Bonjour à tous ! J'espère que vous allez délicieusement bien.

Je ne vous retiens pas plus longtemps. Je réponds aux quelques reviews et vous abandonne a ce chapitre corrigé par Titou Douh.

Chochocolat : Huhu c'est tellement ça. Ou encore Ron et les jumeaux sauvant Harry. J'espère que tu aimeras ce chapitre alors !

Aylora : Haha écoute, je crois que je ne suis pas en mesure de forcer qui que ce soit à lire ce que j'écris. Étant donné que tu n'es pas la seule personne à m'avoir fait part du peu d'impact que fait le début de cette histoire je ne peux qu'être satisfaite de savoir que tu restes quand même. Donc merci n_n. Cela dit j'espère que quand on en viendra au moment que tu attends, tu apprécieras le reste de l'histoire !

LaFinDuDébutOuLeDébutDeLaFin : Hahaha…Bon globalement je peux te promettre que toutes tes questions auront des réponses. Quant à tes demandes ahem…je vais garder le secret encore un peu huhu !

Ewi : Tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir de lire ça n_n ! Haha le truc dans l'histoire, c'est que les lecteurs souffrent à la place de William. Du coup ça fait encore plus de tristesse. Mais je ne suis pas cruelle…pas trop normalement. J'espère quand même que l'histoire de Draco et Harry véhiculera la même intensité ou plus encore :o. Sinon j'aurais échoué didleudonc ! J'espère que la suite te plaira ! Koeur sur toi !

Vualà Bonne lecture les agneaux !

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PROFIL BAS

"Here I give you my phone number When you worry call me I'll make you happy"

Don't worry, be Happy. Bobby McFerrin

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18 juillet 1992

- Écoute : « la poupée est soit en bois, soit en chiffon, soit en cire. Elle est destinée à faire souffrir la personne qu'elle représente. Mais ce n'est pas une représentation physique, il faut juste que la poupée contienne un élément de la personne visée. Des cheveux, des ongles, de la peau... »

- Mais les poupées étaient vraiment ressemblantes.

- Peut-être que la forme de la poupée n'a pas d'importance. Ce n'est pas une magie courante en Russie… Mais ça permet de jeter des malédictions sur le long terme, surtout si on perd la personne de vue. Peut-être que la mère de Dimitri s'est enfuie avant que son père ne la punisse ?

- Les deux poupées étaient reliées, est-ce que ça signifie quelque chose ?

Natasha tourna rapidement les pages du grimoire de la bibliothèque.

- Ils ne décrivent pas les sorts pouvant être lancés sur une poupée… Tout semble possible, c'est pour ça que c'est une magie délicate et dangereuse. Tu te souviens de ce que la directrice a dit sur la magie fondamentale ?

- Celle qui est dans tout. Ça veut dire que la poupée fait appel à ce genre de magie. De la magie noire.

Mon amie referma le livre.

- On ne peut pas s'attaquer à ça ! Tu as trouvé quoi ?

Je m'éclaircis la gorge.

- « Un médium est un sorcier ayant une capacité de connexion et de vision innée avec des pans uniques de la réalité. Ils peuvent, s'ils sont assez puissants, prédire l'avenir, communiquer avec l'au-delà, retrouver ce qui est perdu. »

- C'est ça !

- « Cependant, les médiums doivent mettre beaucoup d'eux-même pour atteindre ce genre de prédisposion. Ils peuvent cependant bénéficier de l'aide d'objets magiques : cartes, étoiles, tripes d'animaux -je fis une grimace-, bruits des oiseaux et même yeux des chats. »

- Donc il faut qu'on trouve un médium.

- En plus d'un registre de personnes mariées, il nous faut aussi un registre de médiums, dis-je en soupirant.

Natasha referma mon livre et nous allâmes les ranger.

- On est des sorciers, peut-être que l'un de nous peut essayer de chercher avec une de ces méthodes ? Le père de Dimitri a sorti un jeu de cartes, non ? Ça veut dire qu'il sait y faire. Peut-être même qu'il a déjà trouvé Dimitri…

- Ce serait le scénario catastrophe !

- Je pourrais demander à Louve…

- Ta cousine ?

- Sa maman était médium. Peut-être qu'elle le sait et peut-être qu'elle pourra nous aider.

- Mais il faut un objet appartenant à la personne pour que le médium trouve quelqu'un.

- C'est vrai, j'avais oublié ! J'ai ramassé l'insigne de Dimitri quand on était chez lui.

Natasha me regarda avec des gros yeux.

- Harry, c'est du vol !

- Réfléchis, s'il revient chez lui et qu'il ne le trouve pas, il saura que quelqu'un est rentré !

- Et tu crois qu'il va tout de suite deviner que deux gamins ont bravé plein d'interdits juste pour lui ? Tu regardes trop de films, mon pauvre.

Je pris un air outré.

- C'est toi qui me dis ça…

Une fois hors des murs de la bibliothèque, nous ne sûmes plus vraiment aller. Le père de Natasha devait sûrement nous attendre au café Vicci comme il l'avait dit mais je ne voulais pas y aller maintenant.

- L'école doit savoir qui est la mère de Dimitri. Si on cherche au hasard, on ne trouvera rien.

- Et comment on fait ? On envoie une lettre à la directrice ? « Bonjour, mon super pote est porté disparu, enfin je crois, est-ce que vous pouvez nous donner le nom de la femme qui a tenté de l'étrangler quand il était petit ? » Je vois d'ici le tableau, on est bons pour être enfermés à l'hospice…

J'écarquillai les yeux.

- Mais OUI ! C'est ça ! Natasha, tu es un génie !

Elle rougit.

- Ah bon ? Enfin… Bien sûr, que je le suis… Pourquoi ?

J'attrapai ses épaules avec un immense sourire.

- Le registre des naissances magiques ! C'est comme dans le journal que nos parents lisent ! Tu sais, ils écrivent le nom des personnes décédées. Mais il y a aussi une rubrique sur les naissances pour ceux qui veulent partager la nouvelle !

- Je ne suis pas sûre qu'un homme qui tente de faire disparaître sa femme ait proclamé haut et fort dans un journal la naissance de son fils.

- Peut-être pas ! Mais ce registre est complet. Et je sais on peut le trouver !

- ça ?!

- A l'hôpital, pardi !

- Oh, tu vas le dire à ta mère ?

- Bien sûr que non ! Viens, allons trouver ton père. Je lui demanderai de me déposer à l'hôpital au lieu de rentrer.

- Je ne pourrais pas te suivre là-bas...

- Ce n'est pas grave. Je suis presque sûr que ça ne prendra pas longtemps. J'ai ma baguette et ma cape avec moi.

Natasha bougonna mais on se mit tout de même en marche. Le père de Natasha ne refusa pas de m'emmener à l'hôpital mais je dus faire des pieds et des mains pour qu'il ne salue pas ma mère. Natasha finit par râler en disant qu'elle allait rater sa série et tira son père avec force puis elle me fit un clin d'œil en partant.

L'hôpital magique de Saint-Pétersbourg n'était pas comme Sainte-Mangouste en Angleterre. Il n'était pas caché aux yeux de tous ; pas vraiment, en tout cas. C'était un bâtiment rattaché à l'hôpital Mariinskaya Bolnitsa, sous la protection du gouvernement Russe et de la fédération magique de Russie. Officiellement, c'était un endroit où se réunissaient des actionnaires, des avocats, des médecins en tous genres. Quand les non-mages passaient les immenses portes en vitre, ils se retrouvaient dans une grande salle d'attente il n'y avait qu'un seul garde qui leur demandait le motif de leur venue. Généralement, ils sortaient satisfaits de leur visite, grâce à un sort de confusion.

Mais une fois les grandes marches empruntées, la véritable magie opérait.

- est-ce que tu vas, mon grand ?

Je regardais le garde qui me souriait.

