Bonjour! Avant de vous laissez lire le nouveau chapitre, je voudrais dire merci à tout ceux qui m'ajoutent dans leur favori, qui me suivent et ou qui review! J'adore avoir votre opinion, mais juste savoir que vous me lisez me fait un grand plaisir.

Le chapitre qui suit est le plus long que j'ai écrit jusqu'à maintenant. Alors je vous souhaite une bonne lecture! :D


Au grand damne des garçons, nous étions arrivés dix minutes en avance au cours de métamorphose. Comme toujours, je m'installai à l'avant complètement, tandis qu'Harry et Ron se plaçait à la table juste en arrière de moi. Ces derniers temps, la place à côté de moi avait été occupée par Alicia, ce qui m'empêchait considérablement de me concentrer. Elle faisait de son mieux pour être attentive, mais il lui arrivait souvent de se perdre dans la contemplation d'un beau garçon. Si j'avais toujours eu une attention sélective en ce qui concernait les garçons, Alicia n'en avait aucune. Peu importe la maison, tant qu'il était beau, il méritait son attention. Durant les cours, elle me frappait souvent du coude pour me montrer un Poussoufle ou encore un Serpentard qu'elle trouvait mignon. Maintenant qu'elle était partie, il m'arrivait souvent d'être seule à ma table. Sinon, Neville venait prendre place à mes côtés. Dans ces cas là, quand on parlait de garçons, c'était parce que les Serpentards dans la salle l'importunaient.

Je n'avais jamais vraiment compris cet acharnement que je croyais venir du directeur. Bien que Gryffondor et Serpentard n'aient jamais réussis à s'entendre, presque tous nos cours étaient avec eux. Sauf le cours de défense contre les forces du mal. Les enseignants craignaient sûrement qu'on se pratique un peu trop fort les uns sur les autres, maintenant que nous étions grands et que les sorts étaient puissants, c'était déconseillé de nous laisser ensemble.

Il restait cinq minutes avant que le cours commence et la classe était toujours aussi vide. J'ouvris mon livre en poussant un soupir pendant que les garçons discutaient bruyamment en arrière de moi. Perdue dans mes pensées, je n'entendis pas la classe se remplir peu à peu.

-Hermione! Alors, bien dormis?

Je sursautai violement. Je n'avais pas entendu l'individu s'approcher. Je relevai la tête de mon livre et plongeai mes yeux dans les iris bruns foncés de Blaise. Au même moment, je sentis plusieurs regards se poser sur nous, venant des Gryffondors comme des Serpentards.

-Dur comme un bébé. Et toi?

-Oh... Pas d'autres suçons, alors?

Je lui fis les gros yeux. Il n'était pas obligé de parler de cela dans une salle pleine d'élèves, non? Il me semblait qu'il parlait trop fort aussi.

-Moi aussi j'ai bien dormi. J'ai fait pleins de beaux rêves.

Il m'adressa un clin d'œil coquin et je me mordis la lèvre pour ne pas rire. Il n'eut pas le temps d'ajouter plus, McGonagall venait d'arriver. Je m'attendais à ce que Blaise retourne à sa place, mais il s'installa plus confortablement dans sa chaise et je remarquai qu'il avait posé ses livres sur ma table.

Sa présence à mes côtés n'était pas dérangeante, mais les regards insistants que je sentais se poser sur nous me mettaient vraiment mal-à-l'aise. Je ne sais si c'était de la paranoïa, mais j'avais l'impression que tout le monde, y compris McGonagall, nous dévisageait. Le regard de mes deux meilleurs amis me brûlait le dos et j'avais la désagréable impression que Drago, assis à l'arrière de la salle avec Théodore Nott, n'appréciait pas du tout la situation. Malgré tout, une vingtaine de minutes plus tard, je commençais à ne plus y penser. Blaise se penchait quelques fois vers moi pour me montrer de ridicules dessins qu'il avait gribouillé au lieu de prendre des notes ou pour me faire lire ses commentaires acides sur les autres élèves. Je devais, à chaque fois, me retenir de rire. Assise au premier rang, j'étais placée sous l'œil attentif de mon enseignante. Je ne pouvais pas me faire prendre en flagrant délit. La miss-je-sais-tout en moi ne l'aurait pas supporté.

Quelques minutes avant que la cloche ne sonne, je reçus un énième coup de coude de Blaise. Je jetai un œil sur son cahier ouvert, tourné vers moi.

Pourquoi Drago ne s'asseoit pas avec toi? Il nous fixe depuis le début du cours, je l'ai rendu du jaloux! :P

Blaise me souriait. Rendre son meilleur ami jaloux ne semblait pas le déranger, au contraire, il y prenait plaisir. Il semblait pourtant soucieux de notre comportement distant en dehors de notre salle commune.

On n'a pas encore décidé de la marche à suivre devant les autres. On fait comme si rien n'avait changé. Tu crois que c'est mal?

J'ignorais pourquoi je lui demandais son opinion, mais avoir un avis différent de celui de Ginny ou d'Alicia me semblait une bonne chose.

Je ne sais pas. Si ça vous excite de vous cacher, non! Mais je ne vois pas pourquoi vous avez besoin de le faire.

Trouver le moyen de tout ramener au sexe semblait un art chez lui qu'il maîtrisait à la perfection.

Tu ne vois pas pourquoi? Regarde autour de nous. Tout le monde nous fixe depuis que tu t'es assis avec moi! Imagine si c'était Drago...

-Miss Granger, Monsieur Zabini! Ce n'est pas parce qu'il reste deux minutes au cours que vous pouvez arrêter de suivre mes explications.

Alors que tous les regards se fixaient définitivement sur l'étrange duo que Blaise et moi formions, j'eus l'envie soudaine de disparaître dans le plancher. Je ne savais pas quoi dire.

-Désolé professeure, c'est ma faute. Je ne comprenais pas tout à fait ce que vous avez écrit au tableau, alors j'ai demandé à Hermione de vérifier si j'avais bien retranscrit.

La professeure se pinça les lèvres et nous jeta un regard suspicieux.

-C'est vrai miss Granger?

-Oui professeure, je suis désolée.

-Bien, à l'avenir, posez-moi directement la question monsieur Zabini.

