigu lui vrilla les tympans et quelqu'un vint enfouir son visage dans son cou. Un délicieux parfum de fleurs emplit ses narines. Il rouvrit les yeux et ces derniers tombèrent sur une magnifique chevelure rousse.

- Ginny ! murmura-t-il.

- Harry, hoqueta-t-elle. J'ai eu si peur. Si peur. Par Merlin. Tu t'es enfin réveillé. Nous avons craint que tu... que jamais...

Au prix de gros efforts, il parvint à s'asseoir sur son lit et accueillit la jeune fille aux creux de ses bras.

- C'est fini, Ginny, c'est fini. Je me suis réveillé.

Harry ne comprenait pas encore très bien ce que voulait dire Ginny, mais il la laissa se calmer avant de lui poser d'autres questions. Il se contenta donc pour le moment de la serrer contre lui, aussi fort que lui permettaient ses faibles forces. Ginny releva enfin la tête et leurs regards se croisèrent. Harry y lit tant de détresse et de souffrance qu'il sentit son cœur se serrer douloureusement.

- Ginny, je...

Mais elle ne le laissa pas finir sa phrase et posa un doigt sur ses lèvres. Harry se pencha alors sur elle et l'embrassa. Doucement. Tendrement. Avec toute l'affection et la tendresse qu'il avait pour elle. Elle répondit de la même façon à son baiser, nouant ses bras autour de son cou, se blottissant le plus possible contre Harry. Ils restèrent ainsi longtemps, étroitement enlacés, noyant leurs peurs et leurs angoisses dans la douce chaleur du corps de l'autre.

- Ca va mieux ? demanda doucement Harry après un moment.

- Oui, ça va mieux, mais nous avons eu tellement peur que tu ne te réveilles pas.

- Pourquoi ? J'ai... j'ai... dormi... longtemps ?

- Pendant trois jours.

- Quoi ?

- Oui, il y a trois jours que tu es inconscient.

On frappa soudain à la porte et la tête d'Hermione apparut dans l'entrebâillement.

- Est-ce qu'on peut entrer ?

- Hermione ! s'exclama Ginny en se détachant d'Harry. Je ne t'ai même pas entendu partir.

- Je me suis dit qu'il serait préférable de vous laisser un peu ensemble, ajouta Hermione avec un petit sourire. Je me suis servie des cheminées de l'hôpital pour prévenir Molly qu'Harry avait repris conscience. Alors, mon grand, comment vas-tu ? demanda-t-elle en l'embrassant.

- Ca peut aller.

- Harry, je te présente Isabella, enchaîna Ginny en désignant une jeune femme qui avait suivi Hermione. C'est elle qui s'occupe de toi depuis ton arrivée à Sainte-Mangouste.

Isabella adressa un sourire rayonnant à Harry. Petite et frêle, elle devait avoir la trentaine. Son franc sourire et son regard rieur la rendaient tout de suite sympathique.

- Salut Harry ! Contente de te voir réveillé. Ca fait deux jours que je te vois dormir comme un bienheureux. Comment te sens-tu ?

- J'ai un horrible mal de tête et j'ai l'impression que tous mes membres sont engourdis.

- Oui, c'est normal. Tiens ça, ça t'aidera à faire passer le mal de tête. Pour le reste...

Isabella saisit sa baguette et parcourut le corps d'Harry, de la tête aux pieds, en effectuant plein de mouvements compliqués, s'arrêtant parfois à certains endroits en fronçant les sourcils.

- Ta magie se reconstruit petit à petit. Mais ça devrait aller plus vite maintenant que tu as repris connaissance.

Harry se redressa brusquement.

- Qu... quoi ? Ma magie ? Vous voulez dire que... j'ai perdu mes pouvoirs?

- Oui, dit Ginny d'une voix calme. De façon temporaire.

- Harry, le rassura Isabella d'une voix douce. N'oublie pas qu'en l'espace de quelques heures, tu as lancé deux Avada Kedavra et tu as créé un bouclier pour te protéger. Tout cela t'a demandé une grande puissance, si bien que quand tu es arrivé chez nous, le flux magique qui circule normalement en permanence dans ton corps – celui qui te permet de jeter des sorts – était très faible. Je crois que je n'avais jamais vu quelqu'un avec un flux magique si faible. Mais bon... je n'avais jamais vu d'Harry Potter non plus.

