Je ne possède ni Le Seigneur des Anneaux, ni Rurouni Kenshin.

Ceux-ci appartiennent respectivement à J.R.R. Tolkien et Nobuhiro Watsuki.

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Frodon regardait Gandalf avec sans pouvoir y croire. La lumière dans la chambre où ils se trouvaient était éblouissante, donnant à Gandalf un halo blanc digne du fantôme qu'il aurait dut être. Merry et Pippin riaient encore à côté de lui, et Sam semblait vouloir pleurer de joie. Gimli et Legolas les regardaient avec bienveillance et chaleur, et Frodon avait du mal à croire que cette scène était réelle, que la chaleur des rayons du soleil sur sa peau n'était pas le fruit de son imagination, et que tout n'était pas un rêve. Il aurait cru rêver, s'il ne s'était pas rappelé que, depuis que l'anneau était venu en sa possession, il n'avait plus fait de rêves emplis de lumière, de confort et d'amitié. Mais pourtant, trois personnes étaient manquantes.

« Gandalf... Si je ne rêve pas, alors où se trouvent donc Aragorn, Boromir et Kenshin ? »

Les yeux de Gandalf perdirent un peu de leur rire.

« Vous et Monsieur Samsagace n'êtes pas les seul à être passé très près de la mort. Aragorn est aux côtés de Kenshin, car notre jeune ami à présenté des signes qui laissent à penser qu'il va bientôt se réveiller. »

Frodon se redressa un peu plus sur son lit et fit mine d'en sortir.

« Menez-moi jusqu'à lui ,Gandalf. J'ai assez de force pour cela au moins. »

Frodon connaissait le jeune homme assez peu, car leurs chemins s'étaient séparés très vite, mais le rouquin avait gagné à la fois son respect et son admiration, et Frodon avait pleinement conscience que Kenshin était en fait bien plus jeune que lui, malgré sa maturité apparente. Gandalf sourit avec compréhension et aida Frodon à se lever. Il le guida ensuite lui, ainsi que ses visiteurs, à travers un long couloir, jusqu'à une chambre dont il ouvrit la porte après avoir frappé légèrement. La porte s'entrouvrit légèrement, révélant une femme elfe de petite taille, aux long cheveux d'un noir d'encre, et dont les yeux tout aussi noirs avaient la même forme que ceux de Kenshin. Sa peau était très blanche, mais d'une manière peu naturelle, et d'importantes cernes étaient visibles juste sous ses yeux. Cela n'enlevait rien à sa beauté, mais lui donnait une apparence maladive qui inquiéta Frodon.

L'elfe s'inclina devant Gandalf sans un mot et ouvrit la porte pour les laisser entrer. Elle s'éloigna d'eux pour se replacer sur un tabouret au chevet du lit sur lequel était installé Kenshin. Le jeune homme devait s'être à peine réveillé, car il était assit, le dos contre d'épais oreillers, et tenait un verre d'eau qu'Aragorn l'aidait à boire avec une lenteur inquiétante, en lui tenant les mains pour que le plus jeune ne le lâche pas par accident. Quand il eut finit, ses yeux violets se posèrent sur eux et un véritable sourire, comme Frodon n'avait jamais eut l'occasion d'en voir sur le visage de son cadet, lui fendit le visage. Son visage était blanc comme un linge, un peu comme celui que Frodon s'attendait à voir sur lui même, et sa mine était extrêmement fatigué. Il avait les mêmes cernes que l'elfe aux yeux noirs, et le Hobbit se prit à penser que bien peu de gens dans cette pièce devaient avoir vraiment bonne mine.

« Frodon ! »

L'exclamation venait de Boromir, qui regardait Frodon avec une expression de joie sincère qui choqua presque le Hobbit. Devant lui ne se tenait plus le même homme. Boromir était blessé, cela se voyait à sa façon de se tenir, mais il n'avait pas une expression aussi épuisée que ses compagnons. L'homme que Frodon avait craint il y avait encore peu de temps, rayonnait de fierté et de bonté, bien que Frodon puisse lire au fond de ses yeux une peine encore récente. L'homme s'approcha et s'agenouilla devant lui.