Parce qu'on venait de lui faire perdre le temps qu'il lui restait, Mcgonnagal se mit à parler très vite pour tenter de nous donner en trente secondes toutes les informations dont nous avions besoin. Quand la cloche sonna, elle était toute essouflée, alors que nous souffrions tous d'une crampe à la main. Trop de devoirs à noter. Blaise repartit comme il était venu, en coup de vent.

-Parlez-en. Bonne journée, Hermione!

Il me pressa le bras et partit avant que je n'ai pu lui répondre. Harry toussota derrière moi pour attirer mon attention. Je lui souris et suivis les garçons vers la sortie. Je ne leur expliquai pas immédiatement, il y avait beaucoup trop d'oreilles curieuses autour de nous pour que je puisse parler en toute tranquillité. Ce n'est qu'une fois assis à table pour dîner, après un deuxième cours qui ne voulait pas se terminer, que je leur racontai.

-Blaise est passé faire un tour hier soir. Drago tenait à ce que moi aussi je sympathise avec ses amis.

-Et bien. Il semblerait que tu ais réussie.

Ron me regardait avec insistance. Une petite pointe au cœur me saisit. Il parlait comme il l'avait toujours fait. Avec rancœur. Je sentais bien qu'il essayait de maîtriser ses émotions, mais Ron n'avait pas changé. Il ne changerait sûrement jamais. La nouveauté et le fait de devoir me partager l'effrayait autant qu'avant. Je sentis le besoin de me justifier.

-Il est vraiment gentil. Et il a le don de mettre à l'aise, il n'arrête pas de faire des blagues!

-Je n'aurais jamais imaginé entendre une chose pareille sur Zabini, encore moins venant de toi, Mione!

Harry parlait en souriant. Lui aussi avait décidé d'utiliser l'approche de la plaisanterie.

-C'est vrai qu'il m'a toujours semblé distant et loin d'être bavard.

Ginny penchait la tête pour mieux observer Blaise, comme si le fait de le dévisager allait lui donner les réponses à toutes ses questions. Bien que son attitude soit un peu ridicule, ses propos comme ceux d'Harry étaient véridiques. Zabini avait été très discret durant les premières années de notre scolarité. Il ne semblait pas avoir d'amis. Il se tenait quelques fois avec Drago, mais il ne parlait pas tout à fait avec lui. Il souriait aussi très rarement, mais cela était monnaie courante chez les Serpentards. Par contre, il était plus vivant cette année. Il socialisait avec les autres élèves, surtout les Serpentards, mais aussi quelques Poussoufles et Serdaigles. Il parlait fort à table, souvent sa voix résonnait dans la grande salle. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour qu'il ait un tel retournement de comportement? Il faudrait que je demande à Drago, ou au principal intéressé, mais je ne voulais pas aborder de sujets trop sensibles. Après tout, je ne le connaissais réellement que depuis hier.


-Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard.

Ma déclaration surpris mes amis. Ron se mit à triturer sa robe de sorcier, tandis que Ginny me regardait avec suspicion. Harry soupira.

-Moi non plus.

-Vous pouvez rester une année de plus à Poudlard pour vous décider, ça va me faire plaisir de vous aider si vous restez!

Ginny avait un grand sourire moqueur. C'était inenvisageable, en plus d'être impossible, mais l'idée plaisait beaucoup à ma meilleure amie, qui redoutait sa dernière année scolaire. Traîner avec des plus vieux avait ce désavantage: elle devrait consolider les quelques amitiés qu'elle avait su créer si elle ne voulait pas passer une année en solitaire. Je décidai de passer sous silence ce fait, je ne voulais pas la torturer.

-Ça me rend folle de savoir que dans quelques jours je vais devoir faire un choix.

-Moi aussi.

Harry et moi soupirâmes de concert. Les enseignants avaient accepté, comme c'était coutume depuis plusieurs années, de sacrifier les cours du vendredi après-midi pour nous épauler dans notre inscription à une école de magie supérieure. Il nous faudrait donc savoir ce que nous voulions faire plus tard, ou du moins, savoir dans quel domaine nous voulions étudier.

-Si vous voulez, on peut vous aider à faire une recherche?

-Ou vous pourriez faire une liste de tout ce qui vous intéresse?

-Peut-être que si vous demandiez de l'aide à un professeur? Ou à Dumbledor? Je suis sûre qu'il serait ravi de vous conseiller.

Mes deux rouquins d'amis y allaient de concert pour tenter de nous aider. C'est un peu à contre cœur qu'Harry et moi acceptâmes de plonger en nous pour trouver une idée de ce que nous voulions faire plus tard. Avoir su, peut-être aurions-nous abandonné le projet avant même de l'avoir entrepris. En effet, cela nous avait pris deux soirées complètes de recherche dans divers manuels et listes d'emplois sorciers. Au final, Harry avait quand même trouvé quelques idées, dont aurore et langue de plomb. Pour ma part, j'ignorais toujours ce que je voulais faire. J'avais bien une idée des métiers que je ne voulais pas faire en tête, mais pas du contraire. Par exemple, je ne pensais pas avoir envie de me battre, j'avais assez donné contre Voldemort. En y réfléchissant, j'avais aussi rayé des possibilités l'emploi de bibliothécaire, car je ne me voyais pas travailler dans le silence complet. Et puis, sans vouloir être méchante, je ne voulais pas devenir comme madame Pince.

Même si je n'avais toujours aucune idée de ce que je voulais faire dans le futur, j'avais le sentiment d'avoir aidé mon meilleur ami. Si nos deux séances avaient au moins servi à un de nous, alors on pouvait dire mission accomplie.


-Alors, tu as trouvé ton avenir à la bibliothèque?

Je tirai la langue à mon blondinet. Il était confortablement installé dans le divan du salon, terminant son étude. Il restait seulement une semaine avant nos examens. Je ne doutais pas que Drago serait prêt. On passa une petite heure à étudier ensemble, se posant tour à tour des questions. Ce qui était bien dans notre étude, c'est qu'on cherchait tous les deux à poser la question la plus compliquée et qu'aucun de nous ne voulait s'avouer vaincu par une question. Après cela, les examens nous paraîtraient sûrement d'une facilité déconcertante.

-Drago..?

-Oui?

-Penses-tu qu'on devrait s'afficher devant Poudlard?

Il prit un moment de réflexion. Souffla sur la mèche rebelle qui avait glissé devant ses yeux et parla.

