Chapitre 28 : « ... et la vérité éclate au grand jour quand les masques tombent. »
|-Nous savons tout le deux que maya signifie l'illusion. A mon avis, tu as tout compris. Bellatrix n'a jamais été là.|
Le regard de Drago était plongé dans le vague. Il se rappelait de chaque moment passé avec Bellatrix. Il l'avait touché à un moment. C'était impossible. Ce que disait Blaise n'avait aucun sens.
-Tu mens, dit-il.
-Drago, Drago. Je vais te l'expliquer pour la deuxième fois. Nous savons tous deux que le mot « maya » signifie « illusion ». Nous l'avons étudié en Histoire de la Magie, dans le chapitre de l'étymologie des mots. Mais tu sembles l'avoir oublié, parce qu'ELLE a pris beaucoup trop de place dans ton esprit. Tu dois la laisser mourir. Laisse-la partir.
Drago lui tournait le dos. Il réfléchissait à toute vitesse. Et si Blaise avait raison ? Ses parents n'accepteraient jamais sa relation avec Hermione. Si elle s'en sortait, il serait obligé de vivre caché avec elle. Et que préférait-il ? Vivre sans elle ou vivre caché ?
0h05.
-Tu te rends compte, Drago que si tu ne la laisses pas partir, tu devras dire au revoir à ta réputation de Sang-Pur et de Malefoy ?
Une larme coula sur le visage de Drago, qu'il essuya d'un revers de manche. Il tenait toujours dans sa main l'écharpe verte d'Hermione. Pourquoi verte ? Pourquoi avait-elle choisi une écharpe verte, alors qu'elle était à Gryffondor ?
-Tu ne reverras jamais cette réputation si tu ne la laisses pas mourir. C'est ce que tu veux ? renchérit Blaise.
Drago fit volte-face. La larme avait disparu de son visage. Il avait dans sa poche le masque de pierre auquel il jeta un regard avant de reporter son attention sur son Blaise.
-Jamais, cracha-t-il.
Blaise sourit. Drago ouvrit sa main et laissa tomber l'écharpe d'Hermione. Sa main s'approcha alors de sa deuxième poche.
Blaise lui tourna le dos, victorieux. Il ferma la porte derrière lui. Sa baguette était à terre, mais il ne s'en souciait pas. Il avait gagné de toute façon. Il se retourna et recula d'un pas, puis de deux, avant d'écarquiller les yeux.
Drago tenait dans ses mains deux baguettes. La sienne et celle de Blaise. Et il les pointait toutes deux sur Blaise.
-Jamais, répéta-t-il, jamais je n'abandonnerais Hermione. Et si je dois perdre toutes les réputations que j'ai, alors je les perdrais. Qu'il en soit ainsi.
Blaise était abasourdi.
-Maintenant, tu vas me dire où est Hermione, parce que je si tu ne le fais pas, je la trouverais quand même, mais tu mourras. Et avec toi je tuerais Pansy, simplement pour te punir.
-Pansy ? Non !
Drago sourit. Il savait combien Blaise et Pansy était proches, comme deux frères et sœurs.
-Je n'hésiterais pas une seconde.
-NON ! D'accord, d'accord ! Hermione est dans la réserve à balai numéro vingt-cinq !
Drago assomma Blaise dès qu'il eut fini sa phrase, puis jeta un coup d'œil à sa montre.
0h04.
Il se mit à courir. Il arriva au sous-sol en trente secondes, ce qui aurait normalement prit deux minutes. Mais il courait bien plus vite que n'importe qui, parce qu'Hermione comptait pour lui bien plus que n'importe quoi.
Il parcourut les couloirs et trouva enfin les réserves à balais. Il en était au numéro deux.
Réserve n°3. N°4. N°5.
« Plus vite ! » pensa-t-il en regardant sa montre.
0h03.
Il arriva enfin à la réserve numéro vingt. Mais… pas de traces des réserves 21 à 25.
-HEIN ?
Il regarda un panneau d'évacuation. Le plan indiquait que les réserves 20 à 30 se trouvaient à l'étage au-dessus.
« Oh, non » pensa-t-il.
Il retourna sur ses pas jusqu'à la réserve numéro une, où il trouva l'escalier pour l'étage du dessus. Il grimpa les marches quatre à quatre.
0h02.
Il trouva enfin la réserve, la bonne cette fois-ci. Il ne prit pas la peine de demander avant d'entrer. Il lança un sort et la porte explosa. Il s'attendait à trouver une petite pièce où Hermione l'attendrait, où il la sauverait et où il pourrait enfin la retrouver.
Mais ce n'est pas ce qu'il trouva.
Devant lui se trouvait trois portes. Trois. Laquelle prendre ? S'il se trompait, il ne pourrait peut-être pas revenir en arrière, et il n'en aurait pas le temps.
