NDA : les persos ne sont pas à moi, je ne touche pas de sousous avec cette fic !!
J'ai décidé de finir d'envoyer toute ma fic pour ce week-end, donc, let's go, et merci à toutes et à tous pour m'avoir lue et envoyé de si gentilles reviews !!
CHAPITRE
XXVIII
PILE OU FACE
Harry et Severus s'étaient
précipités à Godric's Hollow pour cacher la
Boule du Sphinx. Puis s'étaient rendus près du Manoir
Riddle. Avant de prendre chacun une gorgée de potion de
métamorphose que Severus avait mise au point. Ils n'avaient
pas eu le temps de la tester, ne savaient absolument pas si elle
durerait assez longtemps pour que leur plan fonctionne comme ils le
souhaitaient, mais ils n'en avaient cure. Le principal était
qu'elle fonctionne jusqu'à leur entrée dans l'antre
de Voldemort. S'ils avaient un souci, ils improviseraient sur
place. Severus était presque certain qu'ils auraient le
temps.
Cela suffisait à Harry.
Voldemort était
tombé dans le piège de manière magistrale. Harry
avait eu le temps de localiser Nagini. Il l'avait stupéfixé,
puis lui avait fait une piqûre qui l'endormirait un très
long moment sans le tuer, afin que le Seigneur des Ténèbres
ne se doute de rien. Le temps pour lui de régler son compte à
la face de serpent. Il n'aurait plus ensuite qu'à détruire
le basilic comme il le fallait. Et tout serait définitivement
fini. S'il réussissait…
Il avait eu envie de rire
lorsqu'il avait posé sa main sur son épaule, dans les
escaliers, et l'avait fait se retourner vers lui. Mais il n'avait
pas le temps pour ça.
Il était entré dans son
esprit de plein fouet, percutant et détruisant sans concession
ses barrières, une à une. C'était le seul
moyen. Y aller comme un bourrin, ne pas lui donner le temps de
réfléchir ou de se reprendre. Profiter de la seule
brèche possible, celle de sa stupéfaction.
Et il y
était.
Dans son esprit tordu.
Tout était
étrangement calme. Harry regardait autour de lui. Il se
croyait dans un tableau de Dali, ou même dans ce livre moldu,
De l'autre côté du miroir.
Des horloges partout,
géantes, minuscules, raides, dégoulinantes, absolument
partout.
« En voilà bien un obnubilé par le
temps qui passe ! » se dit le jeune homme.
Un paysage aride.
Des arbres secs, morts, minuscules, disséminés un peu
partout, des roches accueillant des buissons de branchages secs.
Harry se croyait dans un western. Un western bizarre.
Il entendit
des sanglots étouffés, mais ne parvenait pas à
saisir de quelle direction ils provenaient. Il fit quelques pas à
gauche, à droite, tendant l'oreille. Non, décidément,
impossible de saisir leur provenance.
Les pleurs se firent plus
insistants. Il avança rapidement devant lui, et trébucha
sur une pierre. Il se rattrapa à une horloge, qui sembla
ployer sous son poids comme un gros tas de gelée.
- Erkk,
c'est dégeu ! Grogna Harry en se relevant, le haut du corps
sali d'un liquide grisâtre.
Il se rendit compte qu'il
n'y avait plus un bruit. Puis un léger souffle passa et il
se sentit tomber dans un précipice sans fin. Il descendait au
ralenti, dans un trou où se trouvait accrochés de
nombreux miroirs. Dans chacun se déroulait une scène
différente. Oui, cela ressemblait décidément
plus à des fenêtres, pourtant, les scènes,
ultracourtes, laissaient la place à son propre visage.
Il
s'attendait à chaque instant à voir un lapin blanc.
C'était vraiment trop étrange.
Et impossible de
contempler les scènes dansant dans les glaces qui voletaient
autour de lui. Comme si ses yeux ne voulaient pas voir.
- C'est
mon rêve, murmura une petite voix, pas le tien !
Il regarda
sous lui, personne. Il fut déposé doucement sur le sol.
Il était dans le hall d'un établissement immense. Des
enfants passèrent en courant autour de lui, riant très
fort. Ils pointaient une pièce du doigt. Harry s'y dirigea.
Il vit un enfant adossé à un mur, les genoux ramenés
sous son menton, en train de pleurer à chaudes larmes.
- Je
t'ai trouvé ! S'exclama-t-il.
Une tête sans
visage se tourna vers lui. Il eut un mouvement de recul. Par Merlin
!
- Sors de mon rêve ! Résonna encore la voix dans sa
tête.
Il entendit des enfants rire derrière lui :
-
« Un, deux, trois, Tom s'en va au bois
Quatre, cinq, six
pour faire des bêtises,
Sept, huit, neuf, aussi bête
qu'un œuf
Dix, onze, douze, on ne parle pas aux fourbes !!
»
Harry regarda les enfants. Quatre, cinq ans tout au plus…
Un plus grand s'approcha avec un bâton et lui donna une
petite tape aux genoux. Le petit glapit, se recroquevilla dans un
coin.
