Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, moi quoi, pour tout ce qui se passe en 96 et Eléa, ma poulette, pour tout ce qui se passe en 77.
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par ma poulette... JK Rowling, tout est à elle...
Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.
Rating : PG on va dire pour ce chapitre mais ça va pas durer...
Couples : Let's read and see !!
Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...
Note d'Eléa :
Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie
aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de
m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour
les fous rires et merci pour Eléa... love you
too
Remerciements :
un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à
Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
Bloody Crow : Rowy : Merci beaucoup d'être toujours là Bloody ;)
Mione : Rowy : Ne t'attache pas trop à Draco, lol… C'est pas bien de s'attacher à Draco evil C'est joliment dit des « magiciennes de l'écriture », je vais le garder ce compliment Merci beaucoup en tout cas.
Erylis : Rowy : looooool Là voilà la suite, toute bonne chose est une récompense pour celui qui sait attendre vieux proverbe de mon inconscient
Alexandra : Rowy : lol Oui, tu as posté deux fois mais c'est mieux que pas du tout !!! Ah, tu as trouvé des indications sur la fin ? Et lesquelles ??? Et merci pour le courage, il nous en faut en ce moment ! Bisous.
Maeva : Rowy : Réponse en retard mais la rentrée a été bonne, merci :-D Voici la suite !!!
Lila : Rowy : Ah lala, ces impatients… La voilà la suite, on ne panique pas !
Stellmaria : Rowy : She's back !!!! Au moins, quand tu es de retour, tu ne passes pas inaperçue avec des looooooooooooongues reviews, ma drogue ! Bizarre, ce bug de bouton mais bref, on s'en fout, tu es là !!! Et personne ne t'a piqué ton titre de revieweuse en chef !
Alors, non, Draco n'est pas né le 1er août, bien tenté… Tu as le mois, c'est déjà ça !
Biiiiiiieeeeen pour la question 3 !! Pour la question 2, je ne t'en veux pas, même moi je m'en souvenais pas.
roulement de tambour
Vu que tu es la reine des reviews, tu as le droit et le privilège de poser une question. Oui, oui, tu ne rêves pas, remets-toi !
Voldemoresque, lol, j'aime cette expression aussi ! Hum, tu soulèves l'hypothèse d'une happy end… Why not… y réfléchit
Oh lala, tous ces compliments, je sais plus où me mettre moi…
Merci.
Rowy : Bon, où en sommes-nous dans la progression de cette fabuleuse fic ? Vous vous apprêtez à lire le chapitre 28. Ah, c'est le chapitre de Noël !!! Je l'aime beaucoup ce chapitre… Je viens de finir l'écriture du chapitre 32 qui s'intitule « Le Rituel » mais il reste encore les parties du passé à terminer, hein ma poulette ?! lol Ce chapitre se termine par une scène difficile, j'ai eu du mal à l'écrire, pfiou… Il s'agit du mois de mars 1998 mais le chapitre 33 sera également entièrement dédié au mois de mars 98, oui il s'en passe des choses…
Eléa : désolée de ne pas avoir répondu aux reviews. Je voulais quand même vous remercier pour nous suivre depuis si longtemps et de nous soutenir. Le retard qu'on a pris est en parti ma faute, j'ai eu une « panne » artistique pendant quelques mois, mais je recommencé à écrire il y a quelques jours...J'ai écrit quelques pages de ce qui est pour moi le mois de mars 1980 et j'avais écrit une certaine scène de Mars 98...Le passé est de plus en plus difficile à écrire, mais je ne dirais pas pourquoi, vous comprendrez par vous-même.
Stellmaria : Je t'avais envoyé un mail par le biais de je ne sais pas si tu l'as eu...merci d'être revenue !! et bien sûr tu as le droit de poser une question.
Si vous cliquez sur le lien de notre profil, vous arrivez sur notre forum, en bas il y a une section "créations graphiques" entrez dedans et vous pourrez découvrir quesques créations inspirées par cette fic ;)
Sinon...dans CE chapitre il y a quelque chose que vous attendez tous, et j'espère que vous ne serez pas déçus...
Bonne lecture !!!
Résumé du chapitre 27 :
1978 : Voldemort offre un cadeau aussi somptueux qu'utile à Eléa. Pour conserver sa couverture, Eléa intime à Lucius et Bellatrix de la blesser, ce qu'ils font en même temps, mettant KO la jeune femme. Voldemort révèle enfin à Eléa sa mission : avoir un enfant de James Potter. Dévastée, la jeune femme accepte tout en pleurant la triste nouvelle qui veut que Narcissa soit enceinte de Lucius.
1997 : Eléa fait face aux répercutions de l'attaque manquée du manoir de Little Hangleton pendant que les Mangemorts trouvent un nouveau QG en plein cœur de Londres. Eléa s'y rend, affrontant les menaces du Maître face à son comportement inacceptable et la punition de Lucius. Ron se pose des questions quant au comportement plutôt étrange de Pansy envers lui pendant qu'Hermione et Harry ont une conversation sérieuse sur le fait qu'Harry déteste Eléa. Eléa fête dignement l'anniversaire de Lucius. Harry fait la promesse à Ginny de l'épouser dès la fin de la guerre.
Chapitre 28 : Renaissance
Change is the constant, the signal for rebirth, the egg of the phoenix – Christina Baldwin
Poudlard, dimanche 22 décembre 1997
Hermione tapota sur le rebord de la fenêtre avec sa baguette magique et esquissa un sourire satisfait quand des miettes de brioche apparurent. Elle les dispersa sur la margelle et se recula doucement. Elle attendit patiemment et ils arrivèrent enfin ; d'abord en petit nombre, puis de plus en plus nombreux. Elle s'émerveilla des moineaux picorant la brioche au beurre et poussa un juron étouffé en attrapant au vol Pattenrond qui s'était élancé vers des proies faciles et sans défense. Elle le réprimanda à mi-voix et le tint prisonnier dans ses bras le temps que les volatiles finissent leur repas. Elle entendit piailler ses nouveaux amis qui s'éloignèrent le ventre plein et elle alla refermer la fenêtre en frissonnant. Elle enfila un gros pull en laine blanc cassé et descendit jusqu'à la salle commune.
Harry leva les yeux de son livre et fit signe à Hermione de le rejoindre sur le canapé. Elle ne se fit pas prier et s'affala en soupirant à côté de son frère.
« Tu t'ennuies ? Tu veux qu'on fasse quelque chose ? Un jeu ? »
« Non… »
« Non à quelle question ? » s'amusa Harry en voyant la mine d'Hermione.
« Je n'ai pas envie de jouer à quoi que ce soit… »
« Mais tu t'ennuies ! »
Elle resta silencieuse un instant avant de s'asseoir en tailleur et froncer les sourcils en regardant le Gryffondor.
« Harry, j'ai pensé à un truc… » commença Hermione et Harry posa son livre par terre, se retenant pour ne pas lui envoyer à nouveau un commentaire ironique.
« Est-ce que tu te rends compte du drame si on était amoureux l'un de l'autre ? Enfin, je veux dire si on était tombés amoureux il y a plus d'un an… »
Harry cligna plusieurs fois des yeux avant de lever un sourcil.
« Tu as quelque chose à m'avouer ? »
« Non ! » Hermione leva les yeux au ciel avant d'étouffer un petit rire. « Laisse tomber… Tu as raison, je m'ennuie… »
« Ben, ça a sûrement dû arriver j'imagine ce genre de truc… » répondit Harry après réflexion.
Ce fut au tour d'Hermione de faire la grimace.
« Harry ! M'enfin, tu imagines ?! Je viens de penser à Ron et Ginny et… je préfère chasser cette pensée de mon esprit… »
« Non, mais je veux dire, il y a forcément des frères et des sœurs qui ont dû ignorer leur lien de parenté et puis voilà quoi… »
Ils restèrent à nouveau silencieux et Hermione reprit, plus doucement :
« Qu'est-ce qu'on va faire pour Noël, Harry ? Je n'ai pas de nouvelles d'Eléa et je crois que passer Noël avec les Mangemorts est de toute façon exclu… Le Professeur Dumbledore n'a rien dit non plus et… »
Sa voix ne fut plus qu'un murmure et Harry se redressa dans le canapé.
« C'est ça qui t'inquiète ? »
Elle acquiesça tristement et il la prit par les épaules, l'embrassant sur la tête.
« Au pire, on sera tous les deux et ce sera super ! Regarde, on s'installera là devant la cheminée, sur la petite table. On demandera à Dobby de s'arranger pour nous faire préparer les trucs que l'on préfère, puis on ouvrira nos cadeaux sans attendre le lendemain matin et comme chaque année, tu auras droit à un super bouquin que j'ai déjà commandé à Pré-au-Lard depuis plus d'un mois ! » s'exclama Harry avec entrain.
Hermione ne put s'empêcher de rire devant le numéro de son frère et elle se rapprocha pour se blottir contre sa poitrine.
« Je t'aime Harry, heureusement que tu es là… »
« Tu es tout ce qui me reste Hermy, je ne veux pas passer un seul Noël loin de toi, » répondit Harry en déposant à nouveau un baiser sur sa tête.
« Tu m'as donné envie de lire ! » s'exclama finalement Hermione en se levant.
« Tout te donne envie de lire Hermy… »
« Je vais à la bibliothèque chercher un bouquin ! »
« Tu veux que je vienne avec toi ? »
« Non, ça va, j'en ai pas pour longtemps, » dit-elle en s'éloignant vers la sortie.
« C'est toujours ce que tu dis et après tu y restes des heures ! » cria Harry alors qu'Hermione sortait en riant par le portrait de la Grosse Dame.
Elle descendit jusqu'au rez-de-chaussée lentement, perdue dans ses pensées et repensant au fait qu'elle n'avait pas osé insister auprès d'Harry sur sa peur terrible des fêtes qui arrivaient à grands pas.
Elle prit la direction de la bibliothèque et s'arrêta soudainement en reconnaissant une silhouette familière. Elle songea à faire demi-tour et éviter un face à face inutile mais il était inévitable et fuir ne paraîtrait pas être une chose intelligente et civilisée à faire. Elle soupira en se préparant psychologiquement mais ses épaules s'affaissèrent alors qu'elle recommença à avancer plus lentement.
« Salut, » déclara Draco tout sourire, les mains derrière le dos.
« Salut… » répondit sans grand enthousiasme Hermione en regardant ses pieds.
« Je te cherchais justement, enfin je voulais te voir… »
« Ah ? » Elle leva la tête pour le regarder et il lui tendit un paquet emballé maladroitement.
« C'est un cadeau pour toi, » expliqua-t-il toujours un franc sourire plaqué sur son visage. Elle remarqua ses cheveux qui avaient trop poussés et qui lui tombaient sur les yeux et fut tentée de sortir sa baguette magique, comme elle avait l'habitude de le faire pour Harry, Ron et Neville.
« Je n'en veux pas… » marmonna-t-elle en lui jetant un regard en biais. « Tu n'as aucune raison de me faire un cadeau, je n'en veux pas… »
« C'est Noël, c'est plutôt une bonne raison, non ? Allez Hermione, c'est un gage d'amitié, » insista-t-il.
Elle fronça les sourcils et reconnut le regard qu'il avait comme il voulait vraiment quelque chose et elle sut qu'elle ne pourrait pas lui faire lâcher le morceau si facilement.
« Tu ne sens pas comme un air de déjà vu là ? Je ne veux pas repasser par là, par tout ce jeu de séduction qui ne mènera cette fois nulle part, c'est non ! »
Son sourire s'effaça de son visage et elle devina qu'il était à deux doigts de lui envoyer le paquet à la figure en lui disant d'aller se faire voir. Il sembla se maîtriser et lui tendit à nouveau le cadeau avec des yeux suppliants.
« Ouvre-le, s'il te plaît… Je l'ai eu par le biais d'un catalogue moldu, j'ai mis deux jours à essayer de remplir un bon de commande compliqué, je n'avais en plus pas la bonne devise et j'ai fini par aller demander de l'aide au Professeur Parker… »
Il savait vraiment trouver les mots justes et l'hésitation manifeste de la jeune sorcière lui redonna un timide sourire au coin des lèvres.
Elle prit le paquet en soupirant et arracha le papier d'un geste sec avant de marquer un temps d'arrêt en tenant dans ses mains son présent plutôt inattendu.
« Un ours en peluche ??! Je n'ai plus cinq ans Draco ! » s'exclama-t-elle en riant avant que son visage ne s'assombrisse. « Je suis désolée mais je ne vais pas le garder… »
« Tu en fais ce que tu veux, il est à toi… Si tu estimes qu'il sera plus heureux dans les bras de quelqu'un d'autre, je te fais confiance ! »
Derrière son air enjoué et détaché, elle ne pouvait pas se douter à quel point il était brisé à l'intérieur et il réussissait plutôt bien à dissimuler sa profonde déception.
« Je n'attends rien en retour, je voulais juste te faire un petit cadeau parce que c'est Noël et j'ai pensé que tu aimerais un ami supplémentaire… » poursuivit-il presque avec gravité. « Passe de bonnes vacances et de bonnes fêtes, je pars rejoindre ma mère en Italie pour toutes les vacances là… »
« Ah ? C'est super, bonnes vacances à toi aussi alors… » répondit-elle et il hocha la tête avant de s'éloigner en direction du Grand Hall. « Et merci… » ajouta-t-elle à elle-même en pétrissant le ventre rond de l'ours marron clair.
« Qu'est-ce qu'il voulait encore l'autre fouine ? »
Hermione sursauta et se tourna brusquement vers la voix derrière elle.
« Harry ! Tu m'as fait peur ! Tu aurais pu siffler en arrivant ou faire du bruit en marchant, ou je ne sais pas ! »
« C'est quoi ça ? » demanda-t-il avec un signe de tête et un regard sombre qu'elle n'apprécia pas.
« Un ours en peluche. Pourquoi, ça ressemble à quoi ? » aboya Hermione malgré elle sur un ton agacé.
« Un cadeau de Malfoy ?! Ca va vraiment pas mieux lui ! »
« Je ne vais pas garder ce truc, qu'est-ce que tu crois ??! Et puis qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-elle avec un regard suspicieux. « Tu me surveilles ? »
« Non, j'allais juste chercher quelque chose à manger, » répondit-il en levant les yeux au ciel.
« Je remonte… » souffla Hermione tournant les talons et se sentant tout à coup lasse.
« Je croyais que tu allais à la bibliothèque ? »
« Oui et ben, je n'ai plus envie de lire… »
« Tu veux que je te monte quelque chose à manger ? » proposa Harry de bon cœur.
« Non, je n'ai pas faim, merci… » répondit-elle en prenant le chemin du retour vers la Tour Gryffondor.
Harry la regarda s'éloigner en haussant les épaules avant de prendre la direction des cuisines.
Hermione s'enferma dans sa chambre et Pattenrond s'étira en bâillant, avec un miaulement de bienvenu. Elle jeta l'ours en peluche sur son lit d'exaspération et sortit sa baguette magique de sa poche, la tapotant nerveusement dans le creux de sa main. Elle la pointa en direction de l'ours et sa vision se rétrécit pour se focaliser sur sa cible. Après quelques secondes de concentration, sa main se mit à trembler et elle l'abaissa en soupirant.
Elle grimpa sur son lit et se coucha à côté de la peluche, l'observant d'un œil. Elle l'approcha en étendant un bras et le prit finalement dans ses bras, en le collant contre sa poitrine.
