Belmene : J'aime quand tu t'énerves O_o lol
« Attendez, je comprends rien ! grogna John en se redressant contre ses oreillers. Comment ça « faire repousser le nerf » ?
- Vos chercheurs travaillent actuellement sur un anticorps qui permettrait de bloquer la protéine libérée par le corps lorsqu'un nerf est sectionné, expliqua Teyla.
- Comment vous savez ça ? s'exclama Rodney.
- J'ai passé un bon nombre d'heures devant votre télévision
- J'aurais juré que vous regardiez des émissions de cuisine ou de décoration, souffla le scientifique.
- McKay ! Teyla, où voulez-vous en venir ?
- Il faut agir dans les 48 heures de l'accident ! Nous n'avons pas de temps à perdre !
- C'est de la folie. Ca n'est qu'au stade expérimental chez nous ! Vous imaginez dans Pégase ? soupira de lassitude le colonel.
- John, ils ont des laboratoires…
- Et alors ? Vous croyez qu'ils vont créer l'anticorps ou je sais pas quoi en moins de 24H ? Et faire mieux que nos meilleurs scientifiques ?! Vous ne savez ni comment vous y prendre, ni ce qu'ils ont comme matériel !
- John, je peux entrer ? les interrompit une voix. Je suis avec Ladon. »
Le militaire leva les yeux au ciel.
« Allez-y ! C'est un hall de gare cette tente de toute façon ! »
Elizabeth et le leader Genii pénétrèrent sous la toile et se retrouvèrent aux côtés de l'équipe.
« Que se passe-t-il ? demanda Ladon. »
L'Athosienne se mit en devoir d'expliquer la situation.
« Et vous sauriez vous y prendre ?
- Je pourrais m'en souvenir ! affirma Teyla.
- Ladon, la vraie question est : avez-vous le matériel nécessaire pour mener à bien l'élaboration de l'anticorps ?
- Nous avons commencé à commercer avec des peuples plus évolués technologiquement que nous.
- C'est pas très dur, murmura Rodney.
- Vraiment plus évolués, reprit le Genii en lui jetant un regard peu amène. Nous avons fait l'acquisition de plusieurs artefacts intéressants et je pense que … oui c'est possible. »
Teyla et Rodney tournèrent vers John un regard où perçait un fond d'espoir. Le militaire, lui, était partagé entre ce sentiment et celui d'échec imminent. Le premier était trop dangereux. Il préféra se rabattre sur le second.
« Laissez tomber. C'est foutu !
- Comment vous pouvez dire ça ? s'égosilla McKay. On a même pas essayé !
- Teyla, vous voulez nous faire croire que vous sauriez diriger une équipe de scientifiques, geste par geste, phase par phase, dans l'élaboration de cet anticorps ? demanda John, plus que sceptique.
- Eh bien… je… oui, je me souviens des images, des explications, de la marche à suivre.
- En détail ? insista-t-il. »
Le silence de la Pégasienne parla pour elle.
« Je pourrais vous aider à vous en souvenir, intervint Elizabeth en s'avançant vers elle.
- Hors de question ! tonna Sheppard en crispant les poings.
- Ce n'est pas à vous de décider John, le coupa Teyla en s'approchant de son amie. Allez-y Elizabeth.
- Je ferai aussi vite que possible, je vous le promets. »
Teyla acquiesça et ferma les yeux.
« Non ! cria le colonel en voulant se lever.
- Tenez-vous tranquille, grogna Ronon ; il n'aimait pas plus que ça ce qu'il s'apprêtait à voir, mais c'était vraisemblablement la seule solution… »
C'est donc impuissant que John assista à la scène. Il vit Elizabeth lever le bras et l'approcher lentement du visage de l'Athosienne. La seconde suivante, sa main entrait dans son front. Teyla se crispa et étouffa un cri.
Le Docteur Weir se raidit. Ses lèvres remuèrent à une vitesse impressionnante. Elle… téléchargeait les souvenirs de Teyla en elle.
Lorsqu'enfin elle retira sa main, Teyla chancela. Heureusement, Ronon veillait, et la retint avant qu'elle ne tombe.
John, lui, fixait l'ex-dirigeante et Teyla avec colère. Elles avaient délibérément passé outre son refus !
« J'ai toutes les informations nécessaires pour procéder à la conception de l'anticorps, annonça Elizabeth en regardant les membres de SGA. Ladon, pourrions-nous avoir accès à vos laboratoires ?
- Oui… bien sûr, répondit-il, troublé de ce qu'il venait de voir.
- Nous reviendrons avec la solution, continua le Docteur Weir en soutenant le regard de John, consciente de sa rancœur. »
Rodney et Ronon s'entre regardèrent. Ils se sentaient assez inutiles et dépassés.
« Qu'est-ce qu'on fait nous ? demanda le Satédien.
- Vous pouvez rester ici, nous ne serons pas longs, déclara Ladon avant de suivre Elizabeth hors de la tente. »
L'ex-runner haussa les épaules avant de reporter son attention sur Teyla. Elle avait encore l'air secoué.
« Ca va ?
- Oui. Tout va bien. C'est juste étrange.
- Et dangereux ! explosa Sheppard. Bon dieu Teyla ! Je vous avais interdit de le faire !
