Bonjour à toutes et à tous, voici le chapitre 28.

En vous souhaitant une bonne lecture.

Merci aux personnes qui ont prit le temps de nous lire.

Écriture : Meiling

Co-écriture et corrections : Élisa

Les personnages et l'univers d'Harry Potter sont la propriété de J.K. Rowling.

Nos personnages principaux sont en co-propriété avec notre MJ.

Tous les autres personnages sont de notre invention.

Toute ressemblance avec toute autre histoire, vraie ou fausse, serait complètement fortuite, et plutôt incroyable !

Ratings : M avec quelque passage Lemon

En vous souhaitant bonne lecture !


Chapitre 28 : Double jeu

- Pssst !

- ...

- Par ici ! chuchota Severus

La jolie rousse accéléra le pas et s'engouffra dans l'entrebâillement de la porte que lui tenait son ami.

- Tu en as mis du temps ! lui reprocha Severus.

- Tu aurais dû choisir un autre endroit, le gronda Lily les bras croisés sur la poitrine. J'ai dû semer la bande de Rosier en leur lançant un sortilège de confusion...

Ça faisait bientôt plusieurs mois qu'ils ne se retrouvaient plus à l'orée de la forêt interdite, c'était devenu trop dangereux pour Lily et pour Severus. Ils avaient donc choisi de se rejoindre dans des salles vides maintenant, mais jamais la même. Ils se fixaient toujours le lieu et l'heure de leur rencontre durant les cours facultatifs qu'ils suivaient ensemble. Depuis un moment il n'était plus que question de réussir leur plan.

- Tu es sûr de toi Sev ? demanda encore une fois Lily d'une voix légèrement étranglée.

- Oui, confirma-t-il sombrement. Je serai au cœur des événements, et de tout manière, je ne retournerai pas à Cokework pour les vacances, ni jamais d'ailleurs.

- Tu vas terriblement me manquer, sanglota Lily qui fut happée par les bras de Severus dans une étreinte réconfortante. Tu es vraiment obligé de le faire ?

- Si je veux que rien ne t'a... nous arrive de mal, il le faut. Ça me tue de le dire, mais tu seras en sécurité avec eux et moi je pourrai te prévenir s'il y a quoi que ce soit... Tu vas aussi horriblement me manquer Lily, lui souffla-t-il d'une voix enrouée au-dessus de sa tête. Terriblement.

oOoOo

Les beaux jours étaient revenus avec le mois de juin et les groupes d'élèves fleurissaient sur la pelouse du parc de Poudlard, tels des pâquerettes profitant des premiers rayons de chaleur. Il était aussi temps pour Severus et Lily de mettre enfin à exécution leur plan.

Lors d'une après-midi ensoleillée, les cinquièmes années venaient de finir leur dernière épreuve de B.U.S.E. et les dernières années bûchaient sur leurs notes avec encore plus de ferveur. Dans une semaine ce serait à leur tour de passer leurs épreuves. Lily était sortie avec de quoi étudier et s'était installé comme convenu non loin des Maraudeurs, qui se prélassaient paresseusement au soleil. Ce qui l'agaça profondément. Comment pouvait-on perdre autant de temps à être oisif ? Heureusement qu'il y avait Remus dans le groupe, en pleine lecture, qui relevait le niveau. Mais elle changea très vite d'avis quand il eut un fou rire, les yeux toujours rivés sur son livre, qui ne devait sûrement pas être de la grande littérature.

Lily vit tout de suite quand Severus fit son entrée dans le parc et le groupe des Maraudeurs changea complètement de comportement. L'oisiveté avait laissé place à la plus grande attention et ils suivaient des yeux le groupe de Serpentards qui avançaient non loin d'eux en leur lançant des regards narquois. Tout à coup, les Gryffondors se levèrent et sortirent leurs baguettes, instantanément imités par les quatre vert et argent. Quelques rires et des éclats de voix retentirent à côté de Lily, qui attendait sagement son tour pour intervenir.