- Je vais retrouver ma mère. Elle travaille ici, vous devez sûrement la connaître. La médicomage Lily Potter ?

- Je connais Lily Potter, en effet. Je ne savais pas qu'elle avait un fils.

- Deux, en fait.

- Dans ce cas, je vais la prévenir.

- Vous n'allez pas l'embêter, dis-je mortifié. Elle finit dans une heure, le père de mon amie à du rentrer plus tôt. Je vais l'attendre dans la salle d'attente du service des sorts mineurs.

- Je ne peux pas faire ça, il faut que je la prévienne.

- Je vous assure que ce n'est pas nécessaire. Imaginez qu'elle soit en pleine opération magique sur un patient hyper important comme… Le président de la fédération magique !

L'homme m'observa avec suspicion.

- Je le saurais, si c'était le cas.

- Pas forcément, les grands pontes n'aiment pas qu'on sache qu'ils sont à l'article de la mort.

- Tu te moques de moi ?

- Pas du tout.

Il commençait vraiment à m'énerver. Si je n'avais pas laissé Lord à la maison, je lui aurais demandé de le mordre pour faire diversion. Il ne serait pas mort, il aurait été vite soigné.

Je me fustigeai d'avoir voulu entrer par la grande porte. Si j'avais su, j'aurais mis ma cape mais je savais qu'il y avait des protections magiques au niveau des marches. Ce que je ne savais pas, c'était dans quelle mesure elles fonctionnaient.

J'étais encore en train d'essayer de trouver un moyen d'entourlouper le garde quand une voix salvatrice se fit entendre.

- Harry ?

- Madame Petrouchka !

- Oh voyons, Harry chéri, appelle-moi Ania !

- Vous connaissez ce garçon ?

- C'est le fils de Lily, oui ! Que fais-tu ici ?

A son manteau, je devinais qu'elle devait avoir fini de travailler.

- Le père de mon amie m'a déposé, je n'ai pas eu le temps de prévenir maman. Mais comme je sais qu'elle termine bientôt, je me suis dit que je pouvais l'attendre dans une des salles d'attente.

- Mais bien sûr, trésor. Même si un hôpital n'est pas le meilleur endroit pour s'amuser.

Je tapotai mon sac.

- J'ai ramené de la lecture, je peux attendre.

- D'accord, je vais remonter avec toi et j'irai chercher ta mère. Elle était encore en réunion quand je suis partie. Vous pouvez le laisser passer, monsieur.

Le garde me lorgna avec mécontentement.

- Bien, madame !

En passant devant lui, je ne me privai pas de lui adresser un sourire narquois à la Sirius.

Ania me promena dans les couloirs bondés de l'hôpital. En fin de journée, il y avait une sorte d'empressement. Des hommes et des femmes en blouses serrées de couleur vert bouteille entraient et sortaient par diverses portes.

Je connaissais à peu près l'endroit travaillait ma mère. Je savais m'y repérer même si je ne savais pas tout du lieu, je pouvais lire les écriteaux et le plan. Je ne tardai pas à trouver celui indiquant le service des naissances. C'était forcément là-bas.

- Tu veux bien attendre ici ?

- Oui.

- J'en ai pour cinq minutes.

Cinq minutes, c'était ma seule chance. Une fois Ania hors de vue, je quittais la pièce se trouvaient deux autres personnes. Je trouvai un coin tranquille, me couvris de la cape puis me mis à courir, évitant de justesse quelques personnes. J'en bousculai trois, cependant je n'avais pas le temps de m'arrêter.

- Service pré-natal, salle d'opération… Intendance !

Je m'accroupis prêt de la porte qui s'avérait être fermée et attendis. Je n'avais aucune envie d'user de la magie ici, je ne voulais pas être repéré.

Moins d'une minute plus tard, un homme y entra rapidement et je le suivis de la même manière. Je le vis ramasser quelques fioles posées sur un bureau et ressortir tout aussi vite. Une fois seul, je retirai la cape et observai la pièce dans laquelle je me trouvais. Elle était comme une sorte de long et large couloir. Contre le mur s'étendaient beaucoup trop de tiroirs. Je m'approchai tout de même et ouvris le premier qui n'émit aucune résistance.

- « 18 juillet… » Non, zut.

Je refermai le tiroir et remarquai alors l'étiquette qui affichait « juillet 1992». Je posai mon doigt dessus et me rendis compte qu'elle pouvait être déplacée, autant le mois que l'année. D'un mouvement de l'index, je fis défiler le mois de juillet au mois d'août.

Il y eut alors comme un énorme fracas à l'intérieur de chaque casier, comme si un mécanisme se mettait en route, puis de nouveau le silence. J'ouvris de nouveau le meuble.

- « 31 aout 1991 ».

Les dossiers sortaient donc pas ordre chronologique. Dimitri était né en mars de l'année quatre-vingt. Je fis rapidement défiler le mois et l'année sous le bruit incessant du mécanisme tout en jetant des coups d'œil inquiets à la porte.

Puis enfin, le bruit s'arrêta et je rouvris le casier.

- « 30 mars 1980 »

Je remontai tous les parchemins jusqu'à tomber sur la date que je voulais : le vingt-et-un mars dix-neuf cent quatre vingt. Je le sortis d'un coup sec.

Avec un soulagement non feint, je remarquai alors qu'a coté de chaque nom était inscrit le lieu de naissance : « hôpital » ou « domicile ». Ce qui voulait dire que même si Dimitri n'était pas né ici, je le trouverais forcément.

Et c'est ce qui arriva.

- BINGO !

OoooooooooooooooOooooooooooooooooO

Maman m'avait acheté une glace sur le chemin du retour et m'avait posé plein de question sur ma journée. Je lui avais dit que j'avais fait mes devoirs, ce qui était en partie vrai. J'avais même forcé 'Cha à en faire avec moi avant de nous intéresser au sujet de Dimitri.

Le fait d'avoir trouvé le nom de sa mère me rendait fou de joie : j'avais un indice ! Il me manquait juste un médium.

- On est là !

Papa apparut, l'oreille collée au téléphone.

- Oui, elle vient juste d'apparaître, de même que ma version miniature.

Je rigolai.

- Qui est-ce ? murmura ma mère.

- C'est ta sœur. Oui, Tunie, je te la passe.

Mon père donna le téléphone à ma mère et se tourna vers moi.

- Comment ça se fait que tu rentres avec ta mère ?

- Le manque.

- Haha, très drôle.

Je rejoignis Charles sur le canapé, ce dernier mâchouillait un jouet en forme de poisson et on devinait très bien la trace de ses petites dents de lait.

- Tu vas te les casser.

- Non, dit-il la bouche pleine de bave.

Papa revint s'asseoir dans son fauteuil et nous fixa tous les deux.

- N'essaie pas de le lui retirer, il te mordra le doigt.

- Il se prend pour Sirius ?

- Non, toi tu te prenais pour Sirius. Tu aboyais et hurlais comme un loup et tu mordais tout le monde.

Je levai les yeux au ciel.

- C'est faux, dis-je en rigolant.

- C'est vrai, répliqua finement mon père.

- Faux !

- Vrai !

- Faux !

Papa plissa les yeux.

- Vrai…

- Vous avez terminé ?!

Ma mère se tenait derrière le canapé, sourire aux lèvres.

- Tiens, Harry et sois gentil, cette fois-ci.

- Je suis toujours gentil.

Je pris le téléphone et l'emmenai dans ma chambre. Une fois la porte fermée, je me laissai tomber sur le lit.

- Allô ?

- Harry ?

- Non, c'est le pape.

- C'est fou comme ton humour ne s'améliore pas.

- Tu ne le comprends pas, Nolan… Voilà tout.

Ma main passa sous l'oreiller se trouvait l'insigne de Dimitri et je me mis à le faire jouer entre mes doigts.

- Tu m'as snobé.

- Non, j'étais occupé.

- Et qu'est ce qui est si important pour que tu ne daignes pas parler à ton cousin ?

