Disclaimer et Avertissement : CF Chapitre 1
Merci à Mistycal, ma Bêta.
…
Un Plan De Folie 1/2
Acte 1 : Inverser La Situation
Draco
A voir la tête de mon Parrain, il va se passer quelque chose qu'il redoute vraiment. Je n'ai pas la moindre idée de ce que cela va être mais cela ne lui plait pas du tout.
Nous échangeons un regard, avec Harry, Ron et Hermione. Ils ont l'air de penser la même chose que moi.
Les autres membres de l'Ordre sont également en attente de ce qui est en train de germer dans la tête de Madame Snape : Madame Weasley a l'air au bord de la crise de nerfs, son mari mâchonne nerveusement une branche de ses lunettes, le professeur Lupin gratte machinalement sa barbe naissante et les autres ont l'air d'avoir suspendu leur souffle, comme dans l'attente d'un événement exceptionnel…
Si cela continue, il y en a quelques-uns qui seront morts d'asphyxie dans peu de temps…
« Mmmm… Oui… Je ne vois pas comment faire autrement… » murmure Madame Snape pour elle-même, avec sur le visage, une expression de réflexion intense.
« Quoi ! » aboie Maugrey, visiblement impatient de savoir à quelle sauce va être préparé le plat que nous prépare mon professeur de DCFM.
« Ne devinez-vous pas ? Elle veut renverser la situation ! » explose littéralement mon Parrain qui affiche une extrême contrariété
Autour de toute la table, s'élève un concert d'exclamations de surprises…
Et pour une surprise, c'est une surprise !
Car si j'ai bien compris, et je suis certain d'avoir bien compris, mon Parrain est en train d'annoncer que le plan que son épouse mijote consiste à attaquer Voldemort…
Je regarde les trois autres et il n'y a aucune équivoque possible : ils ont compris la même chose, à voir leur mine effarée…
C'est de la folie… Elle va nous jeter dans la gueule du Dragon !
« Ça ! C'est un plan dingue ! » s'exclament soudain les jumeaux, l'air admiratif
« Plus que dingue ! C'est du suicide !… » renchérit mon Parrain, pâle et tendu
Je suis bien de son avis. Autant nous livrer tout de suite, pieds et poings liés…
« Allons Sev, ne dramatise pas. Nous aurons le gros avantage de la surprise, jamais Voldemort ne s'attendra à cela. Nous l'attaquons, là où il pense être en position de force et dans le même temps, nous libérons Narcissa Malfoy. Il nous faudra frapper vite et fort, en nombre restreint, au moment où il aura vidé le Manoir de la plupart de ses Mangemorts… Et dans le même temps, s'il est sur place, nous retardons le rappel de ses troupes, en les retenant à tout prix là où il les a envoyées… Oui, c'est le seul moyen d'espérer sauver tout le monde… Ce que nous ne pourrons pas faire si nous nous contentons de subir les évènements.» explique-t-elle d'une voix aussi douce et tranquille que si elle exposait les plans d'organisation d'une réception mondaine et non un plan d'attaque complètement fou…
Et le pire, c'est que tous les Gryffondors ont l'air conquis par cette idée folle…
Ils sont complètement toqués… Azimutés… Insensés… Syphonnés... Dégénéré du bulbe... Complètement et irrémédiablement mabouls...
Merlin ! Ils ont tous gagné un ticket pour la salle Janus Thickey à Ste Mangouste ma parole !
« C'est génial ! Dingue et très dangereux, je le reconnais volontier, mais génial. Seulement, comment nous y prenons-nous ? Parce qu'avec ce plan, il est évident que nos groupes, déjà restreints, vont l'être davantage encore s'il faut détacher quelques-uns d'entre nous au Manoir… » fait remarquer Bill Weasley qui n'a pourtant pas l'air inquiet pour deux sous.
Bien au contraire. Il semble excité comme une Ciseburine !
« Et nous perdons notre espion… » constate Charly qui affiche le même air que son frère…
Indécrottables ! Ils sont indécrottables de témérité !
« C'est sûr… Parce que Voldemort ne voudra jamais croire que Severus n'avait aucune idée de ce qui se préparait et s'il retourne auprès de lui après cela, il est fichu… » appuie le professeur Lupin, avec une sérénité que je trouve pour ma part tout à fait indécente...
Merde alors ! Ils sont en train de parler comme s'il s'agissait d'aller faire une petite promenade de santé ! Putain ! Mais réveillez-vous les mecs ! C'est d'aller attaquer le Manoir Malfoy dont on parle là ! Une véritable forteresse dans laquelle sévit le plus dangereux des Mages Noirs !
Madame Snape fait la grimace et concède :
« C'est le point embêtant… Tout comme il ne faut pas, non plus, déclencher les hostilités trop tôt et provoquer un engrenage de batailles rangées… J'ai besoin d'y réfléchir encore un peu… Je propose que nous fassions une pause, de toute façon, c'est l'heure du déjeuner. Ensuite, j'exposerai les grandes lignes de mon plan et, si Albus et la majorité sont d'accord, nous le peaufinerons tous ensemble… Qu'en pensez-vous Albus ? »
« Qu'il me semble effectivement nécessaire de réfléchir à tout cela à tête reposée. Ce plan va totalement à l'encontre de ce que nous avions prévu initialement ma chère Nally ! Et à l'encontre également de tout ce que l'Ordre a fait jusqu'à présent. Nous n'avons jamais attaqué, toujours défendu ou secouru. Mais j'ai bien peur que nous n'ayons pas beaucoup d'autres options à envisager pour l'heure, compte tenu des éléments dont nous avons eu connaissance ces dernières heures. » déclare notre Directeur, l'air grave mais d'un ton parfaitement tranquille.
Aussitôt qu'il finit sa déclaration, Madame Snape se lève et se dirige vers l'une des yourtes, suivie de mon Parrain. J'ai comme l'impression qu'ils vont avoir une discussion houleuse tous les deux…
Madame Weasley, elle, se dirige à grands pas décidés vers la grotte et je devine qu'elle va aller y gérer l'attente en nous préparant des monceaux de nourriture.