0h01.
La pression montait. L'atmosphère devenait de plus en plus pesante. Il ne fallait pas qu'il hésite. Chaque seconde était précieuse.
0h00 et 50 secondes.
La première, la deuxième ou la troisième ?
Il y avait forcément un indice quelque part.
Sur la première était écrit « quand »
Sur la deuxième : « les masques »
Et sur la troisième : « Tombent »
Le tout formait la phrase qu'il avait dite à Hermione le soir où, justement, il avait fait tomber son masque. Il remarqua alors que seule la troisième porte comportait une majuscule.
0h00 et 35 secondes.
Il se précipita vers la troisième.
La porte s'ouvrit à la volée. Encore une fois, Drago fut surpris. Il s'attendait à un endroit simple, petit, où Hermione l'attendait. Mais… non. Il trouva un immense champ où il ne voyait rien. Les épis de maïs montaient jusqu'au-dessus de lui. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était courir à l'aveuglette.
Ce qu'il fit.
Il courut. Encore et encore pendant ce qui lui parut une éternité. Il regarda le compte à rebours qui se rapprochait de plus en plus de zéro.
0h00 et 15 secondes.
Soudain, il déboucha dans une pleine où l'herbe avait disparu. Il vit Hermione, au loin, allongée, et Amycus à côté d'elle, un couteau à la main.
Il courut aussi vite qu'il le put. Encore et encore.
0h00 et 5 secondes.
Il arriva devant elle, à dix mètres environ. Amycus affichait un sourire carnassier.
C'est alors qu'il se passa une chose pour le moins étrange : Hermione disparut, pour réapparaitre au même endroit. Comme… un scintillement. Hermione scintilla. Elle disparut pendant une seconde à peine.
Et quand elle réapparut, Amycus se tourna vers elle.
0h00 et 1 seconde.
Drago n'y était pas encore. Il lui restait encore 5 mètres.
-AMYCUS ! cria-t-il en le voyant se pencher vers Hermione.
0h00.
Amycus plongea sur Hermione. Il brandit son couteau et Hermione ne put rien faire. Le couteau la toucha en plein cœur.
-NOOOOOOOOOOOOOON ! s'écria Drago en arrivant auprès d'Hermione.
Amycus sourit sadiquement, et avant de transplaner, répondit :
-Trop tard.
Drago plongea sur Hermione. Il la prit dans ses bras en pleurant.
-Hermione ! Hermione !
Un faible sourire apparut sur les lèvres de la jeune fille.
-Tout va bien, tu vas t'en sortir.
Elle secoua faiblement la tête.
-Non, tu ne peux pas partir. Tu dois rester avec moi. Hermione !
Elle sombrait de plus en plus. Elle s'en allait.
Des larmes coulaient de plus en plus sur le visage de Drago. Il secouait énergétiquement la tête et berçait Hermione dans ses bras.
-Tu ne peux pas. Tu dois rester !
Hermione ne voulait maintenant qu'une seule chose : entendre les paroles qu'elle avait apprécié une fois dans sa vie, et qu'elle n'aurait jamais cru entendre un mois auparavant.
Drago pensa alors à quelque chose. La date du jour. Il ne pouvait pas ne pas lui souhaiter son anniversaire alors qu'elle s'apprêtait à partir. Il l'embrassa et dit :
-Joyeux anniversaire Hermione.
Elle sourit une dernière fois puis désigna la poche de Drago.
Il suivit son regard. Le masque de pierre était toujours dans sa poche, dépassant un peu.
Il comprit tout de suite ce qu'elle voulait. Entendre les mots qu'il avait prononcé, qu'elle avait apprécié dans la Salle-Sur-Demande à côté de la Grande Salle, le soir du bal.
Il sourit à cette pensée. Il avait encore tellement de choses à comprendre ! Pourquoi était-il arrivé si tard, pourquoi Blaise avait-il fait cela ? Pourquoi Bellatrix n'avait était qu'une illusion ?
Mais tout cela pouvait entendre. Hermione passait avant tout. Il sourit au souvenir qui jaillit dans sa tête.
-Le monde se dévoile…
Il pleurait lui aussi à présent. Mais il devait finir sa phrase.
-Le monde se dévoile, la vérité éclate au grand jour, quand…
Il l'embrassa une dernière fois. Les yeux d'Hermione se fermèrent. Elle s'affaissa lentement dans les bras de Drago.
Mais il devait finir sa phrase, il devait la finir même si elle était déjà partie, même si elle était déjà… morte. D'autres larmes coulèrent sur ses joues et il resserra son étreinte autour de la jeune fille. Seul, au milieu de ce champ, il n'essuya pas ses larmes, et dit enfin :
-… Quand les masques tombent.