- Peut-être que ça t'amuse de pêcher du saumon ou je ne sais quoi. Mais la vie, c'est pas ça.

- Qu'est ce que tu racontes, Harry ? Tu m'en veux parce que je suis parti en vacance avec Louve ?! Tu sais très bien qu'on partira ensemble toi et moi et que tu partiras aussi avec elle.

- Oui, mais moi je vous appelle pas pour vous dire à quel point c'était le bonheur.

Sans m'en rendre compte, j'avais répliqué avec un peu trop de hargne et Nolan resta silencieux. Je m'en voulais de lui parler comme ça. Mais ça m'énervait vraiment… D'être loin et à l'écart.

- Je suis désolé si tu le prends comme ça, Harry. C'était pas voulu.

- C'est bon, grognais-je, je dois te laisser.

- Non ! Attends, y a un truc que tu me dis pas…

Mon cœur se serra d'un coup et je fis grincer mes dents.

- Harry ?

Je sentais la douleur revenir au galop contre mon torse et ma main agrippa le vêtement sur ma poitrine.

- Nolan…

- Harry ! Est-ce que ça va ?!

Je tentai de reprendre mon souffle, j'avais tellement serré l'insigne que le « 1er » était incrusté en marque rouge dans ma peau. C'était comme si tout mon corps refusait que je rejette Nolan. Je n'en avais pas envie, bien sûr. Je ne pouvais pas tout raconter sans preuve. Ça n'avait pas de sens.

Pourtant je le fis, et Nolan m'écouta sans m'interrompre. Et à la fin, je me rendis compte que ça m'avait fait beaucoup de bien.

- Donc... Si j'ai bien compris, tu cherches ton ami disparu et tu as besoin d'un médium. Harry, si le père de Dimitri a vraiment dit ces choses à propos de tuer quelqu'un, il faut que tu le dises à tes parents.

- Je le ferai. Une fois que j'aurais plus d'indices !

- Tu n'es pas dans un film. Tu ne vas pas régler ça comme… Inspecteur Gadget !

- Tu ne sais pas ce qu'il se passe ici ! Je serais privé de sortie à vie si je dis que je suis allé dans une maison en pleine nuit !

- Personne ne se fait punir à vie ! Et si tout ça est vrai, tu risques de te mettre en danger.

- La seule personne en danger, sifflais-je, c'est Dimitri.

- Harry, tu devrais…

- Je devrais ne pas t'écouter, surtout. T'es vraiment chiant.

Et sur ce, je raccrochai. Je revins dans le salon et rendis brutalement le téléphone.

- Harry…, me fit ma mère.

Mais je ne répondis rien et retournai dans ma chambre en claquant la porte.

Je savais que Nolan avait raison. Et c'était ça qui m'énervait. Je n'aimais pas mentir à papa et maman mais en vérité, j'avais peur. J'avais peur que le père de Dimitri décide ensuite d'attaquer papa et maman. Il n'avait pas hésité à nous jeter des sorts. Et s'il nous avait attrapés, Natasha et moi, s'en était fini de nous. Je ne voulais pas les mêler à ça... Pas tant que je ne savais à quel point la mère de Dimitri était dangereuse. Et en vie. Parce que même si elle avait fait quelque chose de mal, j'étais sûr qu'elle devait le regretter.

Une maman ne pouvait pas étrangler son enfant. Maman ne m'aurait jamais fait ça. Ou peut-être qu'elle me le ferait si je continuais à mentir.

Et puis, je savais tout au fond de moi qu'il fallait que je m'occupe seul de cette histoire. Pourquoi ? Je n'en savais rien. Mais il le fallait.

Plus tard, mon père vint dans ma chambre mais j'avais éteint les lumières et fait semblant de dormir dos à lui. Il s'était assis sur le matelas et avait caressé mes cheveux.

- S'il y avait un souci, Harry, tu nous le dirais, n'est-ce pas ? Je peux comprendre que tu te sentes triste de ne pas être en Angleterre avec Louve et tes cousins... Mais on y sera pour ton anniversaire et tout le monde sera là.

Je n'avais rien répondu. Mais savoir qu'il était triste parce que je l'étais aussi me fit mal au cœur. Cette nuit-là, j'eus beaucoup de mal à m'endormir.

OoooooooooooooooOooooooooooooooooO

19 juillet 1992

- « Dimitri Igor Aristov, né le 21 mars 1980. Mère : Olga Irina Aristov, née Romanov. Père : Igor Vinceli Aristov. »

- Olga Romanov… De la famille Romanov ?

- Impossible, dis-je, c'est une famille trop élitiste.

- Justement… Harry, des sorciers portant le nom des Romanov, il n'y en a pas à tous les coins de rue...

- Mais ça se saurait si Dimitri était un descendant de la branche sorcière des Romanov, non ?

- On peut consulter l'arbre généalogique des grandes familles à la bibliothèque, mais le mieux…

- Le mieux ?

- PAPA ! cria Natasha.

La porte de la chambre de mon amie ne tarda pas à s'ouvrir sur son père.

- Oui, mon petit kouglof adoré ?

- Oh, ne m'appelle pas comme ça !

- Comme tu voudras, mon pain en sucre.

Natasha roula des yeux mais décida d'ignorer ce surnom.

- Toi qui adores les histoires très ennuyeuses, qu'est ce que tu sais sur la branche magique des Romanov ?

- Oh, enfin ma fille décide de s'instruire ! Et quelle famille pour commencer, je suis si fier !

- Papa… Je n'ai pas le temps pour ça !

- Bien, bien. Il n'y avait pas de sorcier dans la famille des Romanov avant dix-sept cent quatre-vingt-dix, du moins pas de sorcier connu. Nicolas 1er Pavlovitch Romanov avait un frère aîné, Alexandre 1er, soi-disant mort, ce qui a permis à son frère de monter sur le trône. La vérité, c'est que c'est à peu prés à ce moment-là qu'il y a eu une scission entre le monde magique et le monde non-mage.

- Alexandre 1er est l'un des premiers souverains du royaume magique Russe, avant qu'il ne devienne la fédération Russe de magie. On l'a vu en histoire de la magie, dis-je.

- C'est exact. L'ambition d'expansion de l'empire Russe de Nicolas a inquiété bon nombre de sorciers. Entre frères, ils se sont mis d'accord sur cette séparation, craignant que les connaissances magiques de la Russie se dispersent et s'empoisonnent à cause d'autres contrées. La sorcellerie en ces temps là était réellement une histoire de familles. A présent, il est difficile de conserver un sang-pur, surtout pour un aussi grand pays. Mais il était monnaie courante que les sorciers ne se mélangent qu'entre eux et c'était d'autant plus vrai dans les familles royales. Cependant, il était rare qu'un sorcier gouverne.

- Parce qu'ils étaient le plus visés par des tentatives d'assassinat !

- Tout à fait. Si on devinait qu'un souverain était un sorcier, il ne faisait pas long feu. Mais pour en revenir à la famille Romanov de nos jours : Alexandre, donc, n'a eu que des enfants sorciers. Jamais son sang n'a été terni par d'autres mélanges. Ses descendants ont vu leurs alliances maritales se faire au sein même de la famille Romanov uniquement si les enfants étaient des sorciers.

- Donc, ce n'est pas vraiment des sangs-purs ?

- Pas vraiment, non. Il était courant que deux parents non-mages mettent au monde un enfant doué de magie, mais c'était un sujet tabou. Ce qui comptait était le nom qui se transmettait. Mais il est clair qu'Alexandre pouvait se vanter que ses aïeuls étaient bien des sorciers. Aussi cette branche secrète, à l'instar de la famille royale non-mage des Romanov, a su se perpétuer. Elle s'est évidement ouverte à d'autres familles comme le font toutes les familles royales. Grand bien lui en a pris donc quand on sait comment les derniers Romanov non-mage ont terminé...

- Tous assassinés !