-Est-ce que c'est ce que tu veux?

Je me mordis la lèvre. Étais-ce ce que je voulais? Sentir le regard pénétrant des élèves de Poudlard sur moi. Celui du corps enseignant aussi. Subir les questions des Gryffondors et les railleries des Serpentards? Mais en même temps, pouvoir embrasser Drago dans les corridors. Être dans ses bras aux pauses, parler avec lui durant les cours, arrêter de l'ignorer ou de l'insulter facticement, profiter d'une belle journée ensoleillée avec mon amoureux...

-Oui.

-Alors on va s'afficher.

J'approchai mon visage du sien et l'embrassai au coin des lèvres, délicatement. Puis je posai mes lèvres sur les siennes. Elles étaient un peu rugueuses, mais si délicieuses. Il passa sa main dans mes cheveux et tira sur l'élastique qui les retenaient. Son autre main se logea contre ma hanche, tandis que je m'accrochais à ses épaules, puis à son cou. Alors que j'allais totalement m'abandonner à lui et à toutes les sensations que je ressentais, une information traversa mon esprit. Je rompis notre baiser, doucement, et je me reculai légèrement.

-Il faut que je te parle d'autre chose avant.

Il grogna et se rapprocha à nouveau de moi, collant violemment nos lèvres ensemble. Ma tête se mit à tourner légèrement et je répondis avec ferveur à ses lèvres insistantes, ouvrant la bouche pour laisser sa langue caresser la mienne. Pourtant, ma conscience revint me ramener à l'ordre et je me reculai de nouveau, me retrouvant coincé contre le bras du divan.

-Il faut vraiment qu'on parle, Drago...

-Oublie ça.

Sa voix était rauque et ne laissait place à aucune contradiction. Après tout, ça pouvait attendre une petite partie de jambes en l'air, non? Comme si je pouvais répondre de moi, ses lèvres dans mon cou faisaient des miracles! J'enroulai mes jambes contre ses hanches et je défis lentement les boutons de sa chemise, me retenant pour ne pas les déchirer. Pendant ce temps, ses baisers étaient descendus de plus en plus bas, jusqu'à arriver à la lisère de mon soutien-gorge et à l'ouverture de ma chemise. De ses longs doigts agiles, il me retira ma chemise et ma brassière, puis il déposa sa bouche sur mon sein, glissant entre ses lèvres une langue taquine. Je gémis tout en inclinant la tête vers l'arrière. Je laissai sa chemise déboutonnée recouvrir son dos et ses bras, préférant glisser mes doigts le long de son ventre pour arriver rapidement devant sa boucle de ceinture. En quelques secondes, son pantalon et son boxer échouèrent en bas de ses genoux. Du bout de mes doigts, je caressai son pénis avant de les enrouler autour et de commencer un mouvement de va et vient rapide qui le fit grogner.

Pour atteindre son membre dur, j'avais du dénouer mes jambes de ses hanches, ce que Drago prit comme une invitation. Il remonta ma jupe et glissa ses doigts sous ma culotte, accédant facilement à mon point sensible. Je gémis sous ses caresses, l'embrassant passionnément pour tenter en vain de limiter mes cris. J'accentuai l'étau de ma main autour de son pénis tout en accélérant le mouvement, provoquant des grognements savoureux chez mon compagnon.

Pressé, il se contenta de tasser légèrement ma culotte et d'enlever ma main pour me pénétrer. Je soupirai. C'était si bon. Après une seconde d'un contentement immobile, on amorça un va et vient énergique. J'entourai à nouveau son corps de mes jambes, le collant le plus près de moi possible. Nos corps bougeaient de concert et nos bouches gémissaient ensemble, lèvres contre lèvres. L'orgasme vint rapidement, nous terrassant tous les deux.

Je laissai ma tête tomber dans le vide, alors que Drago laissait son corps reposer sur le mien. J'adorais sentir tout son poids sur moi, sans retenue. Tout comme j'aimais humer l'odeur qu'il y avait dans son cou. Il sentait lui, l'homme, la sueur et un petit arrière goût épicé. C'était divin. Et si court. Les plus beaux moments ne pouvaient durer que quelques secondes, ainsi, on ne pouvait que les apprécier quand ils passaient.

Ce n'est qu'une fois couché l'un contre l'autre dans son lit que j'abordai le sujet qui me tracassait.

-Il faut que je te parle de quelque chose.

-Ah, oui. Ce qui ne pouvait pas attendre tout à l'heure, c'est ça?

Il avait un petit sourire coquin aux lèvres, tout à fait mignon.

-Ce sujet là, oui. Ça concerne cet été.

Drago s'appuya sur un coude et me fixa, un sourcil relevé.

-Je ne sais pas si tu es au courant, mais Harry n'a pas vraiment de famille...

Je sentis mon amoureux devenir suspicieux.

-Il a une tante, mais elle déteste la magie, alors elle est vraiment odieuse avec lui. Et puis, Sirius est mort. Il lui a laissé une maison, mais elle est horrible. Les Weasley considèrent Harry comme leur fils, mais ils n'ont pas vraiment d'argent...

-Je commence à voir où tu veux en venir et je ne suis pas sûr d'apprécier la tournure que prend cette conversation.

Il n'avait pas besoin de le spécifier, son corps parlait pour lui. Il était tendu.

-Il n'a nulle part ou vivre durant l'été, alors je pensais l'inviter chez moi. Pendant ce temps là, il pourrait rénover la maison de Sirius. Après quoi, il aura un endroit à lui où vivre...

Bon, d'accord. Je ne 'pensais' pas vraiment l'inviter chez moi, je l'avais invité. Mais présenter les choses ainsi me semblait plus judicieux, compte tenu que Drago n'appréciait pas d'être mis devant un fait accompli. Je lui donnais un peu l'impression qu'il avait son mot à dire, même si ce n'était pas vraiment le cas. Quoique, s'il refusait, est-ce que j'accepterais son choix? Je ne voulais pas savoir, car il allait accepter. Je me croisai subtilement les doigts, vieille habitude moldu qui ressortait quelques fois.

Cela faisait un moment que je lui avais dit et il ne réagissait toujours pas. Il semblait mécontent, déçu aussi. Je me mordillai la lèvre, anxieuse.

-Et Ginny?