Tout se passa très vite. Rosier et sa bande, composée d'Avery et Mulciber, furent désarmés en quelques secondes, ils laissèrent alors Severus se débrouiller seul, ne perdant pas une miette de ce qui se passait. Severus se retrouva rapidement par terre, la bouche pleine de bulles de savon, tenant toujours fermement sa baguette dans la main, mais celle-ci lui échappa bientôt également. Quand Lily vit Severus léviter dans les airs, la tête en bas, et cet abruti de James crier à qui voulait bien l'entendre qu'il allait déshabiller le vilain petit Serpentard graisseux pour lui faire prendre un bain dans le lac, elle décida d'intervenir. Elle prit une grande inspiration pour se donner du courage puis se leva. En moins de temps qu'il n'en fallait pour dire chocogrenouille elle avait déjà rejoint le groupe de Gryffondors et libéré son ami de toute entrave grâce à un finite informulé, avant de s'agenouiller pour l'aider à se relever. C'est à ce moment que Severus et elle devaient être le plus convainquant aux yeux de tous. À peine avait-elle eu le temps de s'approcher que Severus la repoussa violemment. Ses bras encore tendus dans son mouvement de colère, il lui assena d'une voix monstrueusement mauvaise qu'il n'avait pas besoin de l'aide d'une sale petite sang-de-bourbe. Sa réplique fut accueillie par les ricanements des trois autres Serpentards. Comme elle s'y attendait, des larmes se mirent à couler le long de son visage, elle ne devait pas les retenir pour donner le change, même si elle avait honte de se laisser aller comme ça devant tout le monde.

Les Gryffondors, choqués par la scène improbable entre Severus et Lily, reprirent vite le contrôle et envoyèrent les quatre Serpentards dans le lac encore glacial, vêtus uniquement de leur caleçon, avant de ramener une Lily inconsolable dans leur salle commune. C'était la dernière fois qu'elle côtoyait Severus, son premier ami, son meilleur ami. Il s'était sacrifié pour eux deux. Il avait fait en sorte qu'elle ait une excuse pour se rapprocher des Maraudeurs et bénéficier de leur protection. Dans le même temps, il taisait les rumeurs et les inquiétudes du clan de Rabastan et consolidait sa propre appartenance à leur groupe, se protégeant d'attaques éventuelles. Lily ferait tout son possible pour le sortir de là dès qu'elle le pourrait, elle se le jura, jamais elle ne pourrait l'abandonner. Les Maraudeurs étaient pris au dépourvu : c'était la première fois qu'ils voyaient la Gryffondor dans cet état. Ses sanglots étaient incontrôlables et elle n'arrivait pas à articuler le moindre mot. James se sentait inutile et ne savait pas quoi faire d'autre que de serrer les points. Jamais il ne pourrait le pardonner à Rogue d'avoir blessé Lily à ce point.

Les derniers jours à Poudlard furent difficile pour Lily : faire semblant de haïr son meilleur ami et l'ignorer n'était pas son activité favorite. Comme le lui avait prédit Severus, les Maraudeurs la couvaient comme un lionceau et ne rataient plus une occasion pour lancer des mauvais sorts aux Serpentards. Leur plan avait marché. De son côté, Severus dû subir de nombreuses humiliations de la part du groupe des Maraudeurs, mais il n'en avait que faire. Tout ce qui comptait était que son amie soit maintenant bien protégée. Concernant les Serpentards, il avait apparemment fait bonne impression grâce à sa réplique dans le parc à l'intention de Lily, tous s'en donnaient à cœur joie d'insulter à leur tour la Gryffondor et tout autre né moldu dont ils connaissaient les origines. Mais le plus important, c'est qu'il fut invité par Rabastan à assister à ses fiançailles, lui promettant qu'il pourrait y rencontrer le Maître.

James, lui, était heureux, très heureux. Sa future femme, comme il l'appelait souvent en parlant de Lily, avait enfin ouvert les yeux sur le graisseux qui lui avait servi d'ami pendant un temps. Elle s'était même laissé intégrer au groupe avec Mary, son amie Gryffondor de la même année, et ne semblait plus aussi fermée. Il pouvait donc maintenant lui adresser la parole à loisir sans qu'elle ne le rembarre dès qu'il ouvrait la bouche. C'était juste dommage que ça arrive à la fin de l'année. S'il avait su que c'était tout ce qu'il fallait pour la faire tomber dans ses bras, il aurait tout fait pour faire craquer le Serpentard et l'éloigner dès le début.

