Disclaimer : Les personnages cités dans la septualogie (?) d'Harry Potter sont propriétés de son auteur, madame Rowlings, les autres sont de mon cru...

Pairing : Lily/James et un peu de Sirius/Oc pour étoffer. Et des relations inter parentales pour se marrer..

Résumé : Quand Lily démontre son originalité, quand Sirius et Remus sont meilleurs amis et chefs de la bande la plus en vue, quand les parents ont des amours tortueux, quand tout ce beau monde vit en harmonie dans la petit ville sorcière écossaise de Rasp Hollow… Voilà que débarque James Potter, londonien et ancien de Poudlard, bien décidé à remettre les choses à leur place !

Résumé des épisodes précédents : Remus apprend que Lily a passé la nuit chez James et qu'ils se sont embrassés. Il commence par être fâché sur la jeune femme puis comprenant l'inévitable, décide de rendre les choses plus difficiles pour elle et James en pardonnant à la première et fraternisant avec le second. Sirius, Tania, Gisèle, Peter, Lily et James vont au bal du Lycée la nuit de la pleine lune.

Bonne lecture !


Rasp Hollow

Chapitre 28

Diabolic Scheme

Quand nous habitions encore avec Andrew dans un quartier moldu de Cantonsbury, il m'arrivait souvent de m'asseoir à côté de lui pour regarder la tv. Notre émission préférée était un show traitant de la vie – oh combien dramatique – de deux familles riches vivant dans leurs luxueuses maisons et confrontées à leurs problèmes de riche. Nous adorions nous moquer de la stupidité des personnages et encore plus, des scénaristes.

Coups tordus, manipulations, mensonges. Il nous semblait que ces gens, corrompus par leur propre argent, ne pouvaient exprimer le moindre sentiment réel, la moindre passion véritable. Et quand, enfin, ils semblaient ressentir quelque chose de vrai, ils finissaient quand même par se tromper et se séparer.

Il ne m'a pas fallu écouter James parler de sa vie longtemps pour comprendre qu'au final, ce show qui semblait si ridicule n'était pas tombé très loin de la vérité. Et des gens bien plus proches de moi que je ne le pensais n'hésitaient pas non plus à user de stratagèmes mesquins pour arriver à leurs fins.

OoOoO

« Regarde-les, mais regarde-les ! »

Sirius soupira et tourna la tête vers l'endroit que lui pointait Tania. Depuis le début de la soirée, qui s'était pourtant bien annoncé, la jeune fille ne cessait de cancaner les derniers potins auxquels elle n'avait pas eu accès étant donné son changement d'école. Et machin sort avec bidule par ci, et bidule a changé sa coupe de cheveux par là, et bazar s'est débarrassé de truc-muche pour se mettre avec machin… Des fois, il se demandait ce qu'il faisait avec elle. Il avait oublié, à force de vivre éloigné, qu'elle pouvait être vraiment soulante quand elle s'y mettait. Et là, elle s'en donnait à cœur joie …

Seulement, pour une fois, ce que Sirius devait absolument regarder se révéla intéressant. Très intérressant même si on comptait le nombre de regards braqués sur le couple désigné par sa petite amie.

James et Lily. Enlacés sur la piste, prêts à se sauter dessus, se dévorant du regard, se mouvant au rythme des percussions de la musique comme si elle était une partie intégrante de leur corps. D'aillers, plusieurs personnes s'étaient arrêtées de danser pour les regarder – pas tout le monde, ils n'étaient à ce point important dans l'école, mais pas mal de monde quand même. Le synchronisme de leurs mouvements donnait à penser qu'ils avaient répété longuement leur danse même si Sirius savait qu'il n'en était rien.

C'était simplement … un moment James/Lily. Un de ces instants où ils semblaient si proches, si bien se connaître, qu'on pouvait penser qu'ils se connaissaient déjà dans une vie antérieure. Ne serait-ce que le regard qu'ils se jetaient. Comme s'ils communiquaient silencieusement, comme s'ils n'avaient pas besoin de parler pour comprendre.

Certainement, et Sirius pouvait en témoigner, il y avait quelque chose de féérique entre ces deux là. Une tension, une magie, une destinée qui les liaient irrémédiablement. La musique s'accélérait, les deux jeunes gens se secouaient en rythme, criant, rigolant, tandis qu'autour d'eux, les autres élèves semblaient aussi raides que des piquets tentant de se mouvoir sensuellement.

« Ils vont bien ensemble » Ne put s'empêcher de commenter le jeune homme pensivement en ne pouvant retirer son regard de ses amis, ou quelque chose s'en rapprochant du moins.

« Sirius ! » Claqua Tania en se plantant brusquement devant lui « Tu te souviens que Lily n'est pas libre ? »

« Oh » Oui. Effectivement. Remus. Son meilleur ami. Il avait été tellement retourné par l'harmonie entre James et Lily qu'il en avait oublié que ces deux là avaient encore beaucoup d'obstacles à franchir avant de toucher la ligne d'arrivée. Et si au passage, ils pouvaient éviter de briser quelques cœurs, ce ne serait pas de refus …

OoOoO

« Regarde-la ; non mais regarde-la ! »

« James… »

« Tu ne comprends pas Lily » Souffla le jeune homme en ne quittant pas sa cousine des yeux. Depuis l'instant où elle s'était mise à danser en compagnie de Peter, tout le monde s'était mis à fixer Gisèle. Ceux qui venaient de l'école sorcière, qui connaissaient Pettigrow, se demandait au nom de quelle injustice il était parvenu à se trouver une telle cavalière tandis que les Moldus se demandaient qui donc était cette fille magnifique. Il y avait comme une aura de magnificence autour de Gisèle, sa beauté, ses longs cheveux noirs, son maintien. Il n'était pas besoin de la connaître pour savoir qu'elle venait d'une famille distinguée.

A ses côtés, Peter faisait un peu misérable. Ses habits étaient bien loin de la somptueuse robe de sa cavalière et ses pas gauches, ses pieds dans lesquels il se trébuchait tout seul, sa timidité naturelle, tout cela faisait que les deux adolescents semblaient ne pas être faits pour se connaître. S'ils étaient tous deux dans cette école, ils auraient d'ailleurs évité de s'adresser la parole : Peter aurait rejoint sa bande de copains sur le côté, là où aucune fille ne s'aventurait, tandis que Gisèle serait partie se remaquillée avant d'être nommée reine de la soirée.

Mais ni l'un ni l'autre n'était au Lycée et depuis qu'elle avait abandonné les parures dorées pour les lunettes d'intellectuelle, Gisèle avait découvert qu'il existait un monde digne d'intérêt à côté du faste et de la popularité. Même si cela restait agréable de sentir tous les regards se poser sur elle tandis qu'elle avançait, tant bien que mal, avec son petit ami – ou petit ami en devenir, elle ne savait pas très bien – le guidant dans ses pas qu'il ne connaissait pas.

« On devrait peut-être aller faire un tour dehors » Soupira Lily, lassée de voir son cavalier passer son temps à fixer sa cousine comme si elle s'apprêtait à se transformer en monstre qui allait dévorer toute la salle. Qu'est-ce qu'une si jolie fille, semblant si gentille, pourrait bien faire de si terrible ? Et qu'avait-elle fait d'ailleurs, de si grave pour que James et Sirius s'accordent tous deux à prétendre qu'elle était un monstre ?

