Bonjour à tous !
MILLES EXCUSES POUR CETTE ABOMINABLE ATTENTE !
DESOLE ! DESOLE ! DESOLE ! DESOLE ! DESOLE ! DESOLE ! DESOLE !
DESOLE ! DESOLE ! DESOLE ! DESOLE ! DESOLE ! DESOLE ! DESOLE !
Merci à vous tous qui supportaient, depuis le début, mon irrégularité dans mes posts..et qui malgré ça, ne m'ont pas lâché !
Merci pour votre patience sans faille !
Mon retour de vacance s'est soldé d'un rush au boulot pas possible ! (c'est comme si j'avais reçu une augmentation, sauf qu'à part du taf et des responsabilités en plus, c'est tout ce que j'ai eu, le salaire, lui, n'a pas bougé d'un iota ! Grrrrr !) Bref, tout ça pour vous dire que j'ai de moins en moins de temps pour écrire, MAIS que je continue cette fic, même si je ne peux pas poster tous les mois. (Voilà qui réconfortera celles qui ont peur que j'arrête en cours de route…)
Sachez que je pense tout le temps aux jours qui s'accumulent entre mes chapitres, et que cela me peine vraiment de ne pas pouvoir être plus régulière !
C'est pour cela que j'espère de tout cœur que ce chapitre contentera votre –trop longue- attente de cet été. Je l'ai un peu changé en cours de route (plus de lémon pour me faire pardonner hi !hi !) mais du coup je n'ai que très peu développé l'intrigue sur la légende, ce sera pour le chapitre suivant, promis.
En attentant, régalez-vous….
Et merci encore pour votre fidélité…
DITES MOI SI VOUS AVEZ APPRECIE !
VOS ENCOURAGEMENTS SONT PRIMORDIAUX…. !
Bonne lecture….
Chapitre 26 : Révélation
Soudain la brise pluvieuse tournoya et un extrait ténu de sa fragrance heurta mes narines. Je fermais les yeux de plaisir, me laissant baigner par la félicité que me procura le passage éphémère de son parfum.
Mon membre emprisonné durcit d'avantage en réponse à cette senteur unique, suave et fleurie. Quintessence des plus merveilleuses senteurs sur cette terre, elle seule, capable d'envouter mes sens jusqu'à m'en faire perdre la tête.
La colère et la confusion s'envolèrent presque instantanément et seul le besoin de la rejoindre prima sur tout le reste.
Sans attendre une seconde de plus, je m'élançais avec hâte...vers ma raison de vivre.
Vers ma gardienne d'âme si Alice avait vu juste…
Maître des ombres de la nuit, je me hissais, invisible à sa fenêtre et me faufilait sans bruit dans sa chambre, refermant soigneusement derrière moi.
Une chaleur familière parcourut mon ventre dès que mon regard se posa sur sa silhouette endormie. La petite lampe de son bureau était restée allumée, baignant la pièce d'une douce et pâle lumière. Le faible éclairage soulignait son teint crémeux, la finesse de ses traits. Il soulignait également ses paupières enflées, témoins de ses pleurs récents, ainsi que deux plis inquiets de chaque côté de ses lèvres. Mon cœur de pierre se serra.
La discrète lumière profilait sa beauté …mais encore plus sa douce fragilité.
Le corps et les cheveux trempés par la bruine, je reculais dans un coin et m'accroupis, immobile, les yeux rivés sur sa frêle silhouette, heureux et soulagé d'être auprès d'elle.
Petite humaine, si fragile et si forte en même temps.
Elle s'était entortillée dans un désordre de draps houleux, le couvre-lit pourpre gisait à moitié par terre, près d'un oreiller précédemment échoué. Elle se retourna à plusieurs reprises, s'agitant nerveusement, marmonnant ici et là des mots incompréhensibles.
Son inquiétude l'avait suivi jusque dans son sommeil…l'avait rendu tumultueux.
Ses remous répétés finirent par faire chuter entièrement le couvre-lit au sol.
Lentement je m'approchais, le ramassais et l'en recouvrit jusqu'aux épaules pour la protéger de l'air froid qui s'était longuement engouffrer dans sa chambre depuis mon départ.
Je m'attardais, puis tendis le bout de mes doigts vers ses lèvres sensuelles, j'aurais voulu faire disparaitre la tension qui fermait son visage et rendre son sommeil paisible. J'interrompis mon geste, fermant le poing, saisit et surpris par le tourment érotique que prirent brusquement mes pensées.
Je ne devais pas succomber, elle avait besoin de repos.
Elle remua à nouveau, je reculais un peu.
Elle recommença à bouger, puis s'étira gracieusement dans un souffle qui s'acheva dans un adorable soupir. Son déploiement gracile la découvrit à moitié. Elle me fit penser à un chat…un sublime chat, et je souris en pensant que je tiendrais volontiers le rôle de la souris, et me laisserait avec délice prendre dans ses griffes...
Je chassais ses dangereuses pensées et réajusta le drap sur ses épaules menues...Heureusement qu'elle était vêtue car je n'aurais pas su résister à sa nudité. Même son vieux t-shirt et son bas de jogging élimé ne parvenait pas à entamer son charme.
Ses cheveux autour d'elle, qui erraient confusément, lui octroyaient une note sauvage... la rendant encore plus séduisante. L'une de ces mèches folles, dont la pointe s'était logée dans le coin de sa bouche me plut particulièrement...Cette vue, délicieusement tentatrice, souleva une nouvelle vague de pensées défendues dans mon esprit.
Je reculais d'avantage, tentant d'ignorer les complaintes physiques de mon désir.
Bella soupira tendrement dans son sommeil.
Je penchais la tête sur le côté et remarquais soudain un changement dans son visage. Aussi surprenant soit-il, la souffrance qu'évoquaient ses traits plus tôt semblait subitement s'être évaporée. Ce revirement était saisissant : son visage exprimait à présent une indéniable quiétude.
Fasciné et attentif, je me penchais pour mieux explorer son visage. Enveloppé par sa délicieuse odeur, je lissais délicatement entre mes doigts envieux l'affriolante mèche de ses cheveux accrochée à ses lèvres. Je fermais les yeux, résistant avec peine, à l'envie de l'embrasser, de la toucher, de la serrer contre moi...Et bien plus encore.
Je réajustais gauchement mon jean, essayant de diminuer la pression exercée sur mon érection douloureuse. Je dominais, non sans mal, les exigences de mon corps et réussis à retourner patienter dans un coin de la pièce.
Le repos de Bella primait avant tout, surtout après la soirée éprouvante que je lui avais fait vivre.
Mais la minute suivante, elle recommença à s'agiter. Les traits à nouveau tendus, elle tourna et retourna vivement sur son lit, qu'elle réussit très vite à transformer en un véritable vrai champ de bataille. Un second oreiller chuta au sol. Ses jambes se vrillèrent dans le drap, exposant le reste de son corps. Je n'aimais pas la voir se débattre ainsi dans son sommeil, en proie à ses cauchemars. Mauvais rêves dont j'étais probablement responsable, qui plus est.
Je m'approchais à nouveau et m'agenouillais à la hauteur de son visage.
Il valait peut être mieux que je la réveille si son subconscient devait passer le reste de la nuit dans un tel tourment.
J'étais sur le point de poser ma main sur son épaule lorsqu'elle se calma subitement. Ses membres cessèrent de gesticuler et les traits de son visage retrouvèrent leur quiétude.
Ses lèvres s'entrouvrirent lentement. Mon désir devait troubler mon esprit et ma vision, car j'eus l'impression que ses lèvres satinées réclamaient les miennes. Je secouais la tête et reculais brutalement, sentant ma maitrise sur le point de vaciller.
La sensualité qu'elle dégageait était une véritable tentation, et parvenir à y résister, me fit soudain sentir héroïque.
Elle bascula sa tête en arrière, enfonçant onctueusement son visage dans le moelleux du seul oreiller rescapé. La faible lumière s'accrocha à son cou voluptueusement exposé. Ce fut à ce moment-là que j'aperçus les nouvelles meurtrissures ! Une colère froide durcit mes poings.
La fureur pétrifia mes muscles, au bout d'un moment, je réussis à animer mes doigts et tira lentement sur le drap pour la découvrir.
Je cessais de respirer tandis que mes yeux balayèrent avec effroi les parties dénudées de son corps. Je serrais les dents à la vue des nouveaux hématomes sur ses bras. Je jurais en silence, ma main trembla lorsque je remontais doucement son t-shirt sur son ventre. J'étouffais un grondement et ne put garder mes yeux ouverts plus longtemps.
Sa taille était tuméfiée en plusieurs endroits…Partout où mes mains agressives l'avaient étreinte. Je me refusais à vérifier le reste de son corps, sachant déjà ce que j'allais découvrir.
J'aurais voulu hurler ma rage et ma honte.
L'état dans lequel je m'étais retrouvé, tout à l'heure, m'avait fait perdre ma vigilance et ma prudence. Le constant de ma négligence me fit horreur, et je retins une nouvelle exclamation de fureur, maudissant ma sauvagerie, maudissant ma faiblesse. Je l'avais encore blessé…Si je m'étais nourris plus tôt, j'aurais épargné son corps délicat.
Je me repliais sur moi-même, me laissant happer par le dégout de moi-même.
« Edward.. » Marmonna-t'elle dans son sommeil.
Son murmure sembla réchauffer mon cœur douloureux. Je perçus une fugace et étrange sensation. Agréable, douce, apaisante.
Cela recommença. Surpris, il me semblait que cette sensation insolite s'évertuer à adoucir ma colère.
« Edward… » Murmura t'elle à nouveau. Une nouvelle fois, l'étrange sensation, plus dense, effleura mon esprit et j'eus cette fois l'impression d'une caresse…Oui, une sorte de caresse mentale qui tentait d'atténuer mes remords et ma colère.
Je fus profondément troublé, mes yeux fixèrent le visage de Bella.
Etait-elle à l'origine de ce phénomène ? Au-delà de toute logique, mon intuition me poussait à le croire.
Je laissais glisser mes doigts dans l'épaisseur de sa chevelure entremêlée, prenant soin de ne pas la réveiller, luttant contre mon indéfectible envie de la prendre dans mes bras. Elle remua doucement.
« Dors mon amour, dors.. » Chuchotais-je d'une voix, qui lui fut inaudible.
Elle étira sensuellement son cou, je retirais ma main, craignant de la réveiller. Elle reposa lascivement ses bras au-dessus de sa tête dans un soupir indolent.
Etrangement, ma colère continuait à s'estomper, elle était toujours là, tourbillonnante, je la ressentais, mais quelque chose semblait l'anesthésier.
Etait-ce vraiment elle qui provoquait cet état ?
A nouveau, j'observais avec soin son visage. Sous mes yeux ébahis, un sourire tendre s'inscrit sur ses lèvres, comme si elle me souriait à travers son sommeil.
J'avais contemplé des centaines de ses nuits, mais jamais je n'avais observé ce genre de réactions. C'était comme si elle savait que j'étais là, qu'elle percevait ma présence.
Une petite voix dans ma tête s'éveilla…La théorie d'Alice.
Bella serait-elle guidée par l'Instinct ?