Oh la là. Que devais-je répondre? Si je lui disais qu'elle était d'accord, je lui avouais que j'en avais déjà discuté avec Harry.

-Je ne ferais rien qui puisse lui faire du mal. Je crois que c'est la même chose pour Harry. Il l'aime tellement qu'il serait prêt à aller habiter dans l'horrible maison de Sirius si elle le lui demandait.

Je m'en sortais plutôt bien.

-Et tes parents, tu leur en as parlé?

-Euh... J'ai commencé à tâter le terrain, oui. Je suis leur seul enfant, alors ils vont dire oui à tout...

Il se pinça ses lèvres.

-J'avais pensé que tu aurais pu venir chez moi durant l'été.

Son ton était dur, pas romantique du tout. Pourtant, cette offre était sensée l'être, si je n'avais pas déjoué ses plans. Je me sentis touchée.

-Un n'empêche pas l'autre, non? Je pourrais venir une semaine et Harry irait chez les Weasley ou il resterait chez moi tout seul, ça ne dérangerait pas mes parents.

-J'avais pensé à tout l'été...

La surprise se peignit sur mes traits. J'étais vraiment touchée. Et folle de joie. Malgré tout, je relativisai, calmement.

-Tu sais, même si Harry n'était pas venu, je ne pense pas que j'aurais passé tout l'été chez toi. Mes parents me manquent, ainsi que ma vie là-bas...

Il hocha la tête, mais garda la bouche pincée et le corps tendu.

-Je comprends.

-Si tu veux bien rencontrer mes parents, tu pourrais venir chez moi, le plus souvent possible même, durant l'été. Et je vais faire la même chose de mon côté. De toute façon, je m'imagine mal ne pas te voir à tous les jours...

Il m'attira à lui en souriant un peu. Sa bouche contre mon oreille, il me murmura quelques mots.

-Je n'aime pas du tout l'idée, mais je ne veux pas être responsable si Potter rentre en Psychomagie parce qu'il a vécu chez Black.

Il soupira légèrement. Je me mis à caresser son dos et je le sentis se détendre peu à peu.

-Merci.

Je lui donnai un chaste baiser sur la joue. J'avais eu ce que je désirais, mais la victoire avait un arrière goût de culpabilité. Ce n'était pas tant qu'Harry vienne chez moi que de devoir refuser son invitation. Je sentais que même si Drago n'aimait pas l'idée qu'un autre homme habite chez moi, vive avec moi, il avait confiance en moi. Il ne redoutait pas que je le trompe. Cette confiance me faisait chaud au cœur.

De plus, vivre éloignée de Drago allait être un défi. Depuis que nous étions en couple, et même avant, on fonctionnait comme un couple en ménage. Se retrouver séparés, loin l'un de l'autre, devoir se planifier des moments pour se voir, devoir composer avec la présence des adultes... Est-ce que mes parents allaient nous laisser dormir ensemble? Oh... Cela allait s'avérer compliqué. Au moins, la magie existait. Mon esprit tordu pensait déjà à la difficulté que ce serait de faire l'amour ensemble chez mes parents. Je n'osais imaginer à quel point ce pouvait être compliqué pour un couple adolescent moldu. Composer avec les parents et avec le bruit... Parce que le sujet me semblait léger, je racontai à Drago où en était mes pensées et on se mit à rigoler sur toutes les situations coquasses et gênantes auxquelles pouvaient être confrontés de jeunes moldus. Puis, le sommeil nous emporta, le sourire aux lèvres.


Accotée contre un mur du cachot, j'attendais que Rogue ouvre les portes de la classe. Les cinquième années auraient déjà du avoir terminé leur cours de potions, mais la porte était résolument restée close. Entre temps, presque l'entièreté des Gryffondors et des Serpentards étaient arrivés pour le cours. Plusieurs des conversations mentionnaient l'étrangeté de la situation. Les élèves avaient sûrement du faire péter un plomb au professeur de Potions.

-Dégagez.

La voix, froide, exigeait. La langue, claquante, ordonnait. Mais c'était sans compter sur les Gryffondors et leur courage légendaire.

-Même pas en rêve, Malefoy.

-Dégagez je vous ai dit. Je dois parler à Granger.

La voix, hautaine, se fit obéir. Les quelques Gryffondors qui s'étaient amassée entre moi et le corridor se séparèrent pour laisser passer le blond, certains m'adressant des regards désolés. Passant au travers du chemin laissé par les élèves, il avançait avec grâce et assurance. Son urgence à m'atteindre m'inquiéta.

-Ça va, Drago?

Il ne ralentit pas sa marche, même s'il était rendu à mes côtés. Il ne prit pas non plus la peine de me répondre. Par contre, les étudiants autour de nous avaient bien entendu son prénom franchir mes lèvres, c'est pourquoi ils redoublèrent d'attention à notre égard. Les mains de Drago vinrent se poser sur mes épaules sans douceur et son corps se colla contre le mien, me précipitant contre le mur. Et là, les yeux rivés dans les miens, il se saisit de mes lèvres. Les siennes, rugueuses, pressaient les miennes à la limite de la douleur. Je fermai les yeux, oubliant où j'étais pour me concentrer sur les sensations qui investissaient mon corps. La fermeté des mains de Drago sur mes épaules m'empêchait de soulever mes bras très haut, alors je les passai possessivement à sa taille, écrasant son corps contre le mien, si cela était encore possible. Ma langue se glissa sournoisement entre ses lèvres et vint batailler contre la sienne. Une feu ardent se déclencha dans mon bas ventre, rendant mes jambes flageolantes. Pour ne pas tomber, je m'accrochai plus fort au dos de mon partenaire, y plantant mes ongles. Il grogna contre mes lèvres tandis que j'étouffais la plainte qui cherchais à sortir. À bout de souffle, il arrêta le baiser. Un peu pantelante, je rouvris les yeux pour voir son sourire narquois. Parce que je ne voyais que lui, je plongeai avidement vers ses lèvres, nous plongeant dans une nouvelle guerre des sens.

-Hey Ronald! Je te l'avais bien dit qu'elle se faisait sauter par Malefoy!

