MON CHAPITRE EST PLUS LONG - et je suis aussi en retard de quelques minutes je sais je suis désolée. Alors déjà je voudrais dire : CETTE FICTION A OFFICIELLEMENT UN AN. Elle est née de ma souffrance et de mes larmes alors que je passais le bac de Français - prouvé au début du chapitre 2 /PAN/ Elle finira certainement cet été d'ailleurs (si non, ça voudra dire que j'aurai été fainéante et que j'aurai pas posté normalement /BOM/). Ensuite ; OH MON DIEU J'AI 304 REVIEWS je les ai tellement pas vues venir que quand je l'ai constaté - d'autant plus que vous, très chers lecteurs, n'avaient pas été avares de commentaires dernièrement - j'ai hurlé de joie. Je vous aime tellement. Vos encouragements et réflexions sont magnifiques ; et je suis heureuse d'avoir des remarques positives comme négatives, si ça me permet de m'améliorer, je prends B)
Je remercie Lady-Molly-of-Gallifrey et Momiji de me supporter - dans tous les sens du terme 8D et je dédie ce chapitre à Re-ve-enfantin puisqu'elle me suit depuis pas mal de temps et que c'est à cause de moi qu'elle ship le Destiel et le Sabriel *cœur*
Bon, par contre, ce chapitre n'a pas été simple à écrire. C'est aussi pour cela que je remercie tous mes lecteurs, sinon j'aurai mis encore plus de temps je crois 8D Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
PREMIERES SEMAINES
– J'en ai rien à foutre de ce que peut penser Dick et tous les autres. J'en ai rien à foutre de tout ce que le monde va penser, et j'emmerde l'univers. C'est ma vie, et je fais ce que je veux. Je suis pas marié à ces homophobes de merde, et je n'ai de comptes à rendre à personne.
Castiel resta bouche bée.
Dean s'en amusa ; il ne s'attendait certainement pas à ce qu'il accepte aussi rapidement d'être un couple. Cela faisait une semaine maintenant qu'ils étaient ensemble, ils en avaient parlé – par ailleurs, Dean avait eu l'heureuse surprise d'entendre les confessions de Cas' avouant qu'il avait un faible pour lui depuis pas mal de temps et que cela devenait une véritable addiction depuis quelques semaines sans pouvoir s'en débarrasser. Ce à quoi Dean avait ri, jusqu'à ce qu'il ajoute qu'il savait que Dean éprouvait la même chose pour lui mais qu'il attendait juste qu'il s'en rende compte lui-même, ce qu'il prit mal au premier abord, mais enfin, il savait au fond de lui qu'il avait complètement raison.
Il était parfaitement conscient d'être le premier à jeter ses problèmes dans la poubelle en espérant qu'elle se viderait toute seule comme par magie sans qu'il ne s'en aperçoive.
Cependant, Dean avait aussi la fâcheuse tendance de passer d'un extrême à un autre. Castiel n'était pas sûr de pouvoir supporter une autre scène comme la dernière fois et de retrouver un Dean ensanglanté.
– De toute manière, je suis pratiquement sûr que pas mal de gens le savent déjà.
– Ah oui ? Et qui ? questionna Castiel, piqué par la curiosité.
– Charlie et Dorothy, c'est évident. Peut-être Jo', elle me regardait bizarrement dernièrement, et Balthazar. Je suis sûr à quatre-vingt dix-neuf pour cent qu'il le voyait avant nous-même... nan, en fait, j'en suis certain.
Castiel grogna mais n'ajouta rien.
Il y avait une chose à laquelle il ne pouvait s'arrêter de penser, et cette angoisse s'était amplifiée avec le départ de Gabriel comme un rappel frappant de la réalité. Il allait devoir partir, lui aussi. Au mois de février, sans doute. Ils ne savaient pas encore vraiment quand, mais c'était pour bientôt. Ils devraient céder leur place à d'autres correspondants pour d'autres élèves du lycée. Et si jamais ils rendent leur relation publique – ce qui paraissait extrêmement étrange étant donné qu'il avait passé tous ces mois ensemble sans jamais se rapprocher plus que ça – enfin, à son goût.