Une fillette s'approcha.
- Laisse-le, il est mauvais,
il va encore faire du mal. On ne doit plus l'approcher. C'est un
démon !
Ils partirent tous en ricanant et en criant «
un démon, un démon, Tom est un démon »
Harry
se sentit révolté par ce qu'il venait de voir. Ce
n'était qu'un petit garçon ! Comment ces enfants
pouvaient être aussi cruels ?
Le petit se releva doucement
et s'approcha de lui.
- De la compassion, de la peine même…
? Non… La vengeance, la vengeance est plus délectable…
Il
se sentit tomber à nouveau.
Il était dans une
grotte. Harry reconnut le garçon et la fillette de la scène
précédente. Tom leur parlait :
- Vous allez fermer
les yeux, compter jusqu'à trois, et les fées
apparaîtront ! Vous n'en croirez pas vos yeux !
- Moi je
te crois pas, murmura le garçonnet.
La petite fille
paraissait plus rêveuse.
- Mais regarde il nous a déjà
amené ici par magie, il faut le croire ! Les fées
existent, j' y crois, moi !
Le petit Tom, toujours sans visage,
leur répondit :
- Bien sûr, voyons ! Allons fermez
les yeux ! Un, deux,…
Il disparut, les laissant à leur
sort.
Harry eut un haut le cœur. Il se rappela ce que lui avait
raconté Dumbledore, au sujet des deux enfants qu'on avait
retrouvé morts.
Il était dans une pièce
sombre. De longs filaments argentés se mouvaient dans l'air
autour de lui. Il aperçut Tom en train de griffonner dans un
carnet. Les filaments se pressaient autour de lui, puis ils entrèrent
directement dans son cœur. Il s'allongea sur un lit.
Il n'y
avait personne dans sa chambre. Les enfants avaient bien trop peur de
lui après ce qui était arrivé.
Puis Harry
assista à une autre scène. Il était dehors, et
un grand garçon s'approcha de lui, menaçant. Il
l'attrapa par le col.
- C'est à cause de toi que ma
sœur est morte ! Je vais te tuer. Tu vas voir !
- Tu vas te
venger ? Si ta sœur est morte, c'est de sa faute ! Elle était
sotte, elle croyait des idioties. Elle n'avait qu'à rester
sagement avec les autres au lieu de me suivre ! Avec ce gros benêt
!
Un coup de poing. Le garçon était rouge de
colère.
- Vas-y frappe, si tu n'as pas peur, j'aime
beaucoup ça.
L'autre se déchaîna sur lui.
Harry ne pouvait qu'assister, impuissant, à la scène
qui se déroulait. Il se rendit compte que le visage de Tom
apparaissait lorsqu'il se faisait frapper. Juste quelques secondes,
mais suffisamment longtemps pour qu'il le remarque.
- C'est
tout ? J'adore la douleur, tu me fais un grand honneur en te
défoulant sur moi, c'est un de mes passe-temps favoris, me
faire mal. Je crois que c'est le seul moment où je me sens
vraiment vivant. Tu peux continuer tu sais…
Le garçon
l'avait lâché, l'air effrayé.
- T'es
dingue ou quoi ? T'as vraiment un problème sérieux
toi ! Espèce de monstre !
Harry vit alors un sourire
apparaître furtivement. Puis le garçon en face de Tom
fit une drôle de tête. Il devint rouge brique, les yeux
exorbités. Harry comprit que Tom l'étouffait grâce
à la magie. Quelle horreur. Il remarqua alors qu'il pouvait
voir entièrement le visage de l'enfant.
Un cri se fit
entendre, et un adulte arriva en courant, ne comprenant pas ce qui se
passait. Il hurla à Tom d'aller chercher du secours. Ce
dernier partit d'un pas égal, l'air heureux comme
jamais.
Harry frissonna. Comment pouvait-on vivre ainsi ? Il
avait dû en baver, c'était certain, mais quand même...
De là à en arriver là… Il était partagé
entre deux sentiments. Tom n'avait été qu'un pauvre
gosse après tout, malheureux toute son enfance. Mais était-ce
normal de devenir aussi… mauvais à cause de ça ? Il
n'en avait tout de même pas le droit, non…
Lui non plus
n'avait pas été gâté, mais jamais il
n'aurait songé à se venger d'une telle manière.
Même sur son cousin qui lui avait réellement mené
la vie dure ! Du moins, jamais d'une manière aussi
horrible…
- Alors toi, tu te sens noble et plus raisonnable que
moi tout ça parce que tu n'es pas passé aux actes
?
Harry se tourna. L'enfant tendait le cou vers lui. Son visage
avait de nouveau disparut.
- Harry Potter, tu es un hypocrite. Ne
te juge pas meilleur que moi, surtout ! La seule différence
entre nous est que tu n'as pas eu le courage de matérialiser
tes pensées. Tu n'es qu'un lâche, petit Potter !
-
Quoi ? Qu'est-ce que tu connais de mes pensées, toi, d'abord
? Je n'ai jamais voulu tuer personne !
