Bonjour à tous, ça fait plaisir de vous retrouver après cette pause dis donc !
Voici donc le chapitre 28, jusqu'ici j'ai déjà écrit le 29 et le 30, ils restent à perfectionner ;)
Bienvenue aux petits nouveaux en tous cas, j'espère que vous allez bien et merci pour vos retours, quant aux anciens, quelle joie de vous retrouver chaque semaine ! :D
Remerciements à Akimitsu N, encore et toujours, pour sa correction !
Sur ce, je vous souhaite un très bon chapitre ;)
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- Yaku va s'installer à la maison, lâcha finalement Lev, tandis qu'il saisissait sa tasse de café.
Un petit silence passa.
Akaashi cligna des yeux.
Il faisait très froid ce jour là, mais aussi très clair. Une grande vague de soleil se jetait dans le petit salon d'Akaashi.
Lev était assis sur le canapé, plié en quatre, les genoux rabattu contre lui tant il était grand et tant son siège était bas. Il frétillait des doigts, entre tension et excitation.
Akaashi quant à lui posa le plateau qu'il tenait entre les mains sur la table basse. Il haussa très haut les sourcils, et se mit à sourire.
- Yaku va s'installer chez toi ?! s'exclama-t-il, un éclat de rire dans la voix.
Et son rire résonna gentiment dans l'appartement.
Lev leva la tête en souriant, un vrai soleil ambulant.
- La classe, hein ? répliqua-t-il, aux anges.
Et Akaashi rigola doucement. Il vint s'asseoir à côté de Lev, puis attrapa sa tasse qu'il serra entre ses doigts. Il se sentait léger ce jour là. Joyeux, lumineux.
Il ne se sentait pas fatigué.
Bizarrement tout semblait plus simple récemment, tout semblait plus grand, plus clair, plus doux. Cela faisait maintenant une semaine que Tsukishima avait décidé de mettre Bokuto et Akaashi en duo pour la pièce, et notre protagoniste avait toujours du mal à en revenir.
Il avait été impressionné de premier abord, ça c'est sûr. Anxieux, même. Voir défaitiste. Il aurait presque protesté, si danser avec Bokuto ne lui avait pas procuré tant de joie.
C'est que notre Akaashi avait toujours été un grand solitaire. Et devoir tout à coup se plier aux exigences d'un duo lui faisait un drôle d'effet. Jamais il ne s'était imaginé autrement que seul sous les projecteurs. Et si l'idée d'un partenariat lui avait semblé grotesque sur le coup, à chaque nouvelle chorégraphie Akaashi réalisait que cette décision était tout bonnement grandiose.
Il adorait cela.
Oh, c'était beaucoup de travail, bien sûr. Mais plus il s'épuisait à la tâche, plus la présence de Bokuto le ravivait. Son ami souriait comme un soleil lui aussi ces derniers jours. Il riait aux éclats et virevoltait comme une hirondelle au printemps.
Ils formaient un joli duo tous les deux. Ils étaient beaux.
Toujours est-il qu'en ce samedi après-midi, Lev avait affirmé à Akaashi qu'il avait une information de la plus haute importance à lui apprendre. Notre danseur classique, surpris, l'avait gentiment invité à prendre le café. C'est ainsi que Lev avait dévoilé le fameux secret : son Yaku allait s'installer chez lui.
- Eh bah dis donc, commenta alors Akaashi. Il en a du courage, Yaku ! lâcha-t-il sur le ton de la rigolade.
Et Lev s'esclaffa.
Il flottait sur cette scène un sentiment de plénitude. Tout était si calme et serein qu'on en aurait presque cru une scène d'un vieux film et non pas de la réalité.
Akaashi sourit. Tout était plus simple, plus facile… Ses tourments lui semblaient bien lointain en cet instant, tous les problèmes de son existence semblaient soudain réglés.
- Il emmenage mercredi, annonça alors Lev.
Et en portant sa tasse à ses lèvres, il souriait. Cela fit du baume au coeur à Akaashi. Lev avait bien changé, mais finalement lui aussi. Et les deux jeunes hommes s'apportaient quelques petites choses qu'ils n'auraient jamais trouvé autrement qu'en étant plus ou moins forcés de se côtoyer au départ.
- J'ai tellement hâte, avoua alors Lev, soudainement, en rabaissant sa tasse.
Et il se tourna vers Akaashi, les yeux pétillants.
- Je sais que je l'ai déjà dit, mais je l'aime tellement ! s'exclama-t-il.
Et il aurait pu parler n'importe quelle autre langue, qu'Akaashi aurait tout de même compris, tant en effet l'Amour résonnait dans sa voix.
Akaashi baissa les yeux en souriant.
C'est qu'il pouvait comprendre.
Mais il ne voulait pas que cela se voit trop dans ses yeux.
Cependant, de telles émotions devaient naturellement émaner du corps des gens, car Lev se laissa tomber en arrière dans le canapé avant de déclarer, l'air un peu moqueur, un peu furtif :
- Et toi alors ? Quand est-ce que Bokuto s'installe ici, hein ?
Et Akaashi marqua une petite pause. Il mit une seconde à déchiffrer les mots de son voisin.