Mais le pire, ce serait la vie l'un sans l'autre. Il savait qu'il se projetait déjà loin dans le futur – après tout ils avaient encore deux mois avant d'y arriver – mais il ne pouvait pas s'empêcher d'y réfléchir. Lui pourrait très bien supporter la vie au lycée car son établissement n'était pas obligé de savoir qu'il était en couple avec un homme, mais Dean lui se retrouverait « seul ». Et il ne serait pas là pour ramasser les morceaux cette fois...
– Aller, t'inquiète Cas', on va pas se précipiter. On a toutes les vacances de toute façon pour nous donner le temps de prendre une décision !
Et sur ces mots, il lui prit la main et l'embrassa sur les lèvres.
Castiel rougit légèrement mais fit comme si de rien n'était. Il n'était pas totalement habitué à l'idée qu'il sortait avec l'homme le plus sexy qu'il n'avait jamais rencontré, après tous ces mois à l'observer de loin.
Il lui répondit par ce petit sourire qui avait le don de réchauffer le cœur de l'aîné Winchester en l'espace d'un instant.
Le premier jour, Sam s'était réveillé en ressentant immédiatement l'absence de Gabriel. La chambre était vide ; l'ambiance plus tranquille, le bruit inexistant, l'odeur moins douce, et l'atmosphère moins chaude. Il manquait quelque chose. Quelqu'un. Et c'est là que ça le frappa clairement, comme s'il s'était persuadé auparavant que tout ce qu'il vivait n'existait pas réellement, que c'était un rêve.
Gabriel était parti, et il était seul.
Tout seul.
Il avait refusé que Lucifer emménage à l'étage en lui servant comme excuse « le rangement de sa chambre » à cause du bordel qu'avait semé Gabriel depuis ses quatre mois d'invasion. Impossible de tout remettre en ordre avec quelqu'un en plus – déjà tout seul c'est pas toujours facile. Mais en vérité, Gabriel et lui avaient tout rangé la veille. Il avait juste tout renversé, vidé, jeté au sol, en rentrant, pris de pulsions et d'un excès subit de colère. Sa chambre n'avait encore jamais connu un tel désordre jusqu'à présent, même sous la dictature de Gabriel, premier du nom, et colocataire insupportable.
Sam n'avait encore jamais vécu une Apocalypse – au sens de l'anarchie totale et du manque d'organisation complet régnant dans ce qu'il avait autrefois appelé sa chambre et maintenant... il n'avait même pas pu reprocher à Dean son désordre les jours suivants étant donné sa propre situation, délicate – même s'il s'autoriser à reporter toute la faute sur son ex-correspondant qui n'en savait rien, fort heureusement.
Lucifer passa encore trois jours sur le canapé-lit. S'il était facile de se défouler en renversant toutes ses possessions de fond en comble – il était même allé cherché dans les tiroirs qu'il avait renversés (ce qui n'avait pas été une bonne idée, mais Sam aurait sans doute dû s'en rendre compte plus tôt).
Le quatrième jour, en ouvrant sa trousse de classe, Sam retrouva la gomme que Gabriel lui avait volé lors des cours de Crowley – il se souvenait très clairement de sa rature non gommé, défaut conservé grâce à la bêtise de Gabriel et de sa mauvaise foi. En réalité, il ne retrouva exactement qu'un bout de celle-ci. Elle avait été coupée en deux à l'aide d'une paire de ciseaux de manière très peu raffinée – l'auteur de ce massacre avait visiblement eu du fil à retordre – avec, scotché sur un coté, un petit bout de papier qu'il déplia, et sur lequel il avait été inscrit la note suivante : « Deux euros, dernier avertissement ou Mlle. Gomme-de-Carrefour n'y survivra pas ».
