Et donc les grandes gagnantes sont : Altabatha, Neko404 et Cerise San. Bravo à elles ! Elles gagnent chacune une fic dédicacée, avec leur fandom de leur choix (dans ceux qu'on maîtrise, bien sûr), pairing ou perso de leur choix et un thème de leur choix aussi ! Vous pouvez passer les commandes par MP ou par review, et ce sera près... heu... avant Noël ^^ (Pour ceux qui se demandent comment on ose prendre des commandes alors même qu'on est toujours à la bourre, on répondra que de toute façon, on glande bien assez pour faire des petits OS de temps en temps XD).
NA : Oui, on sait. Pour bcp, l'existence du bankai de Renji n'est pas un secret, c'est même du grand spectacle dans certains épisodes de l'anime. Ceci dit, c'est flagrant dans le manga : le bankai de Renji est discret (genre, il le sort pas à la première occasion), on peut donc supposer légitimement que ce n'est pas un fait complètement public.
QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !
Le désir III
« s'il t'aime toi et ta maison, s'il est heureux avec toi, [...] il sera ton serviteur pour toujours »
Dt. XV, 16-17
« Bon, reprenons. Vous opposez-vous à la nomination comme capitaine du vice-capitaine Izuru Kira ?
- Non.
- Vous opposez-vous à la nomination comme capitaine du vice-capitaine Hisagi Shuhei ?
- Non.
- Vous opposez-vous à la nomination comme vice-capitaine de la neuvième du vice-capitaine Renji Abarai ?
- Incontestablement. »
Yamamoto se prit la tête entre les mains, Sasakibe se frotta les yeux pour y voir clair, et Byakuya, aussi raide qu'un manche de pelle, gardait les bras croisés. Quelques sourires goguenards naquirent dans l'assistance. Ça s'annonçait fort.
« Capitaine Kuchiki.
- Oui ?
- Nous n'allons pas avancer. »
Byakuya appela à son aide le Grand Pouvoir du Thermostat en panne de manière à ce la température chute de quelques degrés supplémentaires, histoire que tout le monde comprenne qu'il n'avait aucune envie d'avancer. Le regard désespéré de Sasakibe ne lui faisait ni chaud ni froid, mais celui, parfaitement ironique de Unohana lui fila un certain coup de chaud. C'est pourquoi il se fit violence pour expliquer son choix.
« Je n'ai aucune objection à la nomination du vice-capitaine Hisagi qui a toutes les qualités pour faire un capitaine (ce dont il n'avait pas la moindre idée, mais bon, un petit mensonge ne fait jamais de mal). Je conteste le fait qu'on m'enlève un de mes subordonnés. La coutume veut qu'on ne puisse priver un capitaine de son premier lieutenant sans son consentement à moins de pouvoir lui proposer un remplaçant de rang, expérience et valeur équivalents.
Yamamoto plissa encore un peu plus les yeux. Mais qu'est-ce qu'il avait à être chiant ce petit con ? Y'a pas à dire, son arrière-grand-père était avait été chiant, son grand-père avait été chiant, son père avait pas trop eu le temps d'être très chiant, mais le fils semblait bien parti pour suivre cette tradition familiale.
- Votre troisième siège, Nanako Musokuri est très bien notée, remarqua Sasakibe qui ne comprenait pas plus que son supérieur l'attitude Kuchiki.
- Certes, reconnut Byakuya (à tout prendre, Musokuri aurait fait une meilleure vice-capitaine que Renji, surtout en ce qui concerne le boulot administratif). Cependant, elle ne maîtrise pas le bankai. Or mon vice-capitaine actuel dispose de cette capacité qui est précieuse.
L'instance sur le « mon » passa tout sauf inaperçue et provoqua quelques haussements de sourcils dans la salle et deux ou trois sourires narquois.
- Je vous demande pardon ?
- Je dis qu'atteindre le stade du bankai n'est pas donné tout le monde et cela rend un officier irremplaçable.
- Vous dites que le lieutenant Abarai maîtrise le bankai ?
- C'est exact. »
Un rapide tour d'horizon put apprendre à Byakuya que tout le monde n'était pas au courant. Ukitake ouvrait de grands yeux bêtes et en oubliait presque d'être malade, Kyoraku souriait en coin, heureux d'un tel coup de théâtre, Hitsugaya se réveilla complètement, Komamura avait l'air plus que désapprobateur (un bankai, ça se déclare et ça se répertorie, bordel !), Kurotsuchi s'intéressait de près à une chenille qu'il tentait de vivisséquer avec ses ongles, Zaraki semblait ne pas en croire ses yeux (ce crétin a réussi à l'avoir ?, nan, c't'une blague).
