Navo et les garçons étaient installés dans une petite pièce ressemblant à un salon confortablement aménagé. Une fois que les trois jeunes femmes les eurent rejoints, ils commencèrent à expliquer la situation à Emiliana.
La jeune femme voulait tout savoir. Ce qu'étaient les cristaux Kyber et comment ils fonctionnaient et pourquoi l'Empire semblait s'intéresser à eux à ce point. Le mystère des Archives l'intriguait tout autant que les autres et elle était déterminée à les aider à les retrouver. Elle ne savait pas que Cassiopea avait été une Jedi autrefois et elle fut impressionnée de l'apprendre. Elle avait vu des Jedi sur Caamas pendant la Guerre des Clones, d'ailleurs Cassiopea y était également venue, et elle savait à quel point les chevaliers étaient puissants. Si ces guerriers d'exception utilisaient les cristaux pour leurs armes, il était évident que ces derniers devaient renfermer d'immenses pouvoirs et s'ils venaient à tomber entre les mains malveillantes de l'Empire les conséquences pourraient être désastreuses.
Ils étaient installés depuis un long moment et Sor était entrain de raconter les détails de leur exploration des souterrains de Coruscant à grand renfort de gesticulations et d'expressions ridicules quand ils furent interrompus par un léger toussotement. Sélène se tenait dans l'embrasure de la porte et elle semblait mal à l'aise.
« Désolée de vous interrompre mais, elle jeta un regard derrière elle. Je suis harcelée par un droïde et je n'arrive pas à m'en débarrasser. »
R7D8 était effectivement entrain de piailler à s'en arracher les circuits tout en tournant à une vitesse effrénée autour de Sélène. Cassiopea se leva et se dirigea exaspérée vers son droïde.
« R7, lui dit-elle d'un ton menaçant. Laisses Miss Vénusii-Arcadia tranquille, elle ne t'as rien demandé.
- BIIIIIP !
- Non, il n'y a aucun problème. Arrêtes de lui tourner autour et laisses-la se promener tranquillement dans le vaisseau.
- BAP BOUP, râla une dernière fois R7 avant de tourner sur lui même et de disparaître.
- Désolée, s'excusa Cassiopea. Il n'est pas très commode.
- Ce n'est rien. Je crois que je l'ai réveillé de sa sieste pendant que je cherchais la cuisine. Il n'a pas du apprécier.
- Il est grincheux au réveil. Vous vouliez manger quelque chose ?
- Oui mais ne vous dérangez pas, je vais trouver et… il y a une nouvelle venue ?
- Ah oui, Emiliana a décidé de passer quelques temps avec nous.
- Pardon mais, intervint justement Emiliana. Tu as dit Vénusii-Arcadia ? Comme le Général ?
- Euh certes, ajouta Sor. On ne lui a pas expliqué, j'étais à la partie dans les égouts mais j'allais y venir.
- Sor, le coupa Cassiopea. Effectivement c'est bien ce que j'ai dit et…
- Je suis sa fille acheva Sélène. Et je me suis retrouvée ici par, disons un concours de circonstances déplaisantes.
- On l'a prise en otage, expliqua Sor. Enfin, Cassiopea l'a prise en otage, nous on n'a rien fait.
- Merci beaucoup Sor'Leku. On était encerclé par des dizaines de troopers sur le parvis du Sénat à la sortie d'une session plénière et on risquait de se faire descendre, je n'ai pas eu le choix.
- Je vois, Emiliana regardait Sélène avec méfiance. J'espère qu'elle n'est pas comme son père parce que sinon vous êtes mal.
- Étant donné, lui répondit Sélène. Que je ne sais même pas qui est réellement mon père, je pense qu'il n'y a pas beaucoup de risques que je sois comme lui.
- Quoi, comment ça ?
- Sélène, si je peux vous appeler par votre prénom, s'interrompit Cassiopea.
- Oui, vous pouvez ça ne me dérange pas.
- D'accord. Sélène est Sénatrice et elle ne connait que la partie émergée de l'iceberg impérial si je peux dire. Elle ne savait pas pour Caamas, ni pour aucune autre planète d'ailleurs.
