Neige en Wallachie
Traduction de The Snow in Wallachia par YamatosSenpai
s/11636420/28
Partie XXVIII : Cycle
« Œil pour œil, dent pour dent, coup pour coup. Vie pour vie. C'est comme ça que tout a commencé. C'est comme ça que tout s'achèvera. »
Jenny Han, Le feu par le feu.
« Elle l'aime bien », murmura Byakuya en désignant du menton Orihime. Orihime courait après Kira, qui, volontairement, la devançait à quelque distance. De temps en temps, il regardait derrière lui et s'assurait qu'elle suivait toujours, puis il redirigeait son regard sur les champs de blé qui s'étendaient à l'infini.
« Elle a des goûts bizarres », répliqua Renji.
« Ukitake - Jûshirô, quel que soit le nom par lequel je suis supposé l'appeler », murmura Byakuya avec impatience. « Il a dit qu'elle avait un don spécial pour lire les gens... »
« Ouais. » Renji hocha la tête. « Je le crois aussi. Elle a un truc. »
« Elle ne m'aime pas », signifia Byakuya avec insistance, en jetant un regard noir sur Renji.
« Quoi ? J'en sais rien, je veux dire, je ne crois pas qu'elle vous déteste... », expliqua Renji. « Il y a aussi une barrière linguistique... »
« Cela m'est égal », assura sèchement Byakuya. « Je ne faisais qu'une observation. »
« Nous y sommes presque », héla Kira, montrant du doigt la colline. « La ville est juste après la crête ».
« Ça a l'air d'un endroit assez chouette pour y vivre », dit Ichigo en fourrageant dans son sac.
« Évite de t'attacher à mon dîner, Ichigo », prévint Byakuya.
« Si cela ne vous fait rien », sollicita Kira nonchalamment, « j'aimerais y aller d'abord. J'ai vraiment besoin de consommer de la matière noire au plus vite. Je vais prendre cette ville et vous prendrez la prochaine, d'accord ? »
Byakuya s'arrêta sur ses pas. Il fixa des yeux la nuque de Kira jusqu'à ce que le blondinet se retourne. Kira resta sans rien dire ; les deux créatures avaient commencé une féroce, bien que figée, bataille de volontés.
« Kira nous est utile. » Shunsui venait d'interrompre le silence. « Nous avons besoin de lui au mieux de sa forme. »
« Et moi je ne suis point utile ? », gronda Byakuya.
« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire... », fit marche arrière Shunsui. « Je voulais simplement dire que vous êtes plus efficace lorsque vous êtes affamé que lui... »
« C'est une intéressante assertion. » Kira poussa un soupir. « Cela m'étonne que vous ayez analysé mon pouvoir si totalement quand vous n'avez rien sur quoi baser votre jugement. »
« Hé les gars », aboya Ichigo, secouant la tête avec irritation. « Ne vous occupez pas de Shunsui. C'est un véritable crétin. » Ichigo marcha jusqu'au champ et cueillit deux épis de blé. Il mit de côté les épis et ne garda que les deux tiges. Il en raccourcit une et les tint toutes les deux dans sa main à égale hauteur. « La longue paille, c'est la première ville ; la courte, la prochaine. Nous continuerons dans cet ordre jusqu'à ce que nous ayons atteint notre destination ou bien que l'un de vous deux s'abstienne... »
« Comme on pouvait s'y attendre d'un Ancien du Conseil... », chantonna joyeusement Kira. « Si diplomatique. Si grec... »
« Contente-toi de tirer ta paille », grommela Ichigo en levant sa main.
« Qui tire le premier ? », nargua Kira. « Je veux dire, ne devrions-nous pas tirer au sort qui tire sa paille le premier ? »
« Je vous laisse la première ville et je prendrai la seconde... », craqua Byakuya, toutes canines dehors. « Ce n'est pas une concession mais plutôt une indulgence de ma part à un homme dont l'esprit est celui d'un enfant... »
« Merci, très cher... », ironisa Kira.
