Titre Anglais: Harry's Last Hope
Titre Français : Le dernier espoir d'Harry
Auteur : Teachersnape64
Bêta Traductrice : Remus Lupin James
Bêta Correctrice: Flo ShadowSpirit et Maha1959
Chapitre traduit par : Misschatelle
Rating : T
État de la fic en anglais : Fini (53 chap)
État de la fic en français : 28; Traduit : 38, 39, 40 ; En cours : 42, 41
Disclamer : Rien ne nous appartient sauf la traduction.
Résumer : L'été après la mort de Sirius, Harry est rempli de culpabilité.
Severus apprend quelque chose du passé qui met en danger Harry.
Snape décide de l'adopter et de le prépare à la bataille contre Voldemort.
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Nous avons l'accord de l'auteur pour traduire son histoire
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Nous recherchons 2 à 3 traductrices pour :
La saga Midnight (Le Fardeau du destin etc….)
Si vous êtes intéresser, réfléchissez bien avant de m'envoyer un mail (profil Onarluca/mail) car on reçoit bien des propositions d'aide de temps en temps,
mais si c'est pour disparaitre sans traduire 1 seul chap, ça sert à rien.
Et c'est toujours comme ça. Statistiquement, 9/10 ont disparu sans rien dire. Et seulement 1/10 nous a aidés.
Bref j'espère que ça intéressera quelqu'un.
J'en profite pour mettre un petit mot pour Djehra Keurjani :
Tu devais rendre ton chap le 20 octobre.
Je t'ai envoyé plusieurs emails.
Et je n'ai jamais eu de réponse. Merci de me contacter !
Onarluca
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Merci pour toutes vos reviews!
Bonne lecture !
Eni et Onarluca
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Chapitre 28 Le cahier noir
Harry faisait les cent pas dans sa chambre, se remémorant Privet Drive. Il tenait le cahier noir dans ses mains et se demandait comment et par où commencer. Devait-il écrire tout ce qui lui était arrivé, comme s'il s'agissait d'un rapport, ou devait-il plutôt écrire ce qu'il ressentait, comme dans un journal intime ? Harry fit les cent pas encore un peu, espérant qu'écrire dans le cahier l'aiderait d'une certaine façon. Ce soir avec Ginny avait représenté le pire de tous ces moments embarrassants causés par la peur. Il se détestait pour avoir sursauté à cause d'un geste si doux. Il repensa à ce moment et décida qu'il s'agissait d'un bon point de départ.
Il s'assit sur son lit et s'appuya contre la tête de lit, ses jambes bien étirées devant lui. Il prit la plume qui lui avait été donnée par Hermione, une plume qui s'auto remplissait. La première ligne fut assez maladroite, puisqu'elle ne commençait pas vraiment de façon correcte, mais il se dit que cela n'avait pas vraiment d'importance.
Ce soir, lorsque Ginny m'a touché le visage, cela m'a rappelé oncle Vernon et un souvenir en particulier, bien ancré dans ma mémoire. Il avait l'habitude de me donner des "leçons" pour m'aider à devenir quelqu'un de meilleur. Au début de chacune de ses "leçons", il me disait que je devais rester tranquille afin qu'Hedwige ne soit pas blessée. Je savais qu'il était sérieux en disant cela. Lors d'une leçon, je n'ai pas pu m'empêcher de crier et, le jour suivant, il m'a remis une poignée de plumes blanches pour me montrer ce qu'il avait fait. Je crois que c'est le pire sentiment, de savoir que vous êtes la cause de la souffrance d'un être cher. Je déteste être la cause de toute cette souffrance chez mes proches.
Je déteste la peur que je ressentais lorsqu'il m'attachait les mains au lit. Je me souviens du bruit sourd que ses pas faisaient en se dirigeant vers ma chambre, et de mon cœur qui battait la chamade lorsque je l'entendais. J'aurais dû être capable de faire quelque chose pour arrêter tout ça, mais je suppose que j'étais trop terrifié, ou trop coupable, ou probablement les deux. Lorsque Vernon me battait, j'avais mal, mais je n'en faisais jamais de cauchemars, ou à tout le moins, je n'en fais plus maintenant. Dans mes cauchemars, je revois ce geste à la fin de chaque leçon. Lorsque tout était fini, il me touchait le côté du visage et me disait que je n'essayais pas assez fort.
