Les Vampires de Beacon Hills
Chapitre 27 :
Révélations – partie 1
Antiquité Romaine, Empire de Caligula, Palais de l'empereur :
Je remontais le couloir menant à la suite de Tiberius. Plusieurs gardes me reconnurent et me saluèrent. Je ne leur prêtais pas vraiment attention et continuai mon chemin jusqu'à la chambre de Tiberius. Je frappai doucement.
-Entrez ! tonna une voix impérieuse.
Je fus légèrement surprise en entendant la voix du cousin de Tiberius. J'ouvris doucement la porte. En découvrant Caligula (mon coeur eut un raté en reconnaissant Lucifer.) au milieu de la pièce, je m'inclinais respectueusement. Un sourire peu rassurant étira ses lèvres.
-Proserpine. Entre, je t'en prie, dit-il avec un geste en direction de l'intérieur de la pièce.
J'entrai, sur mes gardes. Je fouillai la pièce des yeux n'apercevant pas Tiberius. Soudain, je le vis, étendu à terre, évanoui. Je me précipitai vers lui. Je le secouai, mais n'obtins aucune réaction.
-Tiberius ! Tiberius !
-Ne t'inquiète pas, il va bien. Il ne devrait pas tarder à revenir à lui. Approche, veux-tu.
J'obtempérai, même si j'aurai voulu m'assurer de l'état de Tiberius.
Dans le monde physique, je fus secouée vivement.
-Louna ! Reviens ! Je t'en prie, reviens ! Louna !
J'aurais voulu suivre la voix paniquée de Kingsley, ayant un mauvais pressentiment pour la suite, mais le souvenir était de loin le plus fort que j'ai jamais eu.
Quand je fus face à lui, l'empereur prit mon visage dans une main et plongea son regard dans le mien. Je sentis mes jambes faiblir.
J'avais l'impression qu'il scrutait mon âme.
Je crus discerné un éclat argenté. Un frisson glacé remonta le long de mon échine. Nous entendîmes un faible grognement /gémissement.
Caligula me lâcha, impassible. Je me précipitai à nouveau vers le jeune homme.
-Proserpine ? croassa-t-il.
-Tiberius ! Par Diane, tu vas bien.
Il se redressa et me dévisagea un instant. Son expression se fit légèrement paniquée et son regard se posa alternativement sur l'empereur et moi. Il se releva avec une vitesse que je ne lui connaissais pas et me releva en même temps.
-Proserpine, qu'est-ce que tu fais ici ? Tu ne devrais pas être là !
Je le dévisageai, déboussolée.
-Mais…? tu m'as fait appeler…
-Je ne t'ai jamais…, commença-t-il avant d'être interrompu par son cousin.
-Non, il ne t'a pas fait appeler, c'était moi, dit-il à mon intention avant de se tourner vers Tiberius. Je me suis dit que tu aurais faim. Elle est à toi.
Je me demandais ce qu'il voulait dire quand je croisai le regard de mon meilleur ami. Il était étrange, presque… affamé.
-Louna !
-N'oublie pas que tu peux t'amuser un peu, ajouta Caligula avant de disparaître.
P.O.V. Kingsley :
-Louna ! Reviens ! Je t'en prie, reviens ! Louna !
C'était pas bon, pas bon du tout.
Louna était dans un souvenir depuis peu de temps, et elle semblait déjà sur le point de s'évanouir. Elle était encore plus pâle que la fois où Liam l'avait envoyée à l'hôpital, deux jours plus tôt, quelques gouttes de sueurs perlaient sur son visage et elle tremblait relativement fort. Kingsley savait ce qu'elle avait voulu voir –et ce qu'elle voyait très certainement-.
Le jour où il était devenu un Sang-d'Argent, 2 000 ans plus tôt.
La première fois qu'il l'avait mordue.
Le jour où il avait failli la tuer.
Le jour où il avait cru la tuer.
Kingsley aurait dû anticiper sa propre réaction quand il lui avait montré le souvenir. Il n'aurait même jamais dû lui montrer. Mais il avait besoin de savoir si Proserpine était toujours en vie. Si Louna Dragomir avait été Proserpine. Il aurait dû se douter qu'elle tenterait de savoir pourquoi il avait pleuré.
Il secoua la jeune fille et l'appela, mais n'obtint aucune réaction. Il commença à paniquer en l'entendant gémir de douleur. L'ange déchu attrapa la jeune fille par les épaules et, ne s'y attendant pas, se retrouva dans son propre souvenir…
P.O.V. Louna :
Sans prévenir, Tiberius m'attrapa par les épaules et me plaqua contre lui.
-Qu'est-ce que tu fais ? fis-je d'une voix étouffée.
Il ne répondit pas et je sentis soudain une vive douleur dans le creux de mon épaule. Je gémis. Je tentai de me débattre, mais il me maintenait fermement.
-Tiberius, tu me fais mal. Arrête !