- C'est pas demain la veille, répondit-il alors, l'air de ricaner.
Et il était un peu gêné, alors il apporta sa tasse à ses lèvres. Fit mine de savourer. Les yeux baissés, afin de ne pas pouvoir croiser le regard de Lev, qui rigolait pourtant depuis sa portion de canapé.
- Ouais, ouais, c'est ça ! s'exclama-t-il, tout amusé de la situation, et surtout plein d'Amour dans le coeur.
L'amour rend heureux de tout.
- Tu dis ça, mais en vrai moi je vois bien tes petits sourires ! ajouta alors Lev en agitant la main.
Akaashi ne savait pas s'il était agacé ou bien amusé de l'attitude de Lev. Il se contentait de fixer la table face à lui avec un petit sourire attentif.
- Et t'es tout content depuis que tu peux le voir tous les jours, alors fais pas genre "c'est pas demain la veille" bla bla bla…! s'exclamait ainsi Lev à sa droite.
Et Akaashi avait toujours le nez planté dans sa tasse, alors Lev lui donna un petit coup de coude pour l'embêter.
- Attention à mon café ! râla Akaashi.
Alors il posa sa tasse dont le contenu valdinguait. Lev lui donna un deuxième coup de coude en rigolant. Puis un autre. Alors Akaashi répliqua et commença à le pousser.
- Laisse moi tranquille ! imposa-t-il en riant.
Et Lev obtempéra. Quel enfant mature, dis donc.
Ils soupirèrent de concert, chacun le regard un peu perdu. Voyez vous, il y avait une atmosphère qui avait changé depuis le début de l'année. L'adolescence est fouillie, vous savez. Elle est âcre et brûlante. C'est dans cet état d'enfance qui perdure et qui se laisse survivre encore un peu dans le coeur des adultes qu'Akaashi et Lev s'étaient connus. Et si l'auteur radote gentiment, c'est que c'est là un point important : nous n'avions plus affaire à des enfants. C'était des coeurs d'hommes, c'était des coeurs de grands, qui sirotaient ensemble leur cafés paisibles dans la lumière bien concrète.
- Bon, reprit ainsi Lev, l'air plus doux, comme s'il savait lui même ce que nous disions sur lui. Quand est-ce que tu lui dis alors, à Bokuto ?
Et Akaashi tourna faiblement la tête.
- Que je lui dis quoi ? demanda-t-il.
- Bah, répliqua Lev, comme s'il s'agissait d'une évidence.
Quelqu'un klaxonna dehors.
- Que tu l'aimes !
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Le lendemain, dimanche après-midi, Akaashi était chez la Troupe. Calé en arrière dans le canapé, les pieds posés sur une chaise qui se trouvait là, au beau milieu du passage, il écoutait.
Bokuto était juste à côté de lui. Akaashi sentait sa chaleur. Il faisait de son mieux pour ne pas y penser. De temps en temps, ils tournaient tous les deux la tête et réalisaient comme ils étaient proches, alors ils rigolaient. Un peu bêtement. Sans un mot de plus. Il n'y en a plus besoin lorsque l'on sait déjà danser ensemble. Lorsque les sensations ont déjà appris à circuler sans avoir besoin de la parole.
Kuroo, quant à lui, depuis son perchoir sur le rebord de la table du salon, jetait des coup d'oeil de temps en temps. Il était impassible.
Pourtant, Kenma devait lire dans son silence quelque chose d'unique. Car il ne cessait de poser sa tête sur son épaule et de lui tirer la manche, prétextant vouloir lui montrer quelque chose sur son téléphone, pour attirer son attention. Il semblait de plus en plus fatigué ces derniers jours. Bokuto avait dit qu'il avait un pic dans une lourde série d'oraux, qui lui tombait dessus à cette époque là. Pauvre garçon.
Pourtant il faisait de son mieux pour se manifester auprès de Kuroo, bien que ce ne soit pas nécessairement dans sa nature. Kuroo le remerciait par des gentils sourires, des sourires intimes avec les yeux baissés et les visages très proches. Il l'attirait contre lui de temps à autre, ou lui soufflait quelque chose à l'oreille. Kenma haussait parfois un sourcil, puis approuvait. Ou bien ils rigolaient discrètement tous les deux, pleins de manigances. Akaashi les observait du coin de l'oeil et songeait que, dites donc, ils ressemblaient de plus en plus à Oikawa et Iwaizumi.
Ces derniers, d'ailleurs, étaient assis tous les deux dans leur éternel pouf turquoise. Ils se murmuraient des choses de temps à autre, et s'embrassaient entre deux rayons de soleil. Oikawa avait le teint pâle. Iwaizumi, à l'instar de Kenma, voyait s'affaisser sous ses yeux de lourdes cernes bleues. Akaashi ne posait pas de questions.
On ne posait jamais de questions au sujet d'Iwaizumi.
Ici aussi l'air était moins lourd malgré tout. Malgré les déboires qui allaient et venaient à travers la troupe, des choses avaient été réglées au sein même de la troupe. Et si tout le monde n'était pas nécessairement au courant, cela avait le don de changer l'ambiance. Ainsi les volets étaient grands ouverts. C'était le bazar mais on pouvait marcher à son aise. Tout le monde portait de gros pulls, dont on commençait à se lasser durant ce mois de février fatigué. Vivement le printemps, vivement l'été. Vivement qu'on puisse se plaindre d'avoir trop chaud. Vivement qu'on puisse regarder nos pulls avec envie.
