Plus mon récit avance et plus j'intègre des personnages que je n'avais pas prévus à l'origine, et je me rends compte que je les aime autant que ceux déjà existants ( c'est à dire ceux de LOTR). Pour le moment, la liste se compose de : Keren, Lyna, Cundo et ceux qui n'ont qu'un passage mineur comme Arthias ou Lenwë ( nom que je n'ai cité qu'une fois). Dans les chapitres qui suivent vous allez en découvrir de nouveaux, importants.

Puis-je vous demander quel est votre OC préféré pour le moment et quel(s) personnage (s) vous semble(nt) le(s) mieux respecté (s)par rapport au Seigneur des anneaux ? Merci :)
Sinon j'ai modifié quelques erreurs qui apparaissaient au cours des chapitres précédents ainsi que la phrase de l'anneau qui je crois colle mieux au sens que je voulais lui donner ( voir chapitre 3)et Cundo a subi un petit changement de couleur de cheveux (argentés), voilà ce que ça donne que de rajouter des personnages non prévus ^^,,,

Bonne lecture

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Chapitre 28: "La demeure sous la montagne"

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Quand Lyna reprit une nouvelle fois ses esprits, elle se trouvait à même le sol, dans le renfoncement d'une grosse roche, et les grognements des fauves qui servaient de montures à ses ravisseurs résonnaient le long des parois. Elle tenta de se mouvoir en vain. Elle gigotait encore dans tous les sens quand les bottes immenses du chef uruk hai pénétrèrent dans son champ de vision. Il prononça quelque chose d'incompréhensible et deux monstres moins baraqués la soulevèrent par les aisselles pour la laisser tomber un peu plus loin, sur la surface plate d'un gros rocher. Il faisait de nouveau nuit.
Lyna claquait des dents, non pas de froid mais de peur. Elle avait le sentiment que sa dernière heure ne tarderait pas à arriver. Elle se recroquevilla et son front heurta la pierre froide.. La jeune fille ne put retenir ses larmes. Elle sentit alors une grosse main empoigner ses cheveux sans délicatesse. Elle ferma les yeux. Soudain une voix impérative et forte retentit.

- Krurkhôlt !

Lyna sentie la poigne lâcher sa chevelure.

- Est-ce là une manière de traiter l'invitée du Maître ? reprit la voix avec un ton dépréciateur. Lâchez-là, éloignez-vous d'elle !

Lyna n'osait plus bouger ni même se redresser pour voir le nouvel arrivant.

- Pardonne-les, fit une voix douce à sa hauteur, ce sont des brutes épaisses pas bien intelligentes, mais au fond, ils ne sont pas si méchants.

La rouquine releva les yeux. Face à elle, agenouillé, se trouvait un jeune homme dont la beauté n'avait rien à envier aux elfes. Il se saisit d'un coutelas. Lyna eut un mouvement de recul.

- Tout va bien, tout va bien, répéta le jeune homme d'un ton calme en levant les paumes.

Il coupa les liens qui entravaient la jeune fille.

- Tu es libre, tu vois ? fit-il avec un sourire charmeur.

Le garçon était plus jeune que Lyna, il paraissait à peine avoir dépassé la vingtaine. Il était brun avec de longs cheveux ondulés presque frisés. Son teint était très pâle mais sans défaut. Il arborait une tenue semblable à celle d'un mercenaire, ses épaules étaient recouvertes d'une armure de cuir, une lanière en bandoulière traversait son torse où étaient fixée une dizaine de petit couteaux de lancer. À sa ceinture était accrochée une épée de fer et ses bottes de cuir étaient de bonne facture.

- Aller, redresse-toi, fit le jeune homme en lui tendant la main.

La jeune femme n'osait plus bouger. Elle laissa s'écouler quelques instant puis finit par attraper la main tendue. Le garçon la soutint et l'aida à rester debout sur ses jambes pantelantes.

- Qu'est-ce que ces abrutis de monstres sans cervelle t'ont fait ?! s'écria-t-il avec colère.

Il se tourna vers le groupe de monstres qui les entourait.

- Je vous avait dit d'en prendre soin ! hurla-t-il. Est-ce trop vous demander ?! Ce n'est pas ainsi que l'on traite une demoiselle !

Les uruk hai le regardèrent, leur chef, Krurkhôlt, s'avança puis se ravisa.

- Je préfère ça, reprit le jeune homme.

Il se tourna vers Lyna.

