Voilà mon chapitre du jour, désolée pour son arrivée tardive. Il n'est pas encore très long mais je tenais à le faire, d'une part parce que l'aube d'une bataille est toujours importante, et d'autre part car je pense qu'il manquait quelque chose pour appuyer un maximum de cohérence entre l'oeuvre originale de Stephenie Meyer et la FF. Vous comprendrez en le lisant ^^

A partir du chapitre suivant, sauf si une autre idée me vient avant, début de la bataille finale. La fin des explications et et les clés du mystère vont tomber peu à peu. Attention à vous ça risque de remuer !

Bonne lecture et à bientôt !


Patricia : Merci pour ta review ! Si notre couple survit (attention, rien n'est certain !) c'est une grande possibilité. Reste à savoir qui va survivre ou non ! XD

Chapitre 26. Aube de la bataille

***

- Edward ?

- Oui, qu'y a-t-il ?

- Je me rappelle que le jour du conseil tu semblais perplexe à propos des pensées d'Aro. Pourquoi ?

Je le vis réfléchir avant de me répondre. Nous nous trouvions dans ma chambre. J'avais travaillé mon bouclier avec lui pendant trois heures sans m'arrêter, passant à une protection de tout Volterra à la suppression totale du bouclier en moins d'une seconde. Je le maitrisais de mieux en mieux. Edward m'avait servi tout ce temps de cobaye et je sais que pour lui ce n'était pas agréable non plus, de passer du silence total à la pièce pleine de boucan.

- Je ne sais pas. Il se contrôlait bien, il devait savoir que je l'entendais. Je crois que ce que tu lui disais ne l'étonnait pas. Comme s'il savait parfaitement que tu réagirais comme ça. Il semblait même content, presque fier de lui. C'était vraiment confus.

Fier de lui… Oui il savait ce qu'il faisait en m'envoyant à Forks. Peut-être même savait-il pour Edward à l'époque et que c'est pour cela qu'il m'y a envoyé à ce moment là.

- Et quand je suis revenue après ma fugue, tu as réussi à déterminer la teneur de l'annonce ?

- Non, pas concrètement. Mais je crois avoir compris, même si je n'en suis pas certain, qu'elle te concerne. Je crois qu'il te considère comme sa fille mais il y a quelque chose de plus caché.

- Oui, je sais. Je n'ai jamais su quoi et avant mon retour à Forks je ne me suis jamais posée la question. Mais c'est vrai que plus ça va plus elle est présente dans ma tête. J'aimerais découvrir les réelles intentions d'Aro mais je veux en même temps lui faire confiance. Je ne sais pas trop comment agir face à lui. Ça m'a aussi étonné qu'il n'insiste pas pour essayer de lire en moi. Je pensais qu'il aurait au moins voulu faire l'essai. Mais non, il a tout de suite accepté de passer par toi.

- J'ai bien peur que pour l'instant la seule chose à faire est de lui faire confiance.

- Oui. Après tout il est un peu mon père non ?

***

Les semaines qui suivirent furent assez chargées. Les Cullen et Jacob avaient alterné entre Forks et Volterra, à l'exception d'Edward qui était toujours resté avec moi. Cette alternance me faisait parfois des vacances car dès qu'ils étaient là Alice me trainait dans les magasins. Je m'étais aussi rapprochée de Rosalie. Quant à Emmett et Jasper, ils m'avaient initiée au base-ball et à notre plus grande surprise à Edward et à moi je n'étais pas mauvaise ! Bon, je n'étais pas non plus championne mais nous avons pu bien nous amuser plus d'une fois.

Au palais les ragots allaient de bon train. Ils avaient appris les fiançailles et imaginaient toutes sortes de choses les expliquant. Rares étaient ceux qui savaient qu'Edward et moi nous connaissions d'avant notre transformation. Je me pris à rire de tous ces ragots. Le pire aurait été un enfant à venir mais ça aurait été ironique de la part de vampires non ?

En parlant d'enfants, plus d'une fois je me pris dans une mauvaise mélancolie. Jamais je n'avais vraiment parlé de Renesmée. Après tout elle n'existait que dans mon imagination. Mais je trouvais la vie vraiment cruelle. Tant de choses s'étaient réalisées de mon rêve à la réalité. En fait tout ce qui était important. Renesmée était importante. Pourtant jamais je ne l'aurai. Jamais Edward et moi connaitrons le bonheur de la voir grandir. Jamais Jacob ne rencontrera son âme sœur. Elle devait l'être. Je suis sure que si Edward et moi avions eu un enfant alors que j'étais humaine il se serait imprégné d'elle. Oui, sauf que Renesmée ne restera qu'une possibilité du destin que nous n'aurons pas.

