[Note de l'auteur] Salut tout le monde ! Désolée pour le délai d'attente de ce chapitre, mais je ne sais pas pourquoi j'ai eu l'idée saugrenue de me relire en entier avant de poursuivre… Avant je reregardais l'anime en boucle pour essayer de bien m'imprégner du caractère des personnages, je relisais le manga… mais maintenant, il faut aussi que je prenne mon début d'histoire en compte ! Et je me disais… mais c'est pas possible d'avoir écrit un truc aussi impossiblement long ! Urg !

Enfin bon, j'en ai profité pour faire quelques petites remises en forme (quelques tournures de phrases, un peu de mise en forme et 2 ou 3 fautes de frappe, sinon rien ne change dans le récit, ne vous en faites pas). Je m'inquiétais à l'idée d'avoir fortement changé de style depuis 2 ans et demi que j'écris cette fanfic, mais en fait ça va. Par contre, si par hasard vous remarquez d'éventuelles boulettes de ma part quand j'ai mis à jour tous les chapitres, n'hésitez pas à me le signaler... Merci !

Voilà, on peut continuer !

Merci à tous et toutes pour toooooooooutes vos reviews et encouragements ! Vous êtes adorables ! Merci !


Riposte

Il y avait dans l'air comme une odeur d'arnaque.

Végéta ramassa un des droïdes flambants neufs posés devant la porte du laboratoire de sa scientifique et l'inspecta en silence. La grosse sphère de métal ronde ne se distinguait en rien de tous les droïdes avec lesquels il s'était entraîné jusque-là, pas plus que les quatre autres posés par terre. Tous avaient une odeur de métal brûlé auquel se mêlait distinctement le parfum de l'humaine, tout comme tous les engins qui sortaient de ce laboratoire.

Ils avaient tout l'air de droïdes ordinaires, à un détail près. Ils étaient cinq.

Ce qui signifiait que la scientifique avait probablement passé une bonne partie de la nuit à les fabriquer.

Quand elle était de bonne humeur, elle mettait généralement beaucoup de dévotion dans le matériel qu'elle créait pour lui. Quand elle était de mauvaise humeur, elle expédiait les réparations au plus vite sans y prêter vraiment attention.

Et quand elle était en colère contre lui, elle concevait les plus formidablement diaboliques des machines de guerres.

Moins élaborées que ce qu'elle inventait quand elle était de bonne humeur, mais d'une violence dépourvue de la moindre impureté.

Il était prêt à parier que ces cinq droïdes-là étaient de cette dernière catégorie. Il ricana. C'était ainsi que l'humaine au parfum d'océan retournait contre lui toute sa détresse et sa colère sur lesquelles elle ne pouvait pas mettre de mots.

Et c'était le cas puisqu'elle n'avait aucune preuve de ce qui s'était passé la veille. Il ne lui en avait laissé aucune. C'était si facile de prétendre qu'il s'agissait d'un rêve.

Il était très fier de sa manoeuvre.

C'était ainsi que Végéta concevait sa liberté : à l'insu de quiconque pourrait tenter de lui porter préjudice. Masqué dans l'obscurité de l'univers ou de la nuit, il était un prédateur de l'ombre.

Bien entendu, l'humaine n'était pas idiote. Elle finirait par comprendre. Mais elle ne pourrait jamais se retourner contre lui. C'était ainsi que le prédateur de l'ombre concevait sa liberté : sans laisser la moindre occasion de discussion ni la moindre prise. Il était insaisissable. Ni explication, ni négociation, ni compromis. Il prenait ce qu'il voulait comme il le voulait. Ça aussi, elle finirait bien par le comprendre.

Son calcul était juste, à un détail : elle avait déjà compris. Et les cinq droïdes qu'il emportait calmement à sa salle d'entraînement n'étaient donc pas le fruit de sa rage impuissante.

ooooo

Il avait commencé à se douter de quelque chose lorsque l'humaine vint frapper à la porte de sa chambre de gravité en fin de matinée.

Les dangereux lasers émis par les nouveaux robots sillonnaient la pièce en tous sens, de haut en bas et de bas en haut, ayant tranché en morceaux un grand nombre de leurs congénères robotiques. Sous la gravité intenable, le guerrier évitait les rayons mortels avec agilité, se réquisitionnait sur ses pieds, et enchaînant une série de pompes sur place avant l'arrivée du rayon suivant.

Quelque chose clochait avec ces nouveaux robots. Leur mode de fonctionnement ne semblait pas logique. C'était trop facile.