Je secouais la tête, balayant cette pensée illusoire.
Mais cette idée revint aussitôt. Insistante, exigeante, elle s'ancra dans mon esprit avec une force indicible. Ce lien sacré, unique, qui liait les élus entre eux, pouvait tout expliquer.
L'envie de savoir l'emporta soudain sur ma réserve. L'esprit confus, survolté, je réfléchis au moyen de savoir si Alice avait raison. Je plongeais dans mes souvenirs, et rapidement je sus quoi faire pour savoir si l'Instinct s'était véritablement déclaré chez Bella.
Je retournais m'assoir dans le coin le plus éloigné de son lit et j'attendais que le prodige se manifeste.
Je n'eus à patienter qu'un court instant avant d'observer la réaction de Bella en réponse à mon éloignement : elle remua à nouveau dans son lit. Je déglutis, la gorge serrée par l'émotion.
Toujours embusqué au fond de la chambre, je laissais filer les minutes – presque irréelles- constatant avec fébrilité, que son agitation ne faisait que croitre au fil de celles-ci.
Elle roula sur le ventre, puis, brusquement, revint sur le dos, ses jambes luttant contre l'entrave des draps entremêlés, ses bras gigotaient, semblant chercher à saisir quelqu'un ou quelque chose. Sa respiration s'emballa, tout comme son rythme cardiaque, l'inquiétude avait à nouveau saisit ses traits.
Ebloui, le souffle perdu, je l'observais encore un instant puis je retournais auprès d'elle, m'agenouillait près de son visage, priant que le miracle soit entier.
Quelques secondes suffirent pour que mon vœu soit exhaussé : Bella s'assagit, elle s'étira sensuellement dans un délicieux gémissement et replongea, presque immédiatement, dans un sommeil calme et sans heurt. Son souffle redevint régulier et son cœur retrouva son harmonieuse mélodie, que j'appréciais tant.
« Edward.. » Murmura-t-elle d'une voix ensommeillée. Douce et merveilleux refrain à mes oreilles.
Je regardais mes mains et m'aperçus qu'elles tremblaient. Je n'arrivais pas à y croire : Bella sentait que j'étais là, auprès d'elle.
L'instinct était bien réel !
Il était en elle, présent jusque dans son sommeil. Ce n'était pas une légende !
Toutes les mises en garde de ma raison, tous mes doutes, s'effacèrent comme par magie dans mon esprit, et un sourire d'espoir tendit mes lèvres jusqu'à mes oreilles.
Alice avait vu juste.
Les récits de Carlisle étaient bels et bien fondées. En un éclair, tous mes doutes disparurent, à présent je partageais les croyances de mon père.
Le cœur emplie d'un bonheur inégalé, interdit, je me penchais et déposait un baiser dans ses cheveux. Elle souleva doucement son visage endormi, orné d'un délicat sourire.
Je fermais les yeux de bonheur…Dieu pouvait il se montrait aussi bon avec moi ?
Je commençais réellement à le croire, car les signes étaient là.
Je m'assis en tailleur à côté de son lit, fasciné.
Trois heures passèrent, je n'avais pas bougé, veillant religieusement sur mon merveilleux trésor, mon cerveau fourmillant de questions au sujet de ce prodige.
Bella fredonnait régulièrement mon prénom, divins murmures qui me caressaient comme ses doigts sur ma peau.
Et à chaque fois que ses lèvres remuaient, ou que son corps ondulait vers moi, semblant me chercher, une vague de bonheur indescriptible s'emparait de mon être.
Les rares moments où mes efforts pour endiguer mon désir ne monopolisaient pas toutes mes facultés, j'essayais d'analyser les évènements incroyables de cette nuit. Je m'efforçais de comparer les réactions de Bella, les miennes, avec mes souvenirs concernant le Peuple de Lumière. J'essayais de n'omettre aucun souvenir du récit de Carlisle, et effectivement plusieurs points coïncidaient chez Bella.
Parfaitement.
Quant à moi, je devais bien avouer que mon comportement s'était modifié. Je pensais notamment à l'attitude, plus que possessive, dont j'avais fait preuve ces derniers temps, ainsi que mes réactions de fureur. Ce genre d'humeurs m'étaient assez coutumier, mais là, c'était différent, mes sentiments étaient exacerbés. Anormalement exacerbé.
Et c'était le même constant au sujet du bien-être que je ressentais lorsque j'étais avec Bella : il s'était renforcé, tout comme le malaise dont je souffrais lorsque je n'étais pas avec elle.
Et cela n'était pas simplement du fait qu'elle était menacée, il y avait autre chose, que je ne parvenais pas à identifier.
Une chose était sûre : des changements s'opéraient...Chez elle, chez moi.
Et plus je pensais à l'exposé détaillé de Carlisle, plus il apparaissait que je réagissais comme un élu, comme un vampire issu des Khalkhs imedi.
Des brides de ma raison tentaient de trouver d'autres explications, mais chaque nouvelle piste s'évanouissait, inlassablement supplanté par la vérité dont je venais d'être témoin.
Pourtant un mystère subsistait, pourquoi, moi, je ne ressentais pas l'Instinct ? Pourquoi mon esprit ne se connectait pas à celui de Bella ?
Sans le vouloir vraiment, mon attention se focalisa sur le moment où j'avais voulu la mordre. Mué par un étrange sentiment, je fouillais les méandres de ma mémoire dans une sorte de transe méditative. Je me remémorais inlassablement la scène, la disséquais seconde par seconde, essayant de revivre les émotions de ce moment : désir, soif, colère, souffrance, espoir…Soudain, parmi les affres de mes impressions passées, un sentiment enfoui refit surface. Celui là même que je traquais, sans le savoir.
La terrible vérité m'ébranla et je fus momentanément figé au sol : ce n'était pas pour son sang que j'avais voulu la mordre, non, ce besoin, pourtant urgent, absolu, était passé au second plan. C'était avant tout pour la faire mienne !
Sur l'instant, je n'avais pas pu m'en rendre compte.
Oui, au cœur de cette frénésie de désirs, mon être avait voulu faire de Bella, son égal, sa compagne éternelle.
Ma soif avait occulté ce sentiment, et ce n'était que maintenant que je réalisais la véritable raison de mon emportement. Ce que j'avais cru jusqu'ici était faux. Son sang n'avait pas été le déclencheur…
Sa destinée était d'être mienne, totalement mienne et pour cela il fallait qu'elle subisse la mutation. Ce qui signifiait qu'inconsciemment, j'avais ressenti l'Instinct ! C'était lui qui m'avait poussé à la morde, pas mon désir de sang.
Elle et moi étions destinés l'un à l'autre et j'avais voulu lui ôter sa condition humaine… pour parfaire notre union.
Je réalisais en cet instant que même si une partie en moi restait encore opposée à ce sacrifice, je n'étais plus libre de décider.
Ni elle.
Car si elle était ma gardienne d'âme, rien ne pourrait empêcher sa destinée d'être une vampire, d'être uni à moi, à mon monde, à mon espèce.
Elle remua doucement et sa main frôla mon visage.
A son frêle contact, une chaleur inhabituelle - étrange mais agréable - m'enveloppa, puis juste après, une sensation de plénitude se propagea en moi. Je sursautais, réalisant soudain qu'il s'agissait de L'Instinct !
Ce sentiment mystérieux grandit, il était si fort, si soutenu ! J'eus soudain la révélation que tout ce qui était en train de se produire était inexorable, et plus encore, en accord, en harmonie totale avec les mondes de cette terre.
La chaleur douce ne cessait de croitre, elle se rapprochait plus d'une forme d'énergie maintenant, qui semblait circuler dans mes veines, comme jadis mon sang, emplissant chaque parts de mon corps.
Mes pensées s'éclaircirent encore et je réalisais alors que je n'allais pas lui voler sa vie : je lui offrais celle qui lui était destinée, celle qu'elle avait choisi depuis le début, bien avant d'être imprégnée par les effets de l'Instinct.
Mes réticences et mes remords à prendre sa vie, me semblèrent tout à coup, très loin, comme supplanté par une absolue clarté. Nous étions tous les deux les pièces d'une même âme, qui devaient être réuni.
Je me levais brusquement, confus, abasourdi par cette réalité.
La sensation d'avoir perdu mon libre arbitre me troublait, mais l'idée d'être son Dapirda -son promis- m'enchantait. Je ressentais une sorte…d'accomplissement.
Tout cela était si inimaginable…Dire qu'il y a tout juste quelques heures, je fustigeais Alice pour sa théorie. Une fois de plus, elle méritait mes excuses.
Je me mis à arpenter la chambre, heureux mais déconcerté. Tout se bousculait dans ma tête, j'avais du mal à gérer le flux de mes pensées.
« Edward ? »
Je me retournais instantanément.
« Bella…Je ne voulais pas te réveiller. »
Elle se leva précipitamment et se jeta dans mes bras, m'embrassant avec force.
J'entrouvris mes lèvres, m'abandonnant à son assaut fougueux.
Ses mains s'agrippèrent à mes cheveux, je grognais contre sa bouche, enflammé par son allégresse. J'oubliais bien vite ma confusion et mourrais d'envie de l'allonger sur son lit, de déchirer ses vêtements, et de lui faire l'amour. Sauvagement.
Avant de perdre toute ma maitrise, j'ôtais lentement mes lèvres des siennes.
« Je ne mérite pas un tel accueil.. » Lui murmurais-je.
« J'ai eu si peur.. » Chuchota telle, le souffle court, les joues délicieusement rosies.
Je collais mon front sur le sien.
« Pardonne moi Bella, je ne voulais pas partir ainsi.. Je n'ai pas eu le choix…»
« Je sais, Alice m'a expliqué… »
« Je lui suis redevable…Elle a veillé sur ce que j'ai de plus précieux en ce monde » Murmurais-je en embrassant son front.
« Tu as rencontré Alice ? » Me demanda-t-elle d'une voix hésitante.
« Oui..Et elle m'a confié ce qui t'es arrivé… »
Son regard se fit fuyant.
« Elle m'a assuré que je ne devenais pas folle…Mais j'ai des doutes.. » Marmonna-t-elle.
Je lui relevais le menton pour qu'elle me regarde.
« Tu n'es absolument pas folle…Juste unique. »
Elle sourit à moitié, et je ne résistais pas à capturer sa bouche. Elle gémit, mes mains descendirent le long de ses côtes, jusqu'à ses hanches. Je les pressais contre mon aine douloureux, gémissant de plaisir contre sa bouche. Soudain, elle se déroba, tentant de se libérer de mon étreinte.
« Désolé.. » Souffla-t-elle.
« Désolé de quoi ? » Murmurais-je contre ses lèvres.
« Je ne voulais pas te… Te..» Balbutia-t-elle, en rougissant.
« Tu ne voulais pas faire naitre ce désir insatiable au creux de mes reins ? » Lui murmurais-je d'une voix suave.
Elle frissonna de désir, mais ses yeux se ternirent.
« Je ne veux pas te faire souffrir comme je l'ai fait tout à l'heure.. »
« Tu n'as rien à te reprocher Bella. J'aurais dû t'écouter, j'aurais dû être plus prudent et allais chasser beaucoup plus tôt. Ce n'est pas toi qui es en cause, c'est moi le responsable. »
« Je..Je n'aurais pas du..te pousser autant…Alice m'avait prévenu…Je t'ai fait tant souffrir..»
