Ahélya : Je sens que les amateurs de SayaxHagi vont être contents aujourd'hui. Presque tout un chapitre sur notre Reine et notre Chevalier, ils vont être ravis.
PvC : Personnellement, je pense qu'ils vont vouloir te bouyaver par review interposée.
A : Mon dieu mais quel langage ! Je suis choquée
PvC : Mais bien sûr... Ce qui est dans ce chapitre... ça par contre c'est choquant. Faut vraiment être une sacrée perverse pour écrire un truc comme ça.
A : Là c'est de publicité mensongère dont on va m'accuser dans les review. Mais si tu veux voir de vraies perverses, viens donc à mon interview de la Malfoy team. Les yaoïstes sont...
PvC : Je ne veux rien savoir ! Bonne lecture !
Partie IV : Combats
Chapitre 1 : Se détendre...
Omoro
Après-midi
Depuis qu'ils étaient rentrés à Omoro, Saya n'avait pas quitté Hagi. Le Chevalier était toujours évanoui et on l'avait installé dans la chambre de sa Reine. Nul ne savait combien de temps il allait rester dans cet état. Kaori avait donc décidé de changer de chambre pour le moment et elle était allée rejoindre celle de Min et Monique.
Saya, assise sur le lit aux côtés de son Chevalier, ne quittait pas Hagi du regard. Tant de choses se bousculaient à l'intérieur de sa tête. Elle était si inquiète pour lui. Son corps était couvert de bandages. Ses blessures ne s'étaient pas encore refermées et elles ne cessaient de suppurer. Selon Julia, c'était parce que son corps était en train de rejeter le poison.
Mais à côté de son inquiétude pour son Chevalier, Saya ne cessait de penser à ce qu'elle avait découvert dans l'esprit d'Hagi... Ses souvenirs qui ressemblaient tant à ses rêves.
On frappa à la porte. Julia entra une petite bassine remplie de bandage à la main.
« Aucun changement ? » demanda la scientifique.
Saya secoua négativement la tête. Julia s'approcha du lit et retira le drap qui couvrait Hagi. Elle commença à défaire ses bandages.
« Je vais t'aider. » intervint Saya.
La scientifique accepta l'aide de l'immortelle. Cette tâche terminée, elle reprit la bassine puis se dirigea vers la porte pour sortir tandis que Saya reprenait sa place sur le lit. Julia se ravisa tout d'un coup et revint vers l'immortelle. Elle posa la bassine sur la table de nuit puis elle tendit la main vers la jeune fille.
« Qu'est-ce que c'est ? Demanda Saya en voyant le petit sac en tissu de couleurs vives que la scientifique avait au creux de la main.
-On l'a trouvé sur toi ce matin. » répondit Julia en lui mettant le sachet dans la main.
Saya examina attentivement l'objet puis l'ouvrit. A l'intérieur, elle trouva 2 bijoux : l'un en argent et l'autre en or.
Julia sourit.
« Comme nous le pensions. C'est lui qui te les a confié. »
Saya regarda son Chevalier.
« C'est à Hagi ? »
Julia acquiesça puis pris la chaîne en argent qui se trouvait dans la paume de Saya. Elle contempla le bijou pendant quelques minutes puis regarda l'immortelle.
« Il porte parfois celui-là. Quand les jumelles lui ont demandé ce que c'était, il a dit qu'il s'agissait de sa malédiction. »
Saya regarda Julia sans comprendre. La scientifique lui montra alors le pendentif du bijou. C'était une sorte de croix.
« C'est un symbole égyptien, lui expliqua-t-elle. Il veut dire ''vie'' mais on l'associe surtout à l'immortalité, l'éternité. »
Saya tourna la tête vers son Chevalier. Sa malédiction... Pense-t-il vraiment ce qu'il leur a dit ? Voit-il vraiment l'immortalité que je lui ai donné comme une malédiction ?
« Et celui-là ? » Demanda l'immortelle en montrant à Julia le pendentif en or.
Il ressemblait à un œil.
« C'est aussi un signe égyptien. On appelle ça un œil oudjat.
-Qu'est-ce qu'il signifie ?
-C'est un porte bonheur... Un symbole de protection. »
Julia sourit.
« Ce n'est pas un hasard s'il te les a confié... Surtout celui-là. »
Saya regarda la scientifique avec un air intrigué.
« Tu penses vraiment qu'Hagi croit à ce genre de chose ?
-Qui sait ? Répondit Julia en souriant.
-A table ! » entendirent soudain les deux femmes.
Elles s'entreregardèrent.
« Tu viens manger Saya ? » Questionna Julia en lui redonnant le bijou en argent.
Saya agita lentement la tête de droite à gauche puis regarda son Chevalier.
« Plus tard peut-être. » répondit-elle.