Seules Soi Fon et Unohana semblaient échapper à la surprise générale. Le capitaine Yamamoto fila un regard furieux aux deux femmes, du genre « vous auriez pu prévenir quand même, j'ai pas l'air con moi maintenant».
« Quelqu'un peut-il confirmer les dires du capitaine Kuchiki ? Quelqu'un a vu ce bankai ?
Soi Fon haussa les épaules.
- D'après les rapports, le niveau de reiatsu du vice-capitaine Abarai lors de certains combats ne peut s'expliquer que par la présence d'un bankai. »
Tous tiquèrent en comprenant que la division des forces spéciales les surveillait tous vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Yamamoto évita précautionneusement d'interroger Unohana sur le bankai de Renji. Déjà autrefois, quand elle était toute petite, son regard « gentil » lui filait les foies.
Il se tourna vers Kuchiki et le foudroya du regard, ce qui ne lui fit, comme d'habitude, ni chaud ni froid.
- Pouvez-vous le prouver ?
Byakuya haussa les épaules. Comme s'il gardait une vidéo de chacun des combats de son vie-capitaine au cas où.
- Demandez-lui. Il ne mentira pas.
Quelques capitaine haussèrent un sourcil à l'assurance qu'il y avait dans la voix du capitaine. Alors comme ça, on lui faisait entièrement confiance au Renji ? Kuchiki haussa les épaules. Comment voulez-vous que la possession du bankai l'émeuve, lui ?
- Exécution, cracha Yamamoto, qui en avait ras le crâne de voir que tout le monde se foutait de sa gueule. »
Ce qui fut fait, Sasakibe sortit chercher le vice-capitaine en trainant les pieds (on n'est pas vice-capitaine pour faire de banales courses dignes d'un vulgaire shinigami de bas étage).
Renji arriva en traînant les pieds, tout en se demandant ce qui allait encore lui tomber sur la gueule. Bon, pour être tout à fait franc, il devinait plus ou moins ce qu'on pouvait lui vouloir. C'est juste qu'il n'aimait pas trop ça.
Il parut devant les capitaine avec un certain malaise. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à le dévisager comme s'il venait de pondre un œuf ?
Capitaines... fit-il assez nerveusement. On a beau dire, se retrouver face aux dix shinigamis les plus puissants du Seireitei qui vous inspectent de haut en bas, c'est un tout petit peu flippant.
La voix de Yamamoto le rappela à l'ordre.
« Vice-capitaine Abarai, est-il exact que vous maitrisiez le bankai ? »
Renji ouvrit la bouche bêtement. Comment ils savaient ça, eux ? Il ne l'avait dit ou montrer qu'à trois personnes au Seireitei : Yumichika, Ikkaku et Kuchiki. Les cinq autres personnes qui savaient étaient maintenant sur Terre et avec trois exilés dans le lot, ce n'étaient certainement pas eux qui avaient vendu la mêche. Il se tourna immédiatement vers Kuchiki. Celui-ci se laissa fusiller du regard avec calme.
« Est-ce exact, vice capitaine ?
- Oui.
- Avec cette compétence, vous seriez tout indiqué pour occuper des fonctions de capitaine. Pourquoi ne pas l'avoir fait ?
Renji hésita une seconde. Et puis préféra couper court.
- Ma maîtrise du bankai est encore trop imparfaite pour pouvoir en faire la démonstration publiquement, et il n'est pas du niveau d'un capitaine.
Yamamoto se tourna vers Byakuya.
- Dans ce cas, capitaine Kuchiki, en quoi cela constitue-t-il une valeur introuvable par ailleurs ?
- Le bankai reste le bankai, tranche Byakuya, les mâchoires serrées. Il n'y a, à ma connaissance, aucun autre shinigami de ce niveau maîtrisant le bankai. Mais peut-être y'en a-t-il d'autres qui nous auraient échappé ?
Silence de mort dans l'assemblée. En fait, personne n'aurait su dire si Kuchiki était ironique ou sérieux. Il faut dire qu'on avait pas beaucoup d'éléments de comparaison, personne ne l'ayant jamais vu faire de l'ironie.
Yamamoto fronça les sourcils, histoire de faire peur à tout le monde (sans beaucoup d'efficacité, il faut bien le dire).
Unohana intervint fort à propos, comme s'il fallait en rajouter une couche.