« Je suis le seul à blâmer, ici. » Déclarais-je en effleurant un bleu sur son bras.
« Je m'étais promis de ne plus te blesser de la sorte. Si je m'étais nourri plus tôt, je ne me serais pas laissé emporter.. » Me réprimandais-je d'une voix dure.
« Ce n'est rien. » Dit-elle en prenant ma main.
« C'est faux. » La repris-je en relevant légèrement son t-shirt, exposant sa peau meurtri.
Un grognement sourd monta dans ma gorge.
« On.. croirait que l'on t'a battu. »
Elle rabattit son t-shirt et resserra ma main.
« Je me fiche de ses bleus…Et puis, ce n'est rien à côté des souffrances que tu endures à cause de moi…depuis le début. » Me dit-elle, les yeux embués de larmes.
Je l'étreignis délicatement.
« Ne pense pas de telles inepties Bella. J'endure un bonheur inespéré grâce à toi. Tu m'as délivré de mon existence sans vie. Je ne voyais que la désolation. Tu m'as rendu la vie, la joie, l'amour. Tu m'as éloigné à tout jamais du monde des ombres et des ténèbres dans lequel je risquais de sombrer. En fait, je ne crois pas que j'aurais pu endurer un nouveau siècle de solitude, Bella. Ma souffrance n'est rien, absolument rien, au regard du bonheur que j'éprouve à tes côtés. Elle me rappelle la vie que tu m'as rendue. Je serais prêt à endurer milles fois plus s'il le fallait, et malgré ça, je serais le plus heureux des hommes.»
« Je ne veux plus que tu souffres..» Murmura-t-elle néanmoins.
J'essuyais délicatement ses yeux humides, sa bonté, sa volonté à vouloir effacer mes tourments, embrasa brusquement mon désir.
Je l'enlaçais et plaquais doucement son corps contre le mien. Je pris son visage entre mes mains, le bout de mes lèvres effleurèrent ses paupières, goutèrent une larme, puis se posèrent sur sa bouche. Je m'attardais sur sa bouche dans un baiser lent et majestueux, possessif mais tendre pour tenter d'éloigner son chagrin. Elle gémit délicieusement, et avant qu'elle ne manque d'air, je la libérais doucement, mes lèvres se promenant sur ses joues, son menton, son front.
« Personne ne devrait pouvoir embrasser comme cela.» Murmura-t-elle d'une voie essoufflée…encore chagrinée.
« Ne pleure pas pour moi Bella. Crois-moi lorsque je dis que je suis l'homme le plus heureux, et oublie le reste. »
« Je ne peux pas Edward…Pas après avoir ressenti.. tes souffrances. Je n'imaginais pas le calvaire que tu endures. »
« Un délicieux calvaire la plupart du temps… » Ronronnais-je contre sa bouche.
« Arrête, je ne plaisante pas. Il faut avancer ma-»
« Non ! » La coupais-je brusquement, devinant aisément ce qu'elle allait dire.
« Nous ne reviendrons pas sur la date de ta transformation, Bella, elle est déjà bien trop proche. » Déclarais-je avec plus de virulence que je ne l'aurais voulu.
Elle fronça les sourcils.
Je soupirais.
« Je ne veux pas me disputer Bella…Viens, retourne sous les draps, tu as froid. »
« Ca m'est égal. » Bougonna-t-elle.
« Pas pour moi. »
Je la pris par la main et réussi à la mener jusqu'à son lit, telle une enfant boudeuse. Je ramassais ses oreillers et les remit à leur place. Elle s'allongea à contre cœur, je m'allongeais à mon tour à son côté, accoudé sur mon bras.
« Tu pourrais au moins écouter ce que j'ai à dire. »
« Inutile. Ce sujet est clos. » Déclarais-je d'une voix douce mais ferme.
Elle croisa ses bras sur sa poitrine en soufflant.
« Je ne souffre pas tant que ça si cela peut te rassurer…J'étais assoiffé tout à l'heure…C'est ma soif qui a amplifié mes douleurs, pas toi.»
Elle leva un sourcil, soupçonneuse.
« Ca va maintenant. Je vais bien.»
«Tu me le promets ? »
Je lui décroisais les bras pour embrasser ses mains.
« Je ne serais te mentir Bella.»
« Tu l'as déjà fait. »
Je me raidis.
« Par omission, en effet. Et j'avais tord.» Admis-je, à contre cœur.
« Mais ici et maintenant, je te donne ma parole que je ne souffre pas le martyre, comme tu peux le croire. »
Elle se détendit un peu.
« Désolé..Je ne voulais pas te froisser..» Souffla-t-elle, enfin rassurée.
« Ce n'est rien. Dis-moi, veux-tu me parler de ce que tu as vécu tout à l'heure ? » Lui demandais-je, sans masquer l'inquiétude dans ma voix.
« Qu'est ce qui te préoccupe ? Que je sois devenu folle ? »
Je m'esclaffais, sachant que sa tentative d'humour dissimulait sa propre inquiétude.
« Petite sotte. » Lui assénais-je dans un sourire, avant de reprendre mon sérieux.
« Je crains que ce que tu as vu de moi.., ce que tu as ressenti…ne t'es effrayée...»
Elle se hissa contre le dosseret.
« Non ! Pas du tout !»
Je grimaçais.
« Ne m'épargne pas Bella. Tu..as du sentir la part la plus sombre de ce que je suis.. Le démon que je combats à chaque instant.. »
« Je ne te mens pas Edward...C'était troublant, certes..Mais pas effrayant. Et…Après coup, je me suis sentis…soulagé de connaitre cette partie de toi que tu t'évertues à me cacher.»
« Vraiment.. ? » Murmurais-je tout bas, secrètement soulagé que mon côté le plus sombre ne lui fit pas horreur. Bella m'acceptait totalement. Oui, femme parmi les femmes, Bella était bel et bien unique.
Elle se rapprocha.
« Oui Edward. Ce qui a été le plus dur… (Elle déglutit, émue) C'est lorsque j'ai pris la mesure de ton supplice-»
Je lui mis un doigt sur la bouche.
« Ne pense plus à ça, d'accord ? Promet le moi. »
« J'essayerais.. » Me dit-elle, hésitante.
« Et tu dois savoir une chose.. » Murmurais-je en me penchant tout prêt d'elle.
« Laquelle ? »
« Si tu devenais folle, je t'aimerais toujours !»
Elle rit. Je lui jetais un regard en biais.
« Ce qui doit être le cas puisque tu n'as pas été effrayé pas l'esprit torturé d'un vampire. Un esprit sain aurait réagi différemment ! »
Elle essaya de me flanquer un coup d'oreiller, que j'esquivais et me plaquais contre elle, la rejoignant dans son rire.
Je lui fis brusquement signe de se taire, l'oreille tendu vers la chambre de Charlie.
Bella patienta en silence, je collais ma bouche à son oreille.
« Charlie est réveillé, il est au téléphone avec l'un de ses adjoints.. Un train de marchandise a déraillé à la sortie de la ville. Il doit se rendre sur les lieux de l'accident. »
Elle blêmit.
« Il y a des victimes ? »
« Seulement des blessés graves apparemment, ton père doit rejoindre les équipes déjà sur place. (Je m'interrompis) Il vient. » Terminais-je avant de disparaitre dans l'ombre.
Bella s'engouffra sous les draps.
L'instant d'après, la porte s'entrouvrit lentement dans un grincement aigu.
« Bella ? »
Elle fit mine de se réveiller.
« Humm…Qui a t'il papa » Murmura t'elle en baillant.
« Excuse moi de te réveiller, je dois me rendre sur un accident. Je voulais juste t'avertir que je ne serais pas à la maison à ton réveil. »
« Que se passe-t-il ? »
« Un train a déraillé au nord de la ville, près de Dictown. Heureusement, il n'y a pas eu de mort, mais c'est la panique à bord…J'en ai pour un bout de temps..»
« Oh..Bon courage et soit prudent. »
« Ouais m'man ! » Plaisanta Charlie.
« Rendort toi Bella, à demain. »
Charlie referma la porte. Je l'entendis s'habiller, puis descendre les escaliers d'un pas lourd.
Je retournais auprès de Bella.
« Pauvre Charlie…Son boulot est vraiment pénible..» Déplora-t-elle.
Je lui caressais les cheveux.
« Mais il n'en changerait pour rien au monde. »
« Je sais… »
J'entendis la voiture de Charlie quitter l'allée.
Nous retrouver seul dans la maison, Bella et moi, aiguisa brusquement ma faim...d'elle.
« Reprenons. » Fis-je, tendu. « Dis m'en plus, Bella. Depuis quand ressent tu cette sorte d'énergie que tu as décrite à Alice ?»
« Ça a commencé aujourd'hui, mais, à vrai dire, je me sens bizarre depuis deux jours.. »
« Description…de bizarre ? »
Elle remua contre moi.
« Hum…Voyons…Je suis très mal lorsque tu n'es pas à côté de moi…Enfin, plus que d'habitude. C'est difficile à expliquer, c'est comme si il me manquait quelque chose, je me sens…incomplète sans toi…Et..(Elle sembla gênée) Depuis que nous avons commencé à faire l'amour…Je..J'ai constamment envie de toi..(Je souris, ignorant la palpitation de mon membre à ses mots) Mais..ce désir semble si fort, si intense..»
« Cela t'effraie ? » M'enquis-je.
« Non…Mais je sens que quelque chose est différend pour nous, je n'arrive pas à l'expliquer, je le sens, c'est tout. »
« Notre couple est effectivement différend des autres…Tu es humaine, je suis un vampire.. » La taquinais-je.
Elle leva les yeux au ciel.
« Excuse-moi… Tu as raison…Quelque chose est différend pour nous. » Me repris-je.
Elle se redressa, le regard grave.
« Alice m'a dit que tu m'expliquerais ce qui m'arrivait. Elle semblait surexcitée mais elle a refusé de m'en dire plus, prétendant que c'était à toi de le faire. »
Je tentais d'ignorer sa main posée sur mon torse nu, alors que ma peau brûlait qu'elle me touche d'avantage.
« En effet, Alice a une théorie à ce qui t'arrive. A ce qui nous arrive en fait. »
« Comment ça, nous ? »
« Comme toi, je ressens des choses étranges depuis peu. »
«Vraiment ? »
Son exclamation traduit une sorte de soulagement. Je lui caressais amoureusement la joue.
« Oui. Je dois t'avouer que je n'ai pas voulu croire Alice au début. Son explication me semblait totalement farfelu..Mais j'ai fait une erreur…Je…crois qu'elle a raison. »
« Explique-moi. » Me pressa-t-elle.
« Je ne sais pas trop par où commencer…C'est une longue histoire.. » Dis-je d'une voix..lointaine, égaré par mon désir cuisant.
« Par le début… » Me taquina t'elle en se calant confortablement contre moi.
J'essayais de toutes mes forces de poursuivre notre discussion, mais mon corps tout entier exigeait Bella. J'avais réussi à contenir mon désir de la posséder des heures durant…Mais là, sentir son corps chaud contre le mien, ses mains sur ma peau, achevèrent mes dernières forces.
