Salut mes petits rats, comment allez-vous ? Moi je rentre de Venise, des gondoles plein les yeux ! Ça m'a donné plein d'idées d'écriture, qui sait, vous les lirez peut-être un jour… Bref, entre ça, la reprise du boulot, et l'écriture intensive de mon second roman ( publication du premier prévue cet été, yeah !), je suis un peu en retard. Mais pas trop. Alors ça va. Et puis vous m'aimez, au fond de vous. Tout au fond. Si si je vous assure.

Allez, je m'étais fixé de publier ce chapitre avant Captain Marvel, voilà qui est fait. J'espère que le film vous plaira. Et le chapitre aussi. N'hésitez pas à me donner votre avis sur les deux !

Bonne lecture.


Chapitre 28


Ah, le fameux « j'y vais, j'y vais pas ». Si le nombre de marches de l'escalier est impair, j'y vais pas. Si je prochain feu est rouge, j'y vais pas. S'il y a moins de dix pas entre le trottoir et la grille d'entrée, j'y vais pas. Ce n'était qu'un jeu mental, bien sûr. Tony savait pertinemment qu'il avait bien trop envie de rejoindre Loki. Mais la petite pointe d'angoisse logée dans son cœur un peu plus tôt n'avait pas disparu, le poussant presque à envisager de faire demi-tour. Presque.

Tout ça parce qu'il n'avait pas trouvé le courage de lui dire que, celui que la presse appelait Iron Man, c'était lui. Il en éprouvait une fierté incroyable, surtout à cet instant précis, où il venait de défaire un homme gargouille, et de sauver par la même occasion plusieurs vies humaines. Mais le mensonge était bien moins lourd à porter que l'armure, ou que les cris des médias qui tour à tour louaient ses interventions, ou l'accusaient d'être un extraterrestre/ un espion à la solde de la Russie / un agent des illuminatis.

« Il faut lui dire », songea-t-il sur le pas de la porte, maintenant qu'il était clairement trop tard pour faire demi-tour. Malheureusement, le courage qui lui venait lorsqu'il enfilait son armure, pour sauter dans les flammes ou courir à la poursuite d'un vilain, lui faisait étrangement défaut face à Loki

- Ah !

Tony eut un mouvement de recul, tiré brutalement de ses pensées par Loki qui ouvrait la porte de l'appartement.

- Alors, je te fais peur ? susurra l'Asgardien, mielleux.

- Hein ? Pas du tout ! J'étais perdu dans mes pensées. Désolé d'être en retard, il y a eu des soucis de trafic… Un homme gargouille, héhé, tu y crois toi ? Les policiers avaient installé plein de barrages. Bref. Euh, pardon.

Loki sourit et s'écarta pour laisser entrer son ami. Il était déjà 21.00.

Dans l'appartement, une odeur de bougie parfumée à la vanille l'accueillit, ainsi qu'une lumière orangée tamisée. Tony dut prendre sur lui pour ne pas laisser son cœur s'emballer.

Leur première soirée officielle, seuls tous les deux.

- Tu as l'air un peu fatigué, nota Loki en l'invitant à s'asseoir au comptoir qui servait de table de cuisine. Tu veux boire quelque chose ?

Tony accepta volontiers. Sa course poursuite l'avait déshydraté : il avait tout juste pris le temps de se rincer sous la douche avant de filer en direction de son rendez-vous, les cheveux encore humides. Loki, lui, était aussi beau que d'habitude. Même s'il avait abandonné sa chemise pour un tee-shirt un peu large, même si ses longs cheveux reposaient négligemment sur une seule de ses épaules.

Alors que son invité se réhydratait, reconnaissant, Loki poursuivit la conversation :

- J'ai vu aux informations l'homme gargouille dont tu parles. Et cet homme de fer, aussi, ajouta-t-il.

Il était déprimant de constater que dans sa bouche, ce dernier soulevait plus de mépris que le vilain qu'il pourchassait.

- Il est imprudent. Et arrogant de croire qu'il peut se substituer à la police. Je ne pense pas que les médias vont prendre son parti très longtemps. Tu ne penses pas ?

« Ok, c'est peut-être pas le moment d'avouer et de plomber la soirée ».

