Lali oh ! Aaaah, beaucoup de malheur pour Kuroko... Mes loulous, ayez conscience que ce fut lui comme ça aurait pu être un autre personnage. Je suis cruelle et je ne le serais plus un moment une fois cette fic terminée.

Bonne lecture !

Tout le monde se réunit pour dire définitivement adieu à Kuroko. Kise est inconsolable, l'état de Kagami s'empire, Takao décide finalement pour l'apparence qu'il désire, la père d'Akashi vient à Tokyo et Momoi et Aomine se consolent mutuellement.


Chapitre 27 : Et l'ombre disparut !

Même le ciel semblait pleurer ce jour là. Réunie comme l'équipe soudée qu'elle fut un jour, la Génération des Miracles se tenait à l'écart pour l'instant, laissant un maximum de place à la famille de Kuroko. Ses parents et la vieille grand-mère fixaient la pierre d'un air hagard, refusant sans doute encore de comprendre cette douloureuse réalité. De l'encens brûlait, protégé de la pluie. Le père du garçon lâcha la laisse de Nigo pour rattraper sa femme dont les jambes ne semblaient plus pouvoir supporter la douleur mais le chien ne bougea pas. Assis, la tête basse, le Malamute couinait doucement.

Le pire était sans doute cette pauvre grand-mère. Elle se tenait droite devant la dernière demeure symbolique de son petit-fils mais son visage était un masque d'horreur et de douleur absolue. Elle avait perdu son unique petit-fils... Il était partit trop tôt, bien trop tôt. Pourquoi maintenant ? Pourquoi avant elle ? Cette vieille femme aurait préféré se retrouver cents fois devant ce camion à la place de son bébé. A quoi avait pensé l'adolescent dans ses derniers moments ? Pourquoi traversait-il en courant à ce moment-là ? Pourquoi ce chauffeur avait-il grillé cette intersection ? Pourquoi son Kuroko ?! La femme se tenait droite, les larmes roulant sur ses joues ridées et pâles.

Kagami et Kise étaient surveillés par une équipe d'infirmiers à l'écart. Le rouge avait arraché sa perfusion et avait tenté de fuir de l'hôpital pour se rendre chez son ombre et le découvrir bien en vie. Il avait été arrêté par une équipe musclée qui l'avait attaché avec son lit, tout de même touchée par les larmes et les hurlements de douleur de ce garçon qui s'était effondré d'un coup, terrassé par son cœur brisé. Il avait fallu le calmer à coup d'anesthésiants carabinés avant qu'une superbe blonde plantureuse lui tienne la main et sèche ses larmes. Pour le blond, il avait accueillit la terrible nouvelle avec un silence encore plus effrayant. Il n'avait rien dit, il avait juste fixé la couverture qui recouvrait son corps endolori. Silencieux, mortellement silencieux. Le beau mannequin n'avait toujours pas ouvert la bouche et n'avait pas encore versé une seule larme. Ils avaient l'air si pâles, si fragiles dans leurs costumes sombres.

Aomine n'avait rien d'une lumière éclatante aujourd'hui. Également dans un costume sombre, il fixait la pierre où était gravé le nom de son ancienne ombre, les yeux grands ouverts et les lèvres se fendant d'un sourire incertain. C'était une blague pas vrai ? Il n'avait jamais vu son ancien coéquipier, le garçon qu'il aimait disparaître sous ce camion à pleine vitesse ? Il n'avait pas hurlé son nom en quittant le parc pour rejoindre la scène, ignorant même jusqu'à la surprise et du choc des divinités. Ce n'était pas vrai tout ça, ça devait être encore une épreuve pour le tester. Ce n'était pas possible. Sa main était posée sur la tête de son amie d'enfance, pour garder contact avec la réalité et ne pas aller secouer les parents effondrés du défunt.

Momoi sanglotait, le visage contre le torse du bleu. Les cheveux roses se gorgeaient d'eau progressivement mais elle s'en fichait. Kuroko... Son Kuroko... Le premier garçon dont elle était tombée amoureuse... mort. Les bras noués autour de la taille de l'As de Tôo, elle semblait inconsolable. Elle avait dit qu'elle s'était faite une raison, qu'elle avait conscience qu'ils risquaient de mourir. Mais là... C'était Kuroko, bon sang ! Sa robe noire se collait son corps tant la pluie tombait de plus en plus fort, inondant ses collants. Son cœur était brisé.