Ichigo jeta le blé en l'air. Les brindilles voletèrent dans le vent, exécutant une danse fantasque avant de retomber brusquement sur le sol. « Je vais m'occuper de mes propres affaires à partir de maintenant. »
« Bonne chance avec ça », marmonna Renji.
« Quoi ? » Ichigo arqua un sourcil de défi.
« Tu m'as bien entendu... », nargua Renji. « Tu fourres ton nez partout. Tu es incapable de laisser les choses se faire... »
« Ah bon ? »
« Tu essaies toujours de tout arranger... », s'acharna Renji. « Ce qui en général est seulement une manière de tout contrôler en faisant faire aux gens ce que tu veux qu'ils fassent ! »
« Oh, je t'en prie ! », gronda Ichigo. « Tu es la personne la plus tiédasse que j'ai jamais rencontrée ! Tu n'as pas de vraies convictions et tu te laisses aller là où le vent t'emporte ! »
« D'accord, c'est assez... » Shunsui frappa dans les mains en fronçant les sourcils. « Arrêtez. »
« Et toi... » Ichigo fit volte-face en pointant un doigt accusateur sur Shunsui. « Tu restes loin de moi. Je ne sais pas encore ce que je pense de toi… Tu n'es pas l'un des nôtres… »
« Ne parle pas à Shunsui de cette façon... », se mit en colère Jûshirô, le rouge montant à ses joues pâles.
« Il n'a pas besoin que tu le protèges ! », dit Ichigo en affrontant les yeux verts et acérés de Jûshirô.
« Ne crie pas sur mes parents ! », hurla Orihime, les poings serrés contre les hanches.
« Ouais, ben, c'est Renji qui a commencé », rétorqua Ichigo.
« Alors devrais-je en finir ? », lança rageusement Renji, ses pupilles s'amincissant jusqu'à devenir deux étroites fentes jaunes.
« Tu n'as jamais fini quelque chose de ta vie ! », gronda Ichigo.
« Et ceci, messieurs... », interrompit Kira en parlant doucement mais d'une façon qui demandait l'attention, « ...est ce pourquoi je dois obtenir de la matière noire au plus vite. La discorde. »
« Je vous ai déjà dit que vous pouviez y aller le premier », dit Byakuya en haussant les épaules. Il rejeta de son visage ses longs cheveux noirs et se remit à marcher. « Nul besoin de démonstration... »
« Je ne suis pas du tout impressionné », murmura Shunsui. « Nous savons très bien nous battre tout seuls... »
« Oui, oui », dit Kira, pince-sans-rire. « Je suis absolument certain que vous n'avez aucun problème à vous faire haïr de tout le monde partout où vous allez. »
« Ukitake-san et Orihime m'aiment », dit Shunsui, décochant un sourire charmeur.
« Coyote aussi ! », intervint Orihime.
« Ah, c'est à dire, la plupart du temps, je crois... », rit Shunsui. « Avec un peu de chance, il m'aime un petit peu... »
« Nous sommes arrivés », annonça Byakuya dès qu'il eût dépassé le premier lampadaire.
« Que chacun ait un comportement exemplaire », insista Kira. « Pour être honnête, nous avons un air sacrément suspect. »
« Nous sommes suspects », murmura Ichigo en balayant du regard les magasins vides.
« Où sont-ils tous? », demanda Renji en jetant un œil à travers une fenêtre blanchie de savon. Il regarda dans le magasin sombre, le visage pressé contre la vitre.
« Est-ce que c'est dimanche ? », demanda Orihime. « Tout le monde doit être à l'église ! »
« C'est possible », convint Shunsui, hochant la tête. « Je n'ai aucune idée de quel jour on est. Cela ne semble plus avoir beaucoup d'importance. »
Kira s'assit sur un étroit perron de bois. Il fit venir son narguilé et se mit à fumer. Les yeux fermés, il tira une bouffée légère de sa pipe. Il était assis, silencieux, immobile, hormis le fait qu'il fumait. Ses yeux restaient fermés et on aurait pu croire qu'il dormait assis.