- Ah, tu trouves ? Moi il ne me dérange pas…

Loki haussa les sourcils. Tony poursuivit :

- Je pense qu'il essaye de faire ce qu'il croit juste. Tant qu'il reste du bon côté de la loi…

L'Asgardien chassa la remarque d'un geste de la main.

- Ce n'est qu'un homme dans une armure. Un problème d'ego, un complexe du sauveur probablement.

- Moi aussi je ne suis qu'un homme, je te rappelle, répondit Tony, un peu plus durement qu'il ne l'aurait voulu. Je ne savais pas que c'était une condition digne de ce mépris.

Oui, peut-être, son ego avait été touché. Loki eut l'air un peu surpris. Il s'approcha de Tony et lui prit la main : celui-ci oublia immédiatement pourquoi il venait de hausser le ton.

- Pardonne-moi, dit Loki. Je me suis mal exprimé. Bien sûr que non, ce n'est pas une condition méprisable. Vous êtes juste si fragiles que je ne comprends pas ce besoin de se mettre en danger ainsi… Je m'inquiète souvent pour toi, tu sais.

Il déposa un baiser sur les doigts de Tony entremêlés aux siens.

- Non, c'est moi. Je suis un peu sur les nerfs. Il y a les examens qui approchent, et puis cette histoire de bouchons, j'avais envie d'être à l'heure…

Loki rit franchement.

- Toi, t'inquiéter pour les examens ?

Tony le gratifia d'un petit coup de coude dans le côtes.

- Ne te moque pas ! Je présente deux masters je te rappelle, je ne suis pas en train de glander au Média Lab, à faire des petits gribouillages toute la journée, moi !

La provocation fit mouche et il se retrouva bientôt immobilisé par une clé de bras, se tortillant en riant pour tenter de fuir l'étreinte. Loki prenait très à cœur son éducation Midgardienne et ses cours d'architecture.

- Qui est-ce qui glande ?

- Pas toi ! Pas toi ! Je retire ce que j'ai dit !

- Je préfère, accepta Loki en le libérant.

- Allez, boude pas. Viens, on fait une partie d'échecs.

Le Jotun accepta de bonne grâce. Il s'amusa à faire léviter ses pièces tout au long de la partie, et à distraire Tony avec des sortilèges mineurs – éclosion de fleurs sur le parquet, vol de papillons entre les abat-jours, attaque de serpents dorés, qui faillirent faire tomber la victime de sa chaise. Le stratagème fonctionna plutôt bien. Entre les pitreries de Loki, et ses pensées qui travaillaient dur à tenter de prévoir le reste de la soirée, Tony perdit rapidement la partie en soupirant.

- Pfff… Je suis sûr que tu as triché.

- Pas du tout. Allez, tu me dois bien un baiser, le taquina Loki devant son air déconfit. Ah, ne fais pas cette tête, je pourrais demander bien pire…

- C'est vrai, reconnut Tony en quittant sa chaise pour exécuter l'ordre.

Il était ravi d'avoir grandi encore, et de s'être épaissi en pratiquant des arts martiaux plusieurs fois par semaine. Il n'avait plus l'air d'un nabot à côté du géant des glaces, et il le serra dans ses bras en remerciant le ciel de lui avoir fourni ces quelques kilos et centimètres en plus.

Alors qu'ils partageaient un baiser passionné, Tony n'en revenait toujours pas de sa bonne fortune. Avoir réussi à capturer l'attention d'une créature aussi parfaite tenait du miracle. Il aimait tout chez Loki : son esprit brillant et moqueur, ses yeux, sa bouche rieuse, ses gestes élégants, ses postures nobles, sa peau glacée…

Et, que le sorcier aime ou non cette foutue boîte de conserve volante, Tony avait bien l'intention de se montrer digne de lui. Et cela incluait de continuer ses activités semi-héroïques : il ne resterait pas « un simple humain » alors que Loki était mille fois plus que cela.

Ses pensées s'éloignèrent bien vite de ces considérations alors que l'atmosphère se réchauffait. Les doigts gelés de Loki s'aventuraient dans son dos, et Tony se dit qu'il fallait faire quelque chose. A ce rythme-là, les mains du Jotun rencontreraient bientôt le réacteur ark sur sa poitrine, et, décidément, ce n'était pas le moment.

Gagner du temps. Voilà, ce qu'il fallait faire.

- Tu veux un petit massage ? souffla-t-il à l'oreille de son compagnon.