- Et ça va être long ? s'inquiéta Harry.

- Plus tu resteras tranquille, plus ton flux magique se recomposera vite. Je t'interdis donc de jeter le moindre sort. De toute façon, pour le moment, les résultats ne seraient pas probants.

- Que se passerait-il ? voulu savoir Harry.

- Ca te fatiguerait pour rien et de toute façon, dans ton état, il y a très peu de chance que tu y parviennes. Tiens, essaye une fois et après, tu dois me promettre de ne plus te servir de ta baguette jusqu'à ce que tu te sois remis complètement.

Ginny lui glissa sa baguette entre les doigts et Harry visa Hermione.

- Expeliarmus !

Hermione ne fut pas désarmée. Sa baguette ne fit que tressaillir entre ses doigts. Harry découvrit donc avec stupeur qu'il n'était même plus capable de faire un simple sort de désarmement. Il n'avait pas plus de pouvoir que le petit garçon de 11 ans qu'il était avant de recevoir sa lettre pour Poudlard. Il avait soudain l'impression que ces sept ans n'avaient servi à rien, qu'il était revenu en arrière.

- Ne t'inquiète pas, le raisonna Ginny. Ton flux magique va vite se recréer et tout rentrera dans l'ordre.

- Oui, Ginny a raison, continua Isabella. Ce n'est qu'une question de temps. Bon, je vous laisse. Je repasserai te voir plus tard, Harry.

Une fois qu'il fut seul avec Ginny et Hermione, Harry demanda :

- Comment est-ce que ça se fait qu'Isabella soit au courant de... tout ? N'y a-t-il pas des risques pour qu'elle en parle à tort et à travers ?

- Aucun, répondit Hermione avec un sourire. Elle est dans le secret. Kinsley s'est occupé d'elle.

Harry sentit alors qu'il était temps de poser les questions qu'il redoutait depuis son réveil. Ginny et Hermione avaient soigneusement évité le sujet, mais il savait bien que des choses graves s'étaient produites. Comment pourrait-il en être autrement, après la bataille qui avait vu la fin du maître des ténèbres ?

- Comment va Ron ? s'enquit tout d'abord Harry.

- Il a été très blessé, répondit Ginny. Mais il se rétablit peu à peu.

- Ginny, Hermione, racontez-moi comment s'est déroulée la bataille de votre côté, demanda Harry.

Il vit les deux jeunes filles échanger un bref regard et son cœur entreprit une course folle dans sa poitrine.

- Nous sommes arrivés sans trop de problème à la Cité Obscure, commença Hermione. Tonks et Kinsley savaient comment faire pour neutraliser les arbres de la forêt. Nous sommes donc arrivés au manoir sans encombre. Une partie du groupe, menée par Kinsley à engager le combat avec les mangemorts qui gardaient l'entrée, alors que l'autre partie, guidée par Tonks, pénétrait dans le manoir. Rogue avait bel et bien désactivé le mécanisme de base. Dans les premiers temps, nous n'avons croisé personne. Les couloirs semblaient déserts. Nous sommes finalement tombés sur deux mangemorts et ils ont donné l'alerte. Dès ce moment, il en est arrivé de partout. Des créatures des ténèbres aussi. C'était affolant. Et là, la bataille a fait rage. Des sorts fusaient de tous les côtés. En plus de se défendre, il fallait se méfier de tous les sorts perdus qui n'atteignaient pas leur cible et qui pouvaient nous toucher.

- C'était horrible, enchaîna Ginny, la voix tremblante. Tous les blessés, tous ces corps qui tombaient...

On toqua à nouveau à la porte et Ron pénétra dans la chambre d'Harry.

- On m'a dit que notre héros était réveillé ! plaisanta le rouquin. Salut mon vieux !

Harry ne répondit pas tout de suite, ne pouvant détacher ses yeux du fauteuil sur lequel Ron était assis. Qu'était-il arrivé à son meilleur ami? Il pressentait qu'il n'était qu'au début d'une longue série de nouvelles toutes plus affreuses les unes que les autres.

- Oh, ne t'inquiète pas pour le fauteuil, Harry. Ce n'est qu'une question de temps. Un des mangemorts ne m'a pas loupé. Il m'a envoyé je ne sais quel sort dans les jambes. Ca a fait un mal de chien. Je vais donc devoir garder le fauteuil pendant quelques semaines. Et toi, ça va ? Pas trop pressé de retrouver tes pouvoirs ?