« Qu'il est bon de vous voir vivant Frodon ! Vous ne pouvez savoir à quel point mes actes m'ont rongés, car peut-être n'auriez-vous pas arpenté ce chemin si sombre seuls, vous et Sam, si je n'avais agi ainsi. Me le pardonnerez-vous un jour ? »

Boromir semblait se forcer à garder la tête haute, pour transmettre par son regard la sincérité de ses dires. Frodon sourit. Car quel mal pouvait-il arriver s'il pardonnait cet homme, maintenant que l'anneau n'était plus ? Boromir ne succomberait plus jamais aux tentations de Sauron.

« Vous êtes entièrement pardonné, Boromir. Il serait dommage de gâcher ce qui pourrait devenir une bonne entente, maintenant que la paix nous attends. »

Les yeux bleus de Frodon se posèrent ensuite sur la demoiselle elfe, et il s'inclina de manière hésitante, s'attendant à ce qu'elle lui réponde à la manière des elfes. Mais la jeune femme s'inclina d'une façon qui lui était inconnue, et resta silencieuse. Ses yeux noirs se posèrent sur Kenshin.

« Frodon... Je ne pensais pas vous revoir vivant...

- Je ne pensais pas revenir vivant moi-même... Répondit-il au rouquin avec un sourire hésitant.

- Je vous présente Tomoe.

- On m'a dit grand bien de vous, Maître Frodon. Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait.

- Tomoe ? »

Les yeux de Frodon passèrent de Kenshin à la jeune elfe. Tomoe hocha la tête, toujours impassible.

« Les Valar ont eut la bonté de me ramener auprès de Kenshin, tout en me retirant ma qualité de femme mortelle, pour que je puisse rester à ses côtés jusqu'à la fin des temps. »

Frodon ne fut que plus confus en entendant cette réponse. Gandalf rit de bon cœur.

« De nombreuses chose se sont produites depuis votre départ à tout deux ! Kenshin est à présent un Istar. Et c'est en souhaitant utiliser la magie pour nous protéger qu'il a failli se tuer. Sans l'intervention de Dame Tomoe, il serait mort. Les cadeaux de Galadriel ont toujours une utilité certaine. » Dit Gandalf, ses yeux bleus glace pétillants d'amusement alors qu'ils se posaient sur le pendentif que Frodon pouvait voir briller autour du cou de Kenshin, puis sur la bague étincelante au doigt de Tomoe.

Kenshin détourna les yeux, honteux. Malgré le ton amusé de Gandalf, le jeune homme s'attendait encore à des remontrances de son professeur. Le regard dur de Tomoe n'arrangeait rien. Aragorn n'avait pas l'air particulièrement ravit non plus, et il n'avait pas échappé à Frodon et à Sam que pas une fois Kenshin n'avait osé regarder dans la direction du grand homme, qui veillait pourtant sur sa santé. Frodon regarda tous ses amis assemblés.

« Tout... est donc finit. Cela veut-il dire que nous allons tous pouvoir rentrer chez nous ? »

Frodon ne pouvez affirmer avec certitude que cette pensée le rendait véritablement heureux. Au fond de lui-même il pouvait voir que si la communauté se séparait, alors il ne verrait peut-être plus jamais certains de ses amis. Aux mines sombres des personnes dans la chambre, la pensée avait traversé l'esprit de chacun. Mais Aragorn sourit.

« Non, Frodon, pas tout de suite. Le temps viendra où vous rentrerez chez vous, mais pour l'instant, je vous demanderais de rester à Minas Tirith un peu plus longtemps. Votre présence pour les festivités à venir signifiera beaucoup pour moi.

- Que voulez-vous dire, Aragorn ? »

Legolas rit joyeusement.

« Vous ne voudriez pas manquer le couronnement de notre rôdeur du nord, tout de même ! Les héros de cette guerre se doivent d'être présent pour l'ascension au trône du roi du Gondor ! »

Frodon et Sam fixèrent Aragorn avec ébahissement, et Gimli et Boromir s'esclaffèrent en voyant l'expression des deux Hobbits. Tomoe sourit légèrement.

