- Ma parole ! Quel boulet, ce type ! En tout cas, on l'a échappé belle.
- Pas du tout.
- Hein ?
- Nous avons au contraire eu la preuve qu'il fallait qu'elle s'en aille au plus vite...


Encore une journée harassante qui prenait doucement fin – harassante, mais malheureusement relativement improductive, compte tenu des urgences qui incombaient à tout le monde mais que personne ne parvenait pour le moment à satisfaire.

À côté de cela, d'un point de vue plus habituel, dans chaque division, les tâches quotidiennes étaient elles, menées à bien.
En ce début de soirée, les rapports du jour étaient désormais classés et prêts à être archivés, la plupart des soldats avaient terminé leur besogne et se retrouvaient à présent au réfectoire où ils y échangeaient les dernières nouvelles tandis que d'autres, moins chanceux, prenaient leur tour de garde ou s'apprêtaient encore à partir par petits groupes de surveillance mobile dans le Seireitei après avoir reçu les dernières recommandations de leurs officiers.

En l'absence de son capitaine et de son lieutenant, souvent absents ces temps-ci pour cause de réunions diverses, c'est à Sayu qu'incombait de mener à bien ces tâches. Ainsi, son travail s'était retrouvé considérablement alourdi. Mais elle ne s'en plaignait pas. Non-seulement elle considérait que c'était son devoir en tant que troisième siège, mais en plus, cette occupation lui permettait d'éviter de trop se soucier de tout ce qui se passait autour d'elle.


Ce soir-là, elle venait de donner leurs consignes à ses soldats lorsqu'un messager se présenta au siège de sa division avec un document important à remettre de toute urgence en main-propre au vice-capitaine. Hisagi absent, Sayu récupéra pour lui le dossier. Pensant qu'il n'était néanmoins pas inutile de signaler que son lieutenant, ainsi que ceux des autres divisions, se trouvaient alors à la salle de réunion qui leur était consacrée, elle voulut l'indiquer au coursier, mais n'eut pas le temps d'entamer sa phrase que ce dernier avait déjà disparu.

Elle soupira et regarda l'un de ses hommes en faction :

- Bon, ben, je suis quitte pour le lui porter moi-même, puisque c'est urgent.

Le soldat sourit.

- Je n'en ai pas pour longtemps, lança Sayu qui prenait déjà la direction de la sortie de la capitainerie.
- Bien, troisième siège Itami !, salua le soldat.

Sayu se serait bien passée d'avoir « encore » ça à faire à cette heure-ci - rester de permanence à la division était quand même moins fatiguant que courir dans tous les sens. Bon point néanmoins : elle aurait la possibilité d'échanger quelques mots avec Shûhei...


Déambulant seule dans les rues quasi-désertes du Seireitei, elle fut soudain interpellée par des éclats de voix en provenance d'une impasse mal éclairée – et aux vues de l'ambiance tendue qui subsistait dans le Seireitei depuis la disparition tragique du capitaine Aizen, la jeune fille ne put se permettre de passer devant comme si, en se disant que ce n'était probablement rien.

C'est comme ça qu'elle se retrouva devant un groupe de plusieurs shinigami – dont elle en reconnut au moins un qui appartenait à la onzième division – qui semblaient prendre à partie une autre personne...qui n'était autre qu'Hanatarô !

« Heureuse » de ne pas avoir décidé de faire abstraction des cris, tout en sachant toutefois que les échanges à venir n'allaient pas être des plus amicaux, Sayu prit son courage – et son statut de troisième siège de division – à deux mains et s'avança vers le groupe en prenant soin de faire immédiatement remarquer sa présence.

- Hein ?, s'étonna un premier soldat de la onzième en voyant quelqu'un s'approcher d'eux. Qui t'es toi ? Qu'est-ce tu fous ici ?

Rien que le ton agressif employé ne laissait rien présager de bon. Mais tant pis...
Sayu s'avança un peu plus et s'apprêtait à se présenter avant de faire valoir son rang pour disperser les hommes quand, sous le regard incrédule d'Hanatarô, l'un des hommes du groupe – certainement le plus impressionnant physiquement – se porta en avant, dévisagea Sayu et esquissa un sourire éloquent.

- Mais qui voilà ?, dit-il goguenard. La p'tite troisième siège de la neuvième ! Et alors, on vient faire respecter l'ordre dans les rues mal famées ?

