Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter. Merci à Russel T Davies et à la BBC de les avoir créés.
Bêta et encouragements : Réa S, tout aussi précieuse ^^
MADE BY TORCHWOOD
Chapitre 28 : Made by Torchwood For Torchwood
Je les regardais, les mains sur mon bureau, je sentais la colère se diffuser en moi. Une chaleur remontait mon échine, mon pouls s'accélérait sous l'effet de l'adrénaline, je ne voyais ni n'entendais plus rien.
- Je sais qui l'a enlevé, finis-je par répondre à Tosh et Owen qui protestaient devant mon silence après cette révélation.
- Mais qui ? demanda Owen.
- C'est très probablement Mace.
- Mace ? répéta Tosh soudain livide.
- Mace … affirmais-je.
Je ne pouvais pas m'empêcher de repenser à nos conversations, à son attitude et à celle de Ianto en sa présence. Cela me paraissait évident maintenant.
- Mais pourquoi ?
- Je ne sais pas Owen. Il avait découvert ce numéro, m'offusquais-je en désignant le téléphone de Ianto, alors que nous ne connaissions même pas son existence …
- Parce que l'Unit le surveillait et pas nous. Il suffit qu'un homme l'ait suivi le jour où il l'a acheté, continua Tosh, ce genre de téléphone est maintenant disponible partout, chez tous les vendeurs de journaux par exemple. Nous étions sous surveillance, il ne faut pas l'oublier …
- Mais comment sais-tu que c'est Mace ? relança Owen.
- Il l'a menacé de tout révéler s'il ne rejoignait pas son équipe. Écoutez, leur dis-je en leur repassant la conversation que je venais d'écouter.
« - …
- Ianto !
- Comment avez-vous eu ce numéro ?
- Tu me sous-estimes, tu ne devrais pas, c'est un conseil amical. Je te le demande une dernière fois avant de révéler tes petits secrets au Capitaine de votre équipe minable. Tu vas lui donner ta demande de mutation ou ta démission, c'est comme tu veux. Inventer une jolie histoire et bouger ton petit cul ici.
- Et moi je vous le dis une dernière fois, je ne ferais jamais cela. Ce n'est pas la peine de continuer …
- Ianto, Ianto … je le connais ton Harkness, il n'a aucune ambition, aucun moyen. J'ai tellement plus à t'offrir et tu le sais bien …
- C'est faux.
- Tu te plais avec lui ? Et si je lui dis tout, tu crois qu'il te gardera ? Parce que tu penses peut-être que c'est un sentimental ! C'est toi qui es bien naïf. Tu n'es que son jouet, quand il saura vraiment ce que tu es il te jettera comme il l'a fait avec tant d'autres. Comme tant d'autres l'ont déjà fait avec toi avant lui. Tu n'as pas besoin que je te rappelle quelques bons souvenirs n'est-ce pas ? Je te pensais un peu plus malin que cela ! Tu n'as donc pas lu son dossier ? Ton temps est compté de toute manière. Prends ton pied une dernière fois et rejoins-moi avant que je ne révèle tout. Tâche de réfléchir avec ton cerveau au-dessus de la ceinture.
- Il ne vous aime pas, il ne me laissera pas partir pour l'Unit, je le sais et vous aussi. Ne m'appelez plus et cessez vos menaces, j'en ai plus que marre …
- Tu feras ce que je te dis Ianto. Tu as repris contact avec ta sœur, c'est bien après ce qui s'est passé. Tu ne voudrais pas qu'elle ait des soucis à cause de toi, n'est-ce pas ?
- Vous n'êtes qu'une ordure … laissez-la en dehors de cela. Je connais moi aussi vos secrets et je n'hésiterais pas à les utiliser. »
Ianto lui avait raccroché au nez.
- Quand est-ce qu'on va lui botter le cul ? s'exclama Owen. Nous une équipe minable ? !
- Pas tout de suite, Owen …
- Quoi ! s'exclama Tosh, tu connais leurs conditions de détention, Jack !
- Je sais, soupirais-je.
Je ne les connaissais que trop bien, malheureusement.
- Mace ne nous le rendra pas en débarquant dans ses locaux et simplement en claquant des doigts. Je te rappelle qu'ils cosignent tous nos dossiers. J'attends d'en savoir plus avec mon informateur. Tosh, tu infiltres leur système. Ianto a parlé de secrets, nous devons les découvrir. On pourra s'en servir pour faire pression.
- J'arrête la traduction du carnet de Ianto ?
Ce n'était pas la peine de poser la question mais elle l'avait quand même fait.
- Oui Tosh, tu arrêtes la traduction.
- Il faut se dépêcher Jack … murmura-t-elle en quittant le bureau.
J'avais autant envie qu'eux d'aller lui refaire le portrait mais ce serait idiot de débarquer sans un minimum de préparation même si cela me démangeait drôlement … j'avais le cœur serré et en même temps il battait vite, les idées se bousculaient dans mon esprit. J'imaginais le plan de sauvetage, je tentais de deviner quels pouvaient être les secrets de Ianto, cela me poussait à repasser mentalement certains de nos moments, je me demandais dans quel état j'allais le trouver … mais pourquoi Mace le voulait tant ? Il risquait sa place en enlevant un agent … et lui que cachait-il ?