- Forcément, acquiesça Sor. Si on disait toute la vérité aux Sénateurs ils ne signeraient pas les trois quarts des actes qu'on leur présente. Désolé que vous ayez eu à voir ça d'ailleurs, c'était pas top comme révélation.
- Je pense que j'avais besoin d'une révélation.
- Je, Emiliana avait l'air un peu mal à l'aise. Si je connais votre père ce n'est pas parce que c'est lui qui nous a attaqué. Il est venu chez nous pendant la Guerre des Clones et je l'avais trouvé odieux. Mais ça ne veut pas dire qu'il est amateur de la destruction planétaire.
- Mon père est odieux. Enfin, disons que ce n'est pas la personne la plus aimable de la planète, et même si ce n'est pas lui qui a mené ces attaques, je suis sûre qu'il était au courant. Il a laissé faire, pour moi c'est exactement pareil.
- Vous n'avez pas changé de point de vue, constata Cassiopea.
- Je devrais ? Si je défends aussi ardemment l'Empire et que je critique la République c'est parce que j'ai toujours cru que nous étions plus justes. Que nous voulions unir la galaxie là où la République l'avait laissée se mettre à feu et à sang avec des guerres civiles qui n'en finissaient plus. Je croyais que l'Empire représentait l'équilibre et la stabilité alors que la République n'était que chaos. Apparement, j'avais tout faux et je ne sais rien de ce qu'il se passe vraiment. Et en plus, je suis la fille d'un monstre et je n'en savais rien. Je suis exactement comme lui.
- Ne dites pas ça, la coupa Navo. Votre père sait exactement ce qu'il se passe et il laisse faire. Vous, vous n'en aviez aucune idée. Je suis sûre que si vous aviez su, vous auriez essayé de faire quelque chose.
- Évidemment. Et je vais faire quelque chose. Je vais retourner au Sénat et je vais leur dire toute la vérité. Je vais leur dire que les ordres de mission qu'on signe en croyant qu'ils vont permettre l'unification de peuple marginaux à l'Empire sont en réalité des arrêts de mort. Et je leur dirais aussi que notre Empereur est en réalité une espèce de sorcier déformé qui…
- Attendez, dit Cassiopea. Vous savez pour lui ?
- Je sais qu'il était Sénateur puis Chancelier pendant la République. Je l'ai vu plusieurs fois quand il rendait visite à mon père sur Corulag. Et je sais qu'à partir du moment où il a proclamé l'Empire, il n'était plus le même. J'ai vu le visage qu'il cache sous sa capuche, je n'ai même pas reconnu le Chancelier Palpatine tellement il est déformé.
- Et pour le côté sorcier ? Qu'est-ce-que vous savez ?
- Je sais qu'il a des pratiques similaires à celles du Seigneur Vador. Je ne l'ai jamais vu manier de sabre laser mais pour le reste ça y ressemble beaucoup.
- Ils sont tous les deux des Seigneur Sith, expliqua Cassiopea. Les opposés des Jedi qui manient le côté obscur de la Force.
- Oui, c'est ce que j'ai déjà entendu dire. Mais on n'en parle pas beaucoup.
- Forcément, railla Sor. La boîte de conserve étriperait vivant ceux qui oseraient en parler.
- La boîte de… il parle de Vador ?
- Oui, soupira Cassiopea. Il parle de Vador.
- C'est un surnom intéressant.
- Surtout agaçant. Vous ne pouvez pas faire ça.
- Quoi donc ?
- Raconter ce que vous avez vu aux Sénateurs. L'Empereur le saura et que vous soyez la fille du Général Vénusii-Arcadia ne va pas vous aider. Ils ne veulent pas que ça se sache, ça serait une catastrophe. Si vous ébruiter les secrets les plus noirs de l'Empire vous serez sévèrement punie.
- Ils me feraient quoi ? Maintenant que j'ai vu de quoi ils sont capables je craint le pire.
- Vous restez la fille du Général, intervint Ivan. Alors je pense quand même que votre famille plaidera votre cause. Ce qui est sûr c'est que vous perdrez votre place au Sénat pour le reste il y a de fortes chances pour qu'ils vous forcent à l'exil éternel sous haute surveillance sur une planète isolée.
