Salut !
On se retrouve pour un nouveau chapitre encore bien déprimant.
Bon, j'ai pas corrigé le chapitre, désolé.
Seijuro
Les dernière heures, peut-être même les derniers jours, se résument pour moi à des flashs. Des moments. Des instants. Ceux où je me réveille quelques secondes avant qu'on ne remette des calmants et des anxiolytiques dans mes veines, à très fortes doses vu mon état comateux.
J'entends quelques voix.
Je ne sens rien.
Même pas ma propre respiration.
C'est vraiment étrange, cet état de trouble. Je suis là, sans être présent. Les médicaments font partir mon esprit de mon corps. Je ne sais même plus pourquoi je suis là, comment j'y suis arrivé. Je perd complètement pied avec le temps et le monde. Suis-je si dangereux pour qu'on me fasse subir tout ça ? Ou bien... Y a t-il quelqu'un qui chercherait à me faire partir dans l'oubli ? À se débarrasser de moi ?
Je sais que je ne suis plus la fierté de mon père. Depuis qu'on me croit malade. Mais oserait-il vraiment me faire disparaître d'une façon si horrible ? Vas-t-il laisser les médicaments me voler ma conscience, me rendre fou ?
D'un autre point de vue, c'est sûrement mieux ainsi. Je nage en pleins tourbillon, je me perds. Mais au moins, je ne saurais jamais si Tetsuya n'est finalement pas venu. Ce sera un mystère. Je n'aurai pas de regrets.
Je n'ai jamais autant eu l'impression que je pouvais lâcher prise, que je pouvait partir parce que je sais que plus personne ne se préoccupera de mon sort.
Je me suis endormi.
Mon réveil n'était qu'un flashe. Je distinguais pendant quelques secondes un visage penché sur moi, j'essaie de parler, de lui dire que je veux mourir.
Elle parle.
Je n'entend qu'une bouillie de mots sans sens.
Je suis désolé.
Je me sens partir de nouveau sous l'effet des calmants, des somnifères et des anxiolytiques.
On m'efface.
Je me réveil.
On m'efface.
On m'efface.
Je m'efface.
Ce réveil-ci fut différent. Je voyais plus clair, j'entendais plus distinctement chaque sons. L'infirmière qui me rappelait ma mère était penché sur moi.
-Bonjour.
Sa voix ressemblait à du velours, elle me parut irréelle l'espace d'un instant.
-Comment vous sentez-vous ?
Je ne pouvais pas parler. Mais y avait des centaines de choses que j'aurai voulu dire. Je voulais Tetsuya. Encore plus que mourir, c'était de lui dont j'avais besoin. Mais je ne pouvais pas parler, pas lui dire que j'avais l'impression que ma tête était un trou noir, qu'une créature écrasait ma poitrine, que mes mains, tout mon corps n'était plus à moi.
Je levai simplement le pouce pour lui dire que hormis toutes ces choses, ça pouvait aller.
-Très bien, me dit-elle. Vous êtes resté cinq jours sous traitement psychotique et calmant intensif. Il a fallu beaucoup de temps à votre organisme pour gérer tous les médicaments. Mais à ce que je vois, il a réussi.
Son optimisme faisait plaisir à voir.
-Au total, vous avez passer une semaine et demie dans un état comateux.
-T-Tetsuya ?
-Il n'est pas venu. Désolé. Par contre, vous avez eu la visité de votre père.
Mon père ?
-Quand ?
-Vous étiez sous calmants depuis quelques heures.
Elle a du voir ma mine en pensant à mon père car elle changeât de sujet.
-Au fait, je m'appelle Misa. Je suis votre infirmière attitré.
-Enchanté.
Elle sourit.
-Vous avez besoin de quelque chose ?
J'allais lui répondre quand soudainement, ma vue s'obscurcit et je m'endormis. Quand j'ouvris les yeux, elle me regardait bizarrement, comme déstabilisée.
-Qui a-t-il ?
-Euh... votre demande est gênante.
-Ma demande ? Mais je n'ai rien dit ?
-Oh... vous ne vous rendez pas compte... soupirât-elle.
-Vous me croyez malade vous aussi ?
Ma voix ne me ressemblait pas. Elle était grave, sourde, presque menaçante et sortant d'un abîme repoussant.