La discussion allait de gauche, à droite, de ceci à cela. On ne parlait pas de grand chose, jusqu'au moment où Kuroo déclara :
- Au fait, j'ai croisé Kindaichi.
Il dit cela sans aucune intonation. Akaashi aurait aimé être aussi doué que lui quand il était question de rester de marbre.
En tout cas, ces mots attirèrent l'attention de tout le monde. Un silence très plat se fit. Personne n'osait demander. Mais tout le monde pensait très fort : "Il a parlé de Kunimi ?".
Alors Kuroo reprit carrément :
- Il m'a parlé de Kunimi.
Dieu soit loué les gens directs.
Tout le monde tira le nez vers l'avant.
- Il va bien ? s'interrogea Oikawa en caressant les cheveux d'Iwaizumi.
- Il est sorti de l'hôpital ? renchérit Bokuto en fronçant fort les sourcils.
Kuroo baissa les yeux, secoua la tête. Akaashi amena une main devant sa bouche, un peu tendu, un peu inquiet. Il ne le connaissait pas, ce garçon là, il ne l'avait vu qu'une fois. Mais son malheur était si grand que l'on avait tous mal au coeur en pensant à lui.
- Il ont dit qu'ils allaient le garder à l'hosto, apparemment, expliqua alors Kuroo.
Et Kenma acquiesça comme s'il savait déjà tout. Sans doute était-ce le cas.
Iwaizumi, quant à lui, baissa la tête.
- Kindaichi est pas trop rentré dans les détails, expliqua alors Kuroo. Mais apparemment à l'hosto ils le force à manger, et tout… ajouta-t-il. Et puis ils doivent lui faire voir un psy, ou je sais pas. Enfin, j'en sais rien.
Il haussa les épaules. Le tout était un peu fouilli. Sans doute car la conversation avec Kindaichi l'avait été aussi.
C'est comme ça que commence les rumeurs.
- Ils vont le soigner, déclara alors Kenma, l'air très certain de ce qu'il affirmait.
Et cette phrase sonna comme un constat. Pas comme un espoir. Etrangement c'était devenu rare d'avoir la certitude d'être guéri lorsque l'on cherchait à se faire soigner. Pourtant, est-il vraiment possible de guérir quand les racines de nos blessures sont dans le coeur ?
Bokuto releva le menton.
- Ouais, il va s'en sortir !
Et il voulait imiter Kenma, mais il espérait beaucoup trop. Kenma était plus sage que lui. Bokuto avait peur, très peur.
- Et Kindaichi, comment il était ? demanda alors Iwaizumi.
Et tous dans la pièce se retournèrent d'un même mouvement pour lui faire face. Akaashi ouvrit de grand yeux. Il savait ce qui se passait. Il comprenait les impressions sous jacente de la Troupe, désormais, car ça commençait à faire un moment qu'il en faisait parti. Akaashi, intellectuel par nature, étudiait avec astuce les réactions de chacun, et en cet instant, voilà ce qui se passait : personne, pas même Iwaizumi, n'ignorait l'attention affectueuse que pouvait lui vouer Kindaichi. Et même Akaashi qui ne les avait vu interagir que très peu de fois, pouvait en attester.
C'est pourquoi Iwaizumi avait pour habitude de se montrer plus réservé quant à Kindaichi. Pas très bavard par nature, mais aussi attentionné à travers ce silence ; ce dernier n'aurait pas voulu soulever à tord le coeur de Kindaichi en lui montrant trop d'affection. De plus, Oikawa était facilement vaseux de jalousie, et voyez vous, Iwaizumi cherchait juste à éviter les histoires. Ainsi il parlait peu de Kindaichi, mais cela ne l'empêchait pas de lui vouer une certaine confiance et une amitié sincère. Et en cette après-midi là, Iwaizumi s'inquiétait pour son ami.
- Oh, répondit alors Kuroo, pris de court, comme tout le monde. Bah il va pas bien… lâcha-t-il bêtement.
- En même temps… tira Oikawa. Ça se comprend.
Tous hochèrent la tête.
- Si l'un de vous se retrouvait à l'hôpital j'irai pas bien non plus, ça c'est sûr, ajouta-t-il un peu tristement.
Et Akaashi, malgré tout, fut encore surpris et touché d'être inclu dans le "si l'un de vous". Il aurait dû se sentir complètement inclus dans le groupe désormais. Mais on ne forge pas sa place à travers des amis de longue date aussi facilement. Surtout lorsqu'on à la réserve d'un Akaashi Keiji.
Il y eu un petit silence réflectif de la part de tout le monde.
Puis Kuroo reprit, un peu hésitant :
- J'ai quasi cru qu'il allait pleurer, dit-il à propos de Kindaichi. J'étais pas bien, lâcha-t-il avec le rictus de ceux qui cherchent à cacher leur peine.
Oikawa baissa la tête.
Iwaizumi soupira.
