Auteur : Abby and Jes
Titre : Bairim
Couple : Lucius/Charlie
Genre : Romance/Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.
Statut : Finie à l'écriture.
Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.
Note des auteurs : voir chapitre 18
Partie II
Bairim
Chapitre 28
Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.
POV Lucius
Je finis de remplir les dossiers du jour puis regardai l'heure sur l'horloge murale du bureau de Geoffroy. Charlie était de garde pour encore une petite heure et Bairim était chez Draco qui s'en occupait pour l'après-midi. Je rangeai un peu puis rejoignis le salon où je trouvais justement Geoffroy qui se trouvait pour une fois être en pause.
— Je peux te parler ? lui demandai-je en m'asseyant sur le fauteuil en face du sien.
Charlie m'avait dit quelques semaines plus tôt que Geoffroy voulait savoir ce que je comptais faire quant à la réserve et j'y avais pas mal réfléchi. Nous avions emménagé deux semaines plus tôt et même si le rythme avait au début été plutôt compliqué à prendre, nous nous en sortions assez bien. J'envisageai de plus en plus ouvrir une boulangerie et avait pensé faire des gâteaux que je distribuerais aux autres commerçants afin qu'ils les proposent à leurs clients. Peut-être qu'ensuite ces derniers les aimeraient...
— Oui oui. Il y a un problème ?
— Non aucun, rassure-toi. Ce serait pour te parler de la réserve. Enfin, de moi en tant que gardien. Ce serait gênant que j'arrête de l'être ?
— Oui et non. Disons que j'avais espéré ne pas devoir en chercher un autre, mais je ne peux pas te forcer à garder ce poste.
— Je ne voudrais pas ne plus y aller du tout, parce que dans ce cas, ce serait encore plus difficile pour moi quand Bairim les approcherait.
Et cela l'était déjà assez comme ça. Nous l'avions emmené une semaine plus tôt dans la réserve et il était resté près des Dragons, leur parlant ou discutant avec nous sans lâcher Émeraude et Storme des yeux. Ces derniers avaient d'abord voulu l'approcher mais Charlie leur avait demandé de ne pas le faire et ils étaient restés où ils étaient, ce qui avait été un soulagement. Je n'appréciais toujours pas particulièrement Émeraude et plus le temps passait, plus je réalisais que c'était réciproque. Il ne m'avait jamais attaqué ou quelque chose du genre mais j'étais certain qu'il devait me lancer les mêmes regards que je lui jetai moi-même.
— Du coup, repris-je en sortant de mes pensées, je me demandais s'il serait possible que je continue d'en faire une ou deux par semaine mais pas plus.
— Je pense que cela peut en effet être possible. Mais tu devrais alors prendre plus de responsabilité au sein de l'administratif, comme aller auprès des fournisseurs si besoin. Cela te dérange-t-il ?
— Non. As-tu déjà accepté des demandes d'étudiants pour venir ici ?
— Deux sont en cours pour être exacte. Pourquoi cette question ?
— Nous avons promis à Bairim qu'il pourrait aller dans la réserve une fois toutes les deux semaines et... cela posera-t-il problème une fois ces nouveaux venus ici ?
— Non, je les enverrais à l'extérieur avec Carlos pour faire des courses à ce moment là.
— Ah... d'accord, très bien. Merci.
Nous nous sourîmes et je le laissai reprendre sa lecture avant de partir près de la barrière pour attendre Charlie qui ne devrait plus tarder. Je voulais lui parler de quelque chose qui, je le savais, n'allait sûrement pas lui plaire, mais tant pis. Je regardai à travers la barrière, perdu dans mes pensées, et me figeai en croisant les yeux orange de Storme. Je me redressai et l'observai attentivement en essayant de ne pas sembler agressif. Après tout, celui-ci se disait être le garde du corps de mon fils, et pas son père comme l'autre immensité verte. En essayant un peu, j'étais à peu près certain de pouvoir gérer, et presque apprécier celui qui était en charge de la sécurité de mon fils et qui allait le défendre contre vents et marées. Du moins espérons.
Il baissa la tête et avança jusqu'à être à une dizaine de mètres de la barrière avant de rouler au sol puis de s'envoler et de descendre en piquet pour se poser à moins de cinq mètres de moi. Je haussai un sourcil et me mordis la lèvre tout en hésitant à entrer ou non dans la réserve. Il n'avait pas l'air de vouloir me tuer mais je n'étais pas certain de la réaction qu'aurait Geoffroy s'il me voyait partir jouer avec Storme.
Ce dernier pencha la tête sur le côté et ses yeux se rétrécirent avant qu'il ne s'allonge, expirant l'air de manière bruyante, comme s'il était déçu. Je claquai ma langue contre mon palais et jetai un regard derrière moi avant de souffler :
— Si je passe le portail, tu me manges ? Parce que je dois avouer ne pas bien comprendre pourquoi tu es venu me voir.
Après tout, c'était Charlie qui aimait les Dragons et que les Dragons aimaient, même si maintenant que Bairim était né et un peu plus grand, leur adoration se dirigeait nettement plus vers notre fils. Cela n'empêchant cependant pas qu'ils apprécient toujours autant Charlie, surtout Émeraude. Il ne me répondit bien sûr pas et ne bougea même pas d'un cil.
J'inspirai profondément et pris ma baguette pour ouvrir le portail puis entrai dans la réserve sans quitter le Dragon des yeux. Je refermai le portail et avant que je n'aie pu dire ou faire quoi que ce soit, il se redressa et fonça sur moi. Je fermai les yeux instinctivement, me traitant d'idiot intérieurement et sursautai en entendant ses mâchoires claquer à quelques centimètres de ma tête. Après quelques secondes et réalisant qu'il ne m'avait toujours pas mangé, je rouvris les yeux pour le voir allongé à mes pieds. Je desserrai mon poing autour de ma baguette que je n'avais même pas pensé utiliser et haussai un sourcil :
— Si c'est ta façon de dire bonjour, je te conseillerai de la réviser.
Merlin, j'avais bien failli avoir une attaque et je pouvais encore entendre mon cœur battre à toute allure dans ma poitrine. Il expira et roula sur le côté sur une dizaine de mètres avant de revenir à moi d'un pas trainant. Face à moi, il baissa l'avant de son corps et rugit, avant de déployer ses ailes, sans toutefois décoller. Je déglutis difficilement puis esquissai un sourire et dis :
— Navré, je ne parle pas le Dragon.
Et je n'étais pas encore tout à fait certain de savoir s'il jouait avec moi comme il le ferait avec sa nourriture ou s'il s'ennuyait tout bonnement. Il expira une fois de plus et se plaça sur le dos, chose que je n'avais encore jamais vue chez les Dragons.
— Je présume que cela signifie que tu es inoffensif, mais je ne parle toujours pas le Dragon.
Il ancra son regard dans le mien puis se remit sur ses pattes et s'assit. Il ferma ensuite les yeux et le vent se mit à souffler alors que l'air se fit indéniablement plus chaud. Et quoi maintenant ? Storme se mit à dégager comme des halos de couleur et je détournai les yeux pour les protéger du vent qui ne cessait de souffler plus fort encore. Je reculai pour m'adosser au portail et soupirai quand tout s'arrêta. Je n'avais plus l'impression qu'une tornade se levait et ni d'avoir été mis dans un four. Je me passai les mains sur les yeux puis relevai la tête vers le Dragon mais me figeai en apercevant un jeune homme nu d'une trentaine d'années aux cheveux auburn. J'ouvris la bouche et fronçai les sourcils puis me pinçai.