- Je suis navré de la façon dont tu as été traitée, le Maître n'aurait pas voulu cela. Accepte mes plus sincères excuses. Oh, mais j'oubliais , fit-il en se frappant le front de la main, je suis Daerachas. Mon maître a pris ses créatures en pitié et les a envoyées te chercher, il paraît que tu es quelqu'un de spécial. Mais de cela je ne sais pas grand chose, je ne suis qu'un simple coursier. Ma mission est de te conduire auprès du Maître.

Il regarda d'un air mauvais autour de lui.

- Et je veillerai à ce que plus aucun de ces monstres ne porte la main sur toi.

Lyna observa les créatures qui les encerclaient, celles-ci avait baissé les yeux ou s'étaient détournées. Elles l'avaient terriblement malmenée et leur air pitoyable lui procura un intense plaisir. Cependant, en les regardant plus profondément, elle se demanda comment de tels monstres pourraient un jour s'intégrer à la population normale, avec un vocabulaire et des manières si primitives et violentes. Elle attrapa le garçon par la manche.

- Ne t'en fait pas, la rassura-t-il, ils ne te feront plus rien, le plus important est de soigner ces vilaines blessures.

Il avait porté la main sur le crâne croûté de la jeune femme. Lyna senti son envie de pleurer refaire surface. Pendant qu'elle était là bas, cachée dans son petit trou, son amie et les deux hobbits qu'elle connaissait à peine s'étaient évertués à la défendre alors qu'elle-même n'avait rien pu faire. Puis l'un des monstres l'avait reniflée et extirpée de sa cachette. Elle avait voulu crier mais il avait aussitôt appliqué ses énormes paluches contre sa bouche, l'étouffant presque. Elle l'avait mordu et il lui avait cogné la tête contre le mur en écorce puis balancée sur son épaule. Ni Keren ni les hobbits ne s'en étaient aperçu, elle ne pouvait pas leur en vouloir, ils étaient eux-mêmes en bien mauvaise posture. Mais les elfes eux, avec leur vision et leur ouïe développées, aucun n'avait entendu ses gémissements et alors que ses ravisseurs s'enfonçaient dans la jungle avec elle, elle avait vu Legolas et Gimli se battre, et ceux-ci semblaient y prendre plaisir, un sourire ornait leur visage à chaque nouvelle créature abattue. Elle les avait haïs.

- Mes amis ? demanda Lyna, ils ont été pris à parti eux aussi.
- Ne t'en fais pas pour eux, dès que ces crétins de monstres t'ont trouvée, ils les ont laissé tranquilles. Quelque chose me dit qu'ils ne tarderons pas à nous rejoindre par ailleurs, sourit Daerachas.
- Tu sais quoi ? Après tout, je m'en fiche ! Ils ne se sont même pas aperçu que je me faisais enlever, trop occupés à s'amuser à massacrer ces choses... individus !
- Uruk Hai, la corrigea le jeune homme, c'est le nom qui leur a été attribué et qui leur convient parfaitement...

il la regarda avec un sourire magnifique et ses yeux gris semblaient sourire avec lui. Lyna se détendit un peu pendant que le jeune homme l'aidait à se hisser sur son propre cheval. Elle se sentait tellement sonnée qu'elle n'opposa aucune résistance.

- Je marcherai à tes côtés, la route à été fastidieuse pour toi.

Il frappa sur la croupe du cheval et l'animal se mit en route, guidé par Daerachas. Lyna se retourna vers les créatures qui étaient restées en arrière. Celles-ci n'effectuèrent pas un mouvement vers l'avant. En fait, la jeune fille crut même déceler de la peur dans leurs yeux cernées d'arcades sourcilières saillantes. Elle frissonna et souhaita malgré tout que Keren, Legolas et Gimli la retrouvent vite, alors que le cheval s'enfonçait plus profond dans la montagne.

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- Venez voir par ici ! interjeta Cundo

Genou à terre, il passait entre ses longs doigts, la terre humide de la forêt.

- Cette partie a récemment été retournée et balayée, fit-il, et à partir de là, les traces s'évanouissent.

Il désignait un espace à deux ou trois mètres de lui.

- Les uruk hai ne sont pas assez intelligents ni raffinés pour accomplir un tel tour de passe-passe, intervint Gimli.
- Effectivement, répondit Legolas, car il ne s'agit pas d'un tour de passe-passe.