« Comment crois-tu qu'on devrait l'appeler ? » demanda-t-elle soudainement à son gros chat orange qui ronronna en se rapprochant de sa maîtresse.
Jeudi 13 décembre 1979
Eléa fronça les sourcils et ouvrit un œil ébloui par le faible soleil d'hiver. Elle soupira en se frottant les yeux et regarda autour d'elle tristement. Elle était seule... elle aurait aimé que Lucius ne la prenne pas au sérieux et la rejoigne dans la nuit, s'excusant et la réconfortant. Ils auraient ensuite fêté son anniversaire dignement, elle lui aurait offert le cadeau qu'elle avait fait fabriquer spécialement pour lui, il l'aurait remerciée en lui faisant l'amour passionnément... Elle eut la nausée... Lucius n'était pas là, il allait être père et elle... Elle secoua la tête de dégoût en pensant à la journée de la veille. Elle prit une longue douche, comme pour se débarrasser de la honte et du chagrin qu'elle éprouvait, effacer les traces des mains de son Maître sur elle, qu'elle pouvait encore sentir malgré la distance.
Elle réfléchit longuement à une solution, mais n'en trouva finalement pas, elle s'assit confortablement dans son canapé, accompagnée d'une bouteille de vodka et d'un verre en cristal qu'elle avait brisé contre un mur il y a quelques jours... La première gorgée lui parut glaciale et très forte, elle toussa avant d'en prendre une deuxième, puis une autre. Elle ne sortit de cet état que lorsqu'elle entendit frapper des coups à sa porte avec insistance. Elle ouvrit la porte pour la refermer aussitôt, mais l'homme insista. Elle le laissa entrer et alla se rasseoir sans lui prêter aucune attention. Il regarda la pièce en désordre et soupira en voyant la bouteille pratiquement vide devant son amie.
« Eléa... »
« Qu'est-ce que tu veux Sev ? » coupa-t-elle froidement.
« Savoir comment tu vas... »
« D'après toi ? Comment veux-tu que j'aille ?? » dit-elle en le regardant sombrement.
Il lui enleva son verre des mains et s'assit en face d'elle sur la grande table de bois.
« L'alcool ne t'aidera pas... »
« Tu as raison, rien ne peut m'aider... »
« Moi je peux... » murmura-t-il avec douceur.
« Va te faire foutre... Tu aurais pu m'aider en me le disant mais tu n'as rien dit ! » cracha-t-elle. « Tu as préféré me mentir, t'es aussi lâche que lui... »
« Ce n'était pas à moi de te le dire, Eléa... »
« Tu aurais dû... L'avoir appris par Bellatrix, tu crois que c'est mieux ? » demanda-t-elle, les larmes aux yeux.
« Je suis désolé... » se contenta-t-il de dire en lui caressant le visage.
Elle laissa quelques larmes s'échapper de ses grands yeux bleus, puis elle posa sa tête contre la poitrine de son ami, qui la prit dans ses bras. Elle pleura à chaudes larmes et il l'écouta, lui murmurant des mots apaisants à l'oreille. Il partit en début de soirée, elle voulait rester seule malgré ses protestations mais elle lui assura qu'elle allait bien, ce qui était de toute évidence faux.
Elle prit une plume et un parchemin, mais elle n'envoya aucune lettre, ni à Lucius, ni à son père. Elle alla se coucher tard dans la nuit après avoir entamé une deuxième bouteille, elle fit disparaître les nombreuses boules de parchemin qui gisaient sur le sol et rejoignit son lit pour s'y écrouler.
Elle se réveilla quelques heures plus tard, tirée de ses rêves obscurs par des bruits de verre. Elle se redressa dans son lit et regarda la petite pendule sur la table de chevet de son amant, il était presque midi. Son cœur bondit encore dans sa poitrine lorsqu'un autre bruit retentit dans le salon, elle sauta du lit, un petit sourire aux lèvres.
« Lucius ? » appela-t-elle pleine d'espoir.
« Ce n'est que moi, » répondit la jeune femme brune qui se tenait devant elle.
« Eilane... » soupira Eléa.
« Merci de l'accueil ! » s'indigna la Vélane.
« Désolée, j'ai juste cru... »
« Je sais, tu n'as pas à t'excuser... » Elle regarda autour d'elle. « J'ai fait un peu de ménage...Je te savais amatrice de Vodka, mais à ce point... »
« C'était ça ou m'ouvrir les veines... » dit Eléa d'un air mauvais. « Je n'ai pas eu le courage... »
Eilane la prit par la main et la conduisit à la salle de bain.
« Tu vas prendre un bain chaud et je te prépare à manger, ok ? »
« Je n'ai pas faim... »
« On verra ça... » chantonna-t-elle en quittant la pièce, sans voir le regard blasé d'Eléa qui l'imita en faisant la grimace.
Elle sortit une heure plus tard, habillée et plus détendue. Eilane l'attendait sur le canapé, devant quelques plats fumants, qui ouvrirent l'appétit de la Mangemort malgré elle.
Elle mangea finalement quelques pâtes et du poulet en fixant sombrement la femme qui se tenait devant elle.
« Qu'est-ce que tu veux au juste ? » demanda-t-elle en repoussant son assiette presque vide.
« Te parler de la décision que tu dois prendre. »
« Quelle décision ? » dit Eléa avec un rire moqueur. « Tu sais très bien que je n'ai pas le choix... »
« C'est vrai, tu ne l'as pas... Mais si tu acceptes de remplir ta mission, Il te prendra sous sa protection, toi et ton enfant ne manquerez de rien, vous aurez tout ce que vous voudrez... » Eléa détourna le regard mais Eilane lui saisit la main. « Lucius déclarera l'enfant à son nom, ce sera le vôtre... »
« Ce n'est pas pareil… » murmura Eléa avec tristesse.
« Certes, mais tu auras un bébé, tu vas pouvoir fonder la famille dont tu rêves depuis toujours... Je peux te jurer que Lucius va s'en occuper, nous en avons parlé, il le chérira autant si ce n'est plus que son enfant légitime, parce qu'il sera de toi... »
« Tu en es sûre ? » demanda Eléa avec inquiétude.
« Je te le jure ! »
« Je me demande quelle valeur peut avoir la parole de la maîtresse de Lord Voldemort... » répondit Eléa avec provocation.
« A toi de le décider, » répondit fermement la Vélane aux yeux de bronze.
Eléa resta pensive quelques minutes, pensant à son avenir déjà tout tracé par le Seigneur des Ténèbres. Elle avait toujours pensé qu'une divinité, qu'un être supérieur, tirait les ficelles de la vie, mais elle n'avait jamais réalisé que pour elle, ce n'était pas un Dieu, mais le mal qui avait écrit le livre de sa vie. Elle regarda Eilane dans les yeux, avant de demander avec crainte.
« Je l'élèverai moi-même ? Je veux dire... »
« Ce sera ton enfant Eléa, tu l'éduqueras, mais Il veut qu'il soit élevé selon notre idéologie... »
« Bien sûr, je ne vois pas comment l'élever autrement. » Elle haussa les épaules. « Je veux en être certaine Eilane, l'enfant vivra avec moi, chez moi... »
« Oui, mais tu devras le Lui présenter souvent... » répondit sincèrement Eilane.
« Dis-Lui que je suis d'accord... Je le ferai, » se résigna Eléa.
« Il te recevra dans la soirée... » ajouta Eilane en se levant.
« Eilane ? » demanda Eléa, alors que la Vélane atteignit la porte. Elle se retourna et regarda Eléa.
« Pourquoi il ne te l'a pas demandé, je veux dire, Il aurait pu l'élever comme son propre fils... »
Eilane parut troublée par les paroles de la Mangemort mais se reprit rapidement.
« Je te suggère de ne jamais plus reposer ce genre de questions... » répondit-elle froidement.
Londres, mardi 24 décembre 1997, 22h53
« Lucius… »
Eléa se leva soudainement de la petite table ronde et vacilla, se rattrapant de justesse à la nappe qu'elle entraîna dans son déséquilibre. Elle se retrouva assise par terre, la nappe et son contenu qu'elle avait entraînés dans sa chute, sur les genoux.
« Qu'est-ce que tu allais dire amour ? »
« Je crois que j'ai trop bu… »
Lucius étouffa un petit rire et se leva à son tour pour aider Eléa à se relever. Il lui attrapa les deux mains qu'elle lui tendait et la remit sur pieds avant d'écarter ses cheveux de son visage d'un geste tendre. Il descendit sa main sur son décolleté alors qu'Eléa lui retourna un sourire aguicheur.
« Elle est jolie cette robe chaton, » fit-il remarquer en laissant son regard se promener sur le corps de sa maîtresse.
« Je savais qu'elle t'aurait plu, » répondit-elle embrassant doucement Lucius.
D'une couleur gris perle, la longue robe à manches courtes avait fait loucher Lucius sur le décolleté plongeant qu'elle arborait, avant que le Mangemort ne passe une bonne demi-heure à essayer de déchiffrer les inscriptions en noir sur tout le bas du vêtement. Eléa avait laissé ses cheveux défaits qu'elle avait lissés avant de dessiner une raie en zig zag au milieu.
« Je vais m'occuper du bazar que tu as mis, » soupira Lucius en sortant sa baguette magique.
« Et moi, je vais aux toilettes… » décida Eléa se dirigeant d'un pas malhabile vers la porte menant à la salle de bain.
Quand Eléa refit son apparition dans la chambre, Lucius était en train de remettre une bûche dans l'âtre. Il se frotta les mains et se retourna avant de suspendre son geste.
« Joli bonnet, » fit-il remarquer avec amusement en levant un sourcil.
« Tu as bien fait de remettre du bois dans la cheminée, » répondit-elle en faisant un pas dans sa direction.
« Je vois, » acquiesça-t-il en se rapprochant à son tour.
Eléa s'était dévêtue et ne portait plus que ses sous-vêtements rouges que Lucius appréciait tout particulièrement. Et pour rester dans l'esprit de la soirée, elle avait mis sur sa tête un bonnet rouge de Noël dont Lucius était pratiquement sûr qu'elle avait modifié magiquement la couleur pour être identique à ses dessous affriolants.
Il combla l'infime espace les séparant et elle jeta ses bras autour de son cou alors qu'ils s'embrassèrent fougueusement. Elle batailla avec sa chemise qu'elle réussit à lui enlever malgré la difficulté de coordonner ses mouvements alors qu'il avait la main dans sa culotte. Quand elle commença à s'intéresser à son entrejambe et dégrafer son pantalon, il poussa un grognement étouffé dans sa bouche et la mena jusqu'à la table qu'il avait à nouveau joliment dressée. D'un revers de la main, il la débarrassa de son contenu pour y faire asseoir Eléa. Il fit voler son soutien gorge à travers la pièce, suivi de près par sa culotte et il libéra rapidement son érection prisonnière qu'il planta en sa maîtresse qui agrippa ses épaules en poussant un gémissement de satisfaction.
L'excitation et l'alcool aidant, Lucius ne tarda pas à faire crier sa partenaire avant de se vider en elle dans un dernier coup de rein puissant.
« Joyeux Noël amour, » dit-il avec un sourire en coin.
« Y'a pas de dessert ? » demanda Eléa sur un air déçu qui fit sourire Lucius.
Il la porta jusqu'au lit et dégustèrent finalement une bûche glacée au chocolat accompagnée de champagne qui fit rire davantage Eléa qui avait les yeux aussi pétillants que le Dom Pérignon. Leur nuit de Noël se poursuivit jusqu'au petit matin durant lequel Eléa fut certaine d'avoir aperçu le Père Noël par la fenêtre.
Poudlard, mercredi 25 décembre 1997
Hermione descendit jusqu'à la salle commune en chemise de nuit sur la pointe des pieds et soupira quand elle se rendit compte qu'elle était vide. Elle grommela en gagnant l'aile du dortoir des garçons et frappa à la chambre d'Harry d'un geste énergique. Quand elle fut invitée à entrer, elle s'exécuta et se posta en face du lit d'Harry avec les mains sur les hanches.
« Quoi ? » lui demanda Harry en se frottant des yeux encore ensommeillés.
« Rien ! Joyeux Noël Harry ! » répondit-elle avec entrain.
« Joyeux Noël à toi aussi… Et maintenant quoi ? » insista le Gryffondor en se redressant dans son lit.
« Il est dix heures Harry, tu as dit qu'on irait à Grimmauld Place… »
« Pas à l'aube ! » râla-t-il en remontant la couette jusqu'à son cou.
« Il est dix heures, tu appelles ça l'aube ??! »
« Ron et Ginny ont écrit ? » demanda-t-il changeant de sujet de conversation.
« Non… »
« Oh… » Il parut déçu avant de lever un sourcil en regardant sa sœur. « Tu as déjà fini le livre que je t'ai offert, n'est-ce pas ? »
« Non, » mentit Hermione avec un petit sourire avant de mettre ses bras autour d'elle. « J'ai froid… »
Harry leva les yeux au ciel et se poussa un peu avant de soulever la couette, l'invitant à le rejoindre. Elle ne se fit pas prier et accourut avec un grand sourire, plongeant dans le lit de son frère qui la prit dans ses bras dans un geste tendre.
« Dumbledore est d'accord au fait Hermy ? » demanda Harry après quelques secondes.
« Ben oui ! Sinon, je ne t'en aurais pas parlé. Tu ne veux pas y aller ? » ajouta-t-elle en voyant le regard éteint d'Harry.
« Si, si… »
« Harry, Ginny ne t'a pas oublié… Ils vont écrire, ne t'inquiète pas, » dit-elle sur un ton réconfortant.
« Je sais, elle me manque c'est tout… » sourit Harry en embrassant sa sœur sur la tête.
« Eléa me manque aussi, » avoua enfin Hermione en jouant avec les boutons du pyjama d'Harry.
« Pas de nouvelles ? »
Elle secoua tristement la tête et il la serra plus fort dans ses bras alors qu'ils se rallongèrent, s'enfonçant au fond du lit en soupirant de concert.
Hermione ferma les yeux et elle déconnecta de la réalité durant quelques instants qui lui parurent une éternité. Ses pensées étaient toutes dirigées vers Eléa. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle n'avait eu aucune nouvelles de sa propre mère biologique le jour de Noël. Elle avait pensé qu'elle n'y était peut-être pour rien et avait songé avec effroi à la possibilité qu'Eléa pouvait avoir des problèmes avec Voldemort. Puis, la colère et l'amertume avaient repris le dessus et les visages souriants de ses parents adoptifs lui apparurent. Elle avait oublié d'écrire…
« Hermy ! Hermy ! »
Hermione ouvrit les yeux et vit enfin le visage soucieux d'Harry penché vers elle.
« Ca va mieux ? » demanda-t-il avec inquiétude.
« Je crois que je me suis endormie… » souffla-t-elle en se rendant compte que des larmes avaient roulé sur ses joues.
« Tu as crié Hermy… »
« Hein ? C'est vrai ? Qu'est-ce que j'ai dit ? »
« Tu as parlé d'une lettre à envoyer et tu as appelé ta mère, » répondit-il avec gravité.
« Eléa ? »
« Je ne crois pas… Parce que tu as mentionné ton père aussi. »
Elle sentit davantage de larmes lui monter aux yeux et elle secoua la tête en essayant de focaliser son esprit sur autre chose.
« On y va Harry s'il te plaît ? Allons à Grimmauld Place, maintenant… » proposa-t-elle en se levant.