Misa blêmit.
Je lui avais fait peur mais la seule chose auquel je pensais, c'était la colère sourde en moi. Elle non plus, elle ne me ressemblait pas. Je ne suis pas de nature colérique, ma mère disait même que j'étais doux quand j'étais petit. Mais mon père pensait que je ne m'affirmais pas assez.
Quand on m'a emmené à l'hôpital et qu'on m'a posé des centaines de questions, faits prendre pleins de médicaments, fais faire des tests, des tests et encore des tests, on m'a demandé comment j'aurai voulu être, quel serait le « moi parfait » ?
« Quelqu'un qui n'aurait pas peur. Quelqu'un qui ne s'écraserait jamais ». Je voulais être fort comme mon père le voulait. Son rêve, son obsession était devenue la mienne. Il paraîtrait, je l'ai entendu en espionnant une conversation entre mon père et mes médecins, que dans ces moments où je m'endors, quelqu'un d'autre, quelqu'un que j'ai inventé sans m'en rendre compte prendrait ma place dans la salle de contrôle de mon corps. Ce serait ça, ma maladie. Pendant mes moments de noir, là où je pense dormir, en fait, un autre moi prends ma place.
Ce serait le « moi » idéal. Cette sensation de colère que je ressent viendrai de lui. Tetsuya a voulu m'expliquer un jour comment j'étais durant cette période de « sommeil » de mon esprit. Je serai plus sombre, plus colérique, plus sadique. D'après les domestiques, j'aurai déjà, en me baladant dans le jardin parce que c'est le seul extérieur, hormis le lycée, où j'ai le droit d'aller, déchiré les ailes d'un papillon en riant.
Mais je n'en ai aucun souvenir.
-Je... un médecin va venir vous voir dans peu de temps.
-Je ne suis pas malade !
J'avais hurlé avec cette force inconnue. J'étais comme submergé par cette colère, comme spectateur. Ma vue était floue et mes oreilles sifflaient douloureusement.
Pendant peut-être quelques minutes, je perdit connaissance. À mon réveil, elle regardait la porte. J'étais assis sur le lit, je tenais Misa par les épaules. Un homme en blouse blanche parlait, je n'écoutais pas ce qu'il disait. Il s'approchait de la pochette qui me délivrait les calmants.
-Non !
Je lâchai Misa et agrippai désespérément la blouse du médecin.
-Ne faîte pas ça ! Je vais bien !
Il pinça les lèvres et garda le silence quelques temps.
-Désolé jeune homme, mais parfois, même nous ne pouvons rien faire d'autres.
-Je reconnaîtrai que je suis malade, OK ? Je suis malade ! J'ai besoin d'être soigné, alors soignez-moi et ne me remettez pas ces foutus médicaments !
-Allongez-vous, détendez-vous, Akashi-kun, me dit avec douceur Misa.
-S'il vous plaît ! Aidez-moi !
Je voyais la mine désolée du médecin, je savais alors qu'il n'avait rien à faire. Je ne peux pas guérir. Pourquoi ? Parce que j'ai réagi trop tard ? Parce que je ne suis pas malade en vrai et que ce n'est qu'une invention de mon père pour se débarrasser de moi ?
Tetsuya, viens m'aider, fais quelque chose !
Il pressa le pochette et une partie de son contenu parti dans mes veines. Je le sentais, ce serpent ramper en moi, gluant et froid.
-Je suis désolé. Je déteste faire ça, chuchotât Misa en me rallongeant alors que mes muscles devenaient tous mous et que je sombrais.
-Moi aussi, souffla le médecin. Mais ce n'est pas nous avions choisi, c'est son père.
Ce fut la dernière chose que j'entendis avant de sombrer.
Le reste n'est qu'association de flashs de couleurs avant qu'on ne me remette sous calmants.
Je faisais une grave crise psychotique, me disait Misa quand je me réveillais plus de trente secondes. Puis, elle appuyais sur la pochette et je disparaissais à nouveau. Je ne lui en voulais pas, j'avais même pité d'elle. Elle obéissait comme un fière mouton à son berger. Je le savais, au fond de moi, que ce n'était pas ce qu'elle voulait, de me faire subir toute cette torture.
