DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Rating : M+ 18
Genre : romance / slash / Yaoi
Chapitre 26 – Nous nous reverrons
14 mai 2007 – Londres
- Draco…
- Non Harry…
- S'il te plaît… s'il te plaît…
Les poings crispés et des larmes dans les yeux, Harry suppliait Draco encore et encore. Mais le blond ne voulait rien entendre. Ou plutôt si, il adorait entendre Harry le supplier.
Il se pencha en avant et déposa un baiser sur l'épaule moite du brun, puis migra dans la nuque qu'il mordilla et caressa son dos. Ces gestes d'une tendresse infinie allaient de paire avec la douceur et la profondeur de ses coups de rein. Cela faisait plus de vingt minutes qu'il allait et venait à l'intérieur de son amant sans jamais accélérer, en prenant bien le temps de ressortir complètement avant de revenir avec ferveur.
Harry devenait fou. A chaque pénétration, il sentait son corps se tendre vers la jouissance. Sa peau était couverte de sueur, ses muscles brûlaient et son sexe était tellement tendu qu'un seul souffle d'air suffirait à le faire jouir.
Puis plus rien. Draco s'était retiré et ne revenait pas.
- Merlin Draco ! Ne me laisse pas comme ça ! Par pitié ! Reviens !
- Chut petit lion… dit le blond en retournant son amant sur le dos.
Draco s'allongea sur Harry de côté, en prenant bien soin de ne pas toucher son érection et l'embrassa voluptueusement. Il descendit ensuite le long de la mâchoire, de la clavicule et du torse pour arriver au nombril dans lequel il darda sa langue, mimant l'acte qui manquait tant à Harry.
- Draco… je n'en peux plus…
Le blond s'agenouilla entre les cuisses de son amant, souleva son bassin en le ramenant vers lui et il le pénétra d'un seul coup jusqu'à la garde, arrachant à Harry un cri animal. Le temps de la douceur était révolu et Draco pilonna Harry avec la dernière énergie.
Le brun se répandit par saccades en tremblant littéralement, tellement son plaisir était grand. Draco suivit quelques secondes plus tard en murmurant le prénom de Harry comme une litanie. Il s'écroula ensuite sur lui, le souffle coupé et la vision floue.
- Je crois… qu'on a … battu un record… haleta Draco.
- Deux heures ! Deux heures que … tu me tortures… tu es… un sadique Draco Malefoy… souffla Harry, encore paralysé par l'orgasme qui l'avait fauché.
Draco se retira et roula sur le dos.
- Tu te souviens de notre première fois ? demanda le blond après quelques instants de répit.
- On avait tenu quoi ? Cinq minutes ?
- Trois… rigola Draco. Merde, mon ego en a pris un coup ce jour-là !
- Peut-être mais c'était trois super minutes ! La preuve, je m'en souviens encore.
Draco se redressa sur un coude et regarda Harry avec sérieux.
- Je n'ai jamais regretté une seule des minutes passées avec toi depuis ce jour où on s'est rencontré à Antrim.
- Moi non plus. Pas une minute. Même pas une seconde.
Après avoir terminé leurs études à Poudlard, Harry et Draco s'étaient installés dans un appartement que possédaient les parents du blond à Londres. Dans la perspective de reprendre les affaires de son père, Draco s'inscrivit à la Wizzard Business School of London tandis que Harry intégrait l'Ecole Supérieure d'Etude des Potions.
Draco travaillait désormais en étroite collaboration avec son père dont il était le bras droit. Harry officiait quant à lui comme Chef Potionniste à l'Hôpital Sainte-Mangouste.
Et ils s'aimaient comme au premier jour.
Parfois Harry s'effrayait de la perfection de leur vie. Car en plus de l'amour infini qu'ils partageaient, ils étaient entourés de parents et d'amis extraordinaires.
Blaise et Hermione tout d'abord. Le métis avait fini par conquérir le cœur de la jolie brune en milieu de sixième année. Ils ne s'étaient plus quitté depuis. Hermione et lui étaient tous les deux médicomages à Sainte-Mangouste où ils croisaient régulièrement Harry.
Le brun était également resté en contact avec Théodore Nott, bien que celui-ci, devenu diplomate, soit souvent en déplacement à l'étranger.
Draco avait présenté à Harry ses amis de Durmstrang et le brun s'était rapidement entendu avec Nicolaï Dolgoroukov et Andrjez Idaszek.