« Ok, on se retrouve dans une heure dans la salle commune ? »
« Ouais… »
« Ca va aller Hermy ? » demanda-t-il en se levant à son tour et ne quittant pas la frêle silhouette de sa sœur des yeux.
« Oui, ça ira Harry, j'ai juste envie de changer d'air… »
Il acquiesça et alla ouvrir les rideaux. Un sourire s'étira sur ses lèvres et il se retourna pour faire face à Hermione.
« Prévois des vêtements chauds et prépare-toi à vivre une mémorable bataille de boules de neige ! » s'exclama-t-il et le visage d'Hermione s'éclaira soudainement alors qu'elle se précipita vers la fenêtre.
« Il neige ! Harry, il neige !!! » cria-t-elle surexcitée, oubliant l'espace d'une minute sa mélancolie.
Elle embrassa Harry sur la joue et quitta en trombe la chambre des garçons pour aller se préparer en quatrième vitesse. Harry la regarda s'enfuir avec amusement et secoua la tête en lâchant un petit rire soulagé.
--------------------------------------------------
Ils arrivèrent en fin de matinée à Grimmauld Place et montèrent directement jusqu'à la chambre d'Harry. Hermione aimait venir ici avec Harry, elle avait toujours un peu l'impression de retourner chez elle, même si elle avait bien conscience de n'avoir jamais habité cette maison. Ils avaient prévu de passer Noël dans l'ancienne demeure des Black, certainement rien que tous les deux, à moins d'un événement de dernière minute ou d'un invité impromptu…
« Tu as entendu ce bruit Harry ? » demanda Hermione en relevant la tête et écoutant les alentours.
« Quoi ? Quel bruit ? »
« En bas… »
« Non, » répondit Harry en haussant les épaules.
Hermione décroisa ses jambes en tailleur et se leva du lit de son frère pour s'approcher de la porte à laquelle elle colla une oreille attentive. Harry l'observa avec amusement tout en feuilletant le livre de la dernière saison de Quidditch que lui avait offert Hermione.
On frappa soudainement à la porte et les deux Gryffondors sursautèrent en même temps, Hermione reculant de deux pas sous l'effet de surprise. Ils se regardèrent en fronçant les sourcils et Harry fit signe à Hermione d'aller se placer derrière la porte pendant qu'il se dirigea pour aller ouvrir, la main sur sa poche qui abritait sa baguette.
« Professeur ! » s'exclama-t-il en découvrant le sorcier et en poussant un soupir de soulagement.
« J'ai pensé que vous aimeriez passer le jour de Noël avec un peu de compagnie, » déclara Dumbledore avec un sourire malicieux et les yeux pétillants.
« Oui ! » cria presque Hermione qui sortit de sa cachette avec enthousiasme.
« Bien ! Allons voir en bas si on peut faire quelque chose de ce grand salon poussiéreux qui sent le renfermé ! » décida le vieux sorcier.
Dans l'escalier les menant au rez-de-chaussée, Harry jeta un regard dubitatif et interrogateur à sa sœur qui haussa les épaules avec un petit sourire encourageant.
Dumbledore ouvrit les deux portes du Grand Salon d'un geste de la main et Hermione ferma brièvement les yeux alors qu'Harry lui attrapa le bras. Un flash les avait éblouis, suivi d'une exclamation provenant de l'assemblée déjà réunie.
« Surprise !!! »
Harry eut à peine le temps de réaliser que Ginny avait déjà sauté à son cou. De son côté, Hermione fut étouffée dans les bras de Molly et Ron, et elle entendit distinctement les jumeaux Weasley rire alors qu'ils prenaient des photos de la scène. Quand elle put enfin observer plus précisément la grande pièce, Hermione vit qu'une grande table était dressée pour ce qui s'annonçait être un festin de Noël. Arthur était déjà en grande conversation avec Dumbledore et Hermione remarqua que ni Percy, ni Bill ou même Charlie n'étaient présents. Son cœur eut un soubresaut dans sa poitrine quand elle vit enfin Eléa, debout près du feu de cheminée. Elle avait les bras croisés sur sa poitrine et paraissait déjà agacée et blasée. Hermione devina qu'elle ne devait pas aimer ce genre de fête familiale et qu'elle avait dû faire un immense effort pour venir aujourd'hui.
Elle s'approcha d'elle lentement et Eléa esquissa enfin un sourire, semblant se détendre quelque peu. Hermione se réfugia dans ses bras accueillants et Eléa la serra contre elle quelques secondes.
« Je n'avais pas compris pourquoi tu n'avais pas écrit… » déclara Hermione avec soulagement.
« J'avais promis de garder le secret ! » rit Eléa en embrassant sa fille sur la tête.
« Et il a été bien gardé, crois-moi, jamais je n'aurais imaginé quelque chose comme ça… Avec Harry, on ne s'y attendait pas du tout, on s'était préparés à passer Noël tous les deux… »
Eléa dégagea une mèche de cheveux de sa fille derrière son oreille et elles rejoignirent le reste des convives.
Tout le monde prit place autour de la grande table dans un silence quelque peu tendu et quand il menaça de s'installer, Dumbledore se racla la gorge et se leva, son verre de champagne à la main.
« J'aimerais porter un toast… »
Tous prirent leurs verres déjà pleins et le vieux sorcier poursuivit.
« Je voudrais d'abord remercier tous les présents aujourd'hui et plus particulièrement Arthur et Molly pour leur aide précieuse dans les préparatifs. Molly, Noël n'aurait pas été Noël et n'aurait pas eu cette saveur sans votre chapon et votre marmelade d'orange… »
La matriarche des Weasley fit un signe flatté de la main en priant Dumbledore d'arrêter les compliments pendant qu'Eléa soupira d'un air résigné, faisant un immense effort pour ne pas avaler sa coupe d'une gorgée.
« Un Noël réussi est de toute évidence un Noël passé avec les gens que l'on aime, famille et amis, dans un sentiment de générosité, de partage et d'amour. Merci à tous, pour les enfants, et joyeux Noël ! »
« Joyeux Noël !!! » répéta l'assemblée d'une même voix.
« Merci à tous pour tout ça… » déclara timidement Harry, bientôt imité par Hermione.
« Oui, merci de tout cœur… Je n'oublierai jamais… Vous êtes vraiment une seconde famille pour nous, » dit-elle s'adressant aux Weasley.
Molly renifla et posa sa coupe pour prendre un mouchoir alors qu'Eléa leva les yeux au ciel en secouant la tête d'un air navré.
« Santé ! » s'exclama Dumbledore et ils purent enfin boire avant que les conversations s'enchaînèrent dans une bonne humeur contagieuse.
Sortie de sa léthargie contemplative et alors qu'elle regrettait d'être face à Molly, Eléa allait porter sa coupe à ses lèvres quand Hermione l'arrêta.
« On trinque ? »
« Bien sûr, » répondit Eléa avant de pouvoir enfin sentir avec soulagement les bulles lui picoter la langue.
« J'ai dit seconde famille hein maman… » s'assura Hermione. « J'ai déjà une famille. »
« Je sais, » lui sourit Eléa en serrant sa main dans la sienne.
Le repas se déroula dans une ambiance agréable, à part le fait qu'Eléa remarqua que personne ne lui adressait la parole, hormis son père et sa fille. Elle prit le parti de faire avec et réussit à jeter quelques pics bien acides à Molly qui tenta à plusieurs reprises de la blâmer pour ses actes passés. A la fin du repas et alors qu'Eléa commençait à rire de manière incontrôlée à chaque parole échangée par l'effet du champagne et du vin, Fred et George trouvèrent en elle un bon public et lui sortirent leurs dernières inventions en matière de farces et attrapes.
Après le dessert où Eléa, certainement muée par l'euphorie et l'élan généreux de la fête censée symbolisée le partage, complimenta Molly sur sa bûche pâtissière, il fut procédé à l'échange des cadeaux sous les flashs des jumeaux dont on pouvait se demander s'ils préparaient un reportage. Hermione n'avait pas perdu une seconde pour aller enfiler la robe qu'Eléa lui avait faite. Les plus jeunes étaient regroupés dans les canapés qui avaient été découverts et dépoussiérés pour l'occasion pendant que Molly, Arthur et Dumbledore étaient restés discuter à table. Eléa se tenait à nouveau près de la cheminée et suçait d'un air absent un marron glacé qui commençait à fondre dans sa bouche. Ginny vint la rejoindre et se posta près d'elle et Eléa remarqua ses longs cheveux roux parsemés de reflets dorés dus au feu qui crépitait en face d'elles. Elle songea un instant à Lily mais se mit à sourire avec finalement un soulagement certain quand elle vit les yeux bleus de la cadette des Weasley l'observer avec attention.
« Je voulais juste vous dire que j'aime beaucoup votre robe… » commença Ginny avec timidité. « Vous avez toujours des tenues extraordinaires et je vous admire pour ça. »
Dire qu'Eléa fut flattée était faible, son sourire s'élargit et elle se sentit soudainement importante.
« Merci. Je pourrais te montrer si tu veux, comment les fabriquer, comment faire vivre nos envies en matière vestimentaire, » répondit-elle sur un ton à la fois supérieure et maternaliste.
« Vraiment ? J'aimerais beaucoup ! » déclara Ginny avec des yeux brillants.
Leur conversation fut interrompue par Harry qui prit la main de sa petite amie.
« Gin', viens voir… » dit-il en prenant la main de la rouquine tout en jetant un regard noir à Eléa.
Eléa les regarda s'éloigner avec un petit pincement au cœur, une tristesse prenant le pas sur la bonne humeur qu'elle avait réussie à afficher. Il fallait qu'elle prenne le courage de parler à Harry pour lui expliquer tout le pan de son histoire qu'il ne connaissait pas et qui concernait ses parents. Mais cette période lui renvoyait d'autres évènements douloureux qu'elle souhaitait occulter, même si tout ce qu'elle avait fait valait finalement la peine vu la magnifique jeune sorcière intelligente qu'était devenue Hermione. Noël était décidément une période trop difficile pour elle, elle lui rappelait trop de choses pénibles, dans son enfance, son adolescence puis dans sa vie de jeune adulte et surtout de jeune adepte des Mangemorts... Elle songea avec ironie qu'au moins, elle partageait cette mélancolie avec sa propre fille…
« Maman… »
Eléa leva la tête et sortit de sa rêverie mélancolique en regardant Hermione d'un air las.
« Tu viens avec nous ? Ginny m'a dit que tu lui montrerais pour les vêtements… Merci, vraiment, tu sais ce que ça signifie pour moi, Ginny est ma meilleure amie, » sourit Hermione avec sérénité.
« Ca me fait plaisir aussi. Elle a l'air attachante, et elle t'aime beaucoup, » répondit Eléa se forçant à sourire timidement. « Mais chérie, je ne pense pas avoir ma place auprès de vous, les jeunes avec les jeunes… »
Hermione regarda un instant sa mère avec attention puis après un court silence, elle poursuivit :
« Harry est une tête de mule, il peut bien bouder si il veut, viens s'il te plaît… »
Eléa se mit à sourire plus franchement avec amusement et haussa les épaules.
« Retourne avec tes amis chérie, je crois que je vais me forcer à aller écouter les récriminations et autres reproches de Molly entre deux conseils barbants et moralisateurs… » soupira Eléa.
« Merci pour ça aussi. Je sais que tu fais un immense effort pour ne pas répondre violemment à Mrs Weasley, ou pire, » lâcha Hermione avec une petite grimace.
« Je suis venue ici aujourd'hui pour passer Noël avec toi et ton grand-père, pas pour me disputer avec cette poule pondeuse ! » lâcha Eléa malgré elle.
« Maman ! » râla un peu Hermione avant d'étouffer un petit rire. « Je suis contente que tu sois venue, tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir… »
Elles tombèrent dans les bras l'une de l'autre pour un câlin qu'Eléa prolongea avant de finalement libérer sa fille. Elle l'embrassa sur le front et s'éloigna pour rejoindre les adultes en grande discussion autour de la table.
Samedi 15 décembre 1979
Eléa s'observa une dernière fois dans le miroir, dans les yeux, ses yeux, en se demandant si elle pourrait continuer longtemps à pouvoir se regarder en face.
Elle se rappela son entrevue de la veille avec le Lord, elle ovulait la semaine suivante et ils devraient passer à l'action. Pour le moment, elle devait se renseigner sur les habitudes sexuelles de James et Lily, elles en avaient vaguement parlé, mais il s'agissait maintenant de récolter des indices. Comme si le destin avait déjà tout préparé, elle avait reçu une lettre de Lily pour l'inviter à passer la soirée du 15 décembre chez elle, avec ses anciens camarades, et si elle le désirait de dormir sur place. Elle avait accepté avec joie, avant de penser que cela ferait partie de la mission.
Elle détacha ses yeux du miroir et mit une touche de couleur dorée sur les lèvres. Pantalon noir, un léger pull à encolure danseuse, noir également, elle était habillée sobrement, elle n'avait pas envie de coquetteries ou encore de fantaisies. Elle attrapa son grand châle en cachemire, un cadeau que lui avait fait Lucius au début de l'automne. Elle pensa à son amant avec tristesse, il lui manquait terriblement. Il était présent lors de la réunion avec le Maître, mais elle l'avait regardé froidement et ne lui avait pas adressé la parole. Certes, elle lui pardonnerait, elle ne pouvait pas vivre sans lui, mais elle voulait qu'il souffre comme elle avait souffert, par sa faute, par son manque de franchise.
Elle éteignit enfin toutes les lumières et quitta son appartement pour transplaner vers la maison de ses amis.
La soirée se déroula plutôt bien, ils ne s'étaient pas vus tous ensemble depuis un long moment, du moins en dehors d'une réunion de l'Ordre. Ils rirent beaucoup et quelques bonnes bouteilles de vin se vidèrent au cours du repas. Ils discutèrent de choses et d'autres, de leurs études, de l'Ordre, ils se remémorèrent leurs souvenirs d'école, en passant sur les disputes et les pleurs. Même si la soirée était joyeuse, elle semblait empreinte de nostalgie. Rien ne serait plus pareil, parce qu'ils devenaient adultes, parce que la guerre faisait rage, parce que le lendemain, un des leurs serait peut-être mort.
Arrivés au dessert, James et Lily se levèrent de table et annoncèrent, les yeux pétillants, que Lily était enceinte. Ce n'était pas une surprise pour Eléa, vu l'empressement du Maître, elle se doutait qu'il en était ainsi. Tous se réjouirent de cette bonne nouvelle et posèrent mille questions aux futurs parents.
Un peu plus tard dans la soirée, Eléa était assise près de la cheminée, les maraudeurs étaient tous avachis sur les canapés et fauteuils, Audrey était sur les genoux de Sirius et parlait avec Peter de Botanique, tandis que Rémus et James parlaient des cours que suivait James pour sa formation d'Auror.
« Tu as l'air bien pensive, » dit Lily en s'asseyant près de son amie.
Elle lui tendit une tasse fumante de thé qu'Eléa prit entre ses deux mains, laissant la chaleur brûlante se diffuser.
« Je me rends compte que j'ai été égoïste, j'ai été maladroite en annonçant ma grossesse comme ça... toi qui désires tellement un enfant... »
Eléa ne se rendit pas compte que les conversations autour d'elle s'étaient fait plus silencieuses.