L'identité de l'auteur de cette mauvaise farce était claire comme de l'eau de roche, tout d'abord pour son humour douteux, ensuite du fait que l'unique personne qui aurait été capable d'agir ainsi devait bénéficier d'une position géostratégique dans la classe pour lui faire un coup pareil – or, il doutait fortement que Kevin ne s'abaisse à ce genre de plaisanteries, et Dean ne paraissait pas d'humeur à lui infliger de telles blagues dernièrement – donc Gabriel puisqu'ils étaient – avaient été – assis à côté en cours, et la raison restante était la plus simple ; il n'avait même pas pris soin de modifier son écriture. Encre noire, mots rédigés à l'envolée, du Gabriel tout craché.
Au moins, Sam aurait pu s'estimer heureux d'avoir récupéré ne serait-ce qu'un bout, si seulement Gabriel ne s'était pas amusé à passer le temps en la coloriant au stylo bic. Évidemment ça facilitait le gommage, pour éviter les bavures c'est le meilleur moyen, tout le monde le sait.
Le cinquième jour, Sam remarqua que Lucifer bougeait beaucoup plus que Gabriel dans son sommeil, ce qui l'empêcha de dormir. Il avait plusieurs fois hésité à envoyer un message à Gabriel, rien que pour prendre de ses nouvelles, comme, par exemple, déjà savoir s'il était bien arrivé le mercredi d'avant. Ou lui dire qu'il savait que c'était lui, pour la gomme. Ou simplement râler sur le fait qu'il avait encore osé manger des sucreries en cachette dans la chambre puisqu'il avait trouvé dans l'encadrement de la fenêtre du sucre en poudre et des tâches de caramel dans un coin, cachette parfait pour planquer un petit sachet de confiseries. Ou même lui dire qu'il avait oublié une paire de chaussette sale. Qu'il s'était empressé de laver. Dieu, il n'allait pas se laisser mourir intoxiqué par ça dans sa propre maison.
Lorsqu'il ouvrait son téléphone, il vérifiait toujours sa messagerie au cas où Gabriel aurait appelé ou envoyé un message, mais rien n'apparaissait jamais – car il n'y avait jamais d'appel ou de messages envoyés à recevoir. Dean et Lucifer remarquèrent son obsession à actualiser sans cesse ses moyens de communication ; il prétexta avoir participé à un concours d'écriture il y avait quelques temps dont il n'avait toujours pas de nouvelles et sur lequel il s'impatientait ; la réponse sembla leur convenir.
Le sixième jour, il se força à abandonner tout appareil électronique pour se concentrer sur ses études et ne pas se laisser distraire par Gabriel – incroyable, même absent il réussissait à le déstabiliser ! Ce type devait passer devant la loi et écoper d'une contravention pour la peine.
Il résista jusqu'au soir, vingt-trois heures. Il se maudit pour sa faiblesse d'avoir perdu son pari une heure avant la fin de la journée – mais se rassura en arguant qu'une heure de plus ou de moins ça ne changeait rien.
Il devait s'y attendre ; toujours rien.
A vingt-trois heure trente, il se fit une raison : Gabriel l'avait déjà oublié et avait d'autres chats à fouetter. Sinon, il l'aurait déjà averti de sa situation et parlé de sa reprise. Il ne viendrait par conséquent sans doute pas pour les vacances de Noël : elles arrivaient dans trois jours.
Le septième jour, il remarqua que Dean et Castiel agissaient bizarrement et paraissaient bien plus proches – plus qu'ils ne l'avaient jamais été – et se demanda comment il avait pu rater ça avant de songer que c'était une bonne chose et de passer à autre chose en ne s'y attardant pas plus que ça.