Akaashi songea que c'était la deuxième personne que Kuroo faisait pleurer, puis il eut si honte de cette pensée qu'il prit la parole pour la chasser :
- Il peut aller lui rendre visite à l'hôpital tu crois ? demanda-t-il.
Kuroo lui jeta un regard jaune.
Il haussa les épaules.
- Je pense ? fit-il.
- C'est possible qu'ils essaient d'isoler Kunimi à l'hôpital. Et ils ne sont même pas de la même famille, en plus, fit remarquer Kenma.
La voix de la sagesse avait parlé.
Un petit silence passa. On entendit les voisins du dessus faire de grands pas à l'étage supérieur. Puis Oikawa poussa un long soupir de conclusion et dit :
- Comme quoi, c'est vraiment pas facile cette période de l'année.
Sur ce point au moins, tout le monde acquiesça.
- Vivement l'été, rêva doucement Kenma.
Et Kuroo l'attira contre lui en glissant sa main contre son épaule.
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La discussion virevolta ainsi encore un moment. On parla de choses plus joyeuses. Des amours d'untel, des bétises d'un autre. Akaashi ne connaissait pas tout le monde, mais il n'écoutait pas tout à fait tout de toutes façons.
De temps à autre, Bokuto le ramenait à la réalité, en lançant des "Oh, Akaashi tu te souviens, on l'avait croisé quand…" et souvent cela n'aidait pas du tout Akaashi à se souvenir de quoi que ce soit, alors tout le monde rigolait.
La nuit commençait à pointer le bout de son nez lorsque Kenma glissa, aussi soudainement qu'innocemment :
- Au fait… Quelqu'un a croisé Aone récemment ?
Tous se tournèrent curieusement vers le plus petit, sauf Bokuto.
Akaashi remarqua immédiatement que son air désintéressé, le menton dans le creux de la main, le regard vers la fenêtre, sonnait beaucoup trop surjoué.
Un frisson le parcourut immédiatement.
Ça sentait les problèmes.
Akaashi se tourna alors, mécanique, vers Kenma. Ce dernier reprenait :
- Parce que ça fait un moment que je ne l'ai pas vu et d'habitude on se croise tout les midis, quand je rentre…
Et il lui manquait à lui aussi le soupçon de l'innocence. Cependant, Kenma assumait beaucoup mieux ses manigances grâce à des airs assurés qu'on ne lui connaissait que rarement, et grâce à ses airs désabusés, qu'on lui connaissait constamment.
Le temps d'une micro-seconde, Akaashi et lui se croisèrent du regard, puis Kenma jeta un coup d'oeil à Bokuto. Ils savaient tous les deux.
Mais que savaient-ils ?
Akaashi ne le savait pas.
Mais Akaashi savait, que ses deux amis savaient, que leur adversaire respectif savait quelque chose qu'ils savaient tous les deux mais que seul Akaashi ne savait pas.
Continuez et vous comprendrez :
- Je sais pas, lança Oikawa, pour qui tout cela lui passait à des kilomètres au dessus de la tête.
Il étira le cou en se recoiffant via son téléphone.
- Mais vous vous parlez tout le temps, Bokuto ! appela-t-il malgré tout jusqu'à l'autre bout de la pièce. Tu sais pas quelque chose toi ? interrogea-t-il.
Et c'est alors que, d'un air tout à fait dramatique, l'intéressé tenta d'imiter un rappel à la réalité naturel. Akaashi en aurait presque ricané si la situation n'était pas si bancale. En effet, son ami détacha son regard de la fenêtre une seconde trop tard, puis tourna la tête vers Oikawa d'un grand mouvement d'épaule. Et peut être que le vague mouvement de poitrine qu'il exécuta était censé ressembler à un sursaut à l'appel de son prénom ? Qui sait ?
En tout cas, Bokuto se retrouva face à Oikawa, et, la voix rauque, il fit :
- Quoi ?
Akaashi baissa la tête. C'était ridicule. Il avait envie de rigoler mais s'en empêcha.
- On se demandait si t'avais parlé avec Aone y'a pas longtemps ? lança alors Kuroo avec un mouvement de menton.
On ne fait pas attendre Kuroo Tetsurou, et il ne semblait quant à lui plus attendri par les mimes un peu idiots de Bokuto.
Akaashi avait en fait remarqué qu'il se montrait plus froid, depuis leur grande discussion de l'autre nuit.
Ainsi Akaashi n'arrêtait pas d'analyser chaque regard, chaque parole, chaque intonation que Kuroo avait pour Bokuto. Et il n'y voyait que de l'amertume. De la déception. Kuroo digérait la réalisation qu'il ne se passerait sûrement jamais rien entre eux. C'était un peu triste.
- Bah, pas trop… baragouina alors Bokuto à propos de ses discussions avec Aone. Il bosse beaucoup en ce moment je crois… laissa-t-il en suspens.
Et alors Kenma et Kuroo échangèrent un regard dubitatif.
- C'est ça, ouais ! s'exclama ainsi Kuroo avec un rictus. Vous essayez encore de nous cacher des trucs ! accusa-t-il en posant une main contre sa bouche.