La voix moqueuse et suffisante du jeune Gryffondor me fit reprendre contact avec la réalité. Autour de Drago et moi, des dizaines de yeux curieux nous fixaient. Les cinquième années avaient fini par être libérés de leur cours et en avaient profité pour s'agglutiner eux-aussi autour de la scène. Gryffondors et Serpentards de cinquième et septième années se mélangeaient pour assister à l'impossible: Hermione Granger et Drago Malefoy s'embrassant passionnément et sans retenue devant eux. Je sentis mes joues s'empourprer, tandis que mon compagnon laissait son regard gris se promener sur la foule, les défendant de dire mot. Son sourire narquois et hautain, qu'il n'arborait que pour eux, faisait froid dans le dos à plus d'un, mais pas à Karl.

Karl, le jeune Gryffondor qui nous avait surpris avec quelques uns de ses amis il y avait de cela plusieurs semaines, s'en donnait maintenant à cœur joie. Malheureusement pour lui, Ron décida de l'ignorer, lui jetant à peine un coup d'œil. Mécontent, il vint pour ajouter un commentaire, mais il fut interrompu par Rogue.

-Je ne pensais pas que vous aviez assez apprécié le rallongement du cours pour en demander encore. Filez, avant d'arriver en retard à votre prochain cours.

Les cinquième années se dispersèrent rapidement sous le regard ombrageux du professeur, alors que les plus vieux se hâtaient de pénétrer dans la classe, sentant que la mauvaise humeur habituelle de l'homme était aujourd'hui à son paroxysme. Toujours hébétée par les événements, je fus une des dernières à rentrer, tirée par la main de Drago sur mon poignet. Alors que mes pas me menaient automatiquement au devant gauche de la salle, côté presque réservé aux Gryffondors depuis des années, je sentis la pression sur mon poignet se faire plus insistante et, avant de m'en être rendue compte, j'étais tirée sur un banc dans le fond droit de la salle. Je ne pipai mot et sortit ma plume et mon parchemin.

-Alors, Granger, tu t'es enfin acheté des lunettes?

-Tu n'as plus besoin d'être au premier rang pour voir au tableau?

-Je crois que tu t'es trompé de petit-copain par exemple, tu sais que tu n'es pas aux côtés de Weasmoche?

-À moins que tes lunettes t'aident à voir la vraie beauté?

-De toute façon, tu peux oublier tous tes espoirs, il est trop bien pour toi.

Le regard noir de Rogue n'empêcha visiblement pas les Serpentards de s'en donner à cœur joie, se sentant peut-être trop protégés par la préférence que l'enseignant accordait aux élèves de leur maison.

-C'est vous qui devriez vous acheter des lunettes les Serpentards, c'est Malefoy qui s'est précipité sur Hermione, et pas l'inverse.

-Essayez de ne pas être trop aigre les filles, ce n'est pas de votre faute s'il ne vous a jamais regardées, vous.

Une guerre s'était déclenchée entre nos deux maisons, les Gryffondors s'armant de solidarité pour me défendre des propos acerbes, bien qu'ils ne comprennent pas eux-mêmes ce que je faisais aux côtés du blond. À son bureau, Rogue semblait dépassé par les événements. Sans se démonter pour autant, il inscrivit au tableau les consignes pour la séance ainsi qu'une petite note, presque juste.

20 points en moins pour Gryffondor

10 points en moins pour Serpentard.

Mettez-vous au travail.

Quand ce fut fait, il s'installa confortablement sur la chaise de son bureau et cessa de s'occuper de la dispute qui faisait rage. Ne désirant par perdre plus de point, je me levai et allai chercher les ingrédients nécessaires à la réalisation de la potion. Dès que je fus debout, les Serpentards ricanèrent.

-Alors, tu as retrouvé ton cerveau?

-Tu retournes faire ton rat à l'avant?

Je les déçu amèrement quand ils remarquèrent que je ne réagissais pas à leurs commentaires et que je retournais m'asseoir aux côtés de leur Prince, ingrédients en main. De toute manière, réagir aurait été ridicule, j'avais déjà mes défenseurs, qui ne perdaient pas une seule seconde pour rabrouer les propos puérils de leurs ennemis.

-Tu t'occupes de la première étape pendant que je prépare la deuxième, d'accord?

J'opinai à la proposition de Drago et on se mit à l'oeuvre, sous le regard étonné des quelques élèves qui n'étaient pas trop concentrés à se livrer une joute verbale. En tendant l'oreille aux propos, je m'aperçus que le tout avait dévié. Il n'était plus question de m'insulter ou de me défendre, mais d'insulter l'une ou l'autre des deux maisons, ou encore d'insulter un autre élève, pour la seule raison qu'il s'en était auparavant indirectement pris à moi ou à un élève de Serpentard. Peu à peu, malgré tout, la salle redevenait plus calme, à mesure que les gens se rendaient compte qu'ils devaient faire leur potion.

Quand Drago et moi eurent terminé, on glissa une fiole dans notre chaudron, qu'on amena tous les deux à l'avant. Notre enseignant observa attentivement la mixture avant de la déposer sur la table et d'y étiqueter magiquement nos deux noms.

-Bravo Drago. Vous pouvez retourner à vos places maintenant.

Je rageai silencieusement, alors que mon compagnon souriait effrontément. Rogue n'était pas sans savoir que nous étions deux à avoir travailler sur cette potion, à part égale. Si elle était réussie, ce n'était pas uniquement grâce à Drago, mais bien à nous deux. Le cours termina peu de temps plus tard, bien que plusieurs élèves étaient loin d'avoir terminés. Le favoritisme de notre professeur ne servit en rien aux retardataires. Tous ceux qui remirent une potion non terminée se virent distribuer une retenue pour le soir même. Le sourire aux lèvres, je ne pus m'empêcher de penser qu'il y avait une petite justice. Mon mutisme et mon sérieux m'avait protégé d'une retenue. Malheureusement, les Gryffondors qui m'avaient défendus écopaient eux aussi de cette punition.

Je tâchai de ne pas trop y penser et quittai les cachots pour aller manger, la main de Drago dans la mienne. En traversant un couloir, j'eus à la fois un beau spectacle et une occasion de me racheter auprès de ma maison, qui avait perdu des points pour me défendre. Un jeune lion de première année était penché par terre, ramassant les livres qu'une jeune Serpentarde avait fait glisser par terre. Les joues rouges, la jeune demoiselle repartit, les livres dans ses mains, en remerciant le garçon. Quand elle se fut éloignée, je donnai 10 points au gamin, pour son action et pour son ouverture d'esprit. Ses joues avaient déjà une teinte rosée du à son entretien avec sa comparse, mais il rougit de plus belle en me remerciant et atteint une teinte cramoisie quand il vit que ma main enlaçait celle du Prince des Serpentards. Quelques minutes plus tard, Drago riait de moi.