Côté famille, les parents de Draco s'étaient immédiatement liés d'amitié avec ceux de Harry, le lien que constituaient Severus et Remus ayant grandement facilité le rapprochement. Ils se voyaient régulièrement que ce soit chez les Potter, chez les Malefoy ou à Antrim qui était désormais la propriété de Harry et Draco. Narcissa et Lucius avaient en effet tenu à céder le Manoir au jeune couple.
Harry et Draco en avaient été plus qu'heureux car Antrim représentait pour eux le début de tout.
- A quoi tu penses beau brun ?
- A nous, à notre vie … à la chance qu'on a…
- C'est vrai qu'on a de la chance… Et tu te rends compte à quoi ça tient ? Si tu n'avais pas accompagné mon parrain et Remus cette année-là…
Harry soupira. Il lui était difficile d'imaginer sa vie sans Draco. Dire qu'il avait failli refuser de venir …
Il secoua la tête pour chasser ces pensées négatives et se concentra sur ce qui était son présent, sa réalité : l'homme merveilleux qui était là, avec lui, chaque jour depuis 10 ans.
Il s'installa sur le côté, dos à Draco qui ne tarda pas à se coller contre lui et à l'entourer de ses bras. Ils s'endormirent ainsi, repus l'un de l'autre, un sourire flottant encore sur leurs lèvres.
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15 mai 2007 – Hôpital Sainte-Mangouste, Londres
En arrivant à Sainte-Mangouste ce matin là, Harry perçut une agitation peu ordinaire.
- Tu te rends compte ? C'est incroyable.
- Je me demande bien qui a pu les laisser là…
- Et si on n'arrive pas à les approcher ?
- C'est fou cette histoire !
Tout le monde semblait captivé par quelque chose. Un événement avait certainement dû se produire pendant la nuit pour susciter autant de commentaires.
- Ah Harry ! Vous êtes là, dit Marcus Hackerby, le Chef du Département des blessures par sortilèges. Nous avons besoin de vous au service des urgences. Venez !
Le brun enfila prestement sa blouse et suivit Hackerby jusqu'à une pièce en retrait où s'activaient déjà plusieurs infirmières et médicomages.
Quand ceux-ci s'écartèrent, Harry put voir posé sur une table d'examen un couffin avec à l'intérieur deux nourrissons. A première vue, ils avaient quelques heures à peine.
- Nous les avons trouvé ce matin devant l'entrée de service de l'Hôpital. Nous n'avons aucune idée de qui les a déposé là… dit Hackerby.
- Ils sont blessés ? Malades ? demanda Harry.
- C'est bien là le problème ! répondit le médicomage. Nous ne parvenons pas à les approcher. Regardez !
Hackerby tendit la main pour toucher un des deux enfants et immédiatement un halo doré se forma autour du couffin.
- Ça alors, souffla Harry.
- Comme vous dites… Nous avons tout essayé, rien n'y fait. La seule chose que l'infirmière est parvenue à faire, c'est jeter un sort de lévitation pour amener le couffin dans cette pièce.
- Et … et que puis-je faire ? questionna le brun.
- Comme je vous l'ai dit, nous avons essayé tous les sortilèges possibles et imaginables… Nous sommes à court d'idées. Le seul champ d'action que nous n'avons pas exploré, ce sont les potions…
Hackerby était dépité.
- Si nous n'arrivons pas à approcher ces enfants rapidement, ils risquent de mourir. Nous ne parvenons pas à les nourrir ou même à savoir s'ils sont blessés…
- Je comprends dit Harry… mais je doute que la solution soit une potion… Il faudra peut-être que j'en parle à Severus… dit-il plus pour lui même que pour les autres.
Disant cela, il s'était approché. Il tendit la main mais contre toute attente, il ne rencontra aucune résistance. Le bouclier ne se formait pas. Il put saisir sans difficulté la petite main potelée d'un des jumeaux.
Les personnes présentes poussèrent une exclamation de joie.
- Ah, il semblerait que le charme soit levé, dit Harry. Sans doute était-ce un bouclier temporaire pour protéger les enfants le temps que quelqu'un les trouve…
- Sûrement ! se réjouit Hackerby. Allons-y ! On va commencer par les ausculter et ensuite il faudra les nourrir.
L'infirmière tendit les bras pour prendre un des enfants mais son geste fût stoppé net : le halo doré était de retour.
- Merlin ! C'est impossible ! s'énerva Hackerby.
