Yo! Vous allez bien ? J'espère que je ne vous ai pas trop manqué haha x) descends de ton piédestal ça ira mieux...

Je vous livre le chapitre 28 de Kuroi, Aka, Hoka, qui n'est pas très palpitant x)... enfin, c'est surtout qu'il y a pas d'évènement quoi. Combien de fois j'ai répété ça ? Bon sang de bois ! xD

BREF ! Voilà le chapitre 28, il n'en reste pas beaucoup, je m'en suis rendue compte y'a pas longtemps..

Bonne lecture o/

Chapitre 28 :bius no Yuutsu

Réveil. Bordel j'ai mal au crâne... Je me demande l'heure qu'il est...

Je n'ai pas encore ouvert les yeux. J'ai un gros trou noir concernant hier soir. La seule indication que j'ai, c'est que je me sens super mal. Et je sais même pas pourquoi. Ça m'intrigue, je ne sais même pas pourquoi je suis dans cet état-là ni...

J'ouvre les yeux.

... ni où je suis.

Cette pièce n'est définitivement pas ma chambre, ça c'est pas mon lit, ni mon papier peint... Et cette photo n'est pas à moi, de toute façon ce n'est même pas moi et je ne sais pas qui c'est. Mes yeux se baladent dans la chambre, s'arrêtant sur des choses et d'autres, puis une autre photo qui représente, cette fois, quelqu'un que je connais. Tomo en l'occurrence.

Ah bah je sais où je suis ça y est ! Par contre, il y a toujours ce sentiment incompréhensible de malaise que je n'arrive pas à...

J'ai rompu avec Sasuke la nuit dernière, et mon cerveau a complètement déraillé.
Une merveilleuse envie de me mettre sous terre me prend.

Au prix d'un autre effort considérable, je m'extirpe de ce lit étranger pour trouver Tomo. J'ai encore beaucoup de mal à me rappeler la soirée d'hier.
J'entends une voix quelque part. Ayant fini par trouver la porte, je sors de la chambre, longe le couloir et arrive dans un salon assez spacieux. Je vois Tomo accoudé à une fenêtre, un téléphone à l'oreille.

-Désolé, j'ai un empêchement aujourd'hui... Oui, je suis désolé, ce n'était pas prévu, mais bon, je ne peux pas faire autrement. Je travaillerai le week-end prochain à la place si ça ne vous dérange pas. Merci, je vous le revaudrai...

Tomo se retourne, me regarde et dit :

-Je vous remercie. Bon, il faut que je vous laisse. Au revoir...
-Je ne veux pas te déranger plus, ai-je aussitôt marmonné. Tu n'aurais pas du... Pourquoi tu... ?
-Oh, ce n'est pas une journée de travail en moins qui va m'achever, fit Tomo avec un sourire. Et puis de toute façon, je préfère m'occuper de toi, puisque tu es tellement..
-Je vais très bien...
-Ah ? Si tu le dis... Dans ce cas, je vais t'aider à aller encore mieux.

Silence. Je me suis senti rougir. Pff...

-Merci c'est gentil.. Mais je.. je préfère rentrer chez moi pour ne pas te.. ai-je murmuré, gêné.

Mes yeux se sont posés sur l'immense horloge du salon. Bordel, je suis en retard d'au moins trois heures ! On est lundi, y'a cours aujourd'hui !

-Oh non... Je devrais être en cours depuis ce matin.. ! ai-je bredouillé, me mettant à paniquer.
-Ce n'est pas si grave, fit Tomo.
-Si, enfin non, je m'en fous de rater des cours, c'est juste que... si je ne vais pas en cours, on va penser que c'est à cause de Sasuke.. enfin, je ne veux pas que lui le pense...

En une fraction de seconde, j'ai vu Tomo serrer les poings en hochant doucement la tête.

Silence.

Quelques fragments de la soirée d'hier remontent à la surface.

-Dis Tomo... C'est vrai que... tu hais Sasuke ? ai-je demandé d'une petite voix.
-... Oui, enfin pas lui personnellement, mais c'est juste que.. Il te rend malheureux, tout ça... Je sais qu'il t'a rendu heureux avant, mais bon... Déjà, quand je t'ai revu, tu étais déprimé à cause de lui et là tu... raah. Juste que, à mes yeux, tu es une des dernières personnes au monde qui mérite de souffrir. N'importe quelle souffrance.

Nouveau silence. Je suis encore plus gêné. Et encore plus rougissant.

-Je.. merci...

