Bonjour ! Ne soyez pas étonnés, les gens, si je publie plus tôt que prévu, c'est que je vais être assez occupée la semaine prochaine, avec le bac blanc. Demain après-midi je révise et ce week-end je vais à un salon de l'étudiant. Ce sera serré... Du coup je profite encore de ma liberté de ce soir pour publier ! Puis, mieux vaut que ce soit plus tôt même si ça me déplairait pas de vous faire lambiner, héhé...
D'accord, j'arrête.
Merci à Marina, cat240, Melfique et Elvithradia pour leurs reviews, et aussi à...
Tania : Je ne sais pas si je peux faire grand-chose pour Katie, pour le moment. Espérons juste que Ted ou quelqu'un d'autre la ramènera à la raison, même si cela peut paraître optimiste :) Sinon, j'ignore si je parlerais davantage de Cora, en abordant son passé et son potentiel (j'ai bien dit potentiel) rapport avec les Finnigan... Il y a beaucoup d'autres choses à aborder, peut-être que dans une annexe un jour... Mais ça ferait beaucoup, avec cette histoire, aussi, et j'essaie de caser le maximum d'informations importantes dans la fic ! D'ailleurs, je me pencherai bientôt sur cette histoire de "collaboration" avec le régime, comme une remarque dans ta review me l'a rappelée. Les références historiques ne s'achèveront pas de sitôt. Pour Meryl, je sais que c'est frustrant mais les informations viennent au compte-gouttes !
Allez, bonne lecture !
Chapitre 28 – Projet Phoenix
Seuls le sang, la famille, l'histoire, le temps, identifient un être humain. Le sang est la meilleure carte d'identité.
Jean-Marie Adiaffi
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« Une Sang-Mêlé, donc. Voilà qui est… surprenant… » marmonna Neville, en posant ses deux mains à plat sur la table.
Assise sur une chaise, Meryl ne disait rien. N'importe qui aurait pu croire qu'elle n'entendait rien de ce que disait Neville, mais c'était justement bien cela qu'elle souhaitait, à l'instant. Il pouvait garder ses commentaires pour lui-même sans l'en faire bénéficier, d'autant qu'elle se sentait affreusement mal-à-l'aise depuis son entrevue avec ses amis… Non, plutôt ses anciens compagnons, désormais. Elle avait un goût amer dans sa bouche en songeant à ce que lui avait dit Ron au sujet de ce concept abstrait.
« Et de plus, nous avons confirmation que tu n'es pas n'importe qui. Ce fut vraiment très enrichissant, mais je me pose tout de même certaines questions… Les mêmes à dire vrai que tes petits camarades, à savoir : comment, pourquoi, et qui ? »
Chaque fois qu'une information cruciale était sur le point d'être révélée, les Rebelles les plus importants du camp venaient se regrouper dans la tente du chef. La fratrie Weasley était donc présente, ainsi que Luna, Fleur et Natalie Princeton, la mère de Maeva. Ted n'avait pas été convié, ni aucun des autres enfants. Sa présence manquait à Meryl qui souhaitait à cet instant un soutien quelconque, pour arriver à supporter Neville. Il y avait Ron qui semblait être le seul à ne pas lui être trop antipathique, mais il n'était pas de son côté, et il gardait une certaine réserve, aussi avide que les autres d'en savoir enfin plus sur elle.
Mais révéler autant d'informations la mettait en danger, d'autant qu'elle-même ne savait rien à son propre sujet.
« Comment, pour comprendre ce qu'il s'est réellement passé lorsque Tu-Sais-Qui a décidé de t'intégrer dans ses rangs. Pourquoi, pour savoir ce qu'il a eu en tête à ce moment précis. Qui, pour comprendre qui sont tes parents. Le sais-tu, quant à toi ? »
Elle ressentit un frisson violent dans son dos, mais n'osa pas bouger, ni même regarder l'homme qui l'interrogeait. Elle devait répondre honnêtement, mais elle n'avait rien à dire.
« Alors ? Dois-je comprendre que ton silence est d'or ? »
Elle secoua la tête, et hésita avant de lâcher ces mots :
« Non, je ne sais rien.
-Tu es donc son outil sans le savoir ? s'étonna le chef des Rebelles. Savais-tu seulement à quel point tu es importante pour lui ?
