Harry se montra profondément soulagé de ne pas refaire de rêve érotique. Vieux ou jeunes, hommes ou femmes, il n'y aurait pas survécu !

A la place, son ancien rêve revint. Sauf que Voldemort-Salazar lui embrassait le front, à l'endroit de son actuelle cicatrice et, chose intéressante, en partant, il ne lui disait plus qu'il « y était presque », mais qu'il « touchait au but... »

Il aurait pu être ravi de voir ses hypothèses sur ses rêves se confirmer, si la confirmation n'était pas venu d'un personnage de ses rêves…

La réponse de Charlie arriva par hibou express la veille de la reprise des cours. Il se disait honoré d'avoir reçu une lettre du Sauveur du Monde Sorcier -Harry leva les yeux au ciel- mais surtout, Merlin merci ! Il acceptait de prendre Norbert ! Mais il faudrait faire vite, car si des amis allaient lui rendre visite et pouvaient passer par Poudlard, ils allaient le faire la nuit même ! Harry n'avait même pas le temps de répondre qu'il serait bien au rendez-vous, en haut de la plus haute tour du château...

Si Hagrid pleura, lui se montra passablement soulagé : Hagrid devait délaisser son rôle de garde-chasse tant Norbert lui prenait du temps! Il mangeait maintenant des poulets entiers, qu'il arrosait toujours de cognac, et menaçait de faire brûler la maison à chaque instant !

Le soir, si Harry ne put pas parler aux Serpentard, il eût néanmoins le plaisir de revoir Neville. Il le remercia pour ses chocogrenouilles et promit de lui offrir quelque chose dès qu'il en aurait l'occasion ! Il le mit également discrètement dans la confidence, sur le mystérieux et puissant cadeau qu'il avait reçu, sur ce que lui avait expliqué Snape, et sur le dragon de Hagrid. Neville se montra intéressé par la cape, troublé par les paroles de Snape, et horrifié par le dragon ! Aussi, le soir, il proposa bien à Harry de l'aider, mais ce dernier déclina, au grand soulagement de son ami…

Norbert avait déjà eu bien du mal à s'habituer à lui, qui passait tous les jours pour aider Hagrid, alors mieux valait ne pas prendre de risques en amenant un inconnu ! Au soir, environ une heure avant celle du rendez-vous, Harry sortit de la salle commune, sa cape d'invisibilité cachée sous sa robe. Dès qu'il n'y eût plus personne en vue, il la revêtit, et partit chez Hagrid.

Le géant avait mis le dragon dans une grosse caisse en bois, avec une provision de poulet et de cognac pour le voyage, et un ours en peluche. Lorsque Harry arriva, Hagrid, les yeux mouillés de larmes, essayait désespérément de fermer la caisse avec des clous, mais le dragon, comprenant qu'on allait l'enfermer, n'arrêtait pas de les faire sauter d'un coup de tête et menaçait sérieusement de brûler la planche. Ni une, ni deux, Harry sortit sa baguette et lança au dragon un puissant sort de sommeil, qui allait sans doute l'assommer un jour ou deux. Hagrid lui lança un regard abasourdi et cloua la planche en pleurant.

Heureusement, à onze ans, Harry était encore petit. Après un dernier signe à Hagrid, il fit léviter la caisse de Norbert à une petite distance devant lui, mis sa cape et en recouvrit la caisse. Il sortit, et monta rapidement jusqu'en haut de la tour d'astronomie. Arrivé dehors, il retira sa cape et attendit. Bientôt, il vit quatre personnes en balais qui se dirigeaient vers lui. Les amis de Charlie se posèrent à côté de lui et lui serrèrent la main énergiquement, en fixant sa cicatrice d'un air ébahi. Ils arrimèrent la boite de Norbert au harnais qu'ils avaient fabriqué pour le transporter, et s'étonnèrent de ne pas le sentir bouger. Lorsque Harry leur expliqua que le dragon était sans doute endormi pour quelques jours, ils en furent soulagés. Ils espéraient tous qu'il ne se réveillerait pas avant leur arrivée. C'est que la Roumanie, ce n'était pas la porte à côté ! Et encore, Norbert allait les forcer à voler à coups de potions énergisantes, sans s'arrêter…

Harry leur souhaita bonne chance et les remercia chaleureusement pour leur aide. Il les regarda partir, s'assura qu'ils franchissaient bien les boucliers de Poudlard, que tout le monde pouvait passer tant que c'était sans intention malveillante, et remit sa cape pour redescendre. Il passa chez Hagrid pour le rassurer, accepta une tasse de thé le temps de le consoler, et retourna au dortoir, toujours caché sous sa cape d'invisibilité. Il eût la surprise de retrouver Neville, dans la salle commune, qui s'inquiétait de ne pas le voir rentrer. Il rassura son ami et ils partirent se coucher.