« Edward.. ? »
En se redressant pour jauger mon silence, sa jambe frotta mon aine.
Ma gorge se serra, en ravalant un gémissement. Mes pensées furent assaillies d'images érotiques, je fermais les yeux, tentant vainement de retrouver mon self-control.
Elle se releva brusquement, je soulevais mes paupières et vis ses joues s'empourprer.
Ses yeux s'agrandirent.
« Qui a-t-il ? »
L'inquiétude restaura ma voix.
« Bella ? » Insistais-je, en sentant son cœur cognait plus fort.
Elle cligna des yeux, le souffle altéré.
« Ca…a recommencé… » Murmura t'elle d'une voix presque secrète…et enjouée.
« Quoi ? »
Soudain, son regard changea, il devint lourd et sensuel. Lentement, la compréhension me gagna.
D'un geste vif, mué par une pulsion impérieuse, je saisis ses poignets et la fit rouler sous moi, prenant soin de ne pas peser sur elle.
« Tu…ressens mon désir, n'est-ce pas ? » Murmurais-je, fiévreux.
Elle acquiesça lentement, un sourire timide aux lèvres.
« C'est…C'est stupéfiant.. » Bafouillais-je en totale adoration.
« Oui. »
« Lis-tu en moi ? Entends-tu mes pensées ?» Enchainais-je, enflammé.
Mon enthousiasme la fit sourire.
« Non, pas vraiment..C'est comme..si j'étais connectée à tes émotions… »
« Cela ne t'effraies pas ? » Me souciais-je.
Elle sourit.
« Absolument pas…Au contraire…J'aime cette sensation..aussi bizarre qu'elle soit.»
Un grognement langoureux résonna dans mon torse. Elle y apposa sa main.
« Et je crois que nous devrions reprendre cette discussion tout à l'heure… » Murmura t'elle d'une voix enjôleuse.
« Tu ne veux pas savoir ce qui t'arrives ? » Lui proposais-je, sachant pertinemment que je ne pourrais pas poursuivre cette discussion maintenant.
« Plus tard… » Murmura t'elle.
Son parfum s'accentua me révélant sans ambiguïté ce que son corps réclamer. Elle entremêla ses jambes aux miennes, promenant sa main sur mon torse.
« Je ne ressens pas seulement tes émotions…Je les partages.. » Me chuchota-t-elle d'une voix rugueuse.
Je fus troublé par son excitation, mon ventre se noua de plaisir.
« Alice m'a apprit qu'ils étaient partis.. Que cette nuit serait sans danger..pour moi. Pour nous. En plus...Nous sommes seuls maintenant..» M'invita-t-elle, sans détours.
Mon membre s'endurcit encore, prêt à répondre à ses avances.
Avec sauvagerie.
Elle effleura ses lèvres sur ma joue lentement, sensuellement, puis me mordilla le lobe de l'oreille, je grognais, un frisson de plaisir courut le long de mon dos.
Elle ondula le bassin contre mon membre douloureux, m'arrachant un gémissement déchirant. Je lui saisis les hanches dans un grognement et l'immobilisa.
«J'ai peur..de te blesser à nouveau… » Geignis-je, déchiré entre ma peur et mon désir, qui luttaient à part égale. Je savais que je ne résisterais pas à me fondre en elle, mais j'étais trop conscient de ce que mon corps exigeait, et la crainte de perdre tout contrôle m'affolait. L'Instinct décuplait nos désirs respectifs, son influence pourrait s'avérer préjudiciable pour Bella. Elle avait tendance à oublier sa condition d'humaine. Et j'avais peur de l'oublier aussi.
« J'ai besoin de toi, tu as besoin de moi… » Ronronna t'elle contre mon torse, son souffle chaud réchauffant ma peau de glace.
Je tremblais, sentant les dernières barrières céder.
« J'aimerais tant que tu puisses sentir ce que j'éprouve pour toi en cet instant.. »» Souffla-t-elle en revenant à la hauteur de mon visage.
« Moi aussi. » Expirais-je en mordillant sa lèvre inferieure. Sans lui avouer pas à quel point ce blocage me contrarier. L'Instinct s'était éveillé en moi, je le ressentais pleinement maintenant, pourtant je ne parvenais toujours pas à établir le lien avec son esprit.
Même élue, sa singularité humaine persistait.
Elle cambra suggestivement son bassin contre moi.
Je sifflais de plaisir, me plaquant possessivement contre elle, me pressant d'avantage contre son centre, subjugué par cette langueur dans ses yeux, qui lui donnait tant de grâce.
« Ton esprit m'est encore fermé… (J'embrassais son cou, léchant avidement la veine qui parcourait sa peau)..Pour l'instant…(Sa peau frémit sous ma langue) Mais je connais parfaitement le langage de ton corps..(Elle ondoya dans une plainte délicieuse) »
Je glissais brusquement ma main sous son bas de jogging, et rencontrait le triangle de ses boucles soyeuses.
Un râle profond, animal, s'échappa de ma gorge lorsque mes doigts s'enduisirent de son nectar. Elle était si prête à me recevoir...
Elle se cambra d'avantage contre ma main dans un soupir de plaisir. Son émoi décuplait sa beauté, et je sentis mon désir montait encore d'un cran…dangereusement.
Aussitôt, la peur rendit mes gestes hésitants.
« Non..Non. Edward..Continue... »
Le besoin dans sa voix décupla mon plaisir comme jamais. Ma sublime promise était en proie au plus intense des désirs. La bête rugit en moi, cherchant à briser ses chaines, voulant goûter son corps, son sang. Mais je sus que je parviendrais à dominer mon désir de sang, je m'étais nourris, je n'étais plus aussi vulnérable, dès lors, ni la bête, ni l'Instinct ne pourrait cette fois me contraindre à la mordre.
Or, ce n'était pas mon désir de sang qui m'effrayait le plus à présent, mais celui de perdre la mesure de ma force.
La main de Bella rejoint la mienne, et lui imprima des mouvements de va et vient plus prononcés.
« Edward…S'il te plait.. »
Malgré ma peur, j'étais incapable de résister à sa merveilleuse supplique…Et elle le savait. Répondant à son désir, mes doigts écartèrent le velours de sa toison, avancèrent, caressèrent sensuellement sa chair si tendre, enrobés de son miel. J'inspirais profondément, m'imprégnant de ce parfum secret, sublime essence de son corps.
« Oui…» Gémit-elle en se pressant langoureusement contre ma main.
Lorsque je repris totalement mes caresses, elle ôta sa main de la mienne et je sentis qu'elle déboutonnait mon jean. Je grognais de plaisir lorsque que sa main glissa à l'intérieur et qu'elle enserra mon membre.
Je capturais sa bouche dans un grognement féroce, me laissant transporter par ses caresses exquises. J'introduis un doigt en elle, allant et venant lentement dans sa moiteur brûlante. Bella s'arqua d'avantage, ses gémissements de plaisir s'étouffant contres mes lèvres affamées, qui œuvraient sans relâche contre sa bouche. J'exultais en la sentant vibrer sous un plaisir croissant.
Je la laissais reprendre une brève inspiration avant de reprendre sauvagement sa bouche, intensifiant mes caresses.
Bella essaya de repousser d'avantage mon jean, toujours trempé par la pluie. Je me retirais brusquement, me levais et me débarrasser de mon jean d'un geste brutal, plus qu'heureux de retirer cette entrave humide.
Ses yeux gourmands dévorèrent mon corps nu, tandis qu'un sourire sexy se dessina sur ses lèvres.
« Tout cela t'appartient..A toi seule…Et à jamais. » Lui murmurais-je en m'avança vers elle.
Elle se mordit la lèvre inférieure.
« Déshabille-toi » Lui ordonnais-je dans un murmure rauque.
Je la vis frissonner, puis lentement, elle ôta son t-shirt, le laissa tomber au sol.
Ma poitrine enfla de désir.
Elle souleva ensuite son bassin et repoussa son bas de jogging jusqu'à ses genoux. Je finis de l'ôter, laissant mes doigts trainer lentement le long de ses jambes. Ma gorge se serra, comme à chaque fois que mes yeux la contemplaient dans le plus simple appareil. Mes mains se refermèrent autour de ses chevilles, je suivis le contour de sa silhouette avec une faim grandissante. Nue et offerte, elle était magnifique.
Un grondement de fureur m'échappa lorsque mes yeux s'attardèrent sur un large bleu au niveau de sa hanche droite.
« Oublie-les… » Gémit-elle, le regard suppliant.
Je l'écoutais docilement et mes mains remontèrent avidement le long de ses jambes, de ses hanches. Je déposais un baiser adorateur à l'intérieur de ses cuisses, remonta sur son ventre lisse. Elle trembla plus fort tandis que j'embrassais les marques sur sa peau, une à une, lentement.
« Pardonne ma rudesse… » Murmurais-je entre deux baisers.
Un cri étranglé remonta de sa gorge lorsque mes lèvres saisirent le bout de son sein. Puis l'autre. Mes mains les encerclèrent doucement, rejoignant les douces attentions de mes lèvres. Je grognais au contact de nos peaux nues, savourait la douceur et la chaleur de sa peau, ses mains s'agrippèrent brusquement à mes cheveux, et je sentis avec délectation qu'elle me réclamait avec une forme de sauvagerie.
Mes lèvres glissèrent lentement dans son cou, suçant avec délectation sa peau où battait frénétiquement son pouls.
« Ma Bella… »
Je renversais d'avantage sa tête en arrière, exposant sa gorge gracile, et plaqua plus durement ma bouche sur sa peau brûlante. Mes lèvres affamées remontèrent le long de sa veine qui palpitait, et sur laquelle je laissais courir ma langue envieuse. J'humais à travers sa peau son désir …intense, irradiant.
Elle gémit, se frottant contre moi, la pointe de ses seins se pressant contre ma peau.
Je m'écartais légèrement.
« Dis moi ce que tu veux Bella.. »
« C'est toi que je veux.. » Gémit-elle.
Elle saisit ma main et la mena jusqu'à son centre. Je décris des cercles lents, répondant aux indications de sa main. Sa main libre se mit à errer sur ma cuisse. Je fermais les yeux en ronronnant de plaisir, la bête elle aussi vibrait de plaisir. Je sentis ses lèvres à mon oreille.
« J'ai envie d'une chose… » Gémit-elle, peinant à respirer.
« Dis moi ce que tu veux Bella, je te l'offrirais.. » M'empressais-je de lui répondre, la voix rauque. Les pressions de sa main sur la mienne s'intensifièrent, elle gémit délicieusement contre mon oreille. Je la laissais me diriger, sentant sa jouissance proche.
J'embrassais fiévreusement son cou, mon autre main glissant sur ses fesses.
« Continue..Dis-moi ce que tu souhaites.. » Soufflais-je, haletant.
J'accentuais mes caresses, me dérobant aux directives de sa main, Bella se livra à mon nouveau rythme dans un petit cri doux et voluptueux. Elle lâcha ma main et saisit brusquement mes épaules, son souffle rauque contre ma peau.
