Disclaimer : Comme d'habitude, rien ne m'appartient ! SAUF : Sam Beckett, Lou Vidal et Rose Fitzwilliam, qui m'appartiennent totalement ;)

Paring : Harry/Draco (principalement)

Rated : MA (Lemon)

Rappel : Cette fanfiction contient des OC (personnages originaux), fait mention de violence physique et morale, eeeet joue un chouïa avec le déroulement de l'oeuvre canon. Ainsi, pour le bon déroulement de cette histoire : Severus Snape, Albus Dumbledore, Sirius Black et Remus Lupin ne sont pas morts ; Cho Chang et Katie Bell sont de la génération d'Harry ; Tout événement sinistre s'est terminé en sixième année ; J'ai pris une certaine liberté avec la composition des équipes de Quidditch.

Nombre de chapitres : 1 prologue, 34 chapitres et 1 épilogue.

Toujours un grand merci à celles et ceux qui m'ajoutent en favoris/follow ! :)

Enjoy !

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- Opération Jalousie -

Lou était lavée et changée, fraîche comme un gardon, mais après tout il fallait bien que quelqu'un le soit. Blaise et Draco, tous les deux à la sortie du lit, n'en menaient franchement pas large.

-Il va falloir m'expliquer.

Ces quelques mots flottaient encore dans l'air entre les trois amis, Lou vécut ça comme une géante sensation de déjà-vu. Blaise, lui, grimaça devant l'ironie de la situation. Enfin, maintenant il comprenait ce que ça faisait d'être celui qui recevait la question. Lou souffla, longuement, et décida de prendre une chaise elle aussi – après tout s'ils devaient avoir la conversation, autant se mettre à l'aise.

-Draco… Commença Blaise, sincère. On voyait bien que t'allais pas bien, on voulait juste… t'aider un peu, tu sais ?

Draco fronça les sourcils. Il n'avait absolument aucune idée de ce dont Blaise parlait. Il aurait besoin de plus que ça. Ce n'était pas compliqué, si ses amis avaient quoi que ce soit qu'ils ne lui avaient pas dit, c'était le moment ou jamais de le mettre au courant.

-On a remarqué que Potter te mettait dans un état pas possible, tu sais, la semaine de la rentrée… Reprit Lou.

Draco baissa un peu les yeux, affecté un instant par le souvenir de ce début d'année, et d'à quel point les choses avaient vraiment mal commencé pour lui. Et puis… et puis il fronça les sourcils, releva les yeux vers Lou – l'air dubitatif.

-Attends… Fit-il. La rentrée, mais… on se connaissait même pas encore ?

Les yeux de Lou s'écarquillèrent lentement. Damn, est-ce qu'elle venait de se vendre ? Oh non, mettre en l'air la relation de confiance qui s'était installée entre eux, ça aurait été vraiment trop injuste. Entre tout autre chose, elle n'avait vraiment pas envie de perdre son amitié. Surtout pour ça. Mais Blaise vola à sa rescousse.

-Lou ne savait pas encore. Tu ne vas pas le croire, mais… c'est Beckett et Fitzwilliam qui sont venues nous voir à ton propos.

Alors pour le coup, Draco fronça les sourcils, plissa les yeux, ouvrit la bouche même, comme pour dire quelque chose – mais rien ne vint. Fitzwilliam ? Beckett ? Blaise eut un petit sourire, malgré tout, embarrassé. « Ouais, je sais… ».Draco n'aurait jamais cru qu'elle aurait fait quoi que ce soit « pour lui ».

-Mais… pourquoi ? Fut sa première question ensuite.

Lou et Blaise s'entreregardèrent. Alors ça, il faudrait peut-être leur demander directement. Un drôle de silence s'étira entre eux, et les deux amis comploteurs se demandèrent un instant s'ils avaient choqués Draco. Trop pour qu'il parle de nouveau. Mais non, il semblait simplement réfléchir – peut-être un peu en conflit interne, mais en réflexion pour sûr.

-Vous pouvez… je sais pas, les appeler peut-être ? Je… Okay, c'est super bizarre pour moi tout ça. Juste. Rassemblez votre… groupe ou peu importe.