Propos qui engendrèrent quelques ricanement moqueurs.

- Aller, ma belle !, reprit le shinigami d'une voix moins railleuse et plus menaçante. Passe ton chemin ! Ce genre d'affaire ne regarde pas les poulettes...surtout quand elles ne sont pas accompagnées de leur protecteur.

Dernier sous-entendu qui laissa Sayu quelque peu perplexe.

- Et ça veut dire quoi, ça ?, gronda-t-elle tout en faisant un pas de plus en avant.

Hanatarô tenta alors d'intervenir et de lui dire de s'enfuir avant qu'elle ne soit à son tour blessée, mais un homme du groupe repéra son mouvement et le repoussa violemment par terre.

- Hé !, s'indigna aussitôt Sayu. Inutile de se comporter comme ça avec lui !

Pour connaître Yamada et son caractère...pacifiste, elle ne pouvait un seul instant l'imaginer avoir eu un comportement provocateur – surtout envers des soldats brutaux (et à moitié ivres) de la onzième division qu'il redoutait tant. Mais une fois sa réflexion faite, elle se tourna à nouveau vers celui qui s'était planté en face d'elle et réitéra sa question en sentant la colère la gagner de plus en plus.

- Alors ? Ça voulait dire quoi cette remarque ? Réponds !
- Oh oh ! Mais c'est qu'elle a de la graine en plus, siffla le shinigami (qui devait la faire deux fois). Hé ben je vais te dire ce que ça signifie ma mignonne, poursuivit-il en s'approchant un peu plus encore, le regard mauvais. Ça veut dire que nous, les gars de la onzième, on n'a pas d'ordre à recevoir d'une personne qui jouit d'une réputation à vomir et qui est, par-dessus le marché, pistonnée par ses petits chéris pour changer de division et monter en grade grâce à ses charmes !

Nouveaux éclats de rire qui firent exploser Sayu.

- Non mais, pour qui est-ce que tu te prends, gros tas ?, cria-t-elle en dégainant Seigi no Iki, manquant de couper en deux en papillon de l'enfer qui voletait à ce moment-là autour d'elle. Qu'est-ce que tu sais sur moi, hein ? Comment peux-tu te permettre de tenir de tels propos insultants, alors que vous étiez en train de vous en prendre lâchement à une personne désarmée ?
- Qu'est-ce qu'elle dit le microbe, là ?, commencèrent à intervenir d'autres membres du groupe.
- Elle manque pas d'air ! Parce qu'elle croit en plus pouvoir nous donner une petite leçon ?, se moqua un autre en jetant un coup d'œil au zanpakutô que Sayu tenait fermement en main.

Mais une petite voix implorante se fit soudain entendre au-delà du groupe massif de la onzième. C'était Hanatarô, qui, à moitié assommé, craignait pour la santé de son amie.

- Va-t-en Itami-chan...Ça ira, ne t'inquiète pas...

Mais Sayu avait déjà remarqué ses yeux tuméfiés et le coin de ses lèvres d'où coulait un mince filet de sang. Le pauvre s'était fait passer à tabac – et ce, probablement pour le simple plaisir de ces brutes – et si Sayu renonçait maintenant, elle ne donnait pas cher de sa peau. De toute façon, vu sa mentalité, il était tout bonnement hors de question qu'elle lâche l'affaire !

- « Tourbillonne, Seigi no Iki ! ».

Ça y était, c'était parti. Tant pis pour eux, ils l'avaient poussée à bout et la sentence n'allait maintenant plus tarder.

Cependant, lâches mais pas téméraires, quelques soldats de la onzième, en sentant le souffle puissant du zanpakutô – face auquel ils n'auraient que leur sabre à opposer – préfèrent prendre la fuite. Mais ce ne fut pas le cas pour tous. Restèrent en effet solidement encrés sur place, quatre shinigami à l'air patibulaire qui loin de s'inquiéter de cette libération, y virent au contraire-là le moyen de s'amuser un peu.

- Je sens qu'on va pouvoir bien se marrer les gars, murmura même amusé l'un d'eux.

De son côté, Yamada s'était recroquevillé sur lui-même sous l'effet de la bourrasque et priait pour que tout se termine bien - et vite - pour son amie.

Le combat commença...


Pendant ce temps, non loin de là, un papillon de l'enfer était récupéré délicatement par les pâles mains d'un être loin d'être innocent, qui se délecta à l'avance des informations que le messager était en train de lui fournir, tandis que d'un autre côté du Seireitei, les réunions respectives des capitaines et lieutenants venaient de prendre fin.


