FireRox : Merci pour les reviews ! J'ai bien ris en les lisant ! j'aime bien ta façon de voir les élus, en totale contradiction avec la mienne (même si, vu la tournure du scénario, ils vont pas finir tout blanc tout blanc, hein... j'en dis pas plus!)

Sur ce, bonne lecture à tous (si vous lisez...) !


Chapitre 27 :

Les vacances de Noël arrivèrent bientôt, accompagnées d'un manteau de neige d'au moins vingt centimètres d'épaisseur sur tout le domaine de Poudlard. Adam resta au château, même si sa mère protesta un peu dans les lettres qu'elle lui envoyait. Le né-moldu n'avait pas envie de se retrouver face à son père et de découvrir qu'il n'avait pas changé et continuait à lui faire la tête, pour une raison connue de lui seule. Evidemment, Vincent resta aussi, mais Aymeric décida, cette fois, de rentrer chez lui.

-L'année passée, mes parents étaient tristes que je ne sois pas venus pour les fêtes, se justifia-t-il. Autant leur faire plaisir !

Zack et Sally rentrèrent également chez eux, comme la majorité des élèves. Bientôt, il y eut plus de disciples de l'Ordre que d'habitants du château à Poudlard, ce qui fut le sujet de plaisanterie d'une bonne partie de la classe étudiante. La cohabitation devint tout de suite plus facile, et plus familière, même si les élus gardaient leur politesse caractéristique en toute circonstance.

***

Les premiers jours de vacances furent très froids. Les élèves passèrent un maximum de temps dans leur salle commune, seule pièce vraiment chauffée dans le château.

-…Je ne comprends toujours pas comment vous faites ça !

Lucien, assis devant la cheminée, se retourna, amusé.

-Il n'y a rien à comprendre. C'est un don.

-Comme être sorcier ? hasarda Adam.

-Bien plus que cela.

Réponse utile et, surtout, vraiment très claire. Le né-moldu soupira et s'enfonça dans son fauteuil.

-Le truc que tu faisais… avec les fleurs, là. Tout les « élus » peuvent le faire ?

-Bien sûr que non, rit le disciple. Nous avons tous des dons différents, mais certains nous sont communs. Au monastère, nous apprenons à utiliser le pouvoir, mais aussi à développer notre don.

-Et tous les élus ont un don comme le tien ? s'étonna le Serdaigle.

-Certains en ont un bien plus impressionnant… Tu connais Léonore ? Elle est capable de nous faire voir ce qu'elle désire en changeant le ton de sa voix. Et Finn, un de nos frères, a le pouvoir de retrouver n'importe quoi. Dès qu'il chante et se focalise sur quelque chose, il entend une sorte de résonance qui le mène jusqu'à ce qu'il cherche.

-Dingue… on a l'air fin, nous, avec nos baguettes.

Lucien prit un air sérieux qui ne lui correspondait pas du tout et déclara presque sèchement :

-Vous n'êtes que des sorciers, des humains quelconques. Tu ne peux pas te comparer à ceux que le Seigneur a choisis ! C'est… du blasphème.

Il cracha presque le dernier mot puis partit précipitamment. Adam le regarda, ébahi, jusqu'à ce que Vincent ne le rejoigne.

-Tu parles souvent avec lui, remarqua-t-il.

Sa constatation sonnait comme un reproche. Le né-moldu prit la mouche.

-Et toi, tu ne lui parles jamais, répliqua-t-il.

Le blond fronça les sourcils, puis sembla chercher ses mots.

-Adam… tu es quasiment le seul élève à discuter sérieusement avec les disciples de l'Ordre… les autres se contentent de leur dire bonjour ou de les inviter à manger avec eux. Tu… ne devrais pas faire ça. Ils ne sont pas du même monde, le leur se situe… plus haut.

Il désigna le ciel du pouce. Adam le regarda sans comprendre puis tilta.

-Tu as peur d'eux ? s'exclama-t-il.

-Non ! répondit Vincent, trop vite. Pas du tout !

-Ne mens pas… c'est pas croyable ! T'as peur d'eux, alors tu me dis de pas leur parler en utilisant les différences entre eux et nous comme argument ? C'est n'importe quoi…

-Comment pourrait-on leur faire un minimum confiance ? rétorqua le blond. Tu les as vus ? Ce sont des fanatiques religieux ! Et regarde-les… ils sont parfaits !

-Hein ?

-Leurs visages sont totalement parfaits, pas la moindre tache, ils n'ont jamais l'air fatigués ou malades… Franchement, ils sont tout sauf humains, et si tu demandes leur avis aux autres, ils diront tous la même chose s'il n'y a aucun disciple dans le coin !