Harry refit une tentative à son tour. Sitôt qu'il approcha sa main, le bouclier disparut.
- Bon sang ! Potter ! Vous semblez être le seul à pouvoir approcher ces enfants…
- Oui… je ne comprends pas pourquoi.
- Peu importe ! Pouvez-vous en prendre un dans vos bras ?
Le brun s'approcha du couffin et souleva délicatement l'un des jumeaux. Bien qu'il n'eut que quelques heures, le bébé semblait déjà fixer Harry de ses grands yeux gris. Ceux-ci le troublèrent un peu, tant ils ressemblaient aux yeux de Draco.
Tout en gardant l'enfant contre lui, il laissa Hackerby procéder à un examen à l'aide de sa baguette.
- Hm… ce petit a l'air en bonne santé. Je ne décèle aucune lésion ni aucune faiblesse de ses organes. Voyons le deuxième.
Harry répéta l'opération avec l'autre jumeau. Celui-avait des yeux verts sombres.
Pratiquement identiques aux miens, se dit-il.
- Ah, c'est une petite fille, constata le médicomage. En parfaite santé également. Bon, Harry, puisque que vous êtes seul que ces petits acceptent, vous sentez-vous de leur donner le biberon ?
- Heu… oui, bien sûr que oui.
L'infirmière partit préparer deux biberons et quelques minutes plus tard, Harry se retrouvait, confortablement assis dans la nursery de l'Hôpital à donner à manger à deux petits ogres. Ceux-ci finirent goulûment le biberon en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Harry les plaça ensuite dans deux petits berceaux séparés. Il se disait que le sortilège émanait certainement du couffin et que maintenant que les bébés en étaient sortis, le bouclier ne se reformerait pas.
Les jumeaux s'endormirent paisiblement et Harry put enfin gagner son laboratoire et commencer sa journée de travail.
Quelques heures plus tard, il fut à nouveau rappelé à la nursery.
Poussant un soupir exaspéré, il laissa ses fioles et ses alambics et descendit au 1er étage.
- Que se passe-t-il encore ? demanda-t-il avec lassitude.
- Regardez Monsieur Potter ! dit une infirmière.
- Quelqu'un a déplacé les enfants ?
- Non ! Personne n'y a touché… et le bouclier est revenu.
Pour le coup, Harry était stupéfait. Il se rappelait très bien avoir placé les bébés dans deux berceaux. Or, là, les jumeaux étaient tous les deux, serrés l'un contre l'autre, dans le même petit lit, entouré d'un halo doré.
- Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? souffla le brun.
Le soir venu, se posa la question de savoir que faire des jumeaux pour la nuit. Comme personne d'autre que Harry n'était en mesure de les approcher, le Directeur de l'Hôpital et la responsable des services sociaux sorciers suggérèrent que le brun puisse rentrer avec les enfants chez lui.
- Attendez, dit Harry… Je… je ne suis pas seul… je dois en parler à mon compagnon…
- Monsieur Potter, dit l'assistante sociale, sans vous, ces enfants mourront… Si personne ne peut les approcher pour les nourrir, ils mourront. Vous comprenez ?
- Bon, c'est d'accord, dit-il en passant nerveusement la main dans ses cheveux.
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15 mai 2007 – Appartement de Draco et Harry, Londres
Quand il passa la porte de son appartement, il entendit des bruits dans la cuisine. Draco était déjà rentré.
Harry déposait son chargement sur le canapé du salon alors que le blond venait à sa rencontre.
- Ça va Harry ? Tu rentres bien tard… La journée a été d… Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il en avisant le couffin.
- C'est une longue histoire, soupira le brun en s'affalant dans le fauteuil en face.
Il entreprit de tout raconter à Draco qui, comme à son habitude, l'écouta jusqu'au bout sans l'interrompre. Il semblait stupéfait.
- C'est incroyable… souffla-t-il.
- Je ne te le fais pas dire… Ooh làlà, ils se réveillent. Je vais devoir leur donner à manger, dit le brun en se relevant.
Draco s'approcha et sourit devant le visage poupin des deux nourrissons. La petite fille venait d'ouvrir les yeux et elle fixait Draco avec intensité. Celui-ci eut un mouvement de recul.
- Dis-moi Potter ? Je me trompe ou cette gamine a exactement tes yeux ? grinça-t-il en se tournant vers Harry. Ça veut dire quoi ces salades ? Tu t'es tapé une gonzesse et tu te retrouves avec le résultat sur les bras ?