« Ouais, allons dehors, j'en peux plus… Hey, non mais, regarde moi ça ! »

Une un énième soupir agacé, Lily se retourna pour… Voir Gisèle et Sirius tendrement enlacé dans un slow au milieu de la piste ? Les gens autour d'eux s'étaient presque arrêté de bouger pour mieux les regarder. Il fallait avouer que Sirius assumait bien mieux que Peter cette place : la beauté, la prestance, le maintien. Sirius et Gisèle formaient un de ces couples qu'on ne voit qu'au cinéma, qu'on imagine bien face à un miroir se disputant pour savoir lequel est le plus beau, lequel a le plus de classe. Un de ces couples froids et hautains, s'aimant d'un amour distant rempli de coups tordus et de réconciliations agressives.

« Je pensais que Sirius ne supportait pas Gisèle ? » Commenta Lily en s'approchant de Tania qui était assise à une table un peu plus loin, en compagnie de Peter qui ne quittait pas le couple Black/Potter des yeux.

« Regarde mieux Lily » Rigola Tania en désignant la jeune fille. « Ses yeux. S'ils pouvaient tuer sur place, on serait tous morts. Je te parie ce que tu veux qu'elle n'aime pas du tout ce qu'il est en train de lui raconter »

« Et qu'est-ce qu'il lui raconte selon toi ? » Se renseigna James en s'asseyant à côté de Peter qui, lui, avait l'air nettement moins enchanté que Tania de voir Sirius en compagnie de sa petite amie – ou petite amie en devenir, il ne savait pas très bien.

« Sirius est un grand tendre au fond » Exposa Tania « Il doit être en train de lui faire la morale en lui disant de ne pas faire de mal à son petit Peter »

« Ah ah » Grogna le concerné « Tout ce qui peut me blesser plait à Black, Tania »

« Faux » Contra-t-elle « Il est très protecteur en fait. Il veut conserver l'exclusivité d'être méchant avec toi… »

« Super » Soupira Peter en se retenant d'aller interrompre les danseurs. Il devait avouer lui-même qu'ils étaient très beau et si bien assemblé… Un peu trop même. Il aimerait beaucoup en savoir plus sur ce qu'il était arrivé entre Gisèle et Black et Potter exactement. Les connaissant, ça ne devait pas être très reluisant …

« Et puis » Continua Tania « Sirius ne veut absolument pas que James soit sacré Roi du bal à sa place. Il fallait qu'il tape un grand cou après le spectacle de rock acrobatique de James et Lily »

Lily leva les yeux au ciel. « Tu fais trois pas et demi et te voilà danseur. C'est n'importe quoi »

« Ouais » Grommela James, toujours sans quitter sa cousine et son presque cousin des yeux. « C'est ça. »

« Tu sais James » Glissa Lily avec l'air de ne pas y toucher « On dirait presque que tu es jaloux. »

Une grimace déforma le visage du Baroudeur. « Beurk. Lily, c'est ma cousine bon sang ! »

« Allez viens, on sort » Finit-elle en lui prenant la main. « Un grand bol d'air frais te fera le plus grand bien »

oOoOo

« Je t'ai juste demandé de ses nouvelles, pas de quoi te montrer si agressif » Glissa Gisèle alors que la chanson se terminait. Les mains de Sirius glissèrent de son dos en effleurant ses fesses au passage. Elle supposa que ce n'était pas prémédité parce que le jeune homme avait l'air tout sauf intéressé par elle ce soir.

« Si tu veux savoir s'il pense toujours à toi, la réponse est non. Il n'a pas vraiment apprécié ce que tu- »

« Il ne te parle toujours pas ? » Supposa-t-elle en analysant les traits renfermés de Sirius. « C'est au moins une chose dont je ne suis pas la seule responsable, n'est-ce pas ? »

Les yeux de Sirius se figèrent sur elle, la glaçant sur place de son regard d'acier. « Pas de ta faute ? » Répéta-t-il « Tu as la mémoire courte ! »

« Tu as fondu sur moi, pas le contraire ! Ne t'en prends qu'à toi-même si tes mœurs misérables t'ont coûtées ta famille »

« Ma seule consolation, Potter, c'est que tu n'as plus personne. Je vais très bien, moi, tu peux en dire autant ? »

Gisèle soupira et jeta un coup d'œil vers Peter. Avec un regard en arrière, un petit regret de ne pas pouvoir rejoindre le groupe de filles un peu plus loin dont une finirait sûrement couronnée ce soir, elle se dirigea vers les tables, Sirius sur les talons. « Est-ce que ta petite amie est au courant de la vérité ? » Demanda-t-elle « Parce que je ne compte pas la cacher à Peter »

« Dis plutôt que si tu ne lui avoues pas tout, ma chère maman s'en chargera » Riposta Sirius en secouant la tête. « Ne me prend pas pour un idiot, Potter »

« Oh, Merlin, Sirius, tu n'es pas honteux de clamer un telle contre-vérité ? »

« Et toi Potter, tu ne parviens toujours pas à m'appeler Black ? C'est ce que je suis pourtant, un Black » Souffla perfidement Sirius à son oreille juste avant d'aller rejoindre Tania. L'effet fut plus que celui escompté. Gisèle se figea et blanchit, perdant son sourire et son assurance d'un seul coup. Les souvenirs affluaient dans sa tête alors qu'elle aurait juste voulu en être débarrassée une bonne fois pour toute.

OoOoO

Des petits lampions pendaient aux arbres, des guirlandes de lumières éclairaient le chemin menant à la salle de réception où la fête de la fin de l'été battait son plein. James était entouré de trois filles : Magalie, sa future fiancée, Kirsten, la petite folle amoureuse, et Josie, sa petite amie. Il avait de quoi être occupé un bon moment. Surtout qu'à quelques mètres de là, Gisèle pouvait voir Juliette se rapprocher. Vous savez, Juliette, son autre copine …

Elle était assise sur un banc, à l'abri des regards, un peu en retrait de la fête, essayant de se remettre de ses émotions. Elle s'était promis d'être forte pourtant, de ne pas pleurer. On n'était pas encore le 1e septembre, il lui restait quelques jours avant le départ de son petit-ami pour Poudlard. Mais cette fête, organisée à l'occasion du départ des élèves pour presque une année entière, la mettait dans un état terrible tous les ans.

Elle avait passé son enfance en sa compagnie et un jour, il avait eu 11 ans et s'en était allé découvrir le monde merveilleux des Serpentards et de la vie de château. Elle était restée ici, à Londres, à attendre désespérément chacune de ses lettres, à guetter le moindre signe de lui. Pendant la première année, rien était venu. Elle lui en voulait tant… Il s'était excusé dès le 1e juillet, lui jurant qu'elle était toujours sa meilleure amie mais que la découverte de Poudlard, de nouvelles personnes, d'un nouveau monde d'indépendance, cela lui avait retourné la tête. Et puis, elle avait arrêté de lui en vouloir… quand il avait dit qu'il ne voulait plus qu'elle soit la meilleure amie, mais la petite amie. Il avait 12 ans, elle 13. C'était il y a trois ans.