De ses dagues il écarta une rangée de plantes grimpantes au dessus d'un gros monticule de terre découvrant un tunnel qui s'enfonçait sous la jungle.

- Voilà pourquoi nous les avions perdus, ils ont regagné leur cachette par ici et sont revenus en renfort. Jamais de ma vie je n'avais eu connaissance d'un tel passage, marmonna le prince de Mirkwood pour lui même.

Il se saisit d'une torche à l'intérieur d'une besace accrochée à l'un des chevaux et entreprit de chercher du bois mort. Avec l'aide des hobbits, il trouva rapidement quelques morceaux de bois sec. L'elfe frotta les branches l'une contre l'autre très rapidement. La flamme ne tarda pas à surgir et Legolas y porta la torche qui s'enflamma.

- C'est trop étroit et trop sombre pour les chevaux, précisa-t-il. À partir d'ici, nous continuons tous à pieds.

Keren descendit de son cheval.

- Je viens avec vous, dit-elle.

Les semi-hommes saisirent leur sac sur le dos de leurs poneys respectifs, tandis que Gimli sautait de Patte d'ours en lui tapotant amicalement la croupe.

- Tu vas me manquer ma belle !
- Emportez avec vous le minimum, conseilla Legolas.

Puis il se tourna vers les guerriers de son père dans le nombre se portait maintenant à six .

- J'ai besoin de confier la garde des chevaux à l'un d'entre vous. Les autres continuerons avec nous. Celui qui s'occupera des montures ira sur le sentier des elfes de jusqu'à parvenir sur les plaines au devant des Monts Brumeux. là-bas, il nous attendra et nourrira les bêtes jusqu'à notre retour.

Un guerrier aux longs cheveux noirs accepta la mission et se chargea de regrouper les animaux. Legolas se tourna vers Keren.

- Es-tu sûre de vouloir nous accompagner, ceci n'est plus une mission d'exploration, c'est une mission dangereuse pour un humain.
- Et il pourrait y avoir des araignées dans ce tunnel, grimaça Pippin, je déteste les araignées !

Keren porta les mains à ses hanches.

- Ecoutez ! Je n'ai pas fait tout ce chemin pour retrouver Lyna et la perdre à nouveau. Quoi qu'il en coute, je viens avec vous ! Et puis s'il y a des araignées, fit-elle en direction de Pippin, ne t'en fais pas, je les embrocherai avec ça !

Et elle tapota la garde de sa dague elfique. Merry qui s'était penché devant l'entrée du tunnel, sauta et se rapprocha d'eux.

- On y voit goutte là dedans !

Legolas lui passa la torche.

- Je n'en ai pas besoin, ajouta-t-il. Pippin, Keren, Gimli ! Vous devriez prendre une torche vous aussi, cela serait préférable pour vous. Nous autres elfes avons une vision qui s'adapte très bien à l'obscurité.

Les guerriers de thranduil leur tendirent à chacun des bâtons de feu qu'ils avaient allumés. Keren se sentit soulagée. Notamment, car il y a de cela très peu de temps, ayant une vison très mauvaise qui ne faisait que s'aggraver, elle s'était faite implanter deux puces auto-correctives dans chaque œil. Sseulement celles-ci ne permettaient pas encore la vision nocturne. Une fois parés, à l'exception de l'elfe qui gardait les montures, tous s'avancèrent dans le couloir sombre qui s'enfonçait sous terre y compris Cundo qui dut s'arc bouter pour pouvoir y marcher.

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Au cœur des Monts Brumeux, Lyna sur le cheval de Daerachas et le jeune homme qui marchait à ses côtés escaladèrent et contournèrent une multitude de roches grises et imposantes. Le brouillard s'était intensifié avec la nuit, rendant l'endroit réellement lugubre. Lyna frissonna.

- As-tu froid ? Ne t'en fais pas , nous allons arriver. Une fois sur place tu pourras te réchauffer et te détendre à souhait.
- Pourquoi m'avoir fait enlever ?
- Enlever ? Tu n'as pas été enlevée, en fait tu es invitée .
- Drôle de manière d'inviter quelqu'un ! Et pourquoi moi ? questionna la jeune femme.

Le garçon stoppa et lui sourit.

- Je ne puis t'en dire plus. Ma mission est de te conduire jusqu'au Maître et de prendre soin de toi, tu pourras lui demander toi-même en temps voulu.