Je déteste n'avoir rien fait pour me défendre.
Je déteste ma magie incontrôlable pour avoir disparu et ne pas être revenue pour me protéger.
Je déteste à quel point j'ai essayé de changer pour ce salaud.
Je déteste la façon avec laquelle il touchait mon visage lorsque tout était terminé, la façon avec laquelle il me disait que je devais essayer plus fort, que je n'étais pas assez bien, que je méritais mes punitions – Je détestais entendre que je le méritais parce que je savais que c'était vrai
Harry ne puit continuer. Les larmes coulaient sur son visage et il n'arrivait plus à voir clairement le parchemin. Il ne voulait plus avoir à faire cela. C'était trop douloureux et il commençait à avoir l'impression que cela ne l'aiderait pas de toute façon. Toutes ces émotions étaient si crues et faisaient si mal, il ne savait pas quoi en faire. Il détestait ce cahier !
Il lança le cahier contre le mur, puis se recroquevilla sur son lit et pleura. Il pleura pour tous les événements qui le rendaient si désolé. Il pleura pour avoir tué Sirius et Cédric. Si seulement il pouvait se débarrasser de ces sentiments.
C'est à ce moment qu'il sentit une main doucement posée sur son dos. Il étira le bras et agrippa la main de Severus, mais n'arrêta pas de pleurer. Il tint la main du professeur dans la sienne, se fichant bien qu'il le voit dans cet état. Il se sentit vidé de toutes ces mauvaises choses qui lui étaient arrivées durant l'été et se sentit soudainement épuisé.
Severus lui tendit un mouchoir et plaça une main sur son épaule, alors qu'Harry s'essuyait le visage et se reprenait en mains. Harry se redressa, se sentant un peu mieux, bien qu'encore un peu à vif.
«Me laisses-tu lire ce que tu as écrit ? » demanda Severus lorsqu'il vit le cahier par terre, contre le mur.
« Allez-y, je veux dire, je n'ai pas grand à vous cacher, n'est-ce pas ? » Harry s'appuya contre ses oreillers tout en regardant le professeur lire ce qu'il venait d'écrire.
D'abord, le visage du professeur demeura neutre, comme toujours. Mais, bien vite, il s'enfouit le visage dans sa paume.
Le professeur se tourna vers Harry, une larme sur sa joue et un lourd chagrin dans les yeux. Harry fut renversé et ne sut d'abord pas quoi dire.
« Hum, est-ce que vous vous sentez bien, professeur ?» demanda Harry avec hésitation, remettant le mouchoir entre les mains de l'homme.
Severus savait exactement ce qu'Harry faisait prendre toutes les mauvaises choses qui lui étaient arrivées dans sa vie et se convaincre que c'était de sa faute. Ce n'était pas l'abus qui hantait le garçon, c'était son sentiment de culpabilité. Severus savait qu'Harry se sentait responsable de la mort de ses parents, tout comme de celle de Sirius et de Cédric, de l'abus infligé par Vernon, et pire, même des fois où Severus l'avait blessé. Harry pensait que tout était de sa faute, qu'il s'était lui-même attiré tous ces ennuis. Severus ne savait pas par où commencer.
« Harry, je veux d'abord que tu saches à quel point je suis fier de toi. Il t'a fallu beaucoup de courage et de bravoure pour écrire cela. » Severus montra le cahier dans sa main. « Je sais que tu as écrit avec ton cœur et il faut être un grand homme pour relever un tel défi. Pendant une trop grande partie de ma vie, j'ai toujours nié mes sentiments, ce qui m'a amené à devenir aussi aigri. Je te promets que je ne laisserai pas cela t'arriver. Nous nous sortirons de cette situation ensemble et tu verras que ce que tu as vécu n'est en rien de ta faute. » Severus surveillait le visage d'Harry pour capter tout signe d'acceptation.