Le lendemain, Harry retrouva ses amis Serpentard pour le cours de potions. Il les remercia pour leurs cadeaux de Noël, et s'excusa de ne pas avoir pu sortir de Poudlard pour acheter les leurs. Il leur fit également les mêmes confidences qu'à Neville, et il voulurent absolument voir la cape d'invisibilité. Harry promit de la leur amener un de ces jours. Ils se montrèrent plutôt dubitatifs face au dragon, mais il avait la lettre de Charlie comme preuve!

Ils furent, en revanche, fascinés par les révélations de Snape et les perspectives qu'elles ouvraient. Aussi, il fut convenu qu'ils continueraient à faire leurs devoirs à la bibliothèque avec Harry et Neville, et que une fois qu'ils auraient fini, ils tenteraient d'aider leur ami à découvrir qui il avait pu être dans une vie antérieure…

Ça ! Harry en avait bien une petite idée, mais il n'arrivait pas à leur en parler. C'était trop gros, trop énorme. Ses amis, qui avaient déjà eu du mal à le croire battu, ne le croiraient jamais la dessus !

Et en cours de potions, puis de sortilèges, Harry se demanda comment il allait faire, d'une part, pour occuper son temps libre, et d'autre part, pour résoudre son dernier problème : trouver avec certitude qui était l'homme blond et quels étaient ses liens avec lui. Il ne pouvait toujours pas accéder à la Réserve…

Il en avait bien parlé à Snape, un jour où ils s'étaient croisés dans les couloirs et où il n'y avait eu personne en vue, mais ils étaient parvenus à la conclusion que ce n'était pas une bonne idée : tout d'abord, Snape ne comprenait pas pourquoi il cherchait des informations sur les Fondateurs, et Harry ne pouvait pas décemment le lui expliquer. D'une part, parce que lui même ne savait pas vraiment pourquoi il ne cherchait que sur ce sujet là, et d'autre part, il ne manquait plus qu'il lui parle de son rêve mouillé, tiens!

Ensuite, une autorisation signée de son professeur de potions, directeur de Serpentard, ferait beaucoup plus suspect qu'une autorisation signée par la directrice de Gryffondor. Ils pouvaient également ajouter le fait que rien, dans le programme de première année, ne pouvait justifier des recherches dans la Réserve, ni dans le programme des autres années, d'ailleurs ! La Réserve était normalement destinée à l'usage exclusif des septième années souhaitant s'orienter vers des carrières comme Aurors…

Bref, Snape, malgré toute sa bonne volonté, n'avait pas paru très enthousiaste à l'idée de l'aider la dessus… Et Harry n'allait définitivement pas insister, si cela signifiait devoir se justifier !

Il en était arrivé à la triste conclusion qu'il allait devoir explorer la Réserve de nuit, chose qu'il s'était refusée à faire jusqu'à maintenant, tout d'abord parce qu'il avait besoin de dormir, mais aussi parce qu'il ne souhaitait guère se faire à nouveau pulvériser les tympans ! Si il avait pu accéder aux rayonnages de jour, jamais il n'aurait eu à se mettre si près des bouquins pour en lire les titres !

Alors qu'il sortait de cours et se dirigeait vers les toilettes avant d'aller déjeuner, il croisa le professeur Dumbledore et le professeur McGonagall dans un couloir…

Croiser est un bien grand mot. Dire qu'il ruminait ses pensées et qu'il rentra dans le professeur Dumbledore serait plus exact !

Il faillit en tomber sur les fesses, mais se rattrapa au dernier moment et s'excusa avec une moue contrite.

-Pardon Monsieur. Je ne vous avais pas vu…

Toujours paraître coupable. Ça permettait de faire durer le sermon moins longtemps. Même avec un sans-cœur comme Vernon Dursley…

-Vous devriez regarder devant vous, monsieur Potter.

-Oui professeur McGonagall, je suis désolé.