Qui disait fin d'année voulait aussi dire qu'il fallait faire les comptes sur le pari qu'il avait tenu avec Sirius dans le train au début de l'année. James ne se ferait pas prier pour rappeler à son ami après leur dernier banquet qu'il leur devait un mois de servitude car, d'après ce qu'il avait pu constater, son ami avait lamentablement échoué. La Poufsouffle l'avait constamment repoussé et ne lui accordait pas la moindre attention. Malgré tout, Sirius avait l'air heureux, il devait sûrement se taper une fille quelconque de temps en temps dans des placard à balais, comme il avait l'habitude de le faire.

oOoOo

Le banquet de fin d'année fut somptueux, comme à chaque fois. La Grande Salle avait été entièrement décorée à l'effigie de la la maison qui avait remporté la coupe des quatre maisons. Cette année, contre toute attente, ce fut Poufsouffle qui la remporta, devançant les Gryffondors de vingt points. Il y avait donc de gigantesques étendards de couleur jaune et noir qui flottaient au-dessus des grandes tables et un immense drapeau avec une tête de blaireau accroché derrière la table des professeurs. Madame Chourave, la directrice des Poufsouffles, était d'ailleurs bien plus joyeuse, si c'était possible, que d'ordinaire, se faisant féliciter de toutes parts par ses collègues. Les Gryffondors étaient déçus, bien sûr, de ne pas avoir gagné la coupe qu'ils pensaient avoir largement remportée grâce à leurs points récoltés grâce à la coupe de Quidditch, mais ils se réjouissaient quand même, comme les Serdaigles, que ce ne soit pas encore les Serpentards qui l'aient remportée cette année.

À la table des rouge et or, Ogs adressa un signe à l'intention d'Élisa pour la féliciter, auquel elle répondit par un magnifique sourir, que ne manquèrent ni Sirius, ni James et encore moins Natalie. Cette dernière s'accrocha fermement au bras de Ogs et foudroya du regard la Poufsouffle, qui leva un sourcil étonné face à cette réaction. Ogs s'exaspéra du comportement de Natalie envers sa meilleure amie et la décrocha de son bras avant de lui lancer un regard noir. Depuis qu'il partageait un peu plus de temps avec ses amies, car il en avait besoin, sa petite-amie était devenue insupportable, voire impossible à vivre, et il n'était pas rare qu'ils se disputent pour des futilités. La Gryffondor était vraiment trop possessive à son goût et ça, il n'aimait pas du tout.

Lara, elle, les regardait du coin de l'œil avec dans le cœur une pointe de tristesse : ses anciens amis s'échangeaient des signes à travers la Grande Salle, mais surtout ils l'ignoraient complètement. Elle se sentait seule depuis qu'ils l'avaient repoussée. Elle avait bien des gens à qui parler dans sa maison, comme Severus ou Regulus, mais pas de véritables amis. Meiling et Élisa ne viendraient pas non plus à ses fiançailles maintenant, elle en était certaine après leur dernière conversation. L'événement aurait lieu dans quelques semaines et il n'y aurait personne pour la soutenir dans cette épreuve. Elle avait espéré que ses amies endosseraient le rôle de témoin, comme elles se l'étaient toujours promis, mais ça aussi elle devait tirer un trait dessus. Elle ferait face seule, la tête haute : bientôt elle serait libre de ses parents et de leurs exigences, elle deviendrait riche et pleine de pouvoir, assez pour écraser Rabastan et prendre sa revanche. Qu'étaient quelques amis à côté de ça ? Rien. Elle s'en ferait de nouveaux, tout le monde voudra être son ami. S'ils ne pouvaient pas comprendre tant pis pour eux, elle, elle aurait une belle vie.

Aprés le repas, Ogs et Nathalie eurent une violente dispute dans la salle commune encore vide des Gryffondors. Celle-ci hurlait qu'il faisait plus attention à ses "putes", à qui il offrait tout sans compter, son temps comme son argent, alors que c'était à elle qu'il devrait tout offrir, car c'était avec elle qu'il baisait. Ogs fut d'abord choqué par ces paroles vulgaires, puis il vit rouge. Personne n'insultait ses meilleures amies de putes, et surtout pas Élisa ! Sans s'en rendre compte il avait plaqué Natalie contre l'un des murs de la salle et la maintenait par les épaules, bloquant ses bras le long de son corps, l'empêchant de bouger. Puis il lui avait murmuré à l'oreille, entre ses dents serrées, d'une voix déformée par la colère, que la seule pute qu'il connaissait était devant lui et qu'il en avait fini avec elle, avant de monter à son dortoir sans se retourner, la laissant là, figée, les yeux et la bouche grands ouverts. Quand il ouvrit les rideaux de son lit, il alla retrouver Saphir, sa petite fée qui l'attendait, pelotonnée sur son oreiller.