C'est à cet instant que les évènements et les réactions induites s'enchaînèrent. Car à seulement quelques dizaines de mètres de l'endroit où Sayu avait initialement projeté de se rendre avant d'être interrompue dans son élan, s'étaient regroupés quelques officiers – dont Hisagi et Kira – qui reprenaient tranquillement quelques points abordés durant leur réunion.
Mais lorsque cette colonne si intense, puissante et caractéristique explosa soudain dans les ténèbres de la nuit, elle alarma toutes les personnes qui, à plusieurs centaines de mètres, purent l'observer.

Sans se concerter, sans plus attendre, les lieutenants de la troisième et neuvième division se précipitèrent vers les lieux...sans pour autant être les seuls à s'être dirigés prestement vers la ruelle qui n'avait plus rien de sombre et où des évènements dramatiques risquaient de se produire dans très peu de temps.

Le moins surpris de tous fut probablement Hisagi qui avait déjà eu l'occasion de retrouver Sayu dans de telles circonstances. Transformée, flottant doucement au sein de la colonne, elle faisait face aux shinigami qui avaient osé la provoquer mais qui semblaient désormais avoir perdu toute traces d'envie de se battre et affichaient des expressions terrifiées.
Tombés à terre, leur sabre lâchés, ils hurlaient de douleur en se tenant violemment la tête comme s'ils perdaient la raison.

Persuadé que ces hommes risquaient de subir le même sort que les Adjuchas, Hisagi, contre toute attente, alla s'interposer entre Sayu et ses « victimes ». Les bras en croix, faisant face à la jeune fille avec un air décidé, il la fixa en espérant qu'elle ouvre les yeux avant qu'il ne soit trop tard pour qu'elle le voit et que sa simple présence - au nom des sentiments réciproques qu'ils avaient l'un pour l'autre - la stopperait dans son attaque afin d'éviter le pire.

En arrière, médusé, Kira observait Hisagi avec des yeux ronds. Hisagi qu'il voyait commencer à faiblir, de souffrir, sous l'effet de l'attaque de Sayu, mais qui pourtant, ne lâcherait pas et resterait debout devant elle tant que ses forces le lui permettraient.
Refusant de voir son collègue se sacrifier sans doute pour rien, Kira s'apprêta à intervenir à son tour afin, d'au moins, écarter Hisagi du champ destructeur de Seigi no Iki.
...car il faut bien l'avouer, pour le moment, dépassé par les évènements, le lieutenant de la troisième division n'avait strictement aucune idée de comment arrêter le processus mis en route – et avait également la certitude qu'il ne serait pas de taille face à ce qu'il se produisait sous ses yeux.

Mais Kira n'aura finalement pas eu à intervenir. Car ressentant soudain sa présence, Sayu commença à entendre la voix d'Hisagi dans le lointain. Elle ouvrit enfin les yeux et le vit, droit devant elle, en plein sous le feu de son zanpakutô.
Alors pour la première fois, au prix d'un immense effort de concentration, la jeune fille demanda à Seigi no Iki d'en rester là.


Durant quelques secondes, elle eut peur que son zanpakutô ne l'écoute pas. Fort heureusement, ce ne fut qu'une impression trompeuse. Doucement, l'énergie qui jaillissait de la colonne faiblit et le pouvoir émanant de Sayu et de Seigi no Iki diminua jusqu'à ce que la jeune fille se retrouve à nouveau à terre, dans son shihakoshou, son zanpakutô en position « libérée » entre ses mains.
Mais ce ne fut pas tout. Car au-delà d'avoir pu maîtriser son attaque, pour la première fois, Sayu était restée consciente durant et après le phénomène, se souvenant ainsi de tout ce qu'il s'était passé...

Revenant à l'instant présent, sans se soucier de l'état dans lequel pouvaient être les soldats de la onzième division et ne faisant même pas attention à la présence du lieutenant de la troisième, le voyant tomber genoux à terre, Sayu se précipita vers Hisagi dans les bras duquel elle se jeta, manquant de peu de faire basculer complètement l'officier très affaibli.
Ils ne se dirent rien et demeurèrent dans cette position un court moment.
...et ce n'est qu'après s'être légèrement dégagée, que Sayu passa une main douce et légèrement tremblante sur le visage en sueur d'Hisagi, ressentant un immense soulagement de voir qu'il n'avait pas été blessé par sa faute.