-Voyons, professeur McGonagall, il y a eu plus de peur que de mal ! S'exclama le professeur Dumbledore d'un ton joyeux ! C'est Harry qui a faillit finir par terre, pas moi ! J'ai encore un très bon équilibre pour mon âge… Mais tu semble bien soucieux, mon garçon, tout va bien ?

Harry eût une illumination. Il y avait un seul type d'autorisation que la bibliothécaire ne pourrait pas refuser. Celle du directeur en personne… Il grimaça intérieurement. Il allait se faire appeler Harry jusqu'à la fin de sa vie…

-Pardon, monsieur, j'étais perdu dans mes pensées…

-Des pensées apparemment bien sombres ! Que se passe-t-il ?

Harry baissa les yeux d'un air timide.

-Je ne sais pas vraiment… J'ai lu « L'Histoire de Poudlard », et… Ce n'est qu'une impression idiote…

-Une impression ? Sur Poudlard ?

-Oui… Commença Harry. Mais ça n'a pas de sens…

Tourner autour du pot en attisant sa curiosité.

-Que veux-tu dire ? Je ne comprends pas…

Harry rougit.

-Je ne sais pas… C'est peut être juste moi ! Il me semble que c'est quelque chose que je ressens… Dans ma Magie… Ma Magie me dit que ce que j'ai lu est faux…

Dumbledore sembla réfléchir.

-Faux ? Quelque chose d'annoncé dans « L'Histoire de Poudlard » ? J'ai pourtant lu ce livre des dizaines de fois, et je n'ai rien détecté d'anormal…

Harry se passa une main dans les cheveux d'un air gêné, les ébouriffant nerveusement et les faisant paraître encore plus en bataille qu'habituellement, comme si il faisait ce geste fréquemment sous l'effet du stress…

-Je sais… J'ai d'ailleurs lu tous les livres accessibles sur le sujet… Vous pourrez demander à Mrs Pince… Mais rien à faire ! A chaque fois, cette impression ne me quitte pas…

-Quelle est la partie de l'histoire qui vous pose problème, monsieur Potter ?

De toute évidence, McGonagall en avait marre de faire le planton dans le couloir… Harry releva les yeux vers elle.

-Ça concerne… Les Fondateurs…

-L'Histoire des Fondateurs ? Elle est pourtant connue, renchérit Dumbledore.

Harry haussa les épaules.

-Je sais. Et il y en a d'ailleurs des dizaines de versions différentes. Mais je ne sais pas, j'ai le sentiment qu'il y a quelque chose qui cloche… Mais je ne peux rien trouver de plus, les seuls livres que je n'ai pas lus sur le sujet se trouvent dans la Réserve…

-La Réserve est interdite aux première années, monsieur Potter.

Harry fit la moue.

-Je sais, professeur McGonagall. C'est normal, il n'y a que des livres de Magie Noire à ce qu'il paraît… Mais je n'y peux rien, c'est… Comme une vibration ! Comme si il y avait quelque chose en moi, dans ma Magie, qui se révoltait, en lisant certains passages…

-Lesquels ? Interrogea Dumbledore, curieux, et visiblement ravi de cette conversation exceptionnellement étendue.

Harry se retourna vers lui et le fixa droit dans les yeux, l'air faussement embarrassé. Le vieillard était trop content pour penser à utiliser la Légilimencie de toute façon, il devait penser que Harry se livrait à lui.

-Ceux qui parlent de la relation entre Gryffondor et Serpentard…

Dumbledore réfléchit de nouveau.

-Je ne comprends pas, les témoignages de cette époque sont pourtant très clairs…

Harry arbora une moue un peu méprisante.

-Peut être. Mais je n'arrive pas à les croire. Ce qui est embêtant, c'est qu'à force, ça finit par m'obséder ! Je n'arrête pas d'y penser parce que, pour moi, il est impossible que ce soit vrai ! Il y a forcément quelque chose de caché ! Lorsque j'ai du temps libre, je ne cesse d'y repenser, et à chaque fois, j'ai cette petite vibration dans ma Magie qui me dit que ce que j'ai appris est faux ! Ça m'empêche de dormir…

-Vous devriez sans doute vous trouver un autre passe-temps, monsieur Potter…

McGonagall devait avoir faim… Harry prit un air contrarié.

-Croyez-moi, j'aimerais beaucoup étudier. Mais tout est trop facile!