Tomo a un peu ri, puis il m'a pris dans ses bras en me caressant les cheveux. Il s'est écarté au bout de quelques secondes.

-Ça va aller t'inquiètes pas... me dit-il. Il faut juste que tu passes à autre chose... Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire mais bon...
-Oui je sais.. ai-je marmonné. Mais là j'en suis encore à la phase dévasté, tu comprends ?
-Oui je comprends, répondit Tomo en souriant un peu tristement. Je te donnais juste un conseil pour.. ta vie future.

Je lui ai un peu souri, mais ce sourire a vite été remplacé par une grimace, comme s'il était trop tôt pour que je fasse quelque chose de semblable.

-Bon eh bien, je vais rentrer... Merci pour... pour tout.
-Tu n'as pas à me remercier, c'est normal. Je le referai à la première occasion.

Je me suis dirigé vers le couloir pour récupérer mes vêtements dans la chambre de Tomo, mais je me suis rappelé d'un truc. Ou plutôt, je ne me suis pas rappelé d'un truc.

-Est-ce que ça te dérangerait de.. de me raconter ce qu'il s'est passé hier ? Depuis le moment où tu m'as rencontré ?

Tomo m'a invité à m'asseoir sur le canapé en me tendant une tasse de café avant de commencer.

-Eh bien j'étais dans la rue, un peu plus loin, et je t'ai vu marcher assez bizarrement... Ça se voyait que tu étais dehors depuis longtemps, tu étais vraiment trempé à cause de la pluie. J'ai commencé à t'appeler en me rapprochant, mais tu ne réagissais pas.. Je m'inquiétais. Après, quand j'ai été assez proche de toi, tu t'es arrêté d'un coup sur la route... Tu tremblais horriblement. Une voiture a tourné et fonçait sur toi, mais tu ne voyais rien.. J'ai couru et je me suis jeté sur toi pour te mettre hors de danger. C'est pour ça que tu as une éraflure sur l'épaule..

Je me suis touché le côté gauche. Effectivement, j'ai senti un pansement.
Tomo a pris une gorgée de café avant de poursuivre.

-Après, je t'ai demandé ce que tu faisais si loin de chez toi, ce qu'il t'arrivait.. Tu ne répondais pas, tu étais vraiment inactif, j'avais peur... Alors je t'ai emmené ici parce que ce n'était pas loin, et puis je ne pouvais pas te laisser seul après t'avoir vu dans cet état, et en plus je ne sais toujours pas où tu habites. On est arrivés à mon appartement, tu tremblais encore plus, je t'ai amené des vêtements secs et euh.. j'ai voulu te changer mais je me suis dit que ça faisait bizarre, alors je t'ai laissé. Quand je suis revenu, je t'ai demandé ce qu'il s'était passé, et là tu m'as raconté... Je me sentais tellement mal pour toi... Tu me faisais beaucoup de peine. Je t'ai pris dans mes bras et tu as pleuré pendant une trentaine de minutes, peut-être plus, peut-être une heure. Tu t'es calmé progressivement. Au bout de quelques minutes, tu t'es remis à parler, tu m'as demandé si.. si je t'aimais et comment, et... Ensuite je t'ai allongé sur le lit mais tu m'as entraîné avec toi, à côté. Tu t'es mis face à moi et.. ensuite...

J'étais aux aguets. La dernière chose dont je me souvenais était quand Tomo m'avait dit qu'il haïssait Sasuke.
Qu'est-ce que mon cerveau m'a fait faire ?

-Ensuite tu.. tu m'as regardé dans les yeux en mettant un doigt sur mes lèvres, et tu m'as murmuré "Tu resteras toujours là, hein ? Si je fais des erreurs, tu m'aideras à les réparer ?".. Je t'ai répondu que oui, tu as souri et tu as fermé les yeux. Je crois que c'est là que tu t'es endormi.. Je me suis relevé, et j'ai entendu un bruit, en fait c'était ton portable qui vibrait. Il était tombé de la poche de ton pantalon quand tu t'étais changé. Il y avait un SMS d'Akira, enfin de ton père adoptif, et j'ai eu l'idée de lui téléphoner pour éviter de l'inquiéter et lui dire où est-ce que tu étais.. Il était un peu surpris mais content de savoir que tu étais entier. Après j'ai rangé un peu l'appartement, j'ai rangé tes vêtements, j'ai patienté un peu et je suis venu me coucher à côté de toi. La suite.. tu connais.