À quelques mètres d'eux, Yamada s'était mis debout et demandait déjà une assistance médicale auprès de sa division.

- Mettez-les tous sur un brancard !, ordonna un membre de la quatrième en pointant du doigt toutes les personnes qui avaient subi l'attaque de Sayu. Vous aussi, troisième siège Itami, s'adressa ensuite l'homme en se tournant vers Sayu. Vous devriez venir avec nous afin que l'on s'assure que...
- C'est inutile, murmura Sayu dont le regard restait posé sur Hisagi. Je vais bien.
- Mais..., insista l'autre.
- Elle vous dit que ça ira, intervint soudainement une voix posée et familière qui mit fin à la discussion.

Sayu et le soignant firent alors volte face vers le capitaine Tôsen qui posa une main sur l'épaule de Sayu.

- J'en prends la responsabilité, déclara Tôsen. Suis-moi maintenant, Itami-san, lui demanda-t-il tandis qu'il marchait déjà vers sa capitainerie, suivit de près par Sayu qui, trop inquiète pour Hisagi, ne se demandait même pas ce qu'il risquait de lui arriver maintenant.

C'est comme ça qu'aucun d'eux, trop pris par ses affaires, ne fut en mesure de remarquer la présence d'un être au regard émerveillé qui voyait là, enfin, l'occasion qu'il attendait pour pouvoir agir.


À peine arrivés dans le bureau de Tôsen, celui-ci pria Sayu de s'assoir - pendant qu'il prenait lui-même place de l'autre côté de son bureau - et de lui raconter ce qu'il s'était passé.
La jeune fille reprit donc, en devant faire un certain effort de concentration, depuis le début, les raisons pour lesquelles elle avait dû quitter sa capitainerie (en se demandant brusquement au passage ce qu'avaient bien pu devenir les fameux documents urgents à remettre à son lieutenant), comment elle s'était retrouvée mêlée à la discorde et comment celle-ci avait évolué, la faisant réagir de la sorte.

Elle ne rentra pas dans les détails et survola d'abord l'ensemble en expliquant que l'intervention de son lieutenant lui avait probablement été d'une grande aide pour maîtriser son attaque – même si cela lui semblait avoir été relativement difficile.
Elle expliqua ensuite, en ne sachant trop comment formuler correctement la chose, que durant tout ce temps où elle s'était retrouvée enveloppée dans cette colonne, elle avait « vu » certaines choses, sans en préciser encore la nature, dont elle ignorait s'il s'agissait de la réalité ou d'hallucinations.

- Hé bien, Itami-san, remarqua Tôsen, j'ai là une fois de plus la confirmation que ta place est bien parmi nous et que ton pouvoir est, sans aucun doute, non négligeable.

Sayu, qui s'attendait davantage à un blâme pour s'en être pris de la sorte à des « camarades », se retint de pousser un soupir de soulagement. Mais...

- Cela dit, Itami-san, poursuivit Tôsen d'un ton plus sérieux qui tressa Sayu en un instant, il est également très important que tu apprennes à maîtriser ce pouvoir – faute de quoi, ce sens de la justice aigu que tu portes en toi pourrait produire l'effet inverse. Tu comprends ?
- Oui taishô, murmura Sayu d'une petite voix coupable.
- Maintenant, dit Tôsen en croisant ses mains sous le menton, j'aimerais que tu me parles un peu plus de ce que tu « penses avoir vu » au moment où...

Mais un toquement peu discret se fit soudain entendre à la porte du bureau, interrompant ainsi la requête qu'exprimait Tôsen.

- Entrez !, lança ce dernier qui, dès qu'il sentit la présence de l'un de ces confrères dans son bureau, se dressa de son fauteuil pour le saluer – imiter aussitôt par Sayu qui ne vit rien de bon dans cette arrivée impromptue.
- Kurotsuchi taishô, lança d'un ton neutre mais sensiblement froid Tôsen. Voilà une visite à laquelle je ne m'attendais pas.

Et au regard satisfait que le sadique de service lança à Sayu, celle-ci comprit immédiatement quel était l'objet de cette visite.