-Tu es tellement mignonne...

Il m'embrassa sur le bout du nez et ce fut à mon tour de rougir. Le mot mignonne n'aurait pas du faire partie de son vocabulaire, mais cela rendait l'adjectif encore plus doux et innocent. Arrivés dans la Grande Salle, on se quitta pour aller manger à notre table respective.

En m'installant près de mes amis, je fus assaillie par leurs questions et leurs commentaires.

-Euh... C'était prévu ou Malefoy n'a pas pu s'empêcher de te sauter dessus?

Je rougis violemment. De tels mots dans la bouche d'Harry étaient plutôt inhabituels. Pour cause, je compris qu'il n'avait pensé à aucun sous-entendu salace en me posant la question, puisqu'il rougissait à son tour, prenant conscience de ce qu'il venait d'insinuer.

-Désolé.. Je... Je voulais juste dire... On aurait dit qu'il te...

Il toussota sous le coup de la gêne, avant de terminer de s'enfoncer bien profondément.

-te sautait dessus tu vois...

Je ne pus me retenir, j'explosai de rire. Je n'étais pas vraiment une sainte-nitouche, alors tout ce malaise pour une insinuation... Qui était tout de même un peu fondée. L'érection de Drago, contre ma cuisse, avait été tout à fait présente lors de notre démonstration passionnée devant les septièmes années de nos maisons respectives. Ce n'était que la personne qui avait prononcé cette phrase qui m'avait rendue un peu mal-à-l'aise. Une telle assertion aurait pu provenir de Drago lui même, de Blaise, sans aucun doute, ou d'Alicia. Mais venant d'Harry...

-C'est correct, j'ai compris. On avait conclu hier qu'on allait s'afficher, je ne savais juste pas qu'il comptait se donner en spectacle.

Je ramenai une mèche de cheveux derrière mon oreille pour cacher le trouble qui m'envahissait à l'idée qu'autant de yeux nous aient fixés durant nos rapprochements enflammés. Je n'étais pas exhibitionniste, alors avoir été ainsi exposée me perturbait quelque peu. Pour l'avoir entendu dans la bouche d'une Serpentarde, je savais que plusieurs élèves, majoritairement des filles, pensaient que Drago avait simplement réussi à m'ajouter à son tableau de chasse. Je n'eus pas le temps de m'apitoyer sur cette pensée, Ginny arrivait à notre table, aussi rapidement qu'une furie.

-Est-ce que les rumeurs sont vraies? Malefoy t'as roulé un patin d'enfer dans les cachots?

-On peut dire ça comme ça, oui...

Ce fut au tour des garçons d'éclater de rire, sous ma mine ahurie. Mais pourquoi ces deux imbéciles riaient-ils?

-On peut dire ça comme ça?

-C'était démentiel. Ça aurait du être classé mature.

Quoi? Mais qu'est-ce qu'ils racontaient?

-Je suis sûr que tous les gars regrettaient de ne pas être à la place de Malefoy.

Harry se mordit les lèvres après avoir dit cela, remarquant, tout comme Ginny et moi, que Ron baissait subrepticement les yeux vers la table et que ses joues prenaient quelques couleurs. Je tentai d'oublier ce que cela impliquait pour me concentrer sur les paroles d'Harry. Alors comme ça, ces garçons qui n'avaient jamais réellement posé les yeux sur moi sous prétexte que j'étais une miss-je-sais-tout en avaient pris pour leur grade? Ils avaient vu que je pouvais être autre chose qu'un rat de bibliothèque et auraient voulu l'expérimenter? Bien fait pour eux. Une bouffée de fierté se mit à enfler dans ma poitrine.

-Oh... J'aurais voulu être là. Pourquoi vous n'avez pas attendu que je sois présente, Mione?

-Ginny Weasley! Tu n'es qu'une petite perverse! Souhaiter épier ainsi sa meilleure amie, tu devrais avoir honte!

Je fis mine d'être offusquée, bien que c'était loin d'être le cas. Je trouvais la situation des plus comiques. Ça me faisait oublier les commentaires qui circulaient dans la Grande Salle, parlant pour la majorité de l'épisode entre Drago et moi. S'ils ne faisaient que rapporter ce qui s'était passé, ce ne serait pas si pire, mais je savais bien qu'une rumeur enflait et se déformait toujours. Même si les distinctions entre celle que j'étais l'été et celle que j'étais à Poudlard avaient commencées à s'estomper avec mes amis, je sentis la Hermione de l'été se questionner et s'amuser de ce que la rumeur pourrait devenir. Peut-être serait-ce moi qui m'étais jetée sur Drago, peut-être avions nous fini par coucher ensemble devant nos comparses. Je passai ma langue sur mes lèvres, attitude féline, c'était comme si je pouvais savourer les ragots possibles, comme s'ils étaient sur mes lèvres. Et puis, je redevins la Hermione de Poudlard, ou presque.

-Et vous les garçons, vous n'avez pas honte de nous avoir regardés?

Ils arrêtèrent immédiatement de rire de Ginny et se mirent à observer leur plat.

-Mais tous les autres le faisaient.

-Ce n'était pas une raison Ronald, vous auriez du leur montrer le bon exemple.

-Vous aviez juste à ne pas le faire publiquement.

Mon rouquin d'ami me défiait amicalement du regard. Je lui tirai la langue pour toute réponse et me mit à manger avec appétit. Je n'avais rien à dire pour ma défense, puisqu'il avait raison.


-Rêverie?

Le pré s'étendait devant moi, avec au loin les quelques arbres, mais je ne voyais pas Rêverie. Pourtant, je voulais lui parler.

-Rêverie?

Une petite tête bouclée apparue derrière un arbre, puis retourna se cacher aussitôt.

-Je t'ai vu, Rêverie...

La tête réapparut, de l'autre côté de l'arbre.

-Tu ne vas pas me chicaner?

Elle s'était à nouveau réfugiée derrière son arbre.

-Mais non, je veux juste te parler.