J'avais les yeux dans le vague. Tout concordait maintenant. Les sons répétés que j'entendais hier soir, c'était lui qui m'appelait, les chocs répétés c'était sûrement quand je bousculais des gens dans la rue.. et le grand choc que j'ai ressenti, c'était quand il m'a poussé... Oui, tout se remet à peu près en place dans ma tête.

-Eh bien.. merci pour ce.. récit.. ai-je marmonné en me levant du canapé, Tomo me suivant.
-Mais de rien, si c'était pour t'aider...

J'ai essayé de lui sourire. Du progrès.

-J'ai vraiment de la chance de t'avoir retrouvé.

Tomo a souri à son tour, puis je suis parti me rhabiller dans sa chambre.

14h et quelques

J'ai fini par rentrer chez moi. Je n'allais pas aller en cours quand même, on m'aurait pas laissé rentrer pour un seul cours de toute façon... Bref. Je me sens un tout petit mieux qu'hier soir, même si... Je me sens toujours terriblement mal.

J'ai encore beaucoup de mal à digérer la nouvelle, et j'ai du mal à accepter le fait que ça m'affecte autant.

En m'asseyant sur mon lit, j'ai vu que j'avais reçu un SMS de Kamui datant d'il y a plusieurs heures déjà : "Alors, tu t'es encore jamais réveillé ? x)". Une réponse appropriée ne tiendrait pas dans un SMS, c'est pourquoi je ne répondrai pas, je n'en ai ni la force ni l'envie. On verra ça plus tard.

Après avoir revêtu mon bas de pyjama, je me suis glissé sous ma couette et je me suis endormi avec la ferme intention de ne jamais me réveiller, ou de me réveiller dans un futur lointain.

Mardi 25 septembre - 7h

Je suis réveillé, mais je n'ouvre pas les yeux. Je me sens assailli par cette même vague de dépression qui m'a submergé lundi matin, sauf qu'aujourd'hui je me souviens exactement pourquoi. J'ai l'impression d'être dans un cauchemar horriblement réaliste, un cauchemar de sentiments, qui me fait ressentir un vide constant au niveau de la poitrine.

Sasuke ne fait plus parti de ma vie par ma faute.

Une merveilleuse envie de me mettre sous terre me prend.

J'ouvre les yeux et regarde ma chambre. Rien n'indique à première vue que j'ai chassé la personne qui a le plus compté à mes yeux de ma vie, mis à part que ça sort des murs, des meubles, de l'air que je respire, de tout...

Avec un soupir, je me lève, vais prendre ma douche, m'habille, mange un bol de céréales et vais m'asseoir devant la porte d'entrée, les yeux fixés sur l'horloge du salon, en attendant l'heure d'aller au lycée.

9h et quelques

J'avais peur d'aller au lycée. J'avais pas envie de revoir Sasuke, d'affronter sa suprême indifférence, de le voir faire comme avant, comme il y a plus d'un an, quand on ne se parlait pas... J'ai pas envie d'affronter l'horrible sentiment qui va m'envahir quand je vais le voir mais que je ne pourrai pas lui parler, ni même le regarder...

J'ai honte d'être dans la même pièce que lui, j'ai pas envie qu'il me voit, non...

Argh... Mais à un moment où à un autre, il va bien falloir que je rentre dans cette salle de classe..

Et Kamui qui ne sait toujours pas qu'on a rompu.. Peut-être qu'elle s'en doute, mais bon...

J'entre. Comme je m'y attendais, un court silence d'environ deux secondes suit, puis les conversations ont repris. Je passe devant les gens en me retenant à grand peine de tourner ma tête vers eux -bien que je sente leurs regards sur moi- sans m'arrêter, et vais directement à ma place. Je sors mes affaires, les yeux résolument baissés vers mon sac. Au bout de quelques secondes, je sens quelqu'un s'approcher. Kamui.

-Gaara... Ça va ? me demande-t-elle.

Je n'arrive même pas à lui mentir.

-Qu'est-ce que tu fais.. ici ? lui ai-je demandé en ignorant sa question. Avec moi ?
-Hein ? Comment ça ? s'étonna Kamui, visiblement surprise.
-Tu n'es pas obligée de rester ici.
-Quoi ? Mais enfin je... je suis ta meilleure amie et... je ne vais pas te laisser seul, bafouilla-t-elle. Pourquoi tu ne viens pas nous rejoindre ?
-Il ne t'a rien dit... Peut-être parce que j'ai plus le droit, je pense... Enfin, moi je le vois comme ça...

Kamui m'a regardé sans comprendre, puis ses yeux se sont agrandis sous la surprise.