- Effectivement, si un bankai a pu nous échapper, peut-être y'en a-t-il d'autres dans ce cas. Dans ce cas, ce serait assez grave. Je vous rappelle que l'enregistrement des bankai est une obligation.
Byakuya Kuchiki souhaita intérieurement que cette femme meure une bonne fois pour toute. Elle lui foutrait la paix comme ça, il n'y aurait plus personne pour deviner ses secrets les plus honteux. Malgré cette pulsion meurtrière pas discrète du tout, Unohana continua affablement.
- Vice-capitaine Abarai ? Auriez-vous des « camarades » qui s'entraînent en secret dans un coin ?
Renji hésita une seconde. De toute façon Ikkaku le tuerait s'il le dénonçait, donc la question n'avait pas lieu d'être.
- Non, pas à ma connaissance.
- C'est donc seul que vous êtes arrivé à ce niveau ?
Renji se contenta de hocher la tête. Un mensonge est plus facile s'il peut se faire sans un mot. Et toute l'assemblée des capitaine le fixa avec un air d'intense incrédulité. Personne n'atteint le bankai seul. Point barre.
- En êtes-vous bien sûr ?
Il déglutit. Bon, il allait en mettre une dans la merde, mais vu qu'elle était déjà exilée, un peu plus ou un peu moins, ça ne pouvait lui faire beaucoup de mal.
- Lorsque Ichigo est venu pour la première fois, il s'est entraîné avec Yoruichi Shiohin, et j'ai suivi une partie de cet entrainement pour atteindre le bankai.
Un murmure de mécontentement affleura dans l'assemblée des capitaines. Et ce fut Hitsugaya qui reprit l'interrogatoire, étouffant un bâillement.
- Tu veux dire que tu maîtrisais déjà le bankai lors de l'exécution manquée de Rukia ?
- Ben ouais. Je l'ai utilisé à ce moment-là, si je me rappelle bien.
Là encore un silence stupéfait suivit cette nouvelle.
- Comment a-t-on pu ne rien sentir ?
- C'était le bordel, faut bien le dire.
- Et puis de toute façon, moi je ne sens jamais cette connerie de reiatsu.
- On ne pensait pas vraiment à toi, Kenpachi.
- Et à quelle occasion tu en as fait usage, précisément ?
- Ben... en allant chercher Rukia, contre le capitaine Kuchiki.
Yamamoto se retint de crier qu'il en avait ras les moustaches de se faire prendre pour un con par ses capitaines.
- Capitaine Kuchiki est-ce exact ?
- Tout à fait.
- Pourquoi avoir donc caché cette maîtrise du bankai ?
Byakuya fronça les sourcils. Si si si, il allait s'en sortir. Il avait une arme secrète contre les question dérangeantes.
- Je n'ai rien caché du tout. J'ai simplement omis de le signaler.
Ukitake toussa un peu et prit son air le plus sévère qu'il pouvait.
- C'est bien le moment de faire de la sémantique !
- De la quoi ? Firent en chœur Renji, Zaraki et Yachiru.
- On sent qu'il y a tout de même une certaine culture propre à la onzième division, murmura Kyoraku à l'oreille de son ami.
- Sois un peu sérieux là !
- Capitaine Kuchiki vous avez donc omis de signaler que votre vice-capitaine maîtrisait le bankai, tout en lui permettant de s'entraîner sous vos ordre à l'améliorer.
- Oui pourquoi ?
Comment ça « oui pourquoi ? » ? Tous les capitaines le dévisagèrent avec horreur. Non mais ça va pas ? Ce garçon n'a donc aucun sens des réalités ?
- C'est un manquement grave !
- On pourrait régler ça après la question de la mutation de Renji ? Coupa Byakuya, qui en avait ras le kenseikan de s'entendre dire qu'il cachait des choses à ses pairs. Encore heureux qu'il leur cachait des choses !
Le capitaine commandant n'eut pas à réfléchir bien longtemps, il était bientôt l'heure de son petit thé gourmand. Il fallait se dépêcher.
- Bon, le problème est reporté mais pas oublié. Bref ! Cela fera l'objet d'une enquête ultérieure. En tant que capitaines nous sommes les premiers à devoir respecter les règles strictes qui s'imposent à tous les shinigamis.
Byakuya hocha la tête, tout en ayant l'air de s'ennuyer mortellement. Et chaque capitaine espéra intérieurement que jamais personne ne vérifierait qu'il respecte les règles qu'ils imposaient à leurs shinigamis. Sinon ça ferait un beau bordel.
- Oui capitaine général.