-Non, pas jusqu'à ce que Fenrir Greyback nous rattrape, Ted et moi.
-Et tu n'as même pas des bribes de souvenir du jour où il t'a… disons… acceptée ?
-Je n'avais que deux ans à l'époque. Cet épisode m'est très vague.
-Et tu as dix-sept ans… murmura Luna. Neville… Ca correspond.
-Qu'est-ce qui correspond ? s'enquit Meryl.
-Cela remonte à quinze ans. Et quinze ans, c'est la date à laquelle il a gagné. Suite à cela il y a eu de nombreuses rafles comme celles dont ont été victimes nos enfants, ceux que l'on enferme dans les Pensionnats, comme tu les appelles. Il se peut bien que tu aies été de ces enfants, mais Tu-Sais-Qui en a décidé autrement parce qu'il savait quelque chose à ton sujet. Tu étais déjà spéciale à cette époque et il a voulu à tout prix faire en sorte de t'enrôler, même en n'étant qu'une gamine. Dis-moi… Serais-tu la fille d'un Mangemort, par le plus grand des hasards ?
-Si c'est le cas, il s'est battu jusqu'au bout pour le Seigneur, et il n'aura pas failli à sa tâche une seule fois, rétorqua t-elle, ses traits se durcissant tandis qu'elle prononçait ces mots.
-Hum… marmonna Ron, et elle tourna les yeux vers lui, ses sourcils se fronçant en observant sa réaction étrange. Il avait l'air soucieux, la fixant comme pour déceler une information, se rappeler quelque chose…
-Ce qui est sûr, c'est qu'il te veut surtout pour ton pouvoir de guérison. Mais… la magie ne se manifeste pas à l'âge de deux ans, j'ai raison ? Quand ton pouvoir a-t-il été généré pour la première fois ?
-Je venais d'entrer au Pensionnat, avoua t-elle, mortifiée.
-Il faut donc chercher la vérité en découvrant tes origines. Nous avons déjà des pistes, c'est une bonne chose. Tu-Sais-Qui n'a pas pu deviner à quel point tu étais spéciale lorsque cela s'est déclaré. Il y a eu autre chose avant. »
Meryl se sentait confuse. Elle s'apercevait que plus ils tentaient de trouver la vérité, plus ils s'enfonçaient dans un brouillard obscur qui ne semblait pas s'atténuer ; même, il s'épaississait. Tout était tellement plus clair lorsqu'elle n'était encore qu'une jeune fille ignorante. Désormais, les Rebelles s'intéressaient à son passé qu'elle ignorait, et sans doute ne manqueraient-ils pas de la harceler pour qu'elle leur offre chaque détail de sa vie d'avant sur un plateau d'argent. Mais cela serait comme violer son intimité, et elle se refusait à se laisser faire ainsi. Sa priorité n'était plus d'en apprendre plus sur ses parents. Non, sa priorité, c'était Ted. Elle l'avait suivi jusqu'ici pour une raison qu'elle ne comprenait pas elle-même. Elle savait simplement qu'il avait été comme une lumière, dans sa vie, et elle n'avait pas réfléchi aux conséquences de ses actes. Elle n'avait jamais songé qu'il allait être sa perte autant que son guide sur ce chemin si tortueux qu'avait été sa vie, où elle avait manqué de prendre des sentiers détournés avant de le quitter pour de bon, s'engageant sur une route hésitante et sans horizon, sans certitude de pouvoir revenir en arrière.
« Un jour, Meryl, tu nous raconteras tout. Mais pas maintenant, nous avons des choses à régler dès à présent. »
Elle leva les yeux vers lui, intriguée.
« Quoi donc ?
-Cela ne te concerne pas. Tu peux partir, et je te rappellerai dès que possible.
-Je ne suis pas un chien, » s'emporta t-elle, un rictus de colère se formant sur son visage.
Tout le monde dans la pièce la fixa longuement, puis Neville eut un petit sourire, si minuscule qu'elle ne le décela pas. Cela valait mieux, car elle l'aurait mal interprété, prompte à s'emporter qu'elle était malgré sa capacité d'analyse.
« Bien sûr. Allez, va t-en. »
Ginny se chargea alors de la ramener. Mais lorsqu'elles furent dehors, la rouquine ne l'emmena pas à l'infirmerie comme elle le croyait. Elle la guida au contraire dans une direction inverse et se mit à l'abri sous une toile de tente pour éviter les flocons de neige qui tombaient paisiblement.
« Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Meryl.
-Je voudrais m'entretenir avec toi d'abord, avant de rejoindre Neville, » dit simplement son interlocutrice.
Il y avait dans ses yeux quelque chose d'éloquent, qui focalisa toute l'attention de la jeune fille sur elle.
« Sache que personne n'agit dans le but de te faire du mal. Je comprends qu'être rejetée ainsi par ses amis peut faire très mal, crois-moi, je suis familière à ce genre de choses… »
Merci de me le rappeler, songea amèrement Meryl.
« … Mais nous voulons te montrer que nous sommes nous aussi capables de te tendre la main. Et que nous voulons t'aider à te découvrir toi-même.
-Est-ce que c'est encore un moyen de m'enrôler ? »
L'autre la regarda en plissant les yeux.
« Non. Bien sûr que non.
-Je me suis résignée depuis un moment à ne pas en savoir plus sur mes parents. Parce que le Seigneur l'a voulu ainsi. Je ne vais pas mentir en disant que ça m'intrigue, mais si un jour vous le découvrez, s'il vous plaît, ne me dites rien. Parce que tant que le Seigneur ne me dira rien, je ne saurai contrevenir à Ses lois.
-Meryl, cesse de dire cela, ta vie ne dépend pas d'eux ! »
Ginny semblait véritablement contrariée et en colère, cette fois-ci. Elle ajouta :
« Depuis quand quelqu'un t'impose ce que tu dois penser, ce que tu dois savoir ? C'est absurde, tu as bien dû le voir dans ce roman moldu que je t'ai prêté : ce monde horrible où la vie de chacun est réglée comme sur du papier à musique, où leur comportement est étudié au geste près ! Tu aimes te sentir scrutée chaque jour de ta vie ? Tu aimes qu'on te dissimule des choses sur ton propre passé ? »
Elle sembla se calmer et, face à une Meryl silencieuse, elle demanda d'un ton doux :
« As-tu seulement lu le livre ?
-Je le continue. J'en suis à la deuxième partie. Chapitre cinq.
-Bien alors, » s'apaisa la femme.
Mais la jeune fille avait eu un mouvement de recul face à sa réaction violente. Aussi s'étonna t-elle de cette douceur subite, tandis qu'elle observait le paysage autour d'eux. La neige tapissait le sol et envahissait le paysage. Les lieux avaient l'air si solitaires, mais la vision d'enfants qui jouaient plus loin leur apportait de la gaieté, et soudain, Ginny s'exclama :
« Cela fait longtemps que tu n'as pas eu le droit de mettre le pied dehors, j'imagine ? Va donc les rejoindre.
-Comment ?
-Les enfants. Lie-toi avec eux, fais t-en des camarades de jeu. Teddy sera occupé, mais Hope n'est sûrement pas très loin. Ils n'attendent que de te connaître, ils me posaient tellement de questions à ton sujet ! Tiens, prends mon écharpe, pour te tenir chaud. »
Elle avait retiré l'accessoire qu'elle s'appliqua à nouer autour du cou de Meryl, qui ne réagit pas, abasourdie. Elle sentait une chaleur étrange qui l'envahissait de toute part, et cela ne venait pas de l'écharpe. Ginny lui sourit.
« Neville n'objectera rien, je te le promets. Parce que je sais m'y prendre avec lui quand il faut le convaincre qu'une chose est bonne. »
Puis elle la poussa légèrement pour qu'elle aille vers le groupe d'enfants, et lui tourna le dos pour retourner à la tente du chef. Meryl passa une main sur le tissu laineux qui protégeait son cou. Elle se sentait désorientée, et davantage encore lorsqu'elle se tourna vers le groupe de gamins se courant après dans la neige pour se lancer des boules fraîches. Certains criaient quand l'une d'elles frappait leur nuque ou leur visage.
Elle s'approcha, hésitante, et se figea pour regarder. Ils ne l'avaient pas encore remarquée. Elle chercha Ted du regard, mais il n'était pas là. Si Ginny lui avait permis de marcher librement dans le camp, elle pouvait bien se donner la peine de le chercher, non ? Mais elle n'en eut pas l'occasion, elle se rendit compte du silence nouveau qui s'était abattu.