- Tout à fait.

- Mais... Et la branche magique, alors ? Demandais-je.

- La branche magique s'est retirée peu à peu de toute la politique et s'est renfermée sur elle-même. Vous n'avez pas trouvé de Romanov à Durmstrang ?

Natasha et moi firent « non » de la tête.

- Ce n'est pas étonnant. Ils ont les moyens d'avoir des précepteurs. Elle peut bien encore agir dans l'ombre. Le seul Romanov que j'ai croisé, Alexandrei, était un vieil homme grave et silencieux. Mais je vous assure qu'il imposait encore un certain respect. Nous savons peu de choses sur ce qui reste de cette famille.

- C'est tout de même un nom qu'on ne trouve pas partout, n'est-ce pas ?

- Dans le monde sorcier ? En effet, c'est un nom que l'on n'entend pas tous les jours. Mais c'est pour quoi, toutes ces questions ?

- Pour un devoir ! S'empressa de dire Natasha. Merci papa, tu peux y aller maintenant !

- Je peux vous aider plus, si c'est un devoir sur l'histoire de la magie.

- Non, tu as assez aidé, c'était chouette ! Maintenant, Harry et moi, on doit travailler sur plein d'autres choses !

Je ris sur la façon dont Natasha poussa son père hors de la chambre : la vraie princesse, c'était elle. Une fois la porte de nouveau fermée, elle fit réapparaître le plan de bataille et marqua les noms des parents de Dimitri.

- Tu crois que c'est vrai ? La mère de Dimitri est une Romanov ?

- Je ne sais pas... Mais si elle aussi a essayé de tuer Dimitri, sa famille à très bien pu étouffer l'affaire.

- Mais ça veut dire que Dimitri est un descendant royal ! C'est dingue, non !?

Même moi, je trouvais ça impressionnant. Ceci dit, sa famille avait beau être royale, elle n'était pas jolie du tout.

- Ça ne change rien au problème, de toute manière. C'est une famille inaccessible, tu as entendu ton père... Et si ça se trouve, elle a changé de nom.

- Oui, peut-être… Donc on retourne à la case départ : il nous faut un médium.

Je poussai un soupir. Natasha avait raison.

Je rentrai chez moi, plus dépité encore. J'avais l'impression d'avancer d'un pas et de reculer de deux et pendant ce temps, Dimitri ne donnait pas signe de vie. Si j'avais su que les choses se passeraient comme ça, je lui aurais donné le miroir de Sirius et Papa.

Mais oui ! C'était ça !

Je déboulai dans le salon, surprenant toute ma famille.

- Papa ! Il me faut ton miroir !

- Oh, et en quel honneur ?

- Il faut que je parle à Louve.

- A quel sujet ?

Je me mordis l'intérieur de la joue. J'avais la sensation que papa et maman m'en voulaient de mon comportement de ces derniers jours. Mais je touchai au but et une fois que j'aurais toutes les cartes en main, je pourrais leur dire d'appeler la police magique ! Je ne voulais pas qu'ils me disent que je me faisais des idées, surtout quand j'étais sûr d'avoir raison. Ça c'était déjà vu, des adultes qui ne croyaient pas à ce que disent les enfants.

Même si j'avais confiance en papa et maman, je ne voulais pas qu'ils se fassent de fausses idées.

- Pour essayer de lui soutirer des informations sur nos vacances.

Mon père m'offrit un sourire en coin avant de remonter son journal au dessus de ses yeux.

- Essaie toujours.

- Merci.

Je courus vers le bureau de mes parents. Le miroir était habituellement accroché au mur mais cette fois-ci, je le trouvais sur la commode, signe qu'il avait du être utilisé.

- Hé ho ! Hey ! Sirius… Il y a quelqu'un ?

Soudain, la tête de mon oncle Severus apparut dans le miroir.

- Harry ?

- Oh, salut Sev' !

- « Oh, salut Sev'. » Quelle façon délicate de dire bonsoir.

Je levai les yeux au ciel.

- Bonsoir, mon cher oncle Severus, j'espère ne pas avoir interrompu la préparation d'une quelconque mixture magique.

- Pas de ça avec moi, petit garnement. Qu'est ce que tu veux ? Sirius est un peu occupé pour le moment.

- Je veux… Euh, je peux parler à Louve ?

- Bien sûr, que tu peux. LOUVE LUPIN !

Je pu entendre un « Oui » être crié au loin.

- Ton frère veut te parler !

Des bruits étouffés, un grand fracas et quelques secondes plus tard, les yeux bleus de Louve apparurent à travers le miroir.

- Harry ! Comment tu vas ? Tu n'as pas répondu à ma dernière lettre !

- Je sais, je suis désolé. Mais c'est mieux de parler comme ça.

Sa bouche s'étira en un grand sourire, j'entendis en fond Severus demander elle allait comme ça.

- Je vais parler à Harry… En privé ! Tu sais ce qu' « intimité » veut dire ?

Louve n'attendit pas de réponse, je l'aperçu grimper les marches de la cave à grande vitesse, puis celles de l'étage pour enfin la voir s'étaler dans son lit.

- Bon, Potter !

- Lupin ?

- Il faut qu'on parle.

Je fronçai les sourcils.

- Moi d'abord.

- J'accepte !

- Quoi ? Tu acceptes quoi ?

- D'utiliser mes dons phénoménaux de voyance pour trouver ton ami.

Je faillis m'étouffer avec ma propre salive.

- Oh, le sale…

Elle me fusilla du regard.

- Nolan est inquiet pour toi et ta jalousie n'est pas drôle du tout. Ni pour lui, ni pour moi.

- Je ne suis pas jaloux !

C'était faux.

- Harry… Nolan s'en veut d'avoir tenté de jouer les rapporteurs, il est vraiment pas fun sur ce point. Moi, je te comprends totalement et c'est pour ça que je vais t'aider avec ça !

Elle fouilla dans le col de son haut et en sortit un pendentif en pierre bleue.

- Qu'est-ce que c'est ?

- C'est un cadeau de ma mère. J'ai appris en cours de divination que c'était un objet vraiment puissant. Je l'ai utilisé pour aider des élèves à retrouver des objets, ça marche super bien.

- Tu es un médium !

Elle leva le nez, fière d'elle.

- Et oui, remercie les gênes de Migale Lupin.

- Je le fais ! Je le ferai tous les jours ! Comment ça marche ?

- Il me faut quelque chose ayant appartenu à la personne que tu cherches. J'ai besoin d'avoir l'objet en main.

Je bondis sur mes pieds.

- J'envoie tout de suite Mugin !

- Harry ! Avant, promets-moi de t'excuser auprès de Nolan. Il est vraiment triste que tu lui fasses la tête.

- Je le ferai, promis. A plus, Lou' ! Je confie ça à Mugin.

Je n'attendis pas qu'elle me réponde. Je laissai en plan le miroir et filai dans ma chambre pour ouvrir la cage de Mugin, j'enveloppai ensuite l'insigne de premier de Dimitri dans une petite poche. Une fois attachée à la patte de l'oiseau, j'ouvris ma fenêtre en grand.

- A l'impasse du Tisseur, pour Louve !

Mugin croassa pour la forme et s'envola prestement. Maintenant, je n'avais plus qu'à attendre.

OooooooooooooooooooOoooooooooooooooooooO

22 juillet 1992

Je faisais les cent pas et 'Cha rongeait le peu d'ongle qu'il lui restait. C'était une manie que je n'aimais pas chez elle mais comme elle ne faisait aucune remarque sur mes allées et venues, je me retins de lui dire d'arrêter.

- Harry… Harry !

- Quoi ?!

Je revins vers le miroir s'affichait le visage de Nolan.

- Si ça ne fonctionne pas…

Je poussai un soupir fatigué.

- Je sais très bien ce que je dois faire si ça ne fonctionne pas.

- Qu'est ce qu'il dit ? me demanda Natasha.