En milieu de journée, Garth proposa un Laser Game pour célébrer la fin de l'année qui approchait à grands pas, et tout le monde parut enthousiaste. Dans l'après-midi, Lucifer lui demanda s'il allait bien ; il lui répondit, comme s'il s'agissait d'une évidence, que oui.
Le huitième jour, rien ne se passa. Le neuvième jour non plus.
Le dixième jour marquait leurs derniers cours de l'année avant les vacances. Généralement il y avait un bal organisé à cette occasion, mais en raison d'un manque de fond monétaires et de l'absence d'électricité, provoqué par la dernière tempête sans doute, l'endroit se retrouvait en réparation et par conséquent inaccessible.
En sport, Sam ne fit pas attention à ce qu'il se passait autour de lui et se prit le ballon en pleine tête. Sa tête heurta le sol violemment et il dût se rendre à l'infirmerie avec Dean, la tempe ensanglantée. C'est là que son frère en profita pour lui poser des questions.
– Ça va la collocation avec Lucifer ? commença-t-il.
Son cadet hocha la tête. Il n'y avait rien à dire, de toute façon ils ne se parlaient pas énormément, passant tous deux la majeure partie de leur temps libre à jouer à des jeux vidéos dans leur coin – ou, en ce qui le concernait, à lire.
– Sam, t'as pas l'air en forme dernièrement. Et ne pense même pas à me contredire, je te connais, je suis ton grand-frère et je m'occupe de toi depuis tout petit. Alors ne me fais pas cette tête et réponds-moi honnêtement avant que je ne commence à me faire réellement du soucis pour toi.
Il tourna la tête vers son aîné. Comment ça « répondre honnêtement » ? Et s'il lui disait la vérité et qu'il ne le croyait pas ? Hm ? Il ne savait pas ce qui n'allait pas, alors il n'allait pas lui expliquer en détail. Il se sentait juste... mou. Lasse. Il avait la sensation d'avoir ce goût amer en permanence sur sa langue et ça le tuait. Il mit ça sur le compte de la scolarité trop exigeante et se persuada qu'il irait bien mieux après les vacances.
– Une « overdose » de travail j'imagine, répondit-il. Et le problème de correspondances étant enfin réglé, rien n'empêche le fait que cette histoire m'aura refilé des maux de tête. Je suis juste fatigué – j'ai besoin de récupérer du sommeil.
Dean fronça les sourcils, absolument pas convaincu.
– Non Sam. Ça remonte à plus loin. T'es comme ça depuis ton retour d'Italie.
La vision de Gabriel l'embrassant brutalement explosa sans avertir dans l'esprit de Sam et il en eut le souffle coupé, comme s'il revivait l'instant.
– Sam ?
– C-comme je te disais, c'est la fatigue.
Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres de l'infirmerie Sam accéléra le pas et mis fin à la discussion sans laisser le temps à Dean de lui en demander davantage.
– Sam ?
L'interpellé releva la tête.
– Oui ?
– On va faire un Laser Game avec les autres à 15h. Tu viens hein ?
Sam secoua la tête.
– Je sais pas, je me sens pas en forme pour ça. Et puis, courir dans le noir et se tirer dessus, pas tellement mon truc.
– Rho, tu rigoles Sammy ? s'outra Dean. T'adorais ça quand on était petit.
– Mais c'est pas grave, allez-y sans moi, vous vous amuserez bien quand même, dit Sam en ignorant ouvertement sa remarque.
– Sam, tu es sûr que ça va ? questionna Castiel.
Adam et Lucifer aussi l'observaient. Pourquoi dès qu'on affichait pas un sourire, qu'on ne participait plus aux conversations, qu'on restait un peu en retrait, il fallait toujours que les autres pensent que quelque chose n'allait pas ? Ne pouvait-il pas se retrouver un peu seul avec lui-même ? Il avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il n'avait pas eu un moment à lui, malgré les trois jours qui avaient suivis le départ de Gabriel – et encore, il avait pris l'habitude de vivre seul jusqu'à présent, Dean sortant de temps à autres, Adam débarquant quand bon lui semblait, tout comme leur père, au gré du vent. Il était généralement la seule personne à vivre à plein temps dans cette maison vide, et depuis quatre mois, il n'avait plus eu droit à ce luxe.