Harry parut tout simplement triste. « Merci de me dire tout ça, mais je n'ai pas vraiment besoin de vous entendre dire que rien n'est de ma faute. Je ne le croirai pas parce que je sais que c'est ma faute. »
« Oui, je sais que c'est ce que tu crois, mais c'est tout de même faux. La façon avec laquelle ton oncle t'a traité est révoltante. Tu es arrivé chez lui alors que tu étais un jeune enfant, un bébé aussi innocent et pur que possible. Il avait déjà peur de toi à l'époque. Pas pour la moindre raison valable, simplement parce qu'il était idiot. J'ai vu dans ses souvenirs, Harry, je sais ce qu'il pensait. Tu le terrifiais, il avait peur parce que tu n'étais pas devenu le monstre qu'il avait un jour cru que tu deviendrais. Il te détestait pour tout ce que tu étais et que son fils n'était pas. »
«Mais ils adorent Dudley. Ils pensent qu'il est génial. Je sais que c'est vrai, c'est ce qu'ils disent tout le temps. »
« Non, Harry, ils le disent tout le temps parce qu'ils essaient de s'en convaincre. Vernon a pris toute la colère qu'il ressentait envers les échecs de son fils et l'a retournée contre toi. Tu es devenu son exutoire, son moyen de se défouler. J'ai vu comment il se sentait, Harry. Il y avait de l'admiration pour ton courage qui le grugeait de l'intérieur, le rendant plus dur dans ses soi-disant leçons. Il voulait te briser, te faire craquer. Il détestait cette admiration qu'il avait envers ton courage et, en même temps, il détestait la lâcheté de Dudley et la sienne. » Severus laissa ces informations s'ancrer dans l'esprit d'Harry et observa attentivement le visage de ce dernier.
Harry voulait que ce soit la vérité, mais trouvait si difficile de l'accepter. « Severus, Vernon n'a jamais admiré quoi que ce soit chez moi. Je sais, j'ai essayé toute ma vie de me faire aimer de lui. »
Harry cessa aussitôt de parler et réfléchit à ce qu'il venait de dire l'espace d'un instant. Était-il réellement si désespérément en quête d'amour et d'acceptation auprès de Vernon ? Harry songea à qui était vraiment cet homme. À peine quelques instants après, il réalisa qu'il n'avait pas le moindre respect pour son oncle. Même si Vernon en venait à l'accepter tel qu'il était vraiment, ce qu'Harry ressentait pour lui ne changerait pas. Vernon n'avait plus le moindre pouvoir sur lui parce qu'Harry le voyait tel qu'il était vraiment. La façon avec laquelle Vernon l'avait touché dans le passé avait été si percutante pour Harry parce qu'elle avait été la seule et unique fois où l'homme l'avait touché sans lui faire mal. D'une certaine façon, aussi tordu que cela pouvait être, Harry savait qu'il avait lui-même eu besoin de ce geste à la fin de ses « leçons ». C'était complètement fou et dégoutant, mais c'était vrai. Ce geste avait représenté de l'amour pour lui, mais maintenant il voyait ce que c'était en réalité.
Harry leva les yeux vers le professeur et dit : « Severus, pouvons-nous arrêter de parler de ça? Je comprends ce que vous essayez de me dire, mais j'ai encore besoin de temps pour l'accepter. J'ai juste besoin de temps pour y penser. »
Severus inclina le visage d'Harry afin de le regarder dans les yeux. Harry savait que Severus lisait dans ses pensées et vrais sentiments, et décida de ne pas s'y opposer. La connexion avec Severus avait grandi jusqu'à un point tel où le professeur n'avait plus vraiment besoin de jeter un Legilimens pour parvenir à lire dans les pensées d'Harry. Il n'avait qu'à se concentrer et le regarder dans les yeux pour voir ses souvenirs et ressentir ses émotions. Après quelques instants, Severus sembla satisfait et relâcha le menton d'Harry.
«Nous n'avons que commencé à traiter les dommages que ton oncle t'as infligé, Harry. Je vais te laisser tranquille pour ce soir, mais nous reviendrons sur cette conversation et sur le cahier noir plus tard. »
Harry se pencha vers le professeur et lui offrit une brève étreinte.
Le professeur sembla pris au dépourvu et dit : « En quel honneur ai-je droit à cela ? »
«Je ne sais pas, je suppose que je suis juste heureux que vous soyez ici. » Harry détourna le regard et rougit.
«Mais comme tu es bête, bien sûr que je suis ici. Je serai bientôt ton père, où voudrais-tu que je sois ? » Severus écarta quelques mèches du front d'Harry et dit : «Repose-toi un peu, c'est presque le matin. »
Harry se glissa sous les couvertures et éteignit la lumière. Il se sentait étonnamment calme à l'idée de se sortir de toute cette histoire avec l'aide de Severus.