Plus tard dans la soirée, ignorant la récente dispute entre Ogs et Natalie, Élisa alla retrouver la chambre des Maraudeurs sous la forme d'Isis. À son entrée, elle les trouva en train de discuter avec animation tout en finissant leur valise. Elle sourit intérieurement : les garçons faisaient vraiment tout au dernier moment, puis elle alla s'installer sur les couvertures entassées sur le lit de Sirius. Quand il la remarqua il se dépêcha de finir de ranger ses affaires et s'empressa de la rejoindre sur le lit, l'installant confortablement sur ses genoux pour pouvoir la caresser amoureusement entre les oreilles, déclenchant instantanément des ronronnements intenses chez le félin. Les garçons discutèrent vraiment longtemps du point de vue d'Élisa, qui se demandait quand est-ce qu'elle pourrait enfin profiter des bras de son chéri lors de sa dernière nuit à Poudlard. Elle était en train de somnoler sur les genoux de Sirius, se concentrant sur les caresses sur le dessus de son crâne quand elle sentit la main du jeune homme s'arrêter. Elle leva la tête pour le regarder de ses yeux mi-clos, comme pour lui demander de continuer, quand elle remarqua que Sirius semblait partiellement pétrifié. Il avait les yeux exorbités et ressemblait à un poisson rouge avec sa bouche grande ouverte. Les yeux du garçon bondissaient d'elle à Remus dans un mouvement de panique, ce qui finit de la réveiller complètement. Que n'avait-elle pas entendu qui puisse mettre le Gryffondor dans un tel état d'affolement ?

- Aller Sirius, avoue, le taquinait joyeusement James.

- Ouais c'est vrai, insista Peter, tout aussi espiègle.

- La ferme, vous deux ! s'exclama brusquement Sirius.

- Ne devrions nous pas plutôt en parler dans le train, non ? demanda Remus diplomate en regardant Sirius en coin.

- Comme si une matinée de plus changerait quelque chose, se moqua Peter.

- T'as perdu ton pari mec, continua James. Je savais que t'arriverais pas à la mettre dans ton lit. Je l'ai bien observ...

- Putain James, ta gueule ! l'interrompit Sirius.

- Oh, ça va ! Me crie pas dessus comme ça ! C'est qu'un pari. T'es vraiment un mauvais perdant ! s'enflamma James. Si j'avais su je t'aurais choisi une autre cible que Pratchett.

- Aïe ! Arrête ! Non ! Él... Isis ! Non ! Attends ! Je t'en prie ! Reviens ! Putain James ! Tu fais chier ! cria Sirius en claquant la porte après avoir suivi Isis hors du dortoir.

- Mais qu'est-ce qui lui prend ? s'étonna James, perplexe devant la scène à laquelle il venait d'assister. Isis a griffé la main de Sirius sans prévenir, j'ai bien vu ? Pourquoi il l'a suppliée avant de lui courir après ?

- Tu es un imbécile, James, dit simplement Remus en poussant un grand soupir.

- Pourquoi ? demande James en fronçant les sourcils.

- Rien, laisse tomber, allons nous coucher plutôt, je ne pense pas que Sirius rentrera tout de suite, affirma Remus.

Ce dernier s'installa dans son lit à baldaquin, en ferma les rideaux tout en souhaitant une bonne nuit à ses amis, qui le regardaient faire sans comprendre. Remus attrapa un morceau de parchemin rectangulaire caché sous son oreiller, le déposa délicatement devant lui avant de le tapoter de la pointe de sa baguette en chuchotant le plus bas possible Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. Sous ses yeux, les lignes des couloirs du château se dessinèrent comme tracées à la main par un pinceau invisible, de nombreuses étiquettes comportant les noms de tous les occupants de Poudlard se déplaçaient dans tous les sens à tous les étages : ça faisait déjà un moment qu'il avait réussi à faire fonctionner la carte, mais il n'en avait pas encore dit un seul mot, craignant que le secret d'Élisa et Meiling soit révélé. La plupart des étiquettes étaient regroupées dans les dortoirs de chaque maison, quelques unes se trouvaient dans les quartiers réservés aux professeurs, il fut donc facile pour Remus de retrouver Élisa et Sirius sur la carte. Apparemment ce dernier avait réussi à la rattraper, c'était une bonne chose, se dit Remus qui espérait que son ami réussirait à arranger les choses, puis il prononça la formule pour effacer la carte et rangea le parchemin à sa place avant de fermer les yeux.