« Sortons de la chambre pour l'instant. Aragorn, puis-je vous laisser vous occuper de mon époux pour l'instant ? L'heure d'échanger les histoires de ces derniers mois est venue, et je crains que cela ne fatigue Kenshin après votre dernière bataille. »

Aragorn eut un sourire sarcastique, car il était évident qu'isoler Kenshin du groupe était en fait une punition de la part de sa jeune épouse, et non lié à une véritable inquiétude pour sa santé. Aragorn ne pouvait pas faire grand-chose pour le jeune homme, et seul un long repos pourrait le remettre complètement sur pied, mais son état était loin d'être dangereux ou même inquiétant. La fièvre avait cessé en début de journée, et Kenshin faisait en fait preuve d'une certaine vitalité. Cela ne l'empêcha pas de rentrer dans le jeu de l'elfe aux cheveux noirs.

« Vous avez raison Dame Tomoe. Je vous en prie, guidez-les dans un salon plus spacieux que cette pièce, je vous rejoindrai sous peu. »

Kenshin laissa échapper un soupir de résignation. Tomoe quitta la chambre sans un regard en arrière, et le reste de la communauté suivit juste après elle. Aragorn prit quelques plantes qu'il avait amenées, et les ajouta à de l'eau chaude qu'il avait demandé qu'on lui prépare avant de rendre visite à son jeune ami. Il attendit que les feuilles infusent, les regardant se déplier à mesure qu'elles se gorgeaient d'eau, avant de les retirer et de les déposer sur un linge. Une fois encore, il saisit le bol et l'amena jusqu'à la bouche du rouquin, qui n'avait même pas encore assez de forces pour tenir le bol lui-même. Kenshin ne se plaignit pas, malgré la lueur embarrassé qu'Aragorn pouvait voir dans son regard.

« Quelle idée t'as prit de vouloir ainsi nous protéger, au risque de mourir ? Peut-être que la destruction de la tour de Sauron ne nous aurait rien fait. »

Kenshin finit l'infusion, et Aragorn posa le bol sur la table de chevet non loin de lui.

« Cette boisson... Que fait-elle ?

- Elle te rendra des forces, voilà tout. Mais rien ne saurait mieux te remettre sur pied que beaucoup de sommeil. Et au comportement de Dame Tomoe, il vaudrait mieux que tu soit en pleine forme bientôt, ou il sera bien difficile de te faire pardonner pour tes actions presque suicidaires. »

Kenshin rougit.

« J'ignorais que cela me mettrait dans cet état... Je n'ai pas eut le temps de réfléchir à ce que je faisais.

- Je le sais bien. Peut-être aurais-je fais la même chose. Mais tu es le plus jeune d'entre nous. Tu ne devrais pas être celui qui abandonne sa vie pour les nôtres.

- La guerre ne permet pas de choisir qui se sacrifie pour les autres. Tu es un ami très cher à mon cœur Aragorn, et tu es le futur roi du Gondor. Je ne pouvais en aucun cas te laisser mourir, toi ou aucun autre de nos compagnon d'ailleurs. »

Aragorn fronça les sourcils de mécontentement. Il était incapable de contredire le jeune homme.

« Aragorn... Par la suite, auras-tu besoin d'aide ?

- Sans doute, mais Boromir sera là, ainsi que Faramir et Eomer. Ce sont des hommes compétents. Je suis sûr que tout se passera bien.

- Ma présence sera-t-elle requise ? Accepterais-tu que je devienne un des hommes du nouveau royaume du Gondor ? »

Aragorn fixa Kenshin intensément. Le très jeune homme, par rapport à lui du moins, avait une expression déterminée, mais Aragorn commençait à le connaître trop bien. Malgré tout les efforts de Kenshin pour le cacher, l'héritier savait que le garçon d'un autre monde éprouvait encore des doutes. Gimli et Legolas parlaient de visiter le monde avant même la bataille de Minas Tirith, et Kenshin avait parut intéressé. Il avait également eut l'air rêveur quand Merry ou Pippin lui avait décrit la Comté. Il était nouveau à ce monde, et n'en n'avait encore rien vu. Aragorn ne pouvait se résoudre à la garder enfermé à Minas Tirith ou même au Gondor dans son ensemble, à cause d'un serment.

« Kenshin... Tu es un ami. Non, pour moi tu es un frère mais aussi un membre de la communauté. Je ne veux pas que tu deviennes lié à moi par un serment de loyauté.

- Mais Boromir...