Quant à moi, je suis Hermione qui me tire vivement par la main, pour m'entraîner à la suite de Harry et Ron qui ont pris le chemin de la rivière, là où je les ai rejoins hier, à l'abri des regards derrière les épais buissons…
Et j'ai l'impression que c'était il y a une éternité déjà…
Il s'est passé tellement de choses depuis !…
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Hermione
A peine sommes-nous affalés dans l'herbe, que Ron laisse libre cours à ce qu'il pense de la situation.
« Dingue ! Elle est complètement frappadingue ! Mais géniale aussi ! Et quelque chose me dit qu'elle avait déjà pensé à quelque chose du genre… Sinon, comment le professeur Snape aurait pu deviner à quoi elle pensait ? » dit-il, l'air ouvertement admiratif.
« Parce que c'est son épouse et qu'il la connaît assez bien pour suivre le cheminement de ses pensées… » fait remarquer Harry en lui faisant un clin d'œil.
C'est vrai qu'ils n'ont guère besoin de se parler pour se comprendre ces deux là ! Ça m'agace assez souvent d'ailleurs, quand j'en fais les frais !
« Oui, peut-être… Mais tout de même ! Tu ne m'enlèveras pas de l'idée qu'elle avait déjà évoqué cette intention d'attaquer et non de subir. Il est évident que c'est une guerrière et qu'elle n'a pas pour habitude de subir les évènements… Elle anticipe toujours… Je crois juste qu'elle précipite un peu les choses… » renchérit Ron, l'air sûr de son fait et tout sourire.
« Si tu dis vrai, alors elle les précipite beaucoup ! Nous ne sommes pas nombreux à être entraînés à ses méthodes de combat. Cela commence juste à s'organiser… Et il est évident qu'elle ne partirait pas au devant d'une bataille avec des troupes non préparées… » lui fais-je remarquer
Même si je suis convaincu que Madame Snape a raison et qu'il vaut mieux attaquer que subir, tout ça ne me plait guère… J'ai peur qu'à trop se disperser, il n'y ait beaucoup de casse dans nos rangs…
Et la vie de mes parents est en jeu…
« Oui, mais la situation exige que nous en arrivions là… Telles que les pièces sont posées sur l'échiquier, elle a raison, la seule option, c'est l'attaque. Même le professeur Dumbledore en a convenu. A vouloir trop défendre ses positions, on finit toujours par se retrouver acculé. Il faut éviter cela à toute fin et profiter que Voldemort vienne sur notre terrain pour attaquer le sien. » me dit-il, avec sa logique de joueur d'échec.
Expliquées ainsi, les choses m'apparaissent sous un autre jour… Il pourrait bien avoir raison… Et, comme le dit Madame Snape, l'effet de surprise jouera de toute façon en notre faveur…
Oui… C'est fou, mais c'est la seule option…
« Et si c'était ce que voulait Voldemort ? » demande Draco, pâle soudain…
Et je devine qu'il pense à sa mère, piégée dans le Manoir.
« Non… Voldemort n'imaginera jamais que nous puissions attaquer, elle a raison sur ce point. Ce n'est pas dans les méthodes de l'Ordre. Nous défendons, nous n'attaquons jamais… Et il ne peut pas savoir que la donne a changé depuis que Madame Snape est arrivée, que nous nous préparons au combat, aussi bien en attaque qu'en défense… » cherche à le rassurer Harry
« Harry a raison… Il ne peut pas savoir qu'en ce qui concerne la stratégie, le professeur Dumbledore est en train de passer la main à une guerrière habituée au combat, c'est certain » renchérit Ron avec assurance
« Oui… Il joue encore un grand rôle au sein de l'Ordre, mais à l'heure des batailles, c'est elle qui dirigera tout… Tu as raison Ron… Il est en train de passer la main à ce niveau là, se réservant certainement le côté « relations publiques » et la recherche des moyens logistiques et financiers. » acquiesce Harry
Ils ont encore raison. J'en conviens moi aussi…
« Comment croyez-vous que les choses vont se passer ? » demande Draco, soucieux et curieux de notre avis.
« Mmmm… Elle ne veut pas dévoiler nos forces… ou plutôt notre absence de forces, ni déclencher la guerre ouverte… Il va falloir être subtil là !… Franchement, il va falloir un coup de génie pour réussir à concilier le tout. » constate Ron dont le visage exprime toute sa concentration et sa réflexion.
« Oui, mais encore ? » insiste Draco, fébrile.
« Eh ! Ben… A sa place, je m'arrangerai pour que Voldemort pense que nous avons joué de chance, que ses hommes sont des incapables et surtout, pour que lui perde le maximum de pions dans l'opération… Je le ficherai en rage aussi… Au moins, dans sa colère, il risque de perdre le contrôle et d'éliminer lui-même quelques-uns de ses Mangemorts en distribuant des punitions à la volée… » expose Ron, en grande forme je trouve…
« Ron… Tu peux m'expliquer ce qu'il t'arrive ? » m'enquiers-je, lui tâtant le front comme pour m'assurer qu'il n'a pas la fièvre…
« Bah… Je me sens juste plus à l'aise en attaque qu'en défense » répond-il en haussant les épaules, avant de me sourire.
« Mmmm… Il n'y a pas que cela… Je trouve que tu as admirablement géré tes réactions aujourd'hui » fait remarquer Harry, en lui prenant la main avec cette tendresse qui caractérise tous les gestes attentionnés qu'ils ont l'un pour l'autre.
« Oui… Ben… Je crois que j'ai grandi d'un cran… » lui sourit Ron, avant d'ajouter : « Il y a des choses plus importantes que de perdre sa maison. Et avoir peur pour la vie de ceux que nous aimons ne sert à rien, si cela nous conduit à rester paralysé et les bras ballants pendant qu'ils se font tuer… Se précipiter dans la bataille sans un minimum de réflexions non plus d'ailleurs… »
« Wahou ! Ce n'est pas seulement d'un cran que tu as grandi ! C'est de tout un engrenage ! » s'exclame Harry, visiblement ravi et fier aussi…
Il peut l'être…
Moi aussi je suis fière des progrès de mon frère de cœur !