- Élisa, écoute-moi, je t'en prie, suppliait Sirius en suivant la chatte rousse dans les couloirs.

- Pourquoi je devrais t'écouter ? demanda la voix de la jeune femme redevenue humaine. As-tu au moin une raison valable ?

- Ce pari, j'y pensais même plus, je l'avais totalement oublié ! Croi-moi, expliqua-t-il en lui prenant la main dans un geste tendre.

- Ça ne change rien, dit-elle comme une sentence. Dis-moi la vérité, quand tu as commencé à m'aborder c'était pour le pari, non ?

- …

- Réponds ! exigea-t-elle.

- Oui, avoua-t-il dans un souffle.

- Donc, si je comprends bien, si tu n'avais pas fait ce stupide pari, tu ne te serais jamais intéressé à moi, j'ai raison ? le questionna-t-elle la gorge et le cœur serrés. Toutes tes actions au début de l'année, toutes tes paroles, tous tes gestes, toute ton attention, ton insistance… C'était juste pour gagner ce pari ?

- Je… hésita Sirius en tentant de mettre de l'ordre dans ses pensées tout en réalisant qu'elle avait raison.

- Réponds moi ! le pressa-t-elle, les larmes au bord des yeux.

- J'en sais rien ! s'emporta Sirius. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que j'ai eu le coup de foudre ? Eh bah non, c'est pas le cas !

- Ok, je vois que tout est dit Black, dit difficilement Élisa. Lâche-moi et va rejoindre tes amis qui doivent bien se marrer maintenant.

- Non, attends, c'est pas ce que je voulais dire ! s'alarma Sirius en réalisant qu'il s'était mal exprimé sur ses sentiments.

- Si, c'est exactement ce que tu voulais dire, le contredit-elle, un nœud dans la gorge. Maintenant fais-moi plaisir et honore la faveur que tu me dois : oublie-moi, ne m'adresse plus jamais la parole et ne me touche plus, finit-elle en dégageant sa main de celle de Sirius.

Élisa planta le Gryffondor dans le couloir et tourna les talons, il n'essaya même pas de la suivre. Elle avait été trompée. Tous ses regards, ses mots doux, sa tendresse, ses… Tout était faux ! Ses forces la quittaient au fur et à mesure qu'elle s'enfonçait dans la noirceur des couloirs. Son cœur venait d'être réduit en miettes. Des larmes silencieuses glissaient sur ses joues. Elle avait était totalement bernée. Elle avait cru à cet… cet... amour ? Comment avait-elle fait pour se laisser avoir ? Pourquoi n'avait-elle rien vu venir ? Naïve… Elle avait été naïve comme toutes les autres avant elle… Élisa se sentit d'autant plus anéantie par cette cruelle vérité qu'elle l'avait vu venir. Elle se sentait si idiote et ridicule d'y avoir cru. De n'avoir été qu'une simple conquête de plus, un nouveau défi à relever. Son stupide don aurait pu lui être utile pour une fois, mais non.

Sirius resta au milieu du couloir, les bras ballants, la bouche entrouverte comme pour dire quelque chose, fixant le dos d'Élisa qui s'éloignait. Il ne tenta pas de la rattraper. "Une promesse c'est sacré, surtout chez les Black" entendait-il résonner dans sa tête. Que venait-il de faire ? Il sentait son cœur se comprimer douloureusement. Venait-il de perdre la meilleure chose qui lui fut jamais arrivée ? Il n'était même pas fichu de la ratraper convenablement. Pire, il avait été incapable d'exprimer ce qu'il ressentait. Pourquoi ne lui avait-il pas tout simplement exposé ses sentiments ? Il donna un violent coup de poing dans le mur et le regretta aussitôt en ressentant une vive douleur traverser ses doigts. Il avait tout gâché… encore.

oOoOo

Dans le train du retour, Sirius était assis près de la fenêtre, il regardait le paysage défiler en silence sans aucun intérêt pour ce qui se passait autour de lui. James et Peter étaient plongés dans une conversation bruyante avec Lily et Mary. Ils avaient tous l'air si heureux, si souriants. Quand Sirius tourna son regard vers Remus qui lui faisait face, il vit les yeux gris de son ami qui le fixaient froidement avec reproche. Sirius baissa la tête honteux. Il avait déçu son ami.