- Même quand tu as
libéré le serpent au zoo ? S'il avait attaqué
ton cousin… Il serait aussi mort que ces deux gosses, lui aussi,
ainsi que tous ceux qui se sont mis en travers de mon chemin !
-
Je n'avais pas fait exprès !
L'enfant recula un peu.
-
Mais oui, c'est toujours ce qu'on dit. J'ai eu le courage
d'assumer mes actes, moi au moins ! Tu ne peux pas m'enlever ça
Potter !
- Espèce de… !
Il avait disparu. Harry se
trouvait à présent dans un salon. Des milliers de
carpes frétillaient sur les murs. Elles se changèrent
en papillons et s'envolèrent par une fenêtre ouverte.
Une jeune femme se trouvait dans la pièce. Elle était
très belle. Elle rappelait quelqu'un à Harry, mais il
n'aurait su dire qui.
Tom entra. Il devait avoir à peine
une vingtaine d'années. Il s'approcha d'elle, et la prit
par la taille.
- Tom, j'ai très peur. Tu devrais arrêter
là. C'est de plus en plus dangereux.
- Mais non ma belle…
Je vais devenir l'homme le plus puissant de notre monde. Tu
régneras à mes côtés. Je changerais
tellement de choses, pour nous, pour les sorciers… Je veux rétablir
un équilibre ici. Accomplir ce que le ministère ne
pourra jamais faire.
- Mais à quel prix ? Je ne peux pas te
suivre, Merlin sait si j'en avais envie pourtant, mais je voudrais
tellement que tu renonces à tout ça pour moi…
Le
teint du jeune homme s'assombrit aussitôt. Il regarda
durement la jeune femme face à lui.
- C'est impossible !
Je ne peux faire ça !
- Je le sais, le coupa-t-elle
vivement, c'est pour cela que je te quitte, Tom. Je ne veux pas
d'un mari dont le rêve est plus important que moi. Voilà
pourquoi je suis venue aujourd'hui. J'ai eu le fol espoir que tu
changes d'avis, mais j'aurais dû te dire tout cela bien
plus tôt. Je t'ai toujours aimé tellement fort, Tom,
j'espère que tu ne brûleras pas tes ailes à ce
jeu.
Il eut un rire amer.
- Mes ailes… ?
Elle lui sourit
et prit ses mains dans les siennes.
- Pour moi, tu as toujours été
le plus bel ange, mon ange à moi, mon protecteur… Je dois te
céder maintenant, et si j'avais su que ce serait à…
à ceci… Sa voix se brisa.
Il murmura un prénom que
Harry eut du mal à saisir, puis il sortit de la pièce,
laissant la jeune femme éplorée.
Il entra à
nouveau, levant sa baguette et la pointant vers elle.
- Puisque tu
ne veux plus être à moi…
Harry voulut
s'interposer, oubliant un instant son corps ectoplasmique. La jeune
femme lui sourit d'un air radieux. Le griffondor se frotta les
yeux, elle allait mourir et semblait… heureuse... ?
- Si c'est
toi Tom, je veux bien. Je ne m'opposerais pas. Je t'aime, ne
l'oublie pas. Je n'ai jamais aimé que toi, depuis toute
petite… Vas-y je t'en prie, il n'y a que toi qui puisse me
délivrer de cela.
Il lança l'Avada Kedavra. Une
expression de bonheur intense peignit délicatement son visage
avant qu'elle ne sombre.
Harry sentit son cœur se serrer. Il
avait enfin reconnue la petite fille qui était à
l'orphelinat sorcier avec Tom. Il écarquilla soudain les
yeux. Une expression de pure douleur venait de passer sur les traits
du serpentard, bien vite remplacée par un masque
d'indifférence.
Puis il fut projeté dans un autre
endroit.
À ses côtés se tenait le petit
Tom, toujours sans visage. Harry commençait à trouver
cette situation de plus en plus glauque.
- Alors… Toi, ne
serais-tu pas prêt à laisser quelqu'un se sacrifier
pour toi ? Le cabot l'a déjà fait. Tes parents aussi.
Dumbledore. Qui va encore mourir pour tes beaux yeux Potter ?
-
TAIS-TOI ! Sans toi, rien de tout ceci ne serait arrivé !
-
C'est tellement simple de rejeter la faute sur les autres… Ne
serait-ce pas plutôt parce que tu n'étais pas assez
fort ? Si tu avais été réellement un Elu,
n'aurais-tu pas dû sauver tous ces gens… ?
- Je sais
cela !
- Si tu t'étais entraîné
sérieusement, sans relâche, pour essayer d'atteindre
mon niveau, tout ceci aurait été évité.
Tu aurais pu protéger l'animagus, ce jeune blanc-bec dans le
labyrinthe, ainsi que ton cher mentor… Quand je pense que tu as osé
lui faire boire de ce poison que contenait la coupe !
- TAIS-TOI
!