- Dans son cas nous sommes liés par notre devoir envers le Gondor. Il sera un de mes sujets, il est vrai, mais il en comprend la nécessité. Il a toutefois laissé la place vacante d'Intendant à son frère Faramir, pour pouvoir rester Capitaine des armées. Tout comme moi, il espère que les armées du Gondor ne serviront plus pendant un moment encore. Il a tout fait pour que son rôle soit limité, et que nous puissions nous parler le plus souvent possible sans que cela n'ait le ton des discussions entre un roi et son capitaine.

- Donc, dans mon cas... ?

- Tu n'as aucun devoir vis-à-vis de la population d'Arda, et encore moins de moi. Tu es un amis, je ne souhaite pas être en mesure de te donner des ordres. Je ne veux pas de ce genre de pouvoir sur tes choix.

- Mais que vais-je faire, dans ce cas ? »

Le garçon avait l'air perdu à présent, au moins autant que le jour de leur rencontre, et Aragorn comprit aisément d'où venait tant d'hésitation. Il avait fait la guerre depuis ses quatorze ans, et maintenant qu'une paix longue et durable se présentait, il ne savait plus quoi faire de lui-même. Kenshin était destiné à aider autrui constamment, il en avait fait son devoir, sans doute pour se repentir de toutes les morts qu'il avait causées, mais aussi car il était dans sa nature de protéger les autres, si la forme qu'avait prit sa magie était une quelconque indication. Mais quel rôle y aurait-il pour lui dans un monde en paix ? Aragorn voyait maint possibilités, mais Kenshin, qui était un enfant de la guerre, ne les voyait pas.

« Kenshin, tu as une très belle épouse... »

Et Aragorn ne put s'empêcher de penser à la femme magnifique qu'il rêvait d'avoir pour épouse depuis si longtemps maintenant.

« Tu pourrais avoir un avenir radieux avec elle, des enfants, une maison... »

Kenshin regardait l'héritier avec tant d'incompréhension qu'Aragorn soupira de résignation. Le jeune homme n'était probablement pas encore capable d'y croire.

« Et tu n'as encore rien vu de ce monde. Vous pourriez voyager avec Gimli et Legolas un moment, puis rejoindre la comté pour y rester quelque temps, et tu n'est pas obligé de faire les choses dans cet ordre-là. Gandalf a peut-être aussi des propositions à te faire. Dit-il en pensant aux bateaux des elfes qui quittaient régulièrement les côtes de la Terre du Milieu.

- Tu me suggère de voyager... »

Au ton qu'avait employé Kenshin, Aragorn devina que l'idée faisait son chemin dans les pensées du plus jeune. Kenshin sourit de manière à la fois fatiguée, impatiente et anxieuse.

« Oui... Pourquoi pas... Tomoe a déjà voyagé avec moi auparavant, cela ne devrait pas lui poser de problèmes. Tu as sans doute raison Aragorn. Si ce monde doit être le mien, autant apprendre à le connaître. Mais laisse moi rester ici un moment, que je puisse profiter de ta compagnie un peu plus longtemps.

- Je ne t'aurais pas laissé partir tant que tu ne serais remit, de toute façon, et beaucoup de choses doivent encore se produire ici. Ta présence me paraît indispensable pour les festivités à venir. »

Toujours le sourire aux lèvres, Kenshin soupira d'aise et s'enfonça un peu plus dans ses oreillers. Aragorn se leva.

« Je vais te laisser dormir à présent. Profite bien de ce repos plus que mérité. »

Kenshin hocha la tête et Aragorn quitta la chambre. Alors qu'il refermait la porte, il pouvait voir que déjà le rouquin avait les yeux qui commençaient à se fermer.

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« Il y a un défaut. Là. »

Tomoe ajusta légèrement un pli visible sur l'obi que Kenshin venait de mettre.

« Tomoe, ces yukata, d'où viennent-ils ?

- Je les ai fait. Pendant que tu te reposais ces dernier jours. Eowyn a tenu à m'aider, ainsi que certaines femmes de la cité. Je n'ai pas trouvé de soie pour faire de véritables kimono, digne d'un couronnement. »

Et Tomoe s'était donc attardée sur les motifs brodés et les décorations de perles. Bien que le yukata de Kenshin fut plus sobre que celui de sa femme, il avait tout de même la très forte sensation d'être celui qui allait être habillé comme un roi, et non Aragorn. Et ce malgré le fait que ses vêtements ne soient qu'en coton. Kenshin se déplaça dans leur chambre pour permettre à son yukata de s'ajuster et de s'adapter à ses mouvements, Tomoe restant immobile dans son propre yukata noir.