— En fait, soufflai-je après quelques secondes supplémentaires à le regarder. Tu m'as assommé et maintenant je rêve.
Il ouvrit la bouche et me parla dans une langue que je ne compris pas avant de rugir, ou grogner, au choix.
— Ordel !
J'ouvris la bouche une nouvelle mais la refermai aussi tôt. D'accord, avant il y avait un Dragon qui était maintenant devenu un homme, un humain. Je me pinçai encore mais rien ne se passa.
— Storme ? hésitai-je.
Salazar, soit ces Dragons avaient une tripotée de tours dans leurs manches dont nous n'espérions même pas l'existence, soit j'étais devenu fou.
— Dristha.
— Bien sûr. Je ne parlais déjà pas le Dragon quand tu t'agitais, je te prie de croire que c'est juste encore pire maintenant. Comment... Pourquoi... Tu me comprends ? Hoche la tête pour oui et secoue la pour non.
Je mimai mes paroles avec les gestes puis laissai échapper un rire. Oui, c'était donc ça, j'étais très probablement devenu fou. Il hocha la tête.
— Bon. Bien. Et Distha ou Dristha, c'est ton nom ou...
Il secoua la tête puis la hocha.
— ÇA veut dire oui ?
Il hocha la tête une nouvelle fois et je me pinçai les lèvres.
— Tu... fais ça souvent ?
Il secoua la tête puis fit un pas dans ma direction, et un autre. Je ne m'inquiétais pas vraiment de sa proximité pour l'instant, surtout qu'il était plus humain que Dragon, et demandai :
— Bairim sait que tu peux faire ça ?
Il secoua la tête une nouvelle fois avant de sourire, comme un idiot.
— D'accord...
Donc mon fils ne savait pas tout sur ses amis les Dragons. D'un côté cela me rassurait mais d'un autre, cela m'inquiétait plutôt, dans le sens où si même lui ne savait pas tout à leurs sujets, alors nous étions loin du compte, nous les gardiens.
— Tu es son protecteur, n'est-ce pas ? À Bairim.
Il hocha la tête de manière frénétique puis claqua des dents comme s'il mordait le vide.
— Bien. Tant que tu ne fais pas ça avec tes dents sur moi, mon fils ou mon mari, ça me va.
Je secouai la tête, me demandant intérieurement si j'allais bientôt me réveiller et surtout, si tout cela était bien réel, les autres Dragons pouvaient-ils le faire également ? Je lui posai la question et il secoua la tête, ce qui me rassura quelque peu, puis je soufflai :
— Ce serait quand même plus simple si tu parlais anglais parce qu'à ce rythme, tu vas vite avoir mal au cou.
Bon, en même temps, c'était un Dragon, et donc pas mon problème s'il finissait avec une déchirure des vertèbres. Il fut devant moi rapidement et posa sa main sur ma nuque.
— Toi !
— Quoi moi ?
Il souffla et resserra sa prise sur ma nuque légèrement avant de sembler réfléchir.
— Anglais, toi !
— Donc tu parles, un peu.
Je repensai au premier mot qu'il avait formulé et me retins de rire.
— Bordel, hm ?
— Dristha.
— Oui, pas Dristha, le corrigeai-je instinctivement. Hm, enfin, parle la langue que tu veux. Tu comptes rester humain longtemps ou bien...
Je réalisai que sa main était toujours sur ma nuque et posai la mienne sur son bras pour essayer de le faire me lâcher doucement. Sa peau était plus chaude que celle d'un humain lambda mais à part ça, elle semblait vraiment humaine.
— Nistha.
Il recula et s'assit au sol, sans plus de cérémonie.
— Tout compte fait, l'anglais serait bien. Mieux même.
Nistha. Si Dristha signifiait oui alors Nistha signifiait probablement non. Ou alors cela voulait dire quelque chose de totalement différent. Storme hocha la tête et s'allongea, comme s'il n'était pas nu, là, devant moi.
— D'accord... tu t'allonges parce que... ?
Je secouai la tête et puis regardai le ciel quelques secondes. Si Charlie arrivait maintenant, je ne savais pas si j'en serais soulagé ou non, puisque lui expliquer pourquoi un homme nu était allongé à moins d'un mètre de moi risquait d'être difficile.
— Je peux t'aider avec quelque chose ?
Je doutais qu'il ait fait tout cela juste pour l'amusement que cela lui procurait peut-être.
— Anglais toi bordel !
— Oui je suis Anglais mais... on ne dit pas bordel ! Charlie le dit souvent, je te l'accorde, mais Bairim ne le dit pas.
Du moins je l'espérais.
— Bordel nistha. Dristha.
Il tourna ensuite la tête et renifla. Il se releva puis alla s'asseoir quelques mètres plus loin et je sentis de nouveau le vent et une chaleur provenant de Merlin savait où monter. Avant que je n'aie pu ajouter ou faire quoi que ce soit de plus, il était de nouveau un Dragon.
Il secoua la tête puis déploya et rabattit ses ailes avant de s'envoler. Il tourna autour de moi quelques secondes, avant de s'enfoncer dans la réserve.
— Bien, soufflai-je en le regardant s'éloigner.
Je me laissai aller contre la barrière et fermai les yeux quelques secondes. Je venais de parler à un Dragon et c'était tout à fait naturel. Je rouvris les yeux en entendant des voix et relevai la tête à temps pour voir Charlie, Johanna et Hulrick me rejoindre devant le portail.
— Impatient de me voir, fit Charlie en se posant à mes côtés.
Il m'embrassa et mordilla mon cou avant de reculer de quelques pas.
— Que fais-tu là ?
— Je... suis venu te chercher. Prêt ?
— Oui. Bon les gars, à demain ?
Charlie les embrassa et nous quittâmes ensuite la réserve. Nous marchâmes quelques mètres puis transplantâmes dans notre salon. Je le laissai aller se changer et nous préparais respectivement un thé et un chocolat avant d'aller m'asseoir sur le canapé. Il me rejoignit rapidement et me remercia puis proposa que nous allions chercher Bairim mais je le retins.
— Je voudrais te parler de deux petites choses et je t'avoue que pour le coup, je ne sais pas par quoi commencer.
POV Charlie
— Et Bairim ne peut pas être là ?
J'avais envie de voir mon fils mais si Lucius avait besoin de me parler, je pouvais attendre.
— Il serait préférable que non. Apparemment il n'est pas encore au courant et je présume que c'est pour une bonne raison.
Je fronçai les sourcils et réfléchis mais ne vis pas bien de quoi il parlait.
— Il n'est pas au courant de ?
— Donc nous allons commencer par ça. À la base, je n'avais pas prévu de t'attendre dans la réserve, mais Storme est passé me voir, disons. Il s'est comporté de façon étrange et semblait vouloir que j'entre alors je l'ai fait.
— Je suis assez surpris, fis-je. Pas qu'il ait agit bizarrement, parce qu'il est quand même différent des autres niveaux caractère, mais qu'il l'ait fait d'une manière qui t'ait fait entrer. Commences-tu à les aimer ? demandai-je ensuite content.
— Je ne pense pas avoir quelque chose contre Storme particulièrement. Sa mission est de protéger notre fils, pas de le déclarer sien. Toujours est-il que l'important n'est pas là. Je suis donc entré et il a d'abord fait comme s'il allait me manger. D'ailleurs, je me demandais, ton humour vient d'eux ou c'est l'inverse ?
