Bonjour bonjour !
On sent qu'il s'agit de la période des examens et qu'il y avait le pont la semaine dernière, je n'ai reçu qu'une seule review... *dépression* A moins que mon chapitre ne vous ai pas plus et que vous n'osez pas me l'avouer ? *croise les doigts pour que ce soit la première option*
Bon un chapitre encore drôle, mais ça sera moins le cas sur le prochain, vous voilà prévenu !
Comme d'habitude, les phrases en italiques sont les conversations mentales entre Marco et Lilith. Oh, et les mots suivis d'un * sont expliqués à la fin du texte (Conscience : pour un, Aurore ne veut pas insulter votre intelligence, juste expliquer la référence. Donc gardez vos tomates, vous en aurez sans doute besoin plus tard.)
Disclamer : J'ai besoin de le dire ? Vraiment ? *croise le regard blasé de Marco* Bon d'accord, puisque ce que sale piaf veut, sale piaf a, je déclare qu'à part mes OCs, rien ne m'appartient...*se casse pour échapper à un phénix furax*
Réponse aux Reviews :
Pini : Tu m'as tuée avec ton "Méchante méchante méchante", je te jure que j'étais écroulée de rire sur mon clavier ! Et oui je suis un peu sadique, mais c'est pas drôle sinon... Pour moi, bien sûr ^-^ ! Et pour le rhum... Euh... -_-' tu es vraiment sûr que c'est une bonne idée ? Parce qu'une Lilith ivre... Je veux même pas imaginer les dégâts!
Bonne lecture !
Il y avait des choses que Thatch pouvait supporter, venant de Lilith, après tout ce n'était qu'une enfant. Mais qu'elle s'attaque à son physique de rêve qui charmait toutes les femmes, ça, il ne pouvait pas l'autoriser... Il remonta sur le pont en occultant soigneusement les regards autant surpris qu'amusés de sa fratrie, tout ça parce qu'il avait voulu prendre une foutue douche après avoir préparé le repas de midi avec les autres cuisiniers, le temps que ça cuise... Il arriva sur le pont, bleu de rage, et hurla :
- Où est cette insupportable gamine ?
Il arriva devant son Oyaji qui le fixa avec un air réprobateur, mais ses yeux pétillaient. Le commandant savait qu'il se retenait de rire. Cependant il ignorait pourquoi il ne le faisait pas... jusqu'à ce qu'il aperçoive Lilith endormie sur les genoux du capitaine. Il s'attendrit quelques secondes, uniquement quelques secondes, avant d'entendre un déclic d'appareil photo derrière lui, et il se retourna pour apercevoir Izou qui reprit une photo de lui. Après tout, ce n'était pas tout les jours qu'on voyait le très estimé et tombeur de ces dames repeint en bleu...
- Très joli Thatch, tu as décidé d'essayer un nouveau style ? le taquina le travesti.
C'était la goutte de trop pour le quatrième commandant, qui vint planter son index dans le torse du brun hilare, et siffla qu'il lui ferait passer le goût de se moquer de lui, s'il ne se calmait pas immédiatement. Une petite voix s'éleva alors, interrompant le début de dispute :
- Q'c'qui c'pas' ? fit encore ensommeillée la demi-elfe.
Elle avait utilisé un peu beaucoup de magie le matin même, alors elle était encore un peu fatiguée malgré la sieste sur les genoux de son Oyaji. Elle releva la tête et papillonna des yeux, et ses frères présents purent admirer la belle marque rouge sur sa joue droite de ce qui lui avait servi d'oreiller. Elle posa les yeux sur Thatch et un sourire fleurit sur ses lèvres alors qu'elle s'exclamait, joyeuse et soudain bien réveillée :
- Oh, un Schtroumpf * !
Le commandant se retourna lentement, trèèèès lentement, avant de poser ses yeux bruns brillants de couleur sur sa petite sœur pas si innocente que ça...