Il n'y avait pas vraiment de reproches dans sa voix, mais il se sentait définitivement perdu – peut-être un peu trahi – et Blaise et Lou s'en voulurent pour ça. Mais qu'à cela ne tienne, Lou avait un code qui les ferait se lever de leurs lits sans qu'elle n'ait à perdre du temps à leur écrire un mot.

Le code « tâche noire » – parce qu'elle avait gardé précieusement la deuxième version du code que Sam lui avait donnée – signifiait BRANLEBAS DE COMBAT, et donc « tout le monde arrête ce qu'il est en train de faire et rendez-vous à l'endroit habituel immédiatement ». Pour tout dire, les filles furent bien plus que surprises en se faisant réveiller par un message frénétique voulant être lu, portant la marque noire. Il s'en suivit quelques prises de pieds dans les tapis et enfilage de pull d'abord à l'envers, puis difficilement à l'endroit, avant qu'elles ne se pointent, presque synchrones, dans la chambre de préfet de Blaise Zabini.

Sam, dans son costard de la veille, devait s'être endormie telle quelle – comme Blaise, et comme Draco. Rose, jupe d'uniforme, chaussons et pull de laine qu'elle avait eu un mal de chien à enfiler, fut la première à remarquer que Malfoy était dans la pièce.

-Nom d'un sac de terre…

-Sac de terre ?

Mais Sam n'était pas plus choquée par l'expression ratée que par Draco Malfoy, à son tour. Et puis il fallait les excuser, elles qui avaient dû « garder un œil » sur la soirée n'avaient pas pu échapper à l'ambiance festive de la veille et souffraient, toutes deux, d'un mal de crâne absolument phénoménal. Le Serpentard les regardait, fixement, et elles se turent. Voilà qui était extrêmement embarrassant.

-Prenez un pouf, leur lança Lou. Ça risque d'être long.

-Il sait… ? Demanda Rose, prudente, en s'approchant lentement d'un des fameux poufs.

Draco eut l'air légèrement agacé qu'on parle de lui comme s'il n'était pas là.

-Il ne sait rien, et ça l'énerve passablement, répondit-il lui-même les dents serrées.

Sam plissa les yeux alors, s'asseyant à son tour, doucement. Elle regarda tout le monde un à un, puis fronça les sourcils. Clairement, Draco était énervé. Clairement, Blaise et Lou étaient dans leurs petits souliers. Mais ça voulait surtout dire une chose pour le moins non négligeable :

-Personne ne lui a dit le plus important ?

Lou et Blaise se retournèrent vers elle, plus ou moins interloqués. Rose plissa un peu les yeux. Si elle essayait de gagner de temps, c'était plutôt mal barré. Draco fronça les sourcils, de plus en plus agacé.

-Quel « plus important » ?

-Eh bien Harry. Harry Potter, il est amoureux de toi.

Le visage de Draco se décrispa instantanément, peinant pourtant à assimiler ces quelques mots. Les autres eurent l'air carrément perplexes, sceptiques même, et Sam leva les yeux au ciel, dramatique :

-Je suis la seule qui ait gardé un œil ouvert pendant le bal ?

Ils s'entreregardèrent – sauf Draco, personne ne regarda Draco et Draco ne regarda personne, parce que Draco était toujours sous le choc. Harry Potter… était… elle pouvait le répéter ? Il cligna des yeux, plusieurs fois.

-…Quoi ? Finit-il par articuler – et on sembla se souvenir de son existence.

Sam eut une petite moue. Ça devait être beaucoup à assimiler d'un seul coup, elle pouvait en convenir. Elle aurait pu parler directement du bal, mais étant donné que Malfoy n'était au courant de rien et qu'il voulait très probablement comprendre ce qu'il se passait, elle décida de commencer par le commencement. Elle souffla brièvement, pour se lancer.

-Il était malheureux avec Cho, dit-elle, alors on a fait en sorte qu'ils rompent.

Draco fronça les sourcils – une fois de plus. Les trois autres se mirent plus à l'aise dans leurs chaise, lit, et pouf. Si Sam se chargeait de tout dire, ils n'auraient pas besoin de participer à cette conversation tout de suite. Draco ouvrit la bouche, déjà perplexe :

-Vous avez…

-On voyait que votre rencontre l'avait plus bouleversé que ce qu'il prétendait, coupa Sam pour ne pas perdre son élan narratif, alors on a tenu Weasley-fille à l'écart pour lui laisser le temps d'y réfléchir.