« Non, pas du tout Lily ! » s'exclama Eléa, « je suis très heureuse pour vous, vraiment. »
« C'est que tu as l'air tellement triste... qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Je suis désolée, seulement un peu de fatigue, je n'ai pas voulu être désagréable. »
« Eléa, tu n'as pas été désagréable, au contraire, » la rassura Lily, « c'est juste, là devant la cheminée, ton regard... dis-moi ce qui ne va pas... »
« Narcissa est enceinte, » lâcha Eléa.
Lily écarquilla les yeux et Eléa eut un petit rire cynique. Dans la pièce, tout le monde écoutait leur conversation. Ils savaient tous que cela arriverait un jour ou l'autre. Même s'ils n'aimaient pas la relation d'Eléa et Lucius, ils connaissaient l'amour aveugle qu'elle lui portait et avaient tous souhaité secrètement qu'Eléa tombe enceinte avant Narcissa.
« Je suis désolée Eléa... »
« C'est rien... C'est juste... » Elle soupira à nouveau. « C'est rien, ça passera... et puis je l'aurai mon bébé, c'est pas une course... » sourit-elle finalement.
« Oui tu l'auras ton bébé, » ajouta Lily en lui effaçant une larme qui s'était échappée des yeux pâles de son amie. « Chocolat ?? »
Eléa eut un sourire gourmand et elles se levèrent toutes les deux vers la cuisine pour déguster du chocolat noir, qu'elles appréciaient toutes les deux.
« Alors, pas trop malade ? » demanda Eléa en se prenant un carré de chocolat.
« Non, presque pas, à peine nauséeuse le matin, c'est tout, » dit Lily en haussant les épaules, « par contre, ma poitrine me fait atrocement souffrir ! »
« Ah, et bien tu n'as pas fini avec ça... » dit Eléa en faisant la grimace. « Lucius était trop frustré, j'avais une poitrine énorme, mais il pouvait pas y toucher, » rit-elle.
« J'en ai pas trop pris, mais James n'est pas super heureux quand je lui interdis d'y toucher... »
« Tu as des envies ? » demanda Eléa avec un sourire coquin. « Moi j'avais tout le temps envie, et pas qu'au second trimestre comme ils te disent dans les bouquins... »
« Eléa, » dit Rémus qui passait prendre une tasse de thé, « tu as toujours eu tout le temps envie... » se moqua-t-il.
« Passe ton chemin Rémus, sinon tu vas avoir droit à un Crucio... » siffla-t-elle.
« Un Crucio ? » s'esclaffa-t-il. « Tu n'oserais jamais, pas sur moi... » ajouta-t-il en s'éloignant.
« James, » reprit Lily, pensive, « me trouve plus « expressive » depuis que je suis enceinte... »
« Tu cries ? » demanda Eléa.
« Euh non, quand même pas, » rougit Lily.
« Moi je crie... » songea Eléa à voix haute.
Lily faillit lui répondre qu'elle n'ignorait pas grand chose de sa vie sexuelle, mais se mordit la langue pour ne pas avouer à son amie qu'elle l'avait épiée pendant près d'un mois.
« Mais il est clair que j'ai des envies que je n'avais pas d'habitude... » confessa Lily avec un clin d'œil. « En plus il se montre encore plus prévenant, alors j'en profite, » murmura-t-elle alors que James la regardait de loin d'un air suspicieux.
« De quoi parlent-elles ? » demanda James à son ami Lycan. « Je me sens légèrement visé... »
« De sexe... » répondit platement Rémus. « Je me suis toujours posé une question, » reprit-il soudainement.
« Ah oui ? » s'étonna James, « Laquelle ? »
« Toi et Eléa... vous êtes allés jusqu'où ? »
« Parce qu'elle est aussi sortie avec toi ? » s'indigna Audrey à voix basse. « Elle est sortie avec tout le monde ou quoi ?? »
Rémus pouffa de rire tandis que Sirius leva les yeux au ciel.
« Sérieux, James, » insista Rémus.
« Non, pas avec Eléa non... » rit James tout en secouant la tête.
« Tu regrettes ? » demanda Peter alors que James écarquilla les yeux.
« Je ne répondrai pas, je suis marié mec ! »
Ils éclatèrent tous de rire, Eléa et Lily les regardèrent d'un œil suspect puis continuèrent leur conversation avec de temps en temps des éclats de rire ou des sourires coquins.
Il était près de trois heures du matin lorsque Eléa se leva finalement de son lit, après avoir passé quelques heures remplies de cauchemars, de Lucius en heureux papa, de Voldemort qui lui volait son enfant... Elle descendit doucement, à la lumière de sa baguette, les marches qui craquaient légèrement sous son poids. Arrivée en bas, elle s'immobilisa à la vue de son ami qui lisait près de la cheminée.
« Je croyais être la seule réveillée... » chuchota-t-elle.
« Je ne vais pas tarder à me coucher, tu n'arrives pas à dormir ? » s'enquit Rémus.
« Non, » soupira Eléa, « je fais beaucoup de cauchemars... »
Rémus lui sourit tristement et elle alla boire un verre de lait avant de remonter se coucher. Sur la troisième marche, elle se retourna vers son ami et lui demanda timidement.
« Tu ne veux pas dormir avec moi ? S'il te plaît... »
Rémus hésita un moment, puis il posa son livre et monta vers la chambre en la tenant par les épaules.
Après quelques minutes, il la rejoignit, vêtu d'un pyjama bleu ciel un peu usé et Eléa se promit de lui en acheter un en flanelle pour Noël. Elle se blottit dans ses bras et il l'embrassa tendrement sur le front.
« Ça va s'arranger Eléa, ne t'inquiète pas... »
Elle fut tentée de lui dire que non, ça ne s'arrangerait pas, que ça serait pire, ignoble même, mais un nœud dans sa gorge l'en empêcha.
« Ma vie craint vraiment Rémus, » se contenta-t-elle de répondre. « J'ai tout foiré, j'ai jamais pris les bonnes décisions... »
« Tu n'as pas été aidée par les circonstances... »
« En fait, depuis le début j'aurais dû te choisir toi, je me suis plantée, je suis sûre que rien n'aurait été pareil... » murmura-t-elle. « Je suis peut-être passée à côté du véritable amour de ma vie... »
« Ne dis pas de bêtises... Je suis l'ami de ta vie, pas l'amour... Tu sais bien que tu aurais fini avec Lucius, c'est inévitable... » répondit-il avec douceur.
Eléa sourit tout en essuyant une larme.
« Tout va bien se passer Eléa, tu auras ton bébé, la guerre va se terminer, ton père est un grand sorcier, j'ai confiance en lui et qui sait, peut-être que Lucius pourra divorcer... »
« Continue de me mentir... » chuchota-t-elle dans un demi sommeil.
« Alors, vous vivrez dans une grande maison, pas le Manoir Malfoy, une maison que tu auras toi-même décorée... Avec un grand jardin où vos enfants pourront courir et jouer avec une énorme balançoire... Des enfants superbes d'ailleurs... »
Il continua à parler ainsi, tout en lui caressant les cheveux, jusqu'à ce qu'elle s'endorme paisiblement. Cela lui faisait mal de la savoir si malheureuse. Le destin n'avait pas été clément envers elle et il savait qu'elle lui cachait des choses, il espérait seulement qu'il avait raison de lui faire confiance.
Grimmauld Place, jeudi 26 décembre 1997
Eléa bouillait intérieurement et elle se contenait pour ne pas balancer la table qui avait déjà été dressée pour le repas de midi. Elle croisa ses bras sur sa poitrine pour calmer ses tremblements de colère, de jalousie et d'agacement. Lucius était parti en Italie pour passer un peu de temps avec Draco mais elle savait qu'il allait revoir Narcissa et elle ne pouvait le supporter, même s'il lui avait assuré qu'elle n'avait aucun souci à se faire et qu'il en profiterait pour régler sur place quelques affaires du Maître strictement professionnelles. Elle avait donc décidé de rester quelques jours à Grimmauld Place pour, de son côté, profiter d'Hermione et elle s'était lancée le défi de parler à Harry avant la fin de l'année.
« Maman ? »
Eléa sortit de ses sombres pensées meurtrières pour apercevoir le visage interrogatif de sa fille la regardant et attendant visiblement une réponse de sa part.
« Excuse-moi, je ne t'ai pas écoutée chérie… » s'excusa Eléa en détendant ses épaules contractées par l'agacement. « Qu'est-ce que tu disais ? »
« Je te demandais juste si tu préférais des pâtes ou du riz pour accompagner le canard… »
« Des pommes de terre… » répondit d'un air absent Eléa en fixant le feu de cheminée.
Hermione leva un sourcil avant de secouer la tête et sortir de la salle à manger d'un pas rapide.
Elle prit les précautions d'usage en descendant l'escalier dangereux menant au sous-sol et s'élança vers les cuisines quand elle fut stoppée par une main posée sur son épaule.
« Est-ce que je peux te parler un petit moment Hermione ? »
La voix était tranquille et douce mais le ton quelque peu solennel.
« Bien sûr. »
Elle avait hésité. Mais elle ne se sentait pas encore prête à l'appeler « grand-père » et « professeur » était un titre trop officiel et cérémonieux, surtout dans le contexte des vacances scolaires hors Poudlard.
Il la conduisit dans la petite salle où l'Ordre du Phénix avait l'habitude de se réunir et ils s'installèrent autour de la table. Il ne semblait pas très sûr de lui et sortit en silence une enveloppe cachetée et scellée de sa cape.
« Il est temps pour moi à présent de te livrer les dernières clés en ma possession concernant tes origines Hermione… » commença le vieux sorcier avec gravité.
Hermione eut tout à coup la gorge sèche et elle se redressa sur sa chaise.
« Je ne t'ai pas tout dit concernant les jours qui ont suivi ta naissance… Je t'ai gardée quelques jours dans mes appartements, c'est vrai, le temps que les dernières formalités de ton adoption soient entérinées, mais tu as eu de la visite durant ces quatre jours Hermione et pas des moindres… »
Elle ferma les yeux, elle n'osait pas espérer que ça puisse être lui…
« James est venu. Quand il a appris la nouvelle, il a tenu à te voir et nous avons réfléchi ensemble à la meilleure solution pour toi… »
Hermione se passa machinalement une main sur le front et remit au passage une mèche de ses cheveux en place. Elle sentit l'émotion la submerger et elle respira bien à fond pour maîtriser les larmes qui menaçaient de s'échapper de ses yeux brillants.
« Dîtes-moi qu'il ne m'a pas rejetée je vous en prie… » supplia-t-elle à mi-voix avec un regard désespéré.
Dumbledore parut surpris et presque choqué par une telle pensée.
« Qu'est-ce qui pourrait te faire penser une telle chose ? » demanda-t-il avec étonnement. « Quelqu'un t'a-t-il parlé de James, Hermione ? »
Elle ne répondit pas et baissa la tête pour regarder ses doigts noués sur ses genoux tremblants.
« Non, ton père ne t'a pas rejetée Hermione, jamais, » répondit le vieux sorcier avec un air rassurant et un petit sourire qui contribua à détendre Hermione. Il lui tendit l'enveloppe avant de poursuivre : « c'est pour toi, elle te revient. C'est une lettre que James t'a laissée, il avait bien spécifié des conditions particulières pour que je puisse te la remettre, elles sont à présent réunies et voici ce qu'il t'a laissé. »
D'une main tremblante et peu assurée, elle prit la lettre et Dumbledore se leva en lui serrant l'épaule de manière encourageante.
« Si tu as la moindre question, n'hésite surtout pas, j'y répondrai dans la mesure de mes possibilités. »
Elle l'entendit à peine sortir, trop absorbée par la fine missive qu'elle serrait dans sa paume moite.
Elle se leva soudainement et se mit à courir vers l'escalier menant au rez-de-chaussée. Elle ne s'arrêta de courir que lorsqu'elle fut enfermée à double tours dans sa chambre et elle reprit bruyamment sa respiration en s'inclinant contre la porte. Elle rejoignit le lit d'un pas lent et se laissa tomber lourdement sur le matelas. Quand elle desserra la main, elle s'empressa de défroisser la lettre et l'ouvrit d'un geste rapide en déchirant l'enveloppe de ses gestes empressés afin d'observer le morceau de parchemin jauni d'un air dubitatif. Elle le déplia en retenant sa respiration et commença sa lecture en déglutissant.
« Mon Ange, » Le qualificatif était si doux et familier qu'elle fut incapable après la lecture de ces deux mots de retenir davantage ses larmes.
« Je ne sais pas si tu auras un jour cette lettre entre les mains, mon vœu le plus cher étant de pouvoir t'expliquer moi-même de vive voix les circonstances exactes de ta naissance… Mais notre avenir est tellement incertain que je préfère prendre quelques précautions et donner à ton grand-père des conditions strictes pour la remise de cette lettre qui pourrait après tout te perturber. Et c'est une chose que je ne veux pas, tu mérites une vie paisible et autant que possible insouciante malgré cette période troublée. Si tu lis ces lignes, c'est donc que je ne suis plus là pour pouvoir prendre soin de toi et je le regrette du plus profond de mon cœur. Tu es également à présent au courant de tes origines et tu n'en souffres pas au-delà de l'insupportable. Ta mère n'est pas un danger pour toi et enfin, ton équilibre repose sur des fondations solides construites essentiellement par ton grand-père qui a mis tout en œuvre pour ton bonheur, te trouvant une famille aimante. J'ai rencontré les Granger, ce sont des gens fabuleux, je suis sûr que tu es heureuse avec eux, n'est-ce pas ? Ton grand-père t'a éloignée de cette folie meurtrière tout en te permettant d'être la puissante sorcière que je prédis que tu deviendras, et en cela tu dois lui en être reconnaissante. » Ainsi, tout était clair depuis le début. Elle devait être confiée mais elle avait à présent la certitude que ses parents biologiques l'avaient aimée et les moments difficiles devenaient soudainement plus compréhensibles et presque doux comparé à la souffrance qu'elle percevait à travers la petite écriture de James.
« Tes études à Poudlard doivent s'achever mon Ange. J'ose formuler le rêve fou que ton frère aura été à tes côtés durant ces années… » Elle esquissa un sourire. Le rêve fou de son père s'était réalisé et Harry était à ses côtés depuis plus de six ans maintenant. Elle fronça les sourcils, comment croire aux coïncidences après toutes ces expériences…
« Tu es si belle Hermione, je ne peux détacher mon regard du berceau d'où tu me regardes de manière interrogative et déjà si inquiète d'un avenir inconnu et effrayant qui t'attend. Je ne peux m'arrêter de chanter ton prénom, un prénom magnifique choisi par ton grand-père et qui te va à ravir. » Il l'avait aimée et il l'avait trouvée belle. Elle regrettait presque de ne pouvoir se souvenir de ses premiers jours et de son père l'admirant et la choyant.
« Je sais à quoi tu penses et je pleure aussi. Je ne peux pas te garder mon Ange, même si mon âme et mon cœur se refusent de te laisser partir avec ces gens. J'ai déjà une famille tu sais et la vie m'a comblé en me donnant à deux mois d'intervalle un fils et une fille en bonne santé. Mais au-delà de tout ça, c'est ta protection qui m'importe le plus et elle n'est pas garantie si tu restes dans notre monde. » Il l'avait écrit, il aurait voulu la garder. Elle se demanda un instant comment auraient pu être les choses si aucun danger n'avait été en vue à l'époque, si Voldemort avait été vaincu rapidement. Eléa serait restée à Azkaban certes, mais James l'aurait-elle gardée ? Elle en doutait, Lily s'y serait certainement opposé. Quelle femme garderait l'enfant que son mari aurait eu avec une autre ?
