Merci à baobabB612 pour son travail de traduction.


Building With Worn Out Tool - Chapitre Vingt-huit : A Ferocious and Ringing Argument

By Lomonaaeren

« - Et tu es prêt à lui faire face à nouveau ? » Les mains de Draco étaient douces alors qu'il arrangeait la robe au niveau des épaules d'Harry, ses yeux le fixant à travers le miroir devant eux.

Harry grogna et lui lança un regard agacé. « - Après ce que je lui ai dit la dernière fois que nous nous sommes rencontrés ? Bien sûr. Peut-être que c'est plutôt à moi de te poser cette question à propos de Zabini. » Il se demandait si Draco réussirait à se contrôler en faisant face à l'homme qui avait orchestré l'enlèvement de sa mère et contacté son dément de père pour faire le sale travail.

Il y eut un long silence. Draco ne disait rien et Harry, soupçonneux, leva les yeux vers le miroir. Les lèvres de Draco étaient retroussées en un sourire qu'Harry n'aurait pas été étonné d'observer chez un crocodile. « - C'est vrai. » Dit Draco, ou plutôt souffla car Harry sentit les mots s'écraser sur sa nuque plutôt que de les entendre. « - Tu étais inconscient quand j'ai agi. J'ai oublié que tu ne savais pas. »

« - Je ne savais pas quoi ? » Harry se tendit et voulu se retourner mais les mains de Draco le forcèrent à rester en place et Harry finit par abandonner la lutte.

« - J'ai déjà pris ma revanche sur Blaise. » Dit simplement Draco. « - Je suis retourné dans la maison après que je t'ai emmené avec Narcissa à St Mangouste. Je lui ai lancé plusieurs malédictions. Dont une qui le fera mourir si je meurs… »

« - Mais pas dans l'autre sens, hein ? » Coupa Harry. La simple notion de danger pour Draco, juste au moment où il pensait qu'ils avaient les choses en main et étaient prêt à commencer une vie plus heureuse, accéléra immédiatement sa respiration.

« - Harry, amour. » Fit Draco dans son oreille. « - Tu crois que je suis stupide ? Bien sûr que non. La seconde le fera devenir plus pauvre à mesure que je deviens riche mais lui donne aussi la possibilité d'améliorer son train de vie dans le cas contraire. Et la troisième le mutilera s'il provoque le moindre dommage sur toi. »

« - La troisième était… »

« - Ne dis pas qu'il était inutile que je l'ai incluse dans sa punition, Harry. » Dit Draco en l'embrassant sur la nuque puis tirant sur ses cheveux jusqu'à ce qu'Harry se rappelle qu'ils étaient censés être dans la salle d'audience dans une heure. « - Dans mon esprit, c'était la plus importante de toutes. Je t'admire mais tu es trop noble. Il y avait un risque que tu ne voudrais pas te défendre contre lui s'il te menaçait à nouveau. Je ne pouvais pas laisser cela se produire. »

« - Tu as rendu sa vie misérable. » Dit Harry, comprenant de mieux en mieux.

« - Il a été l'auteur de son malheur. » Draco croisa son regard dans le miroir, brillant d'autosatisfaction et ne semblant pas enclin à changer.

« - Mais Draco. » Harry se retourna pour lui faire face. « - Ne penses-tu pas que trois sorts comme ça, c'est trop ? Il va vivre le restant de sa vie dans la peur et la frustration. »

« - Très bien. » Draco arqua un sourcil et fit un pas en arrière, époussetant une poussière imaginaire sur sa robe. « - Je veux que ce soit le cas. »

« - Et tu penses que c'est le paiement pour avoir ressenti la même chose durant quelques heures ? » Harry se passa une main dans les cheveux. « - Je ne sais pas quoi répondre à cela. »