Son ton était dur et Harry tressaillit, sous le choc.
- Quoi ? Mais tu es fou !
- Je ne suis pas fou ! Cette gosse a tes foutus yeux verts ! Et cette histoire de bouclier, c'est n'importe quoi !
- Je te jure que c'est la vérité !
- ALORS DIS-MOI POURQUOI J'AI CETTE GAMINE DANS LES BRAS ?
Harry se figea, stupéfait. Dans l'emportement de la dispute, il n'avait pas remarqué que Draco tenait le bébé contre lui.
- Merlin, c'est…
Il se força à respirer profondément puis il dit, sur un ton qu'il voulait calme :
- Draco, je te jure sur la tête de ma mère que ce ne sont pas mes enfants… Je n'ai couché avec personne d'autre que toi. Et si tu voulais bien faire attention, tu remarquerais que si la petite fille a des yeux verts, le petit garçon a des yeux gris. Du même gris argent que les tiens, acheva-t-il plus bas.
Draco se pencha sur le bébé resté dans le couffin. Celui-ci semblait le regarder avec un mélange d'inquiétude et de mécontentement, comme s'il désapprouvait que les adultes se disputent ainsi.
- C'est impossible… ce gris… c'est… c'est une caractéristique génétique propre aux Malefoy… dont seuls les garçons héritent…
- Alors Draco ? Dois-je moi aussi t'accuser d'avoir fait un enfant derrière mon dos ?
Le blond soupira.
- Non, bien sûr que non. Pardonne-moi Harry, je n'aurais pas dû dire ça. Je sais que tu serais incapable de me faire ça…
- C'est pas grave, dit Harry en passant une main apaisante dans son dos. Bon, que va-t-on faire ?
- On va s'en occuper, tout simplement. Allez viens, ma puce, on va te donner à manger.
Comme s'il avait fait ça toute sa vie, le blond transposa le bébé sur un de ses bras, tout en prenant le sac qui contenait les ustensiles nécessaires à la préparation des biberons.
- Comment s'appellent-ils au fait ? demanda Draco en se tournant vers Harry.
- Heu… je ne sais pas… Ils n'ont pas de prénom pour le moment.
- Ah… Ce sera Séléné et Hypérion alors.
- Quoi ? C'est quoi ça pour des prénoms de snob ? s'insurgea Harry.
- C'est une tradition chez les Malefoy. Les enfants sont nommés en référence à une constellation, un astre… quelque chose de lumineux en toute hypothèse, dit Draco avec hauteur.
Harry s'était arrêté dans son mouvement et considérait le blond avec étonnement.
- Heu… Draco… ce ne sont pas nos enfants…
Draco s'était bizarrement rembruni. En quelques minutes à peine, il semblait s'être déjà attaché aux deux petits.
- Oui, je sais, dit-il un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu... mais il faut bien qu'on les appelle par un prénom ! On ne va pas dire constamment « les bébés » …
- Tu sais… ils ne restent que pour cette nuit. J'espère bien qu'on trouvera une solution pour faire disparaître ce bouclier. L'assistante sociale pourra les récupérer et…
- Et puis ? Ils deviendront quoi ? coupa Draco. Ils iront à l'orphelinat ?
- Et bien… je suppose que oui. Le temps qu'on leur trouve une famille.
Le blond regarda ailleurs.
- Ils… ils pourraient avoir une famille dès maintenant, dit-il tellement bas qu'Harry dut faire un effort pour l'entendre.
- Draco… ce n'est pas aussi simple.
- Ça va, j'ai compris. N'en parlons plus.
Il se dirigea vers la cuisine où, avec une rare efficacité, il mit à chauffer la préparation à base de lait maternisé. Harry le suivit ensuite au salon où ils s'installèrent l'un en face de l'autre. Ils s'observaient mutuellement du coin de l'œil tandis que les enfants engloutissaient voracement le contenu de leur biberon.
Ils n'échangèrent aucune parole pendant tout ce temps. Sans rien dire, Draco emmena la petite fille dans leur chambre. D'un geste de sa baguette, il transforma une commode en table à langer et entreprit de changer la couche du bébé.
Alors qu'il défaisait les attaches du petit maillot de corps, il eut un hoquet de stupeur.
Harry l'entendit et arriva dans l'instant, le petit garçon toujours dans ses bras.
- Qu'y a-t-il ? s'inquiéta le brun.