Je lui répétais en Russe ce qu'avait dit Nolan, me promettant intérieurement de lui donner des cours d'anglais pour ne pas être traducteur à vie.

- Ton cousin est un homme de peu de foi.

Je souris à cette remarque. Nolan était juste le plus terre à terre d'entre nous et celui qui refrénait nos ardeurs, à Louve et moi. Il arrivait que lui et moi, nous nous énervions l'un contre l'autre plus qu'avec Louve. Mais on ne pouvait pas se passer l'un de l'autre, non plus. Maman appelait ça l'amour vache.

- Montre-moi, Nolan.

Je le vis faire tourner le miroir un peu pour y voir Louve, les yeux fermés, faisant tournoyer le pendule au-dessus de la carte de la Russie. Elle avait son autre main serrée en poing lui aussi tendu au-dessus de la carte.

Je ne savais pas comment les dons de médium fonctionnaient mais je croyais Louve quand elle disait qu'elle pouvait le faire. Je ne savais pas si c'était un don qui s'affûtait au fil des ans ou si c'était inné. Ce que je savais, en revanche, Louve me l'avait dit un peu plus tôt : c'était la première fois qu'elle cherchait une personne en chaire et en os.

Je reposai alors le miroir et me remis à faire les cent pas. Trois jours ; il avait fallu trois jours pour que Mugin fasse le trajet. Habituellement, c'était un peu plus long et j'espérais que mon corbeau avait été récompensé comme jamais.

C'était aussi trois jours de plus sans absolument aucune nouvelle de Dimitri. Je ne pouvais pas croire que ce dernier ne m'ait pas envoyé de lettre... Ou qu'il n'ait même pas essayé.

Dimitri m'avait fait promettre et il n'aurait pas demandé ça s'il ne le voulait pas vraiment. C'était une certitude.

- Il se passe quelque chose, murmura Nolan.

- Fais voir !

Mon empressement attira immédiatement Natasha, qui s'agenouilla à coté de moi. Nolan avait sûrement posé le miroir sur ses genoux. Nous avions une vue dégagée sur Louve, les yeux révulsés et le pendule qui faisait de grands cercles... Avant de s'arrêter brusquement sur la carte pour tenir en équilibre sur sa pointe.

Louve ouvrit les yeux brusquement et se pencha sur la carte.

- Je ne comprends pas…, dit-elle.

- Quoi ? Qu'est ce que tu ne comprends pas !?

Louve continuait à fixer la carte.

- Tu m'as dit que c'était une ville éloignée dans la campagne Russe mais le pendule marque Saint-Pétersbourg… Harry, ton ami est en ville.

- Impossible…Tu en es sûre !? dis-je interloqué.

Elle fit oui de la tête.

- Oui, j'en suis sûre.

Louve s'approcha du miroir et le prit dans ses mains pour mieux me regarder.

- Harry… J'ai vu ton ami. Je l'ai appelé… Dimitri, c'est ça ? Et je crois que ça a marché. Non, j'en suis certaine.

- Donne-moi l'adresse !

- Attends, Harry, intervint Nolan. Que comptes-tu faire ?

- Voir s'il va bien ! C'est évident !

- Tu ne vas pas y aller seul, tu devrais…

- Il n'y va pas seul, enchaîna Natasha, je serai avec lui. Donnez-nous l'adresse.

- Louve, supplia Nolan.

Louve secoua la tête.

- Prends des note, Potter, je ne le dirai qu'une seule fois.

Je fis oui de la tête.

OoooooooooooooooOooooooooooooooooO

Natasha poussa la fenêtre et se pencha au dessus du vide. Il avait encore une fois fallu attendre la nuit tombée pour tenter une escapade. Toute la journée, j'avais du faire semblant d'apprécier les activités préparées par mes parents alors qu'il n'y avait qu'une seule chose qui occupait mon esprit : que faisait Dimitri ?

Plus les heures passaient et plus j'avais du mal à rester calme. La présence de Natasha était une véritable aubaine.

- C'est notre ultime chance, murmura mon amie. Il ne reste plus beaucoup de jours avant ton départ.

- Ne m'en parle pas.

- Alors qu'est ce qu'on attend ?

Rien. On n'attendait rien. Je pris ma cape d'invisibilité et enfourchai mon balai, Natasha s'assit derrière moi et je décollai en silence.

Elle avait raison, cependant. Je n'avais plus beaucoup de temps pour mettre au clair toute cette histoire. Notre départ pour l'Angleterre était prévu pour le 27 juillet. J'avais déjà réfléchi à plein de raisons et fausses excuses pour retarder cet état de fait. Mais cela voulait dire plus de mensonges encore. Ce que je ne voulais pas.

Cette sortie, c'était juste pour m'assurer que Dimitri allait bien.

OooooooooooooOoooooooooooO

Il ne nous fallut qu'une vingtaine de minutes en balai pour trouver l'endroit indiqué par Louve. Mais ça n'avait pas de sens.

- C'est un immeuble en construction ?

- On dirait un terrain vague.

Nous volions au-dessus du lieu était sensé se trouver Dimitri. Mais ce n'était qu'un immense chantier.

- Qu'est-ce qu'on fait ?

- On va voir tout de même, dis-je.

J'amorçai une descente en douceur. Quand Natasha posa le pied à terre, ce fut dans une flaque pleine de gadoue et elle nous éclaboussa.

- Pas de problème, j'ai appris le sort récurvite, dit-elle en pouffant.

En d'autres circonstances, j'aurais rigolé avec elle mais mes yeux fouillaient déjà les lieux.

- Avant que tu ne décides quoi que ce soit, Harry, il est hors de question qu'on se sépare ! Dans les films d'horreur, c'est la blonde qui meurt en premier.

Cette fois-ci, je fus incapable de réprimer un sourire.

- Heureusement que c'est la réalité, alors. Viens, allons-y.

Au bout de plusieurs minutes de marche entres les machines de construction, nous dûmes avouer qu'il n'y avait personne.

- Peut-être qu'il est parti ?

- Attends…

Je sortis ma baguette et réfléchis un moment.

- Homenum Revelio.

Natasha siffla d'étonnement en voyant le sort fonctionner et m'attrapa rudement le bras quand ce dernier révéla la présence de quelqu'un. On ne le distinguait pas directement, seulement sa présence avait été marquée par le sort et nous étions déjà passés par là.

- Qu'est ce que ça veut dire ? souffla 'Cha.

- Quelqu'un se cache ici !

Sans plus attendre, je me mis à courir dans la direction indiquée par la baguette. Devant nous se trouvait juste un énorme container dont la porte était grande ouverte. Rien qui n'indiquait la présence de quelqu'un, pourtant…

- Oh, Harry, c'est un sort de camouflage !

Elle pointa sa baguette dessus.

- Finite Encantem !

Un énorme fracas se fit entendre et ce fut comme si le fond du coffre était en train de se briser, tel de la glace.

- STUPEFIX !

Le sort frappa de plein fouet Natasha sans que je puisse faire quoi que ce soit. Elle s'écroula au sol.

- EXPELLIARMUS ! Criais-je en pointant ma baguette vers le fond.

- Protego, fit la voix dans le noir.

Puis je compris ce qui était en train de se passer.

- DIMITRI ! C'est Harry ! Ne fais pas ça ! C'est moi !

Il ne se passa plus rien jusqu'à ce qu'une silhouette se profile dans le noir. Éclairée par la lueur de sa baguette, je la reconnus immédiatement. Et ce que je vis n'était pas beau à voir.

- Ha…nHarry… ?

Je m'avançai et Dimitri recula dans la pénombre. Il avait les yeux exorbités et ses lèvres tremblaient. J'avais l'impression d'être devant un zombie.

- Oui, c'est moi et… Natasha mais tu l'as… Enfin, je vais la réveiller.

Je me tournai vers Natasha et prononçai un enervatum. Elle se redressa en bondissant comme un diable.