- Qui est-ce ?

Edward s'était approché doucement derrière moi et perdue dans mes pensées je ne l'avais pas entendu arriver. Je vis également que j'avais machinalement pris un papier et un crayon et que j'avais décidé le visage de ma fille.

- Ce n'est qu'un rêve qui ne s'est pas réalisé et qui ne se réalisera pas.

Il sentit ma tristesse mais ne la comprit pas. Il voulait cependant savoir ce qui m'avait mis dans un tel état.

- Puis-je ?

Je le laissai prendre le dessin. Il l'observa minutieusement puis écarquilla les yeux.

- Elle… elle te ressemble. Et on dirait qu'elle a certains traits de moi aussi…

- Oui. Je te l'avais dit le jour où je t'ai parlé de mon rêve pour la toute première fois. Dans mon rêve nous avions eu le temps d'avoir un enfant avant que je ne sois transformée en vampire. C'est le visage qu'elle avait quand je me suis réveillée.

- Comment s'appelait-elle ?

Il était presque en stase devant mon dessin. Je regrettai de lui avoir montré. Il n'était pas utile qu'il souffre lui aussi de ce rêve irréalisable.

- Renesmée. En l'honneur de nos deux mères. Et son deuxième prénom était Carlie pour Carlisle et Charlie. Mais Edward ce n'était qu'un rêve. C'est juste que j'ai été un peu nostalgique aujourd'hui. Je suis heureuse d'être avec toi, jamais je n'aurais pu en attendre autant. S'il te plait, oublie ça.

Il hocha lentement la tête et me rendit mon dessin. Super ! J'avais réussi à le déprimer ! Mais en même temps… Renesmée me manquait terriblement. J'avais pourtant réussi pendant un siècle à ne pas penser beaucoup à elle. Peut-être les retrouvailles avec Edward et les Cullen m'avaient montré le vide que son absence avait laissé en moi.

***

Mon très cher ami,

J'ai décidé d'organiser une fête très privée à Volterra, où ne seront présents que mes plus proches amis. Tu fais partie d'eux. Depuis bien longtemps je t'estime et je souhaite que tu sois là. Bien des choses se passeront ce soir là, et j'aurai une annonce des plus importantes à faire, c'est pourquoi je te demande d'être là.

Pour éviter des invités inconvenants je te demande de ne pas en parler autour de toi. Bien sur tout ton clan est admis, mais j'ai trop peur de trouble-fêtes. Pour cela je te demanderai de ne pas ébruiter ce rendez-vous.

J'espère donc te voir présent la nuit du 11 au 12 juin. Je te demanderai de ne pas arriver avant pour ne rien ébruiter avant et de ne pas chasser dans les environs de Volterra.

A très bientôt donc,

Aro.

***

Nous sommes la veille de la bataille. Dans quelques minutes le soleil se lèvera peut-être pour la dernière fois pour nous. Edward et moi accompagnés des Cullen et de Jacob avions décidé de regarder l'aube en haut d'une colline. Ils n'avaient jamais vécu pareil sentiment, de se dire que peut-être tout allait s'arrêter dans quelques heures. Moi si en un sens.

Je me rappelle de la première fois avec l'attaque des nouveau-nés et de Victoria. C'était à ce moment que je m'étais aperçue que j'éprouvais de plus forts sentiments pour Jacob que ceux que je voulais bien m'avouer. Qu'est-ce que je ressens aujourd'hui pour lui ? De l'amitié ? Oui. De la tendresse ? Surement. De l'amour ? Je ne crois pas. Peut-être en d'autres circonstances ça aurait pu. Nous sommes liés de toute façon d'une manière ou d'une autre. C'est incontestable.

L'autre bataille me rappelant le sentiment que je ressentais actuellement était celle qui nous aurait opposé aux Volturi. Quelle ironie n'est-ce pas ? Dans mon rêve je les craignais et les haïssais. Par deux fois ils avaient failli me retirer Edward, ma raison de vivre, ou même ma fille. Ma vie en fait. Là en un sens ils m'avaient rendu Edward et en plus j'allais me battre à leurs côtés.