- Ta rancœur ne s'est tournée que vers mon Severus et
cette larve de Draco ! Il fallait bien que tu oublies que c'était
TA faute. Tu avais vu qu'il allait mal. Tu lui as versé le
poison dans la bouche, presque jusqu'à ce qu'il crève
! Tout ça pour un bout de papier dans un petit médaillon
! Un petit mot du très précieux oncle de Sirius Black !
Celui-là a payé cher sa trahison. Sans que ses
dernières paroles aient été comprises en plus,
c'est trop amusant !
- Je vais te tuer !
- La haine ronge
ton cœur, Potter, ne prétend pas être ce que tu n'es
pas. Un griffondor pur et courageux. Stupide enfant… Tu ne l'es
pas, tu es pareil à moi au fond, et cela te dégoûte,
mais c'est la vérité.
- Jamais, tu m'entends ?
Jamais je ne serais comme toi !
- Tu as grandi en donnant l'image
d'un gentil petit garçon obéissant. Mais au fond, tu
as toujours foncé tête baissée sans écouter
les autres. Si tu avais ne serait-ce qu'une seconde écouté
tous les conseils de Dumbledore, il serait toujours en vie. Tes
erreurs ont coûté énormément. Tu le sais,
n'est-ce pas ? Je suis sûr qu'au fond de toi, tu t'en
rends compte. Tu as plombé l'Ordre à n'en faire
qu'à ta tête, là encore, les pertes seront sans
doute sévères. Et tu t'obstines à répéter
que c'est MA faute ? Réfléchis Harry, réfléchis
bien… Ces gens, des adultes responsables, et, somme toute, pas si
idiots que ça, avaient formenté depuis longtemps un
plan parfait. Tu es arrivé, tu as tout chamboulé.
Jusqu'à t'approprier celui qui compte le plus à mes
yeux… ! Tout ça parce que tu l'avais décidé
ainsi et pas autrement !
Harry tremblait de tous ses membres. Il
ne devait pas flancher, sinon, ce serait fini… Cet enfoiré
allait au plus profond de lui-même…
« Le Seigneur
des Ténèbres est un puissant occlumens » lui
avait dit Severus. Il devait former des barrières plus fortes,
plus solides…
- Tu ne dis plus rien, mon petit Harry… Tu as
marqué Severus comme je l'ai marqué.
- Non,
c'était pour le protéger de toi, Tom !
- Bien sûr…
Tu l'as détesté pendant si longtemps… Et d'un
coup tu aurais voulu lui sauver la vie, alors que tu en avais fait
ton bouc émissaire ? Il s'agissait juste de flatter ton ego.
Te prouver ainsi que tu étais aussi puissant que moi. Me
prendre mon plus fidèle serviteur, c'était une façon
de me faire un pied de nez. Montrer à tous qu'ils devaient
commencer à te craindre aussi. La nouvelle s'est vite
propagée chez les sorciers. Harry Potter a marqué un
homme. Qui leur dit que tu ne deviendras pas comme moi ? Que tu ne
voudras pas dominer leur monde idiot et étriqué pour en
faire un monde réellement puissant, craint et respecté
? C'était mon rêve à moi. Tout changer. Je
détestais le monde dans lequel j'avais grandi. Le monde des
moldus. Et j'ai encore plus détesté le monde sorcier,
où l'on avait une possibilité infinie de pouvoirs,
qui était bien étouffée. Un monde où
l'impossible devient possible, où tu peux accomplir les plus
grandes choses… J'étais fou de joie en apprenant que je
faisais parti de ce monde-là. J'ai vite déchanté.
Plus d'interdit que partout ailleurs. On ne pouvait y faire que des
choses stupides. Et le Ministère dirigeait tout d'une main
de fer. Impossible d'avancer. Ce monde était d'avance
condamné à disparaître, enlisé dans trop
de pouvoirs canalisé et asphyxiés dans l'œuf. J'ai
voulu changer cela !
Harry sentit la colère le gagner.
-
C'est quoi ce discours révolutionnaire à la noix ? Et
tu pensais qu'en écrasant et en tuant des pauvres gens, tu
allais y arriver ? Tu es complètement cinglé, c'est
tout !
- Les morts étaient nécessaires. Dans chaque
guerre, il y a des morts. Mes troupes se devaient de tuer sans état
d'âme. Je les ai fait s'entraîner sur les moldus, qui
ne sont pas nécessaires à la pérennité de
notre monde. Que crois-tu Harry ? Les humains s'entraînaient
aussi sur des cibles mouvantes en temps de guerre. Des animaux
étaient sacrifiés, et souvent même des
prisonniers, des humains ! En quoi suis-je plus abominable Harry ?
Dis-le moi ! Les moldus sont bien pire que moi ! Regarde toutes les
expériences qu'ils ont pu faire sur leurs semblables ? Eux
ne se gênent pas non plus pour s'entre-tuer. La seule
différence est que j'avais une raison valable. Et que pour
accomplir ce que je voulais faire, je devais passer par là.
Harry
laissa échapper un soupir.
- Tu sais, en général,
les gens comme toi pensent toujours qu'ils avaient LA bonne raison.