Elle se cambra majestueusement, tout son corps se tendit brutalement, ses doigts se rétractèrent sur mes épaules et un cri de bonheur jaillit de sa gorge. Je crus mourir de désir en contemplant sa jouissance. Rien, non rien en ce monde ne pouvait égaler ce moment magique.
Ses bras retombèrent mollement à ses côtés, puis le reste de son corps se laissa aller dans les draps, un sourire béat accroché aux lèvres. Ses yeux s'étaient tellement assombris sous le plaisir, qu'ils semblaient presque noirs sous le faible éclairage.
Je me pressais contre elle, lui laissant à peine le temps de reprendre son souffle.
« Dis-moi ce que tu veux.. » Repris-je d'une voix mêlée d'exigence et de désir.
Elle m'enlaça, ses lèvres mordillant ma lèvre inferieur avec une sensualité brutale, enivrante. Un feulement de plaisir répondit à son enthousiasme.
Elle glissa ses lèvres dans mon cou. Mes mains saisirent ses hanches, luttant contre l'envie de l'étreindre plus fort.
« Bella.. » Grognais-je.
Elle revint lentement à mon oreille.
« Je veux te goûter… » Murmura t'elle d'une voix envoutante, timide et envieuse à la fois.
Je me raidis, luttant contre les puissants spasmes qui saisirent les muscles de mon ventre.
Elle embrassa mon cou, envoyant des décharges de plaisir sur ma peau.
« Je.. ne…Cela pourrait..être dangereux.. » Articulais-je avec peine, ma voix tremblante trahit sans ambigüité mon état d'excitation.
Bella ne tint évidemment pas compte de ma faible objection, et continua de glisser ses lèvres le long de mon torse, je fermais les yeux, assaillit par les images de ce plaisir ô combien rêvé. Ses cheveux déployés sur ma peau, s'ajoutaient à la douceur de ses lèvres. Je sentis mes doigts se resserrer sur ses hanches, telles des griffes. Un seul relâchement et sa taille se briserait entre mes mains.
« B..Bella… »
« Tu en as envie… je peux le sentir.. »
Je gémis lorsque sa bouche descendit plus bas.
« J'en ai envie aussi Edward…Je veux goûter à ce plaisir..Autant que toi…»
J'étais perdu. Un grognement impérieux explosa dans mon torse tandis que je me laissais aller contre les oreillers. Elle sourit contre ma peau, heureuse de mon abandon, de ma défaite. Je tremblais sous ses caresses, sa bouche était comme une flamme qui attisait le brasier que j'étais devenu. J'agonisais de désir et je craignais ne plus pouvoir contrôler mes gestes. Mais mes craintes ne suffiraient pas à l'empêcher de réaliser son merveilleux dessein, car je désirais trop ce qu'elle s'apprêtait à faire. Je l'avais trop rêvé.
Son souffle tremblant m'enivrait et déchainait l'animal en moi.
Livré à sa lente descente, j'émis un grognement impatient maintenant.
Ses mains descendirent à leur tour sur mon ventre tendu, lentement jusqu'à atteindre l'intérieur de mes cuisses. Mes yeux restaient rivés sur son visage, qui s'approchait de mon membre, glorieusement érigé, qui palpitait dans l'attente insupportable de recevoir cette caresse inconnu. Elle se pencha et embrassa délicatement ma cuisse, je tressaillis en hoquetant, elle répéta son attention sur mon autre cuisse, m'envoyant un nouveau frisson. Les flammes du désir cuisaient mon corps et je luttais âprement contre mon envie de glisser mes mains dans ses cheveux pour la guider directement où je souhaitais sentir ses lèvres. Mon torse enflait d'impatiente à chacune de mes respirations.
« Bella.. »
Elle me faisait languir par une myriade de baisers torturants, et chaque fois qu'elle relevait son visage, je me cambrais vers elle dans un semi-sanglot, la suppliant de mettre un terme à mon agonie.
Elle releva la tête, les joues légèrement rosies, jamais je n'oublierais ce mélange intense de candeur et d'audace qui brillait dans ses yeux à ce moment là. Le bout de sa langue passa lentement sur ses lèvres, je feulais de désir, le souffle haletant. Je ne pouvais pas lire en elle, mais je percevais son excitation. La mienne, en cet instant était excessive !
Sa main fine enserra avec prudence mon membre, je soupirais de plaisir. Soupir qui se mua en grognement lorsqu'elle s'inclina et que ses lèvres se refermèrent enfin sur ma virilité. Au premier contact de sa petite langue brûlante, j'eus le souffle coupé de plaisir.
« Mon dieu ! » Parvins-je à lâcher, me retenant tout juste de me cambrer.
Le peu de raison qui me restait s'évanouit, et la seule chose qui demeurait claire dans mon esprit était la merveilleuse sensation de ses lèvres, de sa langue autour de mon membre.
Tout doucement, sa bouche commença à se mouvoir, puis vint la longue, la lente et exquise descente de ses lèvres. Un râle de plaisir pur jaillit de ma gorge. Sa langue se joignit aux mouvements de ses lèvres, mes doigts se contractèrent sur le drap, mes ongles le lacérèrent sans pitié. La façon dont Bella me caressait était si douce, si chaude, si aimante…Chaque nouveau mouvement auquel elle se livrait répondait exactement à ce que j'avais imaginé..En plus intense. Elle accentua légèrement le rythme, je gémis, résistant d'extrême justesse à onduler mon bassin à sa rencontre. J'étais trop excité par cette nouvelle expérience, le risque de la blesser était trop grand.
Je calmais ma respiration et tentais de diminuer mon excitation.
Je la contemplais me prodiguer cette caresse divine, chaque détail s'incrustant pout toujours dans ma mémoire: ses longs cheveux auburn qui allaient et venaient sur mes cuisses, ses joues, qui se creusaient, son corps gracile qui se mouvait sensuellement au rythme de son incroyable baiser.
Je ne pouvais pas voir ses yeux, elle les gardait fermés, semblant concentrée sur sa prodigieuse caresse, ou peut être étais-ce par pudeur. Cette deuxième possibilité me procura un plaisir encore plus grand.
Ses mouvements traduisaient parfois une certaine hésitation, une pointe de maladresse, mais cette innocence m'enchantait. Je grognais possessivement, savourant la pensée que j'étais le seul homme à qui elle offrirait ce plaisir si intime.
Cela allait bien plus loin que l'acte physique, ce plaisir m'apparut comme un don, un véritable partage entre deux être aimés.
« Dieu Bella !. » Gémis-je lorsqu'elle me prit plus profondément dans sa bouche.
Elle prit de l'assurance et recommença, me prenant encore un peu plus loin. Je renversais ma tête en arrière en feulant de plaisir, mes poings craquant sous la pression de mes doigts.
Sa bouche, sa langue étaient extraordinaires ! Vivre un tel ravissement me semblait presque impossible.
Ses vas et vient me rendaient fou. Fou d'amour, fou de plaisir.
« Oui ! » Grognais-je, sentant mon membre butait contre le fond de sa gorge.
Elle gémit, et les vibrations de ses lèvres faillirent me faire venir, des spasmes parcoururent mon ventre en feu. Sa main enserra mon membre à sa base et accompagna les délices de ses lèvres, en des mouvements de va et vient lents, de plus en plus exquis.
Je me forçais à lever la tête, haletant de plaisir, Bella avait tout pouvoir sur moi, sur le monstre qui réclamait son assouvissement, et ses gémissements réguliers m'indiquaient qu'elle y prenait un indicible plaisir, cette vision ô combien érotique décupla mon désir, mon appétit de sexe et de sang.
Dans un pur reflexe, mes mains s'enfouirent dans ses cheveux, les malaxant délicatement...D'une manière possessive. J'eus peur que mon geste ne soit trop abrupt, mais lorsque Bella l'accueillit en gémissant plus fort, je faillis céder au plaisir extrême, consumé de plaisir.
Je perdis une partie de ma maitrise et dans un grognement, je lui imprimais un nouveau rythme, plus rapide, plus profond. Mes cuisses furent saisies de tremblements, mon ventre, mes muscles étaient tendus à l'extrême, à cause de l'incroyable pression que j'imposais à mon corps pour en contrôler sa force.
« Oui ! Comme ça.. ! Oh mon dieu !»
Bella s'abandonna totalement à la cadence que je lui imposais…Avec un plaisir croissant. Chacun de mes râles de plaisir la faisait frissonner, et étaient récompensés par une ardeur décuplée. Elle me prenait au plus profond de sa gorge, avec des mouvements de pression et d'étreinte passionnés.
« Mienne.. » Gémis-je en accentuant la friction de mes doigts sur sa tête.
Ses lèvres se firent plus aimantes encore, et en même temps plus sauvages.
« Oui ! Oh oui ! Continue Bella ! »
J'étais dévoré par le plaisir, brûlant, au bord de l'extase. J'aurais dû faire preuve de plus de retenu, de douceur pour cette première fois, mais le plaisir que j'en retirais était beaucoup trop intense. Soudain, dans un sursaut de lucidité, et de crainte, j'éprouvais la force de lui relever le visage, craignant de la blesser. J'occultais les rugissements de la bête en moi, furieuse, enragée d'avoir brusquement été arrachée à ce plaisir euphorique, et qui appelait à une satisfaction primaire de son désir. A défaut d'avoir le sang de Bella.
« Non. Laisse-toi aller Edward..Laisse moi aller jusqu'au bout, j'en ai envie.. » Souffla t'elle dans une supplique. Son visage était délicieusement rosi et ses lèvres d'un rouge plus sombre ravirent mes yeux voraces.
Mon corps trembla violemment. Ses ongles semblèrent griffer la surface de mes cuisses, attisant l'explosion imminente, elle voulait à tous prix aller jusqu'au bout de cette expérience charnelle, je le lisais dans son regard.
Et je le voulais aussi. Ardemment.
Je mentirais en affirmant que dans mes pensées les plus luxurieuses, je n'avais pas imaginé la conclusion parfaite à ce baiser : jouir dans sa bouche.
Mais je n'avais pas pensé que dans la réalité, elle voudrait exaucer ce fantasme, mon fantasme, surtout la première fois.
« Accorde moi ce privilège…Je ne risque rien..»
Mes pensées se troublèrent, entremêlant désir et amour, douleur et libération.
Sans même m'en rendre compte, mes mains se reposèrent sur sa tète et mes doigts s'entortillèrent dans sa chevelure. J'inclinais lentement son visage, et dès que sa bouche revint sur mon membre et qu'il disparut entre le satin de ses lèvres, une décharge électrique fulgurante explosa dans mon ventre.
Je priais pour ne pas perdre le contrôle, guidais sa bouche au rythme de mes envies, et chaque fois que mon membre butait au fond de sa gorge, je frôlais le paradis.
« Mon dieu, oui ! Bella, continue.. ! »
Mes sanglots de plaisirs se mêlèrent à ses gémissements étouffés, qui exprimaient son propre plaisir, et je fus d'autant plus comblé de découvrir qu'elle n'était pas heurtée par ma débauche…Bien au contraire.
Irradié d'un plaisir fou, j'étais hypnotisé par la vision follement érotique de son visage à moitié caché par ses cheveux, allant et venant sur ma virilité, transporté par les bruits délicieux de ses lèvres gémissantes.