« - Continue donc à parler, Harry. » Dit Draco, allant récupérer sa cape sur le dos d'une chaise non loin du miroir. Harry essaya de s'empêcher d'imaginer Draco assis sur cette même chaise à essayer de nouveaux vêtements mais il échoua. « - Si tu continues, alors tu pourrais me convaincre que le reste de sa vie constitue en effet une punition trop courte, et je chercherais les sorts qui poursuivent quelqu'un jusque dans l'au-delà. »

Harry siffla. « - J'ai simplement fait remarquer à quel point tu étais sadique. »

« - Je ne le suis pas du tout. » Répondit gaiement Draco. « - Sauf quand quelqu'un tente de blesser une personne qui m'est chère. Dans ce cas, il souffrira. C'est une simple vengeance, une règle que tout Serpentard doit comprendre à l'âge de douze ans. Est-ce ma faute si Blaise n'a rien appris et qu'il a pensé pouvoir tout me prendre ? Je ne vois pas pourquoi il devrait être épargné. Je ne l'ai pas forcé à enlever ma mère. Je ne l'ai pas forcé à continuer ce procès quand il s'est rendu compte que je serais dans le côté opposé. »

« - Non mais… » Harry s'arrêta. Il ne devrait pas se laisser convaincre par les arguments de Draco et pourtant, ils lui paraissaient raisonnables. Obstinément, il décida qu'il fallait poursuivre. « - Tu as fait tellement de choses qui lui font du mal maintenant. » Dit-il doucement. « - Tu as gagné. Vas-tu vraiment l'humilier dans la salle d'audience ? »

« - Oui. » Dit Draco. « - Pour qu'il comprenne à quel point il a perdu. À l'heure actuelle, il sait seulement qu'il n'a pas gagné. »

Il rit de l'expression sur le visage d'Harry, quelle qu'elle fut, mais ce n'était pas le ricanement moqueur qu'Harry avait craint quand il lui avait avoué que ses sentiments avaient changés. Il se pencha en avant et déposa un baiser sur le coin de la bouche d'Harry. « - Je t'assure. » Dit-il. « - Ce n'est pas mon comportement habituel. Dans la plupart des cas, je suis aussi courtois et professionnel qu'un Gryffondor peut l'être. Il faut dire aussi que la plupart de mes adversaires n'ont pas kidnappé ma mère. »

« - Mais, Harry. » Il pencha la tête et posa une main sur l'épaule d'Harry. « - C'est ce que je suis, ou l'autre facette de ma personnalité si tu préfères. Je deviens féroce quand je me sens en danger et je suis prêt à causer de la douleur à quelqu'un qui essaye de me faire du mal. Pas de scrupule. Ou du moins, moins de scrupules qu'un Gryffondor. Je ne vais pas essayer à nouveau de contrôler ton comportement mais tu ne devrais pas essayer de contrôler le mien non plus. »

Harry laissa échapper un long soupir mais quand il y réfléchit, il semblait n'y avoir rien qu'il pût faire. Les malédictions avaient déjà été lancées. Il n'avait pas le pouvoir de persuasion nécessaire pour faire abandonner à Draco sa position.

Et une partie de lui était contente que Zabini ne puisse pas s'en prendre à lui après la fin du procès. Draco l'en avait empêché.

C'était le genre de protection qu'Harry savait qu'il n'aurait jamais eu de la part de Ginny, car il était celui qui était censé la protéger. Et il s'était déjà acquitté de cette dette puisqu'il avait également sauvé la vie de Narcissa et celle de Draco.

« Savoir que nous sommes égaux ne signifie pas que nous sommes pareils. »

« - Très bien. » Dit-il à Draco avec moins de grâce qu'il aurait pu le faire, puis il tira sur les pans de la robe peu familière, essayant de l'arranger une fois de plus.

« - Ne fais pas ça. » Dit Draco avec douceur et il redressa le tissu là où ses mains avaient été. « - Tu vas l'abîmer. »


Draco n'était pas certain de ce à quoi il s'attendait quand il entra dans la salle d'audience. Le matin même, il avait ramené Blaise chez sa mère et Madame Zabini l'avait accueilli avec un hochement de tête et un sourire amer. C'était une belle femme et Blaise avait hérité de son apparence mais pas de l'acier qui brillait dans ses yeux quand elle regarda Draco.