Également à part, Takao et Midorima luttaient ensemble. Le départ de Kissa avait laissé un vide en lui que le vert avait de plus en plus de mal à combler. Aya également faisait de son mieux pour redonner un peu le sourire au garçon-fille mais Takao s'enfonçait dans un mutisme certain. Cependant, la perte de Kuroko l'avait également touché. Ses rapports avec le turquoise n'avaient pas été des plus joyeux mais depuis le début du jeu, Takao avait eu l'impression qu'ils s'entendaient mieux. Mais maintenant...

Collé au dos de Takao, Midorima tenait un parapluie orange vif. Son visage ne trahissait aucune émotions et il n'était pas sûr de ce qu'il ressentait en fait. Naturellement, la mort de son ancien coéquipier l'avait affecté, le vert n'était pas non plus entièrement dénué de sentiments. Mais... Voilà. Il n'avait jamais pu vraiment supporter Kuroko et malgré l'immense perte dont la GM devait supporter la douleur, il ne fondrait pas en larmes ou quoi que ce soit d'autres. Il allait penser à lui, brûler de l'encens de temps en temps et faire survivre sa mémoire au travers des années. C'était le minimum et tout ce dont il était capable.

Himuro avait la tête penchée en avant pour que sa mèche cache une grande partie de son visage. Ça aurait pu être lui. Ça aurait pu être Murasakibara. L'image de son « frère » plus loin, sa silhouette qui reflétait son mental brisé... Le brun se demanda ce qu'il ressentait pour le turquoise disparut. Il n'avait pas eu beaucoup de contacts avec lui, même depuis le début du jeu. Mais ça lui faisait bizarre quand même. Il tenait la main du géant violet de façon à ce que les autres ne le voient pas au premier coup d'œil. Pas besoin d'afficher leur bonheur de leur couple dans un moment pareil.

Le pivot de Yosen avait un visage très sérieux. Les notions de la mort ne lui étaient pas inconnues et comme il était loin d'être un idiot, il savait ce que ça allait représenter maintenant. Un vide immense. Ils avaient perdu l'un des leurs. Tout comme Midorima, Murasakibara n'avait jamais été spécialement proche du joueur fantôme. Mais ça faisait mal. Très mal. Il serra davantage la main du capitaine de Yosen, cherchant du réconfort à cette espèce de douleur.

Akashi tenait son propre parapluie noir, le visage lisse. Kuroko était mort et il était partagé entre deux horribles émotions. La douleur d'avoir perdu un de ses Miracles, un des joueurs qu'il avait découvert lui-même. Et de l'autre côté, c'était une espèce de joie horrible : un de moins. Et pas n'importe lequel en plus ! La base de la puissance de Seirin reposait maintenant pour l'éternité. Il voyait tout : la douleur de la famille du turquoise, l'incompréhension des trois amoureux et il entendait Momoi. Ah, elle devait avoir tellement mal... Et elle qui racontait qu'elle avait conscience qu'ils pouvaient mourir... La manager était devant le fait accompli. Dur, hein ?

La cérémonie prit enfin fin et chacun partit de son côté. Les élèves de Yosen s'éloignèrent sans un mot, Midorima et Takao rentraient chez le vert, Kagami et Kise étaient raccompagnés dans l'ambulance pour revenir à l'hôpital, Aomine et Momoi avaient apparemment décidé de se rendre chez le bleu et Akashi se retrouva seul devant la pierre. La tête un peu penchée, il attendait apparemment quelque chose. La pluie tombait toujours mais l'héritier ne bougeait pas.

-Nekomata ?

Le chat se frotta à son mollet en guise de réponse.

-Tu as l'air perdu, Akashi-kun.

-Tetsuya est vraiment mort ?

La divinité alla s'asseoir à côté de l'encens fumant.

-Oui.

-Ce n'est pas un coup monté de votre part à tous les trois ? Le camion n'était l'œuvre d'aucun d'entre vous ?

-La mort de Kuroko-kun n'avait pas été prévue. Mais elle respecte les règles du jeu et quand bien même, nous pourrions le ramener, nous ne le ferions pas.

Le rouge pencha un peu la tête et fit demi-tour.

-Tu ne vas pas honorer sa mémoire ?