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Lorsque Harry se réveilla un peu plus tard dans la matinée, son bras l'élançait d'une façon particulièrement douloureuse. Il était furieux que Vespa l'ait non seulement empoisonné, mais aussi blessé au bras, ce qui rendait le Quidditch plus difficile. Il n'allait certainement pas rater l'entraînement de Quidditch de la journée et il décida de demander à Severus un peu de potion contre la douleur.
Après avoir pris la potion et avoir promis à Severus de venir le voir avant l'entraînement, il partit en direction de ses cours.
En se rendant à sa classe, Harry se heurta à un groupe de Serpentard qui traînait dans les escaliers.
« Mais qu'est-ce que tu fous ici, Potter ? » fit un grand adolescent de septième année aux longs cheveux bruns et aux yeux d'un vert perçant. Harry l'avait déjà vu dans l'école mais n'avait jamais eu à lui adresser la parole auparavant il ne connaissait pas même son nom.
Harry l'ignora et préféra contourner le groupe pour grimper les escaliers. Le grand septième année l'agrippa par le dos de sa cape. « Je t'ai posé une question, Potter ! » L'adolescent avait l'air d'essayer d'impressionner les filles de son groupe.
Harry ne sut dire d'où cela venait, mais une bouffée magique lui traversa le corps et l'amena à se sentir plus confiant. Il se retourna brusquement avec colère et agrippa le poignet du Serpentard avec une poigne de fer. Il tint le poignet bien fort, le tordant jusqu'à ce que l'autre garçon s'agenouille sur le sol avec souffrance. Il le vit chercher sa baguette dans sa cape et Harry cria rapidement :
« Expelliarmus ! »
La baguette du Serpentard s'envola au-dessus de leurs têtes, heurtant le mur plus loin avec des étincelles.
« Ne me touche pas, » dit Harry sur un ton dangereux. Il tordit le poignet du garçon jusqu'à ce que le Serpentard pousse un cri. Il se sentait suffisamment fort pour le briser et il dut s'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Il lâcha prise lorsque l'adolescent lui lança un regard de supplication, des larmes aux yeux. Alors qu'il se redressait, il vit que quelqu'un les observait à partir d'une embrasure de porte.
Snape s'approcha du groupe, ses robes virevoltant derrière lui et un air sévère bien ancré sur le visage. Harry regretta aussitôt ce qu'il venait de faire à l'un des Serpentards de Snape. Harry se redressa davantage et s'assura de ne pas reculer, mais ne puit cacher l'air coupable sur son visage.
Le Serpentard au sol se releva rapidement, un air apeuré sur le visage et tenant son poignet contre lui.
Snape jeta un regard mauvais au Serpentard et dit d'une voix terrifiante : « Ne touchez plus jamais à un cheveu de mon fils ou vous aurez affaire à moi. »
Le Serpentard sembla sur le point d'uriner dans ses pantalons, mais il bégaya plutôt : « V-votre fils? J-je suis désolé, monsieur. Je croyais que c'étaient de fausses rumeurs, je suis désolé monsieur. »
Snape ne dit rien de plus. Il jeta un dernier regard mauvais au groupe avant d'attraper le bras d'Harry et de l'escorter dans les escaliers. Lorsqu'ils atteignirent la porte de la classe de Potions, Snape tourna son attention vers Harry et chercha le moindre signe de blessure.
«Je vais bien, monsieur, » dit Harry en replaçant ses robes. « Je suis désolé pour ce Serpentard. Je voulais juste l'ignorer, mais... »
Snape lui coupa la parole. « Je ne suis pas en colère contre toi, Harry. Il s'est lui-même attiré ces ennuis. Je suis en fait plutôt fier de toi. » Dès qu'il eut prononcé ces mots, il tourna les talons et entra dans sa classe de potions.
Harry resta figé dans le couloir, observant son tuteur jusqu'à ce que la porte de la classe ne soit refermée. Wow ! Snape ne l'avait pas seulement défendu, il l'avait aussi appelé son fils. Avoir un père dont tout le monde avait peur était assez cool !