-Tu.. Toi et Sasuke avez... ? Oh non, Gaara... Je suis désolée..
-Mouais. Hmm... Mais... tu n'es pas obligée de me tenir compagnie, tu sais. C'est dommage que ça nous oblige à être séparés en deux mais bon... Je ne t'en voudrais pas si tu veux rester avec ton petit-ami.
-Jamais je ne ferai passer Naruto avant toi. Je t'aime plus que lui, et de loin.

J'ai senti mon visage prendre des couleurs.

-Ça me touche. Mais... je ne sais pas si je veux être seul ou pas... J'apprécie le geste hein, c'est juste que.. pour le moment, je ne sais pas trop ce que je veux.

Elle m'a souri.

-D'accord Gaara, fais ce que tu veux. Dis-moi quand tu veux rester seul. Mais je suis là, ne t'inquiète pas.

J'ai essayé de lui rendre son sourire, et je me suis tourné vers la fenêtre en regardant le ciel d'un air plus ou moins mélancolique.

X

Si je puis dire, c'est le début du reste de ma vie.

Après avoir été plus ou moins brisé psychologiquement par la mort de ma mère quand j'avais six ans, j'ai réussi à ne plus rien ressentir, ou du moins presque rien. À part la peur, la haine, parfois la douleur. Là c'est différent, depuis un an environ, j'ai ressenti des choses comme les autres êtres humains, et je pense que je n'étais pas encore prêt pour ça.

Mais je savais pas que je tenais autant que ça à ce mec... C'est bien connu, c'est seulement quand on ne l'a plus qu'on se rend compte de la valeur de quelque chose. Eh bah voilà c'est l'exemple type, il n'est plus là, et je me sens perdu. C'est encore pire que la fois où il est parti à Nagasaki. Là, il est là, sous mes yeux, à côté de moi, à portée de main, mais je ne peux rien faire. Peut-être que je préfèrerais qu'il ne soit pas là, comme en avril...

Le truc qui m'énerve vraiment, c'est la façon dont ça m'atteint. Je suis totalement dévasté, c'est pas normal, j'ai entièrement conscience que c'est pas normal ! Et pourtant, je suis là, perdant tous mes moyens, ne sachant plus quoi faire, alors que j'arrivais très bien à vivre avant de le rencontrer... Être humain, c'est nul... Je préférais être émotionellement bloqué, mon cerveau ne subissait pas de dommages...

Comment j'ai pu être terrassé par quelque chose d'aussi bas, inutile, futile que les sentiments ? C'est complètement ridicule. Je me hais. Je déteste ce nouveau cerveau.

Une merveilleuse envie de me mettre sous terre me prend.

Les jours qui ont suivis étaient tous les mêmes. Je me levais déprimé, je me couchais déprimé, et entre temps je déprimais. Par deux fois, quand je me levais en pleine nuit, j'avais l'impression de voir Sasuke, par la fenêtre, me regarder de la rue, assis sur son vélo. J'ai failli plusieurs fois tomber dans les pommes parce que je me sentais mal rien qu'à l'idée que Sasuke ait à supporter ma présence dans la même pièce que lui. Il a l'air de s'en sortir, lui, pourquoi pas moi ? Pourquoi il n'y a qu'accablement que d'un seul côté, de mon côté ? C'est injuste...

C'est peut-être parce que lui n'est plus attaché à moi, peut-être que le fait que je ne sois plus avec lui soit une libération, c'est pour ça qu'il arrive à gérer..

Moi ça marche pas comme ça, moi je tiens encore à lui, même si j'ai pas envie, j'ai envie de m'arracher de mon propre corps et d'aller dans celui de quelqu'un qui ne ressent rien pour Sasuke. J'ai envie de tuer mes sentiments. Je n'ai plus envie de ressentir quoique ce soit... Les sentiments, c'est trop compliqué... Je comprenais rien quand j'avais six ans, c'est peut-être pour ça que je m'en suis plus ou moins sorti...

J'espère pouvoir retrouver une vie normale un jour. Je ne comprendrai sûrement jamais pourquoi je ressens toutes ces choses. Je n'ai jamais voulu devenir humain... Ça me soule, putain... Ma mère me manque...

Finalement, on dirait que je n'ai plus le droit de sourire, droit que j'ai perdu il y a onze ans..

X

Mercredi 10 octobre - 18h et quelques

C'est l'anniversaire de Naruto aujourd'hui. Kamui le lui a souhaité pour moi, n'osant toujours pas m'approcher des autres et de Sasuke.