Je comprenais.
Alors, je me laissais aller.
J'étais dehors, je m'étais enfui de l'hôpital.
Je courrai, chancelant mais libre, à travers la ville, le plus loin possible de mon lieu de détention.
J'étais heureux.
Ça avait été simple, en fait. Je m'étais réveillé en pleine nuit. Misa dormait. Sous ses yeux il y avait de larges cernes, depuis combien de temps veillait-elle sur moi ?
Je retirai au plus vite la perfusion. Plus jamais on ne me gavera de calmants !
J'étais en pyjama d'hôpital, pas terrible si on veut être discret en ville. Je devais aller dans une autre chambre et voler des vêtements.
Je marchai en chancelant, mettre un pied devant l'autre et refouler mes envies de vomir était difficile.
Mais j'ai réussi, j'ai longé les murs pour atteindre une chambre au hasard. J'entrai dans l'une d'elle, celle d'un homme à priori. Bingo. Il semblait avoir prit des somnifères d'après la boîte qui traînait sur sa table de nuit. Il n'allait pas se réveiller si je fouillais dans son armoire. Je pris un pantalon un peu trop grand, un t-shirt qui m'arrivait au milieu des cuisses et une veste à motifs militaire qui sentait la cigarette. J'enfilai des chaussures sans mettre de chaussettes. Puis, je suis ressortis de la chambre en laissant mon pyjama sur le sol. Le seul problème, c'était que j'avais encore le bracelet typique des patients d'un hôpital, le fameux truc en plastique blanc avec le nom, la date de naissance, et le service dans lequel on est.
Akashi Seijuro,
20/12/1998,
Service psychiatrique, hôpital central Yokohama.
Ma vue s'assombrit.
Étais-ce l'autre moi ? Si je le laissais faire, bien que je puisse rien faire pour l'en empêcher, va-t-il m'aider à m'enfuir ou bien me ramener dans la chambre ?
Peut-importe.
Je n'ai pas le choix.
J'étais vers l'accueil, vers la porte de sortie de l'hôpital quand je retrouvai mes esprits. Je savais ce que je devais faire, comme si, inconsciemment, je savais ce que j'avais pensé et fait pour atterrir ici. Mais cette impression ne dura que quelques secondes avant de s'évaporer.
J'ai marché, d'un pas assuré d'une personne qui faisait ce qu'elle était censé faire, une personne qui ne cache rien de bizarre, pendant que la dame de l'accueil lisait un revue.
Je sortit sans être vu.
J'étais libre.
Maintenant, je marchais en faisant confiance à mon instinct. J'attendais de reconnaître une rue que j'aurai emprunté deux semaines auparavant. J'avais la chance d'avoir une bonne mémoire visuelle. Je trouvai finalement un petit magasin que j'avais déjà remarqué. Sur le trottoir en face, un parc. Celui-même où j'avais dormi le soir où j'étais suis arrivé à Yokohama.
Je marchai encore une heure avant d'arriver dans un quartier qui me disait quelque chose, j'avais l'impression d'être déjà venu. Devant une maison, je m'arrêtai. Sur la boîte au lettres, était noté : Kise Chieri et Yûdai. C'était la maison de Kise Ryota.
Il y avait une fenêtre entrouverte au premier étage. Juste sous cette fenêtre, un petit sapin, sûrement décoré en période de fête occidentale. Je grimpai sur le sapin et atteignais la fenêtre que je poussais pour entrer dans la chambre. C'était celle de Kise Ryota, il dormait tranquillement sous sa couette bien chaude.
Je l'enviais un peu. J'avais froid avec seulement ma petite veste. À vrai dire, j'aurai bien voulu lui piquer sa couverture et m'emmitoufler dedans, mais je devais d'abord manger. J'avais une faim de loup.
Je sortis de la chambre et atterri sur une mezzanine. Il y avait trois autres portes en plus de celle de Kise Ryota. Je descendis les escaliers et trouvai la cuisine. J'ouvris tous les placard et mangeai tout ce que je trouvais qui avait un tête d'aliments mangeable.