Et l'humaine ne venait presque jamais le déranger en pleine journée. Elle n'espérait tout de même pas une répétition de la dernière fois qu'elle était venue le trouver ainsi, non ? Elle ne pouvait tout de même pas être stupide à ce point !

Le souvenir de cette fois-là, où il l'avait tenue à sa merci dans la chambre de gravité, le fit sourire.

Lui, en tous cas, savait qu'il avait parfaitement repris contrôle de lui-même. (Ou du moins, il en était convaincu)

C'est donc plutôt avec curiosité et amusement qu'il concéda à interrompre la simulation de gravité et à ouvrir la porte. Il s'attendait à un piège, mais il n'y en avait pas. Il n'y avait face à lui que Bulma, vêtue de son habituelle blouse de scientifique et de son sourire provocateur. Elle avait de grosses cernes autour des yeux.

« Salut ! Annonça-t-elle de but en blanc. Désolée de pas être venue te voir plus tôt, j'ai bossé un peu plus tard que prévu hier, et je me suis dit que je pouvais peut-être te laisser te familiariser avec les nouveaux robots pendant que je faisais la sieste.

-Qu'est-ce que tu veux ? » Demanda-t-il en croisant les bras, sans masquer sa méfiance.

La façon de parler de Bulma ne lui inspirait absolument aucune confiance, et cette impression ne fit que s'amplifier lorsqu'elle lui répondit en lui jetant un regard lasse mais franc (elle qui hier encore ne parvenait plus à soutenir son regard) : « Eh bien, je veux terminer de t'installer ma nouvelle innovation. Honnêtement, tu n'as pas pris ces nouveaux droïdes pour une nouvelle invention j'espère ?

-Et pour quoi est-ce que j'étais censé les prendre ? Répliqua-t-il.

-Hmmm ! Soupira-t-elle en levant les yeux au ciel. Mais c'est pas possible que tu me prennes encore pour une idiote depuis le temps qu'on travaille ensemble !

-On ne... voulut-il la corriger.

-Sérieusement, le coupa-t-elle, tu devrais au moins avoir une petite idée de la valeur de mon travail depuis le temps ! Allez, suis-moi. On a une nouvelle commande à enregistrer. Il y en a pour deux minutes.

-Où est-ce que tu vas ? Demanda-t-il en la voyant s'éloigner.

-Eh ! Fais-moi confiance, un peu ! Claqua-t-elle par dessus son épaule, laissant enfin transparaître son agacement. On va dans mon labo. J'ai besoin de te faire enregistrer une nouvelle commande vocale. Rassure-toi, je ne te ferai pas perdre ton temps. J'ai du boulot. C'est une nouvelle programmation qui va te plaire. »

Première seconde. Il ne répondit rien.

Deuxième seconde. Elle s'éloigna à nouveau, ne doutant manifestement pas qu'il la suivrait.

Troisième seconde. Il haussa les sourcils, considérant les différentes options qui se présentaient à lui tout en laissant ses yeux errer sur les formes élégantes de l'humaine qui s'éloignait avec un gracieux déhanché.

À la fin de la troisième seconde, il lui emboîtait le pas en resserrant ses bras contre sa poitrine, tout en maugréant : « Qu'est ce qui te fait croire que ça va me plaire, humaine ? Je t'ai répété mille fois que je déteste les présomptions...

-Je n'ai pas présumé. Répliqua-t-elle. J'ai analysé et tiré des conclusions. Ce n'est pas ça que tu attends d'une scientifique peut-être ?

-Hnnnn. Et alors, qu'est-ce que c'est cette nouvelle programmation ?

-C'est une nouvelle forme de simulation de gravité variable. Expliqua-t-elle en agitant la main en l'air comme si ce fait n'avait rien d'important.

-Ah. Et en quoi c'est censé être plus intéressant que la gravité aléatoire ?

-Elle n'est plus aléatoire. » Répondit-elle simplement en poussant la porte qui menait au jardin extérieur et vers son laboratoire.

Quelque chose clochait, songeait le saiyan avant de réaliser que d'ordinaire, la scientifique décrivait chacune de ses inventions sous toutes les coutures pour mieux vanter son génie. Là, silence radio. Ce n'était apparemment pas son génie qu'elle voulait mettre en avant aujourd'hui. Donc, soit un piège l'attendait dans ce laboratoire, soit elle était véritablement en colère contre lui et sa nouvelle invention serait un défi de l'extrême qu'il avait hâte de relever.

Il adorait quand sa jolie scientifique était fâchée contre lui.