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Acte 2 : Scène De Ménage Chez Les Snape
Severus
A peine la porte de la yourte est-elle refermée sur nous, que j'explose.
« C'est de la folie, Nally ! De la folie pure ! » m'écrie-je, sans même me préoccuper de savoir s'il y a un Sort de Silence qui nous préserve des oreilles indiscrètes ou non…
Nally se retourne pour me faire face.
« C'est la seule solution Sev… Ou il nous faudra sacrifier quelqu'un… Qui veux-tu que ce soit ? Les Granger ? Narcissa Malfoy ? Les Longdubat ? Toi ?… Notre seule chance de vous sauver tous est d'en passer par-là… » me répond-elle, avec de la tristesse dans les yeux.
« Il risque d'y avoir des morts Nally avec ce plan ! » ne puis-je m'empêcher de faire remarquer, bien que je commence à accepter qu'elle ait peut-être raison.
« Il risque d'y en avoir de quelque façon que nous nous y prenions… et peut-être même davantage si nous concentrons nos efforts sur la défense.. » affirme-t-elle doucement
« Et si nous n'avons plus d'espion, il risque aussi d'y en avoir beaucoup par la suite, Nally » fais-je encorer remarquer
« C'est bien pour cela qu'il nous faut trouver une solution à ce problème… » répond-elle, me signifiant, d'une certaine manière, que c'est justement pour réfléchir à cela qu'elle a demandé et obtenu une pause.
Mais plutôt que me calmer, cette remarque me hérisse davantage. Je n'aime guère qu'elle me prenne en défaut… Je n'aime guère qu'elle passe au-dessus de ce que je peux ressentir en ce moment même…
Aussi, est-ce sur un ton acide que je lui déclare :
« Désolé, Nally, mais je n'ai pas de Farfadet d'Ecosse à proposer en compensation de ma défection ! »
« Oh ! Bien sûr ! C'est cela qui t'inquiète n'est-ce pas ?… Tu penses que tu n'auras plus un beau rôle à jouer dans cette guerre ! » me provoque-t-elle, avec un sourire narquois.
Comment peut-elle dire une telle chose ? Comment peut-elle insinuer que je ne me préoccupe que de moi-même et de mon avenir quand je sacrifie ma vie depuis toutes ces années et que je suis encore prêt à la sacrifier pour sauver des vies ?
« Comment peux-tu dire une telle chose ! J'ai exécré ce rôle à la minute même où il m'a fallu entrer en scène ! Et tu es mieux placée que quiconque ici pour le savoir ! » m'écrie-je, une fois de plus hors de moi.
« Oh ! Oui ! Bien sûr ! Suis-je bête ! J'avais oublié « ce détail » ! Et comment ai-je pu faire pour oublier cela ? Comment ai-je pu oublier que tu as joué ce rôle si longtemps et si intensément que je t'ai à peine reconnu quand je suis revenue ! Comment ai-je pu oublier que tu t'es si profondément et depuis si longtemps perdu dans ce rôle que tu ne connais rien d'autre ! Comment ai-je pu oublier que tu joues ce rôle depuis ton enfance ? Comment ai-je pu oublier que j'ai failli perdre celui que j'aime parce que tu n'arrivais plus à t'en sortir, de ce rôle ! Que tu n'arrivais plus à ôter ce masque infâme, même lorsque nous n'étions que tous les deux, tant il te collait à la peau ! Et comment puis-je oublier qu'il est si difficile pour toi de concevoir la vie autrement qu'en jouant ce rôle ! Comme si rien d'autre ne t'attendait ! Comme si tu ne pouvais plus être utile autrement ! Comme si d'autres n'avaient pas besoin de toi à leurs côtés ! Comme si tu ne pouvais pas sauver des vies autrement qu'en jouant ce rôle ! » me crie-t-elle à son tour et laissant libre cours à la colère et aux larmes.
Chaque parole, chaque mot qu'elle prononce est comme un coup de poignard qu'elle porterait directement dans mon cœur…
Parce que je prends la mesure du combat qu'elle a engagé depuis son retour, pour me faire abandonner ce masque qui me collait effectivement…
Et pas seulement à la peau, mais dans toutes les fibres de mon corps… …
Des semaines durant, elle s'est battu, des semaines durant elle a tenu malgré ma résistance. Car en même temps que je recherchais sa compagnie, je la fuyais, refusant de rester auprès d'elle la nuit, refusant de partager sa couche, sous le prétexte que la marque que je porte sur le bras l'incommoderait…
Malgré tout, elle s'est obstinée, me faisant revenir vers elle et vers la vie…
Et aujourd'hui, je me sens pathétique…
Car malgré tous les efforts qu'elle a faits, malgré toutes ses batailles menées jour après jour, je refuse encore d'abandonner ce rôle qui pourtant m'a empoisonné la vie…
Je n'arrive pas, comme elle l'a deviné, à concevoir la vie autrement…
Mais pourquoi ?
Je ne me suis pourtant jamais senti aussi bien que depuis que j'ai laissé tomber ce masque…
Aussi vivant… Aussi libre !
Et ce matin, j'ai vécu le plus beau matin de ma vie depuis ce premier matin où nous nous sommes réveillés côte à côte, au lendemain de notre union…
Nally s'approche de moi et je m'aperçois que je suis resté figé, au milieu de la yourte, depuis qu'elle a commencé à me crier dessus…
C'est la première fois, qu'elle me crie dessus… Jamais elle ne l'avait fait…
Elle enroule ses bras autour de moi, pose sa tête sur mon épaule et me murmure :
« Tu as le droit Sev… Tu as gagné le droit de mettre fin au jeu de ton enfance… Ton père, tes parents sont fiers de toi, où qu'ils soient maintenant… Ils t'aimaient Sev et jamais ils n'auraient voulu que tu sacrifies ta vie plus que nécessaire… Il est temps de te retirer, c'est trop dangereux maintenant, inutile aussi… »
Elle a raison...
