Rencontre de Maraudeurs, d'après une fic originale de Whiskey.

Disclaimer

Rien à moi, tout appartient à JKR et à Whiskey... Je ne gagne pas d'argent, seulement des encouragements et des félicitations, ce qui est bien plus intéressant sur bien des points...


Note de Whisky : Attention, ce chapitre est long et raide, et vous risquez d'avoir à le lire une ou deux fois avant de bien saisir ma théorie. Je vous promets que ça a un sens !


Note de la Traductrice : Je sais, je sais, gros retard... Du coup, je n'ose même pas prendre le temps de répondre à vos ô combien nombreuses reviews, mais je vous jure que c'est toujours un plaisir de les lire et que ça me fait un bien fou !
Chapter 28 : Alors c'est comme ça que marchent les voyages dans le temps !...

Le directeur hocha la tête pour lui-même en remarquant la présence de Fred, un mince sourire éclairant ses traits.

Puis il redevint sérieux, tout à son affaire.

« Bien, nous avons beaucoup de choses à discuter. »

« J'te l'fais pas dire », marmonna Sirius dans sa barbe tandis que Dumbledore prenait un siège.

« Par où est-ce qu'on commence ? » s'enquit James.

« Par le commencement » répondit simplement Dumbledore. « J'ai toujours pensé que le début était un bon endroit pour commencer. » Il rit à une blague connue de lui seul. « Tout particulièrement depuis que Mr. Weasley nous a fait la grâce de sa présence. Je pense que nous pourrions commencer par le couloir du temps d'origine. Que pouvez-vous nous dire à ce propos, Fred ? Quelles différences y a-t-il entre notre temps et la première réalité dont vous vous souvenez ? »

Si quelqu'un était surpris des informations que Dumbledore semblait avoir, personne ne le montra. Il était évident que Dumbledore avait fait la connexion entre la maladie de Fred et le voyage dans le temps accidentel dix-huit ans auparavant.

Fred n'hésita qu'un millième de seconde avant de débiter tout ce à quoi il pouvait penser : « Mon père était toujours vivant, et Lupin aussi. » James vacilla. « Harry était né, et ma petite sœur Ginny aussi. Neville Londubat était toujours vivant. On ne vivait pas à Square Grimmaud, enfin pas ma famille en tout cas, on habitait toujours au Terrier. Ron était différent. Les gens l'aimaient bien, enfin un peu. Même cette fille, là, Hermione, qu'il n'aime pas. Sirius était recherché pour le meurtre de douze Moldus et pour avoir vendu la famille Potter à Vous Savez Qui. Les Potter, c'étaient James et Lily, ils étaient mariés… et morts. Mais Vous Savez Qui avait disparu pendant des années. La guerre ne s'est pas passée comme ici. C'était fini. Vous Savez Qui venait tout juste de réapparaître quand George et moi avons mis la main sur ce retourneur de temps. »

Fred avait dit tout ça plutôt rapidement et s'en été tenu aux faits, n'osant regarder ni Sirius ni James, qui avaient bien sûr déjà été mis au courant de tout ça.

Dumbledore fronça les sourcils. Il ouvrit la bouche comme s'il avait l'intention de demander une clarification sur un fait ou un autre, mais il la referma rapidement. Pour Fred, il était clair que Dumbledore était en train d'essayer de mettre de l'ordre dans l'énorme tas d'informations qui venait juste de lui parvenir.

« Voldemort est réapparu ? » finit-il par demander. « D'où ? Où Voldemort a-t-il disparu ? »

Fred ouvrit la bouche, mais la réponse resta en suspens. Il lui fallut réfléchir. « Personne ne sait vraiment. En tout cas c'est à cause de Harry. Il a essayé de tuer Harry mais il n'a pas réussi. C'est comme si le sortilège lui était revenu et personne n'a jamais réellement su pourquoi. Vous Savez Qui a disparu après ça. Harry est devenu célèbre. Tout le monde l'appelait « Le Survivant ».

« Le Survivant » répéta lentement Dumbledore. « Et pourtant il n'a jamais pu vivre dans cette réalité. »

« C'est ça. »

« Et James et Lily… » Dumbledore se tourna vers James.