-Ce serait vraiment très hypocrite de ma part.

Nekomata donna l'impression de hausser ses épaules et regarda le nom de celui qui fut son premier joueur.

-Tu n'as pas idée d'à quel point ta mort va tout changer.

Le chat resta un peu silencieux avant de poursuivre sa route. Pauvre fantôme qui voulait juste sauver tout le monde...

L'animal disparut en même temps que l'équipe de Seirin venait d'arriver, tout aussi larmoyante.


Kise était de retour dans son lit blanc. Les médecins avaient décidé que la perfusion était dorénavant inutile mais le mannequin devait encore se reposer avant d'être prêt à sortir. Mannequin... Comme s'il allait reprendre cette occupation avec la cicatrice qu'il abhorrait. Quand l'infirmière avait changé son pansement, le blond avait demandé un petit miroir pour l'observer.

Ses doigts avaient frôlé la ligne rosée, assez lisse qui serpentait le long de sa joue et prenait fin juste au dessus de sa jugulaire. Apparemment, il aurait eu de la chance. De la chance... Il aurait eu de la chance, il ne se serait pas trouvé dans ce train là. Il aurait eu de la chance, il n'y aurait pas eu cet homme ivre. Il aurait de la chance, il aurait encore son petit-ami...

Un hoquet lui échappa. Et une larme.

Puis une deuxième. Jusqu'à ce que ça devienne un véritable torrent. Ses mains cherchaient le drap pour le serrer avec force tandis que sa bouche restait fermement close. S'il l'ouvrait, il allait hurler. Son dos se cassa un peu tandis que Kise remontait ses genoux pour venir y nicher son visage, les larmes dégringolant son visage pâle.

Ne pas hurler.

S'il hurler, Kise savait qu'il ne pourrait jamais remonter de là où il serait tombé.


Kagami planait. Littéralement. Et au cas où, des sangles retenaient ses poignets puisque le rouge en avait besoin. Il avait encore tenté de s'enfuir et ses points s'étaient rouverts. Un épais pansement recouvrait son ventre mais l'As de Seirin était en pleine contemplation du plafond. Il était blanc ce plafond. C'est bizarre le blanc. C'était... blanc.

-Hello Taiga.

Ah, ça, c'était la voix d'Alex. Coucou Alex ! Pardon, mais il n'avait pas la force d'ouvrir la bouche pour l'instant.

La main chaude de son maître de basket prit la sienne mais sa propre grande main n'arrivait pas à serrer la sienne. Tout semblait si difficile...

-Les médecins acceptent de t'enlever les sangles si tu acceptes de voir quelqu'un... de parler à quelqu'un... Tes parents vont venir aussi.

Ses parents... Leur grippe était passée vite dis donc... Est-ce qu'il était devenu dingue ? C'est ça, il était dingue. Il crevait de douleur plus précisément. Son cœur était broyé et Kagami avait juste envie de chialer comme un gamin.


Momoi avait le mur en guise de soutien, sa main dans les mèches bleues d'Aomine. La tête du garçon avait trouvé ses cuisses en guise d'oreiller et ne semblait pas vouloir bouger. Sa grosse couette lui servait à se cacher du regard vide de la rose. L'As de Tôo comptait une nouvelle fois injustement sur elle pour le soutenir. Pourtant, sa manager aussi devait avoir besoin de réconfort. Oh allez, sérieusement, comme s'il avait déjà montré une vague preuve d'affection.

Pas qu'il n'en était pas capable... Il ne savait pas comment faire. Elle l'impressionnait cette petite rose : elle souffrait, tout autant que lui mais elle trouvait la force de le réconforter un peu. Quelque chose de mouillé roula sur son front et Aomine comprit qu'il s'agissait de larmes. Son œil bleu s'ouvrit pour découvrir le visage blanc de la visage, se forçant clairement à retenir ces perles salées de s'échapper de ses yeux.

Le mouvement fut lent mais Aomine se rendit compte de ce qu'il faisait qu'au dernier moment. Son nez contre le sien, ses lèvres contre les siennes.

La deuxième fois qu'ils s'embrassaient. Et étrangement, il avait la sensation qu'ils en avaient besoin.


-Si je te dis que je peux redevenir un garçon, tu me croirais ?