« - Vous vous rendez compte qu'il peut choisir, après tout, de s'opposer à vous au tribunal ? » Demanda-t-elle. « - Malgré le danger que vos sorts représentent ? »

Il n'avait pas été surpris que Madame Zabini ait reconnu les sorts obscurs que Draco avait utilisé sur lui en un simple coup d'œil. S'il n'avait pas su que son père avait détruit toutes les copies des livres contenant ces sorts en particulier, il aurait même pu s'en inquiéter. Il haussa un sourcil. « - Oui, je le sais. » Dit-il. « - S'il retourne dans la salle d'audience, alors je suis prêt à l'affronter. Mais depuis qu'il a enlevé ma mère et demandé à mon fou furieux de père de l'aider à le faire, je suis moins enclin à abandonner. »

Madame Zabini resta silencieuse pendant un moment après avoir entendu cela. Même si elle n'avait jamais été un Mangemort, elle avait suivi les nouvelles de la guerre, comme n'importe quel sorcier sensé s'intéressant à la politique l'aurait fait. Elle savait ce qui était arrivé à Narcissa et la raison pour laquelle Draco la gardait enfermée dans le manoir et à l'abri de la presse.

Les seuls mots qu'elle prononça, lorsqu'elle regarda à nouveau Blaise, furent : « - Je vois. » Mais Draco aurait beaucoup donné pour entendre la réprimande qui allait suivre. Madame Zabini allait sûrement faire un sermon à son fils sur le fait d'avoir choisi une vengeance d'une telle stupidité. Ne jamais faire quelque chose qui pourrait vous exposer à un trop grand danger, ne jamais faire quelque chose d'aussi susceptible de vous faire prendre… des règles que tous les Serpentards connaissaient.

Sauf Blaise.

Alors Draco était curieux de voir qui les attendrait dans la salle d'audience ce matin, mis à part la juge Witherbone : Blaise et Weasley ensemble, ou bien seulement Weasley, parce que Blaise ne pouvait pas prendre le risque d'entrer dans un environnement où il y aurait la tentation d'une vengeance contre Harry dont le troisième maléfice de Draco prendrait ombrage.

En l'occurrence, il n'y avait que Weasley qui se tenait dans le côté opposé de la salle d'audience, feuilletant une liasse de papier. Elle leva les yeux et émit un reniflement méprisant en les voyant, avant de jeter un regard oblique vers le podium devant elle, où la juge n'était pas encore assise. Puis elle reposa les papiers et se leva pour marcher vers eux.

« - Reste calme. » Murmura Draco, posant une main tendre sur le coude d'Harry quand il réalisa que l'insupportable femme se dirigeait vers eux.

« - Je sais. » Dit Harry avec irritation et il dégagea son coude. « - Je peux faire cela moi-même. » Et il s'éloigna de Draco pour avancer vers sa femme.

Draco songea à s'y opposer pendant un moment. Et ensuite il pensa au profond changement que cela représentait, qu'Harry marchât avec un froncement de sourcil pour confronter Weasley, comme si elle ne méritait ni son temps, ni son attention, quand auparavant, il arrivait à peine à la regarder sans se tortiller de culpabilité ou perdre son sang-froid.

« J'ai fait ça. C'est ma marque qu'il porte sur son âme. »

Draco croisa les bras et garda un visage neutre. Il ne faudrait pas que quelqu'un d'autre puisse voir un digne Négociateur se mettre à frétiller de joie comme un écolier abordé par son béguin.


« - Que veux-tu, Ginny ? » Demanda directement Harry dès qu'ils se rencontrèrent. Il savait que Draco pouvait encore probablement les entendre et la juge Witherbone arriverait d'une minute à l'autre, de sorte qu'il ne voyait pas l'intérêt de parler à voix basse.