Depuis, elle passait chacun des jours de ses vacances en sa compagnie, décomptant les jours les séparant de son départ. Quelle horreur que cette idée de pensionnat. Elle ne supportait pas qu'il soit si loin même si maintenant, il lui écrivait quotidiennement. Et puis, elle n'était pas comme son cousin, elle, le respect, la fidélité, elle y croyait dur comme fer. Elle l'aimait tant, elle était si amoureuse de lui, comment aurait-elle pu le tromper impunément ? Et elle savait également qu'il ne faisait rien de son côté, sa confiance en lui était aussi totale que son amour. Ensemble, rien ne les arrêterait. Ni la distance, ni la séparation. Il fallait juste qu'elle ne pleure pas devant lui.

« Hey, GI » La salua James en prenant place à côté d'elle sur le banc. Sa joue était toute rouge, une des filles n'avait pas dû apprécier être dupée de cette façon. « Qu'est-ce tu fais seule ? »

« Je ne suis pas un G.I., James » Soupira la jeune fille, usée par l'habitude. James était son meilleur ami, bien avant d'être son cousin. Ou peut-être qu'ils étaient amis parce qu'ils étaient cousins. James était juste incapable d'être ami avec une fille.

« Ne me dit pas que tu déprimes parce que l'autre serpent se tire ? » Gisèle ne répondit rien, se contendant de tourner la tête vers l'entrée de la salle. La carrure de Sirius Black se découpait sur la lumière orangée de la pièce. Il était impossible de le manquer… En voilà un qui portait mieux que bien le nom de sa famille. Il représentait en tout point l'héritier idéal, le fils parfait… Si seulement c'est de lui qu'elle était tombée amoureuse. Lui, il avait eu le courage de refuser d'aller à Poudlard pour rester avec ses amis. D'ailleurs, ça devait être pour ça que sa mère lui menait la vie si dure.

« Tu sais » Reprit James « Je ne comprends pas pourquoi tu déprimes. Tu devrais vivre au jour le jour, passer tout tom temps avec lui avant son départ. Baisez comme des fous, faîtes la fête ! »

« Quel conseil avisé » Commenta-t-elle en sentant un sourire naître sur ses lèvres

« Je t'ai offert une robe qui fait de toi la plus fatale de toutes les filles présentes ce soir, GI. » Répliqua James avec sa moue 'je sais que j'ai raison et tu finiras par l'accepter'. « Tu pourrais avoir n'importe quel type ce soir. Mais non, tu restes stupidement avec ton préfet. Alors fais-le au moins baver un max, que je n'ai pas gâché mon fric pour que tu te payes une déprime en solitaire »

Le regard de Gisèle fut happé par le gris acier des yeux de Sirius Black qui ne détourna pas la tête. Il semblait lui aussi penser que sa robe la mettait en valeur et le fait de savoir qu'il n'y avait pas que son cousin et son petit ami pour la trouver sexy fit chauffer ses joues. Elle acquiesça à ce que venait de dire James d'un air distrait.

« Allez, viens, si on ne profite pas de notre adolescence pour faire des conneries, quand le fera-t-on ? »

Gisèle suivit James vers l'intérieur mais son regard ne parvenait à quitter celui de Black. Bon sang, que lui arrivait-il ?

oOoOo

« Alors ? » Demanda Lily en s'asseyant sur un petit muret en pierres. « Je suppose que ça ne sert à rien que je te demande pourquoi tu en veux autant à ta cousine ? »

James serra les mâchoires. « Il y a moins d'un an, Lily, j'étais le genre de type à clamer que l'amour, c'est pour les nuls. Je trouvais ça tellement naze. Je sortais avec des filles pour m'amuser, rien de plus. Par contre, l'amitié… » James soupira, leva les yeux vers le ciel, vers la lune ronde et blanche qui semblait le narguer. « C'était tout pour moi. Tout. J'aurais pu faire n'importe quoi pour mes amis. Et Gisèle, c'était ma meilleure amie. La plus top, totale confiance, la seule personne à qui je pouvais absolument tout confier, même ce que je ne pouvais pas dire aux mecs parce que…. Ben c'était des mecs, quoi »

Lily sourit, s'imaginant parfaitement que l'amitié entre des garçons du style de James ne devait pas être faite de longues confidences tard le soir …

« Durant plus de deux mois, ma meilleure amie m'a menti, m'a trahi sans vergogne, en prétendant qu'elle ne pouvait pas me faire confiance. Tu sais quoi ? Si elle m'avait dit qu'elle mentait à tout le monde, je l'aurais quand même soutenue. Mais non, elle a préféré me mentir à moi aussi »

« James… »

« Et un mois plus tard, mes trois imbéciles de copains me refaisaient le même coup. Ou plutôt, ils acceptaient de mentir pour moi. Sauf que je disais la vérité et qu'ils ne pouvaient pas me croire, me faire confiance. » James balança une pierre vers l'horizon. « Est-ce que c'est si difficile de me faire confiance, Lily ? »

La jeune fille soupira, sentant que cette fois, c'était elle, la meilleure amie, la personne, et peut-être la seule, qui pourrait réconcilier James avec la notion d'amitié qu'il avait franchement revu à la baisse. « Tu es très secret » Lui confia-t-elle « Et ça ne me donne pas envie de te faire confiance mais » Il se tourna vers elle, intéressé par ses propos. « Mais je te fais quand même confiance. Tu vois, quand tu me dis qu'ils t'ont blessé, moi, je comprends ça comme 'jamais je ne te ferai la même chose' »

« Mais ? »

Lily fronça les sourcils, comme si elle venait soudain de comprendre quelque chose d'important sur le jeune homme. « Mais rien. J'allais dire que c'est difficile de faire confiance à quelqu'un qui ne vous fait pas assez confiance pour vous parler de son passé mais je viens juste de … pour toi, me raconter ces trahisons, ce serait comme me demander en mariage »

James eut un vif mouvement de recul. « Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure façon de me pousser à la confession, ça, Lil » Plaisanta le jeune homme en se passant une main dans la nuque. Comment trouver la plus grande peur d'un garçon ? Lui parler mariage. Ou enfant. Ou vie rangée…

« Non, je n'avais pas compris avant mais tu as été réellement blessé par tes amis et c'est pour ça que tu fais un tel calage. Je sais que le jour où tu me diras pourquoi tu as été renvoyé, ça voudra non seulement que nous sommes vraiment amis et tout mais ce sera un réel serment. Ca voudra dire que tu sens prêt à de nouveau pouvoir placer ta vie entre les mains de quelqu'un d'autre. Je n'avais pas saisi… C'est comme une personne qui vient de perdre quelqu'un qu'elle aimait plus que tout, tu ne peux lui demander d'aimer à nouveau dès la semaine suivante »

James souffla. « Si tu le dis. Les filles ont un meilleur flair pour ça »

« Mais dis-moi juste » Reprit Lily « Est-ce qu'il y a un lien entre Gisèle et ton renvoi ? »

James secoua la tête. « Non. Disons juste qu'avant ça, Sirius et moi, on était potes. Tu sais, rien d'important mais on se prenait pas la tête non plus. Et les deux rejetons Black ne se faisaient pas la gueule. »

« Regulus ? » S'étonna Lily « Qu'est-ce qu'il … ? »

« Rien du tout » Coupa soudain la voix de Sirius dans leur dos « Regulus rien du tout »

« Mais si, voilà ! » S'écria soudain Tania « Je savais que j'avais déjà vu cette fille quelque part ! C'était chez toi, Sirius ! » Elle se tourna vers lui « Chez toi, quand on sortait ensemble avant. Elle était toujours fourrée avec ton frère pendant les vacances »

Lily pâlit. Elle avait compris. Elle avait compris comment une fille pouvait brouiller à vie deux frères dont l'un était Sirius le séducteur. Dit-garçon qui ne bougeait plus à côté de sa petite amie, ses yeux témoignant de la culpabilité qu'il ressentait. Mais quel était le rôle de James alors ?