- C'est… Séléné, elle… elle n'a pas de nombril…
- Quoi ? Mais c'est impossible !
Draco s'écarta de la table à langer et Harry ne put que constater la même chose que le blond. Mu d'un impulsion subite, il allongea le garçon et le déshabilla également.
Même chose : il n'avait pas de nombril.
- J'appelle Blaise, dit Harry.
Blaise était pédiatre. Il n'était pas présent à cette Sainte-Mangouste car avec Hermione, ils avaient enfin trouvé à s'organiser pour prendre une semaine de congé.
De la chambre, Draco entendait la conversation.
- Blaise, c'est Harry. Ecoute, je suis désolé de te déranger pendant ton congé mais pourrais-tu venir à l'appartement s'il te plaît... C'est… dur à expliquer au téléphone… Non, Draco et moi allons bien… Oui, nous t'expliquerons sur place…. Merci.
Une minute plus tard, des flammes vertes bruissaient dans la cheminée, laissant apparaître Blaise et Hermione.
- Harry ! Que se passe-t-il ?
Tout en amenant Blaise et Hermione dans la chambre, le brun leur raconta toute l'histoire.
- Ils n'ont pas de nombril tu dis ? reprit le métis.
- Oui, vois par toi-même.
- Ça alors…
Il tendit la main pour examiner la petite fille mais son geste fut arrêté par le halo doré.
- Et voilà, ça recommence… dit Harry.
Mais avant qu'Harry ait pu poursuivre, Draco se pencha sur la petite fille.
- Séléné, mon ange, Blaise ne te veut aucun mal… il veut juste te voir de plus près. C'est… c'est un ami, tu ne dois pas avoir peur de lui.
La petite regarda Draco comme si elle avait compris ce qu'il lui disait. Le blond fit signe à Blaise d'avancer et cette fois, il put l'approcher à son tour, ainsi que son frère.
Le métis les examina minutieusement.
- Ces enfants sont en parfaite santé. A part qu'ils n'ont pas de nombril.
- Pour quelle raison ? demanda Draco.
Hermione, qui était restée silencieuse jusque là, intervint :
- Ce sont des êtres de magie pure.
- Quoi ? demandèrent les trois hommes à l'unisson.
- Des êtres de magie pure. Ils n'ont pas été portés par un utérus humain mais par une poche magique. La raison pour laquelle ils n'ont pas de nombril, c'est parce qu'ils n'étaient pas reliés à un cordon ombilical.
- Mais d'où viennent-t-ils ? questionna Harry.
- Je n'en sais rien… Mais il y a quelque chose de troublant : non seulement, ces enfants vous ressemblent mais en plus vous êtes les seuls capables de les toucher et de communiquer avec eux…
- Tu veux dire que… commença Draco.
- Je pense que ces enfants sont là pour vous. Je ne sais ni grâce à qui ni comment, mais ils sont là pour vous, acheva Hermione.
Draco et Harry se regardèrent, stupéfaits. Une foule d'émotions se déchaînait en eux.
Blaise perçut leur malaise.
- Ecoutez les gars, les petits vont bien. Très bien même. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Pour… le reste, on va vous laisser. Vous devez discuter de tout ça entre vous. Nous reviendrons demain, d'accord ?
Les deux concernés hochèrent la tête sans rien dire.
Quand leurs amis furent partis, Harry prit la parole le premier.
- C'est incroyable cette histoire. D'où peuvent venir ces enfants ?
- Cela a-t-il de l'importance ?
- Bah quand même, non ?
Le visage de Draco se ferma. Il termina de langer les nourrissons et les installa dans deux petits lits qu'il avait créés à partir de deux chaises. Il sortit de la pièce sans plus un mot ou un regard pour Harry.
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30 mai 2007 - Appartement de Draco et Harry, Londres
Les jours passèrent. Les bébés n'avaient pas pu être placés à l'orphelinat car le bouclier réapparaissait à chaque fois qu'une autre personne qu'Harry ou Draco s'en approchait.
Draco travaillait à domicilie afin de pouvoir s'occuper des enfants.
Pendant ce temps, Harry, avec l'aide d'Hermione, écumait tous les livres de sortilèges afin de trouver une solution. Remus, Severus et Sirius cherchaient de leur côté. Lucius avait retourné toute la bibliothèque du Manoir Malefoy, persuadé de posséder un ouvrage sur le sujet mais, à sa grande consternation, il ne l'avait jamais retrouvé. Quant à Narcissa et Lily, elles se relayaient auprès de Draco pour l'aider au quotidien.