-Tu te rends compte de ce que tu dis ?!

Adam se tu, soudainement conscient qu'ils n'étaient pas seuls dans la salle commune. Des élèves d'années inférieures et supérieures suivaient leur conversation comme une série télé. Le né-moldu se sentit rougir et asséna une dernière pique à son ami.

-Tu agis exactement comme tu cousin ! Tu sais, quand il me traitait de Sang-de-Bourbe ?

Sur ce, et devant un Vincent choqué, Adam quitta la salle. Dans le couloir, il étouffa les sentiments de culpabilité qui montait en lui et descendit au rez-de-chaussée d'un pas rapide. Quelle cruche il avait été ! Pour quelle raison les sorciers respecteraient-ils les élus, alors qu'ils n'étaient pas capables d'accepter ceux qui étaient différents ? Le Serdaigle soupira et jeta un coup d'œil à un groupe de filles, dans le couloir. Il était prêt à parier qu'elles parlaient des hôtes du château, et pas en de bons termes.

-Ouah, je deviens parano, murmura-t-il en secouant la tête. Allez, ressaisis-toi !

Le garçon continua son chemin. Partout, il voyait des groupes d'élèves discuter, mais aucun d'entre eux ne comportait d'élu. Comment avait-il pu passer à côté de ça ? Maintenant que Vincent lui avait fait part de l'opinion publique, le né-moldu se rendait compte que la politesse des sorciers n'était qu'une façade. Ca expliquait certaines choses, comme les efforts déployés par les disciples pour être sympathiques et la tension apparue dès la disparition du professeur Awis.

Adam, malgré le froid hivernal, sortit dans le parc du château. Toute l'étendue herbeuse était recouverte d'une nappe blanche éblouissante qui lui fit plisser les yeux. Décidément, dans le nord, les hivers étaient vraiment comme on se l'imaginait : de la neige partout et des températures en dessous de zéro. Le né-moldu frissonna et marcha pour se réchauffer. Il s'amusa et laisser de grandes traces dans la neige vierge jusqu'à s'approcher du lac. Ce dernier, loin d'être gelé, semblait traverser l'hiver comme les autres saison ; il était noir, et le serait sans doute toujours. A la surprise du Serdaigle, quelqu'un avait eu apparemment la même idée que lui…

-Lucien ? s'étonna-t-il en reconnaissant l'élu.

Le garçon se retourna. Il avait les yeux rougis, comme s'il avait pleuré.

-Ca va ? s'inquiéta le né-moldu.

-Oui… ne t'en fais pas. Je suis toujours triste, en hiver.

Adam s'assit à côté du disciple, intrigué.

-Pourquoi ?

-L'hiver… soupira Lucien. C'est beau, mais c'est plus un symbole de mort que de vie. Mon don est de donner la vie, alors voir tout ça… ces arbres morts, cette herbe gelée, tous ces animaux cachés dans la forêt, attendant le printemps. Cela me choque, tout simplement.

-Je ne comprends pas…

L'élu sourit.

-Pour faire simple, je suis la vie. Et en hiver, je souffre.

-Oh…

-Ne fais pas cette tête ! Je n'ai pas réellement mal, c'est juste que ce paysage me serre le cœur. Mais cessons de parler de moi. Pourquoi es-tu sorti par ce froid pareil ?

Le Serdaigle grimaça et prit un air indifférent.

-Comme ça, sans raison particulière.

Le disciple fronça les sourcils et plongea son regard dans celui d'Adam. Ce dernier eut un frisson intérieur. Vincent avait raison, Lucien était parfait… pas la moindre imperfection. Même ses yeux, d'un bleu pâle, étaient d'une couleur uniforme sur toute leur surface. Seuls les effets de lumière y mettaient un peu de nuance, mais à part ça, rien.

-Tu mens, souffla Lucien après quelques secondes.

Le né-moldu reprit ses esprits.

-Hein ?

-Tu es en colère, n'est-ce pas ? Pourquoi ?

-Oh… C'est juste que je me suis disputé avec Vincent. Rien de grave.

-Vraiment ?

-Bah…

Adam soupira longuement et détourna les yeux de l'élu, un peu gêné.

-Il a dit… que personne ne vous appréciait vraiment ici, et que je devais arrêter de discuter avec vous comme je le fais. Après ça, j'ai compris que les sorciers… ne sont pas des gens bien. Horrible, non ? En plus, je suis l'un d'entre eux ! Et puis…

Lucien le fit taire d'un geste, en posant sa main sur son bras. Le Serdaigle sursauta ; elle était tellement froide !