- Lilith, je sais pas ce qu'est un Schtroumpf, je veux pas le savoir par ailleurs, mais je t'assure que tu vas le payer.
- Hey, c'est bon, ça s'en va à l'eau ! Haruta s'est retrouvée en rose la dernière fois et elle a pas fait autant de chichis !
Il leva un sourcil, avant de croiser les bras sur sa poitrine.
- Noooon, elle l'a tellement bien pris... Rappelle-moi qui a fini couverte de duvet d'oie ce jour-là ?
Lilith rougit, se souvenant très bien que sa sœur n'avait pas manqué de se venger... Elle fit des grands yeux attendrissants et s'excusa du haut des genoux de son Oyaji auprès de son frère. Celui-ci allait lui répondre quand une des vigies descendit à toute vitesse dans la voilure et se laissa tomber sur le pont avant de s'écrier :
- Navires en vue !
Shirohige posa sa bouteille de saké et fronça les sourcils.
- La Marine ?
Déjà Thatch s'avançait pour que Lilith descende avant que la vigie ne le nie, et n'ajoute les yeux brillants d'excitation et de joie :
- Il s'agit d'Epoida et de Whitney Bay, Oyaji !
Lilith se raidit. Elle se rappelait de la bleue, et aussi de la mission que lui avait confié son Oyaji. Elle déglutit, soudain mal à l'aise, et vint se cacher dans les replis du manteau du géant, inspirant l'odeur de saké qui avait fini par être réconfortante. L'homme comprit l'inquiétude de sa plus jeune fille, et sachant qu'il faudrait aussi lui présenter Epoida en tant qu'allié, il demanda à Thatch d'aller chercher Marco... Et de passer sous l'eau pour s'enlever le colorant aussi, s'il ne voulait pas être la cible des taquineries de Bay. Le brun – enfin le bleu pour le moment – acquiesça en jetant un œil inquiet sur l'endroit où se cachait sa petite sœur, puis soupira. Ce n'était pas aujourd'hui encore qu'elle verrait des étrangers sans se cacher derrière quelqu'un.
La fratrie s'organisa sur le pont pour permettre aux équipages alliés de s'approcher et de s'amarrer sans aucun risque, et les deux bateaux furent bientôt côte à côte. L'un était le fameux brise-glace de Bay, et l'autre était un navire avec une chenille en proue, reprise dans le Jolly Roger d'Epoida. Son allié ne changerait jamais, il était plus que fière de son Akuma no Mi. D'ailleurs les deux capitaines mirent enfin pied sur le pont, et Bay vint le saluer la première.
- Bonjour Oyaji, j'ai des nouvelles à propos de la mission que tu m'as confié, mais je crois qu'il serait bon de mettre Epoida au courant d'abord, c'est lui qui m'a donné la piste.
- Bonjour Bay. Il aurait fatalement été mis au courant lors de notre rassemblement annuel, donc cela ne pose aucun problème.
- Bon, dans ce cas-là je vais aller embêter Marco et dire bonjour à Lilith pendant ce temps ! s'exclama-t-elle joyeusement, avant de rentrer dans le cœur du navire avant que Shirohige n'ait eu le temps de lui dire que la petite fille était avec lui.
Il soupira, de toute façon ce serait ainsi plus simple pour expliquer à Epoida qui s'approchait à son tour.
- Bonjour Oyaji, comment vas-tu ?
- Bien, et toi ?
- Oui, à part qu'il semblerait que tu te sois mis à nous faire des cachotteries, et pourquoi c'est Bay qui est au courant d'abord ? se plaignit-il faussement, faisant sourire son Oyaji.
Epoida avait toujours été un râleur, cela ne changerait sans doute jamais. Enfin, pour tout lui expliquer, ce serait sans doute plus simple de commencer par le commencement...
- Lilith, sort de là et dit bonjour à Epoida, je te promets, il ne mord pas.