— Pardon ? De quoi tu parles ? le questionnai-je perdu qu'il me parle d'humour tout à coup.
Puis, prenant conscience de ce qu'il venait de dire, je m'exclamai en le regardant attentivement :
— Il a essayé de te manger ? T'a-t-il blessé ?
— Il n'a pas essayé, il a fait semblant, et je vais bien. Peu importe, il a joué quelques minutes et ensuite... il est devenu humain.
Je posai la main sur le front de Lucius, mais me rendis compte qu'il n'avait pas de fièvre.
— Es-tu tombé ou t'es-tu cogné la tête mon Amour ?
Je rapprochai mon visage, afin de vérifier qu'il n'ait pas bu d'alcool, au cas où, parce que là, il délirait complètement. Il claqua sa langue contre son palais, désapprobateur, puis répliqua :
— Non. Il est devenu humain. Une trentaine d'années, un mètre quatre-vingt, yeux marrons-orangés, cheveux auburn, nu, humain. Et son premier mot a été bordel, crois-moi, je n'aurais pas été inventer cela.
— Okay okay, calme-toi.
Je pris ses mains dans les mienne et me tendis en repensant à ce qu'il venait de dire :
— Nu ?
— C'est vraiment tout ce que tu retiens ? rit-il en levant les yeux au ciel.
— Oui, tu vois un homme nu, donc je retiens. Il est monté comment ? Comme un Dragon, ris-je avant de me reprendre. Pourquoi ? Enfin, jamais Émeraude ne l'a fait avec moi.
— Il a dit qu'il était seul à pouvoir le faire. Oh et Dristha veut dire oui et Nistha non. Ça pourrait sûrement être utile...
— Est-ce tu te rends compte de notre conversation ? demandai-je n'en croyant pas mes oreilles.
Mais je retenais surtout qu'il était le seul à pouvoir le faire. Et j'en fus heureux parce que sinon... Je frémis et fermai les yeux, quelques mauvais souvenir me revenant en mémoire.
— Charlie ? Pourquoi tu fais cette tête-là ?
— Je n'ose imaginer ce qui me serait arrivé si Émeraude avait pu se transformer en humain.
— Charlie, je préfère vraiment ne pas penser à cela, si tu veux bien. Émeraude ne peut pas, et c'est tant mieux.
— Okay. Mais tu n'as toujours pas répondu à ma question : Pourquoi ?
— Pourquoi quoi ?
— Pourquoi est-il devenu humain ?
— Disons que la communication n'était pas très effective alors, je ne sais pas trop. Il semble comprendre l'anglais mais ne pas le parler. Enfin, il a répété au moins trois fois « Anglais toi » et ensuite, il était de nouveau un Dragon puis a disparu.
Je réfléchis à la raison pour laquelle un Dragon pouvait agir comme ça et surtout, répéter trois fois cette simple phrase.
— Je pense qu'il veut que tu lui apprennes l'anglais. Il t'a peut-être vue donner ses leçons à Bairim et veut la même chose.
Ou alors, c'était complètement différent.
— Hm. Peut-être. Nous verrons s'il recommence. C'est quand même pratique comme capacité ça non ? Et un peu effrayant. Parce que vraiment, à part sa peau un peu plus chaude que la normale, il... était humain.
— Je remarque surtout que nous ne connaissons quasiment rien sur eux. Et cela est assez effrayant quand j'y pense, parce que nous les observons depuis plus de deux cents ans.
— En effet. Enfin, en y réfléchissant, certains ont dû en savoir autant que nous à un moment ou à un autre, mais ils ont préféré ne pas garder de trace écrite...
Je repensai aux livres présents dans le coffre de Bairim.
— Ou si justement, mais pas forcément compréhensible par n'importe qui. Souviens-toi des bouquins dans le coffre dont a hérité Bairim. Ils sont illisibles.
— Notre fils pourra probablement les lire, fit Lucius. J'espère seulement qu'il n'y aura pas de conseils à la Oedipe.
Je souris et caressai sa joue, avant de dire :
— Est-ce tout ce qu'il s'est passé entre cet homme nu et toi ?
Me rendant compte du sens de ma question, je rectifiai :
— Enfin, je veux dire, est-ce tout ce qui s'est passé entre Storme et toi où a-t-il dit autre chose ?
— Et bien, il n'a rien dit d'autre non.
— Donc, pour le moment, nous ne savons pas vraiment ce qu'il en retourne. Et quel est la seconde chose ?
— Comme tu le sais, hésita-t-il, j'échange quelques courriers avec Lewis depuis un moment maintenant.
Je me renfrognai et dis :
— Oui, je sais. Et ?
— Et, il va passer en Bulgarie pour voir un fournisseur et puisque c'est juste à côté, je pensais l'inviter à dîner, un soir. Et peut-être lui offrir la chambre d'amis ou le sofa, pour qu'il n'ait pas à payer l'hôtel. Enfin, si tu es d'accord...
J'eus envie de dire non, parce que je n'aimais toujours pas cet homme, même si je ne l'avais plus revu. Parce que quand Lucius lisait ses lettres, il avait toujours ce petit sourire. J'avais une fois lu la lettre, mais n'avait rien trouvé à part quelques remarques sur la vie de ce Lewis. Et puis, Lucius m'aimait, nous étions mariés, vivions ensembles, avions eu un fils. Sans oublier que j'étais plus jeune que Lewis, ce qui était un point pour moi, parce que je devais l'avouer, ce petit con était bien foutu.
Je pris une grande respiration et souris, en disant :
— Oui, pourquoi pas. Ce serait bête qu'ile paie l'hôtel alors que nous avons une chambre d'amis. Quand doit-il passer ? As-tu une date ou toujours pas ?
Bizarrement, j'avais préféré apprendre qu'il avait vu un Dragon se transformer en homme nu ce qui faisait que j'étais définitivement jaloux de cet homme, ce Lewis, qui avait connu Lucius avant moi, l'avait même ouvert aux plaisirs de la chair entre homme. Connard !
Lucius eut une moue embêtée puis m'attira sur ses genoux avant de souffler :
— Je suis à peu près certain que tu as la même tête que moi quand tu me parlais de laisser Bairim aller jouer avec les Dragons.
— C'est possible, marmonnai-je. Mais je n'y peux rien. C'est ton ami et tu as le droit d'en avoir un mais... Je ne suis pas obligé d'aimer ça.
— Charlie, si vraiment ça t'embête à ce point, je ne l'invite pas ici...
— Non ! fis-je avec force. Enfin, repris-je quelques secondes plus tard, tu dois l'inviter, parce que tu en as envie. Donc, fais-le.
— J'en ai envie oui, mais c'est ta maison aussi. Je peux tout aussi bien l'inviter à boire un café avec lui et puis voilà. C'est chez toi et tu dois t'y sentir bien.
— Et je te dis que ça ira, tant qu'il ne te regarde pas comme s'il voulait te prendre sur la table. Okay ?
— D'accord. Merci.
Il m'attira à lui et m'embrassa profondément.
— Dis, et si on profitait de l'absence de Bairim pour...
Je ne finis pas ma phrase et jetai un œil à la table de la salle à manger. Il sourit et se leva en me portant avant de m'asseoir sur la table, un sourire carnassier aux lèvres.
— Est-ce un oui ? demandai-je certainement un grand sourire aux lèvres.
— Tu croyais que j'allais te dire non ? sourit-il en me retirant mon haut.