- Pardon Rem, souffla Sirius, la tête toujours basse.

- Ce n'est pas à moi que tu dois dire ça, dit durement Remus tout en gardant toujours une voix assez basse pour ne pas se faire entendre des autres. Je suis vraiment déçu, je pense que tu… Je sais pas ce que j'ai pu penser... Tout compte fait... Peut-être que ça aurait pu être... différent avec elle. Voilà, c'est ça.

- Moi aussi, acquiesça Sirius après un silence. J'ai été minable.

- Oui, admit Remus. Que vas-tu faire maintenant ?

- Elle m'a demandé de ne plus l'approcher. J'ai fait une promesse et tu sais bien...

- Tu vas la tenir ? s'étonna Remus, n'écoutant pas la fin de sa rengaine qu'il connaissait par cœur.

- Je ne devrais pas ? demanda Sirius en relevant la tête, les yeux illuminés d'une lueur étrange.

- Tu devrais lui écrire cet été, lui conseilla son ami.

- Je ne connais pas son adresse, se lamenta Sirius en s'enfonçant un peu plus dans son dossier.

Remus se leva alors d'un coup et s'excusa auprès des autres quand il passa devant eux pour pouvoir sortir du wagon, prétextant une envie pressante. Sirius se renfrogna dans son coin, croisant les bras sur sa poitrine… qu'avait-il encore fait ?

Remus traversa plusieurs wagons avant de trouver celle qu'il cherchait. Elle était là, assise en compagnie d'Élisa et Ogs qui discutaient avec animation. Quelque chose de posé sur les genoux du Gryffondor attira son attention quelques secondes, mais il se reprit et il s'appuya contre la cabine, juste à côté de la porte, de manière à n'être vu que de la Serdaigle. Meiling ne tarda pas à le remarquer : elle tourna la tête rapidement vers lui, comme si elle avait senti qu'on l'observait, et croisa ses yeux si singuliers. Elle s'excusa auprès de ses amis, elle avait compris qu'il voulait lui parler, puis elle le rejoignit dans le couloir.

- Salut, on peut discuter ? demanda Remus un peu mal à l'aise face au visage fermé de la Serdaigle.

- Pas ici, allons plus loin, proposa Meiling en s'engageant dans le couloir.

Ils s'éloignèrent tous les deux sans un mot de plus et s'arrêtèrent entre deux wagons. C'était un endroit sombre et très bruyant, personne n'entendrait leur conversation ici. Une fois face à face, Meiling rejeta ses longs cheveux noirs d'un mouvement de main gracieux, emplissant le petit espace de son odeur. Remus y réagit tout de suite : ses pupilles se dilatèrent et ses iris d'ordinaire grises, d'une couleur presque lunaire, se remplirent de multiples filaments dorés qui illuminèrent son regard. Il la désirait, c'était un fait, et Lunard la désirait encore plus ardemment, il pouvait le sentir de tout son être et pas seulement à travers le picotement dans ses yeux. Son poul s'accéléra, il avait soudainement trop chaud, beaucoup trop chaud, et son pantalon devint peu à peu plus étroit. L'effet de se retrouver de nouveau seul à seul après avoir été obligé de séparer les loups à la pleine lune lui avait révélé l'évidence. Il en oublia presque la raison pour laquelle il avait voulu voir la jeune femme.

- C'était une... commença Remus pour tenter de se ressaisir et surtout de se détendre.

- Une fée, oui. Pour tout te dire, Ogs l'a sauvée il y a des années et depuis elle le suit partout, un vrai chien de garde, expliqua rapidement Meiling, ne s'occupant nullement de l'étrange lueur dans les yeux du jeune homme.

- Oh, d'accord, je ne l'avais jamais vue, dit Remus songeur.

- Normal. C'est pour Black ? demanda Meiling, interrompant les pensées du Gryffondor.

- Quoi ? s'étonna Remus, surpris par la soudaine question.