Julia inclina doucement la tête en souriant.
Saya ne remarqua pas son départ. Elle observa son Chevalier pendant un long moment puis son regard se posa pendant un instant sur les bijoux d'or et d'argent.
Un symbole d'immortalité... Un symbole de protection, avait dit Julia. Saya s'allongea à côté de son Chevalier. Elle ferma les yeux.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Saya se trouvait dans un endroit inconnu. Elle était dans une forêt. Il y avait deux enfants dans l'un des arbres qui se trouvaient devant elle... Un garçon et une fille... Un frère et une sœur au vue de leur ressemblance.
Saya sourit tout en s'excusant mentalement auprès d'Hagi. Elle n'avait pas eu l'intention de s'immiscer à l'intérieur de ses souvenirs.
Le sourire de l'immortelle s'élargit en voyant le jeune garçon basculer afin de rester suspendue par les jambes à l'une des branches de l'arbre tandis que sa sœur éclatait de rire. Mais le cœur de Saya se serra en voyant les bleus sur la peau des deux enfants... Des bleus dont elle connaissait la provenance... Puis elle prit peur lorsqu'elle vit son Chevalier encore enfant perdre sa prise. Elle poussa enfin un soupir de soulagement en voyant le jeune garçon atterrir sur ses pieds comme un jeune chat.
Saya reporta son attention sur la fillette. Elle aussi, elle avait eu peur.
« Ne recommence plus jamais ça Hagi ! » s'écria la petite fille brune aux yeux d'acier.
Saya se figea. Cette voix... Une question prononcée par une voix similaire des dizaines d'années plus tôt...
« Tu la garderas n'est-ce pas... La rose ? Tu la garderas ? » (1)
Comme pour répondre à ses interrogations muettes, une voix s'éleva.
« Misha avait le Don. » (2)
Saya se retourna. Son Chevalier se tenait derrière elle. Il regardait les deux enfants.
« Le Don ? » répéta Saya en tournant la tête pour faire comme Hagi.
Son Chevalier s'approcha d'elle.
« Connaître le passé, le présent et l'avenir, précisa-t-il. C'est elle qui t'a dit de garder la rose n'est-ce pas ? »
Saya ne répondit pas.
Une femme d'un âge avancé arriva près des deux enfants. Ses cheveux étaient totalement blancs. Ses yeux étaient de la couleur de l'acier comme ceux des deux enfants.
« Hagi ! Misha ! » appela-t-elle.
Saya observa attentivement la vieille femme. Hagi devança la question qu'elle était en train de se poser.
« Ma grand-mère, Sarah. Elle aussi avait le don. »
Saya observa attentivement la vieille femme qui s'avançait vers eux en compagnie des deux enfants. La grand-mère d'Hagi... En effet, la ressemblance entre les trois êtres qui se tenaient devant elle était frappante. Mêmes cheveux noirs... Même silhouette fine... Mêmes yeux d'acier...
« Comment pourrait-on connaître l'avenir, dit soudain Saya tandis que les trois acteurs de ce souvenir les traversaient comme si elle et Hagi n'étaient que des fantômes.
-Lorsque nous nous sommes retrouvés... Dans le rêve... Il y a un souvenir que j'aurais voulu te montrer mais je n'ai jamais osé le faire. »
Saya garda le silence.
« Ma grand-mère, et Misha également, n'étaient pas très appréciée dans notre groupe. Elles savaient des choses que personne ne savait. Elles entraient parfois en transe et... C'est à cause de l'une des transes de ma grand-mère que j'ai été exclu également. »
Le Chevalier se tourna vers sa Reine.
« Le jour de ma naissance, la première fois où elle m'a tenu dans ses bras, elle a dit ''cet enfant n'est pas de notre Clan''. »
Hagi regarda les personnages de son souvenir.
« Juste avant de mourir, elle s'est excusée puis elle m'a passé l'un de ces bijoux autour du cou en me disant que ce serait le signe de ma malédiction. »
Ainsi les chaînes d'argent et d'or que Julia lui avait remis appartenait bien à Hagi. Ce sont des souvenirs de sa famille... Les seuls souvenirs tangibles qui lui restent...
Omoro
Deux semaines plus tard
« C'est toi le chat !!! »
Le cri sortit Saya de sa rêverie mais elle garda tout de même les yeux fermés et tenta de revenir à ce à quoi elle était en train de penser.
Le souvenir d'Hagi... Le rêve qu'ils avaient partagé des années plus tôt... Les bijoux... Elle les lui avait remis à son réveil. Le Chevalier l'avait remercié et ne lui en avait pas dit plus. Sans doute parce qu'il lui avait déjà tout dit pendant qu'ils étaient endormis.