Une fois le « repas » fini, je remontai dans la chambre en faisant attention à faire le moins de bruit possible. Je devais prendre quelques vêtements dans la chambre Kise Ryota, et de l'argent aussi, pour payer mon billet vers Tokyo. J'avais un porte feuille quand j'étais venu, mais il était sûrement resté à l'hôpital.
En rentrant dans la chambre, Kise Ryota n'était plus dans son lit. J'eus à peine le temps de m'en rendre compte que je me retrouvai plaqué contre le mur de la chambre, un ciseau sous la gorge.
Les yeux de Kise Ryota étaient plus surpris qu'effrayé ou colérique.
-Toi ? Dit-il.
-Étrange coïncidence, non ?
-Qu'est-ce que tu fais chez moi ?
Il n'avais plus la moindre once de colère, seulement de l'incompréhension et de la curiosité.
-Je... J'ai besoin de retourner à Tokyo, mais je n'ai pas d'argent, expliquais-je honnêtement.
-Tokyo ? Pourquoi Tokyo ?
-J'ai déménagé.
-Vraiment ?
-Oui.
Je prenais mon ton le plus sérieux possible, mais le mensonge n'est plus ma spécialité depuis quelques temps.
-Tu mens. J'imagine que c'était aussi le cas la première fois. Il paraît que tu as été porté disparu pendant quelques heures. Il y a deux semaines. Qu'étais-tu venu faire à Yokohama ? Tu as voulu profiter du fait que j'étais célibataire et en mal d'amour pour coucher avec moi ?
C'était à moitié vrai. Mais je ne voulais pas aller si loin, ce soir là. Je ne me souvenais même pas avoir fait l'amour avec Kise Ryota. Et je me serai passé de le savoir.
-Non, je n'étais pas venu pour ça.
-Mais tu reconnais que ce n'était pas pour parler de basket ou faire un match ?
-Oui.
-C'était pour quoi alors ?
Je me pinçais les lèvres, me retenant de dire la vérité.
-Réponds-moi.
Il avait supplié.
-Tu as envoyé Aomine Daiki en prison.
-Et alors ?
-Il se trouve que cela a fait énormément de mal à une personne qui était vraiment amoureuse de lui.
Ma remarque acerbe lui fit écarquiller les yeux.
-Qui ? Momoicchi ?
-Kuroko Tetsuya.
-Mais... Pourquoi ? Cela ne change rien au fait que tu sois venu me voir ?
-Si, je voulais te convaincre de faire sortir Aomine de prison et venger Tetsuya a ma façon. J'ai fait exprès de te couper, de faire en sorte que tu aime ça et que tu en devienne dépendant.
-Pourquoi tu aurait fait ça pour lui ?
-C'est mon frère.
Il recula soudainement, comprenant parfaitement la situation.
-Son... son frère ?
-Exact.
Il s'assit sur le bord du lit et pris sa tête dans ses mains.
-Que se passera t-il si je gagne le procès ? Il est dans deux jours...
-Dans deux jours ?
-Oui. Tu ne le savais pas ? Tout le monde ne parle que de ça.
Comment aurais-je pu savoir ? J'étais complètement hors du monde durant ces deux semaines. Je me pinçais les lèvres. Je devais agir vite.
-Si jamais tu ne retire pas ta plainte, je ferai de ta vie l'enfer que tu as fait traverser à Tetsuya.
Il devait comprendre que j'étais parfaitement sérieux car il déglutit. Puis, il baissa les yeux et pleura. J'étais moi-même surpris de le voir s'effondrer de cette façon.
-Je n'en peux plus ! Je ne voulais pas ce que ça se passe comme ça ! Je ne... Pardon...
-Ce n'est pas à moi que tu dois le dire, dis-je tout en me dirigeant vers lui. Réserve tes larmes pour plus tard.
Je posais ma main sur son épaule et lui dis que tout sera bientôt fini.
Parce que c'était vrai.
Cette histoire approchait de sa fin.
Akashi le dit lui-même : on approche de la fin. Encore 4 chapitres. Si je me débrouille bien, je pourrai finir cette fiction avant de partir en vacance. Mais pour cela, je raccourcirai l'intervalle entre chaque chapitre. Je posterai sûrement la suite de cette histoire ce week-end.
Dans le prochain chapitre, on retournera du côté de Kuroko.
Reviews ?