« BELLA ! » Criais-je en me tendant brutalement.
Mes mains l'immobilisèrent brusquement et dans un cri d'assouvissement sauvage, je m'abandonnais à l'ivresse suprême et jouis glorieusement dans sa bouche, m'effondrant sur le lit, ravagé par le plaisir. Elle m'accompagna au bout de l'extase en continuant, plus lentement, d'enjôler mon membre, le léchant, l'aspirant, le pressant entre ses lèvres merveilleuses. Je relevais la tête et un grognement étouffé retentit dans ma poitrine tandis que je contemplais, dans un vertige d'exultation, les ondulements de sa gorge, acceptant ma semence, l'avalant sans aucune réticence, sans aucune retenue. L'expérience était au-delà de tout ce que j'avais espéré et provoqua des profondeurs de mon être, un feulement sauvage, extatique.
Mon corps fut agité d'un dernier frisson violent et je m'effondrais à nouveau sur le lit, réduit ensuite, par le plaisir, à un silence stupéfait.
Je demeurais immobile, le souffle court et altéré, savourant ses ultimes et exquises sensations, revivant l'enchantement de cette caresse passionnée. Je ne pensais pas qu'elle pouvait être aussi puissante, aussi bouleversante. Involontairement, je captais de temps à autres chez mes frères, quelques unes de leurs pensées au sujet de cette pratique..Et je saisissais maintenant pourquoi ils l'appréciaient autant !
Bella remonta près de mon visage, j'ouvris les yeux, elle me regardait en souriant tendrement. Je lui rendus son sourire au centuple, elle se pencha et m'embrassa doucement, effleurant à peine mes lèvres.
« Mon dieu Bella !..C'était prodigieux..» Soufflais-je contre ses lèvres délicieusement gonflées…Lèvres dont je me languissais déjà de savourer à nouveau leur formidable talent. Ma respiration était encore hachée et témoignait de la puissante extase qui m'avait submergé. J'humais dans ses cheveux, sa captivante odeur…qui s'était accentuée pendant qu'elle me prodiguait cette délicieuse faveur.
Elle s'appuya contre mon torse inconstant, qui montait et descendait au rythme de ma respiration houleuse, mes mains glissèrent de sa chevelure et enveloppèrent tendrement ses épaules.
« Je sais maintenant quel goût tu as.. » Murmura-t-elle d'une voix tout juste perceptible.
Je sentis son visage se réchauffer, je baissais les yeux et découvris ses joues empourprées. Je souris, adorant toujours autant ses réminiscences de candeur.
« J'avais vraiment envi de vivre ce moment..C'était si intense…Surtout en ressentant tes émotions… » Rajouta t'elle d'une voix basse.
Elle releva la tête et je me noyais dans son regard sombre, épanoui, qui irradiait d'un plaisir innocent et sincère.
Je fus soudain animé d'une faim fulgurante, brutale, bestiale ! J'avais un besoin frénétique de me fondre en elle, de posséder son corps, sauvagement, sans réserve. J'avais besoin de la faire mienne. Maintenant.
Je la fis basculer sous moi d'un mouvement brusque qui fit grincer dangereusement le lit.
« Si tu captais mon esprit, tu sais le bonheur insensé que tu m'as prodigué.. » Lui murmurais-je en grignotant sa lèvre inferieur.
« Oui.. » Souffla-t-elle.
« Tes lèvres…sont extraordinaires…Tu m'as offert un plaisir incroyable..(Elle s'empourpra en peu plus, je souris.) Et..J'ai peur d'en mourir...la prochaine fois.. » Murmurais d'une voix rauque, cette pensée me faisant frissonner.
« Tu es déjà mort… » Me répondit elle après coup, d'une voix amusée.
« Tant mieux…(Je suivis du doigt les contours de sa bouche) Ainsi tes lèvres..ta langue…pourront m'infliger des heures de tortures délicieuses…sans aucun risque.»
Elle eut un sourire séduisant, mon désir resserra mon ventre. Un grognement remonta lentement le long de ma gorge, et je l'attirais durement contre moi. Elle plongea son regard dans le mien et ses yeux se rétrécirent sous le désir, le mien, le sien.
« Je ne suis plus en mesure de me passer de vous Isabella Swann » Dis-je d'une voix trainante.
Elle sourit, radieuse.
« J'en suis heureuse, parce moi non plus, je ne peux plus me passer de vous, Mr Cullen.. »
Mes mains descendirent et se refermèrent sur ses hanches étroites, mes lèvres glissèrent jusqu'à sa gorge, se posèrent sur l'une de ses veines affleurant délicieusement à la surface de sa peau diaphane. Elle se cambra sous mon baiser licencieux, frissonnante, brûlante.
« J'ai envie de toi Bella..(Je léchais sa veine) Tellement envie…J'ai envie de ton sang.. » Avouais-je pour la première fois d'une voix sifflante. Elle trembla. Mais ce n'était pas dû à la peur.
« Je sais.. » Souffla-t-elle. « Je peux le sentir.. »
Je grognais d'envie et de frustration. Au travers sa peau si fine, ma langue s'agita et frémit sous la tourbillonnante sensation de vie, liqueur divine, source de tous mes maux, source d'ivresse interdite.
Mon égarement déclencha un nouvel afflux de venin dans ma bouche, ma gorge, mes poumons étaient à vif, lacérés par les flammes de la soif.
« Mon sang est à toi.. » Gémit-elle.
« Bella.. » Grognais-je, suffoqué…et enflammé par ses mots.
Elle ne se rendait pas compte de la portée de ses paroles ! De leur dangerosité.
La bête exulta et sembla refermer ses griffes affamées dans mon ventre, me déchirant les entrailles. C'était comme si mes dernières heures de chasse prolifiques n'avaient jamais existées !
Je voulais lui faire l'amour, je voulais boire, je voulais son sang ! Tous ces désirs dans un même temps.
Je retirais prestement mes lèvres de son cou, craignant que l'équilibre de mes désirs ne vacille, et que l'attrait du sang ne devienne le plus fort. Mes lèvres fébriles laissèrent une petite meurtrissure violacée sur sa peau.
Terrible et irréductible envie coupable…
Conjointement à l'appel du sang, je sentais l'influence insidieuse de l'Instinct, qui me poussait, sans scrupules, à me laisser aller à mon vice méprisable. Il me poussait à la mordre, mais je le repoussais, tant bien que mal, refusant qu'il me dicte mes actes.
« Quel goût ais-je ? » Demandais-je soudain, dans le but de distraire mes pensées, qui s'égaraient dangereusement vers le souvenir de l'onctuosité de son sang.
Sans faillir, je supportais la terrible tentation, mais je mettais mon arrogance de côté, convaincu que ma résistance ne tiendrait pas longtemps face mon effroyable –mais véritable- nature…conjuguée au pouvoir de l'Instinct !
« Edward.. »
« Dis-moi.. » Soufflais-je en déposant des dizaines de baisers enivrant le long de son épaule. L'érotisme de ma question accentua son rythme cardiaque, déjà endiablé…Cette saccade redoublée ravit mes oreilles...Et redoubla mon désir..de sexe, m'éloignant par la même de mon désir de sang.
Elle passa ses bras autour de mon cou, ses doigts jouant un instant avec mes cheveux.
« Tu as le goût de la nuit, mystérieuse et fraiche (elle rougit)..sensuelle et légèrement épicé …Cela se rapprochait de la cannelle… » Dit-elle d'une voix étouffée. Que je trouvais terriblement séduisante.
Elle se pencha à mon oreille.
« Je raffole de la cannelle… » Chuchota t'elle d'une voix prometteuse.
Un grognement envieux vibra dans mon torse.
« Et moi je raffole de tes lèvres…» Murmurais-je en pressant mon bassin contre elle.
Elle se pressa contre moi, mon torse enfla et laissa subitement échapper un feulement prédateur lorsque je sentis l'abondante humidité de son entre-jambe.
Je glissais ma main jusqu'à son temple, elle écarta légèrement les cuisses à mon approche.
« Ton corps s'enflamme pour moi… » Murmurais d'une voix flattée. Elle se cambra contre mes doigts cajoleurs, qui s'immiscèrent entre ses lèvres enduites de son miel.
« Oui.. » Gémit-elle dans un soupir impatient.
« Je suis jaloux… » Avouais-je. « J'aimerais tant lire en toi, savoir ce que tu ressens..» Grognais-je, terriblement excité et envieux.
Elle ondoya contre mon membre, nous faisant gémir tous les deux simultanément, et je fus fasciné par le feu qui couvait dans son regard ombrageux. Elle n'était définitivement pas une humaine comme les autres.
« Tu sentirais à quel point je t'aime..A quel point j'ai envie de toi.. » Murmura t'elle, la voix vibrante de désir.
Je feulais de plaisir à ces mots, toujours aussi heureux de l'entendre me réclamer.
« Dit-le encore.. »
Elle se cambra contre ma main, de plus en plus impatiente, ses ongles ratissant mon dos, son corps ondulant sous moi, me réclamant désespérément. Son odeur enivrante saturait l'air, et m'indiquer à quel point elle avait envie de faire l'amour.
« J'ai envie de toi… » Gémit-elle, son regard me suppliant que je mette fin au feu qui nous torturait tous les deux.
Elle s'arqua en me mordillant la lèvre, sa jambe se repliant d'autorité autour de ma taille, sa réaction farouche exacerba mon désir au point d'avoir peur pour elle…et relança mon impatience de découvrir comment elle serait en ange immortelle.
Ses lèvres glissèrent à mon oreille.
« Je ressent ce que tu veux..» Souffla-t-elle en me mordant le lobe de l'oreille.
Ma respiration se fit sifflante de désir, me rappelant qu'elle ressentait de quelle manière mon esprit concupiscent voulait la posséder.
Elle sentait que je voulais l'aimer sauvagement, passionnément, voulant ne faire qu'un avec elle, me fondre, fusionner avec ses chairs, avec son esprit impénétrable.
« Je le veux aussi.. » Gémit-elle en écho à mes pensées.
Je capturais sa bouche dans un grognement exigeant, ses mains emprisonnèrent ma nuque, tandis qu'elle se cambra langoureusement pour m'accueillir. Moi seul étais destiné à prendre possession de son corps et cette pensée me fit l'effet d'une drogue, ravivant dangereusement mes sens. Sans plus attendre, je soulevais ses hanches et la pénétrais d'un coup de rein vibrant, mes lèvres scellées aux siennes, étouffèrent son cri de plaisir.
Elle se cambra d'avantage pour me recevoir plus loin en elle, me laissant affirmer ma possession. Un grognement de plaisir remonta le long de ma gorge, je me plaquais toujours plus contre elle, notre proximité n'étant jamais suffisante pour moi. Je rêvais à ce jour où je pourrais l'aimer totalement, sans aucune entrave. Bella répondit à mon exigence : elle m'enserra à son tour de toutes ses forces, ses mains empoignant furieusement mes cheveux.
Sa réponse sauvage me ravit et mes déhanchements s'accélérèrent.