Saya état heureuse d'avoir pu partager avec lui des souvenirs de la vie qu'il avait eu avant elle et le Zoo. Ils avaient suivi le Hagi enfant, sa sœur et sa grand-mère jusqu'au campement de leur groupe. Elle avait vu le père de son Chevalier. Il était loin de l'image qu'elle s'en était faîte... Loin de la brute qu'elle avait imaginé. Il était grand et fort c'est vrai mais il semblait toujours souriant mais le sourire aimable qu'il avait adressé à la vieille femme venue lui ramener ses enfants avait été accueilli par un regard glacial. Ainsi, elle savait.
Une porte claqua tirant une nouvelle fois Saya de sa rêverie. L'immortelle ouvrit les yeux et se redressa, prête à disputer ses nièces qu'elle entendait encore courir dans le couloir mais elle n'était plus seule dans la pièce.
Saya rougit et se renfonça dans l'eau et la mousse de son bain tout en croisant les mains sur sa poitrine. Elle releva ensuite légèrement les yeux et vit qu'Hagi avait détourné le regard. Elle poussa un discret soupir de soulagement.
De toute façon, il a vu pire... Ou mieux... Tout dépend de quel point de vue on se place... (3)
Elle maudit aussitôt cette petite voix qui venait de surgir à l'intérieur de son esprit puisqu'elle l'obligeait à se rappeler les souvenirs découverts dans l'esprit de son Chevalier et les rêves qu'elle avait fait. Ses joues devinrent cramoisies.
«Un problème ? » demanda-t-elle.
Tout ce qu'elle espérait... Que le ton de sa voix paraisse normal à son Chevalier. Elle n'était pas certaine d'avoir réussi.
« Aucun, répondit Hagi. C'est juste que... »
Son Chevalier baissa la tête. Il semblait gêné. Saya entendit alors la voix de ses deux nièces et celle de Christopher.
« On va t'attraper !!!! »
L'immortelle regarda son Chevalier et éclata de rire. Son Chevalier était en train de jouer au loup avec les enfants...
« Tu devrais rester ici un petit moment. » dit-elle.
Le Chevalier ne répondit pas mais s'assit sur le sol, le dos contre le mur.
Un profond silence s'installa. Saya essaya d'ignorer la présence de son Chevalier, chose d'autant plus facile qu'il ne faisait pas le moindre bruit mais... En fait, c'était impossible. Ses rêves et ce qu'elle avait vu dans les souvenirs d'Hagi étaient en train de la poursuivre.
« Hagi. » s'entendit-elle tout d'un coup appeler.
Qu'est-ce qui me prend ?
Lorsqu'elle tourna la tête sur le côté, son regard croisa celui de son Chevalier. Elle déglutit.
« Pourrais-tu me raconter ce qui s'est passé dans le tombeau... Tout ce qui s'est passé. »
Une lueur effrayée s'installa pendant quelques secondes dans les prunelles bleu acier.
Elle sait... Elle se souvient...
Nathan le lui avait dit et répété. Un jour ou l'autre, Saya et lui allaient avoir cette conversation. Mais...
Mais pas ici... Pas alors qu'elle...
Hagi se leva et se dirigea vers la porte en disant.
« Ça paraît plus calme maintenant. »
Il ne veut pas répondre. Pourquoi ?
« Hagi... » commença à dire Saya.
Elle s'interrompit en voyant son Chevalier essayait vainement d'ouvrir la porte.
Je l'ai fermé tout à l'heure, réalisa le Chevalier après deux ou trois tentatives. Kaï n'avait toujours pas fait réparer la porte. Il était bloqué ici... Avec elle... Avec les questions qu'elle se posait... Questions auxquelles il avait peur de répondre.
« Il va falloir attendre que quelqu'un vienne nous ouvrir. » dit Saya.
Hagi se tourna vers elle. Sa Reine changea de position dans la baignoire. Il détourna les yeux mais son regard se porta à nouveau dans sa direction lorsqu'il entendit le bruit d'un objet tombant sur le sol.
Saya s'était agenouillée dans la baignoire et s'était penchée par dessus afin de récupérer le savon et le porte-savon qu'elle venait de faire tomber par terre. L'immortelle releva les yeux en voyant une main qui n'était pas la sienne saisir les deux objets. Son regard croisa celui de son Chevalier.
Hagi lui tendit le savon et son portoir sans dire dire un mot. Saya les prit. Leurs regards restèrent rivés l'un à l'autre pendant un long moment.
« Hagi... »
Elle devait lui poser la question une nouvelle fois. Elle devait savoir ce qui s'était passé entre eux dans le tombeau.
Son Chevalier détourna les yeux, rompant ainsi le contact qui s'était établi entre eux.
« Je vais appeler quelqu'un pour qu'il vienne m'ouvrir. » dit-il.