°o°o°o

« Comment va-t-on rentrer à Londres, au fait ? » Demanda James quelques heures plus tard alors que lui, Lily, Gisèle et Peter quittaient la salle de bal. Sans grande surprise, Sirius était en train de faire le zouave, sa couronne sur la tête. Comme quoi, même en perdant sa place de capitaine de Quidditch, en devenant fidèle à sa copine et en refaisant sa liste d'amis, on pouvait rester au top. « A moins que tu passes la nuit… »

« Non » Gisèle avait répondu rapidement, peut-être un peu trop, et à côté d'elle, Peter s'était tendu. « Peter et moi ne sortons ensemble que depuis quelques jours. C'est beaucoup trop tôt pour … »

« Oui, on est un jeune couple » Rajouta le jeune homme. Il semblait déjà suffisamment heureux qu'elle sorte avec lui. Même si sous ses lunettes et ses tenues d'écolière, on devinait une jolie fille, il n'aurait jamais pensé être un jour le cavalier – le petit ami – d'une telle fille. Pour dire vrai, il ne lui avait demandé qu'au cours de la soirée d'être officiellement sa copine… Et il avait été près de pleurer de joie quand elle avait accepté et qu'ils s'étaient embrassés. Elle n'avait plus rien à voir avec la timide Gisèle du collège, c'était comme si remettre sa vieille robe l'avait transformée en une vraie Potter, riche petite héritière sûre d'elle.

« Je crois que le réseau de cheminée entre chez moi et … enfin, avec les Black, je pense que… » Bafouilla-t-elle sous le regard surpris de James. « Il n'a jamais pris la peine d'annuler la liaison » Lui dit-elle et uniquement à lui puisque les autres ignoraient de quoi elle parlait.

« Mais Sirius et son père ont déménagé. Ils habitent au café maintenant » Lui rappela James « Je ne sais pas ce qu'est devenu la maison des Black »

« J'habite dedans » Déclara Peter en se demandant bien par quel hasard la maison où son père et lui avaient emménagés était reliée par cheminée à la maison de sa petite amie.

« Comme c'est ironique » Souligna James mais Lily lui mit un coup dans les côtes. Elle avait discuté un moment avec Gisèle durant le bal et celle-ci lui avait assuré qu'elle expliquerait tout à Peter avant que sa belle-mère s'en charge.

« Potter ? » La voix de Sirius les interrompit. Ils s'arrêtèrent tous, regardant autour d'eux d'où pouvait venir le son. « Potter ? Me dis pas que je t'ai donné un miroir et que tu l'as laissé chez toi... Potter, réponds ! »

« Oh » James ouvrit sa veste et en tira un petit miroir rectangulaire qu'il toucha du bout de sa baguette. « Désolé Black, un problème ? »

« Je n'ai pas dit à Lupin ce que t'étais, juste que tu savais pourquoi il n'accompagnait pas Lily ce soir » Les trois adolescents dans la confidence – James, Lily, Peter- échangèrent un regard de compréhension. « Si t'as envie de prolonger la fête, rejoins-moi à la rivière dans dix minutes »

« Ca roule, Black » Répliqua le jeune homme qui semblait plus que réjoui d'aller rejoindre un loup-garou. « Pettigrow, tu seras de la fête ? »

Lily sourit d'une manière moqueuse. Mais de quelle race étaient ces garçons ? Ils s'appelaient par leurs prénoms toute la nuit et maintenant qu'ils s'arrangeaient un rendez-vous, ils en revenaient aux noms, comme pour remettre de la distance et ne pas avouer qu'ils étaient copains…

« Je raccompagne Gisèle puis je vous rejoins » Lily releva les yeux vers la jeune fille qui regardait vers l'horizon d'une manière distraite, sans prêter grand intérêt à la conversation. Elle semblait ailleurs, perdue, loin dans ses souvenirs.

oOoOo

« Mademoiselle Potter, votre mère veut vous voir. Réveillez-vous, mademoiselle »

« Poussez-vous Belladonna » Gisèle gémit dans son sommeil et se retourna. Contre sa porte une autre série de coups retentit. « Gisèle, debout. Ton père et moi devons te parler » Voyant que rien ne se passait, madame Potter décida d'entrer sans plus de cérémonie. Rien ne l'aurait préparée à ce qu'elle trouva dans la chambre de sa fille.

« Madame Potter ! » Sirius avait à peine fini de remettre son caleçon quand la femme était entrée. Dans le lit, Gisèle ouvrit les yeux et pâlit grandement. D'abord, en voyant Sirius, ensuite, sa mère. Elle savait qu'elle venait de commettre la plus grosse erreur de sa vie, qu'en se laissant draguer par Sirius Black, qu'en le cherchant elle-même, elle mettait tout son fragile bonheur en péril, que jamais Régulus ne lui pardonnerait.

Mais si mère s'en mêlait …

Sirius fut congédier rapidement tandis qu'elle s'habillait et rejoignait ses parents dans le salon. Depuis quelques temps, elle savait que les choses n'allaient pas bien. Son père avait de grosses dettes et il ne parvenait plus à offrir à sa famille la stabilité d'antan. Mais ce n'est pas ce qui lui fit peur lorsqu'elle pénétra dans la pièce. Sa mère, qui semblait si bouleversée ce matin, avait pris son parti de la situation et il y avait dans ses yeux cette résignation – celle qui signifiait que monsieur Potter avait pris une décision et qu'aucune des deux filles ne pourraient le faire changer d'avis.

« Ma fille » Déclara-t-il dès qu'elle fut assise dans le fauteuil « Ta mère m'a mis au courant de tes agissements de cette nuit. Sache tout d'abord qu'il n'est pas digne d'une Potter d'être infidèle. Regulus sera mis au courant de cette incartade, évidement »

« Quoi ? Non ! »

« Silence. Nous lui avons déjà envoyé une lettre nous même » La coupa son père.

« Vous n'aviez pas le droit ! »

« Tu nous as toujours déçu » Continua l'homme. Elle ne se souvenait plus de la dernière fois qu'il avait montré le moindre sentiment tendre envers elle. Depuis qu'il avait des problèmes, il n'était plus son papa, ni son père, juste un géniteur, un chef de sa famille sans coeur. « Tes résultats à l'école sont déplorables, tes fréquentations pitoyables et tes professeurs particuliers m'ont confiés à quel point il te serait dur de tenir une maison »

« Alors tu as décidé de gâcher ma vie ? Tu aurais au moins pu me laisser parler à Regulus moi-même ! Il ne me pardonnera jamais… »

« Tu tiens une occasion en or de nous rendre fiers, chérie » Murmura sa mère en posant sa main sur son avant-bras. Gisèle leva les yeux vers elle, scandalisée.

« Ne laisse pas partir Sirius Black. L'autre était une erreur, mais l'héritier est une bien meilleure pioche » Déclara son père.

« Quoi ? Mais vous êtes fous ! Il est hors de question que je m'approche encore de Sirius. Je vais voir Reg, tout de suite »

« Assieds-toi ! » Cria son père et elle s'exécuta, la tête baissée. « Tu as entendu ce que j'ai dit ? Sirius Black, pas l'autre. »

« Tu n'as pas le droit » Ragea-t-elle en serrant les poings.