Les enfants la regardaient à présent avec des yeux ronds, l'air à la fois effrayés et curieux. Certains chuchotaient à l'oreille des autres, et les autres échangeaient à leur tour des paroles. Comme d'un commun accord, ils parurent s'éloigner, hésitants et méfiants face à cette fille aux cheveux blonds à qui on leur avait dit de ne pas parler pendant un moment. Pourquoi était-elle ici, à les regarder ? Avait-elle l'intention de leur faire du mal ?
Mais cela n'était pas possible. Il y avait des adultes autour d'eux aussi, et même s'ils semblaient déroutés par la présence de Meryl, ils ne disaient rien.
Lorsqu'ils recommencèrent à jouer en lui lançant parfois de fréquents coups d'œil, elle ressentit comme un pincement au cœur, et serra les lèvres. Où qu'elle allât, elle ne serait acceptée nulle part…
« Meryl ? »
La voix qui s'était élevée la fit sursauter. Hope avait surgi de nulle part et la contemplait, étonnée de la trouver là. Elle admira un instant sa beauté innocente, son doux regard dénué de toute suspicion ou méchanceté. Elle s'avança vers elle à pas rapides et eut le temps de comprendre la situation.
« Tu as peur, n'est-ce pas ? Mais tu sais, personne ne va te manger. Viens avec nous !
-Mais je… » commença t-elle.
Mais la petite Hope lui prit le bras et la traîna jusqu'au groupe qui sursauta. Un seul regard de sa part sembla les détendre et certains adressèrent des sourires hésitants et timides à Meryl, qui ne leur adressa pas de réponse. D'autres la dévisageaient avec un étrange rictus. C'étaient sûrement ceux dont les parents ressentaient le plus d'animosité envers l'intruse.
« Quelqu'un veut faire le concours du plus beau bonhomme de neige ? » lança Hope, à la cantonade.
Il y eut des cris de joie, et la gêne que représentait la présence de Meryl fut oubliée. Elle se contraignit à s'abaisser à des jeux enfantins qu'elle n'avait jamais pratiqués, et se surprit à ressentir du plaisir à retomber en enfance. Hope, qui l'aidait, la rattrapait lorsqu'elle commettait une maladresse, et paraissait n'avoir aucune arrière-pensée derrière la tête. Entre elles commençait à se tisser un lien nouveau, pas encore tout à fait de l'amitié, ni même de la confiance, mais une acceptation partagée de l'autre.
~oOo~
« Bien, Ted, maintenant que tu es là, nous allons pouvoir procéder à un plan pour sauver tes camarades de Pensionnat. »
L'adolescent sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Enfin ! Il avait attendu beaucoup de temps mais il y arrivait, il allait tenir sa promesse et sauver ses amis ! Aux côtés de Neville, Natalie Princeton avait l'air fébrile. Était-elle la seule dans cette assemblée à avoir un enfant cloîtré entre les murs de ces horribles bâtisses ?
« Nous avons la liste des vingt enfants qu'il nous faut sauver. Vingt parce que tu n'es plus des leurs et parce qu'il manque un autre garçon à l'appel, me semble t-il, dont plus personne n'a de nouvelles. Je ne peux pas te garantir que tous pourront être sauvés : ils sont nombreux et certains d'entre eux ne sont sans doute pas indemnes à l'heure qu'il est. »
C'était cruel à dire mais c'était la vérité, et Ted sentit sa gorge se serrer. Mais il crispa ses poings, prêt à en découdre. Il était hors de question de renoncer alors qu'il était si près de réaliser sa promesse. Bientôt, Harold et les autres pourraient partager les jeux des autres enfants du camp, même s'il leur faudrait beaucoup de temps pour se remettre de tous ces évènements.
« Je suis prêt à faire tout ce que vous voulez tant que c'est dans l'intérêt de mes amis. »
Neville eut une petite moue, et aucun des frères et sœur Weasley ne dissimula son amusement. Ted se demanda avec une once d'ironie si son comportement ne leur rappelait pas un de ses parents. Mais il chassa cette pensée.
« Fort bien. Ton Pensionnat est donc à Winchester ? Quels sortilèges protègent cet endroit ?
-Je sais qu'on ne peut pas transplaner à l'intérieur. Le bâtiment se trouve sur un plateau loin des habitations de la ville. Il y a aussi des sortilèges de repousse-Moldus afin qu'ils ne s'approchent pas trop près des lieux. Peut-être même ne voient-ils que des ruines.