« Je voulais que tu saches que je t'ai aimée dès que j'ai posé mon regard sur toi et que je t'aimerai toujours. Je ne vais pas te mentir en te disant que j'aimais ta mère et que tu es une enfant née d'un amour fou, mais sache qu'Eléa a toujours eu une place dans ma vie et elle aura toujours une place particulière du fait de ta venue. Je suis désolée mon Ange, nous n'avons rien pu faire pour l'aider mais je suis rassuré dans le sens où si tu lis ces lignes, c'est qu'elle ne constitue plus une menace pour toi, où qu'elle se trouve. » Il ne détestait pas Eléa, c'était déjà ça. Elle n'avait peut-être pas été conçue dans les meilleures conditions mais au moins ses parents ne se vouaient pas une haine féroce. James semblait même regretter de ne pas avoir pu aider celle qui paraissait être finalement une amie.
« Ne fronce pas les sourcils de cette manière Hermione, tu me fais penser à ta mère… Je suis heureux d'avoir pu faire ta connaissance et d'avoir eu la chance de pouvoir te serrer au moins une fois dans mes bras. » Si seulement elle pouvait se souvenir des bras chauds, forts et aimants de son père…
« Demain, tu seras partie, essaie de ne pas m'oublier. Je vais à nouveau te prendre dans mes bras pour t'embrasser et fixer tes traits dans ma mémoire… Tu es si petite mais déjà si forte, je le sens… Essaie de ne pas pleurer bébé ou tu crèveras à nouveau le cœur déjà meurtri de ton père…
Je ne t'oublierai jamais Hermione et je veillerai toujours sur toi, où que je me trouve.
James Potter, ton père qui t'aime. »
Elle reposa la lettre avec un poids en moins et une nouvelle légèreté. Comme ça avait dû être difficile pour lui de laisser son bébé… C'était finalement un acte courageux. Il était venu la voir, l'avait aimée et était reparti en la confiant pour son seul et unique bien. Il l'aimait. Elle n'arrivait pas à y croire, elle avait toujours cru que James ne l'avait pas connue… Il l'avait connue, reconnue, aimée et à présent il veillait sur elle, et sur Harry. Noël lui apparut tout à coup plus beau et les jours à venir plus supportables. Elle se coucha sur son lit et relut une nouvelle fois la lettre avant d'étendre ses bras en croix, fixant le plafond en souriant franchement et en dirigeant son regard vers un au-delà invisible mais auquel elle voulait croire, pour abriter les personnes chères à son cœur qui l'avaient quittée.
--------------------------------
Elle sursauta quand on frappa à la porte et Harry entra en poussant doucement et timidement la porte. Hermione se releva rapidement et dissimula la lettre sous son oreiller.
« Qu'est-ce que tu fais ? On t'attend pour manger… » déclara d'un air perplexe Harry.
« Je viens, je viens, » sourit Hermione et Harry sembla soulagé qu'elle aille bien.
L'après-midi sembla tourner au ralenti et il apparut à Hermione qu'Eléa comptait presque les flocons tomber par la fenêtre. Ginny et Ron arrivèrent pour l'heure du thé par poudre de cheminette et Eléa ne fit que soupirer davantage. Elle n'aurait encore pas l'occasion de parler à Harry et il ne lui restait que quelques jours pour relever son défi. Il faut dire que le jeune Gryffondor ne l'aidait pas à la confession non plus. Il la regardait à peine, ne lui parlait pas et semblait mettre un point d'honneur à l'ignorer dans les règles de l'art. Elle regarda un instant les jeunes sorciers chahuter près de la cheminée avant de tourner les talons et monter jusqu'à sa chambre d'un pas lent. Elle ne fut pas mécontente de trouver un petit moment de solitude et elle s'allongea sur son lit avant de fermer les yeux. Elle les rouvrit avec agacement en entendant un bruit contre la vitre. Sa moue agacée se mua finalement en un franc sourire quand elle reconnut le hibou blasé de Severus dont le pelage sombre prenait peu à peu la teinte blanchâtre de la neige qui ne voulait pas cesser. Elle lui ouvrit et fut accueillie par un hululement de reproche alors que le volatile se secoua pour enlever la neige sur ses plumes. Elle décrocha le message attaché à la patte de l'animal et le récompensa avec du pain perdu, éclatant de rire quand il refusa une caresse qu'elle voulut lui offrir. Elle le libéra et lut son message avec curiosité.
« Ma chère Eléa,
Je te souhaite un joyeux Noël comme tu les aimes… » Elle éclata de rire en percevant et imaginant l'ironie dans la voix de son meilleur ami.
« Comme je sais que la curiosité est une vertu que tu cultives, je t'informe que le menu a principalement été à base de poisson et de poireau. Oui, tu connais ma mère, elle met un point d'honneur à sortir du chemin tout tracé des traditions… Je t'avoue que recevoir une chemise noire a été le grand moment de la journée d'hier et si ma charmante sœur n'y avait pas ajouté une cravate jaune, la journée aurait été parfaite. J'espère que de ton côté la surprise aura été totale et appréciée par les enfants. J'anticipe en te disant que non, Eléa, Molly ne fait pas exprès d'agir de la sorte, c'est son tempérament… Rémus et Tonks viennent d'arriver. Tu me croiras volontiers si je te dis que je suis finalement content de les voir… même si, évidemment, je ne le montre pas. Je ne vais pas ruiner ma réputation après tant d'efforts pour l'installer et l'entretenir.
Je t'embrasse affectueusement,
Severus. »
« Rémus et Tonks ? » répéta Eléa en fronçant les sourcils. Elle haussa les épaules et s'installa à son bureau afin de répondre à Severus Snape.
Elle finit par s'endormir quand la soirée s'installa et ses rêves troubles et dérangeants l'agitèrent dans un sommeil qui aurait dû être paisible et réparateur. Elle se voyait couverte de sang, ne sachant pas si elle était vivante ou morte. Comme détachée de son corps, elle regarda son propre corps inerte avant de tourner son regard vers Hermione, non loin d'elle – enfin de son corps allongé et ensanglanté. Hermione était debout, les yeux fixes et exorbités, entre l'horreur et la béatitude.
Plus tard dans la soirée, elle descendit jusqu'au salon avec une migraine battante et ne prit pour le dîner qu'un potage de légumes sous le regard suspect d'Hermione. Dumbledore regagna Poudlard après le souper et Harry s'excusa pour pouvoir s'échapper dans sa chambre. Eléa se retrouva une nouvelle fois avec sa fille avec laquelle elle parla un petit moment avant que la jeune sorcière n'aille se coucher à son tour. La jeune sorcière avait longuement hésité mais avait préféré ne rien dire à sa mère pour le moment concernant la lettre de James.
-----------------------
Quand Eléa se rendit compte qu'elle ne trouverait pas le sommeil cette nuit, elle décida de se lever et enfila son peignoir avant de sortir de sa chambre sur la pointe des pieds. La soupe n'étant pas un repas bien consistant, elle choisit d'écouter son estomac et prit la direction de la cuisine. Arrivée au rez-de-chaussée, elle marqua un temps d'arrêt en écoutant le silence, bientôt altéré par un craquement venant du salon. Elle se trouvait dans l'ancienne maison des Black et elle souhaita une seconde revoir Sirius, juste une seconde, même pour entendre un simple mot… Elle poussa précautionneusement la porte du salon et aperçut Harry assis au coin du feu avec un plaid sur les genoux. Ce n'était pas Sirius mais son vœu le plus cher lui tendait les bras. En usant de diplomatie, elle arriverait peut-être à parler à Harry et libérer son âme d'un poids qu'elle ne voulait plus porter pour ce gosse qui était après tout celui de sa meilleure amie… Elle eut subitement une idée qui avait fait son chemin durant ses nombreuses heures seule dans cette demeure et elle remonta en courant jusqu'au premier étage avant de redescendre un peu essoufflée.
Elle entra le cœur battant dans le salon et s'approcha de la cheminée en serrant un album contre sa poitrine. Elle s'installa en silence dans le fauteuil en face de celui où Harry somnolait et elle retint sa respiration quand il ouvrit ses yeux verts pour la regarder.
« Vous n'êtes pas discrète, je vous ai entendu descendre la première fois… » déclara-t-il en soupirant et se redressant.
Elle fit une mine blasée et amusée à la fois en songeant que Lily aurait dit exactement la même chose. Pouvoir le voir en face et de si près était troublant, les yeux étaient parfaitement les mêmes, deux émeraudes brillantes adoucissant un visage et lui donnant un air avenant et généreux. Mais le regard d'Harry n'avait rien d'avenant et il se leva soudainement, prenant son plaid dans les bras.
« Non attends Harry, je t'en prie, j'aimerais te parler, » l'arrêta Eléa avec un regard suppliant.
« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, on n'a franchement rien à se dire, » trancha Harry, borné.
« Au contraire, j'ai des choses à te dire, je te dois des explications… »
« Je n'ai pas confiance en vous ! Qui me dit que tout ce que vous me direz ne sera pas que des mensonges ?? » cracha Harry en serrant les poings.
« Et si je te dis que je te le jure sur la tête d'Hermione ? » tenta Eléa.
Harry sembla décontenancé et elle vit qu'il réfléchissait sérieusement à la proposition. Si il avait hérité de la curiosité de sa mère, elle savait qu'elle avait gagné. Elle se retint pour ne pas sourire et crier victoire quand il se rassit dans le fauteuil. Mais elle se reprit rapidement et inspira quand elle vit qu'il attendait avec un air fermé. Elle lui tendit l'album en guise de préambule et il le prit avec un air interrogatif.
« Je l'ai fait pour toi, je savais que tu aurais refusé si je te l'avais offert à Noël… Alors j'ai attendu un moment plus opportun, plus intime… Ce sont les photos du mariage de tes parents, il était magnifique, Lily m'avait choisie comme demoiselle d'honneur. »
« Pour mieux la poignarder ensuite ?! » hallucina Harry en serrant l'album entre ses doigts jusqu'à ce qu'ils deviennent blancs.
« Je sais que tu me détestes Harry, mais écoute au moins l'histoire, je ne te demande pas de comprendre, pas de m'aimer, juste m'écouter… »
Il acquiesça et elle relata toute l'histoire en choisissant avec précision ses mots. Quand elle eut fini, les larmes inondaient son visage et elle renifla en relevant ses cheveux.
« Je suis soulagé, » déclara finalement Harry et Eléa le regarda d'un air surpris. « De savoir que mon père n'a pas trompé délibérément ma mère, » clarifia-t-il et Eléa acquiesça tristement.
« Je n'ai aucune excuse, même pas celle d'avoir été manipulée… J'ai choisi la trahison plutôt que la mort, la mienne, celle de Lucius, celle de Sirius… Ne crois pas que ça a été facile, au contraire… Je suis désolée Harry, vraiment. Mais je ne regrette rien, parce que maintenant j'ai Hermione et c'est la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie… »
Harry regardait d'un air vide l'album posé sur ses genoux. Il leva les yeux vers Eléa et prit la parole en s'efforçant de ne pas laisser transparaître ses émotions.
« J'aime Hermione. »
« Je sais. Voilà au moins quelque chose que nous avons en commun, » répondit Eléa en séchant ses larmes.
« Ca doit être la seule, » avoua Harry avec défi.
« C'est un début, » répondit Eléa sans se démonter. Elle se leva et resserra la ceinture de son peignoir. « A toi de voir Harry maintenant. Tu sais tout à présent, tu peux juger et décider de ce que tu feras en connaissance de cause. J'ai de l'affection pour toi parce que tu es le fils de ma meilleure amie, le frère de ma fille et tu sembles être quelqu'un d'attachant malgré le fait que tu cultives l'art d'être désagréable avec moi. Je n'attends rien, je voulais te dire tout ça, de donner ces photos, je me sens mieux et je crois que je pourrais peut-être me regarder plus en face dans mon miroir. Tu peux décider de me pardonner comme d'autres l'ont fait avant toi, la balle est dans ton camp. De mon côté, la porte reste ouverte, tu peux y frapper quand tu voudras… Bonsoir et bonne nuit, » termina-t-elle en sortant la tête haute du salon.
Harry la suivit du regard sans répondre et quand il l'entendit monter les escaliers jusqu'au premier étage, il lâcha un profond soupir et ouvrit l'album avant d'esquisser un large sourire.
Vendredi 21 décembre 1979
Après avoir passé cinq jours à Little Hangleton et être passée voir Lily et James, Eléa rejoignit le Maître. Elle n'eut aucune difficulté à se trouver une chambre et l'aménagea à sa guise pour se sentir un peu mieux. Elle passa ensuite beaucoup de temps avec le Maître et Eilane qui la préparèrent mentalement, mais aussi matériellement, à sa mission. Voldemort avait vraiment tout prévu. Le vendredi était un jour où Lily avait des cours avec un Auror qui aidait les jeunes recrues dans certaines matières. Sa spécialité était l'Occlumancie, la Légilimancie, ainsi que les manipulations de l'Esprit. Il était ainsi prévu qu'il manipule Lily pour lui faire croire que le cours était annulé, l'obligeant à rentrer chez elle pour y rejoindre son mari, ce qu'elle ne ferait évidemment pas puisque Eléa devait alors intervenir. Cette dernière s'étonna grandement de savoir qu'un Auror était sous les ordres de Voldemort, mais ce dernier se contenta de sourire et de continuer à lui expliquer ses plans.
Le Seigneur des Ténèbres avait ajouté au Polynectar des cheveux de Lily que la Mangemort avait subtilisés durant son week-end, Il avait lui-même fabriqué la potion qu'il avait modifiée pour qu'elle dure trois heures au lieu d'une. Il avait également préparé une Potion de Fertilité qu'il avait améliorée.
Elle devait agir vite, parler le moins possible pour éviter tout indice ou doute et devait rapporter le tout à l'Auror pour qu'il modifie les souvenirs de Lily.
Eléa était dans un état de stress immense, Eilane et le Maître s'appliquaient à l'aider à gérer ses émotions. Eilane lui parlait, l'encourageait, tandis que le Maître réalisait avec elle de nombreux petits rituels. Eléa évitait soigneusement de croiser Lucius, elle en souffrait mais elle ne voulait pas lui parler, ce n'était pas le bon moment.
Le vendredi arriva bien trop vite à son goût. Eléa reçut un message par hibou en milieu de matinée, il y avait une photographie de Lily afin qu'elle puisse s'habiller comme elle. Elle se demanda comment ils avaient pu la photographier mais préféra ne pas essayer de comprendre.
Elle ne put rien avaler de la journée, seulement la potion de Fertilité, elle regardait sans cesse l'heure, la journée était interminable et elle ne souhaitait que sa fin.
Vers quinze heures, elle se rendit dans les appartements du Maître et prit le Polynectar, le goût était effroyable et elle faillit vomir, mais les effets furent immédiats. Quelques secondes plus tard, elle était devenue « elle ». Le Maître modifia sa voix comme il l'avait déjà fait par le passé, Il avait levé momentanément le sort d'anti-transplanage et elle se rendit, un nœud au ventre, vers Kingswood.