Midorima qui faisait chauffer de l'eau dans la cuisine se retourna avec beaucoup de surprise vers Takao. La robe noir qu'il portait ce jour-là moulait de façon gracieuse ses vagues formes et ses cheveux tout aussi sombres, rendaient son visage encore plus pâle. Le vert retroussa les manches de sa chemise au niveau de ses coudes et il déposa une tasse de thé devant son amant.

-Je te crois. Comment vas-tu t'y prendre ?

Le brun haussa les épaules, refusant de lui expliquer.

-Takao...

-Ça va aller, pour toi ?

Les yeux gris étaient remplis d'inquiétude pour le tireur miracle. Midorima prit place sur une des chaises autour de la table et le garçon-fille quitta la sienne pour s'installer sur ses genoux. Les bras autour de sa taille, le vert posa sa tête contre la poitrine du plus petit.

-Ça ira.

Takao caressa sa nuque.

-... Tu veux redevenir un garçon ?

-J'aimerais, oui.

-Tu es le seul à décider.

Ils se regardèrent un peu et Takao se pencha pour un baiser auquel Midorima répondit délicieusement.

-J'ai besoin de ton avis quand même.

Le garçon aux lunettes caressa ses joues, sentant soudainement le besoin d'être très tendre.

-Je t'aimerais quand même.

-Shin-chan... Sérieusement !

Takao gonfla un peu les joues, attirant un petit sourire sur le visage sec de son chéri.

-J'aime le vrai toi, Takao. Si tu décides d'être un garçon alors j'aimerais le toi garçon. Et inversement.

-Tu ne réponds pas à ma question.

-Tu connais déjà ma réponse.

Le brun soupira et posa sa tête sur l'épaule de Midorima.

-Je vais redevenir un garçon.

Le vert fit une drôle de moue, ce qui attira la curiosité de son amant.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-... J'avais acheté une boîte de préservatifs au cas où...

Il y eut un petit moment de silence avant que le garçon aux lunettes ne remarque le sourire coquin de Takao.

-Quoi ?!

-Je ne vais pas me retransformer toute de suite...

-Et ?

-On va faire en sorte que tu ne les aies pas acheté pour rien !

Il s'empara de ses lèvres et quitta ses genoux. Ensuite, ce fut une course-poursuite jusque dans la chambre du vert.


Akashi posa respectueusement une tasse de thé de qualité devant son père. L'homme se contenta d'un mouvement de tête pendant que son fils s'asseyait de l'autre coté du canapé. Ils ne s'étaient pas revus depuis le départ de l'héritier pour cet appartement et aucun échange de paroles depuis non plus.

-J'ai appris pour ton intégration à l'académie de Tôo.

Le jeune rouge but avec lenteur sa boisson tout en écoutant son père.

-Et pour ton intégration dans l'équipe de basket. Il me semble que cette équipe accueille déjà deux de tes anciens coéquipiers... Aomine Daiki et... Momoi... Satsuki me semble t-il ?

Question rhétorique, son père savait tout.

-Je te parle Seijuro, j'attends des réponses.

Le garçon posa sa tasse en respirant profondément.

-C'est bien le cas.

-Hmm... Aurais-tu oublié ma décision concernant le basket ?

-... Je n'ai pas oublié.

Les doigts de son père tapotèrent l'accoudoir qu'il avait près de lui.

-Alors que fais-tu dans ce club ?

Akashi serra les dents.

-J'aime jouer. J'ai besoin de jouer.

-Tu vas te désinscrire tout de suite.

Le plus jeune serra les poings tandis que son père quitta le canapé pour marcher un peu. Akashi se leva à son tour pour lui répondre assez acerbe mais la sonnette de la porte l'interrompit. Il plissa un peu les sourcils et la porte s'ouvrit en laissant apparaître sa manager aux cheveux roses.

-Akashi-kun, tu dois-...

La jeune fille se coupa net en observant cette réplique plus vieille de son joueur. L'homme se tourna vers elle, avec un regard très critique. Momoi portait toujours sa robe noire et ses cheveux étaient trempés à cause de la pluie.

-Momoi Satsuki ?

-Akashi Masaomi ?

L'adulte parut légèrement surpris mais le montra à peine.

-Nous n'avons jamais eu le plaisir de nous rencontrer, il me semble.

-Pas que je sache.