Aucune raison, moldue ou pas, n'est valable pour assassiner des
êtres humains. J'aie pitié de toi, finalement, tu es
pareil à ceux que tu hais.
Un rire s'échappa,
s'amplifia, raisonna dans son crâne. Il s'éloigna
rapidement de l'enfant.
Il était devant une cheminée
qui flambait avec allégresse. Des yeux de chats, collés
sur les murs de la pièce, le fixaient avec attention. Il se
tourna et vit Voldemort installé dans un fauteuil, un livre à
la main. Il avait une quarantaine d'année. C'était
un homme très beau. Il dégageait une telle aura que
Harry comprit instantanément que des gens avaient pu le suivre
dans sa folie… Il avait une prestance à faire se lever les
foules.
Severus entra dans la pièce. Quel âge
pouvait-il avoir ? 19 ou 20 ans ? Il s'agenouilla près de
l'homme, le regard empli d'adoration, un sourire flottant sur le
visage. Harry sentit son cœur se serrer. Il aurait tout donné
pour avoir droit à ce regard, à ce sourire…
-
Regarde comme il m'aimait…
Le petit garçon était
réapparu.
- Jamais personne ne m'avait adoré à
ce point. Je ne parle pas d'amour, je parle de vénération…
J'étais vraiment tout pour lui. Son seul et unique recours.
Je l'avais sauvé d'un père lâche et abject,
et d'une mère fuyante et malheureuse. Je lui ai permis de
tuer ces gens pour son premier meurtre… Il m'en a toujours été
éperdument reconnaissant.
Les poings du griffondor se
crispèrent.
- Et oui, il m'avait confié toutes
ses peines, toutes ses erreurs… absolument TOUT. Et grâce à
moi, il est devenu ce qu'il est. Un être insensible à
la douleur et aux peines de ce monde…
- Vous en avez fait un
monstre !
- C'était tout ce dont il rêvait. Ne plus
rien ressentir… J'ai réalisé son souhait le plus
profond…
- Il vous a trahi, il est venu à Dumbledore,
puis à moi. Il ne vous aimait pas tant que ça.
- Tu
ne comprends pas. Sa trahison est pour moi le sommet ultime de ce
qu'il aurait pu faire pour moi. Comprend bien que je lui ai tout
donné. Quel être pourrait être cruel et abject à
ce point pour trahir son propre père ? Il était ma
création, mon fils, mon amant. Ce qu'il a fait là me
montre que j'ai réussi totalement et entièrement son
éducation… Pense-tu vraiment que toi, tu aurais pu
l'intéresser réellement ? Qu'as-tu à lui
apporter ? Severus n'a qu'une seule et unique façon de
fonctionner. Cela ne pourra changer. Surtout pas à cause de
toi.
- Je… je ne crois pas qu'il soit comme tu le dis. Il
aurait tout aussi bien pu ne pas m'aider.
- C'est ce que je
viens de t'expliquer. Il est à moi pour toujours. Ne me fais
pas rire. Tu n'es pas assez fort pour l'avoir à tes côtés.
Et même si… même si tu arrivais à me battre, que
crois-tu ? Tu n'espérais tout de même pas qu'il…
qu'il t'aime… ?
Il éclata de rire. Harry rageait
intérieurement. Il essaya de se reprendre. C'était ce
que cherchait ce monstre. Il ne devait pas entrer dans son jeu. Il
était plus que temps que cela cesse.
- Ce que j'espère,
tu n'as pas à t'en inquiéter, tu ne seras pas là
pour voir si mes désirs se réaliseront.
- Pourquoi
cela Harry. Tu comptes vraiment me tuer alors… ? Sans remords ?
-
Puisque j'y suis obligé…
Un autre endroit. Les images s'enchaînèrent. Tom enfant, montré du doigt par les autres enfants. Son arrivée à Poudlard. Son émerveillement vite remplacé par de l'ennui et de la solitude. Sa révolte contre Dumbledore. Sa fuite après le dernier jour de Poudlard. La séduction d'un grand nombre de personnes prêtes à le suivre jusque dans la mort. Les meurtres de familles du ministère, et d'énormément de moldus. La montée de son pouvoir. La répartition de ses horcruxes. Nagini. Le meurtre de ses parents. L'anéantissement presque total du Mage Noir. Quirrel. Puis Bellatrix tuant Sirius. Malefoy Senior en train de ramper devant son maître.
Il
se trouvait à présent dans une chambre d'enfant. Elle
lui disait vaguement quelque chose.
Voldemort se trouvait à
ses côtés, avec son apparence actuelle.
- Regarde
Harry, pour toi, c'est ici que tout a commencé. Je t'ai
offert une deuxième existence. Ici même, les deux
personnes qui t'ont donné la vie sont mortes pour toi. Si tu
n'étais pas né, elles seraient encore en vie à
l'heure qu'il est. Et toi, tu m'as volé une partie de
mes pouvoirs. Cela t'a rendu bien plus fort, évidemment.
Mais tu n'as pas su exploiter cette chance. C'est stupide non
?
Ils se trouvaient à présent dans le labyrinthe.
Devant le corps de Cédric Diggory.