« Je ne sens pas l'odeur du sang », informa Byakuya. « Il n'y a pas eu de morts ici. »
« J'ai vérifié l'église, il n'y a personne là-bas », héla Ichigo, revenant vers eux du bas de la route. « Cet endroit est vide... »
« La nourriture est fraîche », dit Renji en jetant une poire en l'air et en la rattrapant. Il mordit dans le fruit et mâcha pensivement. « Et tous les animaux sont gras. »
« C'est comme s'ils avaient été escamotés », souffla Jûshirô, la main reposant, serrée, sur la garde de son épée.
« On dirait que nous nous sommes disputés pour rien », dit soudain Kira. Il ouvrit les yeux, la sclérotique entièrement noire. Il plissa le front, ses traits se transformant. De la vapeur émergea de ses yeux et de son nez, le narguilé tomba abandonné sur le sol. Il vacilla, un terrible craquement d'os déchirant le silence.
Les jambes de Kira s'étaient cassées net ; elles s'allongeaient et s'inversaient sous sa peau. C'était une vision à vous rendre malade, terrible. Il se tenait à la clôture près de lui, mais ses doigts commencèrent à s'émietter et il tomba à terre où il resta allongé, le visage dans la poussière.
« Qu'est-ce qui lui arrive ? », demanda Byakuya, les yeux agrandis d'effroi.
« Il est en train de se transformer... », dit Shunsui, qui ne connaissait que bien trop cette agonie. « Cela ne durera pas plus d'une minute. »
« Pourquoi ? » Byakuya vida ses poumons et regarda Kira avec une curiosité morbide.
« D'après mon expérience », expliqua Renji, « il est soit en peine, soit effrayé, ou bien extrêmement énervé... »
Un cri monta de la gorge de Kira, qui devint de plus en plus perçant et possédait de plus en plus de vibrato, jusqu'à ce qu'il ne restât plus rien d'humain. Le corps de Kira se déplaça, gémit, s'étendit rapidement. Le soufre emplissant l'air vint brûler leurs narines.
« C'est un cheval... », dit Byakuya en avançant prudemment. Il étendit la main, touchant presque la crinière soyeuse de l'animal. Sans prévenir, Renji attrapa son poignet et le fit reculer.
« Qu'est-ce que vous faites ? C'est un Maître ! », gronda Renji, la main toujours enveloppée autour du poignet de Byakuya et serrant fermement.
« Est-il plus dangereux dans cette forme ? », demanda Byakuya, libérant son bras.
Mais, bien sûr, Kira ne s'était pas transformé en un beau cheval. Il s'était transformé en une créature squelettique, qui dépassait la taille d'un cheval de trait. Le cheval n'avait que la peau sur les os, l'ossature si visible qu'elle paraissait avoir été peinte sur le pelage. Seules la crinière et la queue étaient belles : d'un poil blond pâle presque doré, épais dans la crinière et traînant jusqu'au sol à la queue.
« Il est immense... », souffla Orihime. Et il l'était. Le cheval était imposant, et faisait paraître minuscule la forme de loup de Shunsui.
« Il est étonnant. » Byakuya respira et tendit sa main une nouvelle fois. Il plaça sa paume contre le flanc et caressa jusqu'à la croupe. Le pelage du cheval était brûlant et Byakuya lutta pour ne pas rompre le contact.
Le cheval hennit et frappa le sol de ses sabots. « Recule, Byakuya... »
Byakuya grinça des dents et jeta un regard noir à Renji. « Tu crois qu'il ne me fera pas savoir lui-même que je suis trop près ? »
« Il faut qu'on récolte de la matière noire pour lui », réalisa Shunsui. « Pour qu'il puisse maintenir sa forme humaine. »
« Mais il n'y a personne ici... », murmura Ichigo.
« Alors on bouge... », pressa Shunsui. « Il y a fait mention, n'est-ce pas ? Il a dit quelque chose à propos des plus faibles d'entre eux qui n'étaient pas capables de prendre forme humaine… ou quelque chose comme cela... »
« Pour être honnête, j'ai imaginé un homme avec des oreilles de lapin pelucheuses », murmura Byakuya. « Rien de comparable à ça. »
« Pouvez-vous parler ? », demanda Jûshirô en se tenant en face du cheval.