Là, la sorcière ne trouva rien à répondre…

-Il est vrai que tu semble être un sorcier puissant et travailleur ! Je suis ravi que tu t'adapte aussi bien au Monde Magique !

Harry retint un soupir. Il n'en avait pas marre le vieux, de s'exclamer et de sourire tout le temps de cet air agaçant ?

-En fait, je ne travaille presque pas… Je connais les réponses aux questions, c'est tout ! Mais du coup, je m'ennuie… Je me suis bien trouvé ce petit casse-tête à résoudre, mais je n'ai pas assez d'informations…

Dumbledore sembla réfléchir…

-Il est vrai que si tu as déjà lu tous les livres sur le sujet… Je me souviens, d'ailleurs, que Mrs Pince m'a parlé de toi, il paraît que tu viens à la bibliothèque encore plus souvent que Miss Granger… Mrs Pince t'aime beaucoup, il me semble qu'elle a effectivement mentionné que tu avais lu énormément de choses sur Poudlard… Et elle a aussi du me dire que tu posais souvent des questions dont tu ne pouvais avoir les réponses…

Harry haussa les épaules.

-Oui, ça m'est arrivé plus d'une fois de lui demander ou je pourrais trouver certaines informations, et qu'elle me réponde que je n'y avait pas accès…

-Je sais ! S'exclama Dumbledore de son habituel ton joyeux. Nous allons faire un marché, d'accord ? Je t'autorise exceptionnellement à accéder à la Réserve, au vu de tes excellents résultats en classe et parce que cela semble être une idée fixe ! Mais je ne t'autorise à faire des recherches que sur les Fondateurs, Mrs Pince vérifiera, et surtout, tu promets de me faire part de tout ce que tu découvriras, d'accord ?

Harry sourit de toutes ses dents.

-Je ne suis pas sure que ce soit une bonne idée, Albus… Commença McGonagall.

Dumbledore l'interrompit.

-Voyons, Minerva ! Il s'est déjà avéré que des sorciers puissants, comme Harry, ressentent ce genre de pressentiments, qui se sont souvent révélés exacts…

-Mais ces pressentiments sont extrêmement rares chez des sorciers de cet âge…

-Certes, mais Harry est probablement l'élève le plus doué que j'ai compté dans cette école depuis mon admission au poste de directeur… Je pense que nous pouvons lui donner une chance, dit-il en sortant un parchemin et une plume de sa poche.

Il colla son parchemin contre le mur pour rédiger un mot, la langue entre les dents. McGonagall soupira, comme si une fois que le vieux directeur avait une idée dans la tête, il était impossible de l'en faire sortir, ce qui était sans doute le cas…

Dumbledore se retourna vers Harry et lui tendit le parchemin.

-Tiens mon garçon ! Ton autorisation ! Mais uniquement pour les livres sur les Fondateurs, et tu me tiens au courant, n'est ce pas ? C'est un contrat que nous avons là ! S'exclama-t-il, ses yeux bleus pétillants derrière ses lunettes en demi-lunes…

Harry prit le parchemin en affectant un air de profonde reconnaissance.

-Merci monsieur ! S'exclama-t-il avec un grand sourire. C'est promis ! Continua-t-il.

Compte là dessus, gros malin !

Mais Harry ne pouvait s'empêcher d'être curieux sur quelque chose. Alors que Dumbledore allait s'en aller avec son habituel sourire aux lèvres, il l'en empêcha…

-Monsieur ? Est ce que je peux vous poser une dernière question ?

Dumbledore le regarda d'un air doux.

-Mais je t'en prie, Harry.*

Harry rougit en baissant les yeux et prit un air penaud, comme si il s'en voulait d'être curieux, mais qu'il voulait savoir…

-Vous avez dit que j'étais sans doute le sorcier le plus doué que vous aviez vu depuis « votre admission au poste de directeur »… Mais j'ai entendu dire qu'avant ça, vous aviez été professeur…

-C'est exact, Harry. J'ai été professeur de Métamorphose.**

-Dans ce cas, est ce que ça veut dire que vous avez rencontré un autre élève très puissant, alors que vous étiez professeur ?

Le sourire de Dumbledore s'affaissa légèrement.

-Dans quelle maison était-il ? Quel était son nom ?

-Pourquoi veux-tu savoir ça, Harry ?

Harry haussa les épaules.