La demi-elfe se résigna à sortir de l'abri que formait le manteau, s'exposant aux regards curieux de l'équipage allié. Elle gardait la tête baissée, nerveuse, avant que Marco ne la rassure par leur lien, lui promettant qu'il arrivait bientôt. Elle se permit alors de relever le visage et de dévisager l'homme en face de son Oyaji et d'elle, qui la détaillait aussi – elle sentait son regard sur elle –.
Epoida était un imposant homme rond avec des cheveux orange-brun ondulants jusqu'à ses épaules. Une frange cachait ses yeux qui surmontaient un nez rond rose, et ses bras étaient relativement longs comparé au reste de son corps. Il faisait penser à une chenille de Smallcountry, de l'avis de Lilith. Il portait un chapeau blanc qu'il enleva quand il se présenta à elle, un sourire sur sa figure, et la demi-elfe le lui rendit, quoiqu'un peu hésitant. Il n'était pas intimidant, loin de là, mais elle n'était toujours pas à l'aise avec ceux qu'elle percevait comme des étrangers. Elle se présentait à son tour quand un hurlement provenant de l'intérieur du navire retentit :
- MARCO ! JE TE JURE QUE SI TU ME RENDS PAS MA FORME NORMALE IM-ME-DIA-TE-MENT, JE TE FAIS BOUFFER TES PLUMES !
- On dirait la voix de Bay... fit remarquer Epoida, avant croiser le regard fatigué de Shirohige. Tu as une idée de ce qu'il se passe, Oyaji ?
Son allié ne lui répondit pas tout de suite, et il s'aperçut que l'enfant – il n'avait pas encore émis d'avis sur sa présence, il attendait d'en savoir un peu plus sur elle pour trancher – semblait savoir ce qu'il se passait, et avait un sourire sur ses lèvres, bien plus franc que celui qu'elle lui avait adressé.
- Oyaji, je crois que Marco vient d'avoir le même problème que moi mais dans le sens inverse...
- Je le pense aussi ma fille, malheureusement... Ne puis-je donc pas avoir la paix ne serait-ce qu'un seul jour ? fit-il dramatiquement pour faire rire l'enfant, ce qui marcha très bien.
Epoida observait les deux avec stupéfaction, il avait rarement vu son père de cœur se comporter ainsi... Mais cela lui fit chaud au cœur. Il allait demander ce que l'enfant voulait dire par problème quand il vit Marco débouler à toute vitesse sur le pont poursuivit parce qui lui sembla être... Un dindon géant gloussant bleu clair comme les cheveux de Bay avec des nuances dorés, l'air profondément furieux.
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'écria Epoida alors que le commandant se réfugiait derrière lui, pas vraiment préparé à affronter un volatile géant qui était sa sœur. Marco, qu'est-ce que tu as foutu ?
Lilith se pinça le bras, pour être sûre qu'elle ne rêvait pas. Mais non, c'était bien ça...
- Un Spatchoune * . Il a transformé Bay en un putain de Spatchoune, s'étrangla-t-elle à moitié avant de rire aux éclats.
Le blond pâlit, sachant très bien ce qu'était un Spatchoune... Et pourquoi quand Bay lui avait sauté dessus alors qu'il ne s'y attendait pas, trop concentré dans sa discussion avec Thatch, sa magie – parce que visiblement il n'y avait pas que Lilith qui pouvait piquer ses pouvoirs, son Oyaji l'avait pourtant mis en garde – avait transformé la bleue en dindon sans cervelle...
Il ne parlerait plus jamais de nourriture Autremondienne avec Thatch.
La demi-elfe se calma rapidement, au contraire de la capitaine transformée.
- RENDS-MOI MON APPARENCE NORMAL SALE PIAF !
- Tu sais, t'es aussi un sale piaf désormais Bay, fit remarquer le quatrième commandant qui venait d'arriver, avec un sourire moqueur sur les lèvres. Tu ne peux plus vraiment insulter Marco...
- MAIS TA GUEULE !