Ils n'insistèrent pas.
Au moment où il passèrent le palier de la porte, Dean et Castiel se rapprochèrent au point de se toucher, leur main se frôlèrent et firent mine de se tendre l'une vers l'autre avant de s'éloigner brusquement, comme si elles venaient de prendre conscience de ce qu'elles faisaient. Sam plissa les yeux.
En effet, ils s'étaient rapprochés.
Lorsqu'ils arrivèrent au Laser Game, tous les autres semblaient déjà être arrivé. Ils se saluèrent, Adam conserva cette attitude gênée qui s'était réveillée suite à la fête du départ de l'ex-correspondant de son demi-frère lorsqu'il croisait Samandriel.
Lorsqu'ils s'occupèrent de déposer leurs affaires dans les casiers mis à la disposition des clients, Charlie se rapprocha sournoisement de Dean et lui glissa un sourire bien plus que sous-entendu. Castiel se tenait juste en face et pouvait voir toute la scène à travers les barreaux, même s'il ne pouvait sans doute pas entendre leur conversation s'ils chuchotaient assez bas – ce que fit Charlie, bien évidemment.
– Alors ? Tu comptes conserver ta fierté pendant combien de temps et me le dire quand ?
Dean pâlit légèrement. Son cœur rata un battement. Il ne s'y était pas préparé mentalement, pas encore. Et surtout, il pensait que personne n'avait encore rien remarqué. Il était à présent forcé de reconnaître que, non. Mais il ne s'appelait pas Dean Winchester pour rien, par habitude et réflexe instinctif, il lui répondit :
– Pardon ? De quoi tu parles ?
Charlie roula des yeux, exaspérée. Il savait qu'il aurait réagi de la même manière.
– Cas' et toi ?
– Je... Je... bégailla-t-il.
– Oh mon Dieu ça fait tellement du bien de voir que t'as arrêté de faire ton entêté, soupira-t-elle. J'ai passé des nuits à mettre des plans au point avec Dorothy pour vous faire ouvrir les yeux, au moins ça m'épargnera ça maintenant – même si j'aurai bien aimé en appliquer quelques-uns, ça aurait pu être drôle.
– Non, ça ira merci, je pense qu'on se porte aussi bien sans.
– Maintenant t'as juste pas intérêt à tout foutre en l'air. Vous êtes faits l'un pour l'autre, et je t'ai jamais vu aussi détendu depuis le début de la semaine – ça fait une semaine au moins que vous êtes ensemble hein ? Je le savais. Je suis tellement géniale. Bref, ne gâche pas tout. Soit juste toi.
Dean leva les yeux au ciel et la prit dans ses bras.
– Merci, Charlie. Tu es une véritable sœur.
Sam-la-Limace. Unique en son genre, Roi dont la pratique traditionnelle devenue professionnelle est le : Je-Ne-Fais-Rien. Et son royaume s'appliquait à respecter cette loi depuis le début des vacances, soit une semaine complète.
Donc deux semaines depuis le départ de Gabriel.
Il était resté étendu la majeure partie du temps comme ça, sur son lit, à attendre. Si son ex-correspondant avait été là, il l'aurait certainement surnommé ainsi. Sam-la-Limace. Après tout, il avait bien osé l'appeler « Sammamy ». D'ailleurs, en y pensant, l'adolescent se rendit compte qu'il avait faim. Il se releva et se mit à préparer son bol de cookies noyés dans du lait écrémé.
Puis son téléphone vibra.