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Après son dernier cours, Harry se rendit au vestiaire afin de se changer pour l'entraînement. Il s'apprêtait à entrer dans les vestiaires du terrain de Quidditch lorsqu'il entendit le nom de Ginny mentionné par Dean.
« Okay, je gage dix chocogrenouilles que je vais me mériter plus qu'une sérieuse séance de bécots après la soirée dansante, » dit Dean avec défi.
« J'accepte le pari ! » Harry reconnut la voix de Seamus, et plusieurs autres Gryffondor se joignirent aussi au pari.
« Comment allons-nous savoir qui ira le plus loin ? » demanda Dean à Seamus.
Harry n'arrivait pas à croire ce qu'il entendait. Ils étaient réellement en train de parier sur qui irait le plus loin avec celles qui les accompagnaient. Il avait envie d'arracher la tête à Dean ! Harry ne pouvait pas les écouter parler de Ginny ainsi plus longtemps et entra en coup de vent dans les vestiaires.
« Hey ! De quelles foutaises êtes-vous en train de parler ? » Il jeta son sac d'école sur le banc.
Tous les yeux se tournèrent vers lui et il réalisa que ses sentiments deviendraient assez évidents s'il se fâchait parce qu'il surprenait ses amis à parler de Ginny de cette façon. Les autres garçons parlaient toujours des filles qu'ils aimaient bien. Harry savait qu'ils n'avaient pas de mauvaises intentions et ne voulaient blesser personne. Ils étaient ses amis, à lui et à elle aussi, même s'ils se comportaient comme des imbéciles.
« Hey, Harry, tu veux te joindre au pari aussi? C'est dommage que tu ne viennes pas à la soirée, tu aurais pu participer à la compétition. » Seamus s'avança vers lui et lui tapa gentiment le dos.
Harry savait qu'il ne s'agissait que d'une discussion de vestiaires, mais ils parlaient de Ginny, merde !
« Hey, les gars, qu'est-ce qui se passe ? » Ron fit son entrée et balaya la pièce du regard.
L'espace d'un instant, personne ne pipa mot, puisqu'ils étaient en train de parler de sa petite sœur.
Finalement, Seamus dit : « Nous parlions seulement de la soirée dansante ! Tu y vas aussi, hein Weasley ? »
« Oui, j'y vais avec Hermione. Cette semaine, elle n'a pas arrêté de parler de ce qu'elle portera. »
Harry termina de se changer dans son uniforme d'entraînement et décida de sortir de là avant de trop en dire à Dean. Il avait oublié d'aller voir Severus comme promis et décida de partir à sa recherche. Il pourrait peut-être aussi prendre un peu de potion pour la douleur. Il se dit que Severus serait probablement dans sa salle de classe à se préparer pour les cours du lendemain et il se dirigea donc vers la classe de potions.
Il mit les pieds dans la classe et repéra aussitôt Severus à son bureau, en train de corriger des devoirs.
« Bonjour Severus. Voulez-vous venir à l'entraînement ? » Harry avait les yeux baissés sur ses robes de Quidditch, qu'il attachait tout en s'avançant vers le professeur.
Il leva les yeux en entendant le professeur s'éclaircir la gorge. Il remarqua alors qu'ils n'étaient pas seuls. Il y avait six filles assises dans la classe en retenue. Ginny était assise au milieu avec une brosse à récurer dans une main et un chaudron sale dans l'autre.
« Oups, je croyais que vous étiez seul. Désolé, professeur. » Harry salua Ginny d'un subtil geste de la main.
« Comment vous sentez-vous, monsieur Potter? » Snape utilisait son ton formel de professeur.
Harry savait que quelqu'un avait dû le mettre en colère, et il s'agissait très probablement des filles en retenue. « Hum, je me sens bien, sauf pour mon bras, monsieur. »
« Venez, laissez-moi y jeter un oeil. » Severus lui fit signe de s'approcher. Le professeur roula la manche d'Harry et examina l'ecchymose violette. « Oui, il faudra probablement quelques jours de plus avant que la magie noire ne soit complètement expulsée. Avez-vous besoin d'une autre potion pour la douleur ? »
« Oui, monsieur. » Harry jeta un oeil derrière lui en entendant quelques filles rigoler. Ginny semblait irritée en regardant cette bande d'idiotes qui fixaient ouvertement Harry.