Un soir, deux semaines jour pour jour après l'arrivée inopinée des deux bébés, Harry rentra épuisé et bredouille. Les petits étaient déjà endormis et c'est à pas feutrés qu'il entra dans la chambre pour leur souffler bonne nuit. Il essayait de ne pas trop s'y attacher mais c'était tous les jours un peu plus difficile. Quant à Draco, n'en parlons pas. Lui les avait adoptés tous les deux dès le premier soir.
- Toujours rien, dit-il en revenant au salon et en embrassant Draco.
Il s'affala dans le divan et soupira longuement.
- J'en viens à me demander si on a pas affaire à de la magie noire...
- Harry, veux-tu d'une famille avec moi ? dit abruptement Draco.
- Heu… je… je…
- C'est oui ou c'est non ?
- Attends Draco ! Je n'y ai jamais réfléchi ! Pour moi, c'était clair : on est deux hommes, on allait passer le reste de notre vie tous les deux. Point barre !
Comme le blond ne disait plus rien, Harry demanda :
- Et toi Draco ? Que veux-tu ?
- Je veux de ces enfants. Tu as entendu Hermione, ils sont là pour nous. Ils nous ressemblent comme deux gouttes d'eau… ça m'est égal de savoir d'où ils viennent. Ils sont là, c'est tout. Alors, je vais les garder et je ferai ce qu'il faut pour les adopter. La seule question qui demeure est de savoir si ce sera avec ou sans toi.
Harry encaissa le choc.
- C'est un ultimatum ?
- Vois cela comme tu veux.
- Bien.
Le brun quitta le salon. Une minute plus tard Draco entendit la porte de l'appartement claquer.
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Harry avait à peine fait trois pas dans le couloir qu'il s'écroula le long du mur.
Assis par terre, les genoux contre lui, il pleurait, la tête entre les mains. Il ne parvenait pas à croire ce qu'il venait de faire. Il avait quitté Draco.
Et pourtant des disputes, ils en avaient déjà eues ! Avec des mots durs et des objets qu'on casse… et à chaque fois, ils avaient réussi à en parler, à se comprendre et à se réconcilier.
Mais pas cette fois. Comment Draco pourrait-il comprendre ? Si Harry lui expliquait, il allait le prendre pour un fou.
Comment expliquer à Draco que depuis des années maintenant Harry faisait toujours le même rêve au point d'en venir à considérer qu'il ne s'agissait pas d'un rêve mais de la réminiscence d'une autre vie ?
Il était orphelin. Ses parents avaient été tués par un Mage Noir qui était à ses trousses également et il avait été élevé par un oncle et une tante moldus qui le maltraitaient à longueur d'année. Lors de sa cinquième année à Poudlard, le Mage Noir lui avait lancé un sort qui l'avait privé de sa magie. Il avait été expulsé de l'école par le Directeur puis battu et violé par ses anciens camarades de classe. Il ne devait son salut qu'à un jeune homme, qu'Harry ne parvenait jamais à identifier dans son rêve, qui le ramena chez ses parents où il reçut des soins et de l'amour. L'amour de ce jeune homme précisément. Un amour tellement fort qu'Harry tomba enceint, de jumeaux, une petite fille et un petit garçon. Mais alors qu'il croyait avoir touché du doigt le bonheur absolu, quatre autres Mages étaient venus et lui avaient enlevé ses enfants.
Son rêve se terminait toujours de la même façon : il entendait la voix de sa petite fille lui dire nous nous reverrons.
Alors, oui, il voulait une famille, désespérément. Mais il ne voulait pas concrétiser ce désir car il avait le sentiment qu'en le faisant, il trahissait Draco en reconstituant cette famille qu'il avait formé si peu de temps avec ce jeune homme dont il était éperdument amoureux.
Harry soupira lourdement. Draco avait le droit de savoir. Après tout ce qu'ils avaient partagé, il ne pouvait pas partir comme ça, sans lui donner d'explication.
Lentement, il se releva et rouvrit la porte de l'appartement.
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Le bruit de la porte sortit Draco de sa torpeur.
Quand il vit qu'Harry était revenu, il se jeta sur lui et l'entoura de ses bras.
- Pardonne-moi, je n'aurais jamais dû te demander ça… Ne t'en va pas, je t'en prie.