Le jeune homme se figea, fixant l'appareil comme s'il s'agissait d'un instrument extraterrestre. Il le saisit et l'observa sans vraiment le voir ; il lisait le nom de la personne qui l'appelait sans vraiment le comprendre. De toute façon, ce n'était pas un nom propre qui s'affichait.
« L'archange ».
Gabriel avait le don de pouvoir s'incruster partout, que se soit dans ses affaires privées – le téléphone en est le parfait exemple – comme dans sa tête. Parce qu'il s'était bien rendu à l'évidence d'une chose : il se faisait du soucis pour Gabriel. Il n'avait pas réalisé à quel point il tenait à lui, et qu'il le considérait bien plus que comme un simple ami maintenant il était son meilleur ami.
Trois semaines plutôt, il aurait soupiré en voyant l'appel. « L'archange » annonçait toujours des ennuis. Là, il retint juste son souffle. Et décrocha sans dire un mot.
– Allô ?
C'était bien sa voix. Il avait eu l'absurde peur d'entendre quelqu'un d'autre.
– Allô ? répéta-t-il.
– Gabriel.
Il voudrait lui reprocher de ne pas lui avoir donné le moindre signe de vie ses derniers jours – enfin, depuis son départ – mais il savait qu'il était aussi en tord : il aurait pu l'appeler lui-même ou même... ou même demander à Castiel ou Lucifer s'ils savaient comment il allait. Une petite part de lui-même lui souffla que son orgueil et sa fierté y étaient pour beaucoup, même si tout son être le reniait en se persuadant que l'idée de demander aux membres de sa famille ne lui était pas venue à l'esprit – en deux semaines ? oh menteur, menteur.
– Sam !
Il leva les yeux au ciel. Qui d'autre ? Il s'obligea cependant à retenir ses remarques désobligeantes étant donné le fait qu'il avait lui-même imaginé quelques secondes auparavant tomber sur quelqu'un d'autre que Gabriel.
– Comment vas-tu ?
– Bien, bien, et toi ?
– Super. Tes vacances ?
– Boh, j'ai eu pire.
– Idem.
– T'as prévu des trucs ?
Sam ouvrit la bouche, et la referma. Non, il n'avait rien prévu. Dean, lui, avait prévu tout un programme auquel il participait plus ou moins. Ils allaient seulement partir au chalet de leur grands-parents la deuxième semaine avec Castiel et Lucifer qui pouvaient rester, autorisés par leurs parents.
– On part à la montagne où l'on fera sans doute du ski, de la luge ou juste du ski de fond, sinon des balades en forêt et des soirées de temps à autres. Connaissant Dean on échappera pas à des batailles de boules de neiges et la construction de la cabane qu'on avait commencée quand on était petits.
Pourquoi lui disait-il tout ça ? Ça n'avait pas vraiment de sens. Il savait qu'il n'aurait pas envie de partir en balade, en activité sportive ou quoique se soit durant la journée, il resterait plutôt dans sa chambre à lire. Quant aux soirées, elles ne se distingueraient pas beaucoup du reste de la journée.
– Ah... Je vois.
– Et toi ? se sentit-il obligé de demander.
– Je vais rester chez moi à concocter de nouvelles plaisanteries que je pourrais expérimenter sur Michael ou Raphaël ; je suis sûr qu'ils ne m'en voudront pas plus que ça, et surtout, je ne suis pas facile à coincer sur les faits.
Sam esquissa un sourire. C'était bien lui, ça.
Un cours silence s'ensuivit.
– Et... pourquoi tu m'appelles ?
Sam crut entendre la voix de Gabriel se bloquer avant de répondre, mais ça devait être son imagination qui lui jouait des tours il n'avait pas l'ouïe si développée.
– P-parce que ça fait un bail, Samsquatch ! Ne me dis pas que tu m'avais déjà oublié, Gigantor. Je voulais aussi te souhaiter de bonnes fêtes en avance, puisque je me doutais que tu serais très occupé, j'aurai sans doute du mal à te joindre... alors plus besoin de s'en préoccuper puisque je le fais maintenant !