Snape lança un regard mauvais aux filles avant d'indiquer à Harry de le suivre dans son bureau attenant à la classe.
Dès que la porte fut fermée, Harry demanda à Severus ce que les filles avaient fait pour se mériter une retenue. Severus ne sembla d'abord pas près de répondre, mais il changea apparemment d'avis.
« Ces filles étaient en train de préparer un philtre d'amour. J'ai clairement entendu ton nom dans la conversation avant qu'elles ne me remarquent. Tu devras être prudent, ne rien manger ou boire à moins de savoir qui l'a concocté. Tu comprends ? » Snape semblait plus irrité que jamais.
« Oui monsieur, mais pourquoi Ginny est-elle aussi en retenue ? » Harry savait qu'elle ne pouvait pas avoir quoi que ce soit à voir avec ces idioties.
« Mademoiselle Weasley a décidé de se charger elle-même des punitions auprès des étudiantes impliquées. » Snape tira Harry vers lui et appliqua de la potion médicinale sur le bleu. « Apparemment, elle ressentait le besoin de te protéger et a donné aux filles des bonbons en provenance de la boutique de farces et attrapes de ses frères. Elle ne trouvait visiblement pas la retenue que je leur avais donnée suffisamment sévère. »
« Oh ho, qu'est-il arrivé aux filles? » Harry était suffisamment intelligent pour savoir qu'il ne fallait pas se mettre un Weasley sur le dos maintenant que les jumeaux tenaient une boutique de farces et attrapes. Certains des bonbons de la boutique étaient tout simplement dangereux.
« Évidemment, la friandise qu'elle leur a donné les a laissées incapables de parler. Elles n'ont pas cessé de glousser depuis deux heures, sans arrêt ! Je suis en réalité davantage en colère contre elle pour m'obliger à endurer ces idioties que contre les véritables responsables. Je lui ai dit qu'elle pourrait quitter les lieux dès que leurs voix seraient revenues à la normale, puisque je n'ai aucun antidote pour cela. » Snape tendit à Harry la fiole de potion contre la douleur.
«Severus, Ginny n'essayait que d'aider. Nous avons un entraînement de Quidditch dans quelques minutes. Peut-être qu'elle pourrait terminer sa retenue ce soir ? » Harry détestait la voir s'attirer des ennuis à cause de lui.
« Mais bien sûr, Harry, où voudrais-tu que mademoiselle Weasley complète sa retenue? Dans nos appartements, peut-être ? » Répondit Snape avec sarcasme. « Non, je ne pense pas. Elle est tout aussi coupable que les autres étudiantes et elle terminera sa retenue avec ses camarades de classe. »
Harry lui lança un regard de frustration et secoua la tête. Ils retournèrent dans la classe et la traversèrent jusqu'au couloir principal, et Harry vit Ginny faire de son mieux pour nettoyer ce chaudron répugnant. Harry prit sa baguette et l'agita dans sa direction. Le chaudron semblait comme neuf. Ginny regarda aux alentours et vit Harry. Elle lui montra son pouce levé vers le haut. Harry la salua de la main et accepta de rencontrer Severus au souper dans les cachots.
Il se redirigeait vers le terrain de Quidditch lors qu'on l'agrippa soudainement par derrière. Il se retourna en un bond et vit Ginny, un large sourire sur les lèvres.
«Merci Harry ! Je ne sais pas ce que tu as dit au professeur mais ça a marché ! Il m'a jeté ces regards malveillants pendant tout le temps où ces filles ne pouvaient pas se taire. Je croyais qu'il allait me jeter dans un chaudron et m'utiliser pour une de ses potions. Après que tu sois parti, il a juste fait un geste de la main et m'a dit d'aller jouer au Quidditch ! » Ginny était transportée de joie d'être loin de cette pièce et de ces filles qui ne pouvaient que glousser.
« Génial ! » Harry sentait que Severus faisait de réels efforts pour que cela marche entre eux. «Hey, Ginny, tu dois être franchement fatiguée après avoir récuré tous ces chaudrons, pourquoi ne montes-tu pas sur mon dos, je vais t'emmener au terrain. »
Le sourire de Ginny s'élargit davantage alors qu'elle montait sur le dos d'Harry, et ils se dirigèrent ensemble vers le terrain de Quidditch.