Il s'attendait à un piège mais il n'y en avait pas. Il n'y avait dans la pièce que l'ordinateur allumé sur un bureau immense croulant sous les feuilles de papier. L'humaine se mit immédiatement à pianoter dessus d'un air concentré, et il ne put s'empêcher de se sentir quelque peu vexé de recevoir si peu d'attention de sa part. Il ne le reconnaîtrait jamais, mais il appréciait la façon dont elle le dévorait des yeux, emphasant son parfum subtil et son regard bleu.

« Je l'ai appelée ''gravité en vagues''. » Expliqua-t-elle enfin sans décrocher le regard de son ordinateur, en lui indiquant du pouce le microphone posé sur le bureau.

« Quoi ? S'agaça-t-il. C'est tout ce que tu as à dire ? Tu es plus bavarde que ça d'habitude.

-Je n'ai rien à ajouter et je n'ai pas particulièrement envie de te parler en ce moment Végéta. Répondit-elle d'un air désabusé sans daigner le regarder, un fait qu'il détestait particulièrement. À moins que toi tu n'aies quelque chose à me dire ?

-Non. Je préférerais retourner m'entraîner sans traîner. » Répondit-il d'un ton neutre en réprimant son rictus moqueur. C'était donc là qu'elle espérait en venir ? Lui faire la tête jusqu'à ce qu'il reconnaisse les faits de la veille dont elle n'avait aucune preuve ? Pauvre créature naïve ! Il pensait avoir trouvé le piège, mais ne reçut qu'un regard bref de la part de la scientifique par dessus son épaule :

« C'est bien ce qui me semblait. Assez parlé dans ce cas, assieds-toi et approche-toi du micro. On va faire le test, on enregistre la commande, et on peut tous les deux retourner à nos occupations. Moi aussi j'ai autre chose à faire.

-Comme quoi ? S'amusa-t-il.

-Comme travailler pour gagner ma vie, ce qui n'est pas le cas de tout le monde dans cette maison. Bon, on enregistre cette commande ou bien tu as soudain envie de rester papoter toute la journée ? »

Il n'aimait pas se sentir ainsi relégué au rang des priorités secondaires. Il aimait encore moins quand l'humaine refusait de lui répondre et de la regarder comme il se devait. Il préférait quand elle criait... (Dans toutes les situations.) Il la préférait combative. La voir ainsi rejeter le combat lui donnait juste envie d'attaquer.

Par exemple en la plaquant contre ce fichu bureau et en noyant son nez dans ses cheveux et son corps dans le sien... Juste pour voir si elle refuserait encore de parler et d'interagir...

Bien entendu, il ne le fit pas, et se contenta de s'asseoir devant le micro en haussant un sourcil mécontent. Il n'avait absolulent aucune intention de tomber dans le piège qu'elle lui tendait ouvertement.

Il n'y avait pas de piège. Il n'y eut que ce discret scintillement dans les yeux fatigués de la terrienne lorsqu'il prononça dans le micro les quelques mots nécessaires dans sa langue natale. Puis elle avait détourné le regard en direction de son écran : « Ok, c'est bon. D'ici à ce que tu sois retourné dans ta chambre de gravité, la nouvelle commande sera activée. »

Il avait réprimé un grognement de mécontentement, envisageant déjà combien il la ferait bientôt vocaliser pour avoir osé l'ignorer ainsi, lui. Peut-être même cette nuit. Après tout, il faisait ce qu'il voulait. Ce fut cette pensée malsaine qui lui permit de se lever puis s'en aller sans dire un mot. Il s'attendait à un piège s'il réengageait la conversation. Il n'y en avait pas.

Il ouvrit la porte.

« Eh Végéta ! » Lança-t-elle soudain en le regardant.

Il tourna la tête. Enfin.

Ce regard.

Ce regard qu'elle lui lançait en ce moment, il l'avait attendu. Le regard perçant. L'Océan. Le défi. Le combat. La raison pour laquelle il avait fini par considérer cette créature faible et insignifiante comme un peu plus que cela.

« Juste pour info, sache que, au cas où, tout est prêt dans l'infirmerie. N'hésite pas à venir me chercher si besoin. »

Il laissa un coin de sa lèvre se soulever en un rictus moqueur. Le piège était donc plus sournois que prévu. Les manoeuvres de l'humaine ressemblaient à une revanche planifiée. « Inutile, humaine. Ça se saurait si tes inventions étaient suffisamment dangereuses pour m'envoyer à l'infirmerie.

-C'est vrai, riposta-t-elle, d'ailleurs je ne compte même plus le nombre de fois où j'ai dû t'y traîner. Conscient ou pas d'ailleurs.

-Hn. Grogna-t-il. Je me disais aussi que tu bluffais en racontant que tu as du travail. En fait tu t'ennuies tellement que tu espères désespérément que je me blesse.