L'adolescent se mordit la lèvre inférieure. Alors qu'il avait attendu avec impatience de ses nouvelles, cette conversation le mettait mal à l'aise.
– D'accord. Excuse-moi, j'ai rendez-vous avec les autres, on doit aller voir un film au cinéma et... heu, j'avais oublié.
– Ah, quel film ?
Quel film. Quel film. Quel film. Quels étaient les films actuellement au cinéma ? Il n'en avait aucune idée, il n'avait pas consulté le programme depuis des semaines. C'était toujours Dean qui le prenait.
– The-The Princess Diary.
QUOI ? Qu'est-ce qu'il venait de dire ? D'où sortait-il le nom de ce film ? Et puis d'abord il- oh. Ça y est. Charlie et Dorothy en avait parlé lors d'une soirée. Charlie avait avoué qu'elle avait ri tout le long du film tandis que Dorothy avait réussi à conservé tout son sérieux en proclamant que c'était tout à fait possible, ce qui arrivait à l'héroïne. Et évidemment il fallait que ça soit ce bête film qui lui vienne à l'esprit. Pourquoi pas Le Hobbit ? Ou Hunger Games ? Non, une belle œuvre cinématographique à l'eau de rose. D'ailleurs, passait-il seulement au cinéma ? Dieu, son niveau de stupidité avait atteint un taux bien trop élevé pour lui.
Qu'on lui donne une corde, une poutre et un tabouret.
Avant que Gabriel n'ait le temps de ricaner – ou d'être choqué par son choix – il enchaîna directement sur ses adieux.
– Je dois vraiment te laisser, désolé, à une autre fois. Bonnes vacances !
Et il raccrocha à l'instant où Gabriel, à l'autre bout du fil, articula un « S-Sam ! ».
Il posa son téléphone. Soupira. Son regard se perdit dans le vide. Son poing se serra. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau. Il ne prêta pas attention à la douleur. Il ne la ressentait pas réellement, de toute manière.
Il se remémora encore et encore la conversation, durant plus de dix minutes, son pouls s'emballa et il implosa saisit son portable et le jeta avec force sur son lit.
– Merde...
– Je n'ai plus de nouvelles de Gabriel depuis quelques temps, murmura Castiel lors d'un repas. Tu en as encore, Lucifer ?
Son cousin releva la tête, la bouche pleine de pâtes qu'il avala de manière très digne et très distinguée.
– Nope. Tu sais, c'est pas maintenant qu'on s'est éloigné géographiquement l'un de l'autre qu'on va commencer à devenir les meilleurs amis du monde. C'est plutôt Sam qui aurait plus de chances d'en avoir.
Son poil se hérissa à son nom. Le regard appuyé de Castiel l'obligea à répondre.
– Il allait bien la dernière fois que je lui ai parlé.
– Et toi, ça va ? l'interrogea Dean sans le regarder.
Sam eut envie de le poignarder lui-même, et ce sans aucun remord. Quand quelque chose n'allait pas, soit ils en parlaient un bon coup, soit ils ne disaient rien. Et là, il n'avait pas envie de parler. Juste. Pas. Envie. Et Dean était le mieux placé pour connaître ce ressentiment, puisqu'il était le plus souvent concerné par cette loi, et qu'il n'avait jamais parlé à Sam de ce qu'il s'était passé il y a quelques mois.
Au lieu de répondre, comme à l'habitude des Winchesters, il détourna subtilement la conversation.
– Oui, mais dis-moi plutôt, Dean, tu n'as pas quelque chose à nous dire ?
Son frère haussa des sourcils et s'arrêta de manger pour le dévisager. Il savait qu'il serait vite déçu, car son visage n'exprimait actuellement rien. Mais il savait que Dean savait à quoi il faisait allusion.
– Non. Pourquoi ? Toi si ?