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Après l'entraînement de Quidditch, Harry eut l'impression que son estomac était en feu. Il semblait que plus il s'entraînait, pire il se sentait. Il demanda à Ron de l'accompagner et de manger avec le professeur et lui, espérant que ce serait une diversion suffisante pour que Snape ne remarque pas sa souffrance. Ron n'avait vraiment pas envie de passer son temps libre en compagnie du professeur, mais Ginny avait dit que Snape avait été gentil avec elle. Ils marchèrent en direction des appartements de Snape et furent surpris d'y voir le père de Ron, assis sur le canapé avec une bièraubeurre à la main.
« Hey, papa, content de te voir ! » Ron le rejoint et le serra dans ses bras. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Arthur a été assez aimable pour me rendre visite et me donner quelques conseils sur l'art d'être parent, » répondit le professeur en invoquant davantage de bouteilles de bièraubeurre sur la table du salon. Severus observa Harry et se dit que le garçon semblait de nouveau avoir mal. L'entraînement de Quidditch demandait peut-être trop d'énergie de la part du garçon.
Harry essaya de réprimer la douleur et s'avança vers monsieur Weasley pour le serrer dans ses bras aussi. La dernière fois qu'il l'avait vu avait été à la maison des Dursley. Il n'avait jamais été aussi heureux de voir quelqu'un dans sa vie. Mais il n'avait jamais été aussi atterré de voir quelqu'un partir de toute sa vie. Harry se souvenait de ce jour comme s'il s'agissait de la veille.
« Ah, Harry, je suis si content de te voir, fiston. » Monsieur Weasley le serra très fort dans ses bras en retour, les larmes lui montant aux yeux en voyant Harry paraître si aimé et heureux. Ni Severus ni Ron ne savaient ce qui s'était passé entre Harry et Arthur, mais, par respect, ils s'abstinrent de poser la moindre question en regardant les deux hommes essuyer leurs larmes.
Severus semblait surpris par l'émotion dont Harry faisait preuve et il plaça son bras autour des épaules du garçon dans un geste protecteur lorsqu'Harry le rejoint sur le canapé. Il s'approcha et murmura : « Est-ce que tout va bien ? »
Harry hocha la tête et offrit un petit sourire à son professeur.
Monsieur Weasley resta avec eux pour le souper, rendant la soirée encore plus amusante avec ses récits des exploits des jumeaux. Harry était fier de voir que Severus laissait tomber sa garde et parvenait au moins à sourire lorsque tout le monde riait des récits qui étaient racontés. Lorsque tout le monde eut fini de manger, Severus se leva et dit qu'il avait une annonce à faire. Harry n'avait pas la moindre idée de ce qui allait être dit et il attendit nerveusement sur sa chaise.
« J'ai aujourd'hui reçu la lettre qui changera à tout jamais mon destin, ainsi que celui d'Harry. J'ai le plaisir de vous annoncer que je suis officiellement le père d'Harry. » Cela dit, Severus extirpa un parchemin roulé de ses robes et le tendit à Harry.
Harry n'était pas exactement prêt à voir tout cela se produire si rapidement. Il ne savait pas quoi dire alors qu'une vague image de son vrai père, James, lui venait à l'esprit. Il ignorait ce que James aurait pensé de tout cela, mais il se dit qu'il aurait voulu voir Harry heureux. À cette idée, il sourit et dit doucement : « Wow ! C'est officiel, alors ? » Il déroula le parchemin et vit son nom à côté de celui du professeur.
Severus l'observait attentivement, à l'affut du moindre signe de déception. Il hocha la tête et attendit qu'Harry parle à nouveau.
« Hum, eh bien, je ne sais pas quoi dire. Je veux dire, je me sentais chanceux que vous ayez décidé de devenir mon tuteur. Je ne pensais juste pas que vous voudriez vraiment de moi pour de bon. » Harry avait toujours les yeux fixés sur le parchemin et rata les regards attristés des autres hommes lorsqu'il prononça ces mots.
Severus s'avança vers Harry et ce dernier se leva, faisant face au professeur.
« Mon fils, tu n'as pas la moindre idée de ce que tu apportes à cette relation. Je suis le plus reconnaissant de nous deux d'avoir cette chance d'être un père pour toi. »
Harry n'arrivait pas à croire ce qui venait d'arriver. Il avait un père ! Quelqu'un qui prenait soin de lui et le protégeait. Un homme qu'Harry respectait et aimait en tant que personne.