-Ha. Ha. Rit-elle faussement. Bien sûr. Mais essaye quand même de me laisser une heure ou deux avant de m'appeler à l'aide s'il te plaît, histoire que je puisse décemment faire semblant de travailler sur des choses utiles.

-Ne t'inquiète pas, tu auras tout ton temps, sauf si tes robots ne tiennent pas la route bien sûr.

-N'y compte pas trop quand tu rêveras d'une pause.

-J'attends de voir, humaine. Ricana-t-il. Je vais déjà voir ce que vaut ta nouvelle commande.

-Tu m'en diras des nouvelles ! » Nargua-t-elle dans son dos alors qu'il s'en allait.

Il ne daigna pas se retourner tandis qu'il lui renvoyait nonchalemment un signe de la main. (Le salut saiyan d'un élite vers un inférieur, mais bien sûr elle ne se souviendrait pas de la signification.) Il n'avait aucune intention de se laisser provoquer à parler encore avec elle, ni à parier qu'il sortirait indemne de son entraînement. Il savait qu'elle cherchait à le piéger.

Il avait autre chose à faire de son temps que de jouer à ces petits jeux sournois et puérils avec cette créature insignifiante. Dans sa salle de gravité, il serait tranquille. Il lui falait rester concentré sur son objectif.

Il ne s'attendait plus à un piège. Il était là.

ooooo

Ce soir-là, à trois heures de matin, lorsque l'arrêt d'urgence se déclencha pour la deuxième fois de la journée, Végéta resta un instant étendu au sol, le temps que disparaisse le bourdonnement dans son crâne, puis il décida d'arrêter là son entraînement pour la journée.

Il se releva avec précautions, savourant pleinement le fait de peser un poids si léger et surtout stable. Son sens de l'équilibre mit plusieurs secondes avant de retrouver son plein fonctionnement. La gravité en vagues n'avait rien à avoir avec la gravité aléatoire. C'était comme si cette commande avait été conçue pour imiter l'effet d'un coup de masse, répercuté sur tout le corps et frappant à puissances et intervalles aléatoires.

À son sens, il s'était fait cogner dessus pendant toute la journée par un adversaire invisible venant du plafond.

La tête du guerrier lui cognait tant qu'il envisagea un moment de sauter son repas. Mais il savait maintenant que c'était une mauvaise idée, d'autant plus que l'humaine n'était pas dans les parages et ne serait donc pas là pour le narguer. Avec un effort conscient, il parvint à localiser son ki minuscule dans sa chambre, au même étage que sa salle à manger. Il aurait bien envisagé d'aller y faire un tour, plus tard dans la nuit, juste pour voir si elle ferait toujours autant la fière que ce matin, à la faveur de l'obscurité... Mais la tête lui tournait et tous ses muscles criaient grâce.

Il était fatigué. Très fatigué.

Ainsi, prenant son repas rapidement, il se dirigeant droit vers sa chambre, où il ferma sa porte à clef, ôta son short et ses baskets, juste avant de se laisser lourdement tomber sur son lit, sans plus de préparation au sommeil qu'un bras sur les yeux. Divin repos !

Mais si la fatigue physique lui pesait au point que son corps aurait presque refusé de répondre s'il avait ne serait-ce que cherché à se glisser sous son drap, son esprit fonctionnait encore.

Que manigançait l'humaine ?

Pour sûr, elle lui en voulait, sinon elle n'aurait pas inventé cette nouvelle commande de gravité si diabolique. Il était certain que si elle avait été une guerrière, c'était exactement ainsi qu'elle aurait voulu le frapper : à grands coups répétés, comme ce qu'il avait subi toute la journée sous la gravité en vagues.

Mais se contenter de contrer sans riposter n'était pas dans le style de jeu de l'humaine. Il avait passé le contre, maintenant il fallait qu'il s'attende à la riposte.

Les épices et l'océan.

Qu'avait-elle pu encore inventer ? Quel serait son but ? Non qu'il en eut quelque chose à faire. Quoi qu'elle fasse, lui, n'avait pas l'intention de cesser là son offensive : il avait enfin trouvé comment plier à sa volonté son humaine indocile, et aucune intention de s'arrêter là. Elle risquait d'enchaîner les rêves hérotiques de lui pendant un bon bout de temps, jusqu'à ce qu'il se lasse d'elle. Elle n'avait malheureusement pas son mot à dire là-dedans et aucun moyen de répliquer. Après tout, il ne s'agissait que d'un rêve.

Il réalisa quelques secondes plus tard qu'il se trompait.

Les épices et l'océan...

Pourquoi pensait-il autant au parfum de l'humaine ?

