Errance
Cette fic est écrite dans le cadre de la soixante-neuvième nuit d'écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "photo". Le but du défi était d'écrire une fic (OS) en une heure de temps, idée, écriture et postage compris.
Disclaimer : Rien à moi, ou presque.
Chapitre 28 : Estampe
L'image n'était pas bien cadrée. Pas vraiment nette non plus. La faute au manque de professionnalisme du photographe ou à la mauvaise qualité de l'appareil utilisé lors de sa captation. Vraisemblablement les deux.
Le simple rapport un tiers/deux tiers n'avait pas été respecté; la légère inclinaison du cadre n'avait rien d'artistique; le sujet était bien trop proche, coupé par les bordures blanches; l'arrière-plan était trop fourni en détail et attirait immanquablement le regard.
Le sujet était banal. Sans caractère particulier. Deux visages qui sourient, gestes forcés et contraint socialement, devant un mur de pierres d'un ocre rosé – ou d'un rose ocré, le contraste des couleurs étant tout à fait loupé, il était difficile de les qualifier. Aucune originalité dans la composition. Quoi de plus commun qu'un couple devant sa maison?
Il manquait visiblement de lumière sur le cliché. L'exposition n'avait pas été assez longue. Ou l'obturateur ne s'était pas suffisamment ouvert. La photo en paraissait terne et morne. Un peu grise aussi. Ou fade. Sans vie.
Et elle n'était même pas animée, un comble pour une photographie prise par un sorcier!
De l'avis de tous, c'était une très mauvaise photo.
Mais était-il important qu'elle fut artistiquement cotée? Sa valeur dépendait-elle de ses qualités intrinsèques ou de l'oeil de son admirateur?
Une goutte d'eau salée vint s'écraser sur le visage imprimé de la femme, bientôt rejoint par deux lèvres jointes qui pressèrent le papier.
« Bonne nuit Maman, bonne nuit Papa. »
Malgré tous ses talents, Hermione n'avait jamais excellé en photographie et n'avait fait que des images extrêmement conventionnelles de ses parents. Elles étaient aussi mauvaises les unes que les autres, Hermione le confessait volontiers.
Aujourd'hui, pourtant, elles étaient le seul lien visuel que la jeune fille conservait avec ses géniteurs.
Et ça, ça les rendait infiniment précieuses et rares.
Les commentaires, c'est mieux qu'une photo de mes parents souriants - et pourtant, elles sont peu nombreuses.