Des motifs représentants des aigrettes sacrées de couleur blanche et de longues herbes partaient du bas de son vêtements. Des touches de rouges étaient visibles là où quelques fleurs parsemaient les herbes argentées. Tomoe avait lâché ses long cheveux et les avait longtemps brossés jusqu'à ce qu'ils ne fassent plus qu'une coulée luisante d'encre noire dans son dos. Elle ne portait aucun maquillage, mais sa peau blanche contrastait tant avec son vêtement que cela n'aurait de toute façon pas été nécessaire.

« Tu es magnifique. »

Tomoe ne lui répondit que par un bref hochement de tête, pour lui signaler qu'elle l'avait entendu. Kenshin se mordit la lèvre du bas, avant de céder.

« Je suis désolé. Vraiment désolé.

- Je ne t'en veux pas.

- Vraiment ? »

Il en doutait.

« Je n'avais pas le droit de te forcer à faire une telle promesse. »

Kenshin resta silencieux. Il y aurait forcément une suite.

« Mais tu n'avais à aucun moment besoin de briser ta promesse. Le combat n'est jamais vraiment arrivé. La bataille n'a même pas put avoir lieu. Et pourtant, alors que tout allait enfin être fini, tu as bien failli te sacrifier. Ne pas abandonner nos compagnons dans un combat, je peux le comprendre, même si je ne suis pas obligée de l'accepter. Mais te sacrifier alors qu'ils sont apparemment hors de danger ? »

Kenshin grimaça. Quand la tour s'était effondrée, il n'avait pas sut si les gravats propulsés par l'onde de choc arriveraient jusqu'à eux. Encore maintenant, il ignorait si ce qu'il avait fait avait été d'une quelconque utilité.

« Eowyn m'a dit que tu as utilisé le Palantir.

- Oui.

- C'était affreusement dangereux.

- Je le sais bien. C'est pour cette raison que je ne t'en veux pas. »

Mais il semblait qu'il faudrait un moment avant que Tomoe n'accepte le fait qu'elle avait failli le perdre. Kenshin se résolut à attendre. Tomoe avait des façons d'exprimer la colère, la tristesse et le choc, qui étaient très similaires. La distance qu'elle mettait entre eux disparaîtrait à mesure que ces trois émotions s'atténueraient. Quelqu'un frappa à la porte, les sortant de leurs pensées, et Pippin, suivit de près par Merry, ouvrit légèrement la porte pour regarder dans l'entrebâillement. Depuis leurs retrouvailles, Merry et Pippin ne se quittaient plus.

« Kenshin, Dame Tomoe ? Êtes-vous prêts ? »

Tomoe et Kenshin acquiescèrent et sortirent de la chambre. Ils suivirent les deux Hobbits à travers les couloirs blancs des bâtiments du haut de la cité, avant de sortir enfin dans la rue les menant directement à l'esplanade, devant le palais. La populace remontait la rue, le visage joyeux malgré les nombreuses pertes. Les femmes portaient des habits colorés, et certaines tenaient des fleurs. Les voiles recouvrant traditionnellement les cheveux des femmes du Gondor étaient de toutes les couleurs, et possédaient des motifs aussi floraux que leurs châles et leurs foulards. Les hommes étaient habillés plus sobrement, mais leurs rires riches et puissants retentissaient tout autour d'eux. Des exclamations excitées et des voix chantantes emplissaient l'air et rythmaient la marche jusqu'au sommet de la ville.

Kenshin se souvint soudain des fêtes de Kyoto auxquelles il n'avait jamais participé mais toujours observé de l'intérieur d'une auberge où il tentait une fois encore d'apprécier du saké. Et c'était aujourd'hui, dans un autre monde, avec Tomoe à ses côtés qu'il pouvait enfin pleinement profiter de l'ambiance des festivités. Merry et Pippin les guidèrent jusqu'à ce qu'ils rejoignent Frodon et Sam qui les attendaient à l'entrée de l'esplanade.