Il ne devait pas rester ici... Ils ne pouvaient pas avoir cette conversation ici...
« Attend ! »
En voyant Hagi commencer à s'éloigner, Saya saisit un pan de sa chemise et tira...
Quelques secondes plus tard, elle se demandait qui elle allait devoir mettre en cause pour tout ça.
Elle ? Pour avoir tiré trop fort ?
La chemise ? Pourquoi ne s'était-elle pas déchirée ?
Le sol ? Trop glissant ?
Mais peu importe le coupable, le résultat était le même. Hagi se trouvait maintenant avec elle dans la baignoire.
« Ça va ? » demanda Saya d'un ton inquiet.
Son Chevalier jeta un léger coup d'œil en arrière.
« Ça va. » répondit-il.
Il voulut sortir mais assura mal sa prise sur le rebord de la baignoire. Nouvelles éclaboussures...
« Tu devrais peut-être essayer de te retourner. » suggéra Saya.
Suggestion qu'elle regretta quelques instants plus tard lorsqu'elle eut le regard d'acier de son Chevalier en face d'elle. Saya rougit, trop consciente des mains d'Hagi toute proche de son corps, de ses lèvres à quelques centimètres des siennes.
Leurs bouches se frôlèrent.
Un bruit troubla la magie de ce moment... Leur moment.
Saya cligna plusieurs fois des yeux. Hagi se releva et s'éloigna de la baignoire. Ils gardaient tous les deux la tête tournée sur le côté. Aucun d'eux ne voulait que leurs regards ne se croisent de nouveau.
« Tu devrais enlever ces vêtements mouillés, finit par dire Saya après que son cœur ait fini par retrouver un rythme normal et que ses joues eurent repris une couleur moins cramoisie.
-Je ne peux pas attraper froid, répliqua Hagi.
-Je sais mais... »
Saya n'osa pas poursuivre sa phrase. Après ce qu'il venait de se passer, mieux valait que... L'immortelle jeta un rapide coup d'œil à son chevalier. Son cœur manqua un battement. La chemise blanche, trempée, d'Hagi était devenue presque totalement transparente et collait à son torse, dessinant les muscles fins de son Chevalier. Saya rougit de nouveau. Avec ou sans chemise, ce serait à n'en pas douter la même torture.
« Tu ferais mieux d'enlever ta chemise... ça serait plus agréable. »
Elle se jeta une gifle mentalement pour avoir dit quelque chose d'aussi ambigu.
Saya jeta un nouveau coup d'œil à son Chevalier. Il lui avait obéi et était en train d'enlever sa chemise. Elle voulut détourner les yeux une nouvelle dois mais elle n'en fit rien. Elle crut se rappeler quelque chose pendant un instant. Elle ferma les yeux pour saisir le souvenir.
Ses mains parcourant la peau qui venait de s'offrir à sa vue...
Ses doigts traçant des arabesques... Suivant les traces imaginaires des multiples cicatrices qui auraient dû se trouver là...
Saya rouvrit les yeux. Il ne fallait pas qu'elle repense à ses rêves... Pas maintenant alors qu'il...
Son regard tomba sur le dos et le torse de son Chevalier. Pour une fois, la peau de marbre n'était pas exempte de cicatrices. Son Chevalier gardait encore quelques traces du combat qu'il avait mené contre le prototype de Collins.
La culpabilité l'assaillit. Saya ferma les yeux. Les blessures finiraient par disparaître. C'était ce qu'avait dit Julia. Mais la culpabilité qui la tenaillait ne disparaîtrait pas aussi facilement.
C'est avec douleur que Saya se souvint des jours précédents. La première nuit qu'il avait passé après son combat avec le prototype avait été paisible. Son état s'était dégradé le lendemain. Il avait eu une poussée de fièvre et avait commencé à délirer, d'abord en français puis en romani. Elle avait parfois réussi à l'apaiser en s'introduisant dans son esprit mais ce qu'elle avait pu y découvrir dans ces moments-là n'avait fait que renforcer le sentiment de culpabilité qu'elle éprouvait.
Hagi était troublé. Ce qui venait de se passer avec Saya avait fait ressurgir le peu de souvenir qu'il avait de ce qui s'était passé au tombeau. D'autres les avaient rejoint en même temps. Des sensations dont il n'aurait jamais voulu perdre le souvenir. Le bonheur de pouvoir poser ses mains sur sa peau nue comme il le voulait... Le désir qu'il avait lu dans ses yeux rouges... La sensation de leurs corps nus pressés l'un contre l'autre... Rien n'était comparable à cette première fois et à chaque fois qu'il sentait la peau de sa Reine contre la sienne, il regrettait de ne pas se souvenir de tout ce qui s'était passé ce jour-là... Comme en cet instant.