- C'est pour Sirius que t'es venus me voir ? reformula la Serdaigle en le fixant droit dans les yeux.

- Comment ça ? demande Remus, intrigué de savoir comment elle avait su.

- Simple : Élisa, répondit-elle uniquement.

- Elle te l'a dit ? s'enquit-il, étonné et quelque peu honteux de ce qu'avait fait son ami.

- Oh non, elle n'a pas eu besoin de le faire. Depuis ce matin ça se voit qu'elle fait semblant d'être heureuse, et surtout elle a l'odeur de Black qui lui colle à la peau depuis un moment. Donc il veut quoi ?

- Son adresse. Ça fait longtemps que tu le sais ? demanda Remus intéressé.

- Pourquoi je ferais ça ? Il a sûrement joué avec ses sentiment, comme il a l'habitude de le faire, dit-elle froidement en le fusillant regard, l'accusant presque des méfaits de Black. Je ne souhaite pas voir mon amie souffrir d'avantage à cause de lui.

- Ce n'est pas ce que tu crois, c'est compliqué, plaida-t-il.

- Explique-moi en quoi et j'en jugerai par moi-même.

- Ce n'est pas à moi de faire ça, se défendit-il. Je peux juste te dire qu'il tient vraiment à elle et qu'il souhaite se racheter.

- Ok, je te donnerai ça tout à l'heure, si ça peut redonner le sourir à Élisa, accepta Meiling, puis elle croisa les bras, mal à l'aise avec le prochain sujet, avant de continuer. Pour ton autre question... non, ça ne fait pas longtemps que je sais, je commence tout juste à ressentir des changements, mais c'est pas tout le temps, c'est comme si…

- Comme si ça s'arrête et que ça revenait plus fort. Jusqu'à t'étourdir certaines fois, compléta-t-il.

- Oui c'est exactement ça. Tu…

- C'est normal, c'est que tu commences à te connecter avec lui… euh elle. Pardon, se rattrapa-t-il maladroitement. Tu vas faire comment cet été ? osa-t-il demander.

- Je… elle s'arrêta un instant le temps de réfléchir.

Elle n'y avait pas pensé une seule seconde. Comment ferait-elle durant les pleines lunes ? Des parents avaient sûrement prévu la chose, elle l'espérait du moins

- Je suppose que mes parents ont tout prévu et toi, tu fais comment ?

Une grimace déforma un bref instant le visage de Remus.

- Une cave, quelques sorts de protection et surtout de grosses chaînes en argent, avoua-t-il avec un petit rictus et sentant lunard protester.

- Oh, c'est très... très, hésita-t-elle sur le qualificatif.

- Barbare ? compléta-t-il à nouveau, un sourir aux lèvres.

La Serdaigle acquiesça et pria pour que ses parents n'aient pas eu la même idée pour les soirs de pleine lune.

- On devrait y retourner, ils vont se demander pourquoi nous somme si longs, conseilla-t-elle.

Meiling se retourna et s'apprêtait à ouvrir la porte quand Remus la retint par le poignet, la fit tourner et l'attira en une fraction de seconde contre son torse. Au même instant apparut brusquement le chariot de la vendeuse ambulante qui leur sourit et s'excusa pour son entrée fracassante, et surtout pour les avoir dérangés. Puis elle continua sa route, laissant les deux jeunes gens figés, non sans leur avoir proposé quelques sucreries au préalable, qu'ils refusèrent d'un mouvement de tête. Remus sentait son corps brûler telle un brasier qui consumait jusqu'à son âme, embrumant son esprit d'images érotiques et inavouables.

Après un bref moment de silence, pendant lequel aucun d'eux n'avait bougé, Meiling se plaqua un peu plus contre Remus, tendu à l'extrême, pour venir lui murmurer à l'oreille comme elle l'avait déjà si souvent fait dans le passé, avec le plaisir malsain de le mettre mal à l'aise.

- Mmmh, intéressant, lui souffla-t-elle en inspirant et en expirant profondément et délibérément dans son cou.

Remus eut tout à fait la réaction qu'elle espérait : il sortit de ses pensées et essaya de lutter contre ses pulsions.

- Que... quoi ? demanda-t-il, la voix rauque.

- Je parle de ça, expliqua-t-elle avec un sourire espiègle accroché aux lèvres tout en donnant un petit coup avec son bassin contre l'érection du Gryffondor.