Ginny, bien sûr, émit un sifflement et lança un regard terrifié vers le siège de la juge avant de reporter son attention vers lui. Ou plutôt, elle essaya de le faire avant de baisser les yeux. Harry la regardait fixement, étant intérieurement émerveillé de pouvoir réussir à l'effrayer. Il pouvait maintenant lire la faiblesse dans ses traits comme dans un livre ouvert, n'attendant plus que quelqu'un frappe au bon endroit pour se briser.

« - Je tiens à t'offrir une dernière chance pour échapper à cette folie. » Dit-elle. « - J'ai déjà raconté à ma famille ma version des faits. Même Ron doute de toi maintenant, Harry. Si tu sors triomphant de là, alors tu seras tout seul. Et je sais combien tu détestes cela. Je sais combien tu tiens à nous. »

Harry résista à la tentation de jeter un regard vers Draco (Ginny ne devait pas savoir ce qu'il y avait entre eux) et il plissa les lèvres de dégoût. « - Tu en viens à utiliser des menaces pour me convaincre de ne pas faire ce qui est juste ? » Demanda-t-il. « - Non, Ginny. J'ai déjà pris ma décision et je pense que Ron, au moins, me donnera un procès équitable. Et il en sera de même pour Hermione. » Il ne pouvait plus douter de l'amitié de ses anciens amis comme il l'aurait fait la semaine précédente à peine. « - Pas de famille avec toi, pas de bébé, pas d'abandon de la procédure de divorce. » Il baissa les yeux et la voix. « - Pas de donation d'argent pour une maladie cardiaque à laquelle je ne crois pas. »

Le visage de Ginny pâlit. « - Cette partie est vrai. » Déclara-t-elle.

« - Et la partie où le nom du bébé serait Lily ? »

Ginny baissa les yeux. « - J'étais en colère. » Dit-elle doucement. « - J'ai dit cela seulement parce que j'étais en colère. »

« - Et c'est exactement pour cela que je ne peux pas te faire confiance. » Dit Harry en secouant la tête. « - Tes paroles mélangent tellement la vérité et le mensonge que c'est impossible de les discerner. J'ai choisi de continuer et je ne m'inquiète pas de l'exil que ta famille m'infligera, Ginny. Je ne vais plus te laisser m'influencer. » Il lui tourna le dos et marcha vers Draco.

Draco avait un air sur le visage qui donna envie à Harry de l'embrasser. Il s'installa à ses côtés après lui avoir lancé un regard passionné car il savait que Draco, qui était en face de Ginny, serait en mesure de contrôler sa réaction, comme Harry lui-même ne l'aurait pu. Les sourcils de Draco se haussèrent en réponse, ce qui, dans sa palette d'humeurs sous contrôle, s'apparentait à un cri de joie.

Harry s'installa dans sa chaise et attendit. Draco avait promis que ce jour serait celui où il écraserait Ginny, si elle venait seule. Harry était curieux de le voir tenir cette promesse.


Draco savait qu'il aurait le choix entre deux grandes lignes d'actions : une si Blaise était là, une autre s'il ne l'était pas. Il ne s'était pas vraiment attendu à ce que Blaise risque de provoquer les effets des sorts par ses actions à la vue d'Harry, alors il avait préparé son attaque contre Weasley seule d'une façon plus approfondie.

Et maintenant, il pouvait l'utiliser.

Il se leva de sa chaise et se dirigea vers Weasley, gardant son regard braqué sur elle, à la manière d'un prédateur guettant sa proie. Weasley essaya de redresser la tête mais elle tremblait et elle serra la liasse de papier devant elle comme un bouclier.

La juge Witherbone leur avait déjà donné l'autorisation de commencer à nouveau les négociations. Elle avait reçu les faibles explications de Weasley pour l'absence de Blaise (qu'il ne voulait plus 'participer à une expérience si négative') avec un haussement de sourcil mais ne les avait pas remises en question. Après tout, Draco n'avait parlé à personne d'autre de l'enlèvement de sa mère. Il gardait cela pour les journaux après le procès, et pour la confrontation avec la famille Weasley à laquelle, il en était sûr, Harry devrait faire face.

