Base : Harry Potter

Titre : L'amour d'un père

Genre : Romance, slash (relation homosexuelle)

Rating : T = pour les ados, peut légèrement aborder quelques thèmes "adultes" (13 ans et +)

Personnages : La famille Potter & la famille Malfoy principalement

Disclamer : Eh oui, tout appartient à la grande JK Rowling qui nous autorise à jouer avec son univers et ses personnages. Merci à elle. Par contre l'intrigue m'appartient, même si je ne toucherai pas d'argent dessus.

Résumé : Draco veut donner une bonne éducation à son fils Scorpius avant qu'il n'aille à Poudlard. Il se sent compétent pour lui enseigner la plupart des matières, mais songe à Potter et aux cours qu'il donnait en 5è année, pour la DCFM. Il va donc lui proposer de devenir professeur particulier au manoir Malfoy. Harry accepte à condition que son fils Albus puisse aussi assister à l'ensemble des cours.

Avertissement : Il sera question, dans cette fic, de romance entre deux hommes. Je ne sais pas encore s'il y aura du Lemon (dans quel cas, j'éditerai le Rating). En tout cas, homophobes, passez votre chemin !

Bêta-lectrice : Chapitre amélioré grâce aux bons conseils de Seyuki Arkane. Merci !


Note : Merci à toutes celles qui me lisent... Et j'en profite pour souhaiter une bonne fête à toutes les mamans ! :-)
Sinon... Oui, oui, je suis encore plus en retard que d'habitude ^^ Mais le chapitre arrive, ça y est ! Bonne lecture !


Chapitre 28

Dans son bureau, Ginny repensait à sa dispute du matin. Elle s'en voulait un peu de mettre Harry dans cet état. Après tout, elle comprenait pourquoi il avait autant de mal avec l'utilisation du sortilège d'oubliettes. C'était Ron qui lui avait expliqué pourquoi Harry avait réagi ainsi la première fois qu'elle avait fait mention de cette procédure dans son travail. Son mari et son frère avaient été traumatisés par Lockhart.

Elle soupira. Elle avait su mettre l'événement de côté jusqu'à présent, beaucoup plus préoccupée par la finalisation des derniers articles pour le journal, celui-ci devant partir pour l'impression le soir même afin d'être distribué le lendemain matin. Ce souvenir avait donc profité de son petit moment de répit pour remonter à la surface.
Harry s'était même excusé de s'être emporté, alors que c'était elle qui s'était mise à crier... Elle fit un mouvement de la main, comme pour chasser un insecte invisible. Elle n'arrivait pas à faire l'impasse sur sa dispute.

Elle souffla de soulagement lorsqu'elle vit Kate toquer à sa porte et lui fit signe d'entrer.

Découvrant très tôt son homosexualité, Katelyn Spelman avait toujours dû lutter pour affirmer sa différence. Elle avait voulu rejoindre l'équipe du Chicaneur afin de pouvoir faire valoir ses opinions. Malheureusement, elle avait très vite compris que le métier n'était pas tel qu'elle l'imaginait. Ginny lui avait alors proposé de s'occuper du courrier des lecteurs, poste qu'elle avait accepté avec reconnaissance.

— Je crois que c'est pour toi !

Elle indiqua sa main où reposait une petite chouette. Ginny sourit.

— En effet, confirma-t-elle. Viens, Grignote !

Elle ferma le poing et la petite chouette quitta son perchoir actuel pour rejoindre sa maîtresse.

— Allez, je te laisse. Je vais continuer mon courrier.

— D'accord. Merci, Kate.

— Y'a pas de quoi.

Après un clin d'œil envers sa patronne, elle se retourna puis sortit du bureau. La rédactrice en chef s'empressa de détacher le parchemin qui lui était adressé. Elle le déposa sur la table, puis mit la chevêchette sur son épaule avant de fouiller dans l'un de ses tiroirs. Grignote hulula de contentement quand sa maîtresse lui tendit sa récompense.