Boromir et Faramir étaient avec la noblesse de Minas Tirith et du Rohan. Legolas était avec les elfes qui étaient arrivés le jour précédent dans la cité, et Gimli avec une délégation de nains. Kenshin avait vu l'arrivée des elfes et de nains de loin, car le jour d'avant, Aragorn refusait encore qu'il ne fasse trop d'efforts et l'avait limité à ses quartiers, à son balcon, et aux jardins intérieurs sur lesquels il avait un accès direct. Mais même de sa fenêtre, il avait reconnu la silhouette blanche et blonde de Galadriel lorsqu'elle avait été suffisamment près, et depuis qu'elle avait mit un pied dans la ville, il pouvait sentir sa présence lumineuse où qu'elle soit.

Tomoe et Kenshin restèrent donc avec les Hobbits, assez peu à leur aise au milieu des nombreux nobles, émissaires, hérauts et autres gens d'importance. Les Hobbits eux mêmes semblaient gênés, et ils cherchèrent rapidement un endroit où se placer de manière à pouvoir bien voir le couronnement et le défilé des délégations étrangères, tout en étant entourés de personnes aux allures plus modestes. Cela ne fit que renforcer leur embarras quand ils remarquèrent qu'ils étaient encore plus visibles ici, entourés de gens vêtus simplement, alors qu'eux six portaient tous soit du velours, soit des vêtements brodés... Mais il était trop tard pour se déplacer à nouveau, car déjà Aragorn avançait vers les portes fermées de la salle du trône, où l'attendait Gandalf.

Les portes avaient été décorée de fleurs, et un nain tenait un coussin bleu marine en velours sur lequel était posé une couronne en argent représentant des ailes relevées et mises en valeur par quelques décorations en or. Quand Aragorn fut placé devant Gandalf, il ne virent plus que sa longue cape en velours noir, et ses cheveux sombres, longs eux aussi, ondulés et peignés. L'héritier plia le genou et baissa la tête, et sur sa silhouette sombre, vint se poser un cercle d'argent dressé vers le ciel. Le visage de Gandalf s'étira d'un sourire empli de chaleur, et d'une voix claire, il s'adressa au monde assemblé.

« Et voici venir les jours du roi ! Qu'il soit heureux ! »

Aragorn se releva alors, et Kenshin crut le voir expulser un soupir avant de se retourner. Alors que l'air autour de Kenshin, de Tomoe et des Hobbits semblait soudain être envahie par le tonnerre soudain et bruyant des applaudissements Kenshin ne put se résoudre à applaudir immédiatement, au lieu de ça, il se prit à sourire comme un dément tant la joie autour d'eux était contagieuse. Ce fut Sam qui le poussa à applaudir également, en lui criant de le faire pour se faire entendre malgré le bruit. Aragorn attendit le silence, puis quand enfin celui-ci vint se poser sur la foule, il prit la parole.

« Ce jour n'appartient pas à un seul homme, mais à tous. Reconstruisons ensemble ce monde, afin de pouvoir partager des temps de paix. »

Une autre ovation répondit à ses paroles, tendit que des pétales pâles commençaient à tomber en nombre de l'arbre blanc, telles les pétales de cerisiers que l'on voyait partout en mai à Kyoto. L'ovation fut de courte durée, car un chant l'interrompit. La voix du roi s'éleva, et avec elle un chant doux et triste, un chant d'adieu et de renouveau qui apaisa les cœurs et soulagea les douleurs restantes, un chant digne d'un roi guérisseur. Le chant était la seule chose que l'on pouvait entendre, et il semblait monter dans l'air clair et bleu du ciel, avant de disparaître.