« Prends donc la porte. Je suis sûre que le jeune Black sera ravi de t'accueillir après ce que tu as fait… avec son propre frère. » Commenta sa mère. « Viens, allons nous préparer »

oOoOo

Ils marchaient main dans la main depuis plusieurs minutes. Peter ne savait pas très bien qui de lui ou Gisèle guidait – elle connaissait le chemin de la maison tout aussi bien que lui. Plus ils approchaient, et plus elle s'accrochait à sa main, tendue, nerveuse. Il ignorait pourquoi exactement – est-ce qu'elle avait un problème avec Walburga ou avait-elle eu une histoire avec Sirius ? Le fait que la cheminée soit reliée à sa maison lui indiquait la seconde possibilité mais quand Sirius avait quitté la maison, il était encore avec Tania.

Devant le perron, elle s'arrêta et respira un grand coup, son teint encore plus pâle que d'habitude.

« Ca va aller ? »

« Oui » Elle secoua la tête, acquiesçant comme pour se convaincre d'avancer. Mes ses pieds semblaient bloquer dans le sol, encimenter devant la porte. « La dernière fois que je suis venue ici… Peter, je ne veux pas croiser madame Black, d'accord ? »

« Okay, on va direct dans le grand salon. La cheminée doit être allumée, il y a de la fumée »

« Non » Le reprit-elle « On va dans ta chambre. Je dois te parler de choses importantes. Des choses sur moi que tu dois savoir avant de décider si tu veux toujours sortir avec moi. »

Peter fronça les sourcils mais acquiesça. « Je vais aller vérifier que la voie est libre alors »

Étrangement, ils parvinrent à destination sans encombre même si Peter n'avait pas manqué le regard extrêmement chargé que Gisèle avait envoyé vers la porte de la chambre de Regulus. Quelque chose lui soufflait que ce n'était pas pour Sirius qu'un circuit particulier de cheminée avait été installé. Gisèle s'assit sur la chaise de son bureau et inspira.

« Ne m'interromps pas, d'accord ? Je vais tout te raconter. Je ne veux pas que tu apprennes ça de la bouche de madame Black »

Peter prit place sur son lit, extrêmement attentif. Il était nerveux et n'était pas sûr de vouloir savoir quoi que ce soit sur ces familles de fous qu'étaient les Black et les Potter. Mais il savait que s'il voulait construire quelque chose avec la jeune fille, il allait devoir composer avec son passé. Et quand il voyait comment Lily avait souffert des cachoteries de James, il préférait tout savoir d'emblée.

« Quand on était enfants, les parents de Sirius et Regulus, ceux de James et les miens nous avaient envoyés dans la même garderie. Enfin, une sorte de garderie où on nous apprenait à être poli et à bien nous tenir. James et Sirius passaient leur temps à rendre nos instituteurs dingues ; Regulus et moi, on… on jouait tranquillement, tu sais, comme des enfants sages. Alors ils nous envoyés dans une autre école pour enfants, avec les autres familles riches pendant que les deux héritiers indisciplinés restaient avec leurs profs particuliers. Reg était dans la classe en dessous mais il ne se passait pas une récréation sans qu'on ne se voit. C'est mon meilleur ami d'enfance.

Pendant les vacances, je passais du temps avec James – qui est devenu au cours des années mon meilleur ami – mais je voulais tout le temps voir Reg, et lui soûlait son père pour venir me voir alors ils nous ont installé une cheminée directe pour ne pas devoir tout le temps nous faire transplaner de Londres à Rasp Hollow. Quand James est parti à Poudlard et que Sirius a refusé de s'en aller – ce qui a contribué à rendre sa mère folle si tu veux mon avis – on a vraiment commencé à passer tout notre temps ensemble. On se séparait seulement pour dormir.

Puis il est allé à Poudlard lui aussi et l'année suivante, pendant l'été, on a commencé à se fréquenter. Plusieurs années… On faisait comme on pouvait vu la distance mais ça marchait bien. Je crois… enfin, tu connais ça, le grand amour d'adolescence avec tous les adultes nous disant d'en profiter le temps que ça durerait.

Et puis, l'année passée, juste avant que je rentre en 6e, il y a eu une grande fête chez James, comme tous les ans à la fin de l'année. C'était un bal costumé, c'est à cette occasion que Jimmy m'a acheté cette robe de Morticia Addams. Et il y avait Sirius Black, déguisé en sorcier du 18e, je crois que c'était juste une robe de ses ancêtres mais… il était absolument incroyable. C'était comme si c'était impossible de détourner les yeux. Et il s'est mis, non, on s'est mis à jouer, à faire semblant de se séduire mutuellement. James et Regulus étaient là, et voyaient tout, et rigolaient en disant qu'on était tous les deux tellement exceptionnellement attirants ce soir-là et qu'on ferait un couple sensas. Et je ne sais pas, quelque part au milieu du jeu, on s'est perdu tous les deux. Et avant que j'ai compris, on a … disons que le lendemain, ma mère nous a trouvé dans mon lit »

« Ouach »

Gisèle eut un timide sourire, impressionnée qu'il ne semble pas en colère ou mal-à-l'aise de l'entendre parler de son passé de cette manière. C'était une chose qu'elle appréciait plus que tout chez Peter : il était toujours en accord avec lui-même. Comme s'il était un vieil homme qui avait déjà tout vu et ne s'étonnait de rien. Et surtout, surtout, il ne vous jugeait jamais. Elle se souvenait lui avoir dit aimer cette facette de lui et il avait répondu qu'il avait été tellement jugé dans sa vie, et qu'il s'était senti tellement mal, qu'il avait un jour pris la décision de ne plus jamais juger les autres. Et c'était la raison principale pour laquelle elle se sentait si en confiance, si capable de lui confier le plus honteux de ses secrets alors qu'ils ne s'étaient réellement rapprochés que depuis une grosse quinzaine de jours.

« Et c'est là que tout a dérapé. Mon père avait de gros problèmes à son travail, il perdait beaucoup d'argent et en plus, il… enfin, il y a quelques semaines, on lui a diagnostiqué une maladie mentale qui- si tu veux, étant donné qu'il avait des problèmes d'argent, il ne prenait plus en compte que l'argent. Et s'il avait eu des problèmes de familles, il n'aurait plus pris en compte que sa famille. Il est un peu, tu vois, il n'arrive plus à considérer plusieurs choses simultanément. Alors à ce moment-là, tout ce qu'il voyait, il ne cherchait qu'à en tirer de l'argent. Même de sa fille »

« Comment ça ? »

« Quand ma mère lui a dit ce qu'elle avait vu, il a déclaré que c'était un très bon investissement de ma part. Il a écrit lui-même à Regulus pour l'informer de la situation et il m'a dit que si je voulais le rendre fier, juste une fois dans sa vie, alors je devais tout faire pour mettre la main sur Sirius, définitivement »

Peter se redressa, visiblement choqué cette fois.

« Tu sous-entends quoi par là ? »

« Depuis des années, je faisais la déception de mes parents. Je n'avais pas de bons résultats, je n'étais pas vraiment sage. Et là, je… je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans ma tête, celle de mon père, ma mère mais… j'ai menti et … j'ai dit à Sirius que j'étais » Gisèle déglutit, tenant ses mains, les charcutant douloureusement, les mots refusant de sortir de sa bouche. Alors, Peter tenta de l'aider.