Le Chevalier retint son souffle. Pendant un moment, il avait cru s'être replongé dans les souvenirs du tombeau. Il n'avait pas totalement raison. C'était bien réel. Le corps nu de Saya était bien pressé contre le sien. Il sentait sa poitrine contre son dos.
« Je suis désolée. » venait de murmurer Saya d'un ton triste.
Il était incapable de répondre. Dans son dos, il sentit la respiration de sa Reine s'accélérer légèrement puis il sentit son cœur se mettre à battre un peu plus vite.
Que lui avait-il donc pris ? Pourquoi était-elle sortie de la baignoire et s'était-elle pressée contre lui de cette manière sans même prendre la peine de draper la moindre serviette de bain autour d'elle ?
Saya n'avait pas réfléchi. La culpabilité l'étouffait tellement. Tout ce qu'elle avait voulu faire c'était s'excuser pour lui avoir infligé tant de souffrance et maintenant... Maintenant son souffle et les battements de son cœur commençaient à s'affoler. Ce n'était pas la première fois que leurs peaux nues se trouvaient pressées l'une contre l'autre bien sûr mais là... Là quelque chose était différent. Elle se souvenait. Les rêves et les souvenirs qu'elle avait surpris dans l'esprit d'Hagi s'étaient imposés à elle pour la conduire vers les propres souvenirs qu'elle gardait de cet instant.
Le plaisir... Elle s'en souvenait maintenant... Tant de chose qu'elle voulait ressentir de nouveau.
Retourne-toi... Embrasse-moi... Comme à ce moment-là... Aide-moi à retrouver tout ce que j'ai ressenti à ce moment-là...
Le désires-tu vraiment ?
La voix de son Chevalier résonnant dans son esprit la surprit pendant un instant. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle s'était approchée de la flamme de leur lien pour lui transmettre ses pensées.
Hagi s'était retourné comme elle l'avait ordonné. Il posa la main sur sa joue et pencha la tête vers elle comme s'il allait l'embrasser mais il s'immobilisa, sa bouche à quelques centimètres de la sienne, et plongea son regard dans le sien. Il attendait une réponse à sa question. Juste un mot... Un signe... Afin d'être fixé sur ce que sa Reine désirait vraiment.
D'autres souvenirs surgirent dans l'esprit de Saya... Désir... Plaisir... Mais souffrance également... Douleur... Les griffures... Les morsures... Le sang... Elle crut même se rappeler avoir senti sa peau se craqueler, se déchirer... Une douleur sourde au milieu de son dos comme si... Comme si quelque chose en sortait.
Elle cligna plusieurs fois des yeux. Pourquoi tout était-il aussi flou ? Elle chercha une réponse dans le regard de son Chevalier.
Elle se souvenait de ses yeux... Si bleus... Si brillants dans l'ombre du tombeau. Mais elle eut soudain l'impression de voir des plaies s'ouvrir sur son visage mais elles ne saignaient pas. C'était comme si la peau d'Hagi était en train de se déchirer. Mais cela ne lui avait pas fait peur. De cela aussi elle se souvenait. Même lorsque...
Le souvenir lui échappa. Il n'y avait plus que le visage d'Hagi en face d'elle mais son Chevalier semblait pensif. Saya se hissa sur la pointe des pieds pour abolir la distance qui se trouvait entre leurs lèvres.
Saya ne s'en était pas rendue compte mais tous les souvenirs qu'elle venait de retrouver s'étaient déversés dans l'esprit de son Chevalier, libérant d'autres souvenirs auxquels il n'avait pas encore eu accès. Dedans, il y avait une douleur qu'il connaissait bien... Celle de la sortie de ses ailes mais... Mais les ailes qu'il venait d'apercevoir dans l'un de ces flashs n'étaient pas les siennes.
La bouche de Saya se posant sur la sienne le coupa de ses étranges souvenirs. Il n'y avait plus que cela qui comptait. Leurs lèvres collées l'une contre l'autre... Leurs langues s'entremêlant... leurs mains sur le corps de l'autre. Ils étaient seuls au monde... Comme à cet instant-là... Comme dans le tombeau.
Omoro
Salle du restaurant
« Tu crois vraiment que c'est raisonnable de rouvrir le restaurant ? demanda Kaï à David tandis qu'ils rentraient à Omoro après une courte visite à l'hôtel qu'occupait Joël.
-Nous avons eu confirmation ce matin. Ils ont quitté la villa.
-Vous savez où ils vont ?
-Plusieurs agents sont à leur poursuite. Nous aurons sans doute des nouvelles dans quelques jours. » répondit l'ancien militaire.
Ils étaient arrivés devant le restaurant. Kaï descendit de voiture. David redémarra pour aller garer le véhicule un peu plus loin. Le fils de Georges Miyagusuku rentra à l'intérieur d'Omoro. Tout était silencieux. Il avisa une note sur le coin du bar.