Lyna dut se contenter de cette réponse. Elle se retourna et remarqua avec soulagement que plus aucune créature ne les suivait. Puis ses yeux se posèrent telles des balles de Ping-pong sur tous les sommets alentours. Le jeune homme sourit à nouveau.

- Je connais le coin comme ma poche, il n'y a aucun danger. Détends-toi. Là où nous nous rendons, tu te sentiras tellement bien, que tu ne voudras plus repartir.

Alors pourquoi avait elle cette désagréable impression d'être une mouche prise au piège d'une immense toile d'araignée ? Elle regrettait vraiment maintenant de s'être emportée contre ses amis et souhaitait plus que tout que leur présence soit de nouveau une réalité. Alors qu'elle était perdue dans ses pensées, Daerachas fit stopper le cheval.

- Nous y voilà !

Lyna releva la tête, Il se trouvaient face à un immense pic rocailleux, aussi large que haut dont le sommet se perdait dans la brume et la nuit.

- Où ça ? demanda-t-elle.

Le jeune homme eut un petit rire et se dirigea vers un pan de rochers. Il appuya de la main à un endroit bien précis et soudain, un fracas étourdissant se fit entendre. La roche devant Lyna se mit à trembler et à la plus grande stupeur de la rouquine, s'écarta pour laisser place à une ouverture béante dans la montagne. Daerachas y fit pénétrer le cheval. L'intérieur qui ressemblait à une immense caverne aménagée se trouvait orné d'énormes piliers sculptés et éclairés par la lueur de nombreuses torches.

- Ceci n'est que le sous sol, l'informa le jeune homme. Les écuries s'y trouvent ainsi que les enclos de choses qui sentent plus mauvais encore.

Effectivement, il se dégageait de l'endroit une forte odeur de foin et d'excréments d'animaux, ainsi que quelque chose de bien plus odorant. Le jeune homme lui tendit les bras pour l'aider à descendre. Une petite créature repoussante s'approcha alors et se saisit du cheval pour le mener à son box. Lyna sursauta et heurta le jeune homme.

- Ne t'en fais pas, ils sont laids mais point méchants quand on leur montre un peu d'attention.

Cependant, la créature les regardait d'un air malveillant et Lyna senti l'angoisse monter en elle. Dans quel pétrin se trouvait-elle donc à nouveau ? Daerachas la saisit par les épaules et la conduisit vers un escalier en colimaçon qui s'éclaircissait au fur et à mesure de leur ascension. Il débouchèrent alors sur un hall somptueux et immense qui laissa Lyna bouche bée.

- C'est une ancienne demeure de nains, l'informa le jeune homme, nous l'avons arrangée à notre goût.

D'immenses piliers de voûte tous ornés de bas relief et sculptés dans le métal parcouraient de manière symétrique et parallèle l'immense hall. Chaque rangée donnait naissance à un immense couloir. Des centaines de chandelles brillaient de toutes parts, reflétant leurs lumières dans les piliers voisins créant ainsi des milliers de points lumineux. La jeune femme remarqua alors que les chandeliers n'étaient pas les seuls à créer tous ces reflets lumineux et scintillants, en effet les parois de l'immense surface étaient incrustées d'or. La pièce atteignait bien les mille cinq cent mètre carrés à elle toute seule et chaque centimètre était couverte du minerai précieux. Les yeux de la jeune femme furent éblouis par tant de luxure mais la seule pensée qui lui traversa l'esprit à ce moment fut:

- Bonjour la facture de chauffage !

Daerachas se mit à rire à cette idée. Soudain une jeune femme apparut de nulle part, s'approcha d'eux.

- Oh, fit le jeune homme, laisse moi te présenter Vanysilla. C'est elle qui va prendre soin de toi à partir de maintenant jusqu'à ce que tu sois présentable. Et je ne doute pas qu'elle fera de toi une véritable merveille.

Il lui adressa alors un clin d'œil presque coquin. Lyna rougit. Vanysilla vint se présenter à elle. c'était une jeune fille à peu près du même âge que Daerachas, elle n'était pas très grande mais légèrement plus que Lyna. Elle était si menue qu'une bourrasque de vent aurait sembler suffire à la casser en deux. Elle était tellement pâle que la rouquine se demanda s'il lui arrivait de sortir de la caverne de temps en temps. Ses cheveux étaient lisses et cuivrés et encadraient son visage, le dissimulant presque entièrement. Elle était vêtue d'une simple robe de coton blanc. Mais ce qui toucha le plus Lyna fut le comportement de la jeune fille. Celle-ci baissait constamment les yeux et évitait à tout prix le regard de Daerachas. Elle se tenait presque recroquevillée sur elle même, comme un petit animal battu et apeuré. Si peu d'assurance transparaissait de cet être à l'allure si fragile.

