-COMMENT AS-TU PU LAISSER FAIRE CA ?
Hermione était hors d'elle, littéralement hystérique. Ses yeux étaient noirs de rage et de fureur, ses cheveux plus ébouriffés que jamais.
-Mais, Hermione ! tenta l'objet de sa fureur qui la trouvait décidément très attirante dans cet état.
-N'ESSAIES PAS DE TE JUSTIFIER ! cria la Lionne déchaînée. IL EST MORT ! Tu comprends ? Mort !
Alors, elle s'effondra littéralement entre les bras de Drago, car c'était lui, le frappant de toutes ses forces. Il la laissa faire, sachant qu'il ne pouvait pas la calmer. De plus il n'en avait pas envie. Il se sentait tellement coupable. Bien sûr, il avait sauvé Lupin, mais il ne s'était pas douté une seconde qu'au même instant, Weasley se faisait tuer. Il avait beau ne pas l'aimer, il avait de la peine. Pas du fait qu'il soit mort, cela serait sûrement arrivé au combat, mais surtout de la manière dont il était mort. Sans gloire, comme un chien. Abattu par derrière sans aucune chance de se défendre ! Pansy, parce que c'était elle son assassin, s'était vantée de sa victoire lors de la dernière réunion. Voldemort l'avait félicité, la faisant glousser comme une gourgandine. Drago lui, avait reçu des Doloris pour son échec, mais ce n'était pas cher payé en pensant à la douleur de Mione à l'annonce de ce drame.
Et le voilà, devant elle, subissant en silence les coups sur sa poitrine. Mais il ne les sentait pas ! Non, ce n'était rien comparé à la douleur de son cœur face aux larmes de son ange. A bout de force, la Lionne se laissa tomber au sol, secouée de sanglots douloureux. Et lui, il restait là, debout, en silence, incapable de réagir.
Séverus se tenait en retrait, observant la sinistre scène qui se déroulait devant lui, compatissant. Ses enfants souffraient et il ne pouvait rien y faire.
L'atmosphère était pesante, un silence de plomb régnait dans le petit studio, dans lequel résonnaient les pleurs de la jeune femme.
-Pourquoi lui ? gémit-elle. Pourquoi Ron ?
Mais sa question resta sans réponse. Car si réponse il y avait, elle restait coincée dans les gorges serrées des deux hommes.
Cette nuit-là, personne ne trouva le sommeil. Drago resta étendu sur le lit, les yeux dans le vide, incapable de raisonner ou de bouger. Séverus avait élu domicile sur le canapé, ne voulant pas les laisser seuls et tendant l'oreille vers la salle de bain, d'où lui parvenaient les hoquets plaintifs de la Griffondor. Elle s'y était réfugiée, d'un pas traînant, telle un zombie.
°Combien de souffrance devront-ils encore endurer ? ° pensa Séverus. ° Combien de morts devront-ils encore pleurer avant que ne cesse cette maudite guerre ? °.
Cela n'aurait jamais dut arriver ! Aucun de ces enfants n'aurait du connaître ces sombres tourments. Quel avenir se profilait à l'horizon ? Que pouvaient-ils espérer de la vie, en sachant que tout pouvait leur être arraché du jour au lendemain ? A quoi bon ? Tout cela ne rimait à rien ! Par la faute d'un monstre, des familles entières pleuraient de rage et de désespoir, impuissantes face à l'adversité ! Le dégoût de lui-même submergea Rogue face à sa propre impuissance à protéger ceux qui lui étaient chers. Il maudit sa faiblesse ! Potter avait raison, il était lâche ! A cet instant, il se promit de tout faire pour que Drago n'endure pas les même tourments que lui et qu'Hermione sourit de nouveau. Oui, même si pour cela il devait tuer Voldemort de ses propres mains.
Durant trois jours, Hermione se renferma dans un profond mutisme, refusant de se nourrir. Drago ne voulait pas la laisser seule, mais il ne pouvait ignorer les appels du « Maître ». Séverus le rassura, lui disant qu'il veillerait sur elle. De plus il avait remarqué que le jeune homme n'osait pas la regarder, baissant les yeux, honteux. Il se dit que Drago ne serait pas vraiment utile dans cet état. Afin qu'elle se remette, Rogue se contenta de donner à Hermione une potion de sommeil sans rêve. Un peu de repos avant d'affronter sa douleur. Il savait que les jours suivants seraient difficiles, mais il veillerait à l'aider de son mieux.
Quelque chose s'était brisé, rendant la Lionne faible. Mais en son fort intérieur, il savait que la mort de Weasley n'était pas la seul cause de l'état actuel d'Hermione. Profitant de son sommeil, il avait sondé son esprit et avait vu l'infamie qu'elle avait subie.
Il la prit dans ses bras et lui chuchota tendrement :
-Je te jure qu'ils payeront, petit ange ! Je n'aurais de repos que quand j'entendrais à nouveau ton rire.
Et il l'embrassa sur le front, emplit d'un amour paternel et protecteur.