Je suis partie avec Kaori, Min, Monique et Lewis emmener les enfants au parc. Lulu est allée au cinéma. Mao et Akihiro sont allés voir l'obstétricien que que je leur ai conseillé. Je ne sais pas où est Nathan, ni Hagi. Nous serons de retour vers cinq- six heure.
Julia.
Une note supplémentaire se trouvait en dessous mais elle n'était pas de la main de la scientifique.
Saya prend un bain. Laisse-la se détendre.
Mao.
Comme si j'allais la déranger lorsqu'elle se trouve dans la salle de bain, pensa Kaï après la lecture de cette note.
Le jeune homme était en train de se demander où pouvait bien se trouver Hagi lorsque David entra dans le restaurant. L'ancien militaire lança un regard inquiet et interrogateur à Kaï. Le silence n'était pas un bon présage pour le moment à Omoro. Il fut rassuré après avoir lu la note que lui tendit le frère de Saya.
Les deux hommes s'attablèrent ensuite à l'une des tables de la salle du restaurant après que Kaï soit allé leur préparer du café. Ils reprirent rapidement leur conversation là où ils l'avaient laissé.
« Que ferons-nous lorsque le Bouclier Rouge saura où ils se trouvent ? » demanda Kaï.
David ne répondit pas tout de suite.
« Nous constituerons un groupe qui ira s'occuper d'eux... Et non, aucun de nous n'en fera partie.
-A t'entendre, on dirait que tout est fini.
-Non, tout n'est pas fini. C'est juste que tout ceci n'est plus de notre ressort maintenant. C'est le Bouclier Rouge qui va s'en occuper. »
Kaï ne semblait pas d'accord avec ce que venait de dire David.
« Kaï, dit l'ancien militaire, j'ai un fils et une femme, une famille. Toi aussi. Tu dois donc...
-Ma famille est toujours en danger et je ne confierais pas sa protection à des personnes dont je ne sais rien. C'est ma famille. C'est à moi de veiller à ce qu'il ne leur arrive rien. Je dois les protéger.
-Le problème grand frère, c'est que tu n'es qu'un humain. Tu n'as pas le pouvoir de les protéger. »
Le Chevalier de Miru venait de surgir d'on ne savait où pour s'asseoir à côté de l'humain.
« Je sais, répondit Kaï en serrant les poings. On dirait que ça vous fait plaisir de me le rappeler à la moindre occasion. »
Nathan eut un sourire paresseux.
« Je ne fais que dire la vérité. La protection n'est pas une chose que tu es en mesure de leur offrir. »
Kaï en était conscient. Nathan ne s'en rendait-il donc pas compte ? La seule chose qu'il pouvait offrir à Saya, Aoko et Keiko, c'était une vie normale mais il savait déjà que cette vie allait les faire souffrir. Elles étaient loin d'être normale mais après tout, se disait Kaï, toute vie comporte son lot de souffrance... Et si je ne peux pas les protéger, je peux au moins les aider.
Kaï vit soudain Nathan fermer les yeux. Le Chevalier de Miru avait l'air de focaliser son attention sur une chose qu'il semblait le seul à pouvoir entendre. Un fin sourire était en train de se dessiner sur ses lèvres.
« Un chiroptère ? » s'inquiéta Kaï.
Nathan rouvrit brusquement les yeux.
« Non aucun. Je me laissai juste bercer par la musique. »
Le Chevalier blond ferma de nouveau les yeux.
« Il n'y a rien de plus beau que deux instruments qui s'accordent à la perfection. » murmura-t-il ensuite.
Kaï allait l'interroger sur ce qu'il venait de dire mais la porte du restaurant claqua soudain avec fracas pour laisser entrer une scientifique qui ne semblait pas le moins du monde de bonne humeur. Kaï et David s'entreregardèrent puis fixèrent Julia. Une procession d'enfants couverts de boue, d'herbe et de terre suivait la femme de l'ancien militaire.
« Que s'est-il passé ? » s'écria Kaï en se levant précipitamment pour accourir auprès de ses deux nièces.
Les deux petites filles étaient couvertes de bleus et griffures. Elles sont encore parties en exploration on ne sait où, se dit leur oncle.
Julia adressa alors un regard noir à Aoko et Keiko. Les fillettes baissèrent la tête, honteuses.
« Elles se sont battues, leur apprit Julia.
-Battues ? » répéta Kaï abasourdi.
Le jeune homme jeta un léger coup d'œil au fils de la scientifique. Pourquoi était-il dans un état presque similaire ?
« Il a tenté de les séparer. » le renseigna Julia.
Kaï posa un genou à terre afin d'être à la hauteur de ses nièces.