-Attendez, le journal c'était v-

-On voulait faire pareil pour Katie Bell, coupa-t-elle de nouveau, mais Harry s'est éloigné d'elle tout seul – Sam ne dit rien à propos d'Astoria et de Pansy et pour ça tout le monde lui en fut particulièrement reconnaissant.

-Mais comment vous sav-

-Clairement ça voulait dire qu'il avançait psychologiquement, et puis après il est carrément allé parler à Ron de la possibilité d'aimer un garçon, pour dire.

Elle fit une petite pause pour respirer, et puis seulement elle remarqua que Ron n'était, en fait, pas là et – outre l'injustice cuisante qu'il eut été épargné à se lever de force – elle se demanda pourquoi il avait été écarté de la réunion d'urgence. Elle se retourna vers Lou et Blaise.

-Eh d'ailleurs, s'étonna-t-elle. Vous avez pas tiré Ron du lit ?

Draco ne savait pas s'il était plus choqué par le fait qu'elles savaient ce que Harry avait dit à telle personne tel jour, où que Weasley faisait aussi partie du complot, alors il n'essaya pas de les interrompre de nouveau.

-C'est-à-dire qu'on n'avait pas encore parlé de lui à Draco, glissa Blaise en se raclant un peu la gorge.

-Oh.

-Mais maintenant que c'est fait… Proposa Lou. On peut toujours…

Elle s'adressait à Draco pour avoir son avis, il fit un vague signe de tête pour donner son approbation – au point où il en était.

Ron n'était pas en possession du code, alors Sam griffonna juste quelques mots sur une note qu'elle ensorcela pour qu'elle fasse un petit bruit de moteur particulièrement désagréable qui devait suffire à le réveiller. Malfoy dans la chambre de Zabini, grouille. Harry avait toujours le risque de tomber dessus, mais il ne fallait pas oublier qu'ils devaient dormir profondément tous les deux et que ce serait autour de Ron seulement que la note-au-bruit-de-moteur tournerait inlassablement.

Il arriva en pyjama, pieds nus, les yeux défoncés par la lumière qu'il avait dû subir tout le long du chemin – et celle de cette même chambre où il se tenait maintenant. Draco n'arrivait pas à croire ce qu'il avait devant les yeux.

-Du coup, on en était où ? Reprit Sam.

D'un mouvement de baguette Blaise offrit une chaise à Ron, sur laquelle il s'assit avec gratitude pendant que Rose rappelait à Sam qu'elle s'était arrêtée juste après l'éloignement d'Harry de Katie Bell.

-Ah, exact ! Tout ça pour dire que hier je l'ai observé pendant le bal et que lui, c'est toi qu'il regardait, et je peux t'assurer qu'il n'y avait pas une trace de haine ou même de rancune dans ces yeux là. Il a même souri, plusieurs fois. Pas de blague.

Ron, qui avait espéré qu'on ne l'avait pas réveillé pour rien, dut avouer qu'il n'était pas mécontent d'avoir assisté à ça. Comme il n'avait pas encore parlé depuis qu'il était tombé du lit il y avait quelques minutes de ça, il s'éclaircit la gorge avant de tenter :

-Il a fait ça ?

Ronald Weasley, collaborant avec Blaise et Lou… et les autres, pour arranger sa situation avec Potter, Draco n'arrivait toujours pas à croire que ce qu'il entendait, que ce qu'il voyait était réel. Et s'il rêvait ? Il regarda autour de lui mais tout semblait si vrai que ça ne pouvait être que la réalité. Ça, et son abominable gueule de bois. Se retournant vers Ron, Sam acquiesça.

-Si on est vraiment sûrs de ce qu'il ressent, intervint Rose qui remettait lentement mais surement son esprit en mode de fonctionnement. Ce qu'il nous faudrait maintenant ce serait une façon pour que Potter lui-même fasse un pas vers toi, Malfoy.