-Comme ça. Je sais que je suis doué en cours, mais d'un autre côté, j'ai du mal à me faire une idée de mon niveau… Si il était vraiment puissant, il est peut être devenu célèbre ? Je ne sais pas trop quel âge vous avez… Sans offense, bien sûr ! Mais ce sorcier est peut être encore vivant ?

Quelque part, il se doutait bien que les choses étaient plus compliquées. Mais il en voulait la confirmation. Dumbledore grimaça.

-J'espère que non. Il est effectivement devenu très célèbre, Harry, autant que toi, mais dans un autre style… Il était à Serpentard… Et son vrai nom était Tom Marvolo Riddle. Je l'ai eu en cours il y a une cinquantaine d'années… Mais pour ce que nous en savons, il n'a pas pu rivaliser avec toi… Tu l'as vaincu alors que tu n'avais qu'un an…

McGonagall plaqua une main sur sa bouche. Les yeux de Harry s'agrandirent légèrement.

Alors c'était vraiment possible. Si il se fiait à ses rêves et à ce qu'il savait de lui, ça l'était… En tout cas, si ça ne corroborait pas les hypothèses de Harry, ça ne les infirmait pas non plus. Il grimaça intérieurement. Il fallait bien jouer le jeu jusqu'au bout, mais ça allait lui écorcher la bouche de dire ça…

-Vous voulez dire que j'ai été plus puissant que Voldemort ? Je ne suis pas sur que ce soit une bonne chose, mais si ça à été le cas, tant mieux…

Une autre chose qui l'intriguait lui revint. Ça faisait partie des choses dont il avait entendu parler à la base dans « L'Histoire de Poudlard », puis dans quelques autres livres, mais très peu… Et surtout, certains des livres qui traitaient du sujet laissaient sous-entendre que Dumbledore n'avait pas pris une bonne décision…

-D'ailleurs, en parlant de Poudlard… J'ai lu que vous étiez devenu directeur en mille-neuf-cent-cinquante-six, c'est bien cela ?

Dumbledore hocha la tête.

-C'est exact, oui. Tu t'es renseigné sur moi ?

Harry rougit.

-Un peu. J'ai lu que l'une de vos premières actions en tant que directeur a été de faire disparaître un cours des programmes… Le cours de « Traditions des Sang-Purs », si je me souviens bien…

Dumbledore hocha la tête.

-C'est exact. J'ai choisi de faire disparaître ce cours qui, à mon sens, répandait des idées dépassées et risquait d'augmenter la fracture entre les Sang-Purs et les autres… Les contrats de mariage conclus à la naissance d'un enfant, les cérémonies magiques… Tout cet attirail de traditions désuètes est totalement inutile, il n'y a que les Sang-Purs de la vieille école pour continuer à les utiliser, et se cacher derrière…

Harry le regarda d'un air blasé. Les Sang-Purs de la vieille école. Il ne parlait pas de la totalité de ses amis, là, par hasard ? Connard… Il savait que Draco était fiancé à Pansy, et ça n'avait pas l'air de les déranger outre-mesure… Augmenter la fracture ? Le principe d'un cours et de l'éducation, ce n'est pas l'inverse ? Merlin, il en avait tellement marre de ce vieux fou ! Il se força à sourire.

-D'accord, je comprends mieux. Je vais aller manger, bon appétit monsieur, madame…

-Bon appétit mon garçon.

Dumbledore et McGonagall le saluèrent et il put enfin aller aux toilettes. Il avait failli se pisser dessus, mais il ne regrettait pas d'avoir passé vingt minutes au milieu du couloir, avec le vieux directeur pour lui tenir la jambe. Il pouvait enfin accéder à la Réserve !

Il grimaça. Il détestait qu'on l'appelle « mon garçon ! » Il n'y avait que son oncle pour faire ça…

De son côté, Dumbledore, si il était encore un peu troublé par la fin de la conversation, se sentait particulièrement satisfait…

Il avait retrouvé la confiance du garçon !

*Non, je n'allais pas mettre cette phrase pourrie de HP1. Mais j'ai hésité… :D

**Et PAS de Défense Contre les Forces du Mal comme dans les Animaux Fantastiques! Ça c'est du fanservice. D'ailleurs, pourquoi est ce qu'il donne ses cours de duel dans le bureau directorial? Ils ne pouvaient pas recycler le décor d'une salle de classe?