« Morts », confirma James. « C'est ce que Harry avait dit aussi. La nuit où ils ont disparu. Il a dit qu'il était orphelin. » Il gardait les yeux fixés sur le sol. Sirius lui lança un regard plein de sympathie.

« Ahh » dit Dumbledore en hochant légèrement la tête. « Je vois. »

« Alors, comment est-ce que tout ça a pu changer ? » demanda Fred. « L'un d'entre vous a dû faire quelque chose de différent. A quel moment devons-nous retourner pour réparer ça ? »

Sirius se tourna vivement vers l'adolescent, lui adressant un regard meurtrier. « Réparer ?! Laisser mourir Lily et James, tu appelles ça « réparer » ! Qu'est-ce qui rend ta précieuse réalité meilleure que celle-ci ? La seule différence que je vois, c'est que les victimes sont différentes. Voldemort est toujours là. Tu as dit toi-même qu'il a réussi à revenir au pouvoir avant que tu ne reviennes dans le temps. »

« Il a disparu pendant quatorze ans ! » cria Fred. « Il n'y a pas eu autant de victimes. Les choses allaient mal, mais pas à ce point ! »

« Tu dis juste ça parce qu'Arthur est mort », répondit hargneusement Sirius.

Fred pâlit.

« Assez ! » tonna Dumbledore avec assez de force pour secouer tous les portraits du bureau. Paniqués, les personnages fuirent tous hors de leurs cadres. « Assez » répéta Dumbledore.

James redressa la tête pour faire face au directeur. « Est-ce qu'il est possible de revenir en arrière ? » demanda-t-il calmement.

« Tu ne veux pas… » commença Sirius, mais un regard noir de James le coupa dans son élan.

« Tout dépend de ce que vous voulez dire, James » répondit solennellement Dumbledore. « Peut-on défaire ce qui a été fait ? Non. Personne ne peut faire cela. »

« Mais on l'a bien fait » s'insurgea Fred. « Harry et moi, on a tout changé. »

« Non » dit fermement James. « C'est moi qui ai tout changé. C'était une erreur et maintenant il faut que je la répare. Dites-moi juste comment, Professeur. »

« James » dit Sirius doucement. « Moi aussi je voudrais que Remus et les autres soient vivants, autant que toi, mais tu ne peux pas tout lâcher comme ça, tu ne peux pas… »

« Que voulez-vous dire par « ce qui a été fait ne peut pas être défait » ? » interrompit Fred, adressant sa question à Dumbledore.

Dumbledore leva un sourcil blanc en direction de Sirius.

« Je suis toute ouïe », soupira ce dernier signifiant ainsi qu'il ne couperait pas la parole.

« L'un de vous a-t-il déjà fait des recherches sérieuses sur les voyages dans le temps ? » demanda Dumbledore.

« Un peu, quand Fred et Harry ont disparu » répondit Sirius. « Surtout Remus et moi. On voulait savoir pourquoi ils étaient partis. Et ce qui arriverait au couloir du temps. »

Dumbledore se redressa un peu plus dans son fauteuil. « Avez-vous découvert quoi que ce soit concernant de multiples couloirs du temps ? L'effet de branchage ? »

Sirius eut l'air perdu. « C'était mentionné brièvement dans quelques chapitres. Considéré comme non pertinent par la plupart. Nous vivons seulement dans un seul couloir du temps, alors peu importe combien il en existe d'autres. »

« Oui, oui », marmonna Dumbledore. « C'était la théorie à la mode dans les années soixante-dix, au moment où vous avez entrepris cette recherche. Vous n'avez rien lu de plus récent sur le sujet ? Les travaux d'Alderdash Squerk ? »

Sirius secoua la tête.

« Je n'ai jamais voulu en savoir plus », admit sombrement James.

« Et alors, quelle est la théorie actuelle ? » demanda Fred en jetant à James un regard plein de dédain.

« La théorie de l'effet de branchage, Sirius, de quoi vous souvenez-vous ? » insista Dumbledore.