Draco se sentit bête un instant qu'on lui adresse la parole, il ne s'y était pas attendu. Ça voulait dire, quoi… qu'il faisait partie du complot lui aussi, maintenant ? Sans même lui demander son avis, ils le… l'aspiraient dans leur délire ? Harry Potter est amoureux de toi. Il se mordit un peu la lèvre inférieure.

…D'accord, il voulait bien en être. Rougissant soudain, il monta ses mains devant son visage. C'était le lendemain de cuite le plus bizarre de sa vie. Et ce en comptant ses cuites futures.

Le silence s'éternisa un peu, mais pour tout dire Draco s'en ficha. Il profita de ce temps pour fondre un peu plus dans sa chaise. Il ressentait tout un tas de trucs différents – honte, joie, nervosité, espoir, septicité. Impressionnant cocktail, honnêtement, à vivre de l'intérieur. De leur côté, les autres semblaient se creuser la tête pour la solution miracle qui les décoincerait de ce cul-de-sac émotionnel. Seul Ron finit par plisser les yeux, comme s'il se demandait comment ils avaient survécu jusque là sans connaître un minimum de qui il parlait.

-Il n'y a qu'à… Fit-il comme s'il s'attendait presque à un piège. Le rendre jaloux… ?

Les autres se retournèrent vers lui, comme un seul homme. Lui, ses cheveux en bataille, ses yeux cernés, ses pieds nus et son pyjama froissé. « Quoi ? ». Il prit le temps de les regarder, comme s'il s'attendait à ce qu'ils comprennent par eux-mêmes. Mais ils n'avaient pas l'air de vouloir impacter, alors il précisa :

-Harry n'a absolument aucun retenu affectif, dit-il comme si c'était évident. Ses potes l'énervent il pète une gueulante, sa copine démarre une dispute il embraye à la seconde. Si Malfoy se fait draguer devant lui il va vouloir extérioriser d'une manière ou d'une autre.

Blaise et Lou se retournèrent vers Draco, presque par réflexe. Genre, en frappant au visage celui avec qui il flirtait ? Draco se ratatina un peu plus sur sa chaise. Oubliez-moi un instant, v'voulez bien. Lou intervint alors, ajoutant que si en plus Harry se laissait déjà lui-même draguer par un autre garçon, il était probablement prêt pour une « mission » de ce genre. Ron fronça les sourcils.

-Attends, quoi ?

Rose et Sam avaient tiqué elles aussi. Lou, un peu étonnée que Sam ait « gardé un œil ouvert » pendant le bal mais pas pendant l'after, haussa un sourcil sceptique.

-Vous avez raté ça ?

aussi. Dans sa tête elle le prononça « Vous avez raté ça, aussi ? » mais ça aurait été admettre à voix haute qu'elle n'avait été mise au courant qu'en se levant ce matin-là et c'était plus arrangeant de passer ce détail sous silence. Elle avait un honneur à défendre, que diable !

-Toi aussi t'avais raté ça… Rectifia Blaise, blasé.

Elle leva les yeux au ciel. Il cassait tout son trip. Ron voulait aller voir si Harry était réveillé maintenant, voir s'il pouvait obtenir un sentiment général qu'il aurait pu retirer de cette soirée, mais ça voulait dire terminer cette réunion et remonter à la Tour Gryffondor avant que ses potes ne descendent – il n'allait quand même pas aller prendre un petit déjeuner en pyjama.

-Du coup, comment vous comptez faire pour le rendre jaloux ? Demanda-t-il pour accélérer la discussion.

Et les trois filles se retournèrent, d'un même mouvement, vers Blaise. Il était un garçon, il n'était pas le meilleur ami d'Harry – il était parfait pour le job. Blaise haussa un sourcil.

-Moi ?

Mais Ron trouvait l'idée formidable, et formidable aussi l'idée que ce choix clôturait la séance. Alors il se leva – « Parfait ! » – et tourna le dos à ses camarades de conspiration, quittant la chambre sur un dernier salut de la main, prêt à aller voir si Harry disait quelque chose à propos de s'être laissé draguer par un garçon. Draco regarda vers son meilleur ami, pour capter une réaction. Blaise n'en eut pas vraiment. Une petite moue, peut-être, comme s'il se disait qu'il aurait sans doute pu voir ça venir.