Elle glissa un regard perdu à Akashi qui secoua sa tête. Il lui dirait bien de partir et de revenir plus tard mais son père avait tout d'une araignée qui venait de trouver un insecte particulièrement attirant à grignoter.

-Vous tombez très bien cela dit, je parlais justement à Seijuro de... sa place au club de basket.

-Akashi-san, je sais parfaitement que votre opinion du basket n'est pas très haute et que vous tentez par tous les moyens de l'empêcher de jouer, mais je refuse de me passer d'un joueur comme lui.

Le sourire de Satsuki était encore très amical et amical mais Akashi sentait qu'elle cachait quelque chose. Ah... Elle manquait d'énergie... donc elle risquait d'être rapidement intenable. Et face à son père...

Celui-ci affichait également un petit sourire, bien que crispé dans son cas.

-Je suis son père. Si je décide quelque chose, Seijuro le fera.

-Et si votre décision est mauvaise ?

-Je ne fais pas de mauvaises décisions.

-Vous en faites une en ce moment même.

La sonnette d'alarme signalant un danger, Momoi ne semblait pas la connaître aux yeux d'Akashi. Il fit un pas en avant et attrapa le bras de la rose pour la traîner hors de son appartement.

-Tu me fais mal !

-Mais qu'est-ce que tu cherches à faire ?!

Les yeux roses étaient un peu incertains.

-Je te défends face à ton père.

-Je n'ai pas besoin de toi !

Momoi leva les yeux ciel.

-Tu sais, tu pourrais tout aussi bien me remercier d'essayer de t'aider.

-Que veux-tu Satsuki ?

La manager baissa un peu les yeux et se trémoussa.

-Je sais pas trop... J'avais besoin de marcher un peu et... j'ai finit là...

Ses cheveux goûtaient un peu et Akashi finit par soupirer.

-Rentre chez toi, Satsuki. Je passerais plus tard.

-Je n'ai pas besoin que tu viennes !

-Apparemment si.

Elle gonfla un peu les joues et finit par faire demi-tour. Et au dernier moment, le rouge la rattrapa pour l'embrasser.

-Toi, tu es à court d'énergie.

La rose ne dit rien, se contentant de se détacher de sa bouche au bout d'un moment et de repartir en direction de l'ascenseur. Akashi repartit dans son appartement où son père terminait sa tasse de thé.

-Une jeune fille à la langue bien pendue.

-Satsuki n'a pas peur d'affirmer ses opinions, je trouve personnellement que c'est une bonne chose.

Son thé à lui était froid mais il le termina pour la forme.

-Seijuro, je t'ai demandé d'arrêter de jouer au basket.

-... Je ne le ferais pas.

-C'est un ordre.

Franchement, le nouveau joueur de Tôo en avait marre de tout ça. Il était épuisé, il venait d'enterrer un de ses amis de collège et il allait encore devoir recharger la rose après ça.

-Je veux continuer le basket.

La tasse vola contre la vitre et Akashi fut franchement impressionné par la résistance du vitrage.

-Si tu continues le basket... Tu n'auras plus droit à tout ce que tu as eu jusqu'à présent... Tu quitteras cet appartement, tu pourras dire adieu à ton héritage et tu n'auras plus-...

-Sincèrement, Père... Si vous saviez comme c'est le cadet de mes soucis en ce moment...

L'homme se leva, tira un peu sur sa veste et quitta l'appartement en claquant la porte avec violence. Akashi soupira, ramassa ce qui fut sa tasse et passa dans sa chambre. Depuis qu'il avait emménagé ici, sa garde-robe avait été relativement réduite. Si bien que dans son grand sac, tout rentrait.

Il savait déjà que dès demain, son père allait faire vider l'endroit. Autant être loin à ce moment là.


Kise marchait dans les couloirs de l'hôpital, le visage aussi pâle que les patients de la morgue. Sa tenue blanche semblait trois fois trop grande pour lui et ses cheveux blonds étaient subtilement devenus ternes. Il cherchait la chambre de Kagami.

Le mannequin avait entendu des ragots de couloir et voulait voir comment allait le rouge. Mine de rien, il lui était très reconnaissant. Et comme l'As de Seirin semblait allait très mal, Kise supposait qu'un soutien mutuel ne serait pas de refus.

La chambre fut trouvée un peu par hasard et le joueur de Kaijo pénétra dedans assez hésitant. Kagami semblait déjà plus réactif et tourna la tête dans sa direction.