« Je… peux... » La voix semblait venir de l'intérieur de leurs têtes plus que du cheval. « Pour… l'instant... »
« Que voulez-vous que nous fassions ? », demanda Jûshirô. « Avez-vous besoin que nous récoltions de la matière noire ? »
« Oui... » On aurait dit qu'ils pensaient la voix plutôt que de l'entendre.
« Allons-y... », ordonna Shunsui en prenant Orihime dans ses bras.
« Mais en ce qui concerne ces gens ? », demanda Ichigo en balayant des yeux la ville abandonnée.
« Il… les... a… déjà… pris... », répondit la voix.
« Qui ? Qui les a pris ? » , demanda Jûshirô.
« Cero. »
« Il faut qu'on quitte cette route », insista Byakuya en inspectant les environs du relais de poste abandonné.
« À quelle distance est la prochaine route principale ? », demanda Ichigo en sortant l'une des nombreuses cartes qu'il transportait.
« Oublie les routes principales... », décida Byakuya. « Nous prendrons ce que nous pouvons avoir. »
« Il n'y a plus personne.. », dit Orihime, son attention détournée de la conversation qui avait lieu. « Ça fait un peu peur et c'est triste... »
« Le Maître nous affame... », continua Byakuya. « Je ne souffrirai point d'être insulté plus longtemps par une tactique aussi élémentaire. »
« Tout à fait d'accord », agréa Shunsui. « Je commence à m'énerver sérieusement. »
« Plus important », intervint Renji. « Ce n'est pas seulement que Kira n'obtient pas de matière noire et Byakuya, de sang, mais que ce Cero obtient tout pour lui-même. Combien de villes ça fait maintenant ? Quatre ? Cinq ? Il fait des réserves... »
« Mais comment s'y prend-il pour faire la récolte ? », demanda Ichigo, ses yeux bruns scrutant le relais vide. « Je n'ai pas vu de changeants ni de Maître... »
« Nous n'avons pas vu d'humains non plus... », ajouta Shunsui.
« C'est un type minutieux... », murmura Renji.
« Dites-nous... », insista Byakuya en se tournant vers le cheval squelettique. « Comment ce Maître récolte-t-il la matière noire ? Pourquoi prend-il des villes entières ? »
« Je... dois… manger... », supplia la voix. « Je... dois… maintenant... »
Kira était assis seul, le dos tourné aux autres, passant ses doigts à travers les mèches de ses cheveux blond-pâle. Il était resté silencieux et pensif depuis des jours, ne parlant qu'aux villageois. Kira avait repris sa forme humaine peu de temps après leur arrivée, et il semblait qu'il évitait les autres parce qu'il avait honte.
« Kira ! », appela Orihime, oublieuse de l'humeur ambiante comme à son habitude. « Regarde, regarde ! Cette grenouille a trois pattes ! »
Elle courut jusqu'au Maître et lui montra sa trouvaille. Il baissa les yeux sur la grenouille et sourit, puis son clair regard bleu vint se poser doucement sur la fillette. Il prit la grenouille dans ses mains et la serra entre ses doigts. Il la regarda fixement dans les yeux puis la relâcha. Elle sauta et bondit dans l'herbe pour s'y cacher.
« Tu l'a laissée partir... », gémit Orihime, déçue.
« Bien sûr », dit Kira en s'essuyant les mains sur ses vêtements. « Elle ne nous appartenait pas. »
« J'allais la montrer à Ichigo », expliqua Orihime. « Je parie qu'il adore manger des grenouilles. » Ichigo secoua la tête et soupira avant de reporter son attention sur la carte devant lui. Shunsui désigna quelque chose et Ichigo hocha la tête, murmurant en réponse.
Kira sourit avec indulgence en levant la main comme s'il voulait caresser les cheveux d'Orihime. Mais à la place il remit sa main sur ses genoux. « Tout le monde n'apprécie pas le temps à sa juste valeur », dit Kira. « Le temps est une torture purement humaine. »
« Je ne comprends pas... », avoua Orihime.