Lou se leva à son tour et clappa ses mains – Sam et Rose, grimaçant un instant, se dirent qu'elle aurait pu s'abstenir de faire ça. Mais elle annonça son départ imminent, « Puisque vous n'avez plus besoin de moi ! », et les filles comprirent que leur amie voulait laisser Draco et Blaise un peu tout seuls. Alors elles se levèrent elles aussi, prétextant l'envie d'une douche et d'un petit déjeuner, et toutes trois furent bientôt sorties à leur tour. Blaise eut un petit sourire reconnaissant, et Draco se mordit un peu la lèvre.

La porte se referma et, pendant un instant, ils ne dirent rien. Ça faisait beaucoup d'un coup, et la pièce paraissait tellement tranquille maintenant qu'ils n'y étaient plus que deux, qu'ils purent profiter de ce silence pour simplement être au calme, un moment. Et puis Draco baissa un peu la tête, comme pour chercher ses mots.

-Pourquoi… Finit-il par tenter. Pourquoi tu m'as rien dit ?

Blaise se retourna vers lui, un peu surpris, un peu intrigué. Comment ça ? Draco vit qu'il ne voyait pas exactement de quoi il voulait lui parler, alors il se racla un peu la gorge, chercha à préciser sa pensée.

-Je veux dire, t'as comploté derrière mon dos avec… trois- quatre personnes pour me rendre service, pourquoi tu m'en as pas parlé ?

Blaise avait pensé que ça aurait été évident à comprendre. Il eut un petit sourire quand il comprit que Draco se posait sincèrement la question. C'était si naturel pour lui qu'il n'avait pas imaginé devoir le lui expliquer. Et pourtant, c'était simple.

-Je n'ai fait que te laisser le temps que tu m'as demandé, dit-il avec la douceur d'un frère.

Et Draco, lentement… sourit. Un vrai sourire, étonné, et puis touché, et puis amusé. Peut-être même heureux. Un de ces sourires que Blaise n'avait pas vu sur le visage de son ami depuis bien, bien longtemps. Puis, changement soudainement de sujet, Draco se retourna de nouveau vers lui.

-Au fait, dit-il avec une petite moue. Ça te dérange pas ? Je veux dire… de te faire passer pour gay, juste pour ça ?

Et Blaise grimaça. Ugh, ça. Il faudrait peut-être qu'il pense, lui aussi, à planifier son coming-out. D'ailleurs, commencer par Draco serait la moindre des choses. Quelle journée… Il prit une grande inspiration, et releva les yeux vers les siens :

-Justement, à propos de ça…

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- Dimanche 27 octobre -

-J'arrive pas à croire que tu sois bi, et que j'ai jamais remarqué.

-J'arrive surtout pas à croire qu'on se tienne si près l'un de l'autre.

Montrer qu'ils étaient proches, c'était le deal. Mais quand même, c'était bizarre. Ils s'étaient assis dans le grand hall, près de la Grande Salle, pour être sûr que Potter les verrait en arrivant. Ils n'étaient pas les seuls cela dit, ce n'était pas rare que des élèves utilisent les murs de ce hall pour se poser entre potes – l'hiver moins à cause des courant d'air, mais on pouvait dire qu'il y avait toujours quelqu'un.

Blaise était assis contre un des murs de pierres, avait pris un bouquin pour passer le temps. Draco, assis entre ses jambes, se servant de lui comme dossier de chaise, avait carrément amené ses devoirs de Botanique.

-Ouais, désolé pour le sacrifice mon pote.

-Tout naturel, chéri.

Draco ricana un instant – que Blaise l'appelle comme ça, c'était bizarre. En tout cas, même si Potter ne se pointait pas ça aurait quand même valu une information inédite : son meilleur pote était un siège pour le moins confortable. Mais Potter se pointa, et la machine se mit en route. Ron remarqua tout de suite quand il changea l'allure, pour ralentir légèrement. Il suivit son regard, aperçut Blaise et Malfoy, et retint un sourire.

-Harry ? Fit-il, feintant l'ignorance. Tu viens ?