Je n'oubliais toutefois pas la signification générale de ce rêve. Me préparer à mon futur, à mes choix. Si je les avais vus ainsi, c'est qu'une part non négligeable d'eux l'est. Il me fallait déterminer quelle part et en quelles proportions. Je pouvais déjà voir les contours par Aro. Cette annonce ne me disait rien de bon. Edward avait raison, elle me concerne. Mon instinct me disait qu'il se servait de moi, qu'il l'avait toujours fait. Je n'arrivais malgré tout pas à lui en tenir rigueur car la réalité avait pris le dessus sur mon rêve et je l'aimais comme un père. Tant de sentiments différents se contredisant !

Les couples s'étaient resserrés sur l'herbe sur laquelle nous nous étions assis et je savais que Jacob se sentait seul. Si je devais lui parler, c'était le moment.

Edward, je vais parler un peu avec Jacob. Je crois qu'il en a besoin.

Mon fiancé – j'aime ce terme ! – hocha discrètement la tête comprenant pourquoi je le faisais. Je me levai alors pour rejoindre mon meilleur ami.

- Hey !

- Hey. Ça va ?

- On fait aller. Mais c'est plutôt à toi qu'il faut le demander.

- T'inquiète, tout va bien. Je n'ai pas peur de mourir.

- Peut-être, sauf que tu ne vas pas mourir Jacob car tout va bien se passer. Nous n'avons pas le choix.

- J'ai saisi. Tu sais, il y a une chose que j'aurais aimé faire, vivre pendant toutes ces années. C'est pour ça que je n'ai jamais renoncé à mon statut de loup-garou.

- Quoi donc ?

- J'aurais aimé savoir ce que c'est que d'avoir une famille. Tu l'as trouvé, et tu as toujours eu Edward en un sens. Moi je t'ai aimé Bella, silencieusement et désespérément mais je savais que jamais nous ne pourrions être ensembles. Même si j'avais dû m'imprégner pour cela, j'aurais aimé vivre une passion réciproque. Je vous envie tous les huit.

Oui. Il aurait pu si les choses s'étaient passées autrement.

- Bella, dans ton rêve étais-je aussi seul ?

- Ne me demande pas ça Jake.

Il me regarda étonné de ma réponse. Il ne pouvait voir pourquoi je ne voulais pas en parler. Après tout il m'a dit qu'il m'avait aimée mais qu'il avait toujours respecté mes sentiments. Il savait aussi que j'avais été avec Edward dans mon rêve. Bien sur qu'il ne pouvait pas comprendre ma réaction.

- Pourquoi ?

Je soupirai. Que pouvais-je lui dire ? Que son âme sœur ne viendra jamais au monde ? Qu'il s'était imprégné de la fille de son plus grand ennemi et de la femme qu'il aimait ?

- Parce que. Tout n'est pas aussi simple que ce que l'on voudrait.

- Mais Bella, ça me concerne quand même !

- Non, ça aurait pu te concerner si les choses avaient été possibles. Pardonne-moi Jacob, mais elles ne le seront jamais, c'est physiquement impossible.

Tous les Cullen assistaient à l'échange. Jasper sentait ma détresse et Edward aurait voulu intervenir mais il devait deviner que ce n'était pas à faire.

- Que veux-tu dire ? Donc tu admets que je n'étais pas aussi seul qu'aujourd'hui. Mais de qui ? Etais-imprégné ou simplement amoureux ? Pourquoi ne veux-tu rien me dire ?

Il était complètement parti dans une grande colère. Je pense que le stress de la bataille s'annonçant avait aidé à cette réaction. Mais surtout, il voyait que j'avais les réponses aux questions qu'il se posait depuis un siècle. Pourquoi lui avait-il été toujours aussi seul ?

- Jacob, calme toi s'il te plait, regarde dans quel état est Bella !, hurla Jasper.

Le pauvre il devait être torturé dans ce tourbillon d'émotions. Moi je revoyais le sourire de ma fille, ses premiers pas et sa main toute chaude sur ma joue quand elle voulait me dire quelque chose. Toute trace de bonheur venait de s'estomper car je ressentais ce besoin de la tenir dans mes bras et de lui chanter une berceuse. De lui dire combien je l'aimais. De tenter de la convaincre de manger de la nourriture humaine. De la regarder dormir. De la sentir près de moi, à moi, ma fille. C'est horrible, c'est comme les cauchemars que je faisais dans ma lune de miel, cette peur de la perdre.