Harry était rassuré. Voir Ron plaisanter ainsi, même s'il savait qu'il cherchait par ce biais à faire bonne figure, lui faisait du bien.

- Non. Je dois dire que je ne suis vraiment pas pressé, dit Harry sur le même ton. J'hésite même à retourner vivre chez les Dursley, comme un moldu.

- Et moi, alors ? demanda Ginny.

- Oh, tu sais, petite sœur, dit Ron sur un ton de grand professeur, il y a sûrement d'autres bruns aux yeux verts avec une cicatrice en forme d'éclair sur le front. Tu en retrouveras un autre. J'ai toujours su que vous n'étiez pas fait pour être ensemble, tous les deux.

- N'importe quoi ! s'indigna Ginny. Ce n'est pas ce que tu disais à la fin de ma quatrième année, alors que je sortais avec Dean.

- Bon, OK, s'inclina Ron. J'avoue qu'en considérant tous les garçons de la planète, Harry est celui en qui j'ai le plus confiance. Et puis, la communauté sorcière a bien accepté de remettre son destin entre ses mains. Je pense qu'à partir de là, je peux lui confier ma petite sœur.

- Comme si on avait besoin de ton avis, riposta Ginny.

Puis Ron se tourna vers Harry.

- Je viens d'aller voir Lupin. Quand il a appris que tu t'étais réveillé, il a voulu venir avec moi, mais l'infirmière a catégoriquement refusé.

- Lupin ? demanda Harry. Il est ici ? Il a été blessé ?

L'ambiance changea radicalement. Si elle avait été en apparence enjouée depuis l'arrivée de Ron, elle redevint lourde et pesante, présage de sinistres nouvelles.

- Oui, il a été gravement blessé. Tout comme beaucoup d'autres, d'ailleurs.

- Et qui... qui...

Harry ne savait pas comment poser la question, comment aborder cette triste réalité, comment s'informer du pire.

- ... qui est-ce qui... est décédé ?

Tout d'abord, seul le silence lui répondit. Chacun se regardait, mais personne n'osait prendre la parole. Parler, c'était concrétiser l'impossible, l'insoutenable. Harry vit Ginny et Hermione pâlir. Quant à Ron, il baissa les yeux.

- Deux loups-garous amis de Lupin, ainsi que Suzan Bones, Jonathan Marwood – un serdaigle -, Maugrey Fol Œil et Elfias Doge, répondit Ron.

Harry avait l'horrible sensation que la liste n'était pas encore complète.

- Fred et Charlie nous ont quitté également, acheva Hermione dans un murmure presque inaudible.

Fred... Charlie... Charlie... Fred... Harry ne voulait pas y croire, ne pouvait pas y croire. Il n'avait jamais imaginé Fred sans George, ni George sans Fred. Ils étaient si semblables, si liés qu'il était tout simplement inconcevable de penser au décès d'un des deux... Ensuite, Charlie... Charlie le fier dresseur de dragon... Charlie l'excellent joueur de Quidditch. Les Weasley, tout comme tant d'autres familles, avaient abominablement souffert de cette guerre. Il n'osait imaginer dans quel état se trouvaient Arthur et Molly, ayant perdu deux fils et dans quel état étaient Ron et Ginny, ayant perdu leur frère. Hermione avait les larmes aux yeux, Ginny pleurait silencieusement, alors que Ron avait le visage fermé. Et Harry, au milieu de toute cette souffrance, de toute cette douleur, se sentait totalement perdu. Il serra Ginny dans ses bras, se maudissant de ne pouvoir faire plus pour apaiser son chagrin. Comment vivre, comment survivre, après tant de morts, face à tant de désespoir. Harry se sentait las, inutile, abattu.

- Et toi ? finit par demander Ron, mettant fin au silence qui semblait vouloir s'installer. Raconte-nous ce qui s'est passé de ton côté.

Après toutes ces sinistres nouvelles, Harry ne se sentait plus le courage de parler de ce qu'il avait vécu. Il vivait, tandis que d'autres étaient partis. Il était là, tandis que d'autres les avaient quittés. Comment avait-il pu avoir une telle réaction de frayeur tout à l'heure en constatant la faiblesse de ses pouvoirs, alors que d'autres pleuraient la disparition de leurs proches ? Il se sentait minable, coupable, égoïste.