- Pauvre garçon,
si tu avais été plus fort, il ne serait pas en train de
croupir en enfer. Voilà un vrai héros ! Il a voulu te
protéger lui aussi.
Devant Harry, le ministère
apparut aussitôt. Il revit Sirius passer derrière le
Voile.
- Ce chien t'aura été fidèle jusqu'à
la mort. C'était vraiment un bon toutou, traître à
son sang de surcroît ! J'aurais aimé l'y envoyer
moi-même.
Puis la scène de la mort de Dumbledore
défila devant ses yeux. Il vit Severus lancer l'ultime
sort.
- Aaah… même si tout cela était calculé,
je ne me lasse pas de revoir cette scène… Je l'ai volée
dans les souvenirs de Draco. Ce vieux grigou, il m'aura bien eu
jusqu'au bout !
Harry ne desserrait pas la mâchoire. Cet
enfoiré… Il voulait le voir perdre son sang-froid. Il n'en
était pas question !
- Alors, comment se sent un assassin
par procuration ? Je voulais te le demander mon cher Harry.
- Je
te renvoie la question.
- Allons tu peux tout me dire, qui est
plus proche de toi que moi ? Nous sommes semblables en tout point, ne
l'oublie pas… Tu es ma face sombre Harry.
- Sombre ? Murmura
le jeune homme.
- Bien sûr ! J'ai lancé mes actes à
la face du monde, j'ai dévoilé mes projets à
chacun, le ministère était au courant de mon grand
projet. J'ai tué des centaines de personnes de mes propres
mains. Je n'ai jamais caché quoi que ce soit. Toi, tu fais
tes coups en douce, tu espères accéder au pouvoir en
passant par les voies officieuses, tu laisses les gens mourir à
ta place, c'est toi le monstre Harry Potter, pas moi.
- Tu es
fou !
- La vérité est bien amère lorsqu'on
la force à se dévoiler. Je comprends que tu ne veuilles
pas m'entendre. Chacune de mes paroles est vraie pourtant. Harry
Potter, lorsque tu te dévoileras au monde sorcier, tu seras
bien pire que moi ! Avec tes faux airs doucereux de gentil
griffondor. Tu me fais rire. Tu veux me détruire pour mieux
prendre ma place.
- C'est faux. Je ne veux aucune place. La
mienne me suffit. Qu'est-ce que tu crois ? Que je t'envie ? Tu es
donc prétentieux à ce point ? En un sens, ça ne
m'étonne pas. Une personne qui tue des milliers de
malheureux en prétendant le faire pour le bien du monde ne
peut avoir un esprit sain. Tu es dérangé à un
tel point… Je vais te détruire pour une raison particulière.
Et là, je suis tout à fait d'accord pour passer pour
un égoïste. Je ne tiendrais pas de discours pompeux en te
disant que je te tuerais pour le bien du monde, pour sauver mes
semblables, pour venger mes compagnons, mes parents. Non, je vais te
tuer parce que je commence à en avoir ma claque de toi. Parce
que je suis fatigué. Que je ne supporte plus la pression que
tous ces gens exercent sur moi pour que je sauve leur monde. Parce
que je n'en peux plus. C'est pour moi que je vais le faire, Tom,
uniquement pour moi, et crois-moi, après tout ce que j'ai vu
et entendu, mes remords, tu peux te les mettre où je pense.
Un
regard noir plongea dans le sien.
- Bien. Alors sortons d'ici,
et battons-nous face à face. Mais ne te leurre pas, tu es
vraiment comme moi.
Harry se sentit étiré, puis il
fut repoussé à une vitesse incroyable. Il se sentit
projeté en arrière, dans une gerbe de lumière.
Il était sur le sol. Face à Lui. Il ne voyait
que Lui. Une odeur nauséabonde de sang et d'excréments
prit ses narines d'assaut. Il ne risqua pas un œil autour de lui.
Il savait que la pièce devait être jonchée de
cadavres. Il entendait des cris, des pleurs. S'il posait les yeux
ailleurs que sur lui, il savait qu'il flancherait. Il ne devait pas
se poser de questions. Il pointa sa baguette sur le visage souriant
du Mage Noir.
- Alors, lui dit-il, tes résolutions
tiennent toujours ?
- Plus que jamais. Expelliarmus !
Le sort
sembla passer sur lui comme un simple courant d'air. Il ne se
départissait pas de son sourire.
- Tiens tiens, penses-tu
que ce genre de sort puisse vraiment m'affecter ? Que peut un
enfant de dix-sept ans contre moi ? Sincèrement ?
- Arrête
de parler maintenant, nous avons eu largement le temps de nous
apitoyer l'un sur l'autre, tu ne crois pas ?
- Je ne
m'apitoyais pas sur moi. Je me disais que mon héritier
aurait du en avoir un peu plus dans le pantalon, c'est tout.
-
Ton héritier ? Tu rêves mon pauvre ! Je ne suis pas
comme toi, arrête de délirer, je devrais te le répéter
combien de fois ?
- Inutile, je sais ce que je dis ! Endoloris
!