-Exactement comme Poudlard. Ingénieux. Mais les protections de Poudlard étaient encore plus anciennes et puissantes, alors il ne devrait pas être trop dur de briser les sorts. Je ferai appel à Bill pour cela, il est le plus expérimenté de nous tous. Mais j'ai une question, quelque chose m'intrigue grandement : s'il est impossible de transplaner de l'intérieur, comment avez-vous réussi à fuir en utilisant un moyen semblable ? »
Un mois plus tôt, Ted avait expliqué la façon dont lui et ses camarades avaient organisé leur évasion et leur avait même montré sa bague, que les adultes avaient étudié avec grand intérêt. Maintenant qu'on lui demandait cela, il s'apercevait qu'il n'avait jamais trouvé cela réellement étrange. Il fallait dire qu'il avait bien d'autres soucis à se faire et que cette bizarrerie s'était noyée parmi tant d'autres, parmi elles la mystérieuse fumée qui les avait protégés des Rafleurs, Meryl et lui.
« Euh, le mieux à même de vous informer est Gerald. Gerald Night. C'est lui qui a fabriqué les bagues. Il m'a expliqué certaines choses, mais je n'ai pas tout retenu. Je lui ai fait confiance jusqu'au bout et il a réussi du premier coup, c'est un ingénieur hors pair…
-C'est donc lui le plus important des enfants à aller chercher. Si les Mangemorts ont mis la main sur lui, à l'heure qu'il est ils l'ont sans doute déjà interrogé, peut-être même enrôlé…
-Non ! Il n'accepterait jamais ça ! s'exclama le Métamorphomage, horrifié.
-Teddy, si tu savais quels moyens ils utilisent pour convertir les gens à leur cause… ricana sombrement Ginny.
-Quels moyens ? » s'enquit-il, alarmé.
Mais les regards entendus que se lancèrent les adultes lui montrèrent qu'ils n'avaient pas l'intention de lui répondre. Et cela l'irrita.
« Nous n'en sommes pas encore là. Nous… t'expliquerons un jour, si possible avant d'avoir à te confronter à ce genre de choses. En attendant, ne détournons pas le sujet, » trancha Neville.
Son regard dissuada le garçon de s'énerver. Il était déterminé, intraitable. C'était le regard d'un meneur qui n'aimait pas qu'on le conteste.
« Il n'y a plus de temps à perdre, désormais. Nous avons jusqu'à présent accompli nos missions les plus importantes, fait des prisonniers, interrogé plusieurs d'entre eux. Les informations que nous avons recueillies sont très précieuses, elles nous serviront dans un avenir proche. Mais pour nous y diriger, nous devons avancer progressivement, sans nous hâter. Libérer tous les Pensionnats d'Enfants de Rebelles du pays faisait partie de nos plans. Seulement, l'arrivée de Teddy les quelque peu modifiés. Mais nous avons pu surmonter cette difficulté.
-Comment pensez-vous réussir en étant en si petit nombre ? » interrogea Ted, intrigué.
Le regard de Neville le vrilla un instant, le rendant mal-à-l'aise.
« Nous ne sommes pas seuls, Ted. Nous ne sommes que des groupuscules, mais notre nombre est bien plus grand que tu ne peux l'imaginer. Sache que ceux qui servent l'actuel Seigneur des Ténèbres ne sont qu'une minorité. Des Mangemorts, parmi ses plus fidèles, mais des collaborateurs aussi, et des lâches, des attentistes qui croient éloigner le danger en ne faisant rien. Parmi ces derniers il y a des Moldus. Ceux-là sont perdus de toute manière dans un avenir proche, puisque leur sort a été décidé depuis très longtemps, depuis des centaines d'années à dire vrai.
-Des centaines d'années ?