Sans m'en apercevoir j'étais tombée à genoux et je m'étais prostrée. Personne ne comprenait. Edward me prit dans ses bras et me berça pour le calmer.

- Tu devrais le lui dire. Je pense avoir deviné avec les réactions que tu as depuis quelques jours. Il doit le savoir. Il doit savoir pourquoi il ne la rencontrera jamais.

Oui, Edward avait compris. Il me demandait d'avouer à mon meilleur ami que le jour où j'étais partie pour l'Italie, le jour où j'étais allée à Volterra en sachant ce que cela impliquerait j'avais en quelques sortes tué l'enfant que j'aurais pu mettre au monde, son âme-sœur.

Plusieurs minutes passèrent. J'eus ensuite le courage de reprendre la parole. Edward m'en donnait la force. Après tout il ne savait presque rien et il tenait une occasion d'en apprendre plus.

- Dans mon rêve Edward et moi nous sommes mariés alors que j'étais encore humaine. En fait c'était le mariage contre ma transformation par Edward, histoire compliquée. Nous sommes ensuite partis en Lune de miel tous les deux où… disons notre mariage a été consommé. Deux semaines plus tard j'ai eu un comportement étrange. En fait non pas un comportement mais… J'ai eu des nausées matinales, des sauts d'humeur et surtout j'ai senti quelque chose dans mon ventre bouger. D'ailleurs je m'étais légèrement arrondie. Bref, en d'autres termes j'étais enceinte. Sauf que la grossesse n'était pas ordinaire. L'enfant était un hybride d'humain et de vampire. La grossesse était très fortement accélérée et je dus me nourrir de sang pour palier aux besoins de l'enfant. J'aurais dû perdre la vie à l'accouchement si on ne m'avait pas immédiatement transformée. Je mis au monde un ange qui charmait tout le monde. C'était une fille s'appelant Renesmée Carlie Cullen en hommage à ses grands-parents. Elle n'avait que quelques minutes quand tu l'as vue pour la première fois Jacob et alors que tu la détestais car elle allait peut-être me tuer, toute haine a disparu car tu t'es imprégné d'elle. Voilà pourquoi tu n'as pas rencontré ton âme-sœur. Du jour où je suis partie pour l'Italie j'ai tué toute possibilité de la mettre au monde. Pardonne-moi… Si tu savais combien elle me manque, surtout depuis que je vous ai tous retrouvés…

Des sanglots sans larme s'étaient emparés de moi. Tous étaient sous le choc, Edward compris. Un vampire et une humaine avoir un enfant… Et puis c'était comme si j'avais perdu une petite fille à mon réveil, de même pour Edward même s'il n'en a aucun souvenir. Esmée savait ce que cela signifiait. Rosalie comprenait mon besoin de maternité que j'avais en plus personnellement connu en un sens.

Edward se recula et je sentis des bras brulants m'étreindre. Jacob pleurait. Il pleurait pour moi, pour Edward, pour Renesmée et pour lui.

- Merci Bella.

Et là, comme pour essayer de nous consoler, les premiers rayons de soleil apparurent à l'horizon. L'aube montrait son visage. Peut-être pour la dernière fois. Mais pour être franche, je m'en fichais. Au moins j'aurais vécu des choses merveilleuses. J'aurais rencontré mes deux âmes-sœurs, Edward et Jacob, ainsi que la plus belle famille que je pouvais trouver en la personne des Cullen.

L'aube fut magnifique ce jour là. Du haut de la colline sur laquelle nous nous trouvions nous avions une grande vue d'ensemble. Les humains allaient se réveiller pour vaquer à leurs occupations. Certains iraient travailler, d'autres étudier. Ici on fera semblant d'être malade pour profiter au mieux d'une grasse matinée en compagnie de sa moitié, là on courra après le train. Certains bébés naitront, d'autres personnes mourront. C'est ainsi que vont les choses, c'est comme ça que cela doit se passer.

Mais pour nous les vampires, pas de nuit, pas de jour. Juste une éternité, un jour qui ne s'arrêtera jamais. Sauf si demain l'aube ne se lève pas pour nous.