- Je suis d'accord, confirma Cassiopea. C'est probablement quelque chose dans ce style qui vous attend.
- Alors je fais quoi ? Je reprends ma vie et je fais comme si je n'avais rien vu ? Je ne pourrais même plus regarder mon père dans les yeux.
- Pour l'instant, dit calmement Cassiopea. Il faut rester calme et surtout éviter les décisions hâtives, elles sont généralement mauvaises. Vous allez venir avec nous à la base et on avisera tranquillement là bas. On doit de toute façon y faire une halte de quelques jours pour établir notre nouvelle destination.
- La décision vous revient, dit Sor. C'est à vous de choisir ce que vous voulez faire. Mais Cass a raison, il faut d'abord bien réfléchir à la situation.
- Oui sûrement, Sélène jeta un regard furtif à Cassiopea.
- Il y a quelque chose que vous voulez me dire ?, lui demanda cette dernière.
- Eh bien, j'ai entendu une partie de votre conversation et… il se pourrait que je soit au courant de quelque chose à ce sujet.
- Vraiment, Cassiopea glissa un regard complice à Matylda.
- Quoi ?, demanda Sélène qui remarqua le regard.
- En fait, Matylda pensait que vous auriez peut-être des informations intéressantes à nous fournir et elle ne s'est pas trompée.
- Oh, oui mais je ne sais pas ce que ça vaut. Après tout, je n'ai pas compris les trois quart de ce qu'ils ont dit mais vous ça vous parlera peut-être. Et si je peux aider à éviter un nouveau drame, je me dis que ça vaut la peine de vous en parler. Au moins je saurais de quoi il était question.
- Venez vous asseoir avec nous et racontez nous.
- Alors, vous avez parlé des Archives n'est-ce-pas ? Je ne sais pas ce que c'est mais j'ai entendu quelqu'un les mentionner dans une conversation il y a quelques jours. Et pas n'importe qui d'ailleurs.
- Qui donc ?
- L'Amiral Stanford. Il s'entretenait avec le Sénateur Fenlon. J'ai surpris la conversation par hasard mais ils essayaient clairement d'être discrets.
- Et ? Qu'est-ce-qu'ils ont dit ?
- Apparement, elles auraient été déplacées. C'est ça que vous cherchiez dans le Temple ?
- Oui, confirma Cassiopea. Et je me disais aussi qu'elles avaient été déplacées et je ne pense pas que l'Empire y soit pour quelque chose.
- Vous avez raison. Elles ont été déplacées avant, par les Jedi d'après ce que j'ai compris.
- J'en étais sûre. Ils ont voulu protéger notre savoir et ils les ont bougées avant l'avènement de l'Empire pour qu'elles ne tombent pas entre les mains de Palpatine.
- Mais comment Stanford savait ça ?, demanda Sor. Ça s'est passé durant la République et il n'était personne à l'époque.
- C'est vrai, mais il a parlé d'une preuve irréfutable. Une preuve que l'Empereur lui même aurait trouvée.
- Et qu'est-ce-que c'est ?
- Une video de surveillance je crois, un fichier Jedi en tout cas.
- Et cette video confirme que les Archives ont été déplacées ?
- Oui, j'ai même entendu le nom de celui qui s'en est chargé.
- C'est pas vrai, sérieusement ?, demanda Sor avec enthousiasme. Vous avez bien fait d'espionner.
- Qui était en charge de cette mission, il y a de fortes chance que je le connaisse si c'était un Jedi, ajouta Cassiopea.
- C'était un Jedi et, si je me souviens bien, c'était quelqu'un de plutôt important. J'avais déjà entendu son nom auparavant.
- Forcément, ce n'est pas une mission que l'on confie à n'importe qui. Alors, qui était-ce ?
- Mace Windu.
- C'est pas vrai.
- C'est qui lui ?
- Maître Windu ? C'était le Jedi le plus important de l'Ordre après Maître Yoda. Le deuxième homme du Conseil. Ça ne me surprend pas qu'on ait choisit de lui demander de s'en charger. C'était un homme sage, un peu coincé dans ses convictions et dans le Code, mais sage tout de même.