Pour l'instant, cependant, il voulait écraser Weasley si complètement qu'elle ne pourrait pas même songer à poursuivre les négociations après ce jour. Elle s'était déjà affaiblie par elle-même en ne pouvant compter que sur les notes de Blaise au lieu de sa présence. Bien sûr, elle avait probablement fait l'effort de les comprendre mais ça serait loin d'être suffisant, en particulier quand elle faisait face à un Négociateur expérimenté plutôt qu'à quelqu'un d'innocent comme Harry.

« - Nous contestons chacune des revendications que Madame Potter et Monsieur Zabini ont faites. » Commença Draco, le regard fixé sur le visage de Weasley. « - Nous avons entendu de sa propre bouche à quel point elle craignait son mari et comme il n'avait jamais été à la hauteur de l'image qu'elle avait de lui. Et j'ai dit, sans être démenti par Madame Potter avec suffisamment de force, que la raison pour laquelle l'image qu'elle avait de lui ne correspondait pas à la réalité est qu'elle avait créé une image totalement hors d'atteinte de quiconque s'y essaierait. Elle a exagéré de la même façon les revendications. »

Weasley ouvrit la bouche, sans doute prête à intervenir, mais Draco outrepassa sereinement ses objections. Il n'existait aucune règle l'empêchant de le faire, les Négociateurs étaient censés se parler à ce stade des négociations et depuis que Blaise n'était plus là, Weasley n'avait pas de Négociateur.

« - Monsieur Zabini a encore moins le droit de réclamer de l'argent à Monsieur Potter, étant donné qu'il n'est ni marié à Madame Potter, ni n'a montré aucun signe de vouloir continuer à entretenir sa maîtresse et l'enfant après le procès. Tout ce qui leur serait donné pourrait être rapidement dépensé et pas remplacé. » Draco ricana légèrement. « - Et je suis sceptique au sujet de ce qu'ils réclament pour l'éducation de l'enfant. Pourquoi auraient-ils besoin de la cape d'invisibilité et de l'Éclair de Feu ? Ce sont des objets pour adulte. Et demander plusieurs maisons ? Un enfant peut être parfaitement heureux dans une seule maison. Non, tout ceci a toujours été destiné moins au bébé dans le ventre de Madame Potter qu'à répondre aux craintes et aux émotions de cette même Madame Potter. »

« - Comment oses-tu… » Commença Weasley d'une voix qui s'élevait rapidement en un cri si elle ne l'était pas déjà.

« - Taisez-vous. » Ordonna la juge Witherbone d'une voix froide et implacable qui fit se taire immédiatement Weasley. Draco ne jeta pas de regard vers la juge mais il savait qu'elle le regardait fixement. Il avait l'impression de rayonner de lumière, emporté par une montée en puissance de l'argumentation. Il était difficile pour quiconque de détourner le regard de lui quand il atteignait ce stade.

Il imagina, avec suffisance, ce qu'Harry devait penser et ressentir à cet instant, puis il rejeta les images. Il devait à nouveau se concentrer sur les mots.

« - Et je ne pense pas que nous devrions donner libre cours aux émotions et aux craintes plus longuement. » Poursuivit-il doucement, les yeux plongés dans ceux de Weasley. « - Elle a attendu des mois pour quitter son mari, même après qu'il ait soi-disant commencé à lui faire peur. Elle semble même avoir attendu jusqu'au moment où elle ne pouvait plus cacher sa grossesse plus longtemps, même dans des robes évasées. » D'un regard éloquent, il indiqua le renflement du ventre de Weasley, qui avait augmenté de façon perceptible depuis le début de l'affaire. « - Et, bien sûr, elle n'avait aucune chance de duper Monsieur Potter en lui disant que ce bébé était le sien car ils n'avaient pas eu de relation sexuelle depuis huit mois à ce moment. »