« Pourquoi vous êtes-vous battues ? » demanda-t-il.
Aoko et Keiko ne levèrent pas la tête.
« Pourquoi ? » répéta leur oncle encore plus doucement.
Pas de réponse. La voix de Julia s'éleva.
« A cause de Chris... Elles se sont battues pour savoir laquelle d'entre elles allait pouvoir en faire son Chevalier plus tard. »
Kaï ne s'attendait pas du tout à ça. Dans le silence qui suivit la réponse de Julia, Chris éclata en sanglot, en ne cessant pas de répéter qu'il ne voulait pas devenir comme Hagi et Nathan.
Le frère de Saya ne savait pas quoi faire. Que pouvait-il dire à Aoko et Keiko ? Une voix domina alors les sanglots du fils de Julia et David, une voix dure, implacable, chargée de reproche.
« Croyez-vous vraiment, qu'à votre âge, vous pouvez choisir un Chevalier et vous battre pour lui ? »
Le Chevalier de Miru s'était levé à son tour. Il s'approcha des jumelles. Contrairement à Kaï, il ne se mit pas à leur hauteur mais les domina de toute sa taille.
« Savez-vous quelle était la punition de votre grand-mère lorsqu'elle se conduisait mal ? On lui interdisait tout contact avec moi. Cela s'est souvent produit durant son enfance et cela a continué plus tard, lorsqu'elle était Reine et moi, Chevalier. Je devrais dire à votre tante de faire de même aujourd'hui. »
Aoko et Keiko relevèrent la tête et soutinrent le regard de Nathan. Elles avaient décelé la faille dans le discours du Chevalier de leur grand-mère.
« Tante Saya ne voudra pas.
-Sans doute. » répondit Nathan.
Kaï vit distinctement une lueur de triomphe éclairer les yeux de ses deux nièces. Nathan avait perdu.
« Mais elle est occupée pour le moment et comme la sanction doit être immédiate... »
Les petites filles baissèrent de nouveau la tête. Le Chevalier avait repris le contrôle de la situation.
« Vous serez consignée jusqu'à nouvel ordre. Vous ne pouvez pas voir Chris, sauf pendant le repas mais vous aurez interdiction de lui parler. De plus... »
Nathan marqua une légère pause.
« Pendant la journée, Aoko restera dans la chambre de Kaï et Keiko ira dans la chambre de Lulu. »
A cette annonces, les jumelles échangèrent un regard triste. Leurs mains se joignirent.
Nathan tourna la tête vers Kaï, semblant guetter un quelconque acquiescement de la part du jeune homme. Les jumelles firent de même, cherchant du secours chez leur oncle.
« Nathan a raison, déclara Kaï. Vous êtes punies. Après votre douche, vous irez dans les chambres qu'on vous a assigné. Vous n'en sortirez que pour les repas et pour l'école. »
Aoko et Keiko baissèrent de nouveau la tête. Kaori s'approcha des jumelles et se tint derrière elles, les mains sur leurs épaules.
« Je vais les emmener à la salle de bain.
-Merci. » fit Kaï.
Kaori et les jumelles se dirigèrent vers les escaliers. Nathan voulut dire quelque chose mais Kaï lui fit signe de se taire. Un petit sourire se dessina sur les lèvres du Chevalier de Miru.
Salle de Bain
Au même moment
C'était différent des rares souvenirs qu'elle avait du tombeau.
Là-bas, passion dévorante... Ici, tendresse et douceur.
Là-bas, urgence... Ici, hésitation.
Mais là-bas comme ici, solitude et cela même s'il devait y avoir du monde plus bas. Peu importait car ils se sentaient tout de même seuls au monde ici et à cet instant précis.
Leurs mains effleuraient lentement le corps de l'autre. Les baisers étaient encore chastes. Les yeux couleur de rubis restaient ancrés dans le regard d'acier... Seuls au monde.
Ils n'entendirent pas la porte bloquée qui était lentement en train de s'ouvrir puisqu'ils ne désiraient nullement qu'on les délivre de cette pièce pour le moment.
Leurs libérateurs n'en étaient pas vraiment. En fait, ils ne s'attendaient même pas à les trouver ici et ils restèrent bouche-bée jusqu'à ce que l'exclamation retentisse.
« Tante Saya et oncle Hagi sont en train de faire des bébés tout nu ! » firent deux voix enfantines.
On ne pouvait imaginer pire manière de briser cet instant. La première réaction de Saya fut d'en vouloir à ces importuns. La seconde... Elle devint rouge comme une pivoine et elle s'éloigna précipitamment de son Chevalier tout en parcourant du regard la salle de bain afin de trouver quelque chose à se mettre le dos. Elle était morte de honte.
Salle du restaurant
Au même moment
« C'est nous ! Nous sommes rentrés ! » s'exclama Mao en ouvrant la porte.