Entièrement raison…
C'est pour mon père et ma mère que je ne me sens pas autorisé à abandonner, car c'était le combat de leur vie à eux aussi, de résister coûte que coûte à Voldemort… Et ils en sont morts, anonymement et dans l'indifférence générale…
Pour sauver la vie d'un homme qui n'a jamais su qu'ils étaient morts pour lui…
Je me suis juré sur leur tombe que j'irais jusqu'au bout du combat…
Mais je vais devoir le faire autrement… Je vais devoir abandonner mon rôle d'espion…
Je dois me rendre à l'évidence : Aller plus loin serait vain. Aller plus loin serait ridicule…
J'irais à une mort certaine et inutile…
« Cela ne peut pas prendre fin ainsi… » dis-je, pourtant, dans un souffle, dernier résidu de résistance…
« Je te promets que tu vas tirer ta révérence en faisant à Voldemort le plus beau pied de nez qui puisse exister » me souffle-t-elle, levant la tête vers moi…
Et il y a un sourire dans ses yeux… Un sourire un peu triste… Mais un sourire espiègle aussi…
Et c'est pour cela que je l'aime…
Parce qu'elle est espiègle et qu'elle sait toujours ce qu'il faut dire pour me ramener à la raison.
Pour me ramener à la maison…
Dans ses bras.
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Acte 3 : Tirer Les Vers Du Nez De Théodore Nott
Ron
Ça doit bien faire une demi-heure maintenant que nous nous prélassons au soleil. Après avoir discuté du plan de Madame Snape, nous nous sommes arrêtés de parler, chacun rejoignant ses propres pensées…
C'est vrai qu'il y a de quoi réfléchir après tout ce que nous avons encore entendu ce matin…
Mais moi, ce qui me préoccupe, c'est comment nous allons pouvoir débusquer l'espion de Poudlard…
« Comment comptes-tu t'y prendre pour tirer les vers du nez de Théodore Nott la fouine ? » m'enquiers-je soudain, trop curieux de savoir et surtout de participer si je peux…
Et de l'écraser comme une punaise s'il s'avère être l'Espion...
« A la Gryffondor… » répond-il, éclatant aussitôt de rire
Il est drôle tiens ! Et le pire, c'est que cela fait rire Harry aussi… Encore un truc qui vient de leur retenue sans doute…
Hermione et moi nous regardons, ne comprenant rien bien évidemment, mais haussant tous les deux les épaules, résignés…
Il y en aura encore, des moments comme celui-là, alors autant nous y faire tout de suite !
« Allez, sans déconner… » dis-je, quand ils se calment tous les deux.
« Je ne déconne pas… Enfin, presque pas… » répond-il, pouffant encore de rire
Cette fois, je lève les yeux au ciel… La fouine a l'air d'un vrai gosse quand il rigole comme ça…
« Mais c'est vrai que la seule fois où j'ai essayé de le faire, je me suis lamentablement planté… » avoue-t-il peu après, avec un nouveau clin d'œil vers Harry.
« Ouaip ! Ne la joue pas Gryffondor qui veut… » fais-je, souriant, l'imaginant en train de se vautrer après avoir mis les pieds dans le plat dans ce qui lui semblait la pure tradition Gryffondor….
« Nan… Tu as raison… Ce n'est pas assez subtil pour les Serpentards… » réplique-t-il, un peu vert malgré son sourire.
« Pas d'acc… Il faut avoir du talent pour jouer les gros balourds sans cervelle et embobiner les Serpentards en leur faisant croire qu'on est un idiot, alors qu'on les mène exactement où l'on veut qu'ils aillent… Tiens… Il n'y a qu'à regarder comment elle le mène par le bout du nez votre Directeur de Maison, Madame Snape, la pure Gryffondor de chez Gryffondor par excellence… » fais-je encore, pas décidé à lui laisser le dernier mot sur ce coup là… cela m'amuse soudain
S'il veut aller sur ce terrain, alors il ne va pas être déçu… Je vais l'y suivre…
« Ouais ! Mais ça, c'est parce qu'il est amoureux, alors ça ne compte pas. Parce que les garçons sont toujours bêtes quand il s'agit d'amour… Et c'est une Gryffondor qui me l'a dit… » rétorque-t-il, croisant les bras sur la poitrine, comme pour me défier de le contredire.
« N'empêche que les Gryffondors finissent toujours par moucher les Serpentards. Et tu sais pourquoi ? Parce que nous savons nous adapter à toutes les situations et jouer dans plusieurs registres, alors que les Serpentards, jouent toujours dans le même, rigide et compassé, le visage fermé et impassible… Il suffit donc de les amener doucement sur notre terrain pour les faire virer… La preuve, c'est que tu es ici, au milieu de tout un tas de Gryffondors et que tu essayes de jouer leur jeu… Ceci dit, tu as choisi de jouer sur le bon terrain mon pote… Parce que ceux qui sont trop bornés pour comprendre qu'ils ne peuvent pas gagner contre nous, finissent par se ramasser une pelle de bouse de Dragon dans la figure… Et Voldemort se pissera dessus le jour où nous nous déciderons à lui fermer son clapet une bonne fois pour toute… » déclare-je, sans animosité, sans vouloir réellement le moucher non plus… comme ça, juste pour jouer…
Malfoy plisse les yeux et fait mine de réfléchir deux secondes avant de répliquer…
« Mmmm… Vous êtes effectivement d'excellents comédiens… Je vous ai tous vus à l'œuvre, Madame Snape en tête, avec son imitation de mon Parrain… Et vous n'êtes pas en reste, avec votre prestation pour échapper au dîner, au nez et à la barbe de tout le monde, lundi soir…
Et je veux bien croire aussi que Voldemort va se ramasser une sacrée pelle de bouse de Dragon à la figure et se pisser dessus comme tu dis… Ceci dit… Ce n'est pas un peu con de se battre tous les deux pour savoir qui des Serpentards ou des Gryffondors sont les meilleurs ? » demande-t-il finalement
Il aurait dû réfléchir trois secondes… Parce qu'il est arrivé exactement où je voulais…
« Je ne te le fais pas dire la fouine, mais dis-moi, mon pote, qui a commencé à défier l'autre ? Et qui finalement a capitulé ? » m'enquiers-je, haussant un sourcil à la Snape.