- John, c'était le seul moyen !
- Le seul moyen de quoi ? Me donner de faux espoirs ?
- Bon, moi j'ai des calculs qui m'attendent, grogna Rodney avant de partir, énervé de l'attitude du colonel.
- Je vous raccompagne à la tente, annonça Rodney emmenant une Teyla clopinant avec lui. »
La jeune femme ne se fit pas prier. Qu'il soit anxieux quant à son état et l'issue des recherches, elle le comprenait sans mal. Qui pourrait l'en blâmer ? Mais qu'il soit à ce point hermétique aux efforts qu'ils faisaient tous pour lui…
Oooooooooo
C'est d'un pas décidé qu'Elizabeth précéda Ladon sur le chemin les menant à la porte.
Le Genii ne l'avait jamais vu si… dure ? Oui, dure. Le visage fermé, le regard sombre, le pas saccadé.
Ladon ne dit rien et c'est toujours en silence qu'il composa l'adresse. La garde qui ne le quittait pas ne pipa mot. Les soldats étaient tous mal à l'aise. Ils n'avaient qu'une confiance limitée en elle. Car, contrairement à ce que pouvait penser leur chef, elle n'était pas tout à fait le Docteur Weir. Elle était bien plus. Plus forte, plus rapide, mais surtout plus dangereuse.
Cependant, aucun ne se serait permis de faire une quelconque remarque…
« Vous êtes sûre de vous ? finit par demander Ladon alors que le vortex se formait.
- Certainement. Je ne le laisserai pas mourir !
- Il n'est pas… »
Il laissa sa phrase en suspens quand elle posa sur lui un regard sans appel. Il se contenta d'acquiescer avant de la précéder à travers la porte.
Oooooooooo
Les rues étaient noires et le ciel sombre.
La planète qui servait de base à un des complexes Genii était clairement inhospitalière. Cela n'affecta en rien la détermination d'Elizabeth. Le regard acier, elle cheminait rapidement aux côtés du leader alien, un seul objectif en tête : le sauver !
« Nos chercheurs sont répartis en plusieurs unités. Je vous emmène au bâtiment 4F, là où sont confinées les nouvelles technologies acquises en matière médicale.
- Bien, répondit- laconiquement Elizabeth, sans quitter l'horizon des yeux. »
Les gardes se crispèrent. Ils n'aimaient pas trop l'idée de dévoiler le fruit d'âpres négociations à cette machine.
Le groupe arriva bientôt aux abords d'un immense entrepôt. Tout semblait indiquer qu'il était abandonné.
Mais ce n'était qu'un leurre.
« Je vous présente nos récentes découvertes technologiques, annonça, non sans une certaine fierté, Ladon, en passant devant différentes vitres derrière lesquelles travaillaient des scientifiques. Nous avons réalisé d'énormes progrès dans bien des domaines. Comme vous pouvez le constater, ce bâtiment est consacré à la médecine et la chirurgie. Nos chercheurs testent sans cesse de nouvelles…
- Ladon. Je suis très impressionnée par vos progrès, sincèrement, le coupa Elizabeth. Mais si nous pouvions pour le moment nous focaliser sur le but de notre voyage…
- Oui, évidemment. Suivez-moi dans ce cas. Vous pouvez nous attendre ici, reprit-il à l'adresse de ses hommes. »
Les gardes stoppèrent net, malgré l'envie qui les taraudait de ne pas le lâcher d'une semelle.
Ladon emmena rapidement Elizabeth devant l'entrée d'une pièce.
« Je vais vous présenter à l'équipe qui pourra sans doute vous aider dans votre projet. Nous avons fait l'acquisition d'une sorte d'accélérateur. D'après nos dernières découvertes, il devrait être capable d'accélérer la cicatrisation corporelle. Enfin, en théorie, continua-t-il en ouvrant la porte à l'aide d'un code.
- En théorie ?
- Oui…le peuple avec lequel nous avons commercé l'avait plus ou moins…
- Volé ?
- Disons récupéré, précisa Ladon. Auprès d'un autre peuple, plus avancé technologiquement, mais hélas, ou heureusement dans notre cas, plus crédule aussi. Quoi qu'il en soit, ils ont été incapables de nous dire comment cela fonctionnait, ni même à quoi cela servait.
- Et vous en avez fait l'acquisition sans rien savoir de cet engin ? s'étonna Elizabeth tandis qu'ils passaient dans un autre sas.
- L'intuition sourit-il faiblement.
- Combinée à la mienne, nous pourrons la faire fonctionner.
- Vous pensez ?
- Oui. Les Assurans ont une affinité naturelle avant n'importe quelle machine.
- J'imagine…Et pour ce qui est de la création de l'anticorps, je mettrai mes meilleurs scientifiques à votre disposition.
- Non.
- Non ?
- Je vous remercie, mais j'irai plus vite seule. Croyez-moi. Je vous demanderai juste de mettre à ma disposition votre matériel.
- Bien. »
Le duo accéda enfin à une immense salle blanche immaculée.
Elizabeth serra les poings. C'était à elle de jouer ! Elle n'avait pas le droit à l'échec. Elle n'échouerait pas !
TBC