Je pris ma tête entre mes mains … je n'arrivais plus à organiser mes idées. Je n'avais rien eu à me mettre sous la dent pendant six jours et voilà que maintenant elle allait exploser car il y en avait trop … un bip insistant me tira de mes réflexions. Mon informateur me fixait un rendez-vous à Londres, au bord de la Tamise.
- Owen ! dis-je en sortant de mon bureau mon manteau sous le bras, les archives secrètes, au boulot !
Owen fit la moue, il était toujours le plus récalcitrant avec les dossiers.
- Où vas-tu Jack ?
- A Londres. Un aller-retour, je suis joignable sur mon portable.
- Prends plutôt celui-ci et rends moi l'autre, me conseilla Tosh. Je crains que nous soyons sur écoute, celui-ci ils ne le connaissent pas.
Je pris le SUV et en moins de deux heures j'étais au point de rendez-vous de mon informateur. J'avais conduit bien au-delà des limitations de vitesse, me faisant klaxonner par des automobilistes choqués que j'avais juste ignorés. En d'autres occasions cela m'aurait fait rire, tout comme la voiture de police qui s'était lancé à ma poursuite. En d'autres occasions.
Vais-je reconnaître la taupe ? J'attendais déjà depuis une dizaine de minutes mais je savais que cela était normal. Il devait vérifier que je n'avais pas été suivi et qu'aucune surveillance n'était en place. La dernière fois que je l'avais rencontré, il m'avait fait déshabiller et pour une fois cela n'avait aucun caractère sexuel. Il m'avait tendu un bleu de travail que j'avais enfilé. Nu comme un ver en dessous, il ne m'avait même pas laissé mes chaussures. Nous avions fait plusieurs dizaines de kilomètres dans sa voiture avant d'avoir notre petite conversation … il m'avait ensuite planté en rase campagne londonienne. Mais ces précautions faisaient qu'à l'aube de ses soixante-dix ans, il semblait toujours vivant. Et il l'était, je reconnaissais maintenant l'odeur caractéristique de sa cigarette dont il ne se déparait jamais.
- Le cancer t'a donc épargné ? fis-je en me retournant, je ne l'avais pas entendu ni vu arriver.
Redoutable.
- Oui Jack, répondit-il en me regardant, mais je voudrais bien avoir la recette de ta jeunesse éternelle.
Je le dévisageais, je l'aurais effectivement difficilement reconnu. Si le cancer n'avait pas eu raison de lui, il portait les stigmates de sa tabagie sur son visage, sa peau était prématurément ridée et ses dents jaunies. Mais ses yeux étaient toujours aussi vifs. Sous ses airs détachés, il devait être très étonné de me retrouver tel qu'il m'avait laissé … même si sa spécialité résidait dans la géopolitique, il connaissait parfaitement bien Torchwood. Il devait y voir l'œuvre d'un artefact ou me prendre pour un quelconque alien.
- Je te dirais mon secret un jour peut-être. Est-ce que tu as mes renseignements ?
- Oui, j'ai cherché dans les jeunes années de ton agent. Pas si difficile quand on sait à qui demander … j'ai rendu visite à un vieil ami dans une belle maison de retraite.
Je ne pu m'empêcher de ricaner. « Double Y » comme je l'avais surnommé n'avait pas d'amis.
- Et cet Ami dans quel état est-il après ta visite ?
- Vivant Jack, vivant. Il a juste fait dans son froc, mais depuis le temps, je suis habitué. Je me demande si tu ne deviens pas sentimental, ironisa-t-il visiblement étonné par ma remarque. Il avait légèrement relevé la tête pour me regarder, sa clope roulée à moitié éteinte toujours au bout de ses lèvres.
Il était certain qu'il m'avait connu dans des heures sombres de mon existence, des périodes que je préférais oublier.
- Continue.
- Est-ce que tu connais la mosaïque ? Est-ce que tu connais les MBT ?
- Non.
- Allons nous asseoir, je vais te donner quelques éléments qui te permettront de tout comprendre.
Nous nous dirigeâmes vers un bac au bord de la Tamise. Il avait vieilli, un peu plus courbé qu'avant, il se déplaçait avec manifestement plus de difficulté. Prématurément vieilli … pas vraiment étonnant. Il posa sa main sur son estomac, il n'avait pas beaucoup changé dans le fond … il souffrait il y a vingt ans déjà d'un ulcère. Alors que nous étions tout deux prisonniers dans des geôles infâmes, j'avais bien cru que c'était ce qui allait le tuer et pas les tortures qui nous attendaient. Il avait vomi tellement de sang que nos bourreaux l'avaient cru mort … et cela nous avait sauvé car une fois balancé dans un fossé, il était revenu me chercher. Oh pas par amitié, c'est moi qui avait les microfilms.