« Enceinte ? »

« Oui. Et sa mère l'a obligé à se fiancer avec moi. »

Peter, qui écoutait attentivement tout ce qu'elle disait, toussa bruyamment, manquant de s'étouffer sous le coup de la surprise. « Toi et Sirius, vous … »

« Oui, pendant deux mois. Il passait tout son temps à dire que c'était impossible, qu'il avait utilisé un sort de protection. Il a commencé à faire plein de recherches pour prouver que je mentais. Il a toujours refusé de me croire mais sa mère… tu la connais. Puis James est revenu de Poudlard pour l'enterrement de son grand-père. Il devait rester une semaine. Il s'est mis à… Il a pris ma défense, il m'a épaulé, soutenue alors que je mentais à tout le monde. Sirius et lui se sont disputés violemment et un jour, la veille du retour de James à Poudlard, je n'ai plus pu lui mentir »

« Tu lui as tout dit ? »

« Oui. Il a pris ça comme un coup de couteau dans le dos. Il ne m'a jamais pardonné et je le comprends tout à fait. Il ne s'est pas vraiment réconcilié avec Sirius non plus, comme tu as dû le voir. Il était tellement en colère, dégoûté, quand il est retourné au château. Et puis, un mois plus tard à peine, il s'est fait renvoyé. »

« Ca n'est pas de ta faute, Gisèle »

Gisèle soupira, remettant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Comment pourrait-elle ne pas se sentir coupable ? James était dans un tel état de rage quand il avait appris la vérité – qu'elle lui mentait alors qu'il l'avait défendue devant tout le monde, se mettant les autres à dos, s'isolant de tous pour rester à ses côtés, parce que pour lui, l'amitié était sacrée. Comment ne pas voir le lien entre cette histoire et les évènements ayant suivi ?

« Je n'ai… » Reprit-elle « Après ce fiasco, nous avons découvert la maladie de mon père et j'ai pris sur moi de devenir quelqu'un d'autre. Une personne vraie, honnête. Qui ne se cache pas derrière son physique pour se faire des relations, ni derrière son nom ou son argent. C'est pour ça qu'à l'école, je fais profile bas. Avant que tu n'arrives, j'étais pire que Joyce Finnigan »

Peter retint une grimace. Joyce était la fille la plus détestable de tout le collège mais elle se croyait la plus populaire. Elle était orgueilleuse, vaniteuse et pensait que tout le monde devait baiser le sol sur lequel elle marchait.

« Mais tu ne l'es plus et c'est tout ce qui importe » Assura Peter en s'avançant vers elle. « Je suis un fervent défendeur de l'honnêteté, Gisèle, quand je t'ai dit que je ne te jugerais pas, je le pensais »

« Comment tu fais ? » Murmura-t-elle en enfouissant sa tête dans son cou. « Tu es le garçon le plus gentil que j'ai jamais rencontré, Peter »

Quelque part profond dans ses entrailles, Peter se demanda si le gentil garçon parvenait parfois à ravir la fille au vil Serpentard. Parce que s'il sortait avec Gisèle et qu'il était encore avec elle cet été, cela signifierait que Regulus, son ex-petit ami, serait dans la chambre au bout du couloir… Est-ce qu'ils s'étaient au moins revu une fois depuis qu'elle l'avait trompé avec son propre frère ?

OoOoO

« C'est gentil de m'avoir raccompagnée »

« Profite de moi tant que tu le peux encore » Lily arqua un sourcil en direction de James « Hey, je m'apprête à aller affronter ton copain sous sa forme la plus terrifiante… »

« N'y vas pas alors »

« Quel chevalier preux cela ferait-il de moi ? »

« Alors je ferais bien de te poser toutes les questions qu'il me reste avant que tu ne disparaisses, oh, grand seigneur »

James sourit et jeta un coup d'œil à la jeune fille qui marchait à côté de lui. Elle semblait de bonne humeur et détendue, chose qui était loin d'être gagnée au début de la soirée.

« Ne me demande pas de t'épouser et j'y répondrai » Déclara-t-il en se demandant si la métaphore du mariage pour son renvoi était de bon goût. Lily secoua la tête et s'assit avec lui sur les marches menant à sa porte d'entrée.

« En fait, oui, je me demandais quel lien exact tu avais avec Sirius »

« Lien ? » Répéta le jeune homme. En voilà une de question. Il n'avait jamais été capable de définir son lien avec son cousinet – avant Gisèle, ils s'entendaient bien, surtout enfants, pour faire les quatre cent coups mais en grandissant, et principalement après son départ pour Poudlard, ils avaient adopté un comportement assez froid l'un envers l'autre, de copinage. Puis après les propos qu'ils s'étaient tenu, lui protégeant sa cousine, Sirius affirmant qu'elle mentait, même quand la vérité avait éclaté, il aurait été impossible d'effacer tout ce qu'ils s'étaient dit. Mais en ce moment, tout changeait. Depuis que James avait dû quitter Rasp Hollow, on pouvait même dire qu'il était en très bons termes avec Sirius.

« Familial » Reprit Lily en le voyant confus. « Ton lien familial avec Sirius »

« Oh » Ca n'était pas beaucoup plus facile. « Tu sais, d'une manière ou d'une autre, toutes les familles de sang pur sont liées »

« Oui mais tu l'appelais cousin au début »

« Non, Lil, cousinet-débilounet. Ne modifie pas tout »

« James, tu m'as comprise »

Le garçon soupira, grogna quelque chose sur une haine envers les arbres généalogiques puis se lança. « Du côté de sa mère, nous sommes petits-cousins, du côté de son père, nous sommes petits-petits-cousins. »

« Petits-petits-cousins ? » Répéta Lily en essayant de ne pas rire « Qu'est-ce que c'est ça ? »

« Okay, écoute bien parce que je ne le répéterai pas. Il y a longtemps vivait un ancêtre appelé Phineas Black qui eut des enfants dont Sirius et Cygnus Black. Cygnus eut à son tour des enfants dont Pollux et Doréa Black. Pollux épousa la grand-mère Irma de Sirius, qui donna naissance à Walburga tandis que sa sœur, Dorea, épousait Charlus Potter, mon grand-père paternel. Donc nous sommes petits-cousins du côté de sa mère »

Lily, qui semblait avoir tout compris sans la moindre difficulté alors que James luttait pour s'y retrouver, résuma « Ton grand-père paternel et la grand-mère maternelle de Sirius étaient frères et sœurs. »

« C'est ça » James ferma les yeux, visualisant l'arbre qu'il avait dû étudier des dizaines de fois pour continuer « Sirius Black, le frère de Cygnus, notre arrière grand-père, a eu un fils, Acturius – le cousin de Pollux et Dorea – qui lui-même a eu Orion, le père de Sirius »

« Donc Orion est le petit-cousin de ton père et … de sa femme ? »

« Ouep. D'où Sirius et moi sommes petits-petits-cousins du coté de son père »

« Oh, d'accord. C'est ton arrière petit-cousin et ton petit-cousin simultanément » corrigea-t-elle

« Si tu le dis » Grommela le jeune homme « Je comprends même pas que tu t'y retrouves là-dedans » James se releva et tendit la main à Lily pour l'aider à faire de même. Le moment fatidique était arrivé : ils étaient face à face, devant la porte d'entrée, à se regarder dans le blanc des yeux, chacun lisant dans le regard de l'autre son envie de s'embrasser mais la certitude qu'il ne fallait pas le faire. James posa sa main sur son épaule, bien décidé à viser la joue de la jeune fille cette fois, pas ses lèvres mais …

« Lily ! »

La voix de Tania les fit sursauter et ils s'éloignèrent de plusieurs mètres comme s'ils avaient été pris en faute. La jeune fille ne s'en occupa pas, elle fit comme si James n'était pas là en réalité, et attrapa le coude de la rousse.