J'ai encore rêvé de lui. Je rêve de lui environ deux nuits sur trois. Le rêve est différent à chaque fois, la seule chose qui ne diffère pas, c'est Sasuke, il est là, il me parle, il me parle de choses banales. J'ai mis quelques jours à comprendre la signification de ces rêves. En fait je veux juste qu'il me parle... Je veux aussi pouvoir communiquer avec lui, me comporter normalement avec lui, avoir le droit de me comporter normalement avec lui... Mais je ne peux même plus...

Ce soir, Hiro et moi sommes invités à.. je sais plus exactement, aller quelque part. On ne travaille pas, alors bon. Et Akira m'a laissé, je ne sais pas trop pourquoi, on est en pleine semaine... Je crois qu'il est prêt à m'accorder n'importe quoi depuis que je ne suis plus avec l'autre.. C'est un peu bête de sa part, heureusement que je n'en profite pas trop.

Donc voilà, je suis là, assis sur un banc avec Hiro, près du café. On attend les autres. J'espère ne croiser personne, ça me rendrait malade, et surtout pas Sasuke.

-Ah, ils arrivent ! fit Hiro en se levant.

Oui possible, vu que j'en connais qu'un seul dans le tas, ça pourrait être eux comme un autre groupe de gens.

-Salut, Kazuma, ai-je marmonné en me levant.
-Hey Gaara ! Tu te souviens donc de mon prénom ? s'exclama Kazuma, dit Machin, en me serrant la main. Ou alors tu l'as demandé à Hiro avant qu'on arrive ?
-Non, je l'ai toujours su quelque part. Je ne faisais juste aucun effort pour m'en souvenir.
-Ah... Bon, Hiro, Gaara, je vous présente-

Je n'ai retenu aucun prénom. Ils étaient cinq en tout, comment je pouvais y arriver ?

En fait, ce soir, je crois qu'on va dans un bar pour fêter je ne sais quel machin, et pendant ce temps-là, Naruto et tous les autres fêtent surement son anniversaire, ou alors ils attendront samedi, comme ils le font souvent.. Peut-être que là, il est juste avec Kamui... Enfin bref.
Je ne sais pas exactement pourquoi j'ai accepté de venir. J'aurais pu rester devant mon PC à regarder des trucs tristes, ou bien à déprimer en écrivant tout ce qui me passait par la tête sur des cahiers. Mais non, il a fallu que j'accepte cette stupide sortie... Tout ça parce que Hiro m'a obligé et que je n'ai pas dit "non" avec assez de conviction. Je regrette déjà d'être là.

Note à moi-même : même je suis au trente-sixième dessous, rester ferme avec les gens quand il s'agit de me traîner de force dans des endroits.

Mais comme il est trop tard, je suis là, assis dans un sofa d'un redoutable confort, en train de siroter je ne sais trop quoi avec Kazuma (j'ai tout de même du mal à l'appeler par son prénom).

-Alors... Comment ça va ? me demanda Kazuma avec un sérieux assez inhabituel.
-Mmmmh... Sur une échelle de 1 à 10, je dirais -6000.
-Haha, au moins tu n'as pas perdu de ton sarcasme.. Et puis c'est mieux que la dernière fois, tu m'avais dit moins l'infini ! (-∞)
-Mouais... Enfin, comme je ne sais pas compter jusqu'à moins l'infini, on va dire que ça et -6000 sont très proches...
-Rooh.. J'aime pas te voir aussi déprimant, d'une certaine manière ça me déprime aussi.
-Je ne vois pas pourquoi ton humeur serait influencée par la mienne..

Son attitude me rappelait désagréablement celle de Sasuke, quelques temps auparavant, quand il avait dit qu'il tenait mes intérêts à cœur.. Et une autre fois, où il m'a dit qu'il était heureux juste parce que je l'étais..

Mais ça marche plus dans l'autre sens à présent...

-Bah comme je t'aime bien -faut dire que, quand même, on se fait mutuellement rire depuis quelques mois déjà-, ça me fait un peu mal au cœur de te voir malheureux.. C'est ça quand on est attaché à quelqu'un.
-Ah, je vois. Mais tu peux redevenir heureux, ça me dérange pas.
-Depuis quand contrôle-t-on ses sentiments ? répliqua Kazuma avec un sourire.

Argh, m'en parle pas, si seulement je pouvais contrôler les miens.. pour les faire disparaître..

Sans m'en rendre vraiment compte, j'ai posé ma tête sur l'épaule de Kazuma. Il a posé sa main sur le sommet de crâne avec un soupir.