-L'Histoire nous dit beaucoup de choses, Teddy, enchaîna Ginny, d'un air grave. Depuis très longtemps les sorciers nourrissaient une grande rancœur à l'égard des Moldus, parce que ces derniers les avaient rejetés. Mais les choses sont beaucoup plus complexes qu'elles n'en ont l'air. Dès l'époque des quatre fondateurs de Poudlard, notre communauté avait déjà décidé de se reclure, et de refuser toute activité avec ceux qui ne pratiquaient pas la magie. Nous ne pouvons pas dire quand les dissensions ont commencé, ni à qui la faute revient pour cette mésentente séculaire, mais tous ces petits évènements ont conduit à ce que le monde est maintenant. Peu de personnes le conçoivent, mais les décisions de nos ancêtres ont largement influé sur notre présent, et voici ce qu'il est à présent. Dès la fin du XIXe siècle et durant tout le XXe siècle, la détestation du monde moldu s'est accrue progressivement, et l'arrivée de Tu-Sais-Qui a été l'implosion de cette haine contenue. Il a été le premier à mettre en avant cette théorie du sang pur, à porter l'idéalisme des grandes familles sorcières, qui avaient la hantise de devoir se mélanger aux Moldus. A l'heure où le monde sorcier était dans son état le plus fragile, il a su tirer profit de la faiblesse d'esprit des personnes pour gagner de l'influence et du pouvoir. Il lui a fallu du temps et de nombreux échecs mais il y est finalement arrivé, et ce malgré les nombreux adversaires qui se sont mis sur son chemin : Dumbledore, Harry… »
Sa voix se brisa en disant le prénom du Déchu. Mais Ted admira la force avec laquelle elle avait martelé ces mots.
« L'ironie de la chose, ajouta Ron, avec amertume, c'est que Tu-Sais-Qui était lui-même un Sang-Mêlé.
-Vraiment ?!
-Oui. Cela est grotesque, n'est-ce pas ? Mais l'abandon de son père à sa naissance a grandement déterminé son avenir. J'ai appris ces choses il y a longtemps, avec Harry… »
Il n'avait pas autant de peine à prononcer le prénom, mais on sentait un tremblement dans sa voix. Comme si le fait de devoir parler de Harry Potter au passé les horrifiait.
« Apprendre à connaître le passé de ses ennemis, les raisons qui les ont poussés à devenir ce qu'ils sont, est très important, Teddy. Nous pouvons ainsi connaître leurs points faibles et leurs désirs les plus sombres. Et même si une chose nous paraît idiote et incohérente, il faut la prendre en compte et comprendre pourquoi il en est ainsi. Tu-Sais-Qui était un Sang-Mêlé mais il a renié le sang moldu qui coulait dans ses veines. Pourquoi ? Parce que son père a été lamentable. Immédiatement, il a pensé que tous les Moldus étaient aussi pourris à l'intérieur que lui. Mais ce qu'il n'a pas compris, c'était que cette caractéristique lui avait été transmise. En pensant agir pour le mieux, il a mené notre monde à sa perte au lieu de l'épurer. Or, le meilleur moyen de réparer cette erreur, c'est…
-…de tout reprendre à zéro, l'interrompit Neville. Dès que nous aurons abattu le tyran, nous reconstruirons un monde plus juste. Un monde… sans préjugés. »
Ce discours médusa entièrement Ted, tandis que l'assemblée autour frissonnait. Chacun avait déjà entendu ce discours, mais il semblait provoquer chez tous la même émotion à chaque fois. Le jeune Métamorphomage secoua la tête, comme pour se remettre les idées en place.
« Et comment comptez-vous vous y prendre ?
-Il est vrai qu'en théorie, les choses ont l'air simple, mais nous avons une ligne directrice, dit Neville, dont le regard laissait voir son excitation proche de la folie. Mais le meilleur moyen de supprimer un mal, c'est de l'attaquer à la racine. Ainsi, dès que la guerre sera finie, dès que nous aurons repris les rênes du pouvoir, nous reviendrons aux temps ancestraux où les sorciers et les Moldus vivaient ensemble. Il n'y aura pas d'opprimés, et les sangs pourront se mélanger. Ce sera une renaissance, une ère nouvelle… Un projet que nous accomplirons tous… »
Pour Ted, cela paraissait si énorme, que la ferveur du chef des Rebelles l'effraya. De sa bouche, cela avait l'air tellement possible… Mais n'était-ce pas qu'une utopie, après tout ? Était-il possible de changer le monde vu l'état dans lequel il se trouvait à présent ? Mais une évidence s'imposa à lui : le Seigneur des Ténèbres avait déjà accompli cet exploit. Ses fidèles du moins. Ils avaient mis en place un régime presque inébranlable en à peine quinze ans de règne, modifiant le passé à leur guise pour faire passer leur chef pour un héros alors qu'en réalité, à peine quelques années auparavant il n'était rien.