Très bien, s'il ne souhaitait pas encore assumer sa relation avec Castiel, il ne dirait rien. Mais le but de sa manœuvre avait été réussi : plus de Gabriel.
– Non plus. Si ce n'est que tes pâtes sont excellentes.
– Merci. Castiel m'a aidé à innover dans la sauce, et je dois dire qu'il a de bonnes idées.
Castiel le gratifia d'un sourire rayonnant. Sam songea qu'il fallait être aveugle maintenant pour ne pas remarquer cette chaleur que ces deux-là dégageaient depuis des jours à chaque fois qu'ils étaient ensemble.
Lucifer, qui continuait de manger, n'y fit même pas attention. Adam, de son côté, avait fini de manger et textotait sans se préoccuper d'eux.
Gabriel s'enroula dans sa couette et resta allongé dans une position fœtus sur son lit, pour changer depuis qu'il était de retour. Et comme tous les jours depuis son retour, il posa son téléphone, ouvert et allumé, face à lui, appuyé contre son oreiller, et fixa l'écran.
Parfois, il ne fixait que la page de son répertoire ouverte sur le numéro du correspondant « Sammy » sans l'appeler. D'autres fois, il relisait les messages qu'ils s'étaient échangés les jours où ils avaient un rendez-vous où ils devaient se rejoindre, seuls ou avec les autres, ou simplement les SMS qu'il lui avait envoyé juste pour le taquiner et avoir le plaisir de sentir le regard de Sam sur lui – même si le sentiment qui l'animait ne se trouvait que de l'agacement. C'était sa manière à lui d'attirer son attention.
Depuis son premier, et dernier appel, Gabriel n'était plus revenu sur son répertoire. Il ne relut pas non plus ses messages il les connaissait presque par cœur, ils n'en avaient pas échangés tant que ça et surtout, il se perdait dans ses souvenirs en se rappelant de toutes les situations de chacun d'entre eux.
Aujourd'hui, le programme de Gabriel se résuma à faire défiler les rares photos qu'il avait réussi à prendre de Sam et de lui, avec son accord.
Réponse aux guests :
DianeMoon (ou la fausse guest par excellence) : La malédiction me poursuivra-t-elle jusqu'à la fin de cette fic ? J'espère que tu as pu constater que le "I'm fine" de Sam tenait toujours pour lui dans ce chapitre :') *se tire une balle* Pour Lucifer, je me doutais bien que tout le monde ne l'accepterai/l'apprécierai/comprendrais pas. Moi-même si je n'étais pas l'auteur je ne serais pas sûre de l'aimer - mais ce qui est affreux dans une fic c'est que je m'attache à tous mes persos (sauf Dick et Gordon ils peuvent crever /PAN/) Et les exams sont terminés ! Amen.
Fougre : Mais c'est la moindre des choses que de te répondre ! D'autant que ta review m'avait fait très plaisir *-* au moins, tu as pris le temps de me laisser une review au moins une fois, ce qui est déjà pas mal. J'avoue que la scène du baiser Destiel aura pris quand même 27 chapitres... Voilà, à force de broder... xD J'espère que ce chapitre t'aura aussi plu, et si jamais ce n'est pas le cas, n'hésite pas à m'en donner les raisons ! *^*
Torille : Mieux vaut tard que jamais, merci de m'avoir laissé un commentaire malgré tout. Si le chapitre précédent t'as paru différent, et que celui-ci est dans le même cas, ne doute pas que le prochain chapitre sera meilleur - comme je le disais, celui-ci m'a donné un peu de mal ^^'
MERCI POUR TOUT. Vous êtes géniaux. Merci à ceux qui me lisent, à ceux qui mettent en favoris, ceux qui laissent des commentaires. Vous m'avez aidé à garder le moral durant mes épreuves de bac, vous n'imaginez pas à quel point. Merci à tous.
Je vous aime,
Plume-now