-Salut...

-... Salut.

Le blond tira une chaise près du lit et s'y assit.

-Elle est pas là ta superbe blonde ?

-Toilettes... Je crois.

Il hoche de la tête et regarda le sol.

-Ça va... tes points ?

-Ils me font un peu mal... Je crois que je tire trop dessus. Et toi ?

Kise haussa les épaules, pointant sa cicatrice de l'index.

-Comme tu vois...

-... Franchement, j'imaginais que ça allait être pire.

-Moi aussi.

A nouveau ce silence...

-J'essaie... de ne pas trop pleurer... mais je n'y arrive pas...

Kise cacha son visage contre le matelas où était allongé Kagami qui ne put même pas poser une main réconfortante dans ses cheveux tant les sangles retenaient ses poignets.

-Il me manque tellement...

Il avait tellement mal... Kuroko, son Kuroko...

-Kurokocchiiiii...


Imayoshi se lavait tranquillement les dents dans la salle de bain. Une serviette blanche autour des reins, son corps fumait encore de la douche chaude qu'il venait de s'offrir. Les ronflements dans la chambre le firent un peu sourire. Hanamiya n'était vraiment pas du matin. L'ancien capitaine de Kirisaki Daichi révisait beaucoup en ce moment pour maintenant ses notes à niveau. Il fallait dire que sauter une année n'était pas spécialement facile. Le brun n'avait jamais expliqué son choix cela dit.

Le deuxième brun remit ses lunettes après s'être essuyé la bouche et retourna dans la chambre. Emmitouflé jusqu'aux oreilles sous la couette, Hanamiya ne semblait pas du tout avoir entendu le réveil plus tôt. Le dôme qu'il formait se soulevait doucement au rythme de sa respiration tranquille. Imayoshi s'habilla en lui jetant des petits regards de temps en temps. Cette façon de remuer contre le matelas... Il allait se réveiller.

Sadique n°2 se releva un peu, le visage totalement embrouillé par le sommeil. Assez vicieusement, le plus vieux s'approcha et lui vola un baiser matinal.

-Bonjour ~

-... Bonjour...

Et ça, c'était uniquement possible le matin à peine réveillé. Hanamiya se passa la main sur le visage et regarda son amant sans vraiment le voir. Imayoshi caressa sa tête et murmura :

-Si tu es trop fatigué, reste au lit ~.

-Pas question, pousse-toi !

Et voilà, fin du Hanamiya tout mignon. Il quitta le lit en poussant l'autre sans ménagement et passa dans la salle de bain à son tour. La chemise à moitié fermée, Imayoshi ouvrit un peu les yeux en décortiquant le corps nu du plus jeune. Il y n'avait jamais de gêne entre eux concernant ce point là. Au début, ça avait été des gestes déplacés, des mains qui glissaient. Progressivement, des baisers volés destinés à voir qui avait le dessus. Un jour, ça avait été un échange brutal où Hanamiya avait été obligé de céder. D'une main de maître, Imayoshi l'avait entraîné dans une ruelle sordide, faite pour eux et ils l'avaient fait. Stimulés par l'impression qu'on pouvait les découvrir à tout moment, les deux bruns avaient pourtant pris leur temps. Hanamiya en avait pourtant gardé un mauvais souvenir puisqu'il avait quand même été le dévoré plutôt que le dévoreur.

Mais depuis, les deux bruns préféraient quand même les endroits avec un peu de confort. Oh, après, ils aimaient bien le goût du risque comme la cuisine du karaoké ou la voiture. Pas de sentiments, juste du sexe. C'était la règle absolue. Et s'embrasser ne changer rien, ce n'était rien pour eux. C'était même parfait pour tester la volonté de l'autre et voir jusqu'où il allait résister.

Tout comme ce matin. Hanamiya gardait magnifiquement son calme alors que les mains d'Imayoshi caressaient ses flans tandis que sa langue jouait avec son oreille. Le visage blasé, bien que le sourcil soit un peu tressaillant, il se brossait les dents en l'ignorant.

-Mako-chan ~

-Dégages.

Tellement adorable ! Le nez de Sadique n°1 se glissa contre sa gorge alors que ses baisers descendaient de plus en plus bas, imitant ses mains.

-Va en cours, fous-moi la paix !