Marco se tourna vers Lilith, pendant que le cuisinier en chef continuait d'asticoter la jeune femme transformée.
- Je fais comment là ?
- Bah soit tu attends que ton sort s'arrête de lui-même, soit tu essayes de lui rendre son apparence normale... Mais pour l'intégrité physique de Bay, je crois qu'il vaut mieux attendre... Surtout dans le cas de magie instinctive, ça ne dure jamais très longtemps...
Et l'enfant eut raison, puisque la jeune femme reprit bientôt son apparence normal – sans qu'au passage Izou ne prenne quelques photos, il n'y avait pas seulement le noyau dur des Shirohige Kaizokus sur le mur de la honte – et elle se jeta sur Marco pour l'engueuler, encore couverte néanmoins de quelques plumes. Le commandant attendit patiemment que la tempête passe, pas fou, sachant que s'il ouvrait la bouche sa sœur risquait de l'incendier encore plus, et seulement une fois que Bay fut calmée, il lui adressa des excuses. Epoida commença alors à manifester son impatience. Il aimerait bien comprendre tout ce qu'il se passait, même s'il commençait à se douter que l'enfant n'y était pas étrangère.
- Epoida, Bay, Marco et Lilith dans ma cabine, j'ai beaucoup de choses à dire et cela risque de prendre un peu de temps...
La demi-elfe descendit de ses genoux pour aller se réfugier dans les bras de son Familier, qui passa un bras sous elle pour la porter correctement.
- Tu as déjà pensé à faire un régime ? la taquina-t-il. T'es lourde, tu sais...
- Méchant ! fit-elle en se renfrognant.
Epoida les fixa étrangement, ayant l'impression qu'ils communiquaient sans avoir besoin de parler – à voix haute en tout cas – et Bay vint poser une main sur son épaule.
- Ne t'inquiète pas, c'est normal avec ces deux-là, va falloir t'y habituer...
- Le fait qu'elle fuit mon regard aussi ? grommela-t-il.
- Ça, c'est parce qu'elle ne te connaît pas, elle se comporte ainsi avec tous les étrangers, ne le prends pas personnellement... Tu viens ? Oyaji va nous attendre sinon...
- Ouais, ouais, j'arrive, on est pas pressé...
Il emboîta le pas à son amie, et Marco qui portait l'enfant en fit de même. Ils se trouvèrent côte à côte dans les couloirs, et le capitaine remarqua un étrange bijou au poignet de l'enfant. Pourquoi avait-elle besoin d'un bracelet en Kairouseki à son âge ? Elle aurait déjà mangé un Akuma no Mi difficile à maîtriser aussi jeune ? Intrigué, il posa la question à l'enfant.
- Je... Je n'ai pas mangé de fruit, bredouilla-t-elle, mal à l'aise, c'est... comment dire... compliqué.
Le brun-roux haussa un sourcil à l'attention de Marco, qui passa sa main libre dans ses rares cheveux.
- Oyaji va tout t'expliquer, comme l'a dit Lilith, c'est compliqué... et totalement dingue, heureusement qu'on est tous un peu fou dans le Shin Sekai, sourit-il.
- T'es pas fou, nii-san, le contredit sa petite sœur. Juste mon Familier.
- C'est pas plus rassurant Lilith.
Elle ne lui répondit pas et se colla un peu plus contre lui, inspirant son odeur rassurante. Elle ferma les yeux. Elle n'avait aucune envie de devoir à nouveau parler de ce qu'elle avait traversé, de ce que sa magie avait fait. Elle n'aimait pas ressasser ces souvenirs, d'autant plus que certains revenaient de façon déformés dans ses cauchemars. Marco la tranquillisait par le lien, et elle l'en remerciait, elle ne voulait pas devenir anxieuse à chaque fois qu'on parlait de son passé, et son Familier l'aidait beaucoup en cela, même s'il faisait le Papa Poule un peu trop souvent à son goût.