Harry fronça les sourcils. Mais ce n'était probablement rien, Malfoy et Zabini étaient meilleurs potes. Pas vrai ? Et tous les meilleurs potes passaient un jour par le stade « assieds-toi entre mes jambes que je passe un bras autour de ta taille », tout le monde savait ça. Son expression changea d'interloquée à légèrement écœurée, mais ça ne dura qu'un instant. Il leva presque les yeux au ciel, détourna les yeux, se détourna tout court.

De toute façon, ce n'était pas son problème.

-Ouais, bien sûr, répondit-il à Ron.

Mais son ton avait été teinté d'amertume, et son ami dut pincer ses lèvres pour ne montrer aucune réaction. Il le connaissait tellement bien, c'était presque trop facile. La veille, quand il lui avait demandé ce qu'il s'était passé avec Harper, il avait haussé les épaules. « Rien. C'était marrant. ». C'était marrant… alors Ron n'avait plus eu qu'à se demander, qu'est-ce qui avait été marrant ? Se faire draguer par un mec ou bien que Malfoy vienne pour lui refaire le portrait ? Mais l'un dans l'autre, le résultat était finalement plus ou moins le même. Harry avait fait un pas en avant impressionnant. Manquait plus qu'un petit coup de pouce.

Et ça, ils s'en chargeaient.

Harry se renferma un peu pendant le petit déjeuner, tentant de faire croire aux autres et à lui-même qu'il n'était pas en colère. Quel mauvais acteur. Il tenta d'être plus convaincant, tout de même, quand Hermione débarqua à table.

-J'ai fini mes bagages ! Lança-t-elle, joyeuse, en s'asseyant près de son petit-ami.

Aujourd'hui c'était le départ en vacances de ceux qui quittaient le château pour l'occasion. Les calèches partaient de la cour pour Pré-Au-Lard juste après le déjeuner, Hermione avait trouvé plus sage de finir sa malle et ses quelques sacs avant de descendre avec les autres. Autour de la table, elle était la seule à quitter l'école cette semaine, mais beaucoup d'autres élèves avaient choisi de rentrer.

C'était le cas par exemple de Owen Caudlwell, avec qui Ginny avait décidé de passer la journée complète avant son départ – et ce comptant le petit déjeuner. Nott et Parkinson rentraient chez leurs familles, aussi. Mais de tout ça, Harry n'en avait rien à faire. Et quand vint l'heure du départ, il ne fit attention qu'à Hermione, qui s'éloigna en leur lançant, avec un clin d'œil :

-Et soyez sages, surtout !

Ron, tout sourire, mit sa main droite à son cœur, comme pour le lui jurer. Harry esquissa un petit sourire à son tour. De toute façon elle ne partait qu'une semaine, qu'est-ce qu'elle voulait qu'il leur arrive.

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Ron avait laissé ses potes en plan et s'était discrètement éclipsé de la salle commune de Gryffondor. Avec les autres, ils avaient prévu de faire un point le soir-même du début de « l'opération jalousie » – et en passant ils devraient arrêter de nommer leurs opérations. Les autres devaient l'attendre de pied ferme, très probablement désireux de connaître la réaction de son meilleur ami. Et sachant que leurs amis à eux étaient partis en vacances et que en plus lui était en retard à la réunion, ils devaient attendre là depuis un petit moment.

-Ron ?

Il avait à peine posé deux pieds dans la salle commune des préfets qu'il tomba nez-à-nez avec Dean. Alors ça, c'était carrément pas de bol. Son ami haussa un sourcil surpris.

-Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il – alors Ron plissa un peu les yeux :

-…Et toi ?

Ils se regardèrent un instant en silence, comme si chacun d'eux attendait quelque chose de la part de l'autre. Et puis Dean souffla un peu, voyant que la réalisation ne comptait pas monter jusqu'à la tête de son ami.

-Je suis préfet, Ron.

-Oh, ouais, c'est vrai.

Le silence fut embarrassant, le temps d'un instant, mais seulement pour Ron. Dean, légèrement blasé, attendait seulement que son ami se décide à lui dire pourquoi il était monté jusque chez les préfets, sans être préfet.

-Tiens, j'y pense ! Fit soudain Ron alors. Seamus te cherche, je crois qu'il veut te parler.