Et Bokuto prit un air faussement surpris, vaguement outré, tandis qu'il rougissait de quelques teintes. Il tenta de se défendre, de répliquer :
- Bah nan, pourquoi on ferait un truc comme ç-...
- C'est aussi la question que je me pose ! le coupa immédiatement Kenma.
Et un silence soudain frigorifiant s'empara de la pièce. Personne n'était habitué à voir Kenma autoritaire. Tout le monde se tourna vers lui. Il fronça les sourcils et poursuivit :
- J'ai vu Mishimiya hier, annonça-t-il tel un détective acculant sa proie.
Il tripotait nerveusement son téléphone entre ses doigts.
- Elle est venue me voir pour me dire qu'il se passait encore des trucs bizarres entre Aone et Ushijima et qu'elle en avait marre, déclara-t-il. Et elle m'a surtout dit qu'elle t'avait vu parler avec Aone avant hier, et que tu savais certainement ce qui se passait, accusa-t-il vivement.
Et Akaashi se tourna alors très lentement vers Bokuto, les lèvres scellées. Ce dernier avait pâli dangereusement en quelques secondes à peine. Alors très doucement, Akaashi glissa sa paume contre la sienne, en sorte que personne ne le remarque. Bokuto lui répondit en lui agrippant férocement la main.
- Qu'est-ce qui se passe alors ? scanda enfin Kuroo, histoire d'achever son ami.
Et c'était l'hiver, la nuit tombait vite. En quelques minutes il faisait déjà fort sombre dans la pièce.
Bokuto restant de marbre, Oikawa se leva, traversa la pièce, puis vint allumer la lumière.
- Ça me saoule ces histoires, sérieux ! se plaint-il. Vas-y Bokuto, lâche tout, qu'on rage une bonne fois pour toute !
Et ce rappel à l'ordre nasillard d'Oikawa eut le don de détendre l'atmosphère. Bokuto esquissa un sourire. Kuroo aussi.
- Bah je sais juste que Aone est encore dans la merde à cause d'Ushijima, quoi, avoua alors l'intéressé principal avec l'air d'un enfant agacé.
Il fit une pause pour rouler des yeux.
- C'est toujours la même chose, c'est pas très intéressant, glissa-t-il en haussant les épaules.
Et tout à coup il avait l'air un peu triste.
Kenma fronça fort les sourcils.
- C'est pas ce que Mishimiya me disait, fit-il remarquer, l'air sévère.
Et alors Bokuto releva le nez, l'air un poil énervé. Il s'apprêtait à répondre lorsqu'Oikawa brailla, la tête calée entre les mains :
- Elle m'énerve celle là ! s'exclama-t-il. Elle fourre toujours son nez dans les affaires des autres !
Et tous se tournèrent curieusement vers Oikawa, sauf Kenma qui haussait un sourcil, agacé qu'on balaye ainsi son sujet de conversation inachevé.
Pourtant, Iwaizumi hochait doucement la tête en regardant Oikawa.
- Elle est gentille, fit-il remarquer. Mais c'est vrai qu'il faut toujours qu'elle soit au courant de tout.
Et alors Kenma roula dramatiquement des yeux.
- Oui ! Bon ! fit-il.
Et Akaashi sentit la poigne de Bokuto se resserrer contre la sienne.
- En attendant, moi elle m'a dit qu'Aone avait des embrouilles avec les flics ! lâcha enfin le plus petit. Et j'aimerais bien savoir ce qui se passe là, râla-t-il en fixant Bokuto. On est jamais au courant de rien !
Et sur ce, il croisa les bras et pinça les lèvres.
Akaashi ne l'avait jamais vu comme ça. Akaashi n'avait jamais vu Kenma si immature et à bout de nerfs. Et si ses propos s'étaient toujours montrés alambiqués, jamais cette part de sa personnalité n'avait été si agaçante.
Bokuto ne répondait pas.
Peut être pensait-il la même chose.
En tout cas, c'est Iwaizumi qui intervint :
- Mais depuis quand tu te mêles des embrouilles, Kenma ? demanda-t-il, l'air très calme et très posé.
Son regard était vide d'émotions. Il aurait pu lui demander s'il restait de la quiche dans le frigo, cela n'aurait rien changé.
Cela sembla agacer Kenma d'autant plus. Il prit une grande inspiration par le nez, gonfla ses poumons d'oxygène, et répondit, un peu féroce :
- Je me mêle de ces enfantillages depuis que ça à un impact sur nous, répliqua-t-il en articulant très grand. Vous ne vous rendez pas compte, mais je ne crois pas qu'on soit en état de faire face à des nouveaux problèmes dans l'état où on est.
Il fronça les sourcils, marqua une pause.
Il disait vrai. Akaashi était d'accord. Personne ici n'avait le moral suffisamment solide pour faire face à de nouvelles difficultés.
- Ecoutez, reprenait ainsi Kenma. Moi je suis fatigué, j'en peux plus, et vous aussi. Et on se retrouve encore à devoir s'encombrer des problèmes des autres. Sauf qu'en plus on refuse de nous mettre au courant, s'exalta-t-il. Donc, Bokuto !
Et il se tourna vivement vers son ami.