Ses cris de plaisir s'amplifièrent sous mon ardeur. Elle me répondit avec la même exigence, le même appétit, allant à ma rencontre avec une passion bouleversante. Chacun de nous s'appartenait dans l'autre.
« Ma Bella..»
L'appel du sang revint soudain avec force, se mêlant insidieusement à mon plaisir sexuel. Je luttais âprement contre ma faiblesse, mais mes lèvres glissèrent quand même instinctivement jusqu'à sa gorge et se posèrent sur la veine qui battait frénétiquement. Certains de mes gestes m'échappaient, muées par la force irrépressible de ma nature, mais je parvenais toujours à dominer la bête infâme, à l'empêcher de prendre totalement possession de mon être.
Je me mis à aller et venir encore plus vite en elle, en rêvant que je m'abreuvais à son cou gracile.
Son corps s'harmonisait à mes élans avec une frénésie croissante, ses mouvements me demandaient de la prendre plus loin, plus vite. Je grognais, plus qu'heureux de satisfaire à ses exigences. Ses lèvres laissaient échapper à présent des cris débridés, elle était au bord de l'orgasme, ses muscles les plus secrets m'enserrait de plus en plus fort, ses pupilles se teintèrent du plaisir imminent et prirent ce voile caractéristique.
J'agrippais ses hanches en grognant de plaisir, transporté par ses soupirs fébriles.
« Non ! Regarde-moi ! » Ordonnais-je juste avant qu'elle ne renverse sa tête en arrière.
Elle s'ancra sur mes épaules, j'amplifiais mes mouvements.
« Dieu ! Oui ! » Cria t'elle soudain. Elle se raidit sous l'extase, et malgré la déferlante de plaisir, elle fit ce que je lui avais demandé : elle ne se déroba pas et ses yeux restèrent accrochés au miens. Malgré le désir fou de fusionner avec elle, je me retirais juste à temps pour ne pas céder sous les effets de sa jouissance…qui fit scintiller ses yeux d'une lueur incomparable. Un grognement triomphant retentit dans ma poitrine, son corps trembla violemment et elle rejeta cette fois sa tête en arrière, gémissant glorieusement sous la réminiscence du plaisir.
C'était un véritable instant de grâce d'admirer son corps s'exiler dans les délices ultimes de la chair. Un pur moment de bonheur.
Elle s'arqua langoureusement, tremblant encore sous l'extase, ses doigts se contractant sur le drap.
« Tu es sublime lorsque tu jouis.. » Murmurais-je d'une voix haletante.
Elle ouvrit les yeux, et posa son regard chaviré dans le mien, le corps encore agité de soubresauts de plaisir.
« E-dward .. » Gémit-elle en reprenant son souffle. Elle était confuse, ne comprenant pas pourquoi je m'étais retiré et n'avait pas communié avec elle.
« Je veux faire durer le plaisir, mon amour.. » Lui chuchotais-je à l'oreille.
Je glissais ma main entre ses seins, puis brusquement, je la fis se retourner sur le ventre. Elle frissonna en laissant échapper une petite exclamation de surprise. Je me levais et me postais au pied du lit et la ramenais délicatement vers moi.
« Mets-toi sur tes genoux et tes mains.. » Murmurais-je d'une voix rauque.
J'entendis son souffle vaciller, mais lentement, docile et sensuelle, elle s'exécuta et se mit à quatre pattes.
Un grognement lent, approbatif vibra dans mon torse. Je l'attirais d'avantage contre moi, pressant doucement mon membre entre ses fesses, elle frémit et sa respiration se heurta à nouveau…D'anticipation.
« Magnifique.. » Murmurais-je d'une voix rauque, tandis que mes mains caressèrent avec avidité ses courbes ravissantes..Parfaites. Mes mains glissèrent lentement jusqu'à ses seins, sur lesquelles elles se refermèrent avidement. Bella gémit sous mes sages attentions, relevant légèrement les fesses. Dieu que j'aimais l'admirer dans cette position. Un peu trop même, car mon côté possessif et sauvage s'intensifiait dangereusement dans ce genre de posture. Et elle était si fragile…
Je me penchais sur elle, flattant un peu plus ses seins somptueux.
« Tu aimes que je te prenne ainsi, n'est ce pas ? » Lui murmurais-je en faisant courir mes lèvres sur son épaule, ne sachant pas d'où me venaient ses paroles.
Elle frémit dans un semi-gémissement. Je libérais un de ses seins pour glisser ma main entre ses cuisses. J'avais tellement envie d'elle que je ne voyais plus les hématomes qui marbraient sa peau.
Elle gémit plus fort, inclinant son bassin pour mieux aller à ma rencontre.
Ma respiration se fit sifflante lorsque son miel, toujours plus abondant, enroba mes doigts. Ma langue glissa entre mes lèvres au souvenir du goût de son nectar, mes narines se dilatèrent sous l'afflux puissant de son parfum.
« Oui, tu l'aimes…Je peux le sentir…»
« O-Oui.. » Souffla-t-elle.
Mon membre douloureux palpita.
« Je suis l'homme le plus comblé… » Murmurais-je, excité.
Je ne pouvais plus attendre, ma main se referma fermement sur sa taille fine tandis que de l'autre j'empoignais mon membre, le présentant à son calice. Elle frémit et je la pénétrais d'un coup de rein avide. Une exclamation de plaisir heurté s'échappa de ses poumons, tandis qu'une tension fébrile me coupa le souffle : ses chairs étaient encore contractées par son premier orgasme, Bella était si étroite que je faillis venir sur le champ !
Les mains tremblantes sur ses hanches, je restais un instant immobile pour faire diminuer la pression, presque intolérable.
« Continue… » M'implora t'elle.
Je me retirais lentement dans un gémissement sanglotant. A peine fus-je sorti de ses chairs palpitantes, que Bella recula aussitôt son bassin pour me capturer. A nouveau logé pleinement en elle, mes genoux vacillèrent sous le plaisir trop intense. Mes doigts se durcirent autour de ses hanches dans un grognement, et j'exhortais mon corps de toutes mes forces, à se retenir.
« Bella ! Tu..Tu vas me faire céder trop vite..»
Elle saisit les draps convulsivement, dévorée par le désir. Son geste m'électrisa, et je grognais de joie, imaginant une fois de plus son caractère sauvage lorsqu'elle appartiendrait au monde des ombres.
J'immobilisais fermement ses hanches, me retirais lentement, puis revenais en elle tout aussi lentement, savourant prudemment l'étroitesse et la chaleur de son écrin. Chaque once de mon être frémissait de plaisir et de satisfaction. Je recommençais. Encore et encore, transportés par ses lourds soupirs de plaisir, mêlés de frustration. J'exultais lorsqu'elle accepta enfin mon rythme languide sans protestation, se laissant enfin aller à ma volonté. Ma lenteur la consumait, mais il me permettait de retrouver ma maitrise…et ainsi prolonger nos ébats.
Je dégageais sa nuque en repoussant ses cheveux sur l'une de ses épaules.
Un à un, mes sens devenaient fous, par son odeur ensorceleuse, par son corps ainsi offert, par ses gémissements encenseurs lorsque je venais en elle, et ses douces plaintes lorsque je me retirais de ses chairs pressantes.
« Edward… » Sanglota t'elle au bout d'un moment.
Je pouvais désormais pleinement satisfaire à sa requête.
Mes doigts se contractèrent sur ses hanches, elle frissonna en pressentant mes intentions.
D'un coup bref, je la prise plus fort.
« OUI ! » Exulta-t-elle.
Me cramponnant à ses hanches, j'entamais une toute nouvelle cadence, plus forte, plus rapide.
« Oui ! » Grognais-je, sentant son corps répondre glorieusement à mes déhanchements, puis essayer de me retenir lors de mes retraits.
Bella partageait parfaitement la passion qui m'animait, et cela me rendait fou de bonheur. La réciprocité de nos désirs se confinait à la perfection : J'étais bel et bien son élu.
Nos corps ne faisait qu'un. Qu'une seule passion, qu'un seul amour.
Elle s'agrippa au rebord du matelas, courbant sensuellement son dos, sa peau se recouvrant d'un alléchant voile de sueur.
Je ralentis mes élans pour me penchais et léchais sa peau. Elle protesta dans un gémissement.
« Douce et sauvage.. » Murmurais-je dans un sourire, ignorant ses suppliques pour me faire reprendre mon allure fougueuse.
Je récoltais sur ma langue sa savoureuse humidité, remontant jusqu'à sa nuque, près d'une veine proéminente, mes lèvres se retroussèrent instinctivement sous l'appel de son sang..qui chantait pour moi, et pour moi seul.
A chaque nouvelle poussée, mon cœur semblait revivre, mais en même temps la bête emprisonnée devenait plus puissante, plus difficile à contenir.
Elle réclamait son assouvissement total : sexuel et sanguinaire
L'Instinct s'allia une nouvelle fois au monstre enfouit et me poussait lui aussi dans cette voie. Je sentais son emprise, de plus en plus distinctement. Mais je refusais toujours de lui obéir. Le temps n'était pas encore venu. Bella devait faire ses adieux à ses proches, je ne pouvais pas lui enlever ça. Ma résistance envers l'Instinct se révélait éprouvante, physiquement et psychiquement, mais je tenais bon, car il était hors de questions de voler l'humanité de Bella. Pas ici, pas maintenant.
Je feulais sous la tentation, sous la douleur envahissante. Mes dents mordillèrent sa peau, je me redressais brusquement, luttant âprement, me faisant violence pour ne pas céder.
« Bella.. »
« Bois.. » Souffla-t-elle entre deux halètements.
Je tressaillis, à la fois honteux qu'elle réponde à mon désir méprisable, et terriblement excité par son offre. Mon corps réagit instantanément : le venin afflua sur ma langue, mes dents me démangèrent douloureusement. Je tremblais sous l'effort de ma lutte.
L'Instinct l'imprégnait totalement, il lui faisait ressentir ma douleur, mon besoin et elle s'offrait à moi pour assouvir mes souffrances, tandis qu'Il me pousser à la transformer en attisant ma soif.
Un grondement puissant vibra dans mon torse.
« NON ! NON ! » Criais-je, furieux.
Le temps n'est pas encore venu ! Me répétais-je sans cesse, telle une litanie désespérée.
Ma vue se brouilla, j'attrapais agressivement les épaules de Bella et la posséda dans un éclatant râle de plaisir. Son propre cri de plaisir mourut dans un hoquet, sa respiration s'entrecoupa sous mes élans déchainés.
Mes mains revinrent instinctivement sur ses hanches, comme pour l'empêcher de fuir sous mes va et vient sauvages. Elle n'avait pourtant aucune envie de se dérober : les ondulements de son bassin, ses gémissements haletants en étaient les preuves indiscutables. Elle se livrait totalement à moi, elle s'offrait dans toute sa vulnérabilité, dans toute sa douceur et son audace.
Mon souffle saccadé rejoint le sien, mon corps n'était plus qu'une sensation frénétique de plaisir sans nom. Je ne pouvais plus être doux et attentionné, mon corps tout entier exigeait que je la possède ainsi, qu'elle soit mienne…jusqu'à la fin des temps.