— Non, pas vraiment.
Je passais les mains sous son haut et soufflai :
— Tu ne m'as toujours pas répondu. Il était monté comment ? Je suis assez curieux.
En réalité, c'était plus pour savoir s'il avait regardé cet endroit précis ou non.
— De qui tu parles ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
— Storme.
— Honnêtement ? Aucune espèce d'idée. C'est un Dragon Charlie.
— Tu n'as pas regardé, même pas un tout petit peu ?
Je n'étais pas sûr moi-même si j'aurais détourné les yeux ou non.
— Je l'ai regardé oui, et quand il est apparu devant moi et quand il s'est allongé. Mais je ne me suis pas attardé sur cette partie de son corps assez longtemps pour savoir si les proportions étaient correctes. Je peux te parler de ses yeux et de ses cheveux, de son nez et de sa bouche aussi probablement, mais pas de ça non.
— Bonne réponse, murmurai-je. Maintenant ferme-le et baise-moi, parce qu'il n'y a que moi, juste moi et cette table.
— Juste toi et cette table ? Il faut enlever cela dans ce cas, souffla-t-il en tirant sur mon pantalon pour me le retirer.
— Oui, tu as probablement raison.
OoOoOoOoO
Je finissais de me préparer, voulant être au mieux de ma forme alors que dans quelques minutes, nous devions aller chercher Lewis devant Gringotts, endroit de rendez-vous pour plus de faciliter. Et puis, de là, nous allions aller dans un restaurant. Lucius n'avait pas encore décidé si ce serait du côté sorcier ou non, alors j'avais mis une tenue neutre.
— Papa ! Pada t'attend depuis cinq minutes, fit Bairim avant de repartir en courant.
Je souris à mon reflet, et mis du parfum, chose rare chez moi, puis quittai la chambre. Je descendis les escaliers et vis Lucius debout, à l'entrée, enfiler la veste de Bairim.
— Oui, oui, je suis en retard, mais je suis beau, donc ça compense, non ?
— Très beau en effet, souffla Lucius après avoir relevé la tête. Tu veux essayer de le séduire ?
— Non, ris-je. Je veux que tu n'aies d'yeux que pour moi, répliquai-je.
— Je comprends, vraiment, mais ça m'embêterait de devoir le tuer parce qu'il n'a d'yeux que pour toi également.
— Veux-tu que je me change ? demandai-je.
Il m'attira à lui et susurra à mon oreille :
— Non, je veux que tu me laisses te déshabiller une fois rentrés...
— Pas de problème. Bon, on y va !?
Bairim n'attendit pas de réponse et descendit les escaliers.
— Bairim, remonte, on y va en transplantant mon chéri !
Lucius rit, et je l'accompagnais, avant de l'embrasser rapidement. Bairim revint et nous transplanâmes devant Gringotts où nous attendaient déjà Lewis et un jeune homme d'une dizaine d'années.
— Lucius et sa petite famille ! s'exclama ce dernier en venant vers nous d'un pas joyeux.
Il prit Lucius dans ses bras, puis moi et ensuite Bairim. Je n'avais même pas eu le temps de réagir.
— Les amis, voici Edwin, le fils de ma moitié. Edwin, voici Lucius, Charlie et enfin Bairim.
— Bonjour, nous salua l'enfant avec un tantinet moins d'enthousiasme que son beau-père.
— Bonjour.
Je regardai ensuite Lucius, lui en voulant qu'il ne m'ait pas averti que Lewis était déjà en couple avec un enfant.
— Quoi ? me demanda-t-il.
Je montrais discrètement Edwin du regard et souris, tout en disant :
— Que diriez-vous d'un restaurant asiatique côté moldu ?
— Vraiment ? fit l'enfant. Ce serait cool, hein Lewis ?
— Bien sûr.
— Sinon, votre femme n'est pas avec vous ? m'enquis-je.
— Non, rit Lewis. Mon homme est poursuiveur dans l'équipe des Tornades de Tutshill et il a un match important dans une semaine alors il doit s'entraîner.
Okay ! Il aimait toujours les hommes, et avait un fils. Je ne devais donc pas être inquiet, mais l'idée qu'il regarde Lucius avec gourmandise me fit prendre la main de ce dernier et la serrer.
— Cela fait un long moment que je n'aie plus été voir un match de Quidditch, avouai-je pour détendre l'atmosphère.
— Si vous voulez, je peux vous avoir des places pour l'un de ceux Sebastian.
— Pourquoi pas. Bairim ne connait pas encore ce sport.
— C'est quoi ? demanda d'ailleurs ce dernier en levant les yeux vers moi.
— C'est des joueurs qui volent sur des balais et tapent dans des balles pour marquer des points. Il y a aussi un joueur qui s'appelle attrapeur et sa fonction est d'attraper une balle ailée avant l'adversaire. Il y a d'ailleurs des équipes de ce sport à Poudlard. J'y ai joué et j'ai même été capitaine. Et toi Lucius ? l'interrogeai-je ne le sachant même pas.
— Ah ah, intervint Lewis en riant. Merlin, le grand Lucius Malfoy, monter sur un balai et voler après une balle ? Sûrement pas. Ton père en aurait sûrement fait une attaque.
Lucius leva les yeux au ciel et eut une grimace comique tandis que Bairim s'exclamait :
— Ça veut dire qu'à Poudlard je pourras voler ?
— Évidemment, mon chéri. Tu auras même des cours de vols, même si tu sauras déjà voler très bien.
— Et je pourras quand je veux ? Aussi haut que je veux ?
— Pourrais, rectifiai-je. Et oui, tu seras assez grand pour ça à ce moment là.
— Je vais quand à Poudlard ?
— Quand tu auras onze ans, intervint Lucius, pas avant.
Bairim se mit à compter sur ses doigts et Lucius demanda à Edwin :
— Tu as déjà reçu ta lettre ou pas encore ?
— Oui, j'ai hâte d'y aller. Il paraît qu'il y a des fantômes et puis, la forêt interdite. J'ai aussi envie de voir le château et les professeurs. J'ai déjà achetés mes livres et j'ai tout lu. Et puis, j'ai hâte d'apprendre la Magie !
Lucius échangea un regard amusé à Lewis qui lui renvoya un regard sombre. Mon mari sourit ensuite et reprit :
— Je suis sûr que Lewis et ton père sont ravis. Lewis peut d'ailleurs répondre à coup sûr à toutes tes questions, j'en suis certain.
— Oui je sais, souffla le garçon en regardant Lewis les yeux brillants. Mon père a été à Beaux-battons donc seul Lewis peut y répondre.
— Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai faim, m'exclamai-je. Et si on y aller ?
OoOoOoOoO
Nous avions choisis un restaurant côté moldu pas très loin de la maison où nous étions déjà venu avec Harry et Draco ainsi que Carlos et Johanna une fois. Nous devions d'ailleurs penser inviter les autres dès que possible, même si avec les gardes, cela n'était pas évident. Je devais avouer que Lewis était sympa et qu'il n'avait pas regardé Lucius une seule fois de travers et j'en étais heureux. Par contre, son fils commençait à être chiant à parler de Poudlard et j'étais certains que Lucius pensait pareil.
— Edwin, arrête maintenant. Je t'ai déjà dit d'arrêter de parler de Poudlard à longueur de journée, le reprit Lewis comme s'il avait lu dans mes pensées.
— Merci, soufflai-je en me massant les temps.