Loki accepta d'un hochement de tête et ils glissèrent sur le canapé.

« Voila. Si c'est moi qui le tripote, c'est moins risqué. »

En théorie, bien sûr. En pratique, c'était sans compter sur l'effet incroyable que produisit sur son esprit la vision de Loki se débarrassant nonchalamment de son tee-shirt avant de s'allonger, offrant au regard un dos nu magnifique. Une peau laiteuse, des muscles fins mais très dessinés…

« Ok c'était une idée de merde Tony. Non, une excellente idée. Attends, je suis perdu !»

Trop tard pour faire demi-tour, bien sûr. Il s'installa précautionneusement au-dessus de l'Asgardien, dégagea doucement les cheveux noirs de la nuque offerte et entama le massage promis.

Avait-il déjà vu quelque chose de plus érotique de sa vie ? Certainement pas, et c'était assez malheureux considérant le nombre d'expériences plutôt important qu'il avait eu. Il fut tout de même satisfait de constater que ses caresses provoquaient tour à tour frissons ou tensions chez son partenaire. Il poussa son avantage en déposant quelques baisers dans le cou pâle : au moins il n'était pas le seul dans cet état.

Après de longues minutes, Loki roula sur un côté, déstabilisant Tony de sa posture précaire et l'attirant à lui. Les baisers s'approfondirent, et Tony sentit rapidement qu'il devrait faire preuve de toute la volonté du monde pour arrêter le tout avant qu'il ne soit trop tard.

- T'es trop beau, souffla-t-il à l'oreille du Jotun entre deux baisers.

- Tu n'es pas mal non plus, rétorqua Loki, sans se départir du sourire ironique qu'il aimait tant.

Tony déposa un baiser sur ses lèvres puis se glissa à côté de lui, allongé, la tête soutenue par son coude.

- Je passe une excellente soirée, constata-t-il. Enfin, nuit. Tu as vu l'heure ? Je bosse demain, moi !

De nouveau, un petit coup de poing bien mérité fit grogner l'impertinent.

- Moi aussi je travaille, dit Loki. Et alors, on se lève dans cinq heures, c'est largement suffisant, non ?

- Peut-être pour Monsieur Le Dieu d'Asgard, mais pour moi-même pauvre mortel, c'est un peu juste !

Loki émit ce qui aurait pu ressembler au miaulement d'un tigre insatisfait.

- Dommage. Ta faiblesse nous empêche dons de prolonger ce délicieux moment…

- Il y en aura d'autres, s'excusa Tony en se redressant du canapé.

Il entraîna Loki vers sa chambre : Amora était patiente, mais n'aurait peut-être pas apprécié de les trouver torses-nus dans le canapé. D'ailleurs, elle n'était toujours pas revenue, nota Tony pour lui-même.

- Et puis… poursuivit-il alors qu'ils se glissaient plus sagement sous les draps. On n'est pas pressés, non ? J'ai souvent regretté d'avoir été trop vite. J'aimerais prendre mon temps, vois-tu. Je ne voudrais pas que tu crois…

Cette phrase était beaucoup plus difficile à finir que prévu. « Je ne voudrais pas que tu crois… que tu es comme les autres passades / conquêtes/ plan culs que j'ai enchaînés avant toi » ?

Tony s'embrouilla un peu :

- Enfin, je veux dire… C'est important pour moi ; tu comprends ? supplia-t-il presque.

- Je comprends, le rassura l'autre. Et maintenant, dors, faible créature. Ou tu seras d'humeur exécrable demain.

Et, alors qu'ils échangeaient un dernier baiser pour se souhaiter bonne nuit, Tony songea qu'après une soirée pareille, il était impossible que son humeur soit autre chose qu'excellente pour l'année à venir. Il eut du mal à trouver le sommeil, perturbé par le corps de Loki contre le sien et les souvenirs merveilleux mais frustrants de cette belle soirée.


Voilà pour ce chapitre mes petits chous. Vous avez aimé ? J'espère que oui. J'espère aussi que vous profitez de cette atmosphère guimauve. (Qui bien évidement ne va pas dureeeeer, bien sûr qu'on écrit pas des fics pour voir des gens heureux et niais :p) Merci pour toutes vos gentils reviews, je n'ai pas encore eu le temps d'y répondre mais je les lis toutes !

De gros bisous,

Charlie.