Harry évita le sort de peu. Il recula de quelques pas,
cherchant une parade. Comment faire ? Il n'avait aucune envie
d'utiliser la magie noire. Même s'il ne voulait rien en
laisser paraître, les paroles de Voldemort l'avaient
perturbé. Il n'était plus certain de rien concernant
Severus.
Mais ce n'était absolument pas le moment de
penser à ça de toute façon.
Que
devait-il faire, pour Voldemort ? Jamais il ne lancerait l'avada
kedavra, d'une part, il ne le voulait pas, et d'autre part, il ne
valait mieux pas tester en live un sort qu'il n'avait jamais
lancé. Surtout celui-là, il était bien trop
dangereux !
Il évita à nouveau le sort. Voldemort
semblait s'amuser avec lui. Il ne devait plus hésiter. Il
était connu pour foncer tête baissée dans les
problèmes ? Et bien autant ne pas faillir à sa
réputation ! Il siffla fortement et soutint le regard de
Voldemort.
Il s'élança sur le sorcier qui lui jeta
un regard surpris. Il n'eut pas le temps d'esquiver et Harry lui
balança son poing dans la figure. Il tomba sur le sol et le
jeune homme se jeta sur lui, le coinçant entre ses jambes. Il
lui colla sa baguette sur le nez.
- Maintenant, tu peux choisir.
La mort ou la soumission ?
Le sourire du sorcier s'élargit
:
- Je crois avoir mal entendu.
- La mort ou la soumission,
répéta Harry d'un ton égal.
- Héhé,
tu ne manques pas d'imagination mon grand ! Si je te disais que je
me soumets, tu t'épargnerais une peine supplémentaire,
n'est-ce pas ? Mais les baisers des détraqueurs n'auraient
aucun effet sur moi, tu n'as pas le choix. Tu le sais pourtant ?
Harry se redressa et lança sa baguette au loin.
-
Vraiment… ?
Voldemort sauta sur ses pieds.
- Que fais-tu ?
Reprends ta baguette immédiatement ! Il n'y a rien d'amusant
sinon ! À moins que tu ne veuilles t'allier à moi. Tu
serais le bienvenu, c'est vrai ! Nous pourrions accomplir de
grandes choses !
- De grandes choses ? Comme tuer les gens que
j'aime par exemple ? Pourquoi pas ! Je t'ai déjà
dit de ne pas rêver, Tom !
- Alors pourquoi tu as jeté
ta baguette ? Je doute que tu excelles dans les sorts informulés
! Quoi que… Je pourrais être surpris.
Harry croisa les
bras, et sourit largement.
- Tu sais pourtant que je ne me suis
pas assez entraîné pour être à ton niveau
Tom. Je ne lancerais pas de sortilèges contre toi.
- Alors…
Cette mascarade signifie que tu me laisses la place ? Et bien, je
vais faire cesser ce petit jeu avec plaisir, Monsieur l'hypocrite !
Au final, je me suis trompé, tu ne m'arrives même pas
à la cheville. Tu n'as plus qu'à rejoindre tes
parents et tes compagnons !
Harry leva brusquement la main.
Un cri formidable fit trembler les murs de la pièce. Voldemort
leva les yeux, pour voir Fumseck tournoyer au-dessus d'eux.
- Ce
stupide poulet! Je vais lui régler son compte une fois pour
tou…te…
Il baissa les yeux. Harry le regardait d'un air
mauvais, un sourire amusé plaqué sur le visage. Une
lame d'épée lui transperçait l'abdomen.
-
Que… qu'est-ce que…
Il lâcha sa baguette. Du sang
perla au coin de ses lèvres.
- Hum… J'ai dit que je ne
te lancerais pas de sortilèges. Pas que je n'en finirais pas
avec toi. Je t'ai laissé le choix entre la vie ou la mort.
Tu as choisi, Tom. C'est fini pour toi. Game Over !
- Que…
qu'est-ce que tu as… dit… ?
- Oh, une expression de ces
moldus que tu détestes. Elle est bien placée non ?
Comme dans un film ! C'est amusant !
- Tu… trouves ça…
amusant… ? Tu… ne m'as même… même pas… eu à
la loyale… Tu es si fourbe…
- N'est-ce pas ? Adieu, Tom, je
vais même te souhaiter bonne chance, tu vas avoir besoin d'un
courage sans pareil là où tu vas !
Ses yeux
devinrent vitreux et sa tête roula sur le côté.
Des cris de joie résonnèrent dans la salle, et à
l'extérieur du château. Les détraqueurs
présents dans la salle semblèrent changer d'attitude.
Il se regroupèrent et sortirent de la pièce. Hagrid
arriva en courant, suivit de Graup. Le sol fut parcourut de
secousses.
- Les détraqueurs s'en vont, les détraqueurs
s'en vont ! Les autres créatures capitulent ! Il ne reste
plus que ces imbéciles de mangemorts ! Les centaures en ont
capturé plein, qu'est-ce qui s'est passé ? Harry a…
?
Le griffondor leva les yeux vers le demi-géant.