- Tu m'as attaquée ! Espèce de vaurien sans cervelle ! On fait tout ce chemin pour toi et c'est comme ça que tu nous accueilles !? Je vais te…

Mais elle ne termina jamais sa phrase. Parce que les yeux de Dimitri n'étaient plus écarquillés, ils étaient aussi baignés de larmes.

- Natasha ? Harry ? Co… Comment ?

Il s'avança un peu plus et s'en fut trop pour Natasha et moi. Sans se concerter, nous courûmes vers lui pour le prendre dans nos bras. Il se laissa faire. Il sentait mauvais et n'avait sur son dos qu'un pyjama et une couverture miteuse mais ça ne nous empêcha pas de le garder contre nous longtemps.

- Oh, bon sang Dimitri, pleura Natasha. Pourquoi tu ne nous as pas envoyé de lettre ! Pourquoi tu ne nous a pas dit que tu avais des problèmes !?

Dimitri se détacha de nous avec violence.

- Je l'ai fait ! Je vous ai envoyé des lettres ! Tous les jours ! Pendant presque deux semaines !

Je fronçai les sourcils.

- Je le savais, dis-je en claquant des doigts, notre courrier était intercepté.

- C'est mon père ?!

Dimitri se prit la tête entre ses mains.

- C'est lui ! Il est devenu complètement fou ! Je… J'ai… Il s'est mis à dire des choses horribles quand je lui ai dit que vous étiez des sang-mêlés. Il n'arrêtait pas de dire que je fréquentais n'importe qui et que Durmstrang avait changé et… Il ne voulait pas que… Alors… J'ai…

- C'est bon ! Dimitri, calme toi !

Je le pris par les épaules. Il avait des cernes énormes sous les yeux et ses joues avaient l'air plus creusées que d'habitude. Il releva son visage vers nous et tendit les mains.

- Vous êtes là ! Vous êtes venus pour moi… ?

- Pour sûr ! Et c'était vraiment difficile !

- J'ai cru…

Il se mit à rire.

- J'ai cru que vous ne vouliez plus entendre parler de moi.

- C'est n'importe quoi ! je m'emportai. On t'avait fait une promesse ! Je ne te laisse pas tomber !

- Regarde-toi, geignit Natasha. Tu as une sale tête ! Qu'est-ce qu'on fait, Harry ?

Je regardai autour de moi. Je n'arrivais pas à croire que Dimitri avait vécu ici et qu'il n'avait jamais osé essayer de nous contacter.

- On le ramène chez moi.

- D'accord !

- Quoi ?! Non ! fit Dimitri. S'il me trouve, il va me retirer de Durmstrang ! Il est probablement déjà en train de négocier ça !

- Et tu comptes faire quoi ?! Devenir un ermite ? Dimitri, tu es maigre comme un clou et tu pues !

- La ferme, Vassili !

Natasha haussa les épaules en souriant.

- Le voilà, cet idiot d'Aristov. Grimpe sur ce balai.

- Natasha a raison, tu tiens à peine debout.

Je pris Dimitri par le bras pour l'aider à se redresser convenablement. Il grimaça.

- Qu'est ce que tu as ?

- J'ai mal au ventre…

- Montre-moi.

Je n'attendis pas de réponse. Je soulevai le pan de son pyjama crasseux tandis que 'Cha éclairait mes faits et geste et elle recula d'un coup devant le spectacle.

La peau de Dimitri était marbrée de bleus. Comme si on l'avait cogné au ventre.

- Dimitri… Ton père t'a frappé ?!

- Non… Il n'a jamais levé la main sur moi.

Natasha agrippa mon bras et je sus à quoi elle pensait : Igor Aristov n'avait pas besoin de lever la main.

- Sur le balai, maintenant !

Je le tirai vers moi et le fis grimper devant en le tenant bien contre moi, n'étant pas sur qu'il puisse entourer mon torse de ses bras. Je laissai à Natasha le soin de conduire. Mon balai eut un peu de mal, sans doute étions-nous trop lourds. Cependant, même si le chemin du retour fut plus long, nous réussîmes à revenir dans ma chambre.

- Dim' ! Dimitri.

Dimitri avait le visage affalé contre l'épaule de Natasha et ses doigts serraient mollement les miens.

- Dimitri, réveille-toi.

- Je ne crois… Vous êtes venu… Pour moi…

- Oui, oui, si tu veux mais il faut vraiment que…

Les doigts de Dimitri se détachèrent des miens et il tomba lourdement au sol.

- Qu'est-ce qu'il se passe !?

Natasha se précipita sur lui et tapota sa joue mais Dimitri ne rouvrait pas les yeux.

- Harry…

Je me redressai d'un coup et sortis en trombe de ma chambre, courant vers celle de mes parents sans me poser une seule question sur l'heure ou sur la punition que j'encourais. J'ouvris la porte avec tellement de force qu'elle percuta le mur. La réaction fut à la hauteur de mes espérances : deux baguettes furent pointées vers moi dans un jet de lumière.

- Harry ?!

- … Ma chambre… Dimitri...

Je ne savais pas si ça se lisait sur mon visage. Sûrement, parce que ni mon père, ni ma mère ne posa de question. Ils se levèrent d'un coup, ma mère prit ma main et m'entraîna dans ma chambre. Natasha avait allumé la lumière et avait posé la tête de Dimitri sur ses cuisses. Son visage était constellé de larmes.

- Il est mort ?! C'est ça ?! On est arrivés trop tard ?!

Ma mère se jeta au sol. Ce ne fut que lorsque la main de mon père se posa sur mon torse que je compris que je tremblais de tout mon corps.

- Lily ?

Ma mère ne répondit pas. Elle avait déboutonné la chemise de Dimitri et l'inspectait à l'aide de sa baguette.

- Maman…

Elle se tourna vers moi, puis leva les yeux sur mon père.

- On va le déshabiller et le coucher dans le lit. Je vais chercher mes potions. James, cet enfant est…Sous-alimenté, son corps présente des marques de coups. Il est épuisé.

Ma mère se redressa et sortit de la chambre. Mon père me lâcha, tira la couverture de mon lit et allongea Dimitri avant de lui retirer ses vêtements délicatement. Natasha retint un soupir de terreur quand les jambes de Dimitri furent découvertes : il y avait des coupures sur ses cuisses.

- C'est les poupées, dis-je dans un murmure.

Ma mère revint alors et elle avait autre chose dans les mains. Un appareil photo.

- Maman ?

- Plus tard, Harry chéri.

Elle prit plusieurs photos de Dimitri, de son torse, de ses jambes et une fois tout ça fait, elle tira la chaise de mon bureau pour s'asseoir près de lui.

Puis elle sortit un petit appareil. C'était l'enregistreur qu'elle utilisait quand elle travaillait et qu'elle ne voulait pas perdre de temps à écrire.

- Journal de Lily Potter, 23 juillet 1992. Il est approximativement deux heures trente du matin. En tant que médicomage assermentée par la délégation magique de Russie, je m'apprête à soigner…

Elle me jeta un drôle de regard.

- Dimitri Aristov, dis-je.

- Je m'apprête à soigner Dimitri Aristov. En qualité de témoin se trouvent James Fleamont Potter, Natasha Ivana Vassili et Harry James Potter. Le patient montre des signes de malnutrition, de déshydratation, de fatigue extrême. De même que des marques, des bleus et des coupures sur tout le corps. Je dirais qu'ils sont intentionnels plus qu'accidentels. Je n'en définis pas encore l'origine. Je pencherai pour des signes de maltraitance.

Le ton de ma mère était serein et je me demandais comment elle faisait pour être aussi calme, lorsque je vis ses mains : elle aussi, elle tremblait.

- Madame Potter ?

Lily se tourna vers Natasha puis leva de nouveau les yeux sur mon père.

- Amène les enfants dans le salon, James. Donne leur quelque chose à manger ou à boire.