Je bus ensuite une gorgée de vin et la serveuse nous apporta le plat principal.
— Bairim, le prévins-je, ne mange pas trop vite, okay ? Sinon, tu vas encore t'étrangler comme à chaque fois.
— Je m'étrangle pas à chaque fois ! répliqua-t-il, boudeur.
— Presque, ris-je.
La conversation continua et le dessert arriva rapidement. Je me léchai les lèvres et m'apprêtai à dévorer cette crème glacée, mais Bairim s'exclama d'une voix sérieuse :
— Attention Levis, si tu regardes mon Papa comme ça, Pada y va devoir te tuer.
— Bairim, le sermonnai-je rouge de gène. Excuse-le Lewis, il ne sait pas ce qu'il dit, ajoutai-je quelques secondes plus tard mal à l'aise.
Mais ce dernier rit et regarda Lucius, amusé :
— Toujours aussi jaloux à ce que je vois.
— Pas jaloux, rétorqua mon mari. Po...
— Possessif, termina son ami, oui je sais.
Lucius leva les yeux au ciel et ajouta ensuite à l'intention de Bairim :
— Quant à toi, on ne menace personne de mort. Pas avant d'être en âge de le faire du moins, et seulement pour plaisanter.
— Okay.
— Lewis, grogna mon mari après quelques secondes. Arrête de regarder mon mari de cette façon, s'il te plait.
— Pardon, pardon. Pas ma faute si tu ne choisis que les plus beaux, ajouta-t-il en haussant les épaules.
Lucius secoua la tête et sourit puis posa sa main sur ma cuisse qu'il se mit à caresser du pouce.
OoOoOoOoO
Nous étions enfin rentrés, Bairim était au lit, et nos invités étaient installés. Je devais avouer que ce Lewis était fort sympathique, mais ça venait peut-être du fait qu'il me regardait plus qu'il ne posait les yeux sur Lucius. Je souris contre sa peau, vu que comme promis, je l'avais laissé me dévêtir puis me faire gémir. Ma main parcourait sa peau du bout des doigts, comme rarement je devais l'avouer. Nous faisions souvent l'amour, mais les moments câlins étaient moins fréquents et du coup, j'en appréciais plus leur saveur. Je soupirai en sentant ses doigts parcourir mon dos si délicatement et frissonnai.
— Rappel-moi d'inviter les autres au restaurant. J'y ai pensé plus tôt et j'ai peur d'oublier et je ne voudrais pas qu'ils se sentent mis de côtés.
— J'essaierai d'y penser dans ce cas. Tu n'as pas passé une trop mauvaise soirée ?
— Non, bizarrement, c'était assez bien de rencontrer du monde.
J'avais vraiment passé une soirée agréable et Lewis était plus ou moins comme moi et nous avions rit à plusieurs reprises.
— Ravi que tu te sois amusé. Il faudra quand même qu'on fasse plus attention à ce qu'on dit devant Bairim, sourit-il ensuite contre ma peau.
— Oui. Et nous devrions aussi lui dire de ne pas parler des Dragons. Il ne l'a pas fait, mais il a failli à un moment.
— Il est encore petit, on peut hausser les épaules et dire « quelle imagination à cet âge » avec un sourire. Je pense qu'il sait qu'il ne doit pas en parler mais ça risque de lui échapper.
— Oui, tu as sans doute raison. Par contre, je pense qu'on lui a vendu Poudlard, fis-je en redressant la tête.
— Je pense aussi. Et le connaissant, il intégrera probablement l'équipe de Quidditch dès sa première année, même s'il doit se battre pour ça.
— Par contre, je ne sais pas quel poste il pourrait avoir. Mais il est encore trop petit pour ça. Je devrais penser à demander à maman si elle a encore le kit de Quidditch pour débutant que nous avions étant enfant pour lui. Dans un an ou deux, il pourra déjà y jouer.
— Ça lui plairait, j'en suis certain.
— Et toi ? Y as-tu déjà joué ? demandai-je.
— Jamais non.
— À cause de ton père ou cela ne t'a jamais attiré ?
— À cause de mon père principalement je pense. C'était une perte de temps pour lui, pour ne dire que cela. Et honnêtement, je ne suis pas certain que cela m'attire particulièrement, surtout maintenant.
J'embrassai son torse et remontai ensuite mes lèvres pour les poser sur les siennes.
— Je me rends compte qu'il y a beaucoup de choses sur toi que je ne connais pas. Et que cela est peut-être pareil de ton côté. Y a-t-il des choses que tu voudrais savoir sur moi ? demandai-je en picorant sa bouche.
— Je veux tout savoir de toi, sourit-il contre mes lèvres. Pourquoi avoir arrêté le Quidditch ?
— Ma dernière année j'ai été capitaine et au fil des mois, je me suis rendu compte que pour moi, cela me donnait un sentiment d'être arrivé au bout. En gagnant la coupe cette année là, j'ai su que c'était quelque chose que je pouvais laisser derrière moi. Comme une chose d'accomplie.
— Ça ne te manque jamais ?
— Non. C'était un jeu assez répétitif enfin de compte. Et toi, qu'est-ce qui te passionnait quand tu étais jeune ?
Il sembla surpris par ma question et réfléchit un moment avant de souffler, de manière à peine audible :
— L'astronomie.
— L'astronomie, répétai-je.
Il haussa les épaules puis m'attira à lui pour m'embrasser doucement.
— Et est-ce que c'est toujours un domaine qui te passionne ? le questionnai-je.
Il haussa les épaules une nouvelle fois et soupira :
— C'était stupide.
— Quoi ? Non non, ce n'était pas stupide. Et si ton père te disait ça, c'était que lui était stupide. Mais je pense qu'il ne faut plus prouver que ton père était un con. Tu aimais regarder les étoiles ?
— Oui, avoua-t-il du bout des lèvres.
— Pourquoi ne l'as-tu jamais proposé depuis que nous sommes ensemble ? fis-je surpris.
— Je ne sais pas.
— Qu'y a-t-il ? Tu sembles mal à l'aise ?
J'ancrai mon regard dans le sien mais il détourna les yeux.
— Lucius ?
— Ce n'est rien, marmonna-t-il en retour.
— Amour, soufflai-je en caressant sa joue. Dis-moi.
— J'ai arrêté depuis très longtemps, c'est tout.
— Lucius, pourquoi mens-tu ? demandai-je un rien blessé.
— Je ne mens pas. J'ai vraiment arrêté il y a longtemps et j'en ai perdu l'habitude je suppose. Je n'ai pas regardé les étoiles depuis... Poudlard.
— Pourquoi réagis-tu ainsi alors ? murmurai-je en embrassant sa joue.
— Parce que constater à quel point mon père a encore de l'influence sur moi après tant d'années ne me plaît pas particulièrement... Après l'incident avec Lewis, il a été plus attentif quant à ce que je faisais et quand il a découvert que je perdais mon temps à étudier et observer les étoiles, il a brûlé mes livres et les a remplacés par d'autres. Alors j'ai arrêté. Je n'avais plus repensé à l'Astronomie depuis bien longtemps avant aujourd'hui.
— Je suis désolé.
Je ne savais pas quoi dire d'autre. Je me rendais compte qu'il n'avait pas eu une belle vie, vraiment pas. Entre son père et Voldemort, puis cette carapace de frigide qu'il s'était donné, il n'avait réellement commencé à vivre qu'à son arrivée au camp, enfin, quelques semaines plus tard.