« Ce que je veux dire, c'est ceci », prononça gravement Kira. « Te voilà, toi, douce et innocente et t'amusant de chaque petite chose. Et les voilà, eux, gâchant chaque seconde du temps limité qu'ils ont avec toi... » Kira fronça les sourcils. « Cela n'a aucun sens pour moi. Si je possédais quelque chose d'important, je le chérirai. »
« Ils font la guerre », expliqua Orihime, pour justifier leur comportement. « Je les ai rejoints en sachant cela... »
« Dis-moi, Orihime », pressa Kira. « Penses-tu que les changeants devraient se venger des Maîtres ? Penses-tu que ceux-ci méritent d'être punis ? »
« Ils sont mauvais. Ils font de mauvaises choses... », répondit Orihime, consciente, soudainement, que les autres écoutaient leur conversation.
« Oui. Les Maîtres ont fait beaucoup de mauvaises choses aux changeants. Mais savais-tu que les Maîtres ont passé des millénaires à être torturés et chassés par les humains ? Savais-tu que les Maîtres tels qu'Aizen pensent que c'est une juste revanche de transformer les humains en changeants ? »
« Non… Je ne savais pas... », chuchota Orihime.
« Quand cela s'arrête-t-il ? », demanda Kira. « Quand est-ce que tout devient subitement juste et merveilleux ? »
« Donc vous pensez que nous devrions simplement nous laisser faire ? », demanda Shunsui, ses yeux gris étrécis.
« Non. » Kira secoua la tête. « Je voulais dire ceci : cette guerre va durer pendant des siècles. Est-ce que vous ne pouvez pas attendre que votre amie humaine ne soit plus ? Je vous le promets, il y aura encore des combats à mener après sa mort... » Kira haussa les épaules, ses mains se contractant. « Je pense que vous gâchez son temps. Et, avec la plus grande certitude, le vôtre.
« -Je ne sais pas », admit Shunsui. « Je ne peux que faire ce que je pense être juste. »
« Je comprends. » Kira eut un petit hochement du menton. « Souvenez-vous, je parle par expérience... »
« Je vous suis reconnaissant pour l'avertissement. » Shunsui soupira, essayant d'adoucir le tranchant de sa voix. « Et je suis sincère. Mais je ne sais pas combien de temps j'ai. Je ne crois pas que les changeants soient immortels. Je sais que nous sommes juste vraiment difficiles à tuer. Je veux détruire Aizen. Je veux protéger les autres de lui… Et je dois le faire maintenant. Quand je peux avoir une chance... »
« Si seulement vous aviez toujours été aussi déterminé... », dit nostalgiquement Kira en matérialisant sa pipe. « Les choses auraient été bien différentes... »
« Que voulez-vous dire ? »
« Oh, j'en sais rien... » Kira eut un sourire forcé. « Mais je crois que vous vous laissez mener par vos émotions encore plus que vous ne le pensez. Et cela finira par vous blesser. »
« Peut-être bien. »
« La vie n'est qu'un cycle. Au final, tout revient au même », marmonna Kira autour du bec de sa pipe. « La vie n'apporte plus aucune surprise. J'ai peur d'être passablement épuisé. »
« Ils ne comprendront pas ce concept », intervint Byakuya. « J'ai essayé. »
Kira sourit, exhalant un grand nuage de fumée odorante. « Ils ne réalisent pas encore toutes les bonnes choses qu'ils ont. Ils le feront. Ils s'en rendront compte quand elles seront toutes parties... »
« J'apprécie tout ce que j'ai », dit Shunsui d'un ton catégorique.
« Vous n'avez aucune idée de ce que vous avez », repartit rageusement Kira, le visage contorsionné de colère. « Si vous l'étiez, vous en prendriez mieux soin. »
« Avez-vous récolté assez de matière noire ? », demanda Byakuya, changeant de sujet.
Kira hocha la tête lentement. « Autant que je peux en prendre sans mettre en danger ces gens. »
« Je ne sais pas quand j'aurais une autre occasion... », commença Byakuya. « Je vais aller me nourrir. »
« Ici ? », demanda Renji en examinant avec inquiétude la tranquille ville.