- Je n'ai pas faim ! Maman, comment est-ce qu'il va ?!

- Harry, ton ami est épuisé. Il va avoir besoin de repos.

- Mais il va s'en sortir ?

- Oui. Mais je vais avoir du mal à me concentrer si vous épiez chacun de mes gestes.

- Allez les gosses, dit mon père, venez. Laissons la professionnelle travailler.

A contrecœur, j'obéis de même que 'Cha qui renifla bruyamment en sortant de la pièce.

Une fois dans le salon, elle s'assit à coté de moi dans le canapé. J'entendis mon père mettre la bouilloire sur le feu mais je sentais que mon estomac refuserait tout aliment solide ou liquide. Ça n'empêcha pas mon père de poser deux tasses de thé sur la petite table et de se poser dans le fauteuil en face de nous.

- Pourquoi elle a pris des photos ? demanda Natasha.

- Parce qu'il faut qu'elle conserve des preuves. Une fois qu'elle l'aura soigné, il n'aura plus aucune marque.

- D'accord.

Natasha entoura mon bras avec les siens et posa sa tête contre mon épaule.

- C'est les poupées. Il a du le blesser comme ça, je supposai.

- Oui, pour qu'il ait mal et qu'il revienne vers lui. Mais il ne l'a pas fait. Il a du tellement souffrir, souffla Natasha.

Tout le long de notre petite palabre, mon père ne nous avait pas quittés des yeux mais il n'avait posé aucune question. Il n'en avait pas besoin. Plus le temps passait et plus j'avais envie de parler. Alors je le fis.

- Je savais que Dimitri n'avait peut-être pas une vie de famille facile, dis-je les yeux fixés sur les tasses, mais on s'était promis de s'envoyer des lettres. Seulement, je n'ai rien reçu de lui alors je me suis inquiété et donc…

- Et donc, s'empressa d'intervenir Natasha, on est allés chez lui en pleine nuit et… Oh, monsieur Potter, sa maison était horrible ! Son lit n'est même pas un vrai lit et il y avait des barreaux à sa fenêtre !

- Alors on a essayé de fouiller un peu partout, repris-je, pour trouver des indices sur le lieu se trouvait Dimitri, parce qu'il n'était pas chez lui. Et son père est arrivé, on était caché sous la cape alors on l'a espionné !

- Il est entré dans une cave secrète et il n'arrêtait pas de dire qu'il allait tuer quelqu'un !

La suite ne fut qu'une énonciation décousue de tous nos faits et gestes, de mon escapade à l'hôpital et du don de Louve pour retrouver Dimitri, ainsi que nos suppositions sur les poupées vaudous. Pas une seule fois, mon père ne nous interrompit.

A la fin, la gorge sèche, je compris pourquoi le thé était resté sur la table. Je pris l'une des tasses et la portai à mes lèvre sans attendre, Natasha en fit de même.

- Est-ce que ça va mieux ? demanda mon père.

Je ne savais absolument pas quoi répondre.

- Est-ce que lui ira mieux ? l'interrogea Natasha.

- Je ne le saurai que quand Lily reviendra. Mais votre ami avait vraiment l'air mal en point.

Mon père se leva et ramassa les tasses. Puis il revient vers nous.

- Venez.

Nous nous levâmes pour le suivre dans sa chambre. Papa nous força à nous coucher dans leur lit. Je voulais protester mais je savais que je ne servirais pas à grand-chose. Maintenant, c'était le travail des adultes. Pourtant, je n'arrivais pas à taire l'angoisse que je sentais dans tout mon corps.

Mon père tira l'un des fauteuils de la chambre pour se mettre à coté de moi. Et il glissa une de ses mains dans mes cheveux.

- Je suis désolé de pas vous avoir dit la vérité. J'ai cru… Que vous penseriez que je me faisais des idées. Parce que c'est le genre de chose qui arrive que dans les films.

Papa me regardait comme si je lui avais fait beaucoup de mal. Et je sentis alors les larmes me monter aux yeux

- Je voulais pas vous le cacher… Je voulais avoir des preuves…

- Harry… Harry ! Écoute, mon ange… Tu avais raison. Tu as eu raison.

- Quoi ?

Mon père se pencha un peu plus pour poser ses lèvres contre mon front.

- Des fois, les adultes perdent de vue certaines choses. Ils finissent par ne plus voir ce qui se trouve sous leurs yeux. Ça arrive plus que tu ne le crois. Mais je veux que tu saches, je veux que tu te souviennes, Harry, que quoi que tu dises : ta mère et moi, nous te croirons toujours. Tu as pensé bien faire en nous cachant la vérité pour être sur de ne pas te tromper. Et des fois, certains enfants s'en sortent mieux que des adultes dans les situations qui peuvent paraître compliquées. Mais tu te trompes quand tu penses qu'on ne fera rien pour toi. Tu te trompes si tu penses que nous ne t'écouterons pas… Harry, tu es ce que nous avons de plus cher et peu importe ce qui t'arrive, nous voulons tout savoir. Parce qu'on est là pour toi… On sera toujours là pour toi.

- Je suis désolé.

C'était la seule phrase que je me sentais capable de dire. La tristesse dans le regard de mon père était suffisante pour me convaincre que j'avais fait fausse route. J'espérais au fond de moi que plus jamais je n'aurais à leur mentir.

Mon père continua à embrasser mon front et nous dire que tout se passerait bien. Derrière moi, Natasha avait posé sa tête contre mon dos et je sentais son souffle chaud à travers mes vêtements.

Tout cela finit par me bercer, et je m'endormis.

OooooooooooooooOoooooooooooooooO

23 juillet 1992

Ce fut le claquement d'une porte qui me réveilla en sursaut. Dans mon mouvement, j'entraînai Natasha avec moi.

- Quoi ? Quoi ? Harry !?

Je me précipitai hors du lit de mes parents. Rien de ce qui ne s'était passé la veille n'était sorti de mon esprit et je n'arrivais pas à croire que je m'étais endormi alors que Dimitri souffrait le martyr.

- Attends-moi !

Natasha posa les pieds à terre et nous sortîmes de la chambre pour courir en direction du salon. Mon père s'y trouvait déjà et sur la table, il y avait quatre tasses de café.

- Il y avait quelqu'un ?

Mon père se tourna vers moi et je vis que ses yeux étaient fatigués et qu'il avait deux marques noires juste en dessous. Je m'approchai de lui et il me fit un sourire crispé.

- Papa… Tu n'as pas dormi ?

Il ébouriffa mes cheveux.

- Pas vraiment, bonhomme, il a fallu veiller ton ami. Maman est un peu fatiguée aussi.

- Je suis désolé !

Mon père grimaça et nous fit signe de nous asseoir. Natasha s'exécuta et je la suivis à contrecœur. Puis mon père s'assit en face de nous. Quelques secondes plus tard, j'entendis la porte de ma chambre s'ouvrir et se refermer et maman apparut enfin. Elle avait noué ses cheveux en queue de cheval, ce qu'elle faisait à chaque fois qu'elle travaillait sérieusement. Et elle avait même mis sa blouse. Quand elle nous vit assis, elle afficha le même sourire fatigué que papa.

- Vous avez bien dormi, les anges ?

- Comment va Dimitri ? demanda Natasha.

Ma mère secoua la tête et nous rejoignit à la table. Elle tendit les mains pour attraper la mienne et celle de Natasha. Je sentais que j'avais de plus en plus mal à la poitrine mais je ne voulais rien dire.

- Il va falloir que vous soyez courageux, d'accord ?

- Je suis désolé d'avoir menti, maman ! Je ne voulais pas vous le cacher.

- Harry… Harry… Trésor, ce n'est pas grave. Ce que vous avez fait était très héroïque et je suis fière de vous. Même si je n'apprécie pas la méthode, je comprends ce qui vous a poussés à le faire.

Si j'avais su que ça serait si facile de tout dire, je l'aurais fait avant.