Puis le roi s'avança dans l'allée ou se tenaient ses conseillers et amis. Eowyn et Faramir qui se tenaient côte à côte s'inclinèrent devant lui, ainsi que Boromir qui se trouvait juste un peu plus loin. À Boromir, Aragorn fit un sourire heureux et reconnaissant. Eomer, sur sa gauche, près des hommes du Rohan, s'inclina également avec respect. Puis en face d'Aragorn vint la délégation des elfes. Legolas se tenait à l'avant, en tant que prince et membre de la communauté, mais juste derrière lui se tenaient Celeborn, Galadriel et un elfe aux cheveux noirs que Kenshin ne reconnaissait pas. Il vit aussi Haldir quelques pas en arrière. Galadriel, après avoir salué le roi, sembla regarder la foule, et ses yeux trouvèrent immédiatement ceux de Kenshin. Elle adressa au jeune homme un sourire bon et mystérieux. Legolas et Aragorn échangèrent une embrassade brève, mais emplie de sens que les mots ne suffisaient pas à exprimer, puis Legolas sourit de cette manière presque amusée que Kenshin connaissait si bien. Celle que l'elfe avait lorsqu'il préparait une surprise à l'un de ses amis, et que Kenshin avait vu un peu trop souvent avant ses leçons d'équitation.

Aragorn n'eut même pas le temps de se méfier, car alors Legolas s'écarta et laissa place à une femme elfe d'une beauté surnaturelle. Comme Tomoe, elle avait la peau blanche comme du marbre et des cheveux noirs comme la nuit, mais qui, au lieu d'être lisses, ondulaient dans son dos. Mais si Tomoe incarnait la nuit noire, sans lune et sans étoiles, cette femme incarnait la nuit étoilée, la nuit lumineuse, et ses yeux, loin d'être sombres, étaient d'un bleu à la fois vif et clair. Elle tenait d'une main une tenture blanche tissée, sur laquelle était représenté l'arbre blanc de Minas Tirith, et ses cheveux étaient décorés d'un bijou blanc étincelant au soleil. Quand tout deux se virent, Aragorn sembla cesser de voir tout le reste. Ils se rapprocha jusqu'à se retrouver devant elle, et Kenshin reconnut son expression, car c'était la même que lui-même avait arborée lorsqu'il avait retrouvé Tomoe à Edoras.

La femme elfe, que Kenshin devina être Arwen, semblait au bord des larmes tant elle était heureuse, et Aragorn ne perdit pas plus de temps, et l'embrassa avec fougue. Kenshin et Tomoe détournèrent les yeux, embarrassés. Ils manquèrent donc l'échange entre Aragorn et Galadriel quelques secondes plus tard, et furent pris de court quand ils virent Aragorn et Arwen arriver devant eux. Kenshin vit les Hobbits s'incliner, et lui et Tomoe firent de même sans attendre.

« Mes amis... »

La voix d'Aragorn les priait du fond du cœur de se redresser. Kenshin releva la tête, et se redressa également tandis que les Hobbits et Tomoe faisaient de même.

« Ce n'est pas à vous de vous incliner. »

Et soudain, le roi était agenouillé devant eux, et tous autour d'eux suivirent l'exemple du roi. Bientôt seuls eux six étaient encore debout, les Hobbits se balançant d'un pied à l'autre d'embarras, alors que Kenshin avait rougit comme jamais. Les joues de Tomoe également avaient prit une jolie teinte rose et Kenshin l'entendit murmurer.

« Je n'ai pas eut d'autre rôle que d'accompagner mon époux... »

Pour le jeune Istar, cela était bien suffisant, et il lui saisit la main, laissant ses yeux se promener sur la foule agenouillée, incapable de croire qu'une telle chose fut possible, qu'il soit digne de recevoir tant de reconnaissance. Une voix retentit dans sa tête, et ses yeux trouvèrent ceux de Galadriel qui était levés vers lui légèrement.

« Aujourd'hui, en Terre du Milieu, l'Hitokiri est mort. Battousai n'est plus un démon, mais un héros. Dis moi... Quelle sensation cela te fait-il, jeune istar ? »

Cela l'emplissait d'incompréhension. Mais cela lui retirait un peu du poids qu'il avait à porter.

« Merci, vinya Istar, pour avoir protégé tant d'hommes bons, non pas en tant que garde du corps, comme tu l'as été, mais comme ami. Merci d'avoir participé au salut d'Arda. Et merci, Dame de la nuit, de la neige et de la pluie, d'avoir protégé celui qui a put changer le destin funeste de tant de personnes. »

Alors qu'un courant d'air soudain faisait s'envoler de nombreuses pétales blanches, Kenshin et Tomoe ressentirent comme un serrement de cœur.

« Et aujourd'hui, votre vie en Arda commence vraiment... »

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