La jeune femme était suivie de près par son compagnon.
« Comment ça s'est passé ? Demanda Julia.
-Il n'y a aucun problème. Le bébé... »
C'est à ce moment-là que les voix des jumelles s'élevèrent.
« Tante Saya et oncle Hagi sont en train de faire des bébés tout nu ! »
Lewis se tourna donc vers Akihiro.
« Il me semble que tu me dois de l'argent.
-Ne vend pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
-Vu le cri que nous venons d'entendre... »
Nathan soupira bruyamment et dit :
« Quelques minutes de plus et leurs voix auraient été parfaitement en harmonie. Un si beau concert interrompu... Quel dommage ! »
Akihiro se tourna vers Lewis.
« Et si on changeait nos paris ?
-Vous allez arrêter avec ça ! S'écria Mao.
-Mais... »
Le Chevalier de Miru interrompit le journaliste.
« J'espère que nos deux princesses n'ont pas été trop choquées. »
Nathan se tourna ensuite vers Kaï et lui sourit d'un air hypocrite.
« J'ai essayé de vous prévenir pourtant. »
Omoro
Diner
Saya avait toujours envie de se cacher dans un trou de souris. Elle avait bien essayé de s'esquiver après que David leur ait donné des nouvelles de leurs ennemis mais c'était l'heure du diner et son ventre criait famine.
Durant tout le temps où l'ancien militaire avait pris la parole, elle avait plutôt été tranquille. Bien sûr, il y avait eu quelques coups d'œil mais elle avait réussi tant bien que mal à les ignorer. Maintenant, en revanche... Lewis, Akihiro et le Chevalier de sa mère semblaient s'être lancés dans le concours de la plaisanterie la plus grivoise à propos de ce qui s'était passé entre elle et Hagi dans la salle de bain et ce, depuis, le début du dîner. Elle avait même cru entendre le mot parie à un moment. Ils n'avaient tout de même pas osé parier sur... Sur ça !
Son frère essayait tant bien que mal de ramener le calme en rappelant à tout moment que Keiko, Aoko et Chris étaient présents. Sans succès. Il avait fini par renoncer et il envoyait de temps en temps des regards compatissants à sa sœur. Ses regards réchauffaient le cœur de Saya.
Mao ne quittait pas Saya des yeux. L'immortelle avait les joues rouges depuis le début du repas. Il fallait que les mauvaises plaisanteries cessent. La jeune femme se tourna vers les coupables. Pour le moment, ils tenaient un étrange conciliabule à voix basse.
« Je parie pour la prochaine fois où ils seront seuls, disait son compagnon.
-Non. Ils vont être plus prudents maintenant. Moi, je dis dans quelques temps... Deux ou trois semaines, annonça Lewis.
-Et si ça avait déjà eu lieu. » insinua tout d'un coup Nathan avec un étrange sourire.
Le sang de Mao ne fit qu'un tour.
« Bon ! Ça suffit les... »
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. La chaise du Chevalier de Miru venait brusquement de partir en arrière et il s'était retrouvé les quatre fers en l'air.
« Ce n'est rien. J'ai glissé. » dit Nathan.
Il fit taire d'un regard l'émission d'un possible commentaire.
Le Chevalier de Miru se releva avec grâce puis ramassa sa chaise.
Tu as l'ouïe fine cher Ange...
Il se rassit. Avant qu'il ne puisse reparler au journaliste et à l'ancien agent de la CIA, Mao prit la parole.
« Nos ennemis se sont tous fait la malle n'est-ce pas ?
-Oui, répondit David.
-Nous pouvons donc nous détendre un peu tous ensemble avant que chacun ne rejoigne ses quartiers ?
-C'est une bonne idée, jugea Julia.
-Comment ? Demanda Kaori.
-Voyons, il n'existe qu'un seul moyen de se détendre... Le shopping !
-OK, intervint Akihiro. Vous pouvez aller faire du shopping entre filles. Nous...
-Mais je n'ai jamais dit que ça se ferait entre filles. » l'interrompit Mao avec un sourire machiavélique.
(1) Un petit tour sur Petites Histoires de Clan pour en savoir plus ? Non... C'est comme vous voulez après tout.
(2) Fantastique quand tu nous tiens...
(3) Ma cousine dit toujours des choses intéressantes (ceci est un message de PvC)
A : Voilà... Dernière partie... Dernière ligne droite avant la fin. Pour ceux qui vont continuer à passer un peu de temps sur ffnet après la lecture de ce chapitre, allez faire un petit tour sur le topic de Lady Oscar ou restez sur celui de Blood+ et allez faire un tour dans Petites histoires de Clan...
PvC : Et si tu demandais des review au lieu de te faire de la pub ?