Ce parfum d'épices boisées, si subtil et exotique, mêlé à celui, plus sauvage et changeant de l'océan ?

C'est là qu'il comprit qu'il ne faisait pas que penser ce parfum. La pièce entière en était remplie.

Était-il à ce point fatigué qu'il n'avait pas repéré son ki s'approcher ?

En un effort, il parvint à lever son bras de sur ses yeux et prit un ton menaçant : « Qu'est-ce que tu fous là ? ».

Adossée à la porte de la chambre, Bulma lui répondit par un sourire diabolique. Elle était vêtue d'une longue robe de satin noir qui épousait harmonieusement ses formes, tenant par une seule bretelle sur son épaule gauche. Sur son œil, une réplique assez fidèle d'un détecteur lui donnait au moins l'air d'une guerrière, sinon d'une saiyane dans les jeux d'ombres et d'obscurité de la nuit. C'était sans doute également la raison pour laquelle elle parvenait à le voir dans le noir, car elle le regardait droit dans les yeux pendant qu'elle contournait gracieusement le lit en frôlant le matelas du bout de ses doigts : « Qu'est-ce qui te fait croire que je suis vraiment là ? Peut-être que tu es juste en train de rêver ? » Elle était arrivée à son côté, il l'avait suivie du regard malgré lui.

Amusé, Végéta lui rendit un sourire désinvolte mais faible, tentant de détourner le regard pour marquer son désintérêt, ne se sentant pas vraiment ni la force ni l'envie de bouger : « Hn ! Tu n'as pas répondu à ma question. Réelle ou pas, qu'est-ce que tu fous là, qu'est-ce que tu veux ? »

Elle appuya une main sur le matelas, juste à côté de son épaule, mais sans le toucher, pour lui effleurer l'oreille de ses lèvres en murmurant : « Toi. »

« Hn ! » Moqua-t-il. Puis, dans un effort incroyable, il leva la tête en s'appuyant sur son bras pour regarder à nouveau la femme dans les yeux : « Humaine, je t'ai déjà dit mon opinion sur le sujet, alors je te conseille de dégager avant que je m'énerve. » Il voulait être le seul à imposer son jeu, elle ne devait pas avoir son mot à dire.

« C'est vraiment ce que tu veux ? » Sourit-elle en se redressant.

Qu'elle aille au diable, cette humaine stupide qui croyait pouvoir retourner contre lui son propre jeu alors qu'elle n'avait pas la force de l'y contraindre !

Comme il tentait de formuler une réponse qui ne voulait pas franchir ses lèvres, elle leva lentement la main droite à son épaule gauche, sur la boucle qui ornait l'unique bretelle de sa longue robe. Il y eut un clic discret, puis la robe s'écroula à ses pieds en un bruissement sourd.

La mâchoire et la résolution de Végéta suivirent le même mouvement. Il parvint de justesse à retenir la première tandis que la seconde volait en éclat. Il resta sans voix, la dévorant des yeux comme s'il la voyait nue pour la première fois. Il l'entendit sourire, tandis qu'elle lui laissait le temps de l'admirer toute entière, voilée de la pénombre nocturne.

Elle n'avait rien de ces créatures vulgaires et obsènes qui s'étaient si souvent mises en travers de son chemin par le passé. Elle était belle. Elle était sienne.

Puis elle s'avança à nouveau, et posa un genou et ses deux mains sur le lit, arrivant presque nez-à-nez avec lui : « Ne t'en fais pas, ce n'est qu'un rêve. Rendors-toi. »

Il fronça les sourcils : « Humaine, arrête de... ».

Elle l'interrompit en posant un doigt sur ses lèvres, plantant dans ses yeux ses grands yeux bleus brillant d'une lueur sournoise et insista : « Tu ne le regretteras pas. Fais-moi confiance mon prince, rallonge-toi. »

Première seconde. Elle posa doucement sa main à plat sur son torse et tenta de le pousser vers l'arrière.

Deuxième seconde. Il fronça les sourcils.

Troisième seconde. Il se rallongea.

Il était nu allongé à côté d'une femme nue à l'odeur enivrante et aux formes séduisantes, venue là pour lui. Rien que pour lui. Pourquoi diable aurait-il souhaité la repousser ?