- S'il te plaît, Harry, l'encouragea Hermione.

Il prit une profonde inspiration et commença son récit, depuis son entrée dans la Cité Obscure, jusqu'à l'Avada Kedavra final.

- Le comportement de Pettigrow fut pour le moins étrange, remarqua Ginny. Pourquoi ne t'a-t-il pas amené chez Voldemort ? C'était dans son intérêt. Sa réaction est vraiment insensée.

- Pas tant que ça, fit alors Hermione, pensive.

Tous se tournèrent vers elle et Harry la regarda dans les yeux. En entendant son amie prononcer ces paroles, un déclic s'était fait dans sa tête et il pensait avoir compris où elle voulait en venir.

- Après que tu as empêché Sirius de tuer Pettigrow, Dumbledore ne t'avait-il pas dit qu'un jour peut-être tu serais heureux de l'avoir épargné?

- Oui, en effet, admit Harry. Il me semble que Dumbledore avait même parlé d'un lien qui se serait créé entre nous à ce moment-là.

- Il avait une dette en vers toi, Harry, reprit Hermione. Par son geste, il s'est acquitté de cette dette.

Harry acquiesça. Il n'avait plus repensé à tout cela sur le moment, mais il venait de parvenir à la même conclusion qu'Hermione.

- Et Pettigrow ? Et Bellatrix ? Et les autres mangemorts ? Que sont-ils devenus ? demanda Harry.

- Pour Pettigrow, je ne sais pas. Quant à Bellatrix, elle est morte. Elle a été tué par Lupin.

- Par Lupin ?

- Oui. Je n'étais pas très loin d'eux quand ils se sont affrontés, enchaîna Ron. Je n'ai jamais vu Lupin dans un tel état de rage. Il était impressionnant.

Dans sa tête, Harry revit les quelques instants qui avaient précédé la mort de Sirius, le combat acharné qu'avait livré les deux cousins. « Lunard t'as vengé, Patmol », songea-t-il.

- En ce qui concerne les autres mangemorts, continua Hermione, certains sont morts. D'autres se sont échappés – les Aurors sont à leur recherche. D'autres encore ont été blessés et sont ici. Tous les autres sont pour le moment faits prisonniers au ministère, avant d'être transférés à Azkaban.

- Et... Rogue ? voulut encore savoir Harry, se demandant ce qui était arrivé au maître des potions.

- D'après ce qu'on a compris, dans un premier temps, Rogue ne se serait pas éloigné de la salle dans laquelle vous vous affrontiez, expliqua Ron. Dès que les portes se sont ouvertes, il se serait précipité à l'intérieur et, voyant ton état, il se serait chargé de t'amener ici. Ensuite, il est revenu à la Cité Obscure et il s'est battu à nos côtés. Il a été d'ailleurs grièvement blessé, mais a refusé catégoriquement de rester à l'hôpital. Il a dit qu'il se soignerait lui-même avec ses potions. Personne n'a osé le contrarier.

Harry aurait été incapable de dire ce qu'il ressentait pour Rogue. Il avait passé tant d'années à le haïr. Il avait tant de fois fait les frais de son injustice que sa rancœur était encore tenace. Toutefois, il savait pertinemment que même s'il avait agi ainsi uniquement pour honorer la mémoire de Dumbledore, il l'avait quand même fait. Il avait pris de gros risques, avait veillé sur lui jusqu'au bout et n'avait jamais failli. Et pour ça, Harry lui en serait éternellement reconnaissant malgré tout.

Harry soupira et renonça à décrypter ses sentiments à l'égard du si insondable maître des potions. Du moins pour le moment, car son mal de tête revenait. Il porta une main à son front. Geste qui n'échappa pas à Ginny.

- Ca va, Harry ? demanda-t-elle, inquiète.

- Oui, ne t'inquiète pas, je...

- Harry, ne dis pas de bêtise. Nous allons te laisser, dit Hermione en se levant. Il faut que tu te reposes.

- Hermione a raison, ajouta Ron. On va y aller. Il ne faut pas que tu te fatigues, Harry.