« Euh… « fait-il, cherchant à se remémorer tout ce que nous avons dit depuis ma question concernant Théodore Nott
Hermione et Harry, eux, se taisent, mais je vois à leur petit sourire qu'ils n'en pensent pas moins.
« Merde ! » s'exclame tout à coup la fouine… « Je me suis fais avoir ! » reconnaît-il enfin…
Nous trois, nous éclatons de rire… Mais il ne se fâche pas. Il finit par rire aussi…
« Alors, finalement, comment comptes-tu t'y prendre avec Nott » m'enquiers-je encore, quand nous avons retrouvé notre sérieux
« A la Gryffondor » réitère-t-il, avant d'ajouter : « Je pensais l'emmener dans une salle vide, après Halloween, et le confronter à la photographie de ta sœur. Jouer sur le fait que Voldemort ne serait pas satisfait du tout d'apprendre que le fils de son plus ancien et fidèle Mangemort est amoureux d'une « Traîtresse à son sang » et lui sortir tout le baratin habituel pour le pousser dans ses retranchements… »
« Mmmm… Pas assez Gryffondor ça ! Tu oublies l'effet de surprise. Ce sera fichu, sans l'effet de surprise, s'il découvre que la photo a disparu de ses affaires avant que tu ne l'emmènes dans cette salle vide par exemple… Et puis, la salle ne doit pas être vide d'ailleurs. Il faut qu'il y ait du monde avec toi pour qu'il se sente vraiment menacé… » déclare-je, démontant son plan dans ma tête pour mieux le remonter.
« Ron a raison… Il doit se sentir suffisamment menacé pour avoir chaud aux fesses…mais en même temps, il ne doit pas l'être trop, sinon il se fera tout petit, il acquiescera à tout ce que tu dis Draco et nous ne connaîtrons pas le fond réel de sa pensée… » ajoute Harry, en pleine réflexion lui aussi
« Il faut aussi prévoir de ne lui laisser aucune porte de sortie, aucune possibilité de s'échapper si c'est lui l'Espion, il ne faudra pas qu'il puisse communiquer avec qui que ce soit, ni prévenir Voldemort qu'il est découvert… Parce qu'au final, il faudra agir avant Halloween… Enfin, si tu veux pouvoir te servir du prétexte « qu'en pensera Voldemort s'il apprend cela » Draco… Parce qu'après Halloween, tout le monde aura vite fait d'apprendre envers qui vont tes allégeances et tu n'auras plus la possibilité de l'attirer dans une salle, vide ou non, sans qu'il se méfie de toi…» complète Hermione, qui achève de démonter le plan initial de la fouine.
« Et comment faire tout cela ? Je n'ai qu'une seule photographie à disposition et c'est celle qu'a Théo et je ne peux demander à aucun Serpentard de m'accompagner… » fait remarquer la fouine, qui semble assommé par tout ce que nous venons de dire…
« C'est bien pour cela que tu as besoin de nous mon pote ! Pour mettre à exécution un plan à la Gryffondor, il faut des Gryffondors dans la place » me fais-je un plaisir de lui assurer en souriant jusqu'aux oreilles
« Merde ! Vous êtes trop… » cherche-t-il, sans trouver…
« Cherche pas le mot exact, tu ne le trouveras pas… Nous sommes trop tout de toute façon… Trop beaux, trop intelligents, trop marrants etc, etc, etc… Tu mettrais des heures à énumérer tout ce que nous sommes trop… » affirme-je encore, en lui faisant un clin d'œil.
A mes côtés, Harry et Hermione s'esclaffent…
La fouine lève les yeux au ciel et finit par capituler.
« Vraiment trop » dit-il… avec un sourire
En ce qui me concerne, je crois qu'il a passé le test…
On pourra être potes tous les deux… Puisqu'il comprend mon humour…
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Draco
J'ai comme l'impression qu'il vient de se passer quelque chose d'important là, avec Ron… Je me sens.. Plus intégré par lui… Oui, c'est cela…
Plus intégré…
Et finalement, Harry avait raison. Ça réfléchit vite les Gryffondors…
Enfin, tout au moins ces trois là…
Ils ont démonté et remonté mon plan en deux temps trois mouvements… J'en ai le vertige…
« Bon… Alors, comment faisons-nous ? » finis-je par demander
« Pour la photo, pas de problème… Il n'y a qu'un seul fournisseur de photos à Poudlard, Colin Crivey… Et il a toujours plusieurs exemplaires de toutes les photos qu'il prend. Il suffira que je lui demande quelles sont les photos de Ginny qu'il a en stock et je te les montrerai. Il n'y aura alors qu'à choisir celle que Nott a en sa possession. » déclare Ron, l'air parfaitement décontracté.
Mais je le soupçonne d'être au contraire en totale alerte et prompt à réagir en cas de nécessité…
« Il ne va pas trouver cela bizarre que tu veuilles une photo de ta sœur, Crivey ? » m'enquiers-je, perplexe
« Non… Je lui dirais que c'est pour faire un album de Noël pour ma mère, avec des photos de tous les enfants Weasley… J'en prendrais aussi quelques-unes de moi-même et des jumeaux. Elles datent de l'année dernière mais ce n'est pas grave. Il faudra aussi que j'ajoute Harry et Hermione… Tout le monde sait qu'ils font partie de la famille. Jeudi, je lui dirais même de nous prendre avec Charly. Et plus tard, j'en ajouterai une ou deux de toi… Et comme cela, je le ferais vraiment, l'album de Noël et il n'y aura pas de mensonge » m'explique-t-il, comme s'il avait déjà réfléchi à la question des heures durant…
Et Merlin ! Ça me fait plaisir qu'il veuille me mettre dans l'album de Noël !