Enfin, Ginny décacheta son courrier. Elle parcourut les quelques lignes que son mari lui avait écrites et secoua la tête. C'était elle qui avait demandé à Harry d'inviter les Malfoy, mais elle n'imaginait pas que le repas se déroulerait le soir même. Bon, elle n'avait pas d'inquiétude à avoir : Harry restait à la maison aujourd'hui, donc elle se doutait bien qu'il s'occuperait de préparer le repas… Surtout qu'il savait que le jeudi soir, elle n'était pas toujours forcément à l'heure, devant boucler le nouveau numéro avant de quitter les lieux.

Elle replia le parchemin et se leva pour ouvrir sa fenêtre. Des sortilèges étaient disposés dessus pour éviter aux chouettes et hiboux d'entrer par ici. En effet, il y avait un bureau aménagé pour, ce qui permettait à Katelyn de faire le tri dans le courrier et de le redistribuer sans que les volatiles pénètrent plus en avant dans les locaux. Grignote était un cas à part, car connue et appréciée de tous. N'étant pas beaucoup plus grande que les courriers qu'elle transportait, Kate la rapportait généralement à sa maîtresse aussitôt qu'elle l'apercevait.

Ginny attrapa donc sa chouette dans sa main, lui fit un petit bisou sur la tête et quelques caresses, avant de la tendre à l'extérieur.

— Allez, va ! Tu peux même aller chasser avant de retourner à la maison, si tu veux.

La chevêchette tourna la tête vers sa maîtresse, hulula, puis s'envola. La sorcière la regarda s'éloigner avant de refermer la fenêtre de son bureau.

Se retournant, Ginny aperçut Daphné et Pansy en train de discuter à « la machine à café ». Elle se mordilla les lèvres puis se décida. Elle voulait en avoir le cœur net. Elle s'approcha donc des deux femmes qui prenaient leur pause.

Pansy l'aperçut rapidement.

— Un café ?

Ginny hésita, puis refusa.

— Non merci. En fait, je voudrais vous parler, à toutes les deux.

— Je pensais que nos articles étaient ok ? fit remarquer Daphné en fronçant les sourcils.

— Ils le sont. En fait, ce que je veux vous demander n'a rien à voir avec le journal. C'est même d'ordre personnel, je dirais…

— Bon, vas-y, accouche ! s'exclama Pansy qui en avait marre de la voir avancer avec des pincettes.

La femme rousse observa la brune quelques instants avant de se lancer.

— Ok. Que s'est-il passé entre Draco Malfoy et ta sœur ? demanda-t-elle en se tournant vers la troisième femme.

Hum. Peut-être n'aurait-elle pas dû être aussi directe, finalement, constata-t-elle en voyant comment les doigts des journalistes s'étaient crispés autour de leurs tasses. Enfin… La question était posée, désormais. Tandis que Daphné fixait sa tasse de café, Pansy la sonda du regard avant de l'interroger.

— Pourquoi t'intéresses-tu à eux, tout à coup ?

— Parce qu'Harry travaille au Manoir depuis lundi.

Les yeux bleus de Daphné se posèrent finalement sur elle.

— Il a pu voir ma sœur ?

— Oui. Vous préférez peut-être qu'on poursuivre cette discussion dans mon bureau ?

Les deux amies acquiescèrent, et toutes trois s'enfermèrent dans la pièce. Ginny s'installa dans son siège et Daphné et Pansy prirent place dans les fauteuils qui faisaient face au bureau de leur patronne. Celle-ci lança les sorts de confidentialité afin qu'elles ne soient pas interrompues, ni espionnées – ce qui l'aurait étonnée, mais n'était-on jamais trop prudent.

— Bon, de ce que m'ont rapporté Harry et Albus, As…

— Albus ? la coupa Daphné.

Ginny acquiesça.

— Oui. Que je vous explique la situation : la semaine dernière, Harry a reçu un courrier de Draco qui lui indiquait qu'il souhaitait donner des cours à son fils Scorpius pour le préparer avant Poudlard, et qu'il proposait le poste de prof de DCFM à Harry, car il lui semblait le plus qualifié pour enseigner cette matière. Quand Harry a reçu cette lettre, Albus était avec lui et lui a demandé de quoi il s'agissait. Évidemment, il lui a répondu, et notre fils lui a demandé s'il était possible qu'il suive les cours aussi. Harry a donc eu un rendez-vous avec Draco qui a donné son accord pour Albus, ce qui fait qu'Harry a accepté le poste. Et les cours ont donc commencé en début de semaine. Ok ?