Elle sourit en le voyant céder. Elle s'appuya de ses deux mains de part et d'autre de son corps en se penchant au dessus de lui, et ses cheveux effleurèrent son torse. Elle murmura contre sa bouche : « Juste le temps de ce rêve, tu m'appartiens, mon prince. Alors détends-toi. »

Intérieurement, il bouillonnait et tout son corps était tendu d'anticipation, mais il parvint à ne faire transparaître sur son expression que la curiosité et l'amusement, tandis qu'il lui renvoyait un sourire moqueur. Il leva la main et saisit le détecteur qu'elle avait sur l'œil, puis l'écrasa dans son poing avant de le jeter par terre. Elle cilla violemment puis regarda vers lui. À l'évidence, elle ne le voyait plus, ou presque plus, ce qui ne l'empêcha pas de sourire à nouveau quelques secondes plus tard en faisant glisser sa main sur son torse jusque sur sa joue.

Puis elle glissa ses lèvres dans son cou, l'immergeant dans un flot de sensations agréables auxquelles il n'avait pas à répondre. Juste se laisser faire et profiter. Il pouvait même imaginer qu'elle faisait cela en tant qu'esclave serviable, même s'il savait qu'elle jouait contre lui un jeu sournois. Il n'avait ni la force ni l'envie de la repousser.

C'était agréable.

Aux lèvres s'ajoutèrent les mains, qui tantôt l'effleuraient du bout des doigts, tantôt le griffaient sans faire mal. Il sentait aussi les cheveux et la poitrine de l'humaine glisser sur sa peau, laissant derrière eux une onde de chair de poule.

Les lèvres descendirent lentement le long de sa clavicule, puis se lancèrent à l'exploration de son torse, s'arrêtant aux endroits qu'elle devinait plus sensibles ou pour passer sur ses muscles comme par admiration. Elle prenait son temps, et bientôt il ne perçut plus ses mouvements que derrière un voile de demi-sommeil, tourbillon de sensations agréables dans la brume de son esprit. Il aurait dû critiquer une telle perte de temps en sensations molles qui étaient loin d'être aussi plaisantes que l'acte d'accouplement en tant que tel, il aurait voulu plaquer sa femelle audacieuse contre le lit et... Mais la fatigue lui faisait perdre l'envie de bouger. Les caresses de l'humaine le faisaient sombrer dans la paresse et l'appréciation de l'instant présent. De ses lèvres, de ses mains, de ses seins, de ses jambes qui caressaient les siennes. C'était bien...

Et au fur-et-à-mesure qu'elle descendait, ses seins commencèrent à effleurer son bassin. Ses mains commencèrent à explorer doucement le haut de ses cuisses, et de plus en plus à glisser vers l'intérieur, alors que ses lèvres chaudes descendaient lentement le long de ses muscles abdominaux. Il rouvrit les yeux, saisi par un nouveau sentiment d'alerte, ayant à la fois l'impression d'avoir l'esprit parfaitement clair et complètement embrouillé, à présent parfaitement réveillé.

Elle dut sentir qu'il se crispait, car elle murmura : « N'aie pas peur, mon prince.

-Je n'ai pas... » Il ne termina pas sa phrase, fermant à nouveau les yeux. Il sentait les mains de l'humaine sur ses cuisses qui effleuraient de plus en plus une zone qu'il avait plutôt l'habitude de protéger des coups.

Et puis soudain, comme si elle avait décidé de cesser d'éviter le sujet, le contact se fit. Ses lèvres douces et humides passèrent sur toute la longueur de son membre tendu.

Il se figea mais sa respiration s'accéléra. Il savait à quel point il était dangereux de laisser une femelle le mettre en telle position de vulnérabilité. Ce qu'il avait ignoré jusque-là, c'était le plaisir qui pouvait être obtenu s'il osait lui faire confiance.

Comme si elle avait entendu ses pensées, la femme en question écarta les lèvres...

Il dut fermer les yeux plus fort.

Et appuyer sa tête vers l'arrière.

Il la sentit expirer bruyamment en ce qui aurait sans doute été un sourire entendu si elle avait été en mesure de sourire. Au lieu de cela, elle continua de faire lentement glisser ses lèvres et sa langue sur lui en un mouvement de pur délice.

Tout ceci n'avait pas de sens... mais c'était bon. Et tout ce qu'il avait à faire c'était de profiter et savourer ce moment de pure volupté.

Pure volupté qui bientôt commença à ressembler à une torture lente. Au fur-et-à-mesure, il sentait son corps se tendre davantage et l'impatience le gagner. Assez spontanément, il posa une main sur la tête de sa femelle pour lui imposer d'accélérer le rythme.

Et brusquement tout cessa.

Le mouvement délicieux s'assêta net. La bouche habile et chaude se changea en étau recouvert de dents menaçant de se resserrer sur lui. La femelle serviable était redevenue Bulma, l'humaine indomptable qui jouait contre lui un jeu sournois et dangereux.