Sirius secoua la tête et porta une main à ses tempes. « La théorie du branchage » dit-il. « D'accord. Pour chaque choix qui est fait, pour chaque possibilité qui existe, il existe une dimension dans laquelle ces possibilités sont des réalités. Comme le temps passe, de plus en plus de dimensions sont créées. Comme les branches d'un arbre, sauf que les branches ne finissent jamais. Elles s'étendent et se multiplient à l'infini. Aucun être ne peut exister dans plus d'une dimension à la fois. Chaque être est multiplié par autant de dimensions qu'il existe. »

James fixa son ami, visiblement impressionné. « Tu te souviens de ça alors que tu as fait ces recherches avec Remus dans les années soixante-dix ?! »

Sirius haussa les épaules. « Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Rien n'échappe à mon cerveau de rêve »

« Mais qu'est-ce que ça a à voir avec les voyages dans le temps ? » demanda Fred. « On a seulement voyagé dans la même dimension, non ? Un seul couloir du temps ? »

« Nous y arrivons », annonça Dumbledore. « La conclusion à laquelle les théoriciens modernes qui travaillent sur les voyages dans le temps sont parvenue est celle-ci : aucun couloir du temps, aucune dimension ne peut réellement être changée. Une fois créée, elle l'est pour de bon et ce qui a été fait ne peut être défait. »

« Je ne suis pas sûr de bien vous suivre » dit James. « Notre couloir du temps a été changé. La naissance de Harry a été annulée, tout a été changé. »

« Non » dit Dumbledore. « Je ne crois pas qu'il ait été changé. »

« Vous voulez dire qu'ils sont toujours vivants quelque part ? » demanda abruptement Sirius. « Remus, Arthur, Harry. Ils existent toujours ? »

« Dans une autre dimension », confirma Dumbledore.

« Une autre branche de l'arbre », murmura Fred qui commençait à saisir le raisonnement.

« Une branche de l'arbre qui – du moins je le pense – s'est achevée la nuit dernière avec le retour dans le temps de Fred et de Harry. »

« S'est achevée ? » interrogea James. « Je croyais qu'elles ne pouvaient pas se terminer ? Ce n'est pas ce qu'a dit Sirius tout à l'heure ? »

Sirius acquiesça, les yeux fixés sur Dumbledore.

« Mmm » Dumbledore inclina la tête en direction de Sirius. « Effectivement, c'était la théorie il y a dix-huit ans. Les recherches récentes nous en ont apporté une différente que je vais vous expliquer. Si des voyageurs dans le temps apportent des changements à leur propre histoire, une branche peut se terminer. Les voyageurs dans le temps ne peuvent ni modifier l'histoire de leur propre branche, ni l'écourter. Ils doivent avoir leurs histoires, leurs passés, leurs personnalités pour pouvoir devenir ces mêmes voyageurs dans le temps, et changer cette histoire créerait un paradoxe inimaginable. A chaque fois qu'un voyage dans le temps est entrepris – à partir du moment où le sortilège est lancé, le temps fait une halte, ou reste en suspens si vous préférez. Le temps reprend son cours soit lorsque les voyageurs rattrapent le temps qu'ils ont laissé derrière eux, soit lorsqu'ils y retournent par un sortilège, mais seulement si rien dans leur histoire n'a été altéré, ou, comme le prévoyait le plan avec Harry et Fred, si les altérations se contiennent les unes les autres grâce à une potion destinée à créer une parenthèse temporelle. Si les altérations ne se contiennent pas, ce couloir du temps restera en suspens pour l'éternité. Il se terminera donc. Un nouveau couloir émergera de la branche de départ à l'endroit même où les altérations ont été faites. »

Fred, Sirius et James regardaient tous dans le vide.

Dumbledore soupira et conjura un tableau noir et un bâton de craie.

« Ici » dit-il. « C'est le couloir du temps de Harry et Fred au départ. » Il dessina une longue ligne blanche en travers du tableau et reçut des hochements de tête de compréhension de la part de ses trois élèves. « De la fin de ce couloir, Fred et Harry sont revenus dans le passé à ce point-ci. » Et il tapota le tableau sur un point de la ligne qui reçut la légende « 1978 ». « Pendant les quelques jours où Harry et Fred ont été parmi nous, aucune altération importante n'a eu lieu. Du moins rien qui n'aurait pu être contenu grâce à la potion qu'ils devaient boire. Rien jusqu'à l'instant exact où ils ont disparu de leurs lits cette nuit-là. Est-ce le moment où vous avez pris votre décision, James ? »

« Effectivement », répondit James d'une voix blanche.