- Et pourtant vous auriez dû, Tôsen taishô, se réjouit le capitaine de la douzième division. Car vue la tournure des derniers évènements de la journée et du fait que votre troisième siège n'ait pas eu besoin de se rendre à l'infirmerie pour divers soins, selon le protocole en vigueur, il est du devoir de la douzième division d'examiner le sujet.

Sayu sentit un frisson lui traverser le corps. « Le sujet ». Cette fois, c'était la bonne ! Ce détraqué allait pouvoir la mettre en pièces impunément, sans avoir à passer par une demande officielle de la « Chambre des 46 » - puisque c'était cette même chambre qui avait mis en place un tel protocole.

Elle se tourna alors vers son capitaine dans l'espoir de le voir sortir de sa poche une entourloupette digne d'Ichimaru, mais malheureusement, elle ne put que voir son officier froncer les sourcils et donner son accord pour qu'elle accompagne le scientifique...

- ...sous la surveillance de deux hommes de ma division, précisa-t-il.

Cela aurait dû un minimum rassurer Sayu, mais avec ce qu'elle connaissait Kurotsuchi, il était bien capable de commencer par s'occuper d'abord des deux sacrifiés avant d'être libre de lui faire tout ce qu'il voulait !

- C'est tout à fait normal, Tôsen taishô, dit d'une voix mielleuse Kurotsuchi. Ils peuvent nous accompagner, en plus, je n'en aurais même pas besoin !

Sur quoi le capitaine de la douzième division s'en retourna vers la porte d'entrée en lançant un regard à faire froid dans le dos à Sayu, qu'il attendait. Cette dernière regarda une dernière fois son capitaine en se demandant si elle le reverrait seulement un jour...


Arrivés dans la cours de la capitainerie, sans savoir comment ils en avaient été informés, deux gardes vinrent encadrer Sayu qui s'en sentit malgré tout relativement soulagée...mais certainement pas autant que lorsqu'elle vit apparaître soudain à l'entrée de la division, Hisagi.

Se retenant à grand peine de ne pas se jeter à nouveau dans ses bras pour lui demander de la protéger du fou furieux, elle ne put que lui lancer un regard de détresse que l'officier interpréta à merveille.

- Kurotsuchi taishô, le salua respectueusement le lieutenant.
- Tiens ?, grommela Kurotsuchi. Vous êtes déjà sorti de l'infirmerie, Hisagi fukutaishô ? Vous me semblez être une personne particulièrement résistante, dites-moi, pensa-t-il à haute voix en dévisageant Hisagi avec un air intéressé. Il faudra que vous passiez me voir à l'occasion, que je vois un peu jusqu'à quel point vous êtes résistant. Ça serait certainement très instructif...
- Je n'en doute pas, ironisa poliment Hisagi.

Puis se tournant vers les trois membres de son unité :

- Où allez-vous à une heure pareille ?
- Le capitaine Tôsen nous a ordonné d'escor...euh...d'accompagner le troisième siège Itami jusqu'aux laboratoires de la douzième division afin qu'elle y soit interrogée par le capitaine Kurotsuchi, monsieur !, récita aussitôt l'un des deux accompagnants de Sayu.

Propos qui firent se dresser les poils d'Hisagi.

- Ah...Dans ce cas, dit-il en regardant l'un de ses hommes, vous !, restez ici, je me charge de vous remplacer.

Annonce qui fit bondir de joie le cœur de Sayu. Malheureusement :

- Ralala !, rouspéta Kurotsuchi sans prendre le soin de se montrer un tant soit peu discret, en se plaquant une main sur le front. Quand je n'ai plus le preux chevalier servant de la troisième, je me retrouve avec le prince charmant de la neuvième ! Quel ennui !

Mais Hisagi n'eut pas le temps de répliquer que Kurotsuchi avait déjà sa réponse toute prête.

- Je serais vraiment très honoré qu'un officier se donne la peine de venir voir comment je m'y prends dans mes travaux...

Sayu eut du mal à avaler sa salive.

- ...mais malheureusement, je crois bien que votre premier devoir pour le moment est d'aller trouver votre capitaine pour lui faire votre rapport sur la situation. Me trompe-je, Hisagi fukutaishô ?, demanda le capitaine de la douzième avec malice.

Ce fut bien l'une des rares fois où Hisagi eut envie de répondre ce qu'il pensait vraiment à un officier. Mais force fut de constater que Kurotsuchi avait raison et que pour le moment, il devait se plier au règlement et regarder seulement Sayu s'éloigner, abattue.