Dans la soirée, celui-ci se rend chez Lana.
-Tiens ! Que me vaut ta visite ?
-J'avais envie de te voir.
Le regard de la jeune femme est hagard, dévoilant du chagrin.
-Ta compagnie n'est pas la bienvenue ce soir.
Cependant, étant touché par ses maux, exprime sa compassion.
-Une date commémorative est toujours une déchirure pour les vivants.
-Tu as soutiré ce renseignement à l'agent Lisbon ?
-Non. Elle a juste parlé de ce qui te rattachait à ce 18 septembre.
-Entre !
Dans le salon, la profileuse se livre à Jane, assis sur le canapé en cuir de couleur écru, prend une photo que celle-ci tend, datant de 1995.
-Voici la période qui fut la plus heureuse.
-C'est Michel Stanton ?
-Oui. Lana lui récite avec un bonheur mélancolique un aspect de sa personnalité qu'il découvre. On s'est rencontré lorsque j'ai été engagée au FBI. J'étais inexpérimentée et Michel m'a appris les ficelles du métier quand j'ai intégré son équipe. Au fil des mois, nous sommes devenus plus proches, tombant amoureux.
-Pourquoi vous vous êtes quittés ?
-Le règlement intérieur stipule que les collaborateurs ne devront entretenir des rapports de nature intime. Je pense que c'est pareil au CBI ?
-Je trouve ça stupide de l'avoir appliqué.
Celui-ci la fait sourire.
-Trop tard pour revenir en arrière !
-Ce genre de règle est à bannir. C'est à cause de ça que tu as rompu ?
-Comment tu sais que c'était moi ?
-Le regret s'entend dans ta voix.
-Je n'avais pas envie de me cacher de cette relation. Michel craignait d'être muté ailleurs alors j'ai décidé pour lui. Nous avons rompu en 1998, un an plus tard, John Le Rouge le tuait. Je me suis sentie si coupable et encore à l'heure actuelle.
Jane connait parfaitement ce sentiment de culpabilité. La jeune femme lui prend la main.
-Il faut toujours dire je t'aime avant que l'on ne puisse plus en avoir l'occasion. C'est ce que j'ai regretté.
-Tu n'avais pas cessé de l'aimer.
-Non. et le regarde, émue. L'as-tu dit à ta femme ainsi qu'à ta fille ?
Le mentaliste fixe sa main en la caressant affectueusement.
-Le matin, avant leur mort, j'ai eu cette chance, oui.
Lana sert fort la sienne puis se lève.
-Finalement, ce récit de souvenirs nous achève tous les deux.
Le consultant remarque quelques larmes qui coulent sur les joues de celle-ci, les séchant, se lève ensuite, s'avance, pose ses mains sur ses épaules.
-Pleurer est le meilleur soulagement. Ne te cache pas derrière ton armure !
Lana se retourne, le contour des yeux rougissants, larmes présentes.
-Tu me vois tel que je suis, sans, mais je refuse que tu me consoles. Qui te consolera autrement ?
-La faiblesse n'est pas un défaut. Libère ta tristesse !
Patrick essuie ses pleurs, réussissant à l'envelopper dans ses bras. Néanmoins, après quelques secondes, elle se détache, apaisée, adoptant une attitude déconcertante.
-J'ai besoin d'être seule. Ne m'en veux pas !
Sur un ton compréhensif.
-Je ne t'en veux pas. puis part.
Tandis que le mentaliste marche vers sa voiture, son téléphone portable sonne, l'écran indiquant que le numéro est protégé par un code secret. Celui-ci fait preuve d'aplomb en répondant.
-Patrick Jane ! A qui ai-je l'honneur ?
-Vous êtes très sociable, monsieur Jane !
-Il faut toujours rester poli même avec un inconnu. Les parents nous inculquent cette notion de politesse.
-Vous êtes aussi un marrant.
-Cela m'arrive dans plusieurs circonstances.
-Y compris les pires ?
Tournant sa clé dans la serrure de la portière.
-Tout dépend desquelles !
-Les ténèbres.
Le consultant marque un temps d'arrêt et rentre dans la voiture.
-Je n'ai pas cette capacité.
Il commence à souffrir de constriction précordiale dû à l'anxiété, causée par cette conversation.
-Je ne fais aucune distinction entre le bien, le mal.
-Vous ne vous êtes pas présenté.
-Je sens que vous avez peur.
Jane respire profondément avant de se montrer franc.
-Si vous étiez à ma place, vous le seriez.
-Détendez-vous ! Je ne suis pas John Le Rouge
Ses doigts se crispent sur le volant.
-Vous ne pouvez qu'être Russell Kerban.
-Ah ! Comme c'est plaisant d'entendre mon nom !
-Votre timbre de voix est reconnaissable.
Le tueur le prend en tant que compliment.
-Dites-moi ! Comment avez-vous obtenu mon numéro ?
-Je ne vous téléphone pas pour que vous me posiez cette question.
-Alors, pourquoi ?
Le cœur de Jane bat plus vite, la nuit a investi la ville de Sacramento qu'il distingue comme une ennemie ce soir.
-L'enquête piétine, ça pourrait porter préjudice au FBI ainsi qu'au CBI.
-On rebondit un jour ou l'autre.
-Votre optimisme franchirait bien des frontières. Bref ! Arrêtons ce verbiage ! J'ai un marché à vous proposer.
-Lequel ?
-Tout d'abord, voici ce que je vous offre. Des pistes qui vous rapprocheront de John Le Rouge.
-Pourquoi le feriez-vous ? Vous lui vouez un véritable culte.
-Oh, c'est sûr ! Mais l'élève désire toujours dépasser le maître. Malgré mon ingratitude, mon admiration n'en n'est pas moins sincère.
-Je ne comprends pas. Quel est votre intérêt à vous montrer déloyal ?
-Je suis un arriviste.
-Qui me dit que ce n'est pas un piège ?
- Si ça l'avait été, je vous aurais conduit dans une impasse en adressant ma proposition par courrier électronique à ce cher FBI. Là, je vous aurais piégé.
-Qu'est-ce que je vous devrais en échange ?
-Concentrez-vous uniquement sur ce qui suivra. Pour le moment, l'heure n'est pas encore venue. Toutefois, vous avez droit à une question.
-Connaissez-vous John Le Rouge ?
Un court silence s'installe au bout du fil avant que le tueur ne réponde.
-Pas d'une manière approfondie mais oui.
Russell Kerban raccroche, le mentaliste fait retomber son téléphone cellulaire sur le siège du passager à l'avant. Sous le choc, il démarre sa voiture onze minutes plus tard, ayant été précédemment dans l'incapacité de bouger.
Cela vous plu? Alors on continue mercredi avec quatre chapitres à la suite d'environ de même longueur.
P.S: J'ai remarqué aujourd'hui que beaucoup lise cette première partie au fil des chapitres mais ne se manifeste pas. C'est dommage. Mais si cela vous fait réagir, chers lecteurs, postez vos avis même anonymement. Je vous tends une perche. Hahaha!
A tous, je vous dis, à dans deux jours.