— Tu n'as pas à l'être. Quelle était ta matière préférée à Poudlard ? me demanda-t-il ensuite, probablement pour changer de sujet.
Je réfléchis et répondis presque sans hésiter :
— Soins aux créatures magiques.
— Je suis presque surpris, rit-il doucement.
— Je m'en doute. Et sinon, même si cela risque de ne pas me plaire, quand as-tu dit « Je t'aime » pour la première fois ?
— Je dois t'avouer ne pas avoir la date en tête, mais je me souviens parfaitement de l'endroit.
— Ou était-ce ? fis-je curieux malgré tout.
— Dans une forêt de Roumanie, sous une pluie glaciale.
Je me tendis et souris ensuite, le cœur débordant de joie. Je posai le nez contre le sien et fermai les yeux, me sentant submergé par l'émotion. Parce que c'était niais et idiot, mais je l'aimais et savoir que j'avais été son premier à ce niveau là me comblait de joie. Je tentais de répondre mais ma voix ne sortit qu'en un maigre bruit. Je refermai alors la bouche et l'embrassai chastement. Je le sentis sourire contre mes lèvres puis il souffla :
— Je ne pensais pas que cela te ferait cet effet-là...
— Tu n'imagines pas à quel point pourtant cela me comble, réussis-je à dire avant de me redresser et de me placer sur lui.
Je posai le front contre le sien et me surélevai en me tenant sur un coude, ma main partant caresser sa peau en vue de le préparer. Nos regards restèrent liés, sans que rien de plus ne sois échangé, et il gémit à peine alors que je savais que je lui procurais du plaisir avec mes doigts. Sa respiration était saccadée et je picorai ses lèvres encore et encore et encore, tout en me frottant à lui. Puis, je quittai son antre et remontai la main en une douce caresse, passant par ses flancs et le faisant frissonner.
Une fois ma main posée près de sa tête, je me plaçai convenablement entre ses jambes qu'il écarta un peu plus et le pénétrai doucement, tendrement, délicatement. Jamais encore je pense, je n'avais été aussi doux, aussi attentionné. Ou alors, cela devait remonter à nos débuts.
Je m'avançai dans ses chairs petit à petit, sans lâcher son regard, respirant comme un fou, tout comme lui. Et me retenir de gémir, le voir faire pareil était excitant, puissant. Je voyais le plaisir s'afficher sur son visage, ses lèvres humides, ses yeux brillants et ses joues rougir, mais aucun son ne passait ses lèvres et cela était pareil de mon côté.
Une fois en lui entièrement, je me mis à bouger, lentement, très lentement. Je pouvais le sentir se resserrer autour de moi et je souris, tout en bougeant, et commençai à entortiller mes doigts dans ses cheveux. Il passa ses bras autour de mon cou et ses doigts caressèrent ma nuque tandis que ses hanches venaient lentement à la rencontre des miennes.
Le temps se suspendit et je pris ses lèvres plus longuement, sans jamais jouer de ma langue, effleurant simplement ces dernières tout comme lui le faisait, et le baiser n'en fut que meilleur. Je ressentais l'intensité du moment et mon cœur vibrait en cadence de mes déhanchements.
Je ne sus pas combien de temps nous restâmes comme ça, emboités, connectés, mais je tremblai et me vidai en lui, le nez contre le sien. Je n'attendis pas et passai la main entre nous pour caresser son sexe. Je gardai mes yeux dans les siens et vis ses pupilles se dilater avant qu'il ne se vide entre nous quelques minutes plus tard. Je posai le front contre le sien, une fois de plus, et me laissai complètement reposer sur son corps, encore enfui en lui. L'une de ses mains resta sur ma nuque et l'autre glissa dans mon dos qu'il caressa délicatement. Je ne dis toujours rien et il en fit de même. Cela me fit sourire et je caressai sa joue avant de poser la tête sur son épaule, me retirant de ses chairs quelques minutes plus tard.
J'entremêlai nos jambes et fermai les yeux, me sentant plus heureux que jamais.
— Je t'aime, murmura-t-il à mon oreille. Dragostea mea.
— Moi aussi je t'aime mon amour, marmonnai-je déjà à moitié endormi.
POV Lucius
J'emballai les gâteaux que je mis en boîte puis je pris les cinq boîtes que j'empilai sur mon bras libre avant de fermer la cuisine. Nous étions installés en ville depuis près d'un an maintenant et je m'étais décidé à vendre mes gâteaux. Chose qui avait étonnamment bien fonctionné. Puisque je ne pouvais cependant pas être en boutique très longtemps à cause de mon travail en réserve, je faisais les gâteaux le matin que je distribuais ensuite avant de partir au camp. Je fermai la porte de l'immeuble puis allai livrer aux clients leurs paquets. Une fois fini, je rejoignis le camp.
Je saluai Geoffroy et Moliva sur mon passage et partis remplir quelques dossiers sur lesquels j'avais du retard avant de prendre mon balai et de rejoindre la réserve. L'étudiant qui était maintenant là depuis plusieurs mois et dont je ne connaissais toujours pas le nom me salua et j'en fis de même. J'étais normalement de garde avec Isaac et Carlos et ces derniers me rejoignirent d'ailleurs rapidement devant le portail. Charlie, Johanna et Hulrick sortirent de la réserve et j'embrassai mon mari puis rejoignis les deux autres gardiens à l'intérieur. Nous fîmes un premier tour puis un second avant que je n'aperçoive Storme quelques dizaines de mètres plus loin. Il avait repris plusieurs fois forme humaine au cours des derniers mois, mais seulement devant moi. Et j'avais finalement compris qu'il voulait en effet des cours d'anglais. Dire que j'avais été surpris était un doux euphémisme mais après tout, je ne m'étais jamais fixé comme objectif dans la vie de comprendre les Dragons.
J'avais hésité quelque peu puis finalement, j'avais accepté de l'aider. Je n'avais concrètement rien à perdre et Charlie avait été pour le moins ravi que je fasse ami-ami avec l'un des Dragons, même s'il avait presque exigé que Storme soit habillé.
Ce dernier se rapprocha d'ailleurs de nous très rapidement et je haussai un sourcil. En effet, il était rare qu'il joue ainsi quand d'autres gardiens étaient présents et ces derniers ne semblaient pas rassurés de voir le dent-de-vipère nous foncer dessus. Pour ma part, j'étais à présent habitué à ces sautes d'humeur et son humour parfois douteux. Et puis, j'avais rapidement réalisé que s'il voulait nous tuer, nous ne pourrions malheureusement pas y faire grand-chose.
À une dizaine de mètres de nous, Storme monta en piquet puis redescendit de la même façon. Charlie m'avait dit que voler sur lui n'avait rien à voir par rapport à voler sur Émeraude et vu la vitesse à laquelle il allait, je voulais bien le croire. Storme rugit et j'entendis Carlos jurer quand il passa en-dessous de nous pour cracher des flammes. Je levai les yeux au ciel face à son cinéma et il rugit une fois de plus avant de se mettre à notre niveau en vol stationnaire et de plonger son regard dans le mien quelques secondes. Il leva la tête et cracha d'autres flammes puis gronda et partit à toute allure jusqu'à la pointe de la fureur.