Monsieur Weasley prit la parole, la voix pleine d'émotion : « Félicitations à vous deux. Severus, je sais que je parle aussi pour Molly en disant que si nous ne pouvions pas adopter Harry, alors nous sommes heureux que vous l'ayez fait. Après avoir vu la façon avec laquelle vous avez pris un soin si attentionné de lui cet été, j'offre à cette adoption ma bénédiction. Et c'est en dire beaucoup, car nous ne pourrions pas aimer Harry davantage, c'est comme s'il était notre propre fils. »
Harry et Severus remercièrent tous deux Arthur pour ses paroles si touchantes.
Ron parla ensuite : « Bravo, Harry ! Je sais à quel point avoir un père compte pour toi. Alors comment vas-tu appeler professeur Snape à partir de maintenant ? »
Harry fut un peu mal à l'aise et regarda en direction du professeur pour voir sa réaction à ce commentaire. « Hum, tu sais, je vais quand même l'appeler Severus. » Harry vit le professeur froncer les sourcils. Harry ne savait pas s'il semblait mécontent à cause de ce que Ron avait demandé ou parce qu'il souhaitait être appelé différemment.
« Harry, tu ne peux pas appeler ton père par son prénom. Tu dois l'appeler Papa ou Père, » dit Ron sur un ton exaspéré.
Harry espérait seulement que Ron se taise. Il se sentait plutôt mal à l'aise face à cette situation. Il regarda Severus de nouveau et vit que le professeur paraissait plutôt amusé. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Voulait-il qu'Harry l'appelle père ou papa ? Harry ne voyait pas Severus comme le genre « papa ». Il décida donc de ne pas répondre à Ron et de plutôt poser une question qui lui avait traversé l'esprit.
« Severus, est-ce qu'oncle Vernon et tante Pétunia sont au courant de tout ça ? » Harry avait été nerveux à l'idée qu'ils le découvrent et cherchent à freiner l'adoption.
« Pourquoi cette question ? » Severus espérait qu'Harry ne prenait pas leurs sentiments en considération. En ce qui le concernait, les Dursley avaient perdu tout privilège dans la prise de décision concernant la vie d'Harry.
« Je me demandais juste s'ils étaient encore mes tuteurs dans le monde moldu ? » demanda Harry dans un murmure.
« Harry, ils ont perdu tous les droits et privilèges qu'ils avaient sur toi, autant dans le monde magique que dans le monde moldu. De plus, s'ils s'opposent à cette adoption, ils seront immédiatement accusés de mauvais traitements infligés à un mineur. C'étaient les conditions que j'ai mises en place pour qu'ils me remettent ta garde. » Severus vit l'air perturbé sur le visage d'Harry et commença à se demander s'il risquait de se sentir blessé parce que sa famille ne voulait plus de lui. « Harry, ta tante Pétunia s'est battue contre cette adoption. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Pétunia ne voulait pas perdre ta garde. Nous avons dû la convaincre avec des photos de toi lorsque tu étais à l'hôpital. J'en suis venu à comprendre qu'elle n'était pas au courant de l'étendue de l'abus porté contre toi. » Severus passa sous silence les allégations de Pétunia accusant Harry de s'être infligé lui-même ces blessures. Il avait fallu beaucoup d'arguments et de preuves pour lui faire réaliser que Vernon en était la cause.
Harry ne répondit qu'avec un « hmm».
Maintenant Severus se demandait vraiment ce qui se tramait dans l'esprit du garçon. Si les Weasley n'avaient pas été encore là, il se serait permis de lire dans ses pensées. « Harry, tu ne regrettes pas cette adoption, n'est-ce pas ? »
« N-non, monsieur, et vous ? » Harry paniqua à l'idée que tout se termine si rapidement.
« Tu dois avoir été frappé par un cognard pendant l'entraînement si tu te poses seulement la question. Pour répondre à ta ridicule interrogation : non, Harry. Je suis là pour rester alors tu ferais mieux de t'y habituer, » dit Severus avec un humour pince-sans-rire.
Harry sentit le soulagement traverser son corps en entendant ces mots et dit : «Tant mieux parce que c'est aussi ce que je ressens.»
À suivre