Les deux femmes acquiescèrent.

— Je disais donc que d'après eux, Astoria est une femme froide qui fait peur à son fils. Mais du coup, je ne comprends pas… Pourquoi s'est-elle mariée avec Draco ? Pourquoi ont-ils eu un enfant ? Pourquoi reste-t-elle au Manoir alors que rien ne semble la retenir là-bas ? Donc voilà. Comme vous pouvez le voir, je me pose pas mal de questions à leur sujet, c'est pourquoi je n'ai pas résisté à venir vous en parler.

Daphné sembla soudain très abattue. Pansy lui attrapa la main en signe de soutien. La blonde lui fit un léger sourire de remerciement.

— Écoute, Ginny… Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Personne ne semble le savoir… souffla la blonde, à qui ça pesait apparemment d'en parler. Quoi que ce soit, ça s'est produit pendant son accouchement, j'en suis sûre !

Pansy quitta son fauteuil pour aller s'installer sur l'accoudoir du sien. Elle passa un bras dans le dos de son amie et reprit l'une de ses mains dans la sienne. Daphné tremblait, mais c'était à elle de raconter. Elle ne pouvait pas le faire à sa place.

Ginny observa la scène, silencieuse. Elle attendait, sans la presser, que la blonde continue. Celle-ci finit par prendre une profonde respiration avant de reprendre :

— Tu te poses des questions sur le couple… Et en les voyant aujourd'hui, j'avoue qu'elles sont justifiées. Néanmoins, quand ils se sont mis ensemble à l'époque, et quand ils se sont mariés, je peux t'assurer qu'ils étaient follement amoureux l'un de l'autre.

Daphné sourit, les images défilant dans sa mémoire.

— Ça se voyait dans leurs yeux, dans leurs gestes, dans leurs mots… Bref, ils s'étaient trouvés. Ma sœur était quelqu'un de très vivant. Et j'étais avec elle lorsque le guérisseur lui a confirmé qu'elle était enceinte, je l'avais accompagnée. Et crois-moi, elle était vraiment heureuse de cette nouvelle. Elle avait hâte de l'annoncer à son mari ! Elle désirait vraiment être maman !

Les mots de Daphné firent frissonner Ginny. Elle attendait la suite avec appréhension. Pansy caressa le dos de son amie et serra sa main davantage. Elle savait que le plus dur était à venir.

— Puis l'accouchement a eu lieu. Je sais que père était avec elle. Je ne sais pas bien ce qui s'est passé, il a toujours été très vague sur le sujet. Personne ne semble pouvoir en parler et il parait que Draco s'est évanoui pendant l'opération et que Narcissa s'en est occupé. Elle n'est donc pas restée dans la chambre d'Astoria. J'ai toujours trouvé cette histoire un peu bizarre. Aussi lâche qu'il puisse être, je vois mal Draco tourner de l'œil à un accouchement.

— Moi non plus, appuya Pansy.

— Toujours est-il que lorsqu'on a enfin pu aller voir l'heureuse maman et son bébé, nous avons rencontré quelqu'un qui n'était plus ma sœur. Elle avait le regard vide et sa voix était froide et tranchante. Et elle refusait de voir son enfant. À ne vraiment rien y comprendre…

Daphné secouait la tête négativement, pour accompagner ses propos.

— Mais pourquoi avoir arrêté de la voir ? questionna Ginny.

La femme aux yeux bleus se mordit la lèvre et regarda Pansy avant de répondre.

— Je… Déjà, la voir si froide envers tout le monde nous a un peu refroidis, tu comprends… On avait l'impression d'être de trop, de constamment la déranger, donc on a laissé la jeune maman tranquille. Puis j'ai appris que j'attendais un enfant, à mon tour. Et je n'ai pas bien compris ce qui s'est passé ce jour-là. Père et mère étaient là aussi. Je voulais annoncer la grande nouvelle à toute ma famille en même temps.

Elle fit un sourire amer.

— Sauf qu'Astoria a déliré à ce moment-là. Personne n'a compris ce qui s'est passé. Elle a sauté sur mon père et tenté de le tuer. Je ne l'avais jamais vu avec cet air-là. Déjà glaciale d'habitude, là, ses yeux semblaient vraiment vouloir tuer. Si on ne l'en avait pas empêchée, je pense bien que père ne serait plus parmi nous aujourd'hui. Après cela, j'ai préféré ne plus la rencontrer. J'avais peur qu'elle s'en prenne à nouveau à quelqu'un juste parce que j'attendais, moi aussi, un enfant.