Bien bien bien. Comme je le disais, notre communication n'était pas encore tout à fait effective mais j'étais à peu près sûr qu'il me reprochait mon absence des dernières semaines. Il fallait dire aussi que j'avais été plutôt occupé dernièrement. Quelques semaines plus tôt, nous avions fait Charlie, Bairim et moi notre voyage de noces qui s'était extrêmement bien passé. Nous avions visité une dizaine de pays et j'avais même ramené une plante de chaque à Draco qui avait été ravi. Harry beaucoup moins. Et dans quelques temps, nous allions devoir partir une petite semaine pour visiter les autres réserves avec Bairim mais nous devions trouver une excuse valable. Après y avoir réfléchi, j'avais trouvé plusieurs idées dont je devais à présent parler à Geoffroy. Tout cela additionné avait entraîné mon manque de présence pour m'occuper de Storme. Et dire que maintenant que Bairim était à peu près éduqué, je devais en faire de même avec un Dragon. Je léchai échapper un léger soupir puis soufflai :
— Dites, ça vous embête si je vous laisse finir seuls ?
Il restait moins d'une heure de garde mais après celle-ci, je devais immédiatement rentrer en ville pour aller chercher Bairim chez Draco et Harry, Charlie étant d'inventaire pour toute l'après-midi.
— Euh... non, fit Carlos.
— Y a un problème ? ajouta Isaac.
— Non non, je dois seulement aller vérifier quelque chose.
— On peut venir avec toi, si tu veux, proposa Carlos.
— J'apprécie la proposition, mais non merci.
Ni Charlie ni moi n'avions encore dit à Geoffroy que Storme pouvait se transformer et nous ne savions pas encore si c'était une information qui méritait d'être dévoilée ou non. J'avais demandé à Storme plusieurs fois et il avait toujours sciemment ignoré cette question, alors j'en avais déduis que c'était un non. Et de toute façon, je n'avais pas le temps de discuter avec Geoffroy aujourd'hui.
— Okay, pas de souci alors. Va faire ce que tu as à faire.
Je les saluai et me dirigeai vers la pointe de la fureur à mon tour, gardant tout de même un œil sur ce qu'il se passait autour de moi, au cas où. Je la contournai puis allai me poser au milieu de la petite clairière dans laquelle nous nous retrouvions. Il n'y était cependant pas et je regardai aux alentours pour essayer de le trouver sauf qu'il n'y avait personne, ni Dragon, ni humain. Je m'apprêtai à repartir quand je sentis deux mains sur mes épaules et un « bouh » être soufflé près de mon oreille. Je sursautai et me tournai vers Storme qui souriait comme un idiot tandis que je posai ma main à l'emplacement de mon cœur tout en lui lançant un regard sombre.
— Tu trouves ça amusant ? le grondai-je doucement. Non, l'interrompis-je tandis qu'il ouvrait la bouche, ne répond pas à cette question.
— Dristha
— Oui, le corrigeai-je. Je ne sais toujours pas pourquoi tu veux apprendre l'anglais mais si tu as prévu un jour d'aller te promener là-dehors, il serait préférable de ne pas employer une langue qui n'existe pas.
Je le détaillai rapidement et remarquai qu'il s'était déjà vêtu. En effet, j'avais emprunté des vêtements à Charlie que je le laissais toujours ici afin que Storme puisse y avoir accès.
— Le temps voulu, tu savoir raison.
— Hm. On dit « En temps voulu, tu sauras pourquoi. »
Il répéta correctement ma phrase et j'acquiesçai. Je devais au moins lui accorder une chose : il apprenait vite.
— Tu t'entraînes pour faire partie d'un cirque ou tu t'ennuyais ? lui demandai-je ensuite en observant le ciel qui se couvrait doucement.
— Sentir la peur est bon de vous. Enfin, pas toi, toi tu es habitué à moi.
— Et c'est une bonne ou une mauvaise chose ?
— Toi être personne importante pour le Prince, répondit-il à la place.
— Tu ne le blesseras pas, n'est-ce pas ? Jamais.
Nos discussions étaient toujours aussi tortueuses mais au moins, nous avions dépassé les grondements et les hochements de tête. Il sembla mécontent et serra les mâchoires avant de secouer la tête et de dire :
— Horrible idée. Je serais coupé en deux.
— Qui te coupera en deux ?
— Personne.
— Comment ça, personne ? Tu ne vas pas te couper en deux tout seul.
— Non.
Il toucha mon front et traça une ligne imaginaire avant de poser sa main, sans délicatesse, me coupant le souffle, sur l'emplacement de mon cœur.
— Coupé en deux.
Je déglutis difficilement et pris sa main avant de souffler :
— Ça te briserait le cœur ? Parce que tu n'étais pas obligé de briser le mien pour m'expliquer cela.
Je massai là où il m'avait frappé avec mon autre main puis soupirai :
— Tu m'as fait mal bon sang.
Saleté de force de Dragon.
— Pas douleur véritable, battre bon ton cœur. Et pas de briser le mien. Coupé en deux, répéta-t-il. Bordel, tu ne comprendre pas moi !
— Pas de douleur véritable, marmonnai-je, c'est ça. Et non, je ne te comprends pas. Explique-moi. Sans me couper en deux cependant, si tu veux bien.
— Coupé en deux, je serais.
Il traça à nouveau une ligne sur mon front et reposa sa main, plus délicatement, sur mon cœur.
— Coupé en deux, perdu, ajouta-t-il.
Je me pinçai les lèvres puis reproduisis ses gestes sur lui-même pour essayer de comprendre.
— Ton esprit et ton cœur seront séparés ?
Il fronça les sourcils et sembla hésiter alors je repris :
— Ton esprit et ton corps ?
— Nistha.
Je retraçai une ligne sur son front puis posai la main sur son cœur tout en réfléchissant.
— Ton corps et ton... âme ?
Si ce n'était pas ça, il allait falloir qu'il me fasse un dessin parce que je ne voyais rien d'autre. Et je voulais comprendre ce que cela lui ferait de blesser mon fils.
— Dristha !
— Donc... ce sera douloureux ?
— Le pire pour nous, être coupé en deux.
— D'accord. Tant mieux.
— Toi m'avoir oublié. Je suis très mécontent. Peu de temps pour apprendre anglais.
— Je ne t'ai pas oublié, j'étais occupé. Et si je savais pour quand tu dois être au point, peut-être que nous pourrions mieux avancer. Et on dit, « Tu m'as oublié ».
— Tu m'as oublié. Et à temps tu le sauras.
— Je ne t'ai pas oublié.
Il se figea et commença à grogner violemment avant de se transformer en Dragon d'un coup, les vêtements volant autour de lui en lambeau. Il rugit et cracha des flammes, heureusement pas dans ma direction. Il décolla de quelques mètres et rugit plus encore, et en levant la tête, j'aperçus Émeraude à une vingtaine de mètres au-dessus de ma tête. Storme rugit une fois de plus puis il sembla se calmer et se posa au sol tandis qu'Émeraude repartait. Je levai les yeux au ciel en sentant le vent se lever et l'air devenir plus chaud comme quand il se transformait. Après une petite minute, il fut de nouveau humain devant moi, nu.
— Tu te rends bien compte que Charlie risque de ne pas trop apprécier si tu détruits tous ses vêtements.
Je ne pus pour ma part m'empêcher d'imaginer mon mari se promener nu constamment et secouai la tête pour penser à autre chose, cela n'étant clairement ni l'endroit, ni le moment.
— Stupide chose être les vêtements.
— C'est plutôt utile quand on désire sortir d'ici. Et Charlie ne sera pas d'accord pour que je reste ici avec toi sans vêtements. Pourquoi t'es-tu énervé ?