-Alala... tu me rappelles quand mon amour de lycée a rompu avec moi... J'ai mis du temps à m'en remettre, marmonna-t-il avant de siroter son Manhattan.
-Tu as réussi à te remettre ? n'ai-je pu m'empêcher de demander, me rendant compte trop tard à quel point ma question était puérile.
-Bien sûr, sinon je ne serais pas le bout-en-train que tu connais aujourd'hui.
-Comment ?
-Bah... je l'ai tuée. Non je plaisante.. ! Je me suis efforcé de penser à ce que je faisais avant, que j'avais réussi à vivre avant de la rencontrer et qu'il ne servait à rien de me morfondre alors que je pouvais encore profiter de la vie.
-Et c'était pas.. elle ta vie ?
-Si... Mais ne me surestime pas, je ne me suis pas mis à penser ça au bout de deux jours. J'ai du mettre... deux bons mois avant de m'en sortir petit à petit. J'ai travaillé d'arrache-pied sur mon esprit pour parvenir à un tel résultat et au bout de deux mois et demi, j'ai réussi à la regarder en face sans me sentir mal.
-Donc... si je suis ton raisonnement... Dans deux mois, j'irai mieux ?
-Ça ne marche pas comme ça pour tout le monde, s'esclaffa Kazuma. Certains mettent une semaine, d'autres un an... Moi, je sais pas combien de temps ça m'aurait pris si je ne m'étais pas autant stimulé... Et si je n'avais pas rencontré...
-Rencontrer quelqu'un t'a aidé ? me suis-je étonné.
-Oh que oui. Je ne m'y attendais pas vraiment, mais peu à peu je me sentais mieux... et je suis retombé amoureux.
-Quelle bêtise.. n'ai-je pas pu m'empêcher de souffler.
-Ce n'était pas du tout une bêtise, affirma Kazuma. De toute façon, ce n'était pas fait exprès...
-Bien sûr que non, ce n'était pas fait exprès ! me suis-je aussitôt emporté. Tu l'as dit toi-même, on ne contrôle pas ses sentiments... mais étant donné que tu avais déjà souffert une fois, on aurait pu penser que tu ferais tout pour ne pas ressentir à nouveau tout ça, mais non... tu es retombé dans le piège...

Il y eut un silence. Je venais de voir que je n'étais plus sur Kazuma. Lui-même semblait surpris par mon soudain accès de colère.

-Tu parles de moi ou de.. toi ?
-Peu importe. Bref. Qu'est-ce que tu as fait après avoir rompu la deuxième fois ? Tu as survécu ?
-Euh... bien sûr, oui... répondit Kazuma, la voix trahissant sa décontenance. Ce fut nettement plus facile la deuxième fois, et de toute façon, on avait décidé d'un commun accord de se séparer. Et aujourd'hui, on s'entend très bien tous les deux.
-Vous.. vous vous entendez bien ? ai-je répété, hébété.
-Très bien, assura Kazuma.
-Je.. Waw..

M'imaginer un jour en bons termes avec Sasuke après ce qui s'était passé relevait de l'impossible. Je ne me voyais pas lui parler tranquillement, comme à Kiba ou à quelqu'un d'autre, et faire comme si je n'avais pas partagé avec lui des choses que... que je n'avais partagées avec personne d'autre...

Mon cœur se serre...

-Gaara.. ça va ? me demanda Kazuma à voix basse.

Je l'ai regardé dans les yeux, ses yeux à mi-chemin entre le bleu électrique et le vert bouteille, avec une légère teinte de marron. J'ai toujours été intrigué par ses yeux, encore plus aujourd'hui, parce qu'ils m'ont apaisé l'espace d'une seconde.

Je me suis forcé à sourire.

-Oui ça va je... Je crois qu'il était encore trop tôt pour moi pour sortir...

Kazuma hocha la tête.

-Je comprends. Tu veux que je te raccompagne ? Je peux emprunter la voiture de quelqu'un..
-Non ça va aller t'inquiètes pas.. je vais demander à mon père de venir me chercher.
-D'accord. Je suis désolé de t'avoir invité, je ne voulais pas te faire te sentir mal à l'aise...
-C'est pas ta faute, tu voulais me remonter le moral.

Il a maladroitement souri, puis je suis sorti du bar/pub/autre d'un pas lent.

20h30 d'après ma montre

Je n'ai pas appelé Akira, je n'en voyais pas l'utilité. Et puis de toute façon, je préférais marcher, ce n'est pas très loin. Marcher m'aide à me purifier l'esprit. Un peu comme sur le chemin de la philosophie à Kyoto...