-Tu es allée voir Salazar?

J'eus un hoquet de surprise. Elle savait que je voulais aller voir Salazar Serpentard? Comment se faisait-il? Je n'eus pas besoin de poser la question.

-Le Chevalier du Catogan a finit par cracher le morceau. Il ne voulait rien me dire, mais il se faisait vraiment du souci pour toi.

-Je ne suis pas allée le voir, le Chevalier avait raison, je n'aurais pas eu de réponses de sa part.

-Donc tu ne sais pas?

Elle quitta rapidement son arbre et, en quelques secondes, elle fut devant moi, prenant presque tout l'espace du tableau.

-Rêverie, est-ce qu'un tableau peut jeter un sort?

Elle se renfrogna.

-Non. Une fois qu'on meurt, on perd nos pouvoirs.

Cela faisait bientôt deux semaines que je me cassais la tête, essayant de déchiffrer un indice dans la formulation du Chevalier. Soudain, je compris.

-Mais toi, tu n'es jamais morte, puisque tu n'as jamais été vivante...

-C'est vrai.

Sa voix chantait dans les tons de l'agressivité et de la peur.

-Réponds-moi honnêtement, Rêverie. As-tu jeté un sort à Ron?

Le visage de la fillette était fermé. Elle ne parlait pas, mais je n'avais pas besoin de plus. Pourtant, je voulais l'entendre de sa bouche. Et savoir pourquoi.

-Oui.

-Pourquoi?

-Parce qu'il venait faire du mal à Drago. Je ne voulais pas que tu retournes avec lui ou qu'il gâche votre relation.

En parlant, elle reculait de plus en plus, sur la pointe des pieds.

-Pourquoi nous protéger comme ça? Est-ce que tu fais cela avec tous les préfets en chef?

-Non.

Elle se cacha derrière son arbre. J'eus beau la rappeler, elle ne me parla plus, ni ne sortit de sa cachette. Après quelques minutes, je dus me résoudre à abandonner. Je lui donnai le mot de passe et allai rejoindre Drago sur le divan. Je me demandais si je devais lui faire part de mes découvertes. Je n'en fis rien. Quelque chose au fond de moi m'en dissuada. Une intuition, une vague impression.

-Alors, mon approche était à ton goût?

-Ça manquait un peu de... Discrétion.

Drago éclata de rire.

-Ne me dis pas que tu n'as pas aimé mon... Manque de discrétion.

Il arqua un sourcil et je fis mine de réfléchir.

-Il semblerait que je n'ai pas été la seule à en profiter. Nos chers camarades se sont bien rincé l'œil grâce à toi.

-Je dirais plutôt grâce à nous, tu es à 50% responsable de ce qui s'est passé.

-Parce que tu crois j'aurais pu rester inactive face à ton baiser, ça aurait été une bonne façon de prouver qu'on est un couple?

-Tu en aurais été incapable. Ne pas répondre à un de mes baisers? Je suis beaucoup trop bon pour ça.

Il avait un sourire suffisant collé aux lèvres, que je me fis un devoir de lui retirer, l'embrassant à pleine bouche. Quand on arrêta, plusieurs minutes plus tard, je décidai de me glisser bien au chaud dans ses bras. Je ramenai mes jambes contre moi, confortablement assise entre les siennes, et je posai ma tête sur son torse. Il m'entoura de ses bras. Je ne voulais plus partir d'ici, jamais. J'étais si bien dans ses bras, tout contre lui. Je pouvais entendre les battements réguliers de son cœur et sentir sa peau se hérisser aux contacts de mes doigts. Sa tête appuyée contre la mienne et son souffle chaud contre mes cheveux me rassurait. Je fermai les yeux et m'abandonnai à lui. Le murmure fut si doux que je crus rêver, pourtant c'était réel.

-Je t'aime, Hermione Granger.

Mon corps frissonna violemment. Il resserra sa prise, me collant plus fortement contre son torse musclé.

-Je t'aime.


-Granger! Espèce de pétasse! Reviens, ici. Ne te sauves pas, courageuse petite lionne...

Pansy Parkinson. J'avais senti son regard lourd de haine peser sur moi toute la journée. J'avais fait de mon mieux pour l'ignorer, mais j'avais bien senti la menace qu'elle représentait. Malheureusement, j'avais été inconsciente quelques petites secondes, décidant de prendre un raccourci que j'aimais bien. Un raccourci passant par un petit corridor noir et non fréquenté. Je pestai contre moi-même tout en me retournant pour faire face à la furie qu'était devenue Parkinson.

-Tu te crois mieux que tout le monde? Tu es qui pour me voler mon Drago? Et penser conquérir aussi Zabini? Tu veux peut-être tous les hommes? Ton Ronald ne te suffisait pas? Ni Krum? Ou encore Potter? Quand est-ce que tu vas t'arrêter, la pute?

Ma main alla directement trouver ma baguette, mais je me retins de la sortir.

-Drago ne t'appartient pas à ce que je sache.

-Oh que oui! Il m'a été promis, figures-toi! Alors tu peux tout de suite te l'enlever de la tête!

Mon cœur s'affola. Je tentai de ne pas me laisser envahir par mes émotions et je pris le temps de réfléchir à cette nouvelle information et aux connaissances que j'avais concernant les mariages de sang-pur. Il était vrai que les enfants, à peine nés, étaient promis par leurs parents à un autre héritier de sang-pur. Pour que l'entente soit officielle toutefois, il fallait signer un parchemin ministériel. Certains parents le faisaient dès les premières années de leurs rejetons, mais les plus prestigieuses familles attendaient souvent l'adolescence ou la majorité de leur enfant. Ce n'était pas qu'ils voulaient s'assurer que leur promis ou promise leur plaise, mais c'était plutôt une garantie que l'enfant ne deviendrait pas, en vieillissant, un partisan des sang de bourbe ou tout simplement un horrible individu physiquement. Les familles les plus prestigieuses ne voulaient pas risquer de voir leur nom entacher par le physique désopilant du promis de leur enfant ou encore par leur attitude indigne. Les Malefoy faisaient sûrement parti de ses parents extrêmement prudents, du moins, je l'espérais.

-Tu as un papier officiel qui le confirme?

Je vis l'hésitation poindre sur les traits rendus disgracieux par la rage de Parkinson.