Le visage de Weasley devint encore plus pâle. La juge Witherbone toussota. « - Est-il approprié de divulguer de telles informations dans la salle d'audience, Négociateur Malfoy ? »

La voix d'Harry s'éleva un instant plus tard. « - J'ai donné au Négociateur Malfoy la permission de le faire, Madame Witherbone. Toutes mes excuses si c'était inapproprié. »

Draco lui fit un léger sourire. Ils n'avaient jamais eu une telle conversation, à l'exception de leur toute première entrevue, quand Harry lui avait donné des informations à propos de son mariage. Mais il aurait dû deviner qu'Harry saurait saisir le moment parfait pour intervenir et donner son soutien à Draco. Il l'avait fait sans effort durant toute l'opération de sauvetage de Narcissa, après tout.

C'est cela qui convainquit Draco, plus que tout le reste, qu'il serait heureux avec Harry dans sa vie. Ils avaient une relation à double-sens, les deux prenant les choses en charge alternativement en fonction des besoins de l'instant. Draco n'avait jamais rencontré de partenaire égal auparavant, mais à présent il en avait un et rien ne le persuaderait de renoncer à lui.

« - Ce n'est pas inapproprié si c'est avec votre permission, Monsieur Potter. » Murmura Witherbone puis elle dit : « - Continuez, Négociateur. »

« - Je vous remercie, Madame. » Dit Draco et il revint à l'attaque. Weasley n'avait pas eu beaucoup de temps pour récupérer mais ce n'était pas la question. Il ne voulait pas qu'elle en ait. « - Le ménage Potter a commencé à mourir bien avant le moment où Ginny Potter a déclaré son intention de déclencher la procédure du divorce sorcier. Il y avait ses craintes vis-à-vis de lui, si elles étaient bien réelles, et la réclusion de Monsieur Potter qu'elle n'aimait pas. Elle n'avait de cesse de le pousser à faire autre chose et était incapable d'accepter le fait qu'il se reposât après toutes ses actions pendant la guerre contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Ginny Potter a cherché du réconfort dans les bras d'un autre homme sans voir l'intérêt de dire à son mari qu'elle n'était plus amoureuse de lui. Et maintenant, elle demande plus que ce qu'il peut raisonnablement donner et vient même au tribunal sans Négociateur en pensant qu'elle peut compter sur la nature bonne par essence de son mari pour qu'il lui donne tout ce qu'elle désire. » Draco s'arrêta et renifla. « - Elle n'a jamais songé qu'il pouvait être fatigué d'essayer de ressusciter ce cadavre de mariage et souhaitait maintenant se consacrer à d'autres choses pour débuter une nouvelle vie. Il a investi plus d'efforts dans ce divorce qu'il ne l'a fait durant les cinq années où il a été marié à elle. »

Il soutint le regard de Weasley, ajustant ses mots pour qu'ils touchent le cœur des émotions troublant ce regard, comme il aurait ajusté son ciseau pour frapper le point faible d'une pierre. Il vit son visage vaciller puis s'effondrer et il sut qu'elle avait fini par le croire. Harry aurait pu le lui dire autant de fois qu'il l'aurait voulu, mais elle aurait probablement continué à croire qu'elle avait une chance parce qu'Harry avait toujours cédé à ses caprices jusqu'à lors. Mais entendre ces paroles sortir de sa bouche sans qu'Harry ne s'y opposât…

Il l'avait brisée.

Un flot de plaisir vicieux s'empara de Draco et il recula avec un léger signe de tête en murmurant : « - C'est pourquoi je pense qu'aucune des exigences de Madame Potter ne devrait être accordée, Madame Witherbone. Elle n'a aucun droit sur lui, pas après ce qu'elle a fait. »

« - Je vois. » Déclara la juge Witherbone après un moment. « - Et votre défense, Madame Potter ? Préparé par votre Négociateur, Monsieur Zabini, bien sûr. »

Weasley essaya de se lever et de lire la liasse de papiers mais ses mains tremblaient trop fortement. « - Nous voulons… » Murmura-t-elle puis elle recommença plus fort : « - Nous voulons… » Mais les mots s'arrêtèrent et elle se mit à pleurer, portant les mains à son visage comme si elle pouvait cacher ses larmes.