- Qu'est ce qu'il se passe ? dis-je.

- Dimitri ne se réveillera pas. Pas avant un petit moment. Il était très faible et son corps…

Ma mère lâcha nos mains et se massa les tempes.

- Maman…

- Son corps ne guérit pas comme je le voudrais. Les blessures que j'ai tenté de refermer hier sont toujours là et ce n'est pas de mon fait, c'est…

- De la magie noire !

Natasha et moi avions parlé en même temps.

- C'est les poupées vaudou ! Quand on est allé chez Dimitri, son père avait deux poupées et elles avaient des épingles !

- Et des mèches de cheveux !

- Et elle ressemblait à Dimitri et quelqu'un d'autre !

Ma mère et mon père se jetèrent un rapide coup d'œil.

- Des accusations de magie noire ne se font pas à la légère... Mais vous avez raison. Nous avons fait venir ce matin un agent du consul magique, ainsi que mon supérieur de l'hôpital. Nous ne pourrons soigner Dimitri que si nous mettons fin à ce sort. Ce qui signifie parler avec le père de Dimitri.

- Mais Dimitri a fugué ! s'égosilla Natasha. Il ne peut pas retourner avec son père ! Sa chambre avait des barreaux et son lit… C'était comme une prison !

Ma mère se frotta les yeux et ça me fit bizarre parce que j'avais l'impression qu'elle était sur le point de pleurer. Mais elle reposa sa main et nous observa tous les deux.

- Pour le moment tout ce que je peux faire c'est garder, Dimitri ici. J'ai de quoi le soigner et le maintenir en vie. C'est parce qu'il n'est pas question de le remettre à son père que j'ai demandé à ce qu'il ne soit pas placé à l'hôpital. Nous avons préféré prendre les devant. Maintenant, il faudra être patient.

- C'est tout ?

- Oui, Harry, c'est tout.

- Et nous on fait quoi ?

- Tu soutiens ton ami. Natasha, tes parents ont appelé et ton père va venir te chercher.

- Quoi !? Non ! Je veux rester ici !

- Regardez-vous, vous êtes épuisés

- Vous aussi ! Mais tu vas continuer à soigner Dimitri au lieu de dormir, alors on peut continuer nos recherches !

Mon père et ma mère parurent surpris.

- Vos recherches ? demanda mon père.

Natasha se leva de sa chaise.

- Oui ! Harry a découvert que la maman de Dimitri était une Romanov ! C'est une famille rare ! Peut-être qu'ils savent est la maman de Dimitri. Il faut la trouver, elle !

Mon père se tourna franchement vers ma mère.

- On n'approche pas cette famille comme ça, Lily. Je n'ai jamais vu de Romanov se promener dans la nature.

- Ils ont un médecin attitré, je ne suis même pas sûr que Dimitri soit né dans un hôpital.

- Mais j'ai trouvé son nom dans les registres ! dis-je.

- Oui, trésor, parce qu'il faut que l'enfant soit déclaré.

- Je vais aller au consul, fit mon père. Je vais retrouver l'agent et lui soumettre l'idée, peut-être que lui pourra s'y rendre et je pourrais y aller avec lui.

- Je peux venir !

- Moi aussi !

Mon père se leva avant de secouer la tête.

- Non, les mômes, aujourd'hui vous restez ici. Pas d'escapade, pas de petite virée secrète !

- Quoi ? Mais c'est nous qui avons mené l'enquête ! m'emportai-je.

Je regrettai immédiatement mes paroles devant le regard dur que me lança papa.

- Harry… Viens-là.

Je descendis de la chaise pour avancer devant lui. Papa s'agenouilla devant moi pour être à ma hauteur puis serra mes épaules dans ses mains. Je ne l'avais jamais vu aussi sérieux et ça me fit peur.

- Je comprends que tu veuilles le fin mot de l'histoire et je comprends que tu veuilles tout faire pour aider ton ami. Mais tu n'es pas obligé de faire ça tout seul. Nous aussi, on aimerait t'aider, tu comprends ce que je dis ?

Je fis « oui » de la tête. Mais mon père continua de parler.

- Ce que vous avez fait pour Dimitri est exceptionnel. Mais s'il vous arrivait quelque chose, qui sera là quand il se réveillera ? Personne. On ne vous en veut pas d'avoir été téméraires. Même si Merlin sait à quel point j'aimerais vraiment être fâché contre vous, je ne peux pas ! Vous avez bien fait mais il est temps de vous reposer. Me suis-je bien fait entendre ?

De nouveau, je balançai ma tête.

- On peut… Le voir ?

- Faites donc ça. Je dois parler à ta mère, Harry.

Sans un mot de plus, Natasha et moi disparurent dans le couloir. Une fois devant la porte, je l'ouvris et la refermai assez fortement avant de revenir à pas de loup dans le couloir, Natasha à ma suite. Puis en silence, nous tendîmes l'oreille.

- Du vaudou ! s'exclama ma mère. C'est une magie puissante et on n'utilise pas ça à la légère ! Sur son propre fils !?

- Et sur quelqu'un d'autre, apparemment…

- Tu penses que… La mère de Dimitri ?

- On ne le saura pas tant qu'on ne l'aura pas trouvée. Je vais y aller et s'il le faut, je défoncerai la porte des Romanov pour en savoir un peu plus.

J'entendis le rire étouffé de ma mère.

- Tu pensais que ça serait quelque chose comme ça ? Pourquoi ça ne m'étonne même pas que ça arrive à Harry… Comme je regrette de ne pas avoir son âge en ce moment même !

- Tu plaisantes!? Tu as eu ton quart d'heure de gloire avec ton sauvetage !

- Parles pour toi aussi.

- Il faut croire que c'est de famille de pénétrer la maison d'inconnus pour sauver des garçons en détresse.

- James… Sois prudent, veux-tu ?

- Je le serai. Et il faudra qu'on parle de la punition de ton fils.

A ses mots, je faillis pousser un gémissement de douleur.

- Un nouveau balai ou un voyage à Disney ?

- Les deux, peut-être.

Ils rigolèrent tous les deux et ce fut le moment que Natasha choisit pour rebrousser chemin. Je la suivis.

OoooooooooOoooooooooO

Dimitri n'avait pas ouvert les yeux de toute la matinée. Entre-temps, ma mère était revenue dans la chambre pour le soigner des plaies qui s'étaient déjà rouvertes en m'expliquant ce qu'elle avait fait pour qu'il ne souffre pas.

- J'ai plongé ton ami dans un coma artificiel pour le moment. Mais je vais devoir le réveiller en fin de journée. Je ne peux pas user de ce sort sur un trop jeune garçon. Harry, si ça continue, il va avoir très mal. La magie noire n'a de contre-sort que lorsque l'on sait ce qui est utilisé. Je n'aurai pas de solution tant que je n'aurai pas les poupées ou le père de Dimitri, si tu dis vrai.

Je croyais maman sur toute la ligne, même si je ne lui répondis à ce moment-là, mon regard fixant Dimitri qui était resté immobile dans mon lit. Natasha l'avait veillé avec moi jusqu'à ce que son père vienne la chercher. Elle n'eut même pas la force de protester mais réussit à faire promettre à ma mère de revenir demain. Charles aussi avait fini par montrer le bout de son nez et ma mère avait décidé de le déposer chez son ami Nikolaï.

Par chance, Charles n'avait fait aucune scène.

A présent, je me retrouvais seul dans ma chambre avec Dimitri. J'étais tétanisé à l'idée de le voir immobile comme ça. J'imaginais avec horreur que c'était comme ça, lorsque l'on était mort. Et je ne voulais absolument pas voir Dimitri mourir.

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A suivre

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Voilà pour aujourd'hui! J'espère que ce chapitre vous a plu. Encore un peu de patience pour ceux qui boudent les retour en arrière u_u. N'hésitez pas à laisser un ptit mot ça fait toujours plaisir!