Il faisait affreusement froid, elle avait marché dans la neige en haletant malgré un rythme tranquille et s'était arrêtée quelques secondes pour regarder le ciel bas et neigeux qui déversait encore des flocons épais dans un silence apaisant et pourtant glacial. Glacial. Comme ses pieds qu'elle ne sentait plus. Comme ses mains qu'elle avait enfouies dans les poches de son manteau. Comme son cœur et son âme qu'elle avait mis en veille pour ne pas perdre pied et craquer au dernier moment. Elle poussa la porte comme une automate et ne sentit pas la chaleur s'insinuer dans son corps quand elle pénétra dans la maison accueillante et confortable.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda James en posant sa plume sur un des parchemins étalés sur la table.
« Le cours a été annulé, il avait une réunion importante... » dit Eléa en enlevant son manteau et son écharpe.
Elle se dirigea vers James avec un sourire coquin.
« Alors, je me suis dit que je pourrais passer ici et passer un peu de temps avec mon mari... » Elle s'arrêta à sa hauteur.
« Mais tu as eu une très bonne idée, » dit-il en l'enlaçant.
Il remonta le pull de « Lily » et l'embrassa sur le ventre, puis ses mains caressèrent ses fesses. Eléa ferma les yeux et essaya d'imaginer que c'était Lucius qui l'embrassait, mais les gestes de James n'avaient rien à voir avec ceux de son amant. Elle essaya de se détendre, ce n'était que James, après tout elle l'avait aimé quelques années auparavant... Ce n'était que James... Il se leva et l'embrassa tendrement, elle lui rendit timidement son baiser, avec l'impression de se retrouver trois ans en arrière.
« Avant que j'oublie... tes parents ont téléphoné, ils nous invitent à dîner le week-end prochain, tu préfères samedi soir ou dimanche ? »
« Euuuh... Samedi soir, » répondit Eléa, prise au dépourvu.
« Bien... » murmura-t-il. « Où en étais-je ? » ajouta-t-il en l'embrassant dans le cou.
Il remonta jusqu'à sa bouche qu'il emprisonna, jouant avec sa langue aussi arrogante que lui. Eléa essaya de lui répondre, de se faire plus pressante. Après tout, plus vite ils commenceraient, plus vite ce serait fini. Soudain, il la fit basculer sur le côté et la prit dans ses bras pour la porter vers la chambre, Eléa poussa un cri de surprise et se laissa faire. Il l'allongea doucement et se mit au-dessus d'elle, il lui enleva son pull et Eléa se décida finalement à lui déboutonner sa chemise. Il enleva ses lunettes et elle inspira profondément lorsqu'il lui enleva sa jupe, il fit glisser sa culotte tout en l'embrassant profondément et elle l'entoura de ses jambes tout en bougeant ses hanches. Il l'embrassa dans le cou puis descendit doucement sur ses seins qu'il caressa lentement, Eléa eut des frissons, pas de plaisir mais elle devait faire comme... elle gémit.
Elle avait beaucoup menti depuis quelques années, mais elle n'avait jamais simulé du plaisir, elle n'avait jamais couché avec un homme qu'elle ne désirait pas. Son corps réagissait malgré elle aux caresses de James, elle sentit de la chaleur dans son bas ventre lorsqu'il introduisit un doigt en elle, puis deux tout en jouant de sa langue sur sa poitrine. Elle gémit à nouveau et elle écarta ses jambes outrageusement lorsqu'il libéra son sexe. Il la regarda, un sourire aux lèvres et la pénétra enfin. Il commença ses vas et viens et elle gémit plus fort l'encourageant à finir au plus vite. Elle l'agrippa et serra violemment ses jambes autour de lui, de manière à ce que la pénétration soit plus profonde. Elle haletait sous ses mouvements, elle se sentait de plus en plus nauséeuse et elle lui murmura finalement : « Plus fort, James, plus fort ! » Il eut un air légèrement étonné et s'exécuta sous les cris de « Lily ». Il jouit quelques secondes plus tard et s'allongea près d'elle en la prenant dans les bras. Eléa le regarda dans les yeux et pensa avec détermination « Dormio ».
James s'endormit paisiblement, elle se précipita aux toilettes et vomit tout ce que son estomac contenait, essentiellement de la bile. Elle était prise de spasmes incontrôlables et elle ne s'arrêta que quelques longues minutes plus tard. Elle se dirigea vers la salle de bain, et se rafraîchit, puis elle retourna dans la chambre et prit sa baguette magique. Elle fit apparaître un parchemin et de quoi écrire, elle nota rapidement tout ce qu'il s'était passé, elle détailla l'acte un minimum et ce qu'elle pensait dire à James avant de partir. Lorsqu'elle eut fini, elle toucha sa Marque des Ténèbres d'une main hésitante et le parchemin disparut instantanément. Ses informations seraient utilisées pour modifier la mémoire de Lily... Elle se regarda dans le miroir et crut qu'elle allait vomir à nouveau mais elle réussit à se contenir. Elle rejoignit James et se colla à lui « tendrement » et prononça la formule qui le réveilla.
« Désolé chérie, je me suis endormi... » s'excusa James.
« J'ai somnolé aussi... Je dois y aller James, je ne veux pas être en retard au prochain cours... »
James soupira de résignation et l'embrassa une dernière fois en la regardant s'habiller. Elle lui fit un clin d'œil et s'échappa de la maison rapidement, les larmes aux yeux, avant de transplaner jusque chez elle. Elle enleva tous ses vêtements rapidement en tremblant et prit une douche brûlante, laissant son corps rougir sous la chaleur presque insupportable de l'eau.
-------------------------
Elle sortit de la salle de bain, transformée en sauna, emmitouflée dans son peignoir blanc, les cheveux mouillés et les yeux gonflés. Elle s'arrêta net en voyant l'homme qui se leva du rocking chair. Ses yeux polaires se posèrent sur sa maîtresse avec mépris.
« Alors ? C'était bien ? » siffla-t-il. « Combien de fois tu as joui ? » ajouta-t-il d'un air mesquin.
Eléa le frappa en plein visage avec force et s'enferma à nouveau dans la salle de bain. Elle se brossa énergiquement les cheveux et les sécha rapidement tout en maudissant la présence inopinée de son amant. Il toqua doucement à la porte et elle décida de l'ignorer.
« Eléa, je suis désolé... ouvre chaton... » supplia-t-il, la tête appuyée contre la porte.
Elle ouvrit d'un coup sec la porte, le faisant sursauter.
« Amour... » soupira-t-il. « J'ai agi comme un connard... » dit-il d'un air désolé.
« ça, pour être un connard... » répondit-elle sèchement en avançant vers le lit.
« Eléa... » Il la prit par le bras, la forçant à se retourner. « Excuse-moi... pour tout... »
Elle aurait voulu l'envoyer balader, lui dire de rentrer chez lui et de retrouver sa femme, mais elle ne pouvait pas détacher son regard du sien. Sous la glace, elle pouvait y lire sa tristesse mais aussi le feu de sa jalousie et de son désir. Il relâcha son étreinte et elle glissa sa main dans la sienne en s'approchant de lui, elle hésita, puis se blottit contre son amant. Il l'entoura de ses bras et la serra très fort pendant quelques secondes qui leur parurent interminables. Eléa avait l'impression qu'un poids tombait de ses épaules et elle se sentait soulagée, sentir sa chaleur, son odeur qui lui avaient tant manqués.
Elle le débarrassa de sa chemise tout en l'embrassant tendrement et glissa ses mains sur son torse musclé, elle fit une grimace en voyant une grande cicatrice sur son côté mais reporta finalement son attention sur les lèvres de son amant.
Les caresses d'Eléa se firent plus pressantes mais elle sentit son amant la ralentir, pour finalement l'arrêter.
« On ne peut pas Eléa... » haleta-t-il. « On ne peut pas prendre le risque… »
« Tu te retireras Lucius, » murmura-t-elle, « j'ai trop envie de toi... »
Il ne lui en fallut pas plus, il accepta et déshabilla Eléa avant de l'allonger sur le lit. Il l'embrassa tout en caressant son clitoris mais elle se montra impatiente et attrapa le sexe de son amant pour le caresser avec ardeur. Il s'allongea entre ses jambes et la pénétra, il sourit en entendant le soupir avec lequel l'accueillit sa maîtresse et commença à bouger en elle rapidement. Il ne l'avait pas touchée depuis plus d'une semaine et il la désirait de tout son être, il ne pourrait pas se contenir longtemps. Elle remonta ses genoux, enserra sa taille et se redressa pour l'embrasser sauvagement, puis elle s'allongea à nouveau, offrant sa poitrine dressée à son amant qui accéléra ses mouvements. Eléa haletait et gémissait de plus en plus fort, elle jouit quelques secondes plus tard en criant son nom et en griffant son dos. Il sentit qu'il allait venir à son tour et décida de se retirer, mais Eléa l'en empêcha, elle serra ses jambes autour de lui aussi fort qu'elle le put.
Lucius la regarda avec étonnement et fronça les sourcils lorsqu'elle bougea à son tour ses hanches avec violence.
« Eléa putain, arrête ! » ordonna-t-il.
Mais elle continua de plus belle. Ils luttèrent quelques secondes, Eléa pour maîtriser son amant et le faire jouir, Lucius pour échapper à son étreinte. Il saisit soudainement ses jambes avec force et s'écarta d'elle au moment où il jouit, souillant les draps entremêlés de leurs vêtements.
« Qu'est-ce qu'il t'as pris ? » hurla-t-il, « t'es devenue folle ? »
Eléa le regarda, les larmes aux yeux et sauta du lit pour s'enfermer dans la salle de bain, elle sursauta quand elle entendit quelque chose se briser contre le mur et se regarda dans le miroir.
Elle était pitoyable, qu'avait-elle fait à Lily ? Elle avait trahi sa meilleure amie, c'était plus que de la trahison, il n'y avait aucun mot pour nommer ce qu'elle venait de faire. Elle détourna le regard de son propre reflet et explosa en sanglots. Elle se laissa glisser sur le sol, contre la baignoire et pleura à chaudes larmes. Elle aurait dû lui résister, ne pas accepter cette mission, mais elle tenait trop à Lucius, à sa propre vie, à son pouvoir...
Lucius entra dans la salle de bain quelques minutes plus tard et soupira en la voyant ainsi assise sur le carrelage glacé. Il attrapa une couverture du lit et s'approcha d'elle pour la couvrir, puis il s'assit à côté d'elle. Ils restèrent en silence un long moment, puis Eléa posa sa tête sur son épaule et il lui saisit ses mains pour les réchauffer.
« Tu te rends compte que si tu tombes enceinte de moi, Il tuera l'enfant ? » Elle acquiesça tristement.
« Je suis désolée, » murmura-t-elle. « Je ne sais pas ce qui m'a pris... »
« C'est rien amour, je comprends, » dit-il en la prenant dans les bras. « Je m'occuperai de cet enfant, je te le jure... Je le reconnaîtrai, personne ne le saura Eléa... »
Elle soupira en essuyant une larme qui coulait le long de sa joue.
« Eléa, » reprit Lucius. « Tu sais... » Il hésita. « Je suis très bon en manipulation de l'esprit, si tu le veux, je peux faire en sorte que tu oublies ce qu'il s'est passé, tu seras persuadée que cet enfant est de moi... »
Elle le dévisagea en fronçant les sourcils.
« Tu ne peux pas faire ça Lucius... »
« Si ça peut te rendre plus heureuse, je le ferai... » dit-il sérieusement.
« Non... ça n'arrangera pas les choses, quand le Maître voudra voir l'enfant, comment je réagirai ? » dit-elle hésitante, avant de répondre définitivement. « Non... »
« Bien... Si tu changes d'avis, tu n'as qu'un mot à me dire, » ajouta Lucius et Eléa acquiesça. « Il fait froid par terre, si on allait au lit ? » proposa-t-il.
Elle sourit et se leva pour le suivre. Ils se glissèrent sous les draps et se blottirent l'un contre l'autre avec tendresse, Eléa savoura ce moment en oubliant la journée infernale qu'elle venait de passer, la journée où elle avait définitivement dit adieu à son âme.
Grimmauld Place, mardi 31 décembre 1997
Les quelques jours qui venaient de passer avaient été plutôt tranquilles. Hermione avait remarqué tous les efforts d'Harry pour se montrer plus civilisé avec Eléa et elle lui en était reconnaissante. La balade de la veille dans un Londres enneigé avait permis à la jeune sorcière d'oublier pendant quelques heures la boule qui s'était formée au creux de son estomac en songeant à la date funeste qui arrivait et contre laquelle elle allait devoir se montrer forte.
Ils venaient de finir de déjeuner et un hibou était arrivé pour le dessert apportant des nouvelles des Weasley. Ginny et Ron devaient arriver en fin d'après-midi pour passer le réveillon du nouvel an avec Harry et Hermione. Harry était impatient de revoir sa petite amie et il s'était rapidement éclipsé, prétextant des devoirs à faire bien qu'Hermione savait pertinemment qu'il allait déjà commencer à se préparer. Le Professeur Dumbledore était passé assez rapidement pour fournir quelques explications sur les mesures de prévention prises pour ce jour particulièrement sensible. En effet, l'Ordre du Phénix ayant retenu les leçons des événements de l'an passé, avait déployé plus de moyens pour sécuriser les lieux à risque et une partie des Aurors était d'astreinte pour effectuer des rondes de surveillance dans la capitale britannique. Eléa doutait sérieusement d'une action de Voldemort et ses Mangemorts ce soir mais ses paroles n'avaient pas rassuré pour autant le vieux sorcier.
Après son entretien avec son père, Eléa remonta dans sa chambre en marmonnant. Elle claqua malgré elle un peu trop fort la porte et bondit vers la fenêtre dans la seconde où elle reconnut l'aigle de Lucius qui attendait majestueusement sur la margelle de sa fenêtre. Elle le laissa se réchauffer auprès de la cheminée avec du pâté en croûte de ce midi et déplia son message avec fébrilité. Quand elle eut fini sa lecture frénétique, elle lâcha un soupir de contentement et relut les mots de son amant avec délectation.
« Mon Amour,
Je suis rentré d'Italie hier soir très tard. J'aimerais qu'on passe cette soirée rien que tous les deux, tu décideras de ce que l'on fera. Je suis tout à toi ce soir, à ta disposition.
Je t'aime.
Ne mets pas de culotte si tu viens, on gagnera du temps…
L.M. »
Eléa étouffa un petit rire en imaginant la tête de Lucius en train d'écrire ces mots. Son sourire s'effaça quand elle songea qu'elle avait déjà dit à Hermione qu'elle serait là ce soir, faute d'avoir eu des nouvelles de Lucius qui semblait s'être volatilisé.
Elle redescendit au rez-de-chaussée en ne cessant de marmonner et son cœur se serra quand elle vit Hermione blottie dans une couverture, au coin du feu. Elle s'efforça de paraître enjouée quand elle la rejoignit mais son visage s'assombrit quand elle vit sa fille essuyer rapidement quelques larmes silencieuses.
« Chérie… » commença Eléa en s'asseyant à côté de la jeune sorcière, coinçant sa lettre entre les coussins du canapé.
« Ca va aller, » la rassura Hermione en se redressant, « ça va aller… C'est juste qu'ils me manquent affreusement mais ça ira… »
« Je sais ma chérie, je suis désolée… » déclara Eléa encore remplie de remords.
« Ce n'était pas ta faute, » répondit Hermione en haussant les épaules avant de froncer les sourcils et tirer sur la lettre qui lui chatouillait les doigts de pied. « C'est quoi ça ? »
« C'est rien, » répondit rapidement Eléa en dissimulant dans sa poche le parchemin qu'elle froissa.