- Un Malefoy qui s'excuse… wahou... ça devient inquiétant, dit Harry dans un pauvre sourire.
- Ouais, tu vois comment je deviens à cause de toi ?
Le brun lui rendit son étreinte. Il était si bien dans les bras du blond.
- Draco… écoute… je te dois une explication… dit-il dans le cou de son amant.
- Harry…
- Non, Draco… laisse-moi t'expliquer, il le faut.
Harry s'était écarté et Draco le considérait maintenant avec inquiétude.
Ils s'installèrent dans le canapé et le brun entama son récit. Il lui raconta tout : le rêve, l'amour qu'il pensait éprouver pour ce jeune inconnu, les enfants, son envie d'avoir une famille.
Tout du long, Draco ne dit pas un mot.
- Voilà. Maintenant tu sais tout, conclut Harry. Et je comprendrais que tu me prennes pour un fou. Ou que tu m'en veuilles parce que la nuit je rêve d'un autre que toi. Mais si tu parviens à me pardonner, alors saches que cette famille, je la veux vraiment. Et je la veux avec toi.
Le blond soupira et la peur noua le ventre de Harry. Après ce qui lui sembla une éternité, Draco prit la parole.
- Je ne pense pas que tu sois fou, Harry. Ou alors je le suis autant que toi car je pense que le jeune homme dont tu rêves, c'est moi.
- Quoi ?
- Je fais toujours le même rêve moi aussi. Dans ce rêve, je suis en quelque sorte l'ange gardien d'un jeune homme… Je dois le protéger mais je ne peux empêcher qu'il se fasse tabasser et violer par ceux qu'il prenait pour ses amis. Quand je finis par le retrouver, il est à moitié mort dans une ruelle. Je le ramène chez moi et je le soigne. Nous tombons amoureux. Il y a toute une partie du rêve qui est floue où il est question d'une prophétie et de quelque chose que ce garçon et moi devons réaliser ensemble. Toujours est-il que le garçon tombe enceint, de jumeaux. Mais les enfants nous sont enlevés à peine nés. Et tout comme toi, j'entends les derniers mots de ma petite fille qui me dit nous nous reverrons.
Harry est abasourdi.
- Alors tu crois que…
- Je crois que ce n'est pas un rêve mais une autre vie que nous avons vécu ailleurs, je ne sais pas quand… une vie dans laquelle nous avons eu notre lot de malheurs, de morts et de souffrance. Je me suis toujours demandé pourquoi je t'ai immédiatement fait confiance, alors que je ne te connaissais pas. Pourquoi j'étais sûr que c'était avec toi que je voulais passer le restant de ma vie alors que nous nous connaissions depuis quelques semaines à peine. C'est tout simplement parce que je te connaissais déjà. Je t'avais déjà aimé. Avant.
- Et ces enfants seraient ceux que nous eu tous les deux dans cette autre vie…
- Oui. Ce sont eux, j'en suis certain. Et tu le sais aussi.
Le brun considéra ces paroles un instant.
- Oui, tu as raison. Quelque chose au fond de moi les a reconnu immédiatement. Mais c'est vraiment …
- … incroyable ? Nous sommes des sorciers Harry. Dans le monde de la magie, tout est possible.
Harry ne put qu'acquiescer. Dans le monde de la magie, tout était possible, en effet.
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Le lendemain, Harry et Draco firent connaître aux services sociaux sorciers leur volonté d'adopter les deux enfants.
Il fallut attendre six mois d'une part pour permettre à un parent éventuel de se manifester et d'autre part, pour qu'une enquête de moralité soit réalisée. Celle-ci ne posa aucun problème, personne ne songeant à mettre en doute l'honorabilité des familles Potter et Malefoy.
Lily et James étaient enchantés pour leur fils. Ils tombèrent immédiatement sous le charme des deux petits bouts, tout comme Remus. Quant à Sirius et au sévère professeur de Potions, ils en étaient carrément gaga, se chamaillant sur lequel les avait eu le plus longtemps dans les bras.
Lucius et Narcissa se réjouirent également même si Narcissa ne sembla pas surprise outre mesure. Une fois encore, Draco eut la très nette impression que sa mère savait une chose que lui, ignorait.
Le 24 décembre 2007, Harry et Draco reçurent les documents officiels attestant qu'ils étaient désormais les parents de Séléné Lily Narcissa et d'Hypérion James Lucius Malefoy-Potter.