— Le Prince.
— Bairim, le corrigeai-je avant de me figer. Quoi Bairim ?
— Lui, saigner. Pas bon. Mais il s'est calme.
— Donc il va bien ?
— Dris... oui.
— Bien. Comment sais-tu qu'il n'allait pas bien ?
— Je suis celui choisis. Ma magie liée à sa vie.
— Mais tu n'es pas dans sa tête tout le temps, si ?
Il pencha la tête sur le côté, l'air de réfléchir.
— Je ne sais pas répondre.
— Hm.
Il pencha sa tête de l'autre côté et je lui fis cours pendant une petite demi-heure avant de le laisser se retransformer et de quitter la réserve. Ah oui, il allait falloir que je ramène d'autres vêtements...
OoOoOoOoO
Nous avions été visiter les réserves d'Australie, de Chine, d'Amérique du Nord et du Sud et maintenant, nous nous trouvions dans celle de Suède. Comme excuse pour notre présence, Geoffroy avait dit à ses collègues qu'il envoyait deux de ses gardiens pour que nous puissions voir comment ils s'étaient organisés dans chaque réserve et que nous avions emmené Bairim puisqu'il était notre fils. Avant notre départ, Storme avait été de plus en plus agité et j'avais fini par comprendre que c'était à cause de l'éloignement qu'il aurait avec Bairim. Ce qui faisait que je me demandais comment il ferait quand Bairim partirait à Poudlard. Enfin, en réalité, j'évitais de me poser cette question trop souvent de peur de déjà connaître la réponse.
Juste avant notre départ, Charlie avait demandé à Émeraude de dire aux autres Dragons de ne pas se comporter étrangement à notre arrivée pour éviter qu'une armée de Dragons nous attende aux portes de chaque réserve. J'avais été sceptique mais je devais avouer que cela avait fonctionné. Les autres gardiens étaient parfois méfiants mais pour la plupart, ils avaient été agréables. Charlie et moi avions posé des questions pour faire comme si et finalement, les réponses apportées allaient probablement nous être utiles. Bairim était dans ses pensées et jouait avec ses cubes en bois tandis que nous parlions à trois des gardiens de la réserve Suédoise.
J'observai mon fils et réalisai rapidement que ses lèvres bougeaient même si aucun son n'en sortait, ce qui supposait probablement qu'il était en pleine discussion avec les Dragons. Il allait avoir huit ans dans quelques semaines et allait donc être en âge de commencer à s'approcher plus près et toucher les Dragons.
La soirée passa tranquillement et nous mangeâmes avec appétit le plat qu'ils avaient préparé pour nous accueillir. Après le dîner, Charlie alla coucher Bairim dans la tente qu'ils nous avaient attribuée et je suivis le gardien en chef qui me donna une pile de dossiers et ses salutations à transmettre à Geoffroy. Je rejoignis notre tente qui était composé de deux chambres et une petite salle de bain et je croisai Charlie qui sortait de la chambre de notre fils.
— Il s'est endormi comme une masse. Le voyage commence à le fatiguer. Et Storme et Raude lui manquent. Il m'a demandé si Storme ne pouvait pas voler jusqu'ici pour lui souhaiter bonne nuit.
— Nous rentrons demain, il les verra bientôt, dis-je en me déshabillant avant de me glisser sous les draps, rapidement rejoint par Charlie.
— Ouais ben, en attendant, on est juste tous les deux, Bairim dort à point fermé et tu m'as allumé toute la journée.
— Je ne t'ai pas allumé, répliquai-je, à peine de mauvaise foi.
— Si, tu tortillais tes petites fesses en courant après Bairim. Même cette femme qui semble tombée de balai t'a maté !
— Et alors ? Pas ma faute si je suis irrésistible.
— Tu ne dois l'être que pour moi, siffla-t-il faussement en colère. Attends qu'on soit rentré, je vais te punir comme il se doit, ajouta-t-il en collant nos corps ensembles. Mais d'ici là, bonne nuit !
— Tu comptes dormir ?
— Oui, pourquoi ?
Parce que j'avais cru pouvoir profiter de son corps ce soir et il le savait parfaitement. Je me collai contre lui puis soupirai :
— Bairim a bientôt huit ans.
D'abord j'allais essayer de négocier, et ensuite je le ferais céder à mes avances. Ou alors, peut-être pouvais-je faire les deux en un ? Je glissai les mains le long de son dos jusqu'à ses cuisses que je caressai du bout des doigts.
— Et ? marmonna-t-il en s'installant plus confortablement.
— Et nous lui avons promis qu'il pourrait toucher les Dragons quand il aurait huit ans.
— Je sais bien ça mon Amour. Pourquoi parler de ça alors que je suis crevé, hum ?
— Limiter cela à un Dragon pour l'instant serait sans doute mieux, non ?
Au lieu de répondre, il plaqua sa bouche contre la mienne et entoura ma nuque de ses bras. Le baiser dura quelques secondes, puis il se recula légèrement et caressa mon nez du sien, avant de chuchoter :
— Pourquoi ai-je l'impression que tu profites de ma fatigue pour me manipuler ?
— J'avais envie qu'on en discute, pas ma faute s'il s'avère que tu es fatigué. Et ce baiser, c'était pour quoi ? murmurai-je en glissant l'une de mes jambes entre les siennes.
— Te faire taire, avoua-t-il en descendant ses mains dans le milieu de mon dos.
— Charlie... s'il te plait.
— Quoi ?
— Un Dragon seulement. S'il les caresse tous, il voudra voler avec tous et nous ne le verrons plus que quand il aura faim, et encore.
— Si je te dis okay pour un Dragon, tu vas accepter de te taire et de me laisser dormir en paix ?
— Presque.
Il grogna et se retourna, plaquant de ce fait ses fesses contre mon bas ventre.
— A demain mon Amour.
— Charlie, soupirai-je en me mordant la lèvre.
Mon membre se durcit et se positionna de lui-même correctement contre ses fesses. Il m'allumait et voulait dormir ? Non.
— Un seul Dragon, et Storme, soufflai-je avant de mordiller son épaule.
— Hm.
— Bien. Si je te prends maintenant ça te poserait problème ?
— Lucius, crois-tu vraiment que je sois fatigué ? rit-il en bombant ses fesses.
— Je crois surtout que je vais prendre ça pour un non, répondis-je en écartant ses fesses afin de laisser mon gland glisser entre elles, sans cependant le pénétrer.
Sans que je ne m'y sois attendu, il bougea, me faisant me positionner sur le dos, tout en gardant le contact avec moi et surtout, en glissant en même temps sur mon sexe afin qu'il soit entièrement en lui. Il était donc empalé, me tournant le dos et le gémissement qu'il laissa échapper m'électrisa. J'agrippai ses hanches et enfonçai mes doigts dans sa peau en grognant tout en montant mon bassin pour aller à sa rencontre.
— Merlin Charlie, soufflai-je avec un sourire. Je crois que j'aime quand tu es fatigué.
— Foutaise ! Tu m'aimes à chaque instant, fit-il en montant et descendant à une cadence rapide.
Je montai mes hanches pour aller à la rencontre des siennes et gardai mes yeux rivés sur la peau de son dos, sa nuque et la naissance de ses cheveux.
— T'as raison, je t'aime tout le temps, haletai-je en glissant ma main pour prendre son membre en main et nous mener à la jouissance en même temps.
Nous espérons que ce vingt-huitième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*
Abby and Jes