-Si tu restes, je vais peut-être rester aussi ~

Hanamiya se retourna pour le fusiller du regard et se baissa pour se rincer la bouche. Imayoshi en profita pour glisser sa main définitivement plus bas et le brun remonta en cherchant à lui coller un coup de poing.

-Qu'est-ce que tu fous ?!

Le sourire mutin en réponse le fit rager et il s'éloigna en attrapant les premiers vêtements sur son passage.

-C'est à moi ~

-Et alors ?!

Imayoshi haussa les épaules et le dépassa pour aller dans la cuisine. Le matin, Hanamiya gardait des vieilles habitudes d'enfant : un bon chocolat chaud. L'adulte aux lunettes préparait son café en même temps pendant que le plus jeune finissait de se préparer.

-Mako-chan va être crevé ce soir ~

Le concerné haussa les épaules en marmonnant un vague merci en échange de sa tasse. La table de leur petit appartement d'étudiants n'était taillée que pour les accueillir uniquement si bien que les genoux se touchaient dès qu'ils s'asseyaient.

-Je compte sur toi pour me tenir éveillé alors...

Imayoshi se souleva un peu pour venir lécher le chocolat au dessus de sa lèvre mais Hanamiya resta de marbre.

-Momoi-chan ne sera pas là ce soir ~

-Et pourquoi donc ?

-Kuroko Tetsuya est mort hier soir. Il a été enterré ce matin.

Le brun posa sa tasse en regardant son amant.

-Le gamin de Seirin ? Celui de la Génération des Miracles ?

-Ouais. Un camion a grillé une intersection et il a pas pu s'arrêter en le voyant traverser.

-Pour une fois que quelqu'un le voyait...

C'était moche, vraiment moche à dire mais les deux garçons autour de cette table n'étaient pas connu pour leur gentillesse.

Ils terminèrent de déjeuner dans un silence religieux avant qu'Imayoshi ne décide de retirer sa chemise en se dirigeant vers Hanamiya. Ils allaient être un peu en retard ce matin.


Momoi avait appelé Tôo pour signaler son absence aujourd'hui. Tout comme Aomine et Akashi. Elle avait séché ses longs cheveux, quitté sa robe pour son pyjama désuet et s'était enfoncée sous sa couette, à bout de force.

La créature divine sur son bureau avait grossit jusqu'à tripler de taille. De la taille d'un gros chien, elle avait élu domicile sur son tapis puisque le bureau était dorénavant trop petit. Cependant, sa véritable apparence restait encore floue.

Elle avait encore tellement envie de pleurer. D'avoir perdu Kuroko, de avoir Aomine et tous les autres si tristes. La rose essuya ses joues encore un peu mouillées. En parlant du bleu tiens...

Momoi se sentait tellement honteuse... Qui sait ce qui avait traversé la tête de son ami d'enfance quand il s'était relevé pour l'embrasser ? Qu'est-ce qui lui avait traversé son esprit à elle quand elle y avait répondu ? Elle n'avait pas ce genre de sentiments pour lui pourtant... Si elle regrettait ? Oui et non. La rose avait le sentiment que ce baiser avait changé leur relation. Mais pas forcément en mal.

Et quand bien même elle regretterait, Momoi ne pourrait pas oublier qu'elle y avait répondu et qu'elle avait un peu aimé ça. Ce n'était pas comme avec Akashi. Sans partir dans des thèses explicatives, les deux garçons embrassaient différemment : le rouge était lent, tentateur et diablement frustrant, exprès pour taquiner et prouver sa supériorité sans écraser pour autant d'un coup. Et de l'autre côté, le bleu qui était également autoritaire mais brutal sans être douloureux. Directif mais sans dominer totalement.

Momoi rougit brutalement : à quoi pensait-elle exactement ?! Non, ça suffisait !

La porte de sa chambre claque doucement et un poids s'installa contre elle. Comme la divinité n'avait pas réagit, la manager supposa que c'était Akashi. Aomine aurait fait plus de boucan. Le rouge souleva la couette et la poussa un peu contre le mur. Elle pouvait sentir son souffle contre ses cheveux... Il remua un peu jusqu'à ce que son front se cale contre sa nuque.

-Akashi-kun ?

L'adolescent ne lui répondit pas, visiblement endormi.

Momoi hésita un peu et finit par fermer les yeux aussi.