Je me sens vraiment accepté cette fois…
Harry et Hermione aussi ont l'air content. Ils échangent un sourire et un regard qui en dit long. Ron, lui, fait semblant de rien. Ça doit être dans sa manière d'être. Faire comprendre les choses comme ça, de façon détournée, comme s'il n'y attachait pas d'importance, que ce n'était pas grand chose, alors même que c'est sans prix…
Enfin, ce qu'il vient de faire ou plutôt de dire, est sans prix pour moi…
Je voudrais le remercier, mais je crois que ce n'est pas ce qu'il recherche… Je suis même sûr que ce n'est pas ce qu'il recherche… Alors, je déglutis la boule d'émotion que j'ai dans la gorge et, encore une fois, je demande :
« Et après, comment faisons-nous ? »
« Polynectar ! » répondent-ils tous les trois en même temps…
« Polynectar ? Ce n'est pas interdit ça ? Et où comptez-vous trouver du Polynectar ? Il faut un mois pour en faire si je ne m'abuse ! » m'écrie-je presque, complètement désarçonné et ne voyant pas où ils veulent en venir.
« Exact… Mais ce n'est pas un problème » répond Hermione, avec un petit sourire en coin.
« Oh ! Le Temps Ralenti… Et vous croyez que le professeur Snape va approuver et nous laisser concocter notre petite mixture illégale tranquillement ? » m'enquiers-je, souriant en coin à mon tour.
« De quel professeur Snape veux-tu parler ? Ton Parrain ou ma Marraine ? Non, parce que là, on s'y perd un peu » me fait remarquer Harry, avc un petit air moqueur.
« Les deux » réponds-je, après une courte réflexion.
« Oh… Ben dans ce cas, pas de problème… Ceci dit, nous ne comptons pas sur le Temps Ralenti pour concocter une mixture qui fait partie des stocks de potions régulièrement renouvelées pour l'Ordre » affirme-t-il, tout souriant…
Argh ! Pourquoi faut-il toujours que je me fasse avoir ! Il est évident que s'ils ont proposé le Polynectar, c'est qu'ils savaient que cela ne poserait pas problème… Et Harry se permet même de se ficher de moi avec ça !
Mais bon… Je ne l'ai pas volé dans un sens… Je devrais savoir qu'ils ont toujours plus d'un tour dans leur sac maintenant. Après tout, je l'ai assez découvert avec Harry durant notre retenue…
Je suis juste étonné que l'Ordre du Phénix emploie régulièrement le Polynectar… Mais bon… Il faut bien qu'ils se protègent aussi et ils ne doivent pas l'utiliser à mauvais escient…
« Bon… Allez… Soyez charitables et dites-moi tout… » dis-je, capitulant honteusement encore une fois devant ces fichus Gryffondors !
Mais ça, je commence à en prendre l'habitude…
Et je me surprends à plaindre mon Parrain qui doit vivre cela tous les jours avec son épouse…
Mais finalement, il n'a pas tellement l'air de s'en plaindre, lui…
N'est-ce pas ?
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Remus
Après avoir discuté du revirement surprenant de la situation, Arthur, qui s'inquiète pour sa femme, m'invite à la rejoindre dans la grotte, pour voir où elle en est de la préparation du déjeuner.
Elle doit avoir un peu digéré toutes les nouvelles de la matinée maintenant.
« Molly ? » appelle-t-il en entrant, le ton inquiet
« Ça va aller Arthur. » répond sa femme, accompagnant la fin de sa phrase d'un profond soupir.
« Nally va organiser les choses au mieux » dis-je le plus doucement possible
Je sais combien Molly s'inquiète pour sa famille. Et je la comprends, elle a déjà perdu ses deux frères dans la précédente guerre et ce sont maintenant ses enfants et son époux qui risquent leur vie dans celle-ci.
« Je sais Remus. Je lui fais confiance pour cela. C'est pour Ginny que je m'inquiète. Savoir qu'un élève veut lui faire du mal, la tuer… » répond Molly, d'une voix étranglée
« Tout le monde veillera sur elle à Poudlard. Ron le premier. Je suis sûr qu'avec Harry, Hermione et le jeune Malfoy, ils sont déjà en train d'établir des plans dans cette perspective. » assure Arthur en tachant de prendre l'air sûr de lui.
« Oui… J'en suis certaine moi aussi. Et c'est bien cela qui m'inquiète également ! Qui sait quelle nouvelle folie ils sont capables de commettre pour empêcher l'Espion de Poudlard de commettre ses méfaits ! » s'exclame Molly en touillant énergiquement la sauce qu'elle prépare pour accompagner la viande.
Elle n'a pas tort…
Il nous faudra en parler avec Albus et Nally…
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Harry
« Oh ! La fouine ! Tu vas t'en remettre ? » demande Ron, en secouant un peu Draco pour le faire réagir…
« Vous êtes dingue ! » s'exclame tout à coup Draco, en nous regardant, l'air de se poser effectivement des questions sur notre santé mentale.
« Bah… Je ne vois pas ce qu'il y a de dingue dans ce plan là… » assure Ron, tranquille et décontracté.
« Mais c'est de la folie ! Vous êtes encore plus dingues que Madame Snape ! » s'écrie Draco, les yeux de plus en plus écarquillés, par la surprise et l'effarement.
« Nan… Au contraire, nous sommes en pleine possession de nos facultés mentales mon pote ! Ni Théodore Nott, ni aucun autre Serpentard ne s'attendra à une chose pareille… C'est génial non ? Et puis quoi ! Tu es un Serpentard ! Cela devrait te plaire un plan ambitieux comme celui-ci ! » affirme encore Ron, souriant et sûr de lui
« Génial, oui, je le concède… Mais sacrément risqué ! Venir tester les Serpentards sur leur terrain ! Mais c'est… c'est… c'est…. » se défend Draco qui fini par bégayer sans trouver ses mots.