« Des nouvelles de Lucius ? Tu en attends depuis tellement longtemps… »
« Non ! Enfin oui… Il a l'air d'aller bien, » répondit d'un air détaché Eléa.
« Il veut que vous passiez la soirée ensemble, n'est-ce pas ? »
« Non, non, il ne sait pas quand il rentre d'Italie mais il pense à moi quand même… »
Hermione soupira et pencha légèrement la tête sur le côté avant de lever les yeux au ciel.
« Maman… »
« Oui, bon d'accord, tu as raison mais je lui ai déjà répondu que non, que je préférais passer la soirée avec ma fille, » mentit Eléa en prenant plus d'assurance au fur et à mesure de sa conviction.
« Alors, tu vas lui écrire tout de suite que les plans ont changé et que tu passes la soirée avec lui ! » déclara fermement Hermione.
« Non chérie, je passe ce réveillon avec toi, j'en ai très envie. »
« Et moi, je ne veux pas passer la soirée avec toi, je t'ai assez vue ! Je t'ordonne d'aller t'amuser avec Lucius Malfoy ! »
« Tu as de la fièvre ? » Eléa leva un sourcil qui fit sourire Hermione.
« Non, je veux juste que tu en profites maman. La vie est courte, on s'est beaucoup vu, vas-y tu en as envie… »
« Tu es sûre ? Je ne veux pas te laisser pendant cette période difficile pour toi chérie… »
« Je suis sûre ! Ca ira, je serai avec Harry et mes amis. Ce n'est pas toi qui disais « les jeunes avec les jeunes » ??! »
« Je t'aime tu sais chérie, » sourit Eléa en déposant un baiser sur la main d'Hermione.
« Moi aussi, je t'aime maman, » lui assura Hermione en retour.
« Je vais écrire à Lucius ! »
Eléa se leva d'un bond, comme montée sur ressort et sortit en sautillant comme une adolescente, sous le regard amusé de son adolescente de fille.
Dimanche 23 décembre 1979
La réunion avait commencé depuis presque une heure et Eléa avait déjà une furieuse envie de retourner chez elle et de s'enfouir sous les couvertures. Dans un premier temps, elle avait eu du mal à regarder Lily dans les yeux, puis elle était passée au-dessus de sa culpabilité et avait réussi à se comporter normalement. James avait remarqué son regard fuyant et Eléa avait dû faire preuve de sang-froid pour le regarder en face, sans ciller. Elle se rendit alors compte que malgré les apparences, James n'avait aucune confiance en elle et elle en fut assez contrariée.
Les rapports de mission s'étaient alors succédés, Eléa essaya de cacher son ennui et surtout son manque de sommeil du aux dernières nuits blanches à repasser sans cesse sa trahison en revue. La réunion ne dura pas très longtemps et Eléa fut chargée de se renseigner auprès de Lucius sur les projets des Mangemorts pour la nuit de la St Sylvestre. Elle n'avait pas réalisé que les fêtes de fin d'année étaient si proches et accepta sans grand enthousiasme de soutirer des informations.
Eléa était en train de rassembler ses affaires lorsque Lily posa avec douceur une de ses mains sur celles de son amie.
« Eléa, est-ce que tout va bien ? »
« Oui, oui… » mentit Eléa.
« Je te sens pas bien, tu es fuyante et tu as l'air vraiment lasse, » s'inquiéta Lily.
Eléa regarda les grands yeux verts émeraude de Lily.
« C'est rien Lily, » avoua Eléa. « je dors mal en ce moment, j'ai quelques problèmes de couple… ça passera… »
« Je l'espère de tout cœur, » dit sincèrement la rouquine. « Tu sais quoi ? » ajouta-t-elle avec entrain, « Franck et Alice viennent dîner samedi soir, pourquoi ne pas te joindre à nous ? »
« Euh… » hésita Eléa. « C'est gentil mais je vais rester me reposer… »
« Fais un effort… » implora Lily. « James ! » James approcha avec un sourire. « Aide-moi à convaincre Eléa de venir samedi soir pour le dîner avec les Londubat… »
James fronça les sourcils et sembla réfléchir quelques secondes.
« Samedi soir, nous sommes invités chez tes parents chérie… »
« Non, nous avons Franck et Alice… » insista Lily.
« Je t'ai demandé de choisir vendredi, quand ton cours a été annulé, tu m'as dit de dire à tes parents samedi soir… »
« James voyons, pourquoi je t'aurai répondu ça alors que je savais que nous avions des invités ce jour-là ? » rit Lily. « Tu sais bien que je n'oublie jamais ce genre de choses… Tu as dû confondre… »
Eléa se sentit nauséeuse. Elle avait oublié de rapporter la conversation qu'elle avait eue avec James ce jour-là ; de ce fait, Lily n'en avait aucun souvenir. Sa gorge se serra à la vue de James, pensif, il doutait, elle le savait.
« Ecoutez... Ce n'est rien, je vais rester chez moi, j'ai besoin de repos... et puis je n'ai pas vraiment d'atomes crochus avec Franck et Alice, vous le savez… »
« Ok… Désolée pour le mal entendu… » s'excusa Lily.
« Ce n'est rien… Je vais rentrer, il se fait tard… Passez un bon Noël... »
« Merci, toi aussi ! » Lily lui sourit amicalement et laissa Eléa se diriger vers la sortie.
« Eléa ? » Elle se retourna vers James. « Dorcas a essayé de te joindre par cheminée vendredi après-midi, elle n'y est pas arrivée... »
« Oh... Je n'étais pas chez moi. Sarah, tu sais la copine de Sev, avait besoin de moi pour... » James avait un air blasé. « Enfin bref... Je n'étais pas là et de toute façon Lucius a fait fermer ma cheminée... »
« Ah bon ? En quel honneur ? » demanda James d'un air étonné.
« Tu sais, il est un peu parano... » Eléa leva les yeux au ciel en grimaçant avant de reprendre. « A quel sujet voulait me voir Meadows ? »
« Dorcas, » le reprit-il avec un sourire, « avait besoin du livre ainsi que de ses notes que tu lui as empruntés, sur les maladies magiques... »
« Ah... Ok, je lui rapporterai... »
Elle lui adressa un léger sourire et sortit du QG avec soulagement. Elle quitta l'Ordre du Phénix avec un sentiment assez confus de lassitude, mais aussi de colère. Contre elle-même, pour ne pas avoir pensé à retranscrire sa conversation avec James, mais aussi contre James qui avait immédiatement eu des doutes sur elle. N'avait-elle pas été parfaite ce jour-là ? Elle aurait mit sa main à couper qu'il n'y avait vu que du feu. Pourquoi ne lui faisait-il pas confiance alors que tous les autres oui ?
Elle rentra finalement dans son appartement en marmonnant toute seule et lorsqu'elle se retourna, elle se figea de surprise. Ses yeux bleus écarquillés parcouraient l'appartement, prenant tour à tour les couleurs qui décoraient ce soir-là les murs. La cheminée était allumée et réchauffait la pièce, il y avait deux chaussettes accrochées, sur lesquelles étaient brodés son nom et celui de Lucius. Des guirlandes rouges et vertes habillaient élégamment les murs et un sapin magnifique, dont l'odeur se répandait dans la pièce, était devant la fenêtre. Le sapin était décoré d'angelots et de petits sujets argentés et blancs. Eléa regardait l'ensemble, bouche bée et sentit un regard derrière son dos. Elle se retourna et vit son amant, dans un costume de soie noire s'approcher d'elle avec un grand sourire. Ils se retrouvèrent face à face et il leva les yeux au ciel, lui montrant un bouquet de gui accroché au plafond, puis il l'embrassa tendrement.
« Je me suis dit qu'un Noël en avance serait une bonne idée... » susurra-t-il.
« Très bonne, en effet, » sourit Eléa, « ça tombe très bien même, » ajouta-t-elle en pensant à la soirée qu'elle venait de passer.
« Il faut accrocher l'étoile en haut du sapin, » dit-il avec un grand sourire en lui tendant une boite de taille moyenne.
Eléa l'ouvrit pour découvrir une magnifique étoile argentée, brillant d'une lumière surnaturelle. Eléa s'approcha du sapin et jeta un regard reconnaissant à Lucius avant d'accrocher le petit astre, finalisant ainsi la merveilleuse décoration de l'appartement.
Ils passèrent leur premier Noël ensemble avec un certain romantisme auquel Lucius n'avait pas habitué sa maîtresse. Attentif et affectueux, il la couvrit de cadeaux tous plus magnifiques les uns que les autres.
En fin de soirée, après le dessert et sa cinquième coupe de champagne, Eléa se dirigea légèrement chancelante vers la chambre et mit un déshabillé sexy ne cachant pas grand-chose de son corps. Elle revint dans le salon quelques minutes plus tard, essayant de dissimuler quelque chose derrière son dos.
« Qu'est-ce que c'est amour ? » demanda Lucius avec curiosité.
« De quoi tu parles ? » répondit Eléa innocemment tout en essayant de ne pas perdre son équilibre.
« Chaton, ça dépasse ta tête d'au moins trente centimètres ! » rit le Mangemort.
Eléa se mordit la lèvre avec une grimace comique.
« C'est ton cadeau... »
« Tu m'as déjà bien gâté, » s'étonna-t-il, avant de reprendre tout en lui caressant du regard ses formes généreuses, « et j'entrevois une suite des plus agréables... »
« Non, tu ne comprends pas... » Elle s'assit en face de lui, tenant le long paquet sur ses genoux. « C'est ton cadeau d'anniversaire... Je n'ai pas pu te l'offrir parce que... Enfin tu sais... »
« Nous étions en froid... » termina Lucius. « Tu n'étais pas obligée de m'offrir quelque chose tu sais... »
« Je l'ai commandé il y a un moment tu sais, spécialement pour toi... »
Eléa tendit le cadeau à son amant qui le contempla un instant avant de l'ouvrir. Il était long, étroit, lourd et Lucius se demanda ce que sa maîtresse avait bien pu lui acheter. Sous le papier cadeau, il découvrit une boîte en bois sculptée sobrement, il jeta un regard curieux à Eléa avant de l'ouvrir et ce fut à son tour de rester bouche bée.
« Eléa... C'est... Tu t'en es souvenue ? » articula-t-il.
« Bien sûr que je m'en suis souvenue... » répondit Eléa avec un large sourire.
« Elle est magnifique... » Il avait saisi la longue canne de bois sombre et la contemplait, s'attardant longuement sur le pommeau, représentant un serpent la gueule ouverte et aux yeux d'émeraude.
Eléa était ravie, elle avait réussi à étonner son amant et à lui offrir quelque chose de très original, elle eut un petit rire, tirant Lucius de sa contemplation. Il s'approcha d'elle et l'embrassa tendrement.
« Je ne sais pas quoi dire... » chuchota-t-il. « C'est un cadeau magnifique et qui me touche beaucoup, » dit-il sérieusement.
« Tu n'as rien à dire...Je me suis dit que tu aurais encore plus de classe avec ça... »
« Je ne crois pas qu'il soit possible d'avoir plus de classe amour... » plaisanta-t-il avec un air hautain.
« Lucius ! » s'exclama Eléa avec indignation alors que son amant leva un sourcil tout en s'approchant à nouveau d'elle pour l'enlacer. « Ce n'est pas tout chéri... » dit-elle avec un ton énigmatique. Lucius se recula et observa sa maîtresse d'un œil méfiant. « Mets tes mains de part et d'autre du pommeau et tire fort... »
Il s'exécuta et découvrit avec surprise une baguette magique.
« J'ai pensé que ça pourrait t'être très utile, » expliqua-t-elle.
« En effet... C'est une très bonne idée... » murmura-t-il.
« Je suis allée voir Ollivander et cette baguette est la jumelle de la tienne, il a pu la fabriquer... »
Lucius n'en revenait pas et observa son cadeau pendant une bonne dizaine de minutes, testant sa nouvelle baguette, puis il fut interrompu par Eléa qui avait prit une pose des plus suggestives sur le canapé. Il laissa enfin sa canne pour s'occuper de sa maîtresse et lui montrer combien il était satisfait de son cadeau. Une fois encore, ils firent attention et Lucius dut se retirer avant de jouir. Ils passèrent sur leur frustration, se rappelant qu'Eléa avait rendez-vous avec le Lord quelques jours après pour savoir si elle était enceinte. Une fois fixés, ils pourraient enfin faire l'amour normalement.
Ils finirent la soirée, enlacés, sur le canapé à écouter de la musique, dégustant le Champagne onéreux que Lucius avait acheté et savourant ce moment de paix avant d'affronter à nouveau leurs missions et leurs responsabilités.
Grimmauld Place, mardi 31 décembre 1997
« J'arrive pas à croire que tu aies laissé Eléa rejoindre Malfoy, Mione… » hallucina Ron en se resservant un deuxième verre de punch.
« Il n'y aura pas de massacre ce soir Ron… Et ma mère a à présent le droit d'être heureuse je crois, » répondit Hermione en baissant finalement les bras et abandonnant l'idée de nettoyer la chemise d'Harry. « Mais qu'est-ce que tu as fait avec cette chemise Harry ?? Aucun sort ne fonctionne ! »
« Je sais pas… » marmonna Harry d'un air penaud.
« C'est pas celle que Fred et George t'ont offert pour Noël ? » demanda Ron en croquant dans une chips.
« Si, justement, c'est pour ça que j'ai voulu la mettre ce soir, j'ai pensé que- »
Harry s'interrompit et les quatre amis se regardèrent avant de comprendre. Hermione et Ginny lâchèrent un petit rire alors que Ron fit une moue et Harry prit un air blasé.
« Ok, je vais changer de chemise, » déclara le Gryffondor d'un ton monocorde.
« Je viens t'aider à choisir ! » s'exclama Ginny en se levant.
« Hey ! N'en profitez pas ! » râla Ron en regardant le couple s'éloigner.
« Laisse-les Ron ! » râla à son tour Hermione. « C'est dommage pour Neville quand même… » ajouta-t-elle en se forçant pour ne pas rire devant la mine dépitée du rouquin.
« Oui ben il avait qu'à savoir convaincre sa grand-mère… » marmonna Ron en ne quittant pas des yeux la porte de la salle à manger par laquelle Harry et Ginny venaient de passer.
Aux alentours de 23h, Hermione ne cessait de regarder la pendule avec appréhension alors que Ginny et Harry se jetèrent des regards compatissants. Dobby s'efforça de les divertir durant quelques minutes en expliquant ce qu'il leur restait à manger ce soir avec humour. Pour le dessert, il revint avec une lettre qu'il donna à Ron. Le rouquin observa avec surprise son message avant de l'ouvrir avec curiosité. Une fois sa lecture terminée, il avait une mine indescriptible alors qu'il baissa les bras avec un air halluciné.
« C'est qui Ron ? » le questionna enfin Ginny.
Il ne répondit pas et avant qu'il ne réagisse, Hermione lui prit la lettre des mains pour la parcourir rapidement. Elle fronça les sourcils en levant à nouveau les yeux vers le rouquin qui haussa les épaules.
« Alors ? » insista Ginny alors qu'Harry rangeait machinalement les porte-couteaux les uns sur les autres.
Hermione rendit à Ron son message et le laissa annoncer la nouvelle avec un petit sourire.