Il perçut clairement la menace et se figea. Se sentant trahi et ne comprenant pas le but de la manoeuvre. Il la haïssait.

Puis, lentement, elle leva une main, et vint pousser du bout des doigts sur son poignet. Il se laissa faire et retira docilement la main qu'il avait posée sur sa tête. Il la haïssait d'être ainsi parvenue à le mettre en position de vulnérabilité, d'être parvenue à reprendre la place de celle qui impose ses conditions.

Il la haïssait.

Il la haïssait, mais pourtant, quand les dents disparurent à nouveau sous les lèvres chaudes et douces de sa femelle, quand elle reprit son mouvement de va-et-vient habile et lent, il n'aurait voulu être nulle part ailleurs.

Délicieuse position de vulnérabilité...

Elle ne pouvait pas l'attacher, pas l'immobiliser, elle n'en avait pas la force. Pourtant, il ne pouvait pas bouger. C'était là la manoeuvre sournoise de l'humaine au parfum d'épices. La riposte qu'elle avait menée pour lui signaler qu'elle aussi, si elle le souhaitait, pouvait le manipuler.

Il avait su qu'elle allait riposter, mais n'avait rien pu faire pour la contrer. Il ne voulait plus la contrer. Il ne voulait plus attendre. Ne plus être le seul d'eux deux à haleter. Il voulait qu'elle vienne à lui.

Ce qu'elle fit.

L'abandonnant sournoisement à une affreuse sensation de froid, elle se glissa doucement à quatre pattes au dessus de lui. Il la saisit par la taille et l'attira contre lui, plaquant sa bouche contre sa peau douce au goût de sel.. Il ne voulait plus attendre. Plus maintenant.

Elle descendit son visage jusqu'à son oreille, dans laquelle elle murmura en y faisant glisser ses lèvres : « C'est bien d'avoir maîtrisé la base, mon prince, mais tu vois j'ai encore pas mal de choses à te faire découvrir. »

Un « Hn ! » amusé fut tout ce qu'il trouva à répondre.

Il ne voulait plus attendre, il n'attendit pas. La saisissant par les hanches, il se noya en elle et reprit le mouvement de plus belle. La vitesse et la force de ses mouvements durent trahir son impatience, car, au dessus de lui, elle se mit à gémir et crier, en se laissant dicter la cadence sans plus aucune retenue.

Le reste s'enchaîna dans un flou cinétique de souffles entrecoupés, de caresses et de cris à un rythme endiablé, noyé dans une cascade de cheveux bleus, lèvres contre peau, chair contre chair.

Il se souvint juste d'un soulagement immense, puis de la voir s'effondrer à côté de lui, peinant à reprendre son souffle et soupirant de satisfaction, le dévisageant d'un regard trouble, la bouche entr'ouverte en un demi-sourire, les joues roses. Puis ce fut la nuit.

À l'aube, il se réveilla seul. La porte de sa chambre était fermée à clef de l'intérieur. La fenêtre aussi. Le parfum de l'humaine saturait la pièce mais était inexistant dans le couloir. Il comprit alors que, quoi qui se soit réellement passé cette nuit-là, certainement, ça n'avait été qu'un rêve.

ooooo

Le saiyan n'eut pas à chercher l'humaine. Il n'avait d'ailleurs pas envisagé de le faire, mais les circonstances jouèrent en cette faveur : il la trouva attablée en compagnie de ses parents, à prendre son petit déjeuner enroulée dans sa robe de chambre de soie noire, les cheveux emmêlés et l'air endormi. Le père lisait son morceau de papier géant tandis que la mère monologuait.

En le voyant s'avancer, cette dernière s'exclama : « Oh ! Mais c'est notre cher Végéta ! Ma parole, mes deux petits tourteraux ont fait la grasse matinée ce matin !

-Salut Végéta. Lança Bulma d'un air lasse en ignorant ostensiblement la remarque de sa mère. Alors, la gravité en vagues ? Je ne t'ai pas vu sortir de ta chambre de gravité hier soir.

-J'ai fini tard. » Eluda-t-il en s'asseyant après avoir claqué la langue pour appeler les droïdes à servir son repas du matin. Il avait l'intention de manger rapidement et retourner s'entraîner immédiatement après, ne souhaitant pas rester en compagnie de cette bande d'autochtones inutiles.

« Oh. Constata-t-elle d'un air narquois. Tu as l'air crevé. C'est que ma programmation doit être efficace.

-Hn. » Grogna-t-il. Ils ne lui avouerait rien, et certainement pas ça.

Elle lui répondit d'un regard amusé. Elle s'en doutait.

Elle savait quelque chose qu'il ignorait.