Harry leur sourit. Dans un sens, il ne voulait pas rester seule dans cette chambre trop froide, trop blanche et bien trop vide sans ses amis. Mais d'un autre côté, il n'avait qu'un seul souhait en ce moment même : dormir, dormir et dormir encore. Ginny l'embrassa tendrement avant de se dégager doucement de son étreinte. Hermione vint l'enlacer à son tour et Ron vint lui donner une tape amicale sur l'épaule. Puis tous trois quittèrent la chambre, en lui promettant de passer le voir tôt le lendemain matin.

A peine eut-il posé la tête sur l'oreiller qu'Harry glissa dans un sommeil agité.

oOoOoOoOoOo

Lord Voldemort se tenait devant lui, plus puissant que jamais, son regard le défiant de faire le moindre geste. Harry était paralysé et sentait l'angoisse l'envahir, au fur et à mesure que son bouclier disparaissait. Il avait bien essayé de le recréer, mais le seigneur des Ténèbres l'en empêchait à chaque fois. Le pire était que son adversaire ne ressentait aucune crainte face à la brume dont il avait été entouré. Il s'était contenté d'éclater d'un grand rire polaire et de narguer Harry de sa baguette.

Avec horreur, Harry prit alors conscience que sa propre baguette avait disparu. Son regard affolé ne fit qu'amplifier le rire de Voldemort. Harry tremblait des pieds à la tête et sentait sa dernière heure arriver. Il n'avait rien pu faire. Par sa faute, Voldemort allait être vainqueur. Il n'avait pas été à la hauteur de la tâche qui lui avait été assignée. On aurait jamais dû lui faire confiance. Il n'était qu'un lâche, qu'un incapable.

- La mort, Harry, susurra le mage noir. Elle est là, juste pour toi. Elle t'attends de pieds fermes. Tes parents l'ont affrontée avec bien plus de bravoure que toi. Avada Kedavra.

Harry regarda alors la lumière verte se diriger vers lui. « Le même vert que celui de mes yeux », fut sa dernière pensée avant de... se réveiller.

- Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon ! hurla-t-il.

Une porte s'ouvrit à la volée et une main fraîche vint se poser sur son front.

- Harry ! C'est Isabella. C'est fini ! Ce n'était qu'un cauchemar !

Le corps tremblant, trempé de sueur, Harry tenta de retrouver une respiration normale.

- J'ai rêvé de la bataille, murmura-t-il. Je ne pouvais rien faire. Voldemort était trop fort. Je mourrais, oui, je mourrais.

Isabella s'assit au bord de son lit et le prit dans ses bras, comme l'aurait fait une mère avec son enfant. Harry ne protesta pas et se laissa faire.

- Calme-toi, Harry. Rien de tout ça n'est arrivé. Tu l'as vaincu. Il ne reviendra plus.

Isabella n'ajouta rien, mais attendit patiemment qu'Harry retrouve son sang-froid. Son rêve lui avait paru si réel qu'il eut du mal à se raisonner et à se dire que Voldemort était bel et bien mort, que tout ça n'était que le fruit de son imagination et que jamais plus le mage noir ne se tiendrait devant lui. Le combat et les révélations de l'après-midi avaient laissé des traces indélébiles dans le cœur tourmenté d'Harry, si bien que son esprit avait reconstruit la bataille finale à son désavantage. Mais il finit par se détendre et ses tremblements incontrôlables cessèrent.

- Je vais te donner une potion de sommeil sans rêve, dit Isabella d'une voix douce.

L'infirmière se leva et Harry se réinstalla dans les couvertures, en écoutant les bruits étouffés qui provenaient des chambres voisines et en se demandant comment allait Lupin. Isabella revint vite avec la potion qu'il but d'une traite. Elle le borda affectueusement et Harry s'endormit presque instantanément, sans savoir que pendant des années encore il ferait le même cauchemar, sans savoir que Ginny aurait toutes les peines du monde à le rassurer après de tels rêves, sans même savoir que le lendemain, l'Ordre au complet serait présent à son réveil.

oOoOoOoOoOo

Les blessures causées par cette guerre mirent du temps à se refermer. Mais c'est le cœur empli du souvenir de ceux qui les avaient quittés qu'Harry et ses proches étudièrent, travaillèrent, s'aimèrent, se marièrent et eurent des enfants. Car malgré tout, la vie continuait.

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Et voilà. Il ne reste plus que l'épilogue qui arrive… tout de suite !