— Je suis désolée, glissa Ginny.

Elle ne savait plus trop quoi penser de cette histoire. Cela n'avait pas de sens… Sauf s'il s'était vraiment passé quelque chose au moment de l'accouchement, et – Ginny déglutit – que Monsieur Greengrass en était responsable. Dans quel cas, Astoria ne s'en serait pas prise à lui juste par démence comme venait de l'expliquer Daphné, mais pour l'empêcher de faire du mal à sa sœur, comme il lui en avait fait à elle. Ça se tenait. Elle exposa son scénario aux deux femmes. Celles-ci ne semblèrent pas surprises.

— Bien sûr que nous y avons pensé, répliqua Pansy.

— Alors, pourquoi avoir laissé Astoria seule ?

— Je… Il est plus facile pour nous d'imaginer que cette version n'est pas vraie, tu comprends. Surtout qu'il ne m'est rien arrivé. Ni à moi ni à Kléo… se défendit Daphné.

Ginny secoua la tête négativement. Elle avait envie de pleurer pour cette pauvre Astoria. Elle avait envie de balancer une réplique cinglante à Daphné pour avoir été aussi lâche… Mais elle se retint. Après tout, ce n'était pas sa famille qui était concernée. Puis qu'attendre de plus d'anciens Serpentard ? À la place, elle serra les poings sous le bureau, mais elle ne put s'empêcher de faire quand même une remarque.

— Si ce n'est pour Astoria, tu aurais quand même pu penser à Scorpius. Il a grandi tout seul avec son père, sans image maternelle. Je suis sûre qu'il aurait aimé voir sa tante et ses cousins de temps en temps…

Daphné baissa les yeux, tandis que ceux de Pansy semblaient vouloir cramer Ginny sur place. La femme rousse soupira et se passa une main dans les cheveux.

— J'expose juste les faits, Daphné. Je ne te juge pas. Au contraire, je te remercie de bien avoir voulu me raconter tout ça... Serais-tu d'accord que j'entreprenne des recherches sur ce qui s'est réellement passé ce jour-là ? Après tout, il s'agit de ta famille.

La femme releva la tête vers elle et, après l'avoir sondée à nouveau, acquiesça.

— Je veux bien, à condition que tu m'informes de tes découvertes.

Ginny acquiesça à son tour.

— Ça marche.

Elle mit fin aux sortilèges de son bureau, rendant leur transparence aux murs, puis se leva. Pansy et Daphné l'imitèrent. Elles allaient passer la porte quand la blonde se retourna.

— Ginny ?

— Oui ?

— Tu penses qu'il est trop tard pour Scorpius ?

La rédactrice en chef sourit.

— Je ne pense pas. Il n'est jamais trop tard pour ce genre de chose. Par contre, je pense qu'il faudra que tu en parles à Draco auparavant. Lui aussi a des raisons de t'en vouloir, par rapport à son fils.

— Hum. D'accord. Merci.

Daphné lui fit un sourire et sortit enfin du bureau. Pansy lança un dernier regard à Ginny, avant d'acquiescer en lui souriant également, puis suivit son amie.

Laissée seule dans la pièce, la sorcière posa ses mains à plat sur le bureau et se concentra sur sa respiration. Cette entrevue avait été plus éprouvante qu'elle ne l'avait pensé. Elle se devait de se ressaisir. Elle saurait le fin mot de cette histoire. Elle était journaliste, après tout !

Peut-être même réussirait-elle à soutirer de nouvelles informations pendant le repas du soir, avec les Malfoy.

Pour l'heure, elle devait se rendre dans la salle des maquettes pour voir les finitions avec Luna, Joyce et Eva. Après tout, elle n'avait plus que ces quelques détails graphiques à régler avant de pouvoir valider ce nouveau numéro et enfin rentrer chez elle.


Et voilà. À bientôt pour la suite ! (Vous remarquerez que je ne mets pas de date, comme ça, je suis sûre de ne pas être en retard...) Bizz bizz !