Enfin ils arrivèrent à la cabine de Shirohige, ils les quatre s'assirent autour de leur Oyaji, Lilith sur les genoux de Marco qui la serrait contre lui, protecteur, et le capitaine commença à expliquer, impliquant la demi-elfe quand cela était nécessaire.
Elle garda la tête baissée presque tout le long, attendant avec une certaine anxiété l'avis d'Epoida sur sa présence et ses pouvoirs. Elle avait déjà deviné, plus que senti, que Bay avait été en partie rassurée de savoir qu'elle était devenue un bébé phénix et à moitié mécontente que Marco soit devenu encore plus fort avec la magie – enfin, il fallait qu'il apprenne à la maîtriser d'abord – mais elle n'arrivait pas à savoir ce que le brun-roux pensait d'elle.
Lorsque Shirohige eut finit, le silence fut quelques instants pesant avant qu'Epoida ne demande :
- Oyaji, on ne peut vraiment pas foutre une bonne correction à ceux qui ont blessé notre petite sœur ? Y'a aucun moyen ?
- Non, fit-il sèchement, coupant court à toute récrimination de son allié.
- C'est pas juste, se plaignit-il en soupirant, faisant relever à la petit fille son visage vers lui.
Epoida remarqua immédiatement l'anxiété de l'enfant, et soupirant à nouveau, il se leva et vint se poster juste devant Marco et elle. Il posa sa main sur sa tête et ébouriffant les cheveux noirs. Elle le foudroya du regard avant de les aplatir, la mine boudeuse, et il lui sourit.
- Hey, entre nous, tu peux me dire ce qu'est un Spatchoune ? Je voudrais bien rire de Bay, pour une fois.
Elle leva les yeux vers Marco, comme pour lui demander son assentiment, puis lui fit signe de se pencher vers elle. Il le fit, et elle lui murmura rapidement à l'oreille :
- Un Spatchoune, c'est un genre de gros dindon doré sans cervelle et très narcissique : pour les attraper, il suffit de mettre un grand miroir dans leur habitat et ils viennent tous se mirer dedans. Et c'est très, très bon.
Il se releva, éberlué, mais elle l'acheva en ajoutant :
- Tiens, rien que d'en parler ça me met l'eau à la bouche... Marco, tu sais ce qu'on mange à midi ?
Le capitaine allié ne put s'empêcher d'éclater de rire. Mais le pire fut quand le premier commandant rentra dans le jeu de sa compagne d'âme avec un énorme sourire en direction de la bleue :
- J'aurais bien dit du Spatchoune mais on a pas attrapé Bay à temps...
- MARCO, T'ES MORT ! cria la concerné avant de se jeter sur lui.
- SUFFIT ! gronda Shirohige, ce qui calma instantanément les trois adultes. Vous vous comportez comme des enfants, vous songez à l'exemple que vous donnez à Lilith ?
- Mais c'est lui qui a commencé ! dénonça la bleue en fusillant le blond du regard.
Newgate soupira. Ses enfants pouvaient être si exaspérants parfois...
- Bay, tu as dit que tu avais des informations pour moi ?
- Oui Oyaji.
- Très bien. Marco et Epoida vous restez, Lilith tu peux t'en aller.
La petite fille acquiesça, et sauta au sol avant de faire un câlin d'excuse à Bay, qui la laissa faire bien qu'un peu prise par surprise, et salua rapidement le brun-roux avant de s'éclipser.
- Bien, maintenant tu peux parler Bay.
Lilith venait à peine de rentrer dans le réfectoire qu'elle s'était fait prendre par le col du T-shirt par un Namur mécontent et accompagné de Frédérik ainsi qu'une des responsables du dortoir des femmes, Sienna, qu'elle ne connaissait que de nom et de réputation. Visiblement son anonymat au niveau blague n'avait pas duré très longtemps...
- Je peux savoir ce qu'on me veut ? tenta-t-elle dans une tentative un peu désespérée de s'en sortir sans punition.