« Bien sûr » Dumbledore se retourna vers son tableau. « De toute façon, c'est à ce moment-là que le nouveau couloir a été créé. Une nouvelle branche de l'arbre dans laquelle Harry n'est pas né et où ni Harry ni Fred ne sont retournés dans le temps. » Il traça une nouvelle ligne pour représenter la nouvelle branche. « Quand la nouvelle branche a été créée, Fred et Harry ont immédiatement été absorbés par leur propre couloir du temps puisqu'ils n'appartenaient plus à celle-ci. Ils ne pouvaient plus appartenir à un couloir qui ne pouvait plus jamais leur permettre de revenir dans le passé. »

« Okay », dit Fred. « Donc j'ai été réabsorbé dans mon couloir du temps de départ. Pourquoi suis-je maintenant dans celui-ci ? »

« Parce que votre propre couloir du temps est en suspens, Fred. Est-ce que vous comprenez ? Quand Harry et vous avez voyagé dans le temps, votre couloir s'est achevé. Une fois que vous êtes revenu dans le temps et que vous avez changé le cours de l'histoire, la seule raison pour laquelle votre propre couloir du temps a continué d'exister, c'est qu'il devait créer le jeu de circonstances qui vous conduiraient, Harry et vous, à avoir cet accident avec le retourneur de temps. Pour éviter le paradoxe temporel. Vous comprenez ? Maintenant que vous avez voyagé dans le temps, ce couloir du temps n'a plus de raison de continuer, et vous, en tant que voyageur dans le temps, avez réussi à converger vers ce Fred Weasley de ce couloir-ci, qui n'a jamais voyagé dans le temps. Vous voyez ? »

Fred fronça les sourcils. Il avait l'impression qu'il était sur le point de tout comprendre, mais toute cette discussion philosophique lui faisait mal à la tête d'une certaine façon.

« Donc, c'est comme s'il y avait deux Fred de deux couloirs du temps différents dans un même corps ? » demanda Sirius.

« C'est ce que je pense », acquiesça gravement Dumbledore. « Bien qu'il s'agisse du seul cas pratique dont j'ai jamais entendu parler. Jusqu'à présent, toutes les théories sur le sujet n'ont été que cela, des théories. »

« Vous voulez dire que personne n'avait encore assez altéré le temps pour que deux personnes se retrouvent dans le même corps ? » demanda James.

« Oh je pense que si », dit Dumbledore avec un léger sourire. « Mais n'oubliez pas que nous bénéficions de circonstances très particulières. D'éventuels voyageurs dans le temps qui se seraient retrouvés dans la position de Fred seraient simplement morts avant d'avoir eu la chance de prendre la potion d'expansion de cerveau. Ou peut-être qu'ils n'ont tout simplement pas été crus quand ils ont déclaré qu'ils étaient en possession de connaissances sur une autre version de l'histoire. Quelles qu'en soient les raisons, l'expérience pratique de Fred est la seule dont j'ai jamais entendu parler qui permette de soutenir la théorie du branchage comme je viens de vous l'expliquer. »

« Alors toutes les personnes qui n'étaient pas sensées mourir existent toujours dans le premier couloir du temps. Ils n'ont pas juste été effacés ? Est-ce qu'on peut les sauver ? » demanda James, impatienté par tous ces propos académiques. « Remus et les autres, est-ce qu'on peut les sauver ? »

Tous les yeux se tournèrent vers Dumbledore.

Il secoua lentement la tête.

« On ne peut pas effacer ce qui a été fait » dit-il prudemment, mais il y avait comme une attente dans sa voix, comme s'il attendait de ses élèves qu'ils parviennent à quelque conclusion sans qu'il ait à leur arracher de la bouche.

« Alors c'est foutu » dit Fred. « Il n'y a rien qu'on puisse faire ? »

« On peut créer un nouveau couloir du temps », suggéra James. « Une nouvelle branche. »

« Mais on ne peut pas la changer plus tôt », dit Sirius. « Ce ne sera jamais vraiment comme dans la première vie de Fred. Mais peut-être qu'on peut tous les sauver. James et Lily, aussi. »

« Non », dit James avec fatalité. « Je dois mourir. »

C'était comme s'il avait lui-même enfoncé le dernier clou de son cercueil.

Ca faisait presque un peu cliché.

Mais personne ne savait trop quoi dire.


Alors, vous avez saisi ?