Peut-être qu'un jour, j'atteindrai le stade inespéré de pouvoir faire une action quelconque sans que je ne trouve directement de rapport avec Sasuke. Pour le moment c'est pas gagné, une simple fourchette me fait penser à lui, un nuage me fait penser à lui, une douche me fait penser à lui... un pull me fait penser à lui...

Il est devenu mon quotidien... C'est horriblement frustrant... J'arrête pas de penser à lui, à tout ce qui s'est passé depuis que je lui ai parlé pour la première fois, en heure de colle, le dix-sept mai...

Mais BORDEL quand il me disait qu'il m'aimait, quand il me le murmurait quand il me faisait l'amour, tout ça c'était du vent ? Il se fichait de moi ?... J'avais fini par me laisser aller, me laisser convaincre.. j'arrêtais de réfléchir à ce que je faisais, à mon comportement... C'est à cause de lui, tout ça... Je me suis abandonné à lui... Foutu branleur de mes deux...

Je le hais tellement...

Jeudi 11 octobre - 7h

Même réveil. Même sensation d'être dans un cauchemar. Même sensation de vide dans la poitrine. Même sentiment de dépression. Toujours pour les mêmes raisons. La même raison.

J'ouvre les yeux, regarde mes murs, ma chambre, qui respire le vide qu'a laissé Sasuke autant que je le fais, puis m'habille et vais prendre mon petit déjeuner. Après quoi, j'attends l'heure d'aller en cours, comme d'habitude. C'est devenu la même rengaine tous les matins.. et ça ne changera plus jamais... Ou peut-être pendant les vacances.

Une merveilleuse envie de me mettre sous terre me prend.

Cette nuit, en me réveillant, j'ai encore vu Sasuke dans la rue sur son vélo. Il pédalait, s'est arrêté devant ma maison et est reparti.
Je ne sais toujours si ce sont des rêves ou pas. En même temps, qu'est-ce que Sasuke foutrait dans ma rue à une heure avancée de la nuit sur son vélo ? Et surtout, pour regarder ma maison ? Tout ça est bien inutile et vide de sens, alors je vais abandonner cette idée. Si ça se trouve, c'est mon subconscient qui me joue des tours. Ou alors, je me réveille réellement et Sasuke est réellement à ma fenêtre la nuit, pour une raison qui m'échappe. Je devrais, par exemple, essayer de déplacer un truc dans ma chambre pendant la nuit et voir s'il a vraiment bougé ou pas.

Bref...

Je finis par me rendre au lycée. J'emprunte une cage d'escalier déserte, très peu empruntée par les élèves, et ça me va très bien. Aussi bizarrement que cela puisse paraître, je préfère être seul en ce moment.

Au moment où j'allais sortir de la cage après avoir atteint mon étage, quelqu'un a surgi de derrière un mur. Shino.

-Salut.

Je n'ai manifesté aucune surprise. Shino ne s'attendait pas à me voir surpris de toute façon.
Il a du prendre mon silence comme une invitation à me dire ce qu'il avait à me dire.

-Je n'ai pas réussi à te parler ces derniers temps. Je voulais... depuis le temps... je voulais m'excuser.
-T'excuser ? De quoi ? ai-je répété, surpris cette fois.
-Pour tout ce que j'ai... enfin tu sais de quoi je parle. Et aussi, je suis désolé pour toi et Sasuke... Vous alliez bien ensemble. Je le pense hein.
-Euh... merci.

Il y eut un silence, puis il s'est placé face à moi, mettant ses mains sur mes épaules. J'ai eu la vision furtive de Tomo qui avait fait la même chose quelques semaines auparavant, et de moi-même qui le faisait à Sasuke, lui me le faisant...

-Tu n'es pas seul, dit brusquement Shino. Il ne faut surtout pas que tu te mettes à penser ça. Ça deviendrait pire pour toi...
-Ah et.. je ne le suis pas ? a-je demandé, la voix sans timbre.
-Non, affirma-t-il avec une force qui me surprit. Pas du tout. On est là, je suis là. Si tu as besoin de quoique ce soit, je suis là..

Autre silence. Avant que je ne dise ce que j'avais en tête, Shino reprit :

-Enfin, pas tout.. Mais tu vois ce que je veux dire, pas.. ce genre de choses.

J'ai esquissé un sourire.

-Je ne t'appellerai pas pour ça, ai-je assuré. Je ne ferai pas ça, ne t'inquiète pas.
-OK ça me va.

Il m'a lâché puis s'est tourné vers la porte pour sortir de la cage d'escalier.