« OUI ! OH ! OUI ! N'arrête pas !» Cria t'elle, son corps se tendant sous l'imminente déferlante du plaisir. Ses bras tendus tremblaient sous l'effort, ses doigts s'enfoncèrent dans le matelas. Nous retrouvâmes soudain un deuxième souffle et la chambre se fit l'écho de nos cris de plaisir, qui se mêlèrent en un concert sauvage, débridé.
« Oui Bella…Oui...Vient ! »
Elle se raidit et hurla sa jouissance. Ses bras cédèrent sous l'ivresse, le haut de son corps s'affaissa sur le lit et ses derniers cris d'allégresse s'étouffèrent dans les draps chiffonnés.
Je rugis en sentant les spasmes de son orgasme. Après un dernier élan, l'étau de son extase me saisit, je rejetais ma tête en arrière et jouis en elle, dans un cri abrupt, libérant mon corps et mon esprit dans une apothéose de lumière et de plaisir.
Ivre de plaisir, je me laissais aller sur elle, nos deux corps tremblant l'un dans l'autre, et j'eus la fugace sensation -étrange et agréable- d'avoir été laissé sans force, l'esprit plongé dans un havre d'amour et de paix. J'étais l'heureux prisonnier de ses chairs convulsives, et mon assouvissement avait dissipé en grande partie mon désir de la mordre.
Aurais-je eu encore la volonté nécessaire pour résister, si elle m'avait offert une seconde fois son sang ?
Mon dieu, elle m'avait offert son sang !
J'avais encore réussi à me soustraire de l'emprise de l'Instinct, mais combien de fois encore, aurais-je la force d'y parvenir ? Je laissais ces questions sans réponse, errer dans un coin de ma tête, préférant savourer cet instant de pur bonheur, que je savais fragile.
Craignant de peser sur elle, je me retirais délicatement. Elle émit un léger soupir de plainte lorsque nos corps se désunirent. J'allongeais doucement ses jambes sur le lit, la laissant sur le ventre, et me collais contre elle, dans son dos. Elle frissonna dans un soupir heureux.
« Les mots sont trop faibles pour t'exprimer à quel point je t'aime.. » Lui soufflais-je dans le cou.
Elle pencha la tête et déposa un baiser sur mon bras qui l'enlaçait.
Reconnaissant et épris, j'embrassais longuement son cou, en occultant les vibrations tentatrices de son sang, et l'enlaçais encore plus tendrement, la laissant doucement reprendre une respiration régulière. Elle s'étira paresseusement dans un soupir indolent : nos ébats l'avaient exténuée. Son corps frêle m'apparut d'autant plus fragile et je regrettais soudain de m'être montré aussi rude, malgré la retenu dont j'avais fait preuve.
« Je…Je ne t'ai pas fait mal ?» Lui demandais-je brusquement.
Elle se retourna d'un mouvement las, un sourire épanoui illuminait son visage aux traits éprouvés, mais heureux.
« Délicieusement mal… » Me murmura-t-elle en laissant glisser un doigt sur ma joue. Elle s'étira longuement dans mes bras et se pressa d'avantage contre moi en gémissant.
Malgré son enjouement, je retirais partiellement le drap et balayait son corps d'un regard anxieux. Les premiers bleus supplémentaires commençaient déjà à apparaitre sur sa peau diaphane, essentiellement au niveau de ses hanches. Je me figeais, furieux, mes lèvres laissant échapper un juron.
« Il est rare de t'entendre parler ainsi. » S'amusa-t-elle.
Je pinçais mes lèvres, bien loin de partager sa dérision.
« Je voudrais que les blessures que je t'inflige soient tout aussi rares.» Maugréais-je les dents serrées.
Bella se recouvra dans un petit rire, en ignorant totalement mon amertume envers moi même. Sans s'en rendre compte, son insouciance ne fit que l'accentuer.
« Tout va bien Edward…Je me sens merveilleusement bien.. »
Elle se pressa contre moi, ses mains palpant mon torse figé.
« J'ai surement quelques bleus supplémentaires..Et je.. suis une peu courbaturée, et alors ? Je t'assure que tout va bien…» Susurra-t-elle dans un sourire sincère.
Son expression de pur bonheur dépassait tout. Y compris mon tourment. Je me penchais pour l'embrasser, me réprimandant mentalement pour la facilité avec laquelle j'écartais mes méfaits.
«Je n'ai pas été le plus doux des amants. » Me désolais-je en dégageant ses cheveux de son visage.
« Et je ne m'en plaindrais jamais.. » Susurra-t-elle tendrement.
Cet aveu provoqua un frisson de plaisir au creux de mon ventre.
« Rappelle-toi, il y a trois semaines, la fameuse séance de judo de Mr Ravlen… Il m'a dispensé de cours tout le trimestre ! (elle rit et observa rapidement ses bras et ses hanches) Ce n'est guère plus grave.» Minimisa-t-elle.
J'émis un grognement désapprobateur.
« N'exagère pas Bella. Tu n'étais pas si amochée..Et puis c'est du sport, c'est différend.. »
Elle m'adressa une grimace adorable, consciente de son exagération. Puis elle haussa les épaules, le regard malicieux.
« Certains considèrent le sexe comme une activité sportive...»
Je restais interdit, déconcerté par sa désinvolture face à ce que j'avais fait subir à son corps délicat.
Mon air atterré la fit rire, et elle savait à quel point j'aimais l'entendre rire. Je la basculais doucement et la recouvrais avec délicatesse. Sa joie était communicative, elle éloigna un peu plus mes remords.
Sa peau moite était délicieusement chaude, l'excitation palpitait à nouveau dans mes veines. Je ne pus empêcher mon corps de réagir à son contact, elle sourit au contact de mon membre à nouveau durcit contre sa peau.
« Désolé.. » Murmurais-je.
Elle sourit en m'enlaçant la nuque.
« Il me tarde de devenir aussi endurante que toi.. » Murmura-t-elle.
« Moi aussi. » Lui avouais-je pour la première fois.
Ses yeux s'agrandirent sous la surprise, puis se mirent à briller de larmes.
« Je..Je n'aurais jamais cru t'entendre dire cela. » S'émue t'elle.
« Moi non plus.» Lui dis-je en essuyant ses yeux embués.
« J'ai conscience que mes réticences à te transformer t'on causé de la peine. Mais aujourd'hui c'est terminé. Je te veux, tout à moi, pour l'éternité, Isabella Swan.»
Son visage s'illumina, elle inspira profondément puis m'embrassa passionnément. Je répondis avec la même ardeur, mon corps s'embrasa et lorsque j'eus peur de succomber au désir, je mis tendrement fin à notre baiser.
« Je t'aime tant. » Murmura-t'elle.
« Me t'k'veni arch'euli, me var t'k'veni for maradisobaze, me ch'aidinos ch'ems ts'khovrebashi, ch'ems suls t'k'vens khelshia, gt'avazobt' ch'ems absolutur siqvaruls odesme ert'iandeba, rat'a shen, ch'emi arch'euli.… » Lui répondis-je d'une voix aimante.
« Quelle langue est-ce ? »
J'embrassais lentement son front, ses joues, son nez, son menton, et enfin ses lèvres soyeuses.
« Du géorgien. »
« Qu'est ce que cela veut dire ?»
Je lui adressais un sourire adulateur.
« Je t'appartiens pour l'éternité, je remets ma vie, mon âme entre tes mains, en t'offrant mon amour absolu, à jamais unis à toi, à jamais confié à moi, mon élu. »
Elle cligna des yeux.
« Elu ? Qu'est ce que ça veut dire ? »
Je regardais l'heure sur son réveil. L'aube était proche.
« C'est en rapport avec ce que tu dois me révéler, n'est ce pas ? »
Je hochais la tête.
« Il est très tard…Tu dois dormir, je te raconterais tout demain matin, Bella. »
Elle secoua la tête.
« Non, explique-moi maintenant. »
« C'est trop long à raconter…Et il ne te reste que quelques heures pour te reposer un peu. »
« Mais-»
« Quelques heures de patience, c'est tout.. » La coupais-je en l'embrassant. J'avais conscience qu'elle brûlait d'en savoir plus, mais si elle ne dormait pas un peu, elle serait complètement exténuée. Je la blottis contre moi malgré ses murmures de protestations, la fatigue la rattrapa et elle se laissa aller contre mon torse en baillant. Ses paupières vacillaient lourdement.
« Tu vois ? Tu dois dormir Bella.»
« Je..v..eux..tout ..sa..voir.. » Murmura t'elle, sur le point de sombrer dans le sommeil.
« Je te le promets mon amour. » Lui dis-je en déposant un baiser sur le front.
Sa respiration se ralentit, et je sentis son corps fourbu se relâchait contre moi.
Je l'enveloppais avec le plus grand soin, lui adressant dans un murmure, mes excuses pour l'avoir épuiser de la sorte. Elle remua doucement et blottit son visage dans mon épaule comme pour me consoler. Du bout du doigt, je caressais sa pommette, fasciné.
Elle était si fragile, plus que la plupart des humains, mais elle était l'incarnation d'un véritable miracle. Bella appartenait à une lignée d'humains sacrés, à laquelle je n'avais jamais cru…jusqu'à maintenant.
Elle avait bouleversé ma vie…et mes croyances.
En l'espace de seulement quelques heures, j'étais passé du scepticisme le plus total, à une foi radicale.
(Mon revirement intégral devait faire faire des bonds de joie à Alice !)
Je posais ma main au niveau de son cœur pour sentir ses battements de vie, lents et réguliers à présent, en réalisant que l'avoir égoïstement entrainé dans mon monde était en fin de compte un acte incontournable. Mes tentatives pour m'éloigner d'elle avaient échouées, et elles l'auraient toutes été si je m'étais obstiné, car depuis le début, inconsciemment, j'avais reconnu en elle ma gardienne d'âme. Je croyais jusqu'ici que l'invraisemblable attraction qu'elle avait exercée sur moi lors de notre première rencontre, était due à son sang.
J'avais tord.
Nos esprits s'étaient reconnus, dès lors, nos destins étaient liés. Et c'était peut être pour ça que je n'avais pas laissé le démon prendre le dessus à ce moment là et que je l'avais épargné.
Dans un soupir de bonheur et de paix, je resserrais Bella contre mon cœur ressuscité, promettant au ciel de la protéger et la chérir jusqu'à la fin des temps. Pour la toute première fois en plus d'un siècle, Bella venait de me procurer une sensation que je pensais impossible : celle d'être en accord avec ce que j'étais. Oui, je cessais de me haïr. J'étais même pleinement reconnaissant à Carlisle de m'avoir sauvé et transformé, à présent, car grâce à lui, j'avais reçu ce qu'aucun mortel ne pourrait jamais avoir.
L'amour absolu et éternel, au sens propre.
Bella se resserra étroitement contre moi en murmurant faiblement mon prénom.
Je réalisais alors que je sanglotais. Je portais mes doigts à mes yeux, à mes joues comme pour effacer les larmes irréelles que je versais sur ma peau de marbre.
Des larmes de joie.
Des larmes d'espoir.
Des larmes d'amour.
TBC…
La suite dans quelques temps….:-(
Alors l'attente valait le coup ?
Dite le moi !
Et encore merci pour votre fidélité !