Sinon ça voulait dire qu'elle ne pourrait pas continuer cet après-midi. Les trois adultes l'amenèrent à une table un peu à l'écart, avant que Sienna n'aille lui chercher un plateau.
- Tu manges d'abords, on parle ensuite, décréta-t-elle d'une voix froide, j'ai pas envie d'avoir Marco Taïsho sur le dos, ni Crystal.
L'enfant obéit, et commença à manger silencieusement, jetant de temps à autre un regard à la jeune femme. Elle devait avoir une trentaine d'années, mais son air dur et autoritaire ne la rajeunissait pas, alors peut-être était-elle plus jeune. Elle avait la peau couleur cannelle, de même que ses yeux et ses cheveux. La partie gauche de son crâne était rasé, et trois anneaux perçaient son oreille du même côté. Ses vêtements étaient simples et de couleur terne, et seul un foulard rouge noué autour du cou dénotait sur elle. Mais le plus intriguant était la marque rouge en forme de griffe qu'elle portait sous chaque œil. Elle ne lui posa pas la question de ce que cela signifiait, cependant ça ne l'empêchait pas d'être curieuse, et elle se promit de le demander à Marco. Même si la jeune femme n'était pas de sa division, il devait savoir... Sinon elle irait interroger Rakuyou, en espérant qu'il accepte de répondre.
Lilith termina son plateau bien trop vite à son goût, et quand elle reposa ses couverts dans son assiette Namur prit la parole :
- Alors comme ça on s'amuse à faire chier le monde ? Ne nie pas, on a des preuves.
Elle soupira, avant de demander :
- Qu'est-ce qui m'a tra... Oh merde.
Elle avait oublié quelque chose de primordiale en faisant la sieste ce matin. Lorsqu'un sortcelier moyen dormait ou s'évanouissait, bref, perdait connaissance, ses sorts s'annulaient... C'était pas drôle, la huitième division s'en sortait sans aucun dommage ! Bon, pour le dortoir des femmes, c'était autre chose... Le vernis sur la savonnette, ça marche même sans magie.
- Nous nous sommes donc mis d'accord tous les quatre – oui, on a discuté avec Thatch aussi – pour une punition.
Elle remercia mentalement le fait que personne à part Raezo soit au courant pour la blague sur Izou, ç'aurait rajouté à sa peine...
- Et ?
- Déjà tu vas enlever le vernis des savonnettes si tu es capable de le faire. Ensuite tu aideras au rangement du dortoir de la seconde division. Et enfin... Le sourire de Frédérik se fit carnassier. Entraînement tous les matins dès sept heures pendant deux semaines.
La tête de Lilith tapa contre la table de dépit. Elle en était fatiguée d'avance... Bon au moins, Marco aurait l'amabilité de la réveiller un peu en avance pour qu'elle puisse se préparer. Elle soupira, et Sienna lui fit remarquer que si elle était restée sage, elle n'aurait pas eu d'ennuis. Elle rétorqua gentiment, qu'être sage c'était bon pour les grandes personnes, et que c'était ennuyeux.
- Donc ne va pas te plaindre, conclut la jeune femme. Suis-moi, on va commencer ta punition.
Lilith se leva et obéit en grommelant mentalement. Elle voulut chercher du réconfort à travers son lien avec Marco avant qu'elle ne s'aperçoive que celui-ci l'avait coupé. Elle aurait mis sa main à couper que cela n'annonçait pas de bonnes nouvelles. Même lors des réunions hebdomadaires avec les autres commandants de division, il ne le coupait pas, sachant garder une apparence impassible et concentrée alors qu'il lui envoyait en parallèle des émotions apaisantes.