Il gronda, me lâcha et me poussa sur le lit. J'aurais voulu m'enfuir, mais j'eus déjà du mal à me redresser pour m'asseoir sur le lit. Un étrange sourire sur les lèvres, le jeune homme s'accroupit devant moi et me regarda dans les yeux. Yeux qui n'étaient plus bleus.
Ils étaient devenus rouge sang.
La terreur s'empara de moi et je fus prise de violents tremblements. Je reculai le plus possible sur le lit. Tiberius monta également dessus et s'agenouilla devant moi. Je baissai les yeux, trop effrayée pour croiser son regard.
Il m'effleura la joue du bout des doigts.
-Voyons, Proserpine, calme-toi. Tu sais très bien que je ne te ferais jamais de mal...
A son ton rassurant, je crus un instant que le Tiberius Gemellus que je connaissais était revenu, si bien que je relevai les yeux sur lui. Grave erreur. A l'instant où mon regard croisa le sien, je fus emprisonnée par ses yeux. Ils se firent si magnétiques qu'en une seconde plus rien n'exista pour moi en dehors de ses yeux.
J'aurais voulu y plonger, m'y noyer.
-Voilà qui est mieux, fit-il avec un sourire satisfait avant de poursuivre d'une voix envoûtante. Tu ne vas pas crier et tu vas te tenir tranquille. (Il marqua une légère pause, comme s'il réfléchissait.) Tu ne vas même pas avoir mal, bien au contraire.
Il se rapprocha de moi, doucement, tel un prédateur.
Soudain, il me plaqua violemment contre le lit et je sentis mon rythme cardiaque faire une embardée. A ma grande surprise, il m'embrassa. D'abord doucement, ensuite plus fougueusement. J'aurais voulu le repousser, mais j'étais comme paralysée. Ses lèvres descendirent le long de mon cou, pour s'arrêter au même endroit que la fois précédente. Je voulus crier, appeler à l'aide, mais les mots restèrent coincés dans ma gorge. Il plongea brutalement ses crocs dans ma gorge. Même si je m'y étais attendue, j'eus un léger hoquet de surprise. Mais, étrangement, cette fois-ci, je n'eus pas mal. Lorsqu'il commença à aspirer le sang, une vague d'euphorie me gagna et j'étais presque certaine qu'un sourire béat avait pris place sur mes lèvres.
Inconsciente du fait qu'il soit en train de me tuer, je glissai doucement dans le néant...
Temps Présent :
En revenant dans le présent, un énorme poids dans la poitrine, la première chose que je remarquais fût Kingsley qui avait les mains autour de mes épaules. Je me dégageais en faisant un bond pour me retrouver à l'autre bout de la pièce. Une vague de fatigue me percuta. Kingsley dût sentir mon mouvement car il cligna des yeux, signe qu'il était revenu à lui.
-Louna ? fit-il en se levant.
-Ne t'approche pas, grognai-je.
-Louna, s'il-te-plaît...
Il fit un pas vers moi ; j'en fis un en arrière.
-J'ai dit : ne t'approche pas de moi, répétai-je.
J'avais voulu être ferme, mais j'avais parfaitement remarqué que ma voix avait tremblé. Je sentis la boule dans ma poitrine s'agrandir et les larmes monter. Kingsley ouvrit la bouche comme pour parler, mais je ne lui en laissais pas le temps.
-J'avais confiance en toi..., murmurai-je.
-Louna, je...
-... et tu as essayé de me tuer, continuai-je.
Mes jambes lâchèrent et je m'affaissais. J'étais peut-être revenue dans le présent, mais j'étais toujours Proserpine. Et revoir Tiberius, celui qui avait tenté de me tuer, devant moi, deux milles ans plus tard... J'éclatai en sanglot. Je ne remarquai pas que Kingsley avait bougé avant qu'il ne me serre contre lui.
-Lâche-moi, fis-je.
J'avais voulu parler d'un ton ferme, mais ma voix était si brisée que ce que je venais de dire ressemblait d'avantage à une demande qu'à un ordre. Néanmoins, Kingsley obtempéra. Usant de ma vitesse vampirique, je me levai, enfilai les premiers vêtements qui me tombèrent sous la main, et sortis précipitamment.
Toujours en courant, je traversai le hall de l'hôtel et sortis dans l'air frais de la nuit. Je ne savais pas vraiment où je voulais aller, mais tout ce que je savais était que je voulais m'éloigner le plus possible de Kingsley. Ma vision se brouilla quelques instants si bien que je trébuchai. Je me relevai et fis le tour de la bâtisse en marchant normalement cette fois. Une vague de vertiges me força à m'arrêter et à m'appuyer contre le mur. Un voile noir passa dans mon champ de vision ; je fermai les yeux un instant. Je rouvris les yeux...pour voir trouble. Ma vue se stabilisa légèrement et je me remis en marche, longeant le mur au cas où j'aurais de nouveau vertiges et inspirant de grandes goulées d'aire en songeant que ce n'était vraiment pas le moment de m'évanouir.