C'est là qu'il commença à souçonner un lien entre cette fameuse nouvelle programmation et sa visite de la veille dans sa chambre.

Et si elle avait délibérément cherché à l'épuiser pour mieux pouvoir le manipuler ensuite ? Pour que le souvenir dans son esprit soit suffisamment trouble, au point que ça aurait pu n'avoir été qu'un rêve ? Pour qu'il ne trouve pas en lui la force et la volonté de la repousser lorsqu'elle s'était dénudée devant lui ?

Mais alors, si elle avait à ce point prémédité sa riposte, c'était qu'elle était sûre d'avoir subi une offensive... C'est-à-dire sa visite à lui dans sa chambre à elle, trois jours plus tôt.

Avait-il ommis un détail ? Avait-elle trouvé une preuve qui faisait de son rêve accablant une réalité dérangeante ? Était-ce la raison pour laquelle elle avait eu l'audace de retourner contre lui son propre jeu ? Qu'avait-il ommis alors ? Avait-elle consulté des équipements de surveillance dont il ignorait l'existence, et qu'il n'aurait pas évités ? Avait-elle remarqué que la fenêtre de sa salle de bains avait été mal refermée ? Avait-il laissé des marques de brûlure sur la poignée avec son ki dans sa précipitation à partir ? Ou bien misait-elle sur sa seule certitude ?

En face de lui, le ki de l'humaine bouillonnait et elle ne parvenait pas à masquer son sourire en coin, tandis qu'elle mangeait en silence tout en évitant soigneusement de regarder vers lui. Il fit de même et se mit également à manger.

Lorsqu'elle eut terminé sa maigre ration, elle se leva d'un air joyeux et annonça : « Bon, je vais travailler. À tout à l'heure papa, (elle embrassa son père sur la joue), on se tient au courant pour le polymère SAP1.

-Bien sûr ma chérie, à tout à l'heure !

-Bon appétit Végéta, je passerai te voir ce soir pour tes robots. Bon courage avec la gravité en vagues ! »

Il voulut lui répondre par un regard mençant, mais parvint à ne lui adresser qu'un salut nonchalant de la main. Elle poursuivit son tour de table.

-À tout à l'heure maman ! (elle embrassa sa mère sur la joue)

-Travaille bien ma bichette ! Répondit celle-ci. Tu viendras m'aider pour préparer le diner ?

-Mhm... Pourquoi pas ? Tant qu'on n'y passe pas un après-midi entier. Il faut que je travaille aussi. » Fit remarquer l'humaine en rejetant ses longs cheveux bleus vers l'arrière et adressant un regard amusé en direction de Végéta qui l'ignora.

« Oh mon dieu, ma chérie ! S'exclama la mère. Qu'est-ce que tu t'es fait au cou ? »

Levant un oeil curieux entre deux bouchées, Végéta se figea.

Au creux du cou de Bulma, non loin de l'artère principale, la marque que portait l'humaine était fraîche et distinctement une trace de morsure.

« Oh, c'est rien. Dissipa Bulma. Je me suis cognée sur le bord de mon lit en ramassant un vêtement dessous. Je ne sais pas ce que ça faisait là mais il était dans un état lamentable. Je pense qu'on a un chat ou un autre animal joueur qui est rentré dans ma chambre à un moment où je ne faisais pas attention, et il me l'a complètement déchiqueté. C'est fou ça ! » Continua-t-elle en se penchant pour caresser le petit chien tournait autour de ses jambes. « On pense vivre avec des créatures sociables parce qu'on vit avec eux, qu'on les nourrit, on prend soin d'eux, et puis vlan ! d'un coup ils nous rappellent combien ils ont gardé un instinct de prédateurs. » Elle prit le chien dans ses bras et le leva à hauteur d'oeil. « Qu'en dis-tu Titi ? Dit-elle à son chien. C'est quand même pas toi qui as réduit ma chemise de nuit en loques hein ? Je l'aimais beaucoup tu sais... »

Première seconde. Derrière le chien, son regard croisa le regard en coin de Végéta, accoudé à la table d'un air sombre.

Deuxième seconde. Bulma lui adressa un discret sourire en coin.

Troisième seconde. Végéta haussa un sourcil d'un air désintéressé, puis se remit à manger.

Puis la mère de Bulma, ignorant l'interaction en cours, intervint : « Oh ce n'est pas très grave ma chérie, nous irons faire du shopping ensemble tout à l'heure et on t'en rachetera une nouvelle. »

Le visage de l'humaine se tordit d'un sourire diabolique tandis qu'elle reposait le chien par terre. « Oui, bonne idée ! Je vais m'en racheter plein, on ne sait jamais. »