-Euh... Non, l'emprisonnement de monsieur Malefoy a remis à plus tard la signature officielle des papiers... Mais cela ne veut rien dire! Drago reste à moi!

-Ma pauvre Parkinson, Drago est autant à toi qu'à toutes ses pauvres groupies...

Je sortis en moi le côté d'ombre et toute la méchanceté que je possédais pour lui adresser un rire des plus sarcastiques et des plus cruels. À court d'arguments, elle sortit sa baguette de sa poche et la dirigea vers moi.

-Tu n'es qu'une sang de bourbe! Tu devrais savoir que jamais Drago ne va s'intéresser réellement à toi! S'il est avec toi présentement, ce n'est que pour te ridiculiser!

C'en était trop. Avant qu'elle ne s'en rende compte, j'avais moi aussi sortis ma baguette et je l'avais désarmée. Elle aurait du se servir de son arme plus tôt, quand j'étais encore sous le coup de la surprise, au lieu de continuer à m'insulter. Je lui lançai un sort de ligotage et je suspendis son corps au plafond, tête en bas, alors qu'elle tentait de reprendre sa baguette.

-Tu es sûre que c'est moi qu'il veut ridiculiser? Parce que si je me souviens bien, c'est plutôt toi qu'il a ridiculisée.

Malgré le sang qui affluait à sa tête, Parkinson devint verte. Je n'étais pas sans avoir entendu les rumeurs, à l'époque où tous deux étaient en couple. À ce qu'il paraissait, son homme ne s'empêchait pas de courir à droite et à gauche, courtisan des plus vieilles et des plus jeunes. Je n'avais jamais vraiment fait attention aux rumeurs et je n'avais jamais cherché à savoir si elles étaient véridiques, mais la tête de Parkinson me prouvait aujourd'hui que tout cela était vrai. Pauvre fille. J'espérais ne jamais me retrouver dans sa situation. Malgré tout, il faudrait que je me méfie. C'était moi, aujourd'hui, qui sortait avec ce coureur de jupons. J'espérais seulement qu'il l'avait fait parce qu'il n'aimait pas Parkinson.

J'eus envie de partir, la laissant suspendue tête en bas au plafond, mais je me retins. Dans un corridor comme celui-là, il ne risquait pas de passer d'autres élèves avant un bon moment. Rester la tête en bas trop longtemps pouvait entraîner des séquelles, voir causer la mort. Bien que je n'appréciais pas du tout l'individu, je ne tenais pas à avoir sa mort sur la conscience. C'est pourquoi je la fis descendre après une dernière minute de contemplation. Mais je ne la détachai pas pour autant. Je la laissai se tortiller au sol pour essayer d'attraper sa baguette magique. Le spectacle, même s'il était un peu cruel, me fit rigoler. Après toutes les insultes qu'elle m'avait adressées, je pouvais bien en profiter un peu, non?

Avant qu'elle n'atteigne son arme, je repartis, suivie par un chapelet d'injures de la part de ma nouvelle meilleure amie.


Le jeudi soir, je déclinai l'invitation insistante de Ginny pour me trouver une voie future à emprunter. J'allai m'enfermer dans ma chambre, déclinant aussi la proposition de Drago d'étudier ensemble, et je me mis à réfléchir, étendue sur mon lit, les yeux fixant le plafond. Je repensai à Parkinson, à Drago, à Blaise, à Harry, à Ginny, à Ron... Puis à moi.

Après une heure de réflexion, je quittai ma chambre et allai prendre un bon bain dans la Salle des préfets. Je barrai bien la porte, chassai Mimi sans trop de mal (je n'étais pas un beau garçon, alors je représentais peu d'intérêt pour elle) et je me déshabillai. Quand j'entrai dans l'eau chaude, je soupirai d'aise. Tout en continuant ma réflexion intérieure, je jouais avec les bulles de savon, m'amusant à les souffler pour qu'ils voltigent dans la pièce avant d'éclater.

Pansy était une garce.

Drago m'aimait. Je ne voulais pas qu'il me trompe.

Blaise était spécial, plein de vie et de blagues salaces, mais il cachait un passé peu reluisant. Peut-être que je deviendrais un jour assez proche de lui pour mériter sa confiance et ses confidences.

Harry allait trouver quoi faire plus tard, il ne voulait pas perdre de temps, souhaitait trouver sa voie et s'y engager dès l'automne.

Ginny redoutait l'an prochain, mais je savais qu'elle se ferait des amis sans trop de mal. Elle connaissait déjà les autres élèves de son année et la grande majorité l'appréciait. Même si elle passait souvent ses temps libre avec nous, elle avait tous ses cours avec son année. Je ne m'en faisais donc pas trop pour elle. Ce serait un ajustement, tout simplement.

Ron passait les épreuves de sélection de Quidditch dans deux jours, il commençait à stresser. Ces derniers temps, il se pratiquait comme un déchaîné. Il fallait le freiner un peu. On craignait tous qu'il se blesse ou qu'il s'étire un muscle, ce qui l'handicaperait lors des sélections. Et puis, il avait aussi besoin d'étudier pour les A.S.P.I.C.S qui auraient lieu dans quatre jours.

Et moi. Je ne savais pas ce que je voulais faire plus tard. Je n'étais pas sûre de vouloir me décider non plus. Je suppose que si j'avais vraiment voulu prendre une décision, elle aurait été prise depuis fort longtemps. Seulement, je commençais à être tannée d'étudier. J'avais consacré énormément de temps à mes études ces sept dernières années et j'avais envie de souffler un peu. Seulement, si je me lançais dans un nouveau programme, je serais incapable de prendre mon temps, de doser mon étude. Je me connaissais, je me jetterais à corps perdu dans mes nouveaux apprentissages.

Quand je quittai la salle de bain des préfets, je me sentais beaucoup plus légère. Mon corps était frais et reposé, ma tête apaisée. J'étais prête à attaquer la journée du lendemain, celle où je devrais faire ma demande d'études supérieures.


Voici quelques questions pour vous: que pensez-vous de la nouvelle amitié Hermione/Blaise? Avez-vous aimé la façon dont Drago a décidé d'afficher son couple devant Poudlard? Pourquoi Rêverie a lancé un sort à Ron? Qu'est-ce qu'Hermione va devenir? Et, bien sûr, avez-vous aimé ce chapitre? :P