« Génial Draco, tout simplement et purement génial. » confirme à son tour Hermione, en lui donnant une petite tape sur l'épaule
« Et cela va nous faire gagner du temps, plutôt que les tester un par un, nous faisons deux fois mouche, d'un seul Sort. Et même trois. Il y aura d'un côté ceux qui sont pour Voldemort, d'un autre ceux qui sont contre et nous saurons qui est neutre ou balance encore dans son choix… » appuie-je avec un large sourire
« Mais… On ne devait tester que Théo… » essaye encore de se défendre Draco
« Eh, Bien ! Nous testerons Théo en premier et les autres après si tu veux… Deux fois l'occasion de s'amuser un peu… » sourit Ron.
« Oui… Et surtout, de réussir le test… Parce que si nous tardons trop après Théo, la nouvelle se répandra vite que tu testes les Serpentards… Et puis, il faut que tout soit très vite fini… Avant Halloween… Mais pas trop tôt, pour que l'Espion n'ait pas le temps de prévenir Voldemort… » ajoute Hermione sous le regard toujours effaré de Draco
« Pour cela, nous pouvons demander à Madame Snape de nous aider. Elle pourrait poser le Sort de Confidentialité sur la salle commune de Serpentard… Cela nous donnera au moins l'assurance que personne ne parlera… En plus, si l'Espion est un Serpentard, comme il ne saurait pas qu'il y a ce Sort, il croira devenir fou quand il ne réussira pas à parler ou écrire pour te dénoncer… C'est pas génial ça ? » ajoute également Ron, de plus en plus hilare…
Draco semble consterné… Et moi je me sens fier de nous trois !
Parce que nous venons de lui faire la démonstration de ce que je n'arrêtais pas de lui dire pendant la retenue : Les Gryffondors ne sont pas aussi impétueux et irréfléchis qu'on le dit, c'est juste qu'ils réfléchissent vite, prenant des risques plus calculés qu'on ne le pense généralement.
« Et puis, moi, cela me donnera enfin l'occasion de visiter la salle commune de Serpentard » poursuit Hermione, en nous faisant un clin d'œil à Ron et moi.
« Oui… Ben ce n'est pas comme si Harry et Ron l'avaient déjà visitée hein !… Vous êtes trois petits curieux Gryffondors ! Avouez que c'est surtout cela qui vous intéresse, visiter la salle commune de Serpentard… Mais vous aurez tout le temps de le faire par la suite ! Je vous inviterai à y venir si vous voulez ! » s'exclame Draco, apparemment soulagé de penser que notre plan est juste destiné à satisfaire notre curiosité légendaire.
« Nan… Tu te trompes la fouine… Harry et moi savons parfaitement à quoi elle ressemble votre salle commune. Nous y sommes déjà venus une fois… Elle est située sous le lac, les fauteuils sont en cuir, les lumières sont vertes, il n'y a pas de fenêtre et le plafond est bas, il n'y a pas de tableaux et la déco est… Brrrr…Il y a des serpents partout… En bref, c'est aussi froid et austère que le fondateur de votre Maison… Ça ne devait pas être un gars marrant, marrant Salazar Serpentard… » réplique Ron, ravi de porter l'estocade à Draco
Draco qui est bouche bée et bégaye encore :
« Co… Co… Comment peux-tu savoir ? Qui… Qui… Qui… Qui t'a fait entrer ? »
« Toi ! » nous exclamons-nous en cœur Ron, Hermione et moi, hilares…
« Ce n'est pas possible ! Non ! Je le saurais ! » se défend Draco, complètement perdu et éberlué
« Croix de bois, croix de fer… » commençons-nous
« Si vous mentez vous allez en enfer… Je sais, Hermione m'a déjà servi ce couplet… Mais Quand ? Comment ? Pourquoi ? » demande-t-il un peu excité et surtout curieux comme un Kneasel maintenant.
« Quand : Aux vacances de Noël en seconde année. Comment : Polynectar, Crabbe et Goyle, cela te dit quelque chose ? Pourquoi : nous pensions que tu saurais peut-être qui avait ouvert la Chambre des Secrets. » explique rapidement Ron
« Oh ! Par les Mille Gorgones ! Vous avez vraiment un culot monstre ! Dites-moi tout ! » s'exclame encore Draco vivement intéressé par la suite de l'histoire.
Ron, Hermione et moi, lui racontons donc l'épisode par le menu et tout cela fini bien évidemment par des éclats de rire, jusqu'à ce que Bill vienne nous chercher pour aller déjeuner…
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Acte 4 : Plan D'Attaque : Ste Mangouste
Remus
« Encore une fois merci pour ce plantureux et délicieux déjeuner Molly ! » déclare Albus, tandis que Molly envoie les restes et la vaisselle sale dans la grotte et que Nally nous invite à prendre le thé.
Cette fois, c'est parti ! Nous allons discuter des plans qui vont nous permettre de contrarier Voldemort… et peut-être aussi de capturer quelques Mangemorts…
Peter…
Quelle satisfaction ce serait qu'il soit enfin neutralisé, maintenant qu'il n'y a plus lieu de protéger la couverture de Severus !
« Par quoi voulez-vous commencer ma chère Nally ? » demande Albus en se tournant vers mon amie
Il est doucement en cours de lui confier les rênes de l'élaboration des stratégies de l'Ordre, cela se voit de plus en plus…
Nous en avons déjà discuté avec Arthur et Kingsley et nous en sommes tous les trois convaincus. Albus gardera la responsabilité aux yeux de tous les autres, mais en coulisse, c'est elle maintenant qui établit les plans, elle qui définit les actions à mener. Albus sera toujours notre atout majeur concernant la diplomatie et les relations publiques, pour soulever des fonds et trouver des appuis logistiques, mais Nally est notre atout en matière de stratégies et de plans de défenses ou d'attaque.
Ce n'est peut-être pas une mauvaise chose, car il est évident qu'elle est aguerrie à ce genre d'exercice, mais elle est bien jeune quand même, pour assumer une telle charge…
« Eh bien ! Le plus simple d'abord et en même temps tout ce qui va conditionner la suite : Ste Mangouste. Severus, qui Voldemort enverra-t-il là-bas à ton avis ? » commence Nally en fixant son regard sur Severus.