« Je viens dormir chez toi » Déclara-t-elle « Ma mère a accepté que je retourne à Londres seulement demain »

« Mais c'est le week-end » Souligna Lily qui regardait la silhouette de James le pirate se fondre dans la nuit « Pourquoi … ? »

« Cours particuliers avec mon black miam-miam » Lui rappela-t-elle « Allez, en route. Je veux que tu me racontes tout sur tout ! Je t'ai vu dévorer James du regard toute la soirée… »

oOoOo

« … ferait mieux d'être parti quand il se réveillera »

La douleur la paralysait au sol, l'empêchant de faire le moindre mouvement, de bouger le moindre muscle. Il avait l'impression que des dizaines de poignards le traversaient de part en part, que ses organes étaient en feu et se liquéfiaient à l'intérieur de son corps. Il garda les paupières fermées, n'ayant pas envie de sentir le soleil brûler ses rétines quoiqu'il se demanda vaguement s'il sentirait la différence. Un peu plus ou un peu moins de douleur, là où il en était…

Il sentit qu'on déposait une couverture sur lui et la douleur cutanée se réveilla. Sa peau brûlait et les fibres de la couverture lui faisaient l'effet d'aiguilles s'enfonçant lentement, péniblement, dans sa chaire tuméfiée.

Chaque matin de pleine lune était le même. Il souffrait d'une douleur que quiconque ne peut imaginer, dont même lui était incapable de se souvenir quelques heures plus tard mais qui, immanquablement, revenait à chaque fois.

Mais aujourd'hui, il y avait quelque chose de différent des autres matins. Une odeur bien particulière, une effluve boisée, masculine, dont la fragrance ne lui était pas inconnue. C'était un de ses 'trucs' pour oublier la douleur : se concentrer sur ses autres sens que le toucher. Comme l'odorat. Il aimait par-dessus tout profiter de ces quelques heures où son nez était encore celui d'un loup pour décomposer ce qu'il sentait, l'analyser, tenter de le retenir.

Une fois qu'il avait rencontré quelqu'un le matin d'un lendemain de pleine lune, il n'oubliait plus jamais son odeur corporelle et jamais plus cette personne ne pourrait le surprendre ou être dans la même pièce que lui sans qu'il le sache. Même si sous sa forme normale, humaine, il était incapable de déceler l'odeur de quelqu'un sans se concentrer, une fois qu'il l'avait analysée en étant étendu sur son plancher, attendant de savoir bouger, il ne l'oubliait plus jamais. Pire que ça, il la repérait où qu'elle soit.

Cette nouvelle personne s'afférait autour de lui, bougeait beaucoup pour remettre de l'ordre, ce qui ne faisait qu'aider Remus dans sa tâche olfactive. La fragrance boisée n'était que le premier relent, la première couche, la portion dominante. Derrière le bouquet principal, il dénotait une émanation qu'il connaissait – du moins en partie. Sirius possédait la même en plus prononcée. Il s'était toujours dit qu'il s'agissait de l'aromate des Black, cette senteur âcre sans être mauvaise, ce goût sec, râpeux, qui s'infiltre partout. Exactement comme leur famille. Cette nouvelle personne avait cette odeur là mais en moins prononcé, en dilué, adoucie par des vapeurs au goût de fleur, un brin de romarin accompagné d'églantine et de jasmin. Quelque chose de très féminin, doux, mais dont l'exhalaison faisait penser à un fumet familial.

Remus conclut que James Potter devait être dans la pièce. L'effluve boisée était son odeur personnelle, le goût des fleurs dénotait la droiture et le pacifisme de sa famille, goût entaché par l'âcre fond de Black et des autres sangs coulant dans ses veines.

Il sentit (avec son nez, évidement) Potter l'approcher. Il tenait dans les mains un onguent qui sentait horriblement mauvais et qui lui conféra une quinte de toux des plus horribles. Les muscles de son dos lui donnèrent l'impression de se déchirer sous le mouvement et il ouvrit brusquement les yeux, tétanisé sous la douleur.

« Du calme, du calme » James posa ses mains sur les épaules de Remus et le maintint de force au sol. « Je sais que ça pue mais tu vas voir, ça va te soulager » Expliqua-t-il au jeune homme qui ne cessait de se débattre pour échapper à son plaquage. « Ca met trois secondes à s'évaporer, fais-moi confiance, Lupin, tu n'es pas le premier loup-garou que je soigne »

Au bout d'une minute, Remus n'eut plus ni la force, ni le courage, de se débattre. Il songea amèrement qu'il avait beau être un des mecs les plus costauds de la ville, il ne parvenait pas à empêcher son ennemi de le tartiner d'une crème odorante. Une fois par mois, il était réduit à l'état de simple pantin. Et cette sensation était horrible.

Mais rapidement, comme l'avait prédit James, là où l'onguent avait été appliqué, des picotements apparurent, suivis de la disparition de toute douleur. Remus se détendit et laissa James poursuivre sans opposer la moindre résistance. Rien n'avait plus d'importance tant que la douleur partait. Même laisser Potter le voir nu, le tartiner tout entier d'une substance inconnue était futile tant que la douleur disparaissait.

Si James pouvait apaiser sa peine, il pouvait bien lui voler sa copine et son ami, en échange de la recette de son produit miracle … Voilà à quel point Remus souffrait le matin du lendemain de la pleine lune.

oOoOo

« Lily ? »

Peter resta devant la porte de la chambre de la rousse, ne voulant pas se retrouver dans une situation inconfortable. Il l'était déjà assez et c'est pour cela qu'il avait besoin de l'avis de son amie. Devait-il dire ou pas à Tania ce que Gisèle lui avait confié ? Après tout, Sirius était quand même son petit ami, non ? Elle avait le droit de savoir qu'il avait été fiancé – même forcé par sa mère – et surtout, qu'il n'avait pas hésité à coucher avec la fille que son frère aimait.

« Entre, Peter »

Incroyable. Elle était juste incroyable. Il devait être six heures du matin et elle était déjà habillée et coiffée, comme si elle l'attendait. C'était un truc bien à Lily, ça. Elle était toujours parfaite. Et peu importe que ses habits soient à la mode ou pas, que sa coiffure vienne d'Italie ou du sud de la France, elle était toujours magnifique. Lily Evans ne pouvait échapper à cette aura de magnificence qui la suivait partout, même si parfois, elle ne lui rendait pas service. Peter avait été fou amoureux d'elle à un moment, puis ça lui était passé. Il n'avait pas eu le choix. Le déclic s'était fait quand il s'était rendu compte que Rogue portait le même regard énamouré que lui sur la jeune fille et qu'il avait, douloureusement, pris conscience que Rogue avait plus de chance que lui de séduire Lily.