-
C'est bon. Je l'ai eu. Il me reste Nagini à abattre, et ce
sera définitivement fini.
Hermione se précipita sur
lui, et le prit dans ses bras.
- Oh Harry, bravo, je suis si fière
de toi !
- Merci, Mione. Je vais y aller immédiatement.
Ron
et Tonks se postèrent près de lui. Remus, qui s'était
changé en loup-garou, reprit sa forme humaine.
- On vient
avec toi Harry !
Des aurors se joignirent à eux. Harry
ramassa sa baguette, remit l'épée de Godric dans son
fourreau, et les guida jusqu'à la chambre de feu Tom Marvolo
Riddle. Le basilic dormait toujours. Harry s'en approcha. Il
regarda un des aurors.
- Il faut le brûler entièrement.
Harry pointa sa baguette vers l'animal, puis la rabaissa.
-
Il vit encore. L'un de vous aurait-il l'obligeance de mettre fin
à ses jours ? J'ai eu mon compte aujourd'hui. Je resterais
là pour le voir brûler jusqu'à la dernière
parcelle de peau.
Un des aurors lui jeta un sort qui arrêta
son cœur. Puis un autre mit le feu à la créature,
jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Lorsque ce fut
fini, une lueur verte s'échappa du tas de cendre qui restait
du fidèle compagnon de Voldemort.
Harry regarda Ron.
-
Et Severus ? Draco n'est pas avec toi non plus...
- Ils sont
cachés sous ta cape d'invisibilité avec Neville. Ils
étaient plutôt mal en point.
- Pourquoi tu ne me
l'as pas dit tout de suite ?
- Ne t'affole pas, on va les
transporter à Ste Mangouste. Rogue a été touché…
assez sérieusement. Il n'a pas voulu partir. Il voulait te
voir combattre jusqu'au bout.
Harry se précipita dans la
salle, déjà pleine de médicomages. Le ministre
et la directrice étaient là, observant minutieusement
la dépouille de Voldemort. Son corps s'était racorni,
comme un vieux parchemin. Harry eut un mouvement de recul. Il
ressemblait à une momie. Lui, si beau, était devenu
affreux dans la mort. À l'image de son cœur, se dit le
jeune homme.
Il jeta un coup d'œil sur les civières, et
aperçut l'ex-mangemort, le visage exsangue. Il se précipita
sur lui.
- Sev !
Les infirmiers le repoussèrent :
-
Il a perdu trop de sang. Il vient de s'évanouir. M. Malefoy
a dit qu'il avait tenu bon jusqu'à ce vous détruisiez
le monstre. Mais là, il est dans un état critique. On
l'emmène immédiatement.
- Je veux venir !
Draco
était à ses côtés, le tirait par le
bras.
- Harry, allons. Tu ne peux pas, le ministre t'attend !
-
Je me fous du ministre !!
Plusieurs têtes se tournèrent
vers lui, choquées.
- Je l'accompagne ! C'est bon, j'ai
fait ma part du boulot, non ? Cria-t-il.
Minerva s'approcha de
lui en toute hâte. Elle posa une main sur son épaule.
-
C'est bon, Harry, ne vous énervez pas. Allez-y. Vous vous
ferez examiner aussi. Il vous faut un long repos. Je vais parler au
ministre.
- Merci, Madame…
Il s'engouffra dans le
médicobus à la suite de Severus. Il s'assit à
ses côtés, et lui prit la main. On lui avait mis un
masque à oxygène, et bandé le ventre et le
torse. Une perfusion lui transmettait du sang, goutte à
goutte.
- C'est bon, Severus, ça va aller. Je l'ai eu.
C'est pour toi que je l'ai eu. Tu m'avais promis de rester avec
moi. Alors tiens bon. C'est compris ? Tu dois tenir ! Tu n'as pas
le droit de me laisser comme ça !
Les yeux restaient
obstinément clos. Un infirmier s'approcha d'eux. Il tenait
une piqûre à la main.
- M. Potter, donnez-moi votre
bras, et allongez-vous sur la civière d'à côté.
Il faut vous reposer maintenant.
- Je veux le surveiller, je ne
peux pas dormir.
- Il va aller mieux, je vous le promets, alors
faites ce que je vous dis. Vous êtes épuisé.
Harry se laissa faire. La fatigue l'écrasait. Il lui
jeta un dernier regard et ferma les yeux.
Il ne réalisait
pas vraiment qu'il avait tué Voldemort. Cette façon
de faire avait été abjecte, et Harry se croyait encore
en plein cauchemar.
Peut-être qu'il se réveillerait,
comme tous les matins, chez Tante Pétunia et Oncle Vernon.
Qu'il irait faire le petit-déjeuner, prendrait un bouquin,
et passerait la matinée à lire dans son placard, bien
tranquille, à l'abri de tout. Sans personne pour venir
l'embêter. Peut-être oui, peut-être qu'il
n'avait que 10 ans et qu'il venait de faire le rêve le plus
incroyable de toute sa vie.
Peut-être……
À suivre………………………………………………