-Nous savons déjà tout ça, sourit le disciple. Et nous comprenons. Nous ne vous jugeons pas, et nous ne vous jugerons jamais. Nous ne pouvons que vous pardonner.

Il avait dit la dernière phrase sur un ton un peu hésitant. Adam hocha la tête et reporta son attention sur le lac. Lucien l'imita, et ils restèrent silencieux pendant un long, long moment.

***

Adam et Vincent restèrent fâchés une bonne semaine. Ils ne se parlaient plus et s'évitaient autant que possible. Le blond passait son temps avec d'autres Serdaigle, alors que le né-moldu préférait discuter avec les élus. Les élèves le regardaient bizarrement à cause de ça, mais il s'en fichait complètement. Il essayait plutôt de comprendre les disciples de l'Ordre, tellement différents de lui.

Quand il parlait avec Lucien, il sentait qu'il pouvait dire tout ce qu'il avait sur le coeur, même s'il gardait certaines choses vraiment cachées, car inavouables, comme sa possession et son désir de libérer Léo. Il avait bien vu que les élus n'étaient pas favorables à l'existence des fantômes, qu'ils considéraient comme de véritables erreurs de la nature. Adam apprit aussi à mieux connaître Léonore et le fameux Finn. Ce dernier était un garçon au physique assez banal, bien que parfaitement lisse, comme tous les autres. Outre cela, il était vraiment sympathique, un peu différent des autres disciples.

D'abord, contrairement à ses camarades, il s'offusquait des réactions des sorciers et n'hésitait pas à le dire haut et fort. Ensuite, il parlait d'une façon moins réservée et plus familière. Cela surpris beaucoup le Serdaigle, qui avait abandonné l'idée qu'un tel élu existe. Enfin, il comprit plus tard que Lucien était aussi assez extrême dans son genre. Léonore était entre les deux ; elle parlait d'une façon un peu distante, parfois, mais était chaleureuse et ne mâchait pas toujours ses mots.

De fait, la veille de Noël, ce sont ces trois disciples qui convainquirent le né-moldu de se réconcilier avec son ami. Ce qu'il fit d'abord à contrecoeur, au souper de huit heures.

-Vincent…

-Quoi ?

La réponse n'était pas sèche, juste désintéressée. Adam grimaça mais se lança.

-Je… je suis désolé, s'excusa-t-il. Sincèrement.

Vincent sourit et se rapprocha de lui.

-Ne t'excuse pas… C'est ma faute. Tu avais raison, et tu m'as fait réalisé que je me conduisais vraiment comme Taddicus, ce que je ne veux surtout pas. C'est à moi de te demander pardon.

-Mais pourquoi tu es resté fâché, alors ? s'étonna le né-moldu.

-C'est juste… J'avais un peu de mal à l'accepter. Et puis, j'avais envie que tu t'excuses, aussi. Hem…

Adam leva les yeux au ciel puis éclata de rire. Le blond parut soulagé et sourit à son tour. Tout était rentré dans l'ordre.

Le soir, assis dans le canapé de sa salle commune, les jambes repliées contre sa poitrine et une couverture autour des épaules, le né-moldu se mit à réfléchir. Dans un sens, Vincent avait raison. Comme il l'avait fait remarqué, les élus n'étaient pas vraiment humains. Mais alors, qu'étaient-ils vraiment ? Le garçon n'eut pas le temps de cogiter plus, son ami arriva, s'installa à côté de lui et lui chipa un morceau de sa couette.

-…Je ferai des efforts, déclara-t-il après un moment. Si tu veux, j'essaierai d'être ami avec les disciples de l'Ordre.

-Faut pas te forcer.

-Quand même…

-Tu verras, ils sont gentils…

Des pas retentirent à l'entrée de la salle. Adam tourna la tête et sourit.

-…Justement, en voilà trois, les meilleurs !

Son sourire disparut bien vite. Lucien, Léonore et Finn semblaient préoccupés et, surtout, apeurés. Le né-moldu ne les avait jamais vus comme ça, auparavant. Lucien regarde Léonore, qui se tourna à son tour vers le dernier des trois. Finn prit une grande inspiration et s'avança vers les sorciers.

-Adam… il faut qu'on parle.


...Il me faut de l'eau ! DE L'EEEAAAAUUUU !!! Nan, okay, c'est totalement pourri comme jeu de mot (mea culpaaa)... Ik ben een dome jongen (orthographe de naze, mais bon)