- Prends soin de note invitée, insista le jeune homme, soigne là, prépare là, rend lui sa beauté pour le dîner de ce soir.

Lyna fronça les sourcils, vexée. Lui rendre sa beauté ? Insinuait-il qu'elle était laide ? Vanysilla lui attrapa doucement la main.

- Si tu veux bien me suivre ? demanda-t-elle d'une petite voix.

La rouquine se tourna vers Daerachas, celui-ci lui fit un signe quasi militaire avec un nouveau clin d'œil.

- Profite bien, lui cria-t-il. Mais au fait ?! Accepterais-tu de me donner ton nom ?
- Lyna, je m'appelle Lyna, répondit la jeune femme.
- Enchanté, répondit celui-ci avec une courbette.

Puis il disparut par une ouverture dissimulée dans la pénombre. Vanysilla fit signe à la jeune femme de la suivre jusqu'à un nouvel escalier en colimaçon qui montait plus haut dans la montagne. Les deux jeunes filles en entamèrent l'ascension. Après avoir, selon ce qui semblait à Lyna, gravit au moins trois niveaux dans la montagne, elles arrivèrent sur un étage confiné où brûlaient d'autres chandelles. Les murs étaient recouverts de tapisseries comme dans le palais de Faramir et sur le sol , un long tapis recouvrait la pierre froide de la montagne. La jeune fille timide conduisit Lyna dans une pièce où trônait un lit sculpté dans la pierre, recouvert d'un épais matelas dont le contenu semblait indéterminable. Un feu brûlait dans la petite cheminée.

- Je dois te préparer pour la rencontre de ce soir, reprit Vanysilla. Il te faut te laver afin que je puisse soigner ces blessures et les arranger.

Elle tendit les bras vers Lyna, l'invitant à se débarrasser de ses vêtements.

- Pourquoi faire ? questionna celle-ci. Rencontrer le Maître c'est ça? Le maître de quoi au fait ? Qui est-il ? Que me veut-il ?

La jeune fille ne répondit pas et se contenta de garder les bras tendus.

- Est-ce que c'est ça qu'il veut ? continua Lyna en désignant la bourse qui pendait à son ceinturon.

Mais Vanysilla ne parût pas comprendre, alors la rouquine extirpa l'anneau de sa pochette. Les voix firent résonner leurs palabres dans la chambre qui leur renvoyait les échos. La jeune fille tomba à genoux en se bouchant les oreilles.

- S'il te plaît ! Range cela, dit-elle d'un ton suppliant à Lyna.

La jeune femme surprise par la réaction de Vanysilla, réintégra l'objet dans sa bourse. Cette fois-ci, elle n'avait pratiquement plus ressenti aucun effet en tenant l'objet dans ses mains, à part entendre ces voix désagréables audibles par tous. Vanysilla se redressa alors, les yeux larmoyants.

- S'il te plaît, prends ce bain.

Prise de pitié pour la frêle créature, Lyna accepta d'entrer dans la pièce où l'attendait un grand baquet de bois dans lequel deux vieilles femmes versaient de gros seaux d'eau provenant de l'immense cheminée qui proccurait chaleur à toute la pièce. Vanysilla leur adressa un signe de tête et les vieilles femmes se retirèrent. la jeune fille insista ensuite pour que Lyna ôte ses vêtements. La rouquine finit par céder une nouvelle fois devant l'air de chien battu de la jeune fille. Elle retira ses frusques mais insista pour garder la bourse qui contenait l'anneau à portée de main. Vanysilla n'y fit aucune objection, la laissant poser l'objet sur le rebord du bassin. Lyna se glissa dans l'eau qui au début la brûla, puis sentit rapidement les bienfaits de la chaleur envahirent son corps. Elle laissa la jeune fille aux cheveux cuivrés lui rincer les siens et lui appliquer des pommades sur ses blessures.

- Avec ceci, ces vilaines coupures cicatriseront très rapidement, d'ici quelques minutes tu ne devrais même plus ressentir la douleur, l'informa la jeune fille d'une voix très douce.