Dean eut l'air étonné, puis inquiet, puis soucieux, puis il le remercia et quitta très vite la salle commune des préfets. Ron souffla, un peu. C'était un peu bête, parce qu'il n'avait théoriquement rien à cacher, mais un peu quand même. Il marcha vers la chambre de Blaise avant que quelqu'un d'autre ne puisse l'en empêcher, et ouvrit à l'exact moment où Sam demanda :

-Bon, il fait quoi Ron ?

-Il est là ! Fit-il en refermant immédiatement la porte derrière lui. Et il a une bonne nouvelle.

La bonne nouvelle, c'était que ça fonctionnait, Harry était jaloux – et Draco rougit un peu. Le bémol, peut-être, était qu'il n'avait pas encore l'air tout-à-fait près à l'admettre – et les autres levèrent les yeux au ciel. Il fallait dire que ça, ils s'en seraient doutés.

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Dean avait laissé Ron derrière et mis moins de temps qu'il aurait cru à atteindre la salle commune de Gryffondor. Il y trouva son petit ami, sur un canapé, avec un livre. Il plissa les yeux, soudain suspicieux.

-Ron m'a dit que tu voulais me parler ? Tenta-t-il tout de même.

Seamus releva les yeux vers lui, interloqué. Lui ?

-Moi ? Non…

Hm. Dean commença à se dire qu'il s'était peut-être laissé avoir. Seamus lui demanda pourquoi Ron lui aurait dit ça, Dean pensa que c'était une très bonne question. Il lui dit, pour l'étage des préfets, et son manque d'explication, même de fausse. Alors Seamus plissa les yeux à son tour.

-Tu crois… Fit-il. Qu'on devrait… en parler à Harry ? Parce que… c'est bizarre quand même.

Hmm. Ce n'était pas une mauvaise idée. Seamus se leva alors, et ils allèrent jusqu'au dortoir. Ils n'y trouvèrent pas Harry, seulement Neville, avec un livre de fiction et la concentration enfantine d'un lecteur pris par son monde.

-Eh, Nev, il est où Harry ? Lança Dean alors.

-Hm, pas là.

Et les garçons s'entreregardèrent, un instant blasés. Merci Neville. Mais ce n'était pas la faute du garçon, parce que ça faisait un moment maintenant que Harry s'était éclipsé lui aussi. Il avait juste… il avait juste eu envie d'être tout seul, quelques temps.

De toute évidence, il était un abruti. Mais le pire, c'était peut-être qu'Harry ne pouvait pas s'en empêcher. Il ne pouvait pas s'empêcher d'être cet abruti. Il sentait qu'il n'aimait pas l'idée d'avoir vu Malfoy… comme ça, avec son meilleur pote. Peut-être que ça le perturbait, parce qu'il avait pensé que le Serpentard était obsédé par lui, et que finalement c'était comme s'il lui avait… menti ? Mais ce n'était pas non plus comme s'il le lui avait dit.

« Eh, Potter, je suis un peu obsédé par toi ! »

Non, c'était ridicule. C'était juste… Harry avait cru… il avait pensé… enfin. Ah et puis ça l'énervait aussi, c'était quoi cette manie de changer d'avis aussi subitement ! Ça voulait dire quoi, ce baiser ? Cette frustration ? Ce poing dans la gueule de Harper ? Il eut un petit sourire, malgré lui.

Non, pas de sourire, il était en colère nom d'un chien ! Soufflant d'exaspération, il trouva un endroit où s'asseoir. Il devait se calmer, il devait garder la tête froide. Fermant les yeux, il laissa sa tête aller à la rencontre du mur derrière lui.

Et maintenant, quoi… Il n'avait aucun droit sur lui. Et puis de toute façon, il n'avait pas envie d'en avoir.

Pas vrai ?

Pas vrai ?

A suivre...


Harry, Harry, Harry... Enfin, je ne peux rien dire, c'est un peu de ma faute. x)

J'espère que ça vous plaît toujours, n'hésitez pas à laisser un avis, bien sûr ! :3

A mercredi prochain (11/05/16) pour le chapitre 28 !

Ciao ciao :)
Chip.