- Et ça va nous aider de savoir que c'était lui ?, demanda Matylda.
- Je le connaissais bien et je sais comment il avait l'habitude de procéder. Si on retrouve cette vidéo de surveillance, peut-être que j'y verrais quelque chose qui pourrait me donner une piste.
- Alors il faut vraiment qu'on rentre, ajouta Navo. J'ai besoin de tout mon matériel pour hacker ces fichiers et retrouver le bon.
- Et, Cassiopea s'adressa de nouveau à Sélène. L'Empire ne sait pas où il les a emmenées ?
- Non, ils n'en ont aucune idée. Mais je sais que Fenlon a dit que ce n'était pas les Archives le plus important mais plutôt un certain matériaux dont ils ont besoin pour faire fonctionner un quelconque réacteur.
- Les cristaux Kyber, conclut immédiatement Ivan.
- Forcément, approuva Cassiopea.
- Ils n'ont pas mentionné le nom mais si vous pensez que c'est ça alors vous avez sûrement raison.
- Et quel réacteur ? Ils l'ont dit ?
- Non, ils sont restés vagues et je n'en sais pas plus sur la question.
- Tu avais raison Cass, ils trafiquent quelque chose et si Sélène a entendu le mot réacteur ça ne peut rien présager de bon.
- On va creuser ça. Mais s'ils ne savent pas où elles sont on garde quand même notre longueur d'avance. On a le temps de faire nos petites recherches à la base avant de repartir.
- Euh…, tenta Sélène.
- Quoi ? Vous avez dit qu'ils ne savaient pas.
- Ils ne savent pas, mais ils cherchent, comme vous. Et ils avaient une piste.
- Quelle piste ? Ne me dites pas qu'ils ont de l'avance sur nous !, s'emporta Sor. Manquerait plus que ça.
- En avance je ne sais pas, mais j'ai entendu qu'ils exploraient un peu l'histoire des Jedi. Ils pensent que ce Mace Windu aurait peut-être caché les Archives dans un lieu lié à l'historique de l'Ordre.
- Par exemple, supposa Cassiopea. Quelque part où ils se seraient établis par le passé.
- C'est ça. Ou quelque part où les Archives se seraient déjà trouvées.
- C'est plutôt logique comme raisonnement, commenta Matylda.
- Logique peut-être, continua Sor sur sa lancée. Mais en avance sur nous aussi !
- Calmes-toi. L'histoire des Jedi n'est pas connue de tous. Rares sont ceux qui savent où l'Ordre a décidé de poser ses valises au cours des siècles.
- Mais toi tu sais, dit Ivan. Donc c'est nous qui sommes en avance.
- En tout cas, ajouta Navo. Ce n'est pas cet abruti de Stanford qui saura quoi que ce soit.
- Stanford se contentait de répéter ce qu'on lui a dit, expliqua Sélène. Ce n'est pas lui qui est en charge de l'opération. Il donnait juste les dernières nouvelles à Fenlon.
- Alors qui s'occupe de ça ?, s'inquiéta Matylda. Qui est-ce-qu'ils ont envoyé pour enquêter ?
- J'ai entendu un nom, répondit Sélène. Je ne pourrais pas vous dire de qui il s'agit puisque je ne l'avais jamais entendu auparavant mais peut-être que ça vous dira quelque chose.
- Ça ne nous dira rien, affirma Cassiopea.
- Comment ça ?, demanda Sor confus.
- Le nom ne nous dira rien mais tu sais quand même de qui il s'agit n'est-ce-pas ?, compris Ivan en regardant Cassiopea.
- Je suis presque sûre de savoir. Et j'ai besoin de connaître son nom ou du moins celui qu'il se donne au sein de l'Ordre.
- C'est pas vrai, pesta Sor. J'ai de nouveau peur de comprendre de qui vous parlez.
- Comment il s'appelle ?, demanda Cassiopea à Sélène en ignorant son ami.
- Stanford a parlé de lui en tant que Seigneur Hell. »