« Alors, comment ça s'est passé ? »

« Bien, la présence de James change pas mal de choses » Assura Peter en comprenant de quoi elle parlait. Remus. Le type qui avait eu la chance merveilleuse de la séduire et qui aujourd'hui vivait un enfer à cause de ça. Des fois, Peter se disait qu'il vivait mieux loin des histoires d'amour. « Sirius m'a dit de venir te chercher mais je dois te parler d'abord »

« Okay, vite alors » Lily lui fit signe de s'asseoir à côté d'elle. « Liasse-moi deviner, ça concerne Gisèle ? »

« En partie » Acquiesça Peter « Imagine que tu apprennes qu'un de tes amis est … Disons que tu apprennes que le petit ami de ta meilleure amie a fait un truc vraiment pas reluisant, tu lui dirais ? »

« Ca dépend. Qu'est-ce que Sirius a fait ? »

« On ne peut rien te cacher, pas vrai ? » Grommela Peter « Il est sorti avec la petite amie de Regulus et ils ont été fiancé »

Lily ne parut pas spécialement surprise mais un énorme bruit provint du lit et Tania apparut de sous les couvertures, les yeux brillant de colère. « Quoi ? »

« T'étais là ? » Paniqua Peter en la voyant. Il bafouilla et recula mais la jeune brune ne s'en soucia pas. « Tu sais, c'était rien. C'est Walburga la folle qui l'a forcé, il ne voulait pas ! Elle pensait que Gisèle était enceinte, il n'a pas eu le choix… »

« Tania, c'est vraiment rien de grave » Assura Lily « J'ai entendu Sirius en plaisanter et crois-moi, ça signifiait rien pour lui »

Le regard de la jeune fille quitta Peter pour Lily. La colère fit place à la fureur. « Tu savais ? Tu savais et tu ne m'as rien dit ? » Cria-t-elle « Je croyais que tu étais mon amie, Lily ! »

« Tania, ce n'est pas… »

« Non, je ne veux plus vous voir. Michel Fat m'attend, je dois rentrer »

« Mais Tania… »

« Allez vous faire voir ! » Cria la jeune fille, visiblement blessée, en dévalant les escaliers, ses vêtements sous le bras. « Et n'ose plus jamais te prétendre ma meilleure amie, Lily ! Tu n'es qu'une hypocrite de première ! »

Lily regarda Peter, tentant de lui faire comprendre qu'elle ne s'était pas aperçue de la gravité de ce qu'elle savait, qu'elle n'avait même pas songé à le dire à Tania. Pour elle, ça regardait Sirius et il était le seul à pouvoir la décision de lui dire. Et puis, ce n'était pas comme si le jeune homme avait demandé Gisèle en mariage, il n'avait pas eu le choix. Et bien sûr, il ne l'aurait certainement jamais épousé. Sirius avait toujours fait preuve de beaucoup de courage quand il s'agissait de s'opposer à sa famille …

« Allons-y » Soupira Peter après quelques minutes, « Remus nous attend. Tu règleras ça avec elle quand elle reviendra demain »

« Et toi ? » Demanda Lily en avançant vers la cabane sous l'eau. « Ca ne semble pas te choquer autant qu'elle que Sirius et Gisèle… »

Peter haussa les épaules. « Tania tient sans doute plus à Sirius que moi à Gisèle. Et puis, elle me l'a dit elle-même et ma meilleure amie ne m'a pas caché la vérité »

« Tu trouves aussi que j'aurais dû lui dire ? »

« Je ne sais pas ; j'étais venu pour avoir ton avis, pour savoir si je devais ou non le lui dire. J'ai ma réponse » clôtura Peter en laissant Lily passer dans le tunnel devant lui. Au bout de celui-ci, on percevait des cris.

Remus avait visiblement repris des forces plus rapidement que d'habitude et venait de découvrir qui était le cerf mystérieux. Peter pâlit.

« Dis Lily, qui va dire à Black la gaffe qu'on vient de faire ? »

OoOoO

« Et ton copain ? » Demanda Michel Fat en voyant Tania le faire entrer dans l'appartement où il n'y avait personne d'autre « Il n'est pas là ? »

« Peter avait un truc à faire ce matin » Répliqua la jeune fille d'un ton dur. « On peut s'y mettre ? Les examens sont dans un mois je te rappelle »

« Tu t'es déjà améliorée » Déclara Michel en regardant autour de lui comme pour analyser la configuration des lieux. Un sourire apparut sur ses lèvres, un de ses sourires faisant froid dans le dos et qui inquiéta Tania. « Alors, j'ai les questions d'examen, si tu veux réussir »

« Quoi ? »

« T'inquiète pas ma belle, tant que je ne dis pas au directeur que tu as piqué les sujets, il n'en saura rien »

Tania, dont l'esprit était toujours occupé par la "trahison" de Lily et l'omission de Sirius, sursauta et se tourna vers le jeune homme. Dans ses yeux, elle lut quelque chose qu'elle n'avait jamais vu depuis qu'elle le connaissait. De l'envie. Du désir. et, bien plus inquiétant, un brin de folie.

« Je n'ai rien volé » Se défendit-elle en le voyant avancer vers elle.

« Bien sûr mais qui croira-t-il ? Moi qui suis si doué ou toi qui te débats pitoyablement pour réussir ? »

« Qu'est-ce que tu fais ? » D'un geste sec, elle repoussa la main qui venait de se poser sur son épaule. Qu'est-ce qui lui prenait ? Il ne cessait de s'approcher d'elle, ses yeux ne se détachant pas de sa silhouette, la dévisageant comme s'il l'imaginait nue… Tania sentit une sueur froide couler dans son dos. Il était impossible que …

« Ne bouge pas, Tania. Je t'ai vu me regarder. Si on passait aux choses sérieuses ? »

« Non ! »

« N'aie pas l'air si dégoûtée. Tu ne voudrais pas que je dénonce ton vol au directeur ? Tu serais renvoyée … »

Tania se sentait engourdie, en état de choc. Elle ne rêvait pas, là ? Il lui faisait du chantage. Il voulait l'obliger à coucher avec lui pour ne pas être virée ? Ce type était malade. Et soudain, elle revit son regard satisfait quand elle lui avait dit qu'ils étaient seuls, comme s'il attendait ça depuis le début. Son souffle se fit plus court alors qu'elle commençait à avoir vraiment peur. Jusqu'où ce type était-il prêt à aller ?

« J'ai entendu parler de toi à l'école » Continua Michel en la dévorant du regard « Ta réputation n'est plus à faire, Smaltine. Un brune complètement blonde, personne ne veut passer à côté… »

Elle pinça les lèvres, se sentant insultée. Croyait-il qu'elle allait accepter, aussi simplement, ou bien contait-il réellement la forcer contre sa propre volonté ?

« Ne t'approche pas de moi »

« Tu crois que tu as le choix ? » Lui demanda-t-il d'une voix plus forte, autoritaire « Tu es tellement idiote que tu avais laissé ta baguette sur la table ! »

Tania atteint la porte d'entrée au moment où la main se posa sur son épaule. Il l'avait fermée, à l'aide d'un sort, et elle se sentit tirée en arrière violement.

« Non, lâche-moi ! T'es malade ! »

« La ferme. Tu es désarmée et je suis plus fort que toi. Tu crois réellement pouvoir t'en sortir ? »

oOoOo

« QUOI ? Je vais vous tuer ! »

Peter jeta un coup d'œil à Lily qui reculait face à la fureur de Sirius. « Il a plutôt bien réagi » Commenta-t-il alors que la rousse partait se cacher derrière Remus.

James regarda la scène, passablement amusé, et commenta : « C'est ce qu'on appelle une matinée chargée »