N'arrivant plus à marcher droit, je me laissai glisser contre le mur. De nouveaux sanglots firent surface. Kingsley et moi avions travaillé ensemble pendant près d'un millénaire, comment cela se faisait-il qu'aucun de nous ne s'en soit rappeler ? A moins qu'il s'en souvienne et qu'il ne m'ait jamais rien dit ? Mais ce n'était pas la question qui me taraudait le plus, celle-ci était plutôt... :
Pourquoi suis-je toujours en vie ?
Tout le monde savait que la première Caerimonia était le moment où un vampire risquait le plus de vider complètement sa victime. Seulement Kingsley était un Sang-d'Argent. Et ceux-ci avaient plutôt tendance à toujours tuer leurs victimes... Alors comment se faisait-il que j'étais toujours en vie deux milles ans plus tard ? D'autant plus que je connaissais la règle de la première victime. Cela n'avait vraiment aucun sens. Je voulus fouiller mes souvenirs, pour savoir ce qu'il s'était passé quand je m'étais réveillée...
...seulement, j'avais trop usé de la Mémoire du Sang cette nuit et, épuisée, je sombrai.
P.O.V. Kingsley :
Kingsley revînt à lui en sentant un mouvement brusque. Il cligna des yeux une seconde avant d'apercevoir Louna à l'autre bout de la pièce, les larmes aux yeux. Il fut surpris de constater qu'elle tenait encore debout, après deux souvenirs aussi lointain en aussi peu de temps, elle devait être épuisée.
Il remarqua que son regard avait changé. Oui, il discernait clairement de la peur et peut-être même de la colère au fond de ses yeux aux couleurs de la nuit, mais ce n'était pas ça. Il comprit soudain ce qu'il voyait.
Ou plutôt ce qu'il ne voyait pas.
La lueur de défi, l'étincelle de malice, le reflet d'ombre de ceux qui avait connu la mort, toutes ces choses qui animaient regard de Louna avaient disparues, remplacées par un éclat d'insouciance qu'il n'avait plus jamais vu dans ses yeux depuis la mort de ses parents.
Il se leva.
-Louna ?
-Ne t'approche pas, grogna-t-elle.
En observant attentivement Louna, il remarqua que ses yeux avaient pris une légère teinte noisette.
Et c'est là qu'il comprit.
Ils étaient peut-être revenu dans le présent, la jeune fille devant lui avait peut-être le corps de Louna Dragomir, mais ce n'était pas elle. Il était face à Proserpine.
-Louna, s'il-te-plaît...
Kingsley fit un pas vers elle ce qui la fit reculer.
-J'ai dit : ne t'approche pas de moi, siffla-t-elle d'une voix tremblante.
Il voulut lui expliquer, lui dire qu'il n'était pas maître de lui-même, mais la Venator ne lui en donna pas l'occasion.
-J'avais confiance en toi..., murmura-t-elle.
La tristesse dans sa voix lui brisa le coeur.
-Louna, je...
-...et tu as essayé de me tuer, acheva-t-elle.
Elle s'effondra et éclata en sanglot. Son corps agissant sans le consulter, il alla près de Louna, se mit à sa hauteur et la prit dans ses bras. C'était idiot, il le savait. Si elle lui avait demandé de ne pas s'approcher d'elle, il serait étonnant qu'elle accepte ça. Mais que voulez-vous, il ne réfléchissait plus très clairement.
-Lâche-moi, dit-elle comme il s'y attendait.
Il s'exécuta. Elle se leva, se rhabilla (Il prit conscience à ce moment qu'ils étaient nus tout les deux.) et sortit de la chambre en usant de sa vitesse vampirique.
Kingsley resta là, pantelant, se demandant comment réagir. Une partie de lui savait très bien qu'il devrait la laisser tranquille, lui laisser le temps de réfléchir et de remettre ses idées en place. Une autre partie de lui voulait aller la rassurer, lui dire qu'il ne lui ferait jamais de mal, mais elle ne voudrait pas le voir. La partie la plus raisonnable de lui savait qu'il devrait endosser son rôle d'officier supérieur, et aller voir si elle allait bien physiquement. Ou même simplement aller la chercher si elle s'était évanouie. Après tout, ce soir, elle avait perdu pas mal de sang, elle avait revécu deux souvenirs d'il y a 2000 ans, et après elle avait encore utilisé sa vitesse vampirique. Il ne comprenait vraiment pas comment elle avait réussi à réaliser le dernier point.
Il soupira en se disant qu'elle était assez grande pour se débrouiller, et partit se chercher une nouvelle chambre.
Coucou les gens,
Je sais, je sais, ce chapitre est vachement court comparé aux derniers que j'ai fait...mais ce n'est que la première partie !
Sinon vous en avez pensé quoi ?
Bizz,
A la prochaine
PS : pour ceux qui suivent "Une Argent à la Maison de la Nuit" le chapitre 5 est enfin en ligne.