Kise avait été obligé de reculer d'urgence. Une équipe de médecins s'activait autour de Kagami. Les yeux ouverts d'effroi, il regardait l'ancienne lumière cracher son sang en hurlant de douleur.

-Merde... On l'emmène d'urgence au bloc !

-Quelqu'un peur ramener Kise-san dans sa chambre ?!

-Attendez... Où est-ce que vous l'emmenez ?!

Un infirmier très jeune le fit sortir avant que le lit du rouge ne soit également sortit en direction de l'ascenseur.

-Kagami-san... va être opéré à nouveau.

-Mais pourquoi ?! Qu'est-ce qu'il y a ?! Il allait très bien et...

Le blond sentit ses yeux piquer tandis qu'il se remettait à pleurer à cause de la panique. Pourquoi ? Pourquoi encore Kagami ?

-Il se peut que la blessure soit plus profonde que nous ne le pensions... Il y a un risque d'infection en plus...

L'une de sœurs de Kise, venue le voir, le prit dans ses bras alors qu'elle venait de tourner dans le couloir.

-Viens Ryo... Laisse faire les médecins...

-Ruri-nee...

Le visage caché contre la cadette de la famille, le blond tremblait. Il ne voulait pas perdre quelqu'un d'autre. Pas Kagami qui l'avait protégé et s'était retrouvé blessé par sa faute !


Et hop ! Chapitre bouclé !

Un peu de mal en ce moment, faut dire que la santé n'est pas à son top...

Merci pour vos commentaires :

MonkeyDL : Désolée pour Kuroko... Si tu veux le réanimer, tu peux.

Gil Prussia Beilschmidt II : *secoue le AkaMomo * Tu le veux, hein ? Tout le monde l'aime bien mais cette fic est cruelle, comme moi !

Yuki Mirai : Finalement, ça vaut peut-être plus le coup de mourir simplement... Ça évites les séquelles. Aomine déprime pour l'instant. Troisième solution : Akashi meurt. Bah oui avec moi tout est possible. Oh, rien n'est sûr pour les couples... Tout dépend de mon humeur !

Chizumi-san : Si tu savais à quel point je me déteste aussi... un peu. Je retiens ton idée, elle me plaît beaucoup ! Je pense même qu'elle va me servir de dernière épreuve puisque la fic est bientôt terminée. Je jure de ne plus jamais écrire une fic comme celle-là !

Laura-067 : Alors concernant Kuroko, l'accident n'était pas du tout prévu, les divinités n'y sont pour rien ! Il fallait que ça tombe sur quelqu'un, malheureusement, ce fut lui. Akashi n'est pas obligé de coucher avec Momoi et ça l'arrangerait justement bien à elle. Pas qu'elle le déteste mais elle ne l'aime pas non plus. Himuro apparaîtra plus au prochain chapitre. Sadique moi ? Merci du compliment !

PetiteOtaku21 : Une petite pensée pour Kuroko... Un petit paquet de dépression oui, c'était quand même lui qui liait tout le monde...

Baknb : J'étais également en larmes rien qu'en l'écrivant ! *trop émotive avec ces deux-là * Bah, bon gré mal gré, elle reste son amie d'enfance et il sait qu'elle est amoureuse de lui... Aomine, pas si bête que ça...

Seth Horo : Je fais de mon mieux pour ne pas faire des chapitres entièrement déprimant et j'avoue qu'Hanamiya et Imayoshi sont terriblement utiles dans des cas comme ça.

Alyxel : J'ai décidé de laisser s'exprimer tout mon sadisme dans cette fic pour faire des gentilles fics après ! Oh, ils vont tous un peu souffrir... beaucoup souffrir. Bleue vs Rouge : les deux gamines qui se battent devant leurs pères. Aomine et Akashi en soutient moral... Jolie vision ! Cette saison 3 est... waouh !

Prochain chapitre : Alors que l'état de Kagami s'empire vraiment, Himuro décide de venir le voir pour le sortir de la dépression dans laquelle il se plonge. L'occasion de tout mettre à plat ? Momoi et Aomine se rapprochent un peu plus, ce qui n'est pas forcément au goût d'Akashi qui a besoin d'elle pour son pacte avec la divinité. Takao apprend une « bonne nouvelle » qui pourrait malgré tout empêcher sa transformation en garçon. Chapitre 28 : Cendres dans le vent !