- Explique nous tout une bonne fois pour toute. Je vois pas pourquoi tu devrais te trimballer tout les problèmes d'Aone tout seul.
Et alors Bokuto délia ses doigts de ceux d'Akaashi, lequel se retrouvait complètement dépourvu d'idées face à la colère sous-jacente de Kenma.
- Okay, lança Bokuto en haussant les sourcils.
Et il croisa les bras.
- Vous vous rappelez quand Ushijima a foutu le feu à une bagnole de flics ? demanda-t-il en levant le menton.
Tous hochèrent la tête. Comment l'oublier ? Akaashi se souvenait de cette tumultueuse journée avec soulagement. C'était du passé. Et il espérait ne plus jamais devoir courir auprès d'un Yahaba empêtré dans son cannabis ou devoir soit-disant faire face à un duo de policiers à leur recherche.
- Et bah les flics ont décidé que c'était Aone qui avait fait ça, répliqua Bokuto.
Il haussa vite les sourcils, l'air de marquer un point, l'air de dire "t'es content maintenant ?".
- En gros, reprit-il vivement. Ils ont demandé dans le quartier et des gens auraient parlé de nous, comme quoi on était louches ou je sais pas quoi…
Et en disant ça, Bokuto lâcha un rire jaune tout à fait vain. On lisait sur son visage toute la colère que cela lui procurait.
- Du coup, les flics ont cherché des infos sur nous, et ils auraient appris que c'était Aone qui était un peu notre boss quoi, expliqua-t-il, sur un ton plus agité. Sauf que c'est trop bizarre parce que depuis le début c'est Ushijima qu'on prend pour le chef ! Enfin bref, maintenant ils sont sûrs que c'est Aone qui a foutu le feu à leur caisse et ils veulent le foutre en taule, s'entraina-t-il, le regard bondissant.
- Mais ! intervint alors Oikawa.
Il se redressa du bout des bras.
- Ils ont aucunes preuves contre Aone puisqu'il a rien fait !
Kuroo fit un petit mouvement de tête sur le côté, l'air de douter. Kenma quant à lui ne disait plus rien.
- Si ils veulent des preuves ils en trouveront, marmonna alors Bokuto.
Et il attira une main contre sa bouche. Il était soucieux.
- Mais attendez… reprit-il, électrique. Soit disant qu'en plus, les flics avaient prévu de nous interroger tous sur cette histoire là… ajouta-t-il d'une voix tourmentée.
En disant "tous", il fallait comprendre tout le groupe d'Aone, y comprit Bokuto, Mishimiya et peut être même Kuroo, Kenma, Oikawa et Iwaizumi.
Et alors Akaashi fronça les sourcils.
- Attends, c'est bizarre ça, fit-il remarquer. Comment vous pourriez le savoir, qu'ils ont prévu de venir vous parler ? demanda-t-il en penchant la tête sur le côté.
Bokuto se tourna vers lui, son regard s'adoucit.
- C'est ce qu'on dit dans le quartier. C'est Ennoshita qui me l'a dit, répondit alors Bokuto en baissant les yeux. Après on ne sait pas.
Il marqua alors un petit temps.
On pouvait faire confiance à Ennoshita. Il ne racontait pas n'importe quoi. Akaashi l'avait compris à travers les discussions.
Ainsi plus personne ne parlait. Tout le monde pensait. On aurait presque entendu les rouages des réflexions de chacun s'activer dans l'atmosphère.
- Mais vous savez que les gens qui ont été interrogés ont dit qu'Aone se fightait avec Luke, Kenneth, et toute leur clique ? ajouta alors Bokuto, perçant le silence.
Il releva la tête et défia Kenma du regard.
- Mais c'est même pas vrai ! clâma Oikawa depuis son pouf.
- Sérieux mais pourquoi les gens racontent de la merde ? gronda alors Kuroo, qui ne s'exprimait pas beaucoup depuis le début.
Et pendant quelques minutes, tous s'occupèrent à cracher leur haine aux habitants de la cité qui avaient dénoncé à tord le pauvre Aone. Les reproches fusaient, lorsqu'un Kenma revigoré releva la tête :
- Nan mais attendez, pourquoi est-ce que Ushijima va pas se dénoncer à la place de Aone, en fait, là ? gronda-t-il, énervé. 'Fin je sais pas, il fout la merde depuis le début, et là ça commence à devenir sérieux et il continue de se cacher derrière Aone ? C'est pas normal, j'suis désolé, on va pas laisser Aone partir en prison à cause de lui quand même ! s'exclama-t-il, virulent.
Et tandis qu'il se penchait en avant, pris dans son sujet, ses cheveux se balançaient dans tous les sens autour de son visage.
Bokuto soupira. Haussa les épaules.
- Tu connais Ushijima… soupira-t-il.
- Malheureusement… marmonna Kuroo en retour.
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Malgré tout, si la tension avait monté quelques minutes plus tôt, le sujet convergea finalement vers de plus douces nouvelles, laissant les problèmes dans leur poussière.
Que pouvaient-ils faire de toutes façons, si ce n'est attendre et voir ce qui allait se passer ?
Pourtant, ce n'était pas parce qu'ils étaient impuissants que les amis de la Troupe étaient apaisés. Les problèmes les quitteraient-t-ils un jour ? De vrais enfants Baudelaire.