La juge Witherbone fut assez sadique pour laisser durer le moment puis elle finit par intervenir, une note d'impatience dans la voix : « - Madame Potter ? »

Weasley donna le coup de grâce elle-même. Elle bondit du fauteuil où elle s'était assise et dit d'une voix forte : « - Harry ! Est-ce vrai que tu ne veux pas me donner ce dont j'ai besoin de toi ? Que tu vas accepter de voir l'enfant mourir de faim dans les rues sans nous verser une noise pour ses soins ? Harry ? »

Draco suivit son regard. Harry s'était tourné pour faire face à la juge, son visage figé en une parfaite expression d'ennui.

« - Madame Witherbone. » Dit-il. « - Je ne crois pas que cette interruption soit appropriée. S'il vous plaît, pouvez-vous demander à Madame Potter de s'en tenir aux formalités ? »

Weasley poussa un sanglot, sans larme cette fois. Elle se tourna vers la juge et lui dit : « - Je dois demander une suspension de séance… »

« - Vous êtes celle qui a demandé une audience aujourd'hui. » Lui rappela la juge. « - Vous êtes celle qui doit fournir une déclaration préparée, Madame Potter. Si nous recommençons demain, le Négociateur Malfoy aura de nouveau l'occasion de parler le premier, puisque ça sera une répétition visant à atteindre l'objectif que la séance d'aujourd'hui n'a pas atteint. »

Weasley se tourna vers lui avec une expression horrifiée. Draco s'autorisa, pendant un instant, à laisser le plaisir briller dans ses yeux.

Weasley se détourna. Ses épaules tremblaient. Elle inspira plusieurs fois, puis elle se détourna et sortit de la salle, probablement trop fière pour se décomposer devant d'autres personnes.

Cette fierté lui coûtait cher, bien sûr, comme chaque geste qu'elle avait fait depuis le début du procès. Draco se retourna et leva les yeux vers le podium de la juge.

Il y avait un faible, un minuscule sourire sur le visage de Witherbone alors qu'elle prenait sa baguette et jetait un sort étincelant de lumière blanche sur les papiers devant elle.

« - Madame Potter s'est présentée dans la salle d'audience sans Négociateur. » Déclara-t-elle. « - Et a ensuite refusé de lire les négociations que Monsieur Zabini avait préparées. Elle a fui la salle d'audience avant d'y être autorisée, sans excuse d'un quelconque malaise ou d'une attaque magique par le côté opposé et n'a pas fixé d'autre date pour une seconde rencontre. Elle a violé de manière inacceptable les procédures d'audience. Notre indulgence peut s'étirer jusqu'à fermer les yeux sur une violation mais pas quatre. » Elle leva la tête et agita sa baguette une fois de plus. « - Vous avez gagné le procès en l'état, Négociateur Malfoy. Si Mademoiselle Weasley souhaite le reprendre, elle devra recommencer de nouveau toute la procédure. Monsieur Potter n'est tenu de lui remettre aucun de ses biens. » Elle hocha la tête puis un vrai sourire s'épanouit sur son visage et Draco vit comment le monde sorcier devait se sentir au-delà de la salle d'audience. Bien sûr, le séjour d'Harry à l'hôpital avait énormément aidé puisque des rumeurs avaient déjà commencé à circuler selon lesquelles il avait héroïquement été blessé en sauvant la vie de quelqu'un d'autre. « - Félicitations. » Lui dit-elle.

Draco faillit se laisser submerger par la douceur de ce qu'il ressentit alors, et par le regard riche de sens qu'Harry lui lança.

À suivre…