Gêné, Remus écarta vivement le corps de la jeune femme du sien, prenant enfin conscience de leur proximité et surtout de son état d'excitation apparent. Il avait beau faire sombre dans cet entre-deux il n'y avait aucune équivoque.

- Désolé… Lunard… je ne le contrôle pas tout le temps, bredouilla-t-il pour se protéger du sourire mutin de la Serdaigle.

- Si ce n'est que ça, lança-t-elle d'un air narquois avant de se retourner et d'entrer dans le wagon.

Remus mis plusieurs minutes avant de la suivre et de la rejoindre devant sa cabine où elle l'attendait, sourire aux lèvres. Apparemment, elle avait eu le temps d'y entrer et d'en ressortir pendant qu'il se reprenait. Quand il fut assez proche, elle lui tendit sans un mot un petit bout de parchemin replié sur lui-même. Remus s'en saisit puis hocha la tête en signe de remerciement, une légère grimace sur les lèvres à cause de la gêne qu'il ressentait encore. Il lui souhaita finalement de bonnes vacances avant de s'en retourner vers sa propre cabine quelques wagons plus loin.

Sur le chemin il examina ce qu'elle lui avait remis et fut quelque peu déçu quand il vit qu'il n'y avait qu'un papier pour Sirius. Il ne savait pas trop ce qu'il avait espéré, peut-être une correspondance avec une personne qui partage les mêmes choses que lui et qui se posait beaucoup de questions. Mais apparemment ça ne l'intéressait pas. Il ne l'intéressait pas non plus, après tout il ne ressemblait pas du tout a ces gars sportifs avec qui elle était sortie. Elle préférait s'amuser à le mettre mal à l'aise, pensa-t-il avec une pointe d'amertume dans le cœur. Quand il rentra finalement dans sa cabine, l'air maussade, Remus fut accueilli par des regards interrogatifs.

- Mal au ventre, souffla Remus, anticipant les questions sur ce qui lui avait pris tant de temps, avant de reprendre sa place devant un Sirius toujours aussi grognon.

- Pourquoi t'es parti comme ça ? grogna Sirius tout bas.

- Tiens et tais-toi, chuchota Remus en glissant sa main sur la table devant lui, faisant dépasser légèrement le petit morceau de parchemin.

- Qu'est-ce que… commença-t-il, mais il s'interrompit en voyant l'adresse et surtout le nom de la personne qui y habitait. Elle a bien voulu te la donner ? Comment ? demanda avec espoir Sirius.

- Je l'ai demandée à Meiling, expliqua Remus, coupant court aux illusions de Sirius. Tâche de lui écrire une fois par semaine, et de t'excuser surtout, que je n'aie pas fait tout ça pour rien, le sermonna-t-il.

- Ling ? releva Sirius avec un sourire après avoir acquiescé aux requêtes de Remus. Tu sors avec ? demanda-t-il goguenard.

- Non ! répondit hâtivement Remus pour éluder tout malentendu mais rosissant légèrement au souvenir du contact de son corps sur le sien.

- T'as répondu beaucoup trop vite pour que je te croie, mec, continua Sirius sans se défaire de son sourire moqueur.

- La réponse reste toujours non ! grogna Remus quelque peu vexé. Et ne me remercie surtout pas, dit-il en désignant le morceau de parchemin toujours dans les mains de Sirius.

- Merci Remus, je te revaudrai ça, promit-il en rangeant son précieux morceau de parchemin. Maiss…

- Ta gueule ! chuchota Remus avec hargne et les joues légèrement rosées, honteux d'avoir ne serait-ce qu'imaginé des choses. Et arrête de sourire comme ça ! Je ne veux plus rien entendre de plus sur elle et moi.

De son côté Meiling fit aussi face aux interrogations de ses amis, qu'elle dissipa en leur informant qu'elle avait simplement croisé du monde dans les couloirs, dont un de ses camarades de maison, un certain Julian White, qui souhaitait avoir un conseil en matière de lecture pour les vacances. La conversation reprit ensuite de bon train. Mais dans la tête de la belle Serdaigle des images de Remus lui revenaient en boucle, faisant flotter un petit sourire imperceptible sur le coin de ses lèvres. Était-il puceau ?

A suivre…


RDV le 5 Mai.

L'équipe de Four !