Cependant, la lumière perçait de ci de là et venait les rassurer de temps à autres :
- J'ai été chez le médecin dont je vous parlais la dernière fois, déclara ainsi Iwaizumi lorsqu'un instant de calme s'installa.
Tous relevèrent immédiatement la tête, ouvrant de grands yeux. Oikawa souriait doucement, le regard plein de fascination tandis qu'il regardait Iwaizumi qui baissait les yeux.
- Alors ?! s'exclama Bokuto avec un immense sourire.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? renchérit Kuroo d'un ton insistant.
Iwaizumi commença par hausser les épaules.
Comme si cette situation n'était pas incroyable.
Comme s'il ne se rendait pas compte du pas époustouflant qu'il venait de franchir.
Pourtant le grandiose n'était pas la normalité. Pourtant la perfection n'était pas la normalité. Il s'agissait là d'une notion qu'Iwaizumi semblait avoir complètement oublié au fil des années. A moins qu'il ne soit tout simplement né avec cette idée enfoncée dans les oreilles.
Akaashi pouvait comprendre après tout.
Quand on danse à son niveau, on danse parfaitement ou on ne danse pas du tout.
- Il m'a demandé de lui parler de qui j'étais, expliqua pourtant Iwaizumi d'une voix très calme, voir un peu sourde.
Il était bien loin des réflexions d'Akaashi, sans doute.
- Il m'a posé des questions sur mon travail, sur vous…
Il dit cela comme si son travail et ses amis le définissaient, comme si pour parler de lui il parlait de tout le reste.
- On a parlé de l'alcool, de pourquoi j'avais décidé de venir le voir…
Et tous le fixaient avec de grands yeux ronds comme des soucoupes. Tous l'écoutaient avec une attention accrue, buvant chacune de ses paroles. Cependant, si des milliers de questions leur brûlaient les lèvres, ils n'osaient rien demander. Des "qu'est-ce que tu as répondu ?" battaient dans leur cervelles, mais comment poser la question quand on a tant peur de la réponse ? Au fond personne ne connaissait Iwaizumi dans ses méandres les plus biscornues. Même Oikawa. Et si connaitre quelqu'un de fond en comble s'avérait certes impossible, Iwaizumi faisait partie de ces gens qui, même en parlant d'eux même, ne révélaient jamais rien.
Qui était vraiment Iwaizumi ?
Comment définir sa douleur ?
Personne n'aurait su le dire.
Malgré tout, ils l'aimaient tous avec une force impressionnante, et voir le mince éclat de soulagement dans ses yeux leur procurait une joie brûlante au fond des poumons.
- Et il est comment ce médecin ? demanda alors Kenma après quelques instants. Tu te sens à l'aise avec lui ?
Iwaizumi haussa encore les épaules.
Quelques rayons de soleils vifs filtraient encore à travers les rideaux. C'était les tout derniers. Le soleil se couchait pour de bon.
- Ouais, ça va, répondit-il. Il doit avoir une quarantaine d'année, il est sympa mais pas non plus du genre à faire comme si on était super potes.
Il traversa la pièce du regard, pour réfléchir.
- Ça me va ! conclut-il.
Et il semblait sincèrement satisfait.
Tous hochèrent la tête. Et Akaashi se demanda s'il était le seul à avoir remarqué les doigts fébriles d'Iwaizumi, qui trituraient encore et sans relâche la manche de son t-shirt.
Ainsi Akaashi souriait mais pas comme les autres.
Sûrement car il aimait Iwaizumi, bien sûr, mais pas avec la force de l'habitude et du temps passé, contrairement aux autres. Il l'appréciait comme un ami qui l'avait accueilli et envers qui il était reconnaissant. Or, cette distance lui donnait un don de réalisme que les autres amis de la pièce auraient été incapables de détenir. Akaashi était content, bien sûr. Akaashi était soulagé de voir Iwaizumi se prendre en main. Mais il avait conscience que tout n'était pas gagné d'avance. Il avait conscience que ce n'était pas en un claquement de doigts, que ce n'était pas avec l'aide d'un seul homme aussi spécialisé soit-il, que l'alcoolisme d'Iwaizumi allait être terrassé.
Akaashi baissa les yeux, en espérant que tout irait pour le mieux.
Plus tard, Iwaizumi donnait quelques autres détails qu'il voulait bien dévoiler sans que quiconque lui posa de questions. Peut-être avait-il compris que les autres n'osaient pas l'interroger ? A moins que sa tristesse ne le renferme trop sur lui même pour savoir encore capter les sensibilités de l'atmosphère dues aux hésitations humaines.
Toujours est-il qu'il finit par déclarer :
- En fait, mon médecin m'a dit qu'il était aussi un ancien alcoolique…
Et soudain, un vague de froid tomba sur la pièce. Tous sourirent, un peu crispés.
C'était la première fois qu'Iwaizumi utilisait le mot alcoolique pour se décrire.
Et si Akaashi trouvait cela positif, qu'il prenne conscience de la réalité, Oikawa quant à lui affichait un air terrifié. Complètement crispé.