La voix de Luna s'éleva soudain, brisant sa réflexion. Le timbre aigu, semblable à une mélodie, s'imprima dans l'esprit de Ted :
« Phoenix.
-Comment ? s'enquit le garçon, estomaqué.
-C'est le nom du projet. Un nom, c'est un peu une partie de l'âme, et nous en voulions un auquel nous accrocher, autre que celui de Harry Potter ou d'Albus Dumbledore... Si nous ne l'avions pas baptisé, quelle raison aurait-il d'exister, s'il ne reflète pas nos convictions les plus profondes ? Il signifie un retour aux valeurs ancestrales, le recommencement d'une ère. Le moyen de faire renaître le monde de ses cendres, afin de pouvoir entamer une nouvelle vie. N'oublie pas ce nom, Teddy, il est notre salut à tous : projet Phoenix. »
~oOo~
Theodore jeta un coup d'œil aux lieux en faisant une petite moue qui ne dura que quelques secondes. Lorsque le directeur du Pensionnat fit irruption dans le bureau où il l'avait laissé, il se recomposa une expression avenante, qui ne laissait rien percer de ses pensées. L'homme lui demanda, sans le regarder, le souffle court :
« Que puis-je pour vous, messire Nott ? »
Étant de rang inférieur, le directeur se devait de montrer le plus grand respect à ce bel homme dont il ne s'attendait pas à recevoir la visite. Ce dernier se posa derrière le vaste meuble qui le séparait de son invité, et le fixa d'un air alerte. Theodore modula un léger rire avant de répondre d'une phrase toute préparée :
« Oh, pas grand-chose. Je souhaite juste vous poser quelques questions, à vous en particulier mais aussi à certains membres du personnel de cette école.
-Lesquels ?
-Les professeurs, en particulier… Mais peut-être les surveillants sont-ils aussi de mèche ?
-De quoi voulez-vous parler ? »
Le directeur ne comprenait visiblement pas.
« Il serait un peu risqué pour moi de confier tous les détails à des gens tels que vous, mais je mène actuellement une enquête sur une jeune personne qui a étudié en ces lieux, il n'y a pas si longtemps de cela. Je suppose que vous savez de qui il s'agit ? Vous vous êtes sans doute tenu au courant des derniers évènements, d'autant que vous devez vous sentir concerné par quelques-uns d'entre eux… »
L'autre pâlit. Theodore pouvait voir sa pomme d'Adam tressauter tandis qu'il avalait sa salive. Lorsque la surprise fut passée, l'homme lui dit, peu sûr de lui :
« Nous sommes priés de garder toute information confidentielle sur l'enfant dont vous parlez. C'est un ordre du Seigneur Lui-même.
-Lui-même ? Vraiment ? Ne vous inquiétez pas, je pense que son nom n'est étranger à personne désormais, à présent qu'il a été rendu public que le Seigneur la veut pour Lui. Pour quelle raison, d'ailleurs ? Je ne m'attends pas à ce que vous me répondiez, si nul ne le sait. Mais vous savez néanmoins quelque chose à son sujet, quelque chose de crucial, et c'est cela qui m'intrigue.
-Pour la même raison, c'est cela qui vous indique de vous mêler de vos affaires, rétorqua l'autre.
-Comme c'est intéressant…
-Le Seigneur sera tenu au courant de vos manigances. Et je refuse de désobéir à Ses ordres. Écoutez, même si hiérarchiquement je vous suis inférieur, il y a un pouvoir qui m'a été conféré et auquel nul ne peut déroger : c'est celui du secret.
-Le secret ? Vous a-t-on frappé d'un sceau, ou…
-Partez, voulez-vous ? »
Theodore eut un mince sourire. Il savait parfaitement que tout ceci ne serait pas une mince affaire. Les directeurs de Pensionnats d'Enfants de Héros étaient plus prudents que ceux en charge des Enfants de Rebelles. Néanmoins, celui-là avait prononcé des paroles non moins semblables à celles de Jessica Goldheart il n'y avait pas si longtemps, lorsqu'il avait une fois encore tenté d'en savoir plus.