- Cette renarde d'Hartman s'était mise en tête de déceler dans le pays les enfants … hors du commun. Mon informateur était médecin, il a été recruté à ce moment-là pour participer à deux projets, d'abord la mosaïque. Un programme ambitieux qui devait permettre de détecter les enfants prodiges ou possédant des dons hors du commun. Elle cherchait des télépathes, des clairvoyants, des enfants déplaçant des objets, parlant aux animaux … le pays était quadrillé de personnes lambda, d'où le nom de mosaïque, formées pour détecter les enfants possédant certaines de ces habilitées ou les petits génies. Le plus drôle c'est que d'après mon informateur, elle en a trouvé ! Ces enfants, car seuls les enfants ou les très jeunes adolescents l'intéressaient, étaient arrachés d'une manière ou d'un autre à leurs parents et placés dans son école. Tu connais les méthodes d'Yvonne, pas la peine de te faire un dessin. Recrutés et illico formés, entraînés, formatés …Ceux-là étaient désignés comme les « Made by Torchwood ».
Il fit une pause dans son discours pour me laisser le temps de digérer ce que je venais d'entendre. J'étais dans une rage folle et il devait s'en douter. Elle m'avait donné l'illusion que je savais ce qu'elle manigançait … et je m'étais fait avoir en beauté, pour rester courtois. Il me paraissait évident que mes informateurs étaient à sa solde et ne me transmettaient que ce qu'elle avait décidé. Jamais ils ne m'avaient parlés de ces opérations …
- Au sein de Torchwood Londres, ces opérations étaient très secrètes, alors à Cardiff ... dit-il de manière évasive mais en souriant.
Cela l'amusait … Je devais mal cacher ma colère et lui se moquait, il fallait vraiment que je me reprenne.
- Comment a-t-elle fait ?
- Ne jamais sous-estimer ses ennemis, Jack … ni ses amis d'ailleurs. Tout se passait dans des bâtiments distincts avec un personnel recruté spécialement. J'appréciais Yvonne car je sais reconnaître un génie quand j'en rencontre un. Je lui avais même proposé de travailler pour moi alors qu'elle débutait au MI6. Mais elle avait déjà la tête dans les étoiles … dommage. Je n'ai jamais compris votre passion. Je préfère m'occuper des hommes, c'est déjà assez compliqué sans aller chercher d'autres êtres. Bref, tout ce projet a eu une fin, elle avait ses génies en herbe fabriqués par Torchwood pour Torchwood. Petit à petit ils passaient de l'école aux bureaux de la Tour de Canary Wharf. Pas la vraie vie, juste la réalité pour laquelle ils avaient été préparés. Ton Ianto Jones a quitté l'école beaucoup plus tôt que les autres et apparemment son intégration ne s'est pas bien passée. Mais mon informateur n'appartenait déjà plus à l'institution, il ne m'a pas donné plus de détails si ce n'est qu'Yvonne l'avait pris sous son aile ... au point de l'adopter ! Tu parles, un télépathe cela ne court pas les rues.
- Télépathe ? !
J'étais quelque peu abasourdi. Je m'attendais à des révélations mais pas celle-là. Vivement que je retourne chasser les weevils, au moins j'avais l'impression de maîtriser quelque chose car là tout m'échappait dangereusement.
- C'est impossible, commençais-je.
J'avais moi-même quelques habilités psychiques, s'il avait cherché à lire mes pensées, je l'aurais senti. J'avais été formé pour maintenir mes barrières mentales, je le faisais naturellement même si à Cardiff au vingtième siècle je ne faisais pas vraiment attention.
- Je l'aurais senti, terminais-je.
- Ce sont mes informations Jack, je ne dis pas qu'elles sont correctes. Yvonne, adopter un gamin … c'est du grand n'importe quoi je te l'accorde, de la science fiction ! Mais mon informateur semblait sûr de lui … même après que je l'ai cuisiné. Tous ces agents ont un dossier qui commence par MBT, il paraît que tu as tout récupéré, cherche.
Oui, pas la peine de me le dire, j'y avais pensé et j'espérais bien qu'Owen s'y attelait. MBT … cela me rappelait la référence que nous avions trouvée avec Tosh dans son dossier …
- Pour ton paiement ?
Nous avions terminé, pas besoin de rester plus longtemps.
- Je te dirais ce que je veux en temps et en heure. Vraiment heureux de retravailler avec toi Harkness.
Le plaisir n'était pas partagé, j'étais maintenant redevable et personne ne souhaitait l'être avec double Y.
J'attends vos réactions ^^
Je pense que cela répond à pas mal de questions ... et explicite le nom de la fic ;-))
Comme toujours un extrait de la suite :
"Nous fûmes tous les trois conduits jusqu'à Mace mais je fus le seul autorisé à entrer dans la salle où il se trouvait. Owen fit un esclandre et Tosh me fusilla du regard. La coupe était pleine, ils se sentaient exclus et leurs inquiétudes les rendaient colériques. Quand j'entrais dans la pièce, Mace me tournait le dos, il se tenait devant une immense vitre. Je m'approchais pour découvrir que c'était une glace sans tain d'où on pouvait voir une salle d'interrogatoire. Ianto y était au centre de la pièce … "
Merci de me suivre et à dans deux jours !