Iwaizumi lui jeta un regard. Oikawa lui sourit vaguement. Pris de court, il répliqua :
- Ah oui ?
Et sa voix était toute tremblante.
Il faut dire que lorsqu'Akaashi se tourna vers Bokuto, il fit face à un visage dans un état similaire. En revanche, juste en face, Kuroo et Kenma hochaient la tête en silence.
Vous aviez ainsi dans cette pièce la représentation des rêveurs et des terre à terre. Les Oikawa et Bokuto voyaient grand. Leur joie était brûlante et leurs sourires éblouissants ; et si leur motivation semblait infaillible, elle flanchait cependant lorsqu'il était question de faire face à des réalités poignantes. Ils savaient, au plus profond d'eux, l'état d'Iwaizumi. Mais l'entendre lui même l'affirmer leur semblait dramatique.
Ce n'était pas le cas des Kuroo et Kenma. Ils étaient plus sombres, plus calculateurs. Ils réfléchissaient beaucoup et ne s'extasiaient pas facilement. Mais c'était parce que du haut de leur pragmatisme, ils voyaient la réalité avant les rêveurs. Peut être étaient-ils moins facilement heureux, mais ils avaient aussi moins peur.
- Enfin bon, terminait malgré tout Iwaizumi. J'ai rendez vous la semaine prochaine. Mardi, à dix-huit heures trente.
Et Oikawa se hissa hors de sa terreur. Il lui sourit.
- C'est génial, dit-il tel un constat.
Et Iwaizumi haussa les épaules.
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C'est aux alentours de vingt heures qu'Akaashi se leva :
- Bon ! Je vais y aller moi, déclara-t-il.
On l'avait gentiment nourri de parts de pizza et de chips goût barbecue, insistant pour qu'il reste encore un peu. Mais cette fois Akaashi devait vraiment rentrer. Ses affaires pour le travail étaient chez lui et demain il commençait tôt.
- Bon, d'accord… fit alors Bokuto dans une petite moue malheureuse.
Cela fit rire Akaashi, qui lui fit un sourire un peu attendrie, et peut être même un peu amoureux.
De l'autre côté de la pièce, Kuroo pinçait les lèvres et faisait mine de regarder le magazine télé. Kenma lui jetait des petits coups d'oeil inquiets.
- Je vais te raccompagner ! déclarait pourtant Bokuto, complètement inconscient du pouvoir qu'il avait sur son meilleur ami. Ça fait longtemps, en plus, ajouta-t-il en souriant de toutes ses dents.
Et Akaashi baissa les yeux. Hocha la tête.
Il avait de la peine pour Kuroo. Et ce n'était pas facile de montrer son enthousiasme à Bokuto lorsque l'aura de déception de son meilleur ami embaumait la pièce à chaque instant.
Malgré tout, le coeur d'Akaashi n'avait jamais tant bondit, et il se trouvait incapable de maîtriser l'exaltation dans ses propres yeux.
Alors il se contentait de sourire.
- Ah, lança pourtant Oikawa, soudainement. Mais attendez, je voulais vous parler de quelque chose ! s'exclama-t-il.
Il se leva d'un bond de son pouf. Sourit. Iwaizumi le regardait avec de grands yeux curieux. Visiblement Oikawa avait monté quelque chose en secret.
- Je m'étais dit… commença-t-il.
Et il souriait un peu timidement. Kenma leva les yeux de son téléphone.
- Ça vous dirait qu'aux prochaines vacances on parte quelques jours à la mer ? s'exclama-t-il, des étoiles pleins les yeux.
Il regarda chacun de ses amis avec enthousiasme. Personne ne pipait mot.
- J'ai regardé, avec ce qu'on a on pourrait partir cinq jours ! expliqua-t-il. J'ai même trouvé quelques maisons à Brighton, y'a plus qu'à réserver ! s'exclama-t-il, tout content.
Il referma ses mains l'une contre l'autre, et balaya ses amis du regard, impatient.
Et alors Akaashi se tourna vers Bokuto. Et Bokuto se tourna vers Akaashi. Et ils se mirent à sourire en coeur. Akaashi sentit son corps entier s'illuminer.
- Ce serait trop bien ! confirma Bokuto.
Et Akaashi songea qu'en effet, jamais un instant d'échappée n'aurait pu leur faire plus de bien.
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Alors, qu'en avez vous pensé ?
Yaku qui s'installe chez Lev, ça vous fait plaisir ? Vous avez de la peine pour Kunimi et Kindaichi ? Kenma qui s'énerve, ça vous fait quel effet ? Il s'impose un peu plus, vous aimez le voir plus souvent ? Vous pensez quoi du comportement de Ushijima et Aone l'un envers l'autre ? Que pensez vous de cette idée de partir en vacances ? :D
En tous cas, j'espère que ça vous aura plu ! Je rappelle que je réponds à ceux qui commentent en anonyme sur le blog de la fic dance-dance-bokuaka sur tumblr ! (cherchez le tag "review")
Au passage, venez me dire coucou sur le blog, on rigole bien ;)
Sur ce, je vous dis à la semaine pro je l'espère, et de gros bisous à tous, surtout ceux qui reprennent les cours comme moi :D