« Pansy Parkinson m'a envoyé une carte de vœux… » annonça Ron comme si Grimmauld Place était sur le point d'être englouti tel Atlantis.
Harry en fit tomber sa pile magnifiquement montée alors que les filles lâchèrent d'une seule voix un « ouuuuuhhhhhh » tout en riant ouvertement.
« Mais… Elle t'insulte ? » demanda Harry d'un air perplexe.
« Non, elle me souhaite juste une bonne année… gentiment. »
« Ron, tu embrasses si bien que ça ou quoi ?! » rit Ginny bientôt imitée par Harry.
« Ron, vous sortez ensemble ? » demanda sérieusement Hermione en voyant le rouquin rougir légèrement.
« Non, non ! » se défendit Ron presque choqué.
« Elle te plaît ? » continua Hermione.
« Hermy, ce n'est pas parce que tu es sortie avec Draco Malfoy que tout le monde doit succomber aux Serpentards… » soupira Harry un peu agacé.
Hermione jeta un regard rempli d'éclairs à son frère et se leva en secouant la tête pour s'approcher de la cheminée.
« Cette fille est folle, » déclara Ron ne croyant toujours pas à la lettre qu'il avait entre les mains.
« Hey ! Deux minutes ! » s'exclama Ginny soudainement en désignant la pendule.
Hermione baissa la tête et remit une bûche dans la cheminée pour se donner une contenance. Alors que Dobby s'apprêtait à sortir, Harry se leva et le retint avec un sourire que lui rendit l'Elfe de maison aux grands yeux expressifs. Ron se leva et hésita un instant à jeter la lettre dans le feu avant de se raviser et la plier dans la poche de son pantalon. Ginny fixait l'heure avec excitation alors qu'Harry regardait Hermione avec une certaine tristesse, regrettant ses dernières paroles envers sa sœur.
« Trente secondes ! » informa Ginny avec excitation.
Harry rejoignit Hermione et passa un bras autour de ses épaules alors que la jeune sorcière était enfermée dans un mutisme qu'il comprenait.
« On n'est pas obligé de faire le compte à rebours Hermy… » dit-il doucement et la jeune sorcière acquiesça tristement. « Je suis désolé, » ajouta-t-il l'embrassant sur la joue.
« C'est pas grave… » souffla-t-elle en retenant sa respiration alors que les aiguilles de la pendule se rejoignirent.
Minuit passa dans un silence de recueillement en mémoire des parents adoptifs d'Hermione. Puis Hermione tomba dans les bras d'Harry pour y rester de longues secondes. Les embrassades continuèrent et s'interchangèrent dans des paroles murmurées de l'espoir d'une année meilleure. Hermione déposa enfin un baiser sur la tête de Dobby qui partit ensuite chercher le dessert en titubant.
La soirée se prolongea tard dans la nuit dans une bonne humeur retrouvée alors que les premiers hiboux arrivèrent vers 2h pour apporter les premiers messages de leurs familles et amis.
----------------------
Bombay, mercredi 1er janvier 1998, 1h30
« Eléa ? »
« Je reviens chéri… » souffla Eléa en collant sa missive d'un coup de baguette magique.
Elle atteignit la fenêtre et chargea l'aigle de Lucius d'une mission particulière pour que sa lettre arrive en Angleterre dans les meilleurs délais. Elle enroula une étoffe soyeuse autour de ses hanches que Lucius lui enleva en tirant sur un pan qui lui passa sous le nez. Elle esquissa un sourire joueur et conduisit son amant vers l'immense lit au milieu de leur chambre digne des mille et une nuits.
Dimanche 30 décembre 1979
Eléa était assise dans son salon, les yeux dans le vague. Les derniers jours passés avaient été plutôt calmes et elle appréhendait sa rencontre avec le Maître qui aurait lieu sous peu.
Elle avait passé Noël avec son père qui s'était arrangé pour quitter Poudlard après le repas. Ils avaient partagé un moment agréable, regardé des photos de l'enfance d'Eléa et elle avait été émue en revoyant le visage angélique de sa mère. Bizarrement, elle avait réussi à oublier toute cette histoire de trahison et eut l'impression d'être retournée quelques années en arrière, quand elle n'avait pas encore rencontré le Lord...
Le lendemain, les Maraudeurs l'avaient rejoint pour le repas du midi, à la grande surprise d'Eléa, qui fut reconnaissante envers Dumbledore d'avoir organisé ce repas. Ils s'étaient échangés quelques cadeaux puis avaient chanté autour d'un piano que Dumbledore avait fait apparaître et qui jouait tout seul des chansons de Noël.
Au cours de l'après midi, elle leur avait annoncé que les Mangemorts préparaient une descente au cœur de Londres pour le soir du Nouvel An et qu'ils seraient nombreux. Elle leur donna quelques détails que Lucius lui avait donnés, mais resta assez évasive sur leur véracité, ne sachant pas si Lucius lui faisait confiance ou non. Elle leur raconta que depuis la dernière mission qu'elle avait menée, Lucius se montrait plus discret sur ses missions et qu'elle n'osait pas insister de peur de provoquer une dispute, voire pire. Son père la remercia et plus tard dans la soirée, il organisa une réunion de l'Ordre du Phénix avec les membres leaders.
Lily et Eléa restèrent seules a l'étage pour discuter, se faisant du souci pour cette mission qui serait sûrement périlleuse. Quelques heures plus tard, les Maraudeurs remontèrent accompagnés de Dumbledore, ils leur expliquèrent la mission. Eléa et Lily ne seraient pas sur le terrain, ainsi qu'Alice Londubat, ils ne voulaient pas que les femmes enceintes se retrouvent au combat et tenaient à ce que Eléa soit là en renfort pour l'infirmerie. Eléa insista pour faire partie de l'équipe, mais ils refusèrent catégoriquement, ne voulant pas renouveler l'erreur de la dernière fois et risquer qu'elle se retrouve face à Lucius lors du combat. Elle proposa de changer d'apparence et Dumbledore hésita, pour finalement accepter, ils auraient besoin de monde sur le terrain et Eléa était très bonne au combat.
Eléa se tira de ses souvenirs et regarda l'heure en soupirant. Ils allaient être en retard... Elle se leva et se servit un verre de vodka glacée, tout en repensant à cette mission du trente et un décembre. Elle était heureuse d'y participer, elle avait besoin d'action, elle s'ennuyait et même si elle devait combattre pour « l'autre camp » elle pourrait tout de même jeter un œil à Lucius et le protéger si quelque chose arrivait.
« Tu es prête amour ? » dit Lucius en arrivant, légèrement essoufflé.
« Oui... » marmonna-t-elle.
Il la regarda en fronçant les sourcils.
« ça va ? »
« Pas trop non... ça passera, » avoua Eléa en s'emmitouflant dans son manteau noir. Elle se couvrit de sa capuche bordée de fourrure noire et ils sortirent de l'appartement.
« Quand est-ce que tu vas enfin lever ce sort d'anti-transplanage ? » demanda-t-elle, lasse.
« C'est pas pour demain ! » s'exclama Lucius. « Je n'ai pas vraiment envie que n'importe qui débarque chez toi, c'est pas un moulin ! »
Elle lui jeta un regard agacé et ils transplanèrent jusqu'au Manoir où le Lord les attendait.
Ils saluèrent les Mangemorts sur place, et discutèrent quelques secondes avec Rodolphus et Sarah, qui remarquèrent l'état nerveux d'Eléa. Ils ne posèrent pas de questions mais la regardèrent avec inquiétude.
Eléa sentit la Marque chauffer sur son avant-bras et elle serra la main de Lucius avec force pour lui signaler qu'ils devaient y aller.
« Finissons en... » murmura-t-elle.
Elle ne put s'empêcher de trembler en montant les grands escaliers qui menaient aux appartements du Maître. Elle était morte de peur. Que ferait-Il si elle n'était pas enceinte ? Elle pouvait encore ressentir avec effroi les fruits de sa dernière colère et ne tenait pas à ce que cela se reproduise.
Ils entrèrent enfin, Lucius l'entoura de son bras protecteur quand ils se relevèrent de leur révérence et Eléa accueillit ce geste avec un certain soulagement. Lucius était là, elle pouvait compter sur lui, elle lui jeta un regard de gratitude et s'avança vers le Maître.
Il la félicita pour sa mission et son déroulement, ne la quittant pas du regard, il essaya de capturer ses yeux, mais elle les détourna à chaque fois. L'atmosphère, tendue, se refroidit encore d'un cran lorsqu'Il s'approcha d'elle lentement et sa gorge se noua lorsqu'elle se rendit compte qu'elle tremblait à nouveau.
Il passa derrière elle et la prit par la taille avec douceur.
« N'aies pas peur Eléa, » chuchota-t-Il d'une façon presque inaudible à son oreille.
Ses mains parcoururent son ventre pour finalement se fixer sur son bas ventre, presque sur son pubis. Il appuya avec force dessus, tout en la collant à lui d'une façon obscène sous les regards froids d'Eilane et Lucius.
« Bien, très bien... » dit-Il après quelques secondes.
Il se recula, un sourire malfaisant aux lèvres.
« Félicitations, tu es enceinte... » annonça-t-Il avec un rictus.
Eléa le regarda froidement avant de poser ses yeux sur Eilane, qui souriait aussi.
« Tu n'es pas heureuse ? » demanda la Vélane.
« Si... » se contenta-t-elle de répondre.
« Je veux que tu te rendes à St Mangouste pour vérifier si tout va bien... » ordonna le Maître sans tenir compte du manque d'enthousiasme d'Eléa.
Il essaya à nouveau de la regarder dans les yeux, mais elle se tourna vers Lucius avec un faible sourire qu'il lui rendit.
« On peut y aller maintenant ? Je suis fatiguée... » demanda Eléa en baissant la tête.
« Tu fais encore des cauchemars ? » s'inquiéta Eilane.
« Non, » répliqua Eléa froidement. « J'ai juste besoin de sommeil. »
« Laissez-nous seuls, » trancha Lord Voldemort.
Il y eut un silence et finalement Eilane se dirigea vers la sortie mais Lucius ne bougea pas.
« Lucius, j'ai dit seuls... » menaça le Maître.
« Je reste, » dit-il la mâchoire serrée.
Le Lord sortit dangereusement sa baguette et Eléa se précipita sur Lucius, une main sur son torse, elle plongea dans son regard d'acier.
« ça va aller Lucius, attends-moi... »
Il céda à contrecœur et laissa sa maîtresse avec son Maître, le cœur battant.
« Assieds-toi, » dit-Il sèchement en lui désignant un fauteuil.
Elle s'exécuta, Il prit une chaise qu'Il mit en face d'elle et Il s'assit à l'envers, de façon à avoir le dossier devant Lui, Il s'y appuya, les bras croisés et resta silencieux quelques secondes.
« Regarde-moi dans les yeux... » demanda-t-Il doucement.
Elle leva son regard bleu pâle vers le Sien, bleu turquoise, et la gorge serrée elle Le laissa la dévisager.
« Je ne vais pas te faire de mal tu sais... Tu as accompli ta mission avec succès, je suis fier de toi... » dit-Il comme à une enfant de cinq ans. « J'espère seulement que cet enfant est bien celui de Potter... »
Le regard d'Eléa s'enflamma.
« C'est l'enfant de Potter ! » répondit-elle avec véhémence. « Il n'y a aucun doute possible... »
« Bien... Eléa, tant que tu feras ce que je te demanderai, je n'aurai aucune raison de te punir... N'oublie pas que tu m'appartiens... » Elle acquiesça tristement. « Que croyais-tu ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils. « Que parce que tu es une de mes favorites, je ne te punirais pas ? Que je n'oserais pas te torturer comme je l'ai fait ? » Eléa commença à pleurer silencieusement. « Oh ne pleure pas ma belle... J'aurais pu te faire bien pire tu sais... » Il eut un rire aigu. « Sache que je punis toujours plus sévèrement mes leaders. Parce que quand le dernier des larbins voit un des membres de mon Cercle trembler de peur devant moi, ça assoit mon pouvoir. Parce que la peur est mon plus grand pouvoir Eléa... Maintenant regarde-moi » Il lui prit le menton avec douceur. « Tu m'es toujours aussi précieuse, tu es toujours mon meilleur élément et je vais prendre soin de toi... »
Il pénétra en elle alors qu'elle ne le quittait pas des yeux et sa présence se fit douce et apaisante, comme Il l'avait déjà fait auparavant. Ce fut comme s'Il la débarrassait de toutes ses craintes et de tous ses doutes. Il posa ses deux mains sur son visage et tout son corps fut parcourut d'ondes électriques, Il lui donnait de Sa force, de Son pouvoir. Il se détacha d'elle et l'observa à nouveau.
« Viens me voir si tu refais des cauchemars, ou au moindre problème... »
« D'accord... »
Elle se leva et avant de partir, lui adressa un sourire de reconnaissance. Lucius abandonna sa conversation avec un Mangemort italien pour rejoindre sa maîtresse.
« Tu vas bien ? » demanda-t-il tout en passant une main sur son front pour dégager une mèche brune de son visage pâle. « Tes yeux sont dilatés, » remarqua-t-il.
« Je vais bien, Lucius, je suis enceinte et maintenant je suis intouchable... Par Lui ou n'importe qui d'autre... »
Elle lui saisit la main et l'amena avec un sourire vers les escaliers pour rejoindre les autres. Lucius regarda sa maîtresse avec une certaine inquiétude, essayant de deviner ce qu'elle pouvait avoir en tête pour tenir un tel langage.
Hatfield, mercredi 1er janvier 1998
La neige craquait sous ses pas et c'était le seul bruit qu'elle pouvait entendre dans le silence hivernal de cette petite ville de province. Elle avait faim et froid, et songea avec anticipation au thé chaud fumant et aux gâteaux l'accompagnant qui l'attendaient à Grimmauld Place.
Elle serra plus fort le bras qui lui servait d'escorte et d'appui, et ils s'arrêtèrent alors qu'une brise glaciale la fit frissonner. Quelques minutes qui parurent une éternité s'égrenèrent et elle tomba finalement à genoux dans la neige avant de gratter frénétiquement l'épaisse couche blanche. Contre toutes les lois de la Nature, une fleur magnifique aux couleurs flamboyantes émergea et sembla irradier le paysage blanc autour des deux sorciers.
« Une Fleur Eternelle… » murmura le vieux sorcier avec malice. « Bravo Hermione, elle est magnifique, je crois que la violation du règlement valait la peine. »
La jeune sorcière laissa un sourire contraster avec ses larmes qu'elle sécha tout en se relevant.
« Merci… » dit-elle reconnaissante en se blottissant dans les bras de son accompagnateur et protecteur, « … grand-père. »
Le grand-père et sa petite-fille sortirent enlacés du petit cimetière avant de transplaner jusqu'au QG de l'Ordre du Phénix.
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre !! n'hésitez pas à laisser des commentaires !!
Teaser chapitre 29 : Un nouveau pas :
1977 : Rémus vivra des moments difficiles, à cause d'Eléa. Quelques tensions seront présentes du côté des Mangemorts mais Eléa retrouvera le sourire grâce à Severus. Maladroit, Lucius aura du mal à avoir les grâces de sa maîtresse.
1997 : Les ASPICS blancs vont occuper nos jeunes sorciers mais Harry et Hermione découvriront qu'être frère et sœur peut d'avérer avoir des privilèges et possibilités insoupçonnées. Eléa, Lucius, Severus, un triangle toujours plus prégnant.