« Oui. Ici », répondit Byakuya. « Ces gens me conviendront très bien. »
« Quand allez-vous vous… ? », demanda Shunsui en levant les yeux de la carte d'Ichigo.
« Cette nuit », répondit Byakuya. « C'est plus facile quand ils dorment. »
« Et si quelqu'un se réveillait ? », dit Ichigo d'une voix faible.
« Mes réserves de nourriture ont grandement diminué durant ce voyage. Vous ne me tiendrez assurément pas rigueur si je me réapprovisionne en une seule fois ? », argua Byakuya, de plus en plus irrité. « Je me suis abreuvé plus régulièrement depuis que nous nous sommes rencontrés. C'est douloureux de m'abstenir aussi longtemps. Laissez-moi vous rappeler ceci… J'ai de plus en plus faim alors que mon repas marche à côté de moi, se trémoussant, dansant et chantant tout le long du chemin... »
« Faîtes ce que vous avez à faire », dit Shunsui en hochant de la tête. « Nous avons besoin de vous au maximum de vos forces. »
« Nous avons trouvé une autre route », dit Ichigo en soulevant la carte. « Il n'y a pas de villes mais nous nous sommes dit que c'était mieux. Comme ça, il y a une petite chance que nous ne soyons pas détectés... »
« Je suis d'accord, nous devrions prendre l'autre route, mais pas pour passer inaperçus... », commença Kira. « Il sait que nous arrivons. Ne vous leurrez pas. Il peut nous sentir. Regardez autour de vous. Autant de pouvoir réuni en un seul endroit… il sait. » Kira s'éclaircit la voix. « Mais effectivement, nous devons rester à l'écart des villes. Il prend notre source de nourriture pour lui-même. Il est bien plus préparé à tout point de vue.
« Que pouvons-nous faire ? », voulut savoir Byakuya.
« Nous pouvons nous dépêcher... », répondit Kira. « Il devient de plus en plus fort chaque jour. »
« Mais en ce qui vous concerne, tous les deux ? », pressa Ichigo. « Comment obtiendrez-vous assez de matière noire et de sang ? Nous ne pouvons pas combattre sans vous deux. »
« J'ai un moyen... », dit Kira après un long silence. « Mais ce n'est pas bien… Si je le faisais... » Kira se tut, tirant une bouffée sur sa pipe.
« Qu'est-ce que tu peux faire ? », s'enquit Ichigo, insistant.
« Oublie ce que je viens de dire » Kira secoua la tête. « J'ai abandonné cette partie de moi il y a longtemps. Et si je meurs, je meurs. Car je n'utiliserai pas cette sorte de pouvoir… »
« Je respecte cela », appuya Shunsui. « Tenez vous en à vos convictions. »
« J'irai boire ce soir », dit Byakuya à voix basse. « Je devrais être capable de maintenir ma puissance grâce aux rongeurs et petits mammifères jusqu'à ce que nous ayons atteint notre destination. Je devrais économiser mes forces jusque là... » Le regard de Byakuya se porta significativement sur Renji et Shunsui. « Vous aurez à m'assister en cas d'opposition. »
« Bien sûr », promit Renji, hochant avec empressement la tête. « Je me charge de tout. Nous, changeants, n'avons pas à nous inquiéter pour ce genre de chose… On s'en charge. »
« Bien » Byakuya hocha la tête. « Merci. »
« Pas de problème », dit Renji, le coin des lèvres étiré par un sourire.
« Vous pouvez commencer dès maintenant », ordonna Byakuya, dont les yeux gris acier se plongèrent dans le regard de Renji. Il sourit presque, une contracture visible aux lèvres. « J'aurais besoin de ton aide ce soir. »
« Ah... », souffla Renji, le feu aux joues. « Ce sera un plaisir... »
Partie XXVIII : fin
J'essaierai de publier les cinq chapitres suivants d'affilée. Ils forment un tout, à mon sens. Alors, puisque cette fic est une traduction déjà complète, ce serait dommage de vous priver d'un bon moment de lecture :)