-Shino... merci.
-Pas de quoi, répondit-il après un court silence. Sasuke est un crétin, il n'aurait jamais du te laisser.

Et il est parti. J'ai cogité quelques secondes, puis j'ai pris le même chemin pour sortir.

Purée... J'y crois pas. Les gens sont tous là, à me dire que je ne suis pas seul, à me proposer leur aide. Je les trouve excessivement proches quand même, depuis quand je suis si proche d'eux, j'ai signé un contrat ? C'est un truc qui m'échappe. Bref. Tous ces gens sont bien mignons, mais ils n'ont pas l'air de comprendre que tout ce qu'ils peuvent me proposer ne me serait d'aucune utilité. La seule chose que je veux, moi, c'est un nouveau cerveau. Ou rentrer six pieds sous terre, au choix.. Quoique ça c'est possible, mais j'ai pas envie de le faire pour le moment.

Bats-toi Gaara, il le faut. Tu peux pas rester dans cet état-là éternellement. Tu vaux mieux que ça.

Peut-être pas.

C'est bizarre. Je sais que je ne dois pas rester comme ça, mais je n'arrive même pas à m'imaginer heureux de nouveau. Ou du moins, avant longtemps. Oui, tout cela est très bizarre. Je me sens comme détaché de mon propre esprit et pourtant je suis là. Je ne sais même pas si vous savez de quoi je parle.

En tout cas, moi non plus.

XxX

Alors ça sera comme ça, désormais ? Une succession de réveils, de journées et de sommeils déprimés ? Et re-belote après ? C'est bien nul tout ça. La vie est devenue moins drôle, je pourrai plus prendre plaisir à faire quoique ce soit. Et ça me rend triste.

En gros, je suis triste d'être triste.

Être conscient de son état est quelque chose de vraiment très étrange. On pourrait croire que dans ce cas-là, on est aptes à faire quelque chose, mais non, ce n'est pas parce que je sais que je suis dévasté et que je peux en parler avec détachement que je vais aller mieux. J'en parle, mais le côté qui ne parle pas hurle et souffre en silence.

Le cœur, entre autres.

Une merveilleuse envie de me mettre sous terre me prend.

Il y a un machin qui m'échappe, c'est les gens qui sont soudain là pour me soutenir. Ça m'étonne, personne m'avait dit que j'étais assez proche d'eux pour qu'ils soient "là pour moi". À part Kamui. Kamui que je n'ai pas beaucoup vue ces derniers temps. C'est normal, après tout, dès que je suis à côté d'elle, j'ai envie de m'en aller. C'est pas contre elle, mais j'arrive pas à rester avec les gens plus ou moins heureux.

Égoïste en plus de ça.

Mais au moins, j'ai dit à Kamui que je préférais être seul, et elle est super compréhensive. Nettement plus que moi. Et elle me comprend mieux que moi-même. Flippant. Je m'y habituerai jamais...

Lui aussi me comprenait mieux...

Et encore une routine ? Le fait de TOUT relier à Sasuke ? Tout et n'importe quoi ? Ça ça me soule. Avec ça, je guérirai jamais, vraiment jamais.
Je déteste ma nouvelle vie.

Si au moins, il évitait de me hanter la nuit, mais non, je le vois tous les jours, je rêve de lui presque toutes les nuits, et en plus de ça, il me suit jusque dans ma propre rue. Abhérent.
Et j'ai essayé de déplacer un objet dans ma chambre pendant la nuit... Le problème c'est qu'à mon réveil, j'avais oublié ce que j'avais déplacé.

Et en plus de ça, l'Alzheimer.

Quand tout s'accumule, ça devient vraiment... Insupportable.

Une merveilleuse envie de me mettre sous terre me prend.

o0 Owari 0o

Chapitre fini o/ à un rythme plus ou moins normal...

Alors ce chapitre ? Qu'en avez-vous pensé ? :) il se passe pas grand-chose, à par le fait que Gaara soit déprimé.. c'est d'ailleurs pour ça qu'il est "si court" ce chapitre x) (à peine plus de 6500 mots!)...

N'oubliez pas de cliquer sur Review xD j'adore lire les reviews :)
Par contre j'ai un petit souci pour les chapitres suivants, je ne sais pas exactement comment m'organiser... Voyez-vous, il ne reste que très peu de chapitres et il faut que j'organise tous les évènements à suivre ! v.v c'est bien ça, je sais même pas comment mettre en mots mes idées... n'importe quoi.

BREF ! J'espère que vous avez enjoy ce chapitre, à très bientôt ! o/