Elles arrivèrent finalement devant les quartiers féminins et Sienna ouvrit la porte avant de pousser l'enfant dans le dortoir d'une main dans le dos. Il était désert à cette heure de fin de repas, et cela soulagea Lilith. Elle allait au moins éviter de se faire taquiner par ses aînées. Elle se dirigea tout naturellement vers les douches, et se souvenant de quelles savonnettes elle avait piégé, les retira et les rassembla vers elle à terre. Sienna arriva à ce moment-là, et en voyant qu'il restait encore des savonnettes s'apprêta à enguirlander Lilith. Elle avança vers l'enfant sans regarder où elle mettait les pieds. La petite fille sentit venir la chute, et tenta de prévenir l'adulte mais trop tard.
Sienna glissa sur les objets piégés et se retrouva fesses contre terre.
Lilith tenta bien de ne pas rire du ridicule de la femme stricte, mais elle ne tint pas plus de deux secondes avant de se payer une bonne crise de fou rire. Elle se calma néanmoins assez vite pour voir Sienna se relever avec un air bien trop tranquille. Et quand son prénom fut prononcé d'une voix doucereuse, la demi-elfe sut qu'il fallait fuir.
- Je suis désolée, j'ai pas fait exprès, je vais voir Fred pour la suite de ma punition maintenant, au revoir !
Elle contourna rapidement la jeune femme et se mit à courir très, très vite, ne s'arrêtant surtout pas au bruyant '' LILITH ! '' hurlé par Sienna, pas suicidaire pour un crédit-mut * .
Elle tourna à un coin de coursive et rentra dans quelqu'un, la faisant tomber sur les fesses. Elle se releva immédiatement en s'excusant, et allait repartir dans sa course quand elle fut soulevée par deux bras. Elle reconnut immédiatement l'odeur de son Familier et se retourna pour se coller contre son torse, avant de se justifier précipitamment.
- J'te jure que c'est pas ma faute ! C'est Sienna qu'a glissé, j'y suis pour rien mais elle m'en veut quand même !
- Hey, hey, mollo, je ne sais même pas de quoi tu parles poussin, reprends depuis le début, s'amusa Marco en s'arrangeant pour la stabiliser contre lui, tandis que Bay contre qui la petite fille s'était cognée les fixait avec tendresse.
- Je peux expliquer Taïsho, fit la voix furibonde de Sienna.
Mais une fois l'histoire racontée, cela fit plus rire Marco qu'autre chose.
- Ça t'apprendra à regarder où tu mets les pieds, c'est pas la première fois que ça t'arrive ! plaisanta-t-il, avant de reprendre plus sérieux. Tu ne t'es pas fait mal ?
Elle nia, et le commandant réussit à l'apaiser assez pour qu'elle laisse Lilith tranquille. La petite fille offrit un sourire de remerciement à son frère qui eut soudain le regard triste, et un peu coupable.
- Qu'est-ce qu'il y a nii-san ?
Elle sentait qu'elle n'allait pas aimer la suite.
- Je vais partir pour une mission à durée indéterminée.
un Schtroumpf : je ne vais pas vous expliquer ce que c'est tout de même, mais juste pour info Lilith a eu cette référence parce qu'Autremonde est connecté à notre bonne vieille Terre, et même que la plupart des bonbons Haribo sont envoyés là-bas, mais chut, faut pas le dire... En tout cas la culture terrienne est aussi présente sur Autremonde, c'est pour ça que Lilith connaît ces petits bonhommes bleus, alors que Thatch non.
Spatchoune : la plupart des infos sont déjà dites, mais c'est juste que le Spatouchne sur Autremonde, c'est comme pour nous du poulet... donc ma blague de la dernière fois, avec mettre l'eau à la bouche, ben voilà, ça faisait ref à la cuisine...
un crédit-mut : la monnaie d'Autremonde. Chez nous on aurait dit pour un sous. Un Shirohige Kaizoku pour un berry.
... La fin est un peu sadique non ?
Alors je vous dis normalement à la semaine prochaine pour le chapitre suivant, et après la semaine prochain, il ne devrait plus y avoir de retard.
Une review ?