Severus, qui ne manifeste plus aucune réticence… enfin, en apparence...
« Mmmm… Ce n'est pas une action bien compliquée au premier abord. Il semble décidé à attaquer tout le monde en même temps, mais il ne pourra pas diviser ses troupes pour faire dans le grandiose partout… S'il décide vraiment de frapper Neville Longdubat en tuant ses parents, en même temps qu'il attaque Lovegood, les Granger et le Terrier, il enverra un ou deux novices pas plus. Yaxley devra construire le plan. Je connais assez ses méthodes, pour dire qu'ils auront l'ordre d'exécuter leur mission en toute discrétion, simplement et rapidement, avant de gagner d'autres positions. Aller en renfort au Terrier par exemple ou me rejoindre chez les Granger, mais je penche plutôt pour le Terrier où il y aura du monde à neutraliser. Yaxley, devant la simplicité de la tâche, les laissera se débrouiller et ira ailleurs, là où il pourra davantage satisfaire son goût du sang et de la torture. Encore une fois, le Terrier sans doute. » explique Severus après une courte réflexion
« Excellent ! C'est ce que j'escomptais et cela va nous faciliter grandement les choses. Nous abandonnons là-bas le plan initial. Nous n'avons plus besoin d'un scénario compliqué pour justifier la présence des Aurors sur les lieux…Voyons, ils vont s'attendre à avoir les choses faciles dans la salle Janus Tickey, mais ils auront une grosse surprise. Car, en lieu et place d'y trouver des malades inoffensifs, ils seront accueillis par Mitchell Davies et Kingsley. Il faudra bien entendu et en toute discrétion, évacuer la salle pour éviter tout accident. Cependant Kingsley, je te laisse toute latitude pour organiser les choses sur place, si tu préféres les prendre de front ou à revers, peu importe…» commence à exposer Nally
« Une question, Nally ! » intervient alors Kingsley.
« Oui, Kingsley ? »
« Avec Mitchell, je n'en aurais sans doute pas pour plus de trois minutes à neutraliser les deux ou trois zigotos qui viendront à Ste Mangouste. En effet, comme il n'est plus question de faire dans la dentelle, nous frapperons vite et fort nous aussi, sans nous préoccuper des malades, que nous aurons évacués au prélable, c'est bien cela ? Qu'est-ce que je fais après ? » demande mon bouillonnant ami Auror, qui n'a pas l'air d'être très satisfait d'être cantonné à une tâche en apparence aussi simple.
« Ne t'inquiète pas Kingsley, tu vas avoir ta part d'action. Parce qu'aussitôt les « zigotos » neutralisés, tu files au QG des Aurors et tu donnes l'alerte. Pour tes supérieurs, tu seras supposé avoir rendu une petite visite tardive à Franck et Alice Longdubat, ou ce que tu veux comme autre prétexte et avoir été sur place tout à fait par hasard… Et naturellement, vous allez en renfort chez les Granger et au Terrier… Ce qui facilitera grandement la tâche de ceux qui seront sur place… Essaye, quant à toi, d'aller chez les Granger, en renfort de Severus » précise Nally en souriant…
« Une visite tardive aux Longdubat… Mmmm… Je ne sais pas si Scrimgeour va gober ça. Je préfèrerais dire que je rendais une visite à la petite infirmière de garde ce soir là, Miriam Strout m'a dit Mitchell, je crois… Elle est plutôt agréable à regarder et ça, Scrimgeour le croira volontiers… Pour le reste, pas de soucis… Je mettrais discrètement quelques gars sûrs en alerte, qui auront brusquement décidé de mettre un peu d'ordre dans leur paperasse, ça accélèrera les choses ! » propose Kingsley dont le cerveau réfléchit à toute allure et semble déjà imaginer le déroulement des évènements.
« Parfait Kingsley… C'est exactement ce que j'allais te suggérer. Ramène seulement l'un des zigotos au QG, après lui avoir jeté un petit Sort de Confusion, pour qu'il corrobore tes informations concernant l'attaque du Terrier et des Granger. Mitchell s'occupera de garder le ou les autres, sous Sort ou Potion de Sommeil, en attendant qu'ils soient emmenés… Je lui fais confiance pour les ligoter proprement également… Pour le reste, plus vous serez rapides et mieux cela sera ! » achève Nally.
Eh bien ! Voilà un plan rondement bouclé… Et pas idiot du tout. Avoir des Aurors en renfort va nous être extrêmement précieux !
« Est-ce que tout le monde est d'accord avec ce plan ? » demande Albus, pour la forme, car tout le monde a déjà approuvé du chef à chacune des propositions d'action de Nally et Kingsley, Maugrey en tête, qui d'ailleurs fait aussitôt part de son avis.
« Bien entendu que nous sommes d'accord Albus ! Ce plan là me plait bien davantage que l'autre ! J'espère que vous m'avez réservé une place de choix par ailleurs ma chère ! Je me ferais quant à moi, un plaisir d'aller cueillir Greyback, si cela ne vous dérange pas ! » tonne-t-il, lui aussi impatient d'en découdre avec les Mangemorts semble-t-il.
« Nous ne pouvons nous permettre de mettre chez les Granger des volontaires dont l'odeur est connue de Greyback ou Pettigrow. Cela risquerait de les alerter et de faire tomber nos plans à l'eau. Et je crois savoir que vous avez déjà rencontré Greyback, Alastor, tout comme Peter Pettigrow, ce dernier, à l'époque où il faisait partie de l'Ordre... Mais ne vous inquiétez pas, nous aurons tous une place de choix dans cette attaque… » lui répond Nally, en lui offrant un regard franc et clair.
Alastor, bien qu'un peu contrarié de ne pouvoir se confronter à Fenrir Greyback, semble comprendre la situation et l'accepter.
Quant à moi, je regrette également de ne pouvoir aller chez les Granger…
Peter me repèrerait trop vite.
Dommage…
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... La semaine prochaine, la suite de ce Plan de Folie...
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