« Vous a t-on contraint à faire un serment inviolable ? Ou êtes-vous sous l'emprise d'un quelconque autre charme ? »
L'autre parut choqué par ce qu'il venait de dire, et mit un moment à se reprendre. Mais Theodore profita de l'occasion pour pénétrer dans la brèche qu'il avait ouverte :
« Si c'est le cas, il est vrai qu'il serait égoïste de ma part de provoquer votre mort au cas où vous devriez tout m'avouer. Mais je peux bien trouver par moi-même sans vous forcer à me dire le fin mot de cette histoire. Si j'ai bien compris, le tout est de ne pas me laisser faire ? Quel jeu intéressant… »
Il sortit alors rapidement sa baguette et murmura « Impero » d'une voix douce. Aussitôt, l'homme eut une expression vague et rêveuse, tandis que Theodore ne pouvait s'empêcher de rire du grotesque de la situation.
« Je sais que je ne suis pas très beau joueur, mais j'aime mieux tricher, je vous en remercie.»
Il se recomposa une expression plus sérieuse :
« Amenez-moi une personne, au moins n'importe qui, qui saura m'en apprendre plus sur cette enfant. Une personne qui n'est pas soumise à ce pacte potentiel, si cela est possible. »
L'autre hocha la tête, mais parut hésitant. Theodore répéta son ordre et cette fois, le directeur s'exécuta, envoyant une note pour envoyer quérir le témoin en question. L'héritier Nott avait du mal à maîtriser son impatience. Évidemment, il n'en saurait pas davantage, mais il faisait déjà un pas en avant en fréquentant une personne qui avait bien connu Greylord, qui qu'elle fût.
Ils attendirent plusieurs minutes, durant lesquelles Theodore arrangea sa tenue, soucieux de montrer toute sa prestance et son pouvoir. Finalement, il pensa entendre des pas qui se rapprochaient et son cœur battit. Il ordonna au directeur de s'asseoir tandis que lui se levait, et au moment où la porte s'ouvrit, une voix mûre et féminine retentit :
« Vous m'avez appelée, Monsieur le directeur ? »
Mais lorsque la femme fit face à l'invité qui se tenait près du bureau, ses yeux s'écarquillèrent. Il en alla de même pour Theodore qui sursauta, persuadé de voir un fantôme. Mais pourtant, la vision était bien réelle, et il essaya de reprendre son calme, songeant que ce n'était pas le moment de flancher même face à une telle surprise.
La femme ouvrit la bouche, son visage ayant blêmi de façon impressionnante :
« Nott ? C'est réellement vous ? »
Blague à part :
« Nott ? C'est réellement vous ? »
Non, c'est une image de synthèse !
Dans le prochain chapitre :
« Il me manque. »
La voix, faible, résonna pourtant comme un son retentissant dans la chambre vide. Shani ressentit un élan de pitié pour cette pauvre jeune fille qui n'avait plus sa tête. Celle-ci n'arrêtait pas de parler de lui, murmurant sans cesse son espérance de le voir revenir, lui qui faisait attention à elle, qui s'occupait si bien d'elle… La femme ne ressentait que du dégoût pour cet homme, mais elle laissait Katie parler, songeant qu'il ne s'agissait que d'un délire passager, qu'à son réveil, elle vivrait de nouveau dans la peur du maître… Mais avait-elle seulement eu une fois peur du maître ? Non, et cette absence de haine avait même suscité les soupçons des autres esclaves vis-à-vis d'elle. Certains n'étaient pas dupes, et Shani entendait les rumeurs qui circulaient entre les groupes quand la jeune fille n'était pas là, qui l'avaient concernée une dizaine d'années auparavant : le mot « putain », notamment, était dans toutes les bouches, en tout cas celles des personnes les moins avisées. D'autres préféraient garder leurs distances sur le sujet, mais il n'était pas rare qu'on tentât d'extorquer des informations à Shani, à Isis voire même à la principale concernée.
J'interdis qu'on me tue. Des cliffhangers, vous allez y avoir droit souvent de toute façon, héhé. Personnellement, je trouve que c'est ce qu'il y a de plus excitant à écrire !
Je sens que je tends le bâton pour me faire battre, moi.
Bon, comme je publie ce chapitre assez rapidement (en général je relis plusieurs fois avant), j'ai dû laisser traîner des fautes. N'hésitez pas à me les signaler !
Bref, à la prochaine, et n'oubliez pas les reviews ! Qui sait, peut-être que ça m'aidera à avoir des bonnes notes à mes examens ?