À peine avait-elle dit cela que la douleur et la chaleur qui couraient le long de ses blessures s'évanouirent. Lyna regarda la jeune fille stupéfaite.

- C'est un remède que ma mère m'a appris, confia Vanysilla.

Lyna voulu poser une question à propos de la mère de la jeune fille mais lut dans le regard de celle-ci qu'il ne servirait à rien d'en demander plus et se laissa dorloter. La jeune fille prit ensuite grand soin de ses cheveux, les lavant avec des fragrances dont les parfums étaient envoutants. Elle lui rinça ensuite précautionneusement la chevelure, tout en évitant les endroits blessés.

- Qui vais-je rencontrer ? demanda subitement Lyna.
- Le Maître, répondit la jeune fille d'un ton monocorde.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, je dois juste te rendre présentable.

Lyna eut la désagréable sensation que la jeune fille tentait de lui cacher quelque chose.

- Pourquoi m'a-t-on enlevée ? Pourquoi ai-je été ainsi maltraitée par des créatures féroces? Pourquoi ne pas m'avoir tout simplement demandé ?
- Il faudra que tu en parles toi-même au Maître. Mais ne lui pose pas trop de questions, il a la patience fragile.

Aussitôt, Vanysilla porta la main à sa bouche comme si elle venait d'en dire trop. Elle se pencha pour se saisir des flacons de produits lavant pour le corps. Ce faisant, ses longs cheveux dégagèrent ses maigres épaules un instant et Lyna aperçut entre les fines mèches de cheveux, une délicate oreille élégamment dessinée et bien trop effilée pour une humaine.

- Toi aussi tu es une elfe ? demanda-t-elle sans sommation.

Vanysilla replaça hâtivement ses cheveux le long de son visage, recouvrant de nouveaux ses oreilles.

- Non, je...
- Mademoiselle Vanysilla, notre invitée est-elle prête ? la coupa une voix rocailleuse depuis l'entrebâillement de la porte.
- Pas encore, dites au Maître que cela sera bientôt fait. Je tiens à ce que le travail soit bien exécuté.

La vieille femme hocha la tête et se retira. La jeune fille tendit un produit lavant qui sentait le lait d'amande à Lyna.

- Lave-t-en le corps, lui demanda-t-elle

Lyna s'exécuta. Le parfum du produit et sa texture était si onctueux qu'elle se sentait de nouveaux chez elle, dans sa baignoire. Pendant ce temps, Vanysilla s'affairait auprès d'une commode. Quand la rouquine fut prête à sortir du bain, la jeune fille l'enveloppa dans une douce couverture et lui présenta une magnifique robe blanche de type médiéval donc le décolleté était fait de dentelles et de pierres étincelantes. Avec cela, il y avait une magnifique ceinture brodée d'argent qui rassura Lyna, elle pourrait y attacher son anneau.

- Vous tenez vraiment tous à me voir en robe hein? Grinça la jeune femme.

Après qu'elle eut enfilé la tenue, Vanysilla lui demanda de prendre place sur un tabouret de bois et lui coiffa les cheveux. Ses gestes étaient très doux, si légers que Lyna sentait à peine les doigts de la jeune fille effleurer son crâne.

- Tu as de très beaux cheveux, la complimenta la jeune fille.
- Heu...merci, répondit Lyna subitement gênée.
- Tu as de belles boucles naturelles aux extrémités, je vais te les lisser et les attacher sur le dessus et laisser tes belles anglaises se dérouler naturellement sur le côté. Tu feras bonne impression.

Une fois la coiffure réalisée, la jeune fille se leva, ouvrit un tiroir de la commode et en sortit une magnifique parure qui semblait faite de diamants. Elle fixa le tout dans les cheveux de Lyna et disposa gracieusement la plus grosse pierre sur le front de la jeune femme. elle sortit ensuite plusieurs pinceaux et tout un assemblement de pots contenant des poudres teintées. Lyna haussa les sourcils.

- Ce n'est que du maquillage, sourit Vanysilla.

Quand le travail fut achevé, la jeune fille plaça la rouquine devant un grand meuble recouvert d'un drap et retira celui-ci, découvrant un gigantesque miroir entouré d'un cadre métallique finement sculpté. Lyna ouvrit la bouche et y porta la main en se découvrant.

- C'est moi ça ? Bon sang ! Tu es une véritable artiste Vanysilla !

La jeune fille sourit sincèrement. Pour la première fois depuis leur rencontre, elle avait l'air heureux.

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À suivre...