- Donc, Byakuya, tu nous dénies le droit de muter Abarai Renji sous le prétexte que nous ne pouvons lui substituer un remplaçant de même qualification. C'est cela ?
Pour toute réponse, Byakuya acquiesça sans un mot.
- Et tu serais opposé à un compromis ?
- Formellement opposé. »
Renji lança un regard stupéfait à son capitaine. Comment ça «formellement opposé » ? pourquoi il ne le laissait pas partir tranquillement, sans vagues et sans scandale ? Après tout, c'était pour son bien qu'il partait, pour leur bien à tous les deux. Il partait pour lui sauvegarder sa conscience et son honneur, et lui, tout ce qui trouvait à faire c'était y mettre ses gros pieds dans la plat avec la délicatesse d'un menos grande bourré ! Faut être maso.
Quoi que s'il l'est vraiment, ça peut être amusant... songea une seconde Renji en imaginant son capitaine menotté et... bon, pas besoin de vous faire un dessin.
Il fixa Kuchiki, l'air tellement con que personne ne chercha à savoir exactement quel genre de question il se posait. Il le fixait, comme s'il pouvait, de la seule force de son regard, attirer à lui l'attention de cet homme. De marbre sous ce regard lourd d'interrogations, Byakuya fixait maintenant le mur en face de lu. Il pouvait deviner sans peine la perplexité de son vice-capitaine. Et puis l'agacement de ses pairs. Mais eux, ils pouvaient bien crever la bouche ouverte, il ne leur ferait pas de cadeau.
Ukitake soupira.
« Je dois bien reconnaître que la coutume donne raison à Byak...au capitaine Kuchiki. Il n'est pas de shinigamis du même rang et de mêmes qualités que Renji Abarai qui puisse occuper son poste.
Toute l'assemblée foudroya Byakuya du regard. Qu'est-ce qu'il est chiant, songèrent quelques uns.
Sasakibe hocha la tête et se pencha vers son capitaine, l'air incertain.
- Nous annulons l'ordre de mutation du vice-capitaine Abarai ?
Yamamoto hocha la tête.
Tant que le capitaine Kuchiki ne donnera pas son consentement, la mutation est annulée. Les deux promotions discutées avant sont approuvées par le conseil des capitaines. - Veuillez notifier nos décisions aux 46.
- Oui capitaine commandant.
- La réunion est terminée. La question du vice-capitaine Abarai est ajournée sine die. À vos postes.
- À vos ordres ! »
A peine sorti de la salle de conseil des capitaine, Byakuya prit la direction de sa capitainerie, draguant avec lui une atmosphère si oppressante que ses rares collègues qui voulaient lui dire un mot sur sa façon de faire en furent découragés. Un qui ne se découragea pas, ce fut Renji. D'abord Byakuya se retourna pour fixer son lieutenant l'air de dire « alors tu te bouges ou je te laisse ici ? »
Renji démarra au quart de tour et emboîta le pas à son capitaine en murmurant.
« Tout de suite capitaine. »
Ce qui arracha un ricanement à Zaraki.
« Et ça prétend vouloir changer de division.
- T'es jaloux parce qu'il t'a jamais obéi comme ça, remarqua Kyoraku.
- C'est sûr, c'est pas à la onzième qu'on lèche le cul du capitaine comme ça ! Admit Zaraki avec la plus belle des mauvaises foi.
Unohana qui en savait pas mal sur la manière toute personnelle dont Renji s'y prenait pour lécher le cul de son capitaine, rougit un peu et toussota.
- Nous avons tous beaucoup de travail.
- Nan, moi pas trop, ça va, rétorqua Zaraki qui n'aimait pas se faire interrompre par une bonne femme.
- Chez moi aussi, c'est plutôt calme en ce moment, fit Kyoraku comme pour en rajouter une couche.
- Vous en avez de la chance. Moi j'ai du boulot, marmonna Hitsugaya en quittant ses collègues.
- Je pari qu'il va pieuter !
- Ces jeunes, aucune résistance ! À son âge je pouvais courir la ribaude toute la nuit sans même avoir des cernes le lendemain.
- Cela n'intéresse personne Shinshui, fit Ukitake,l'air sévère d'un oncle débonnaire qui tente de punir un neveu trop turbulent.
- Au contraire, je suis sûr que certains pourraient en prendre de la graine, s'ils daignaient écouter.
- Tout le monde n'est pas aussi dépravé que toi.
Ce fut Sasakibe qui interrompit ce passionnant échange sur l'éducation sexuelle des shinigamis
- Capitaine Kyoraku. Le capitaine commandant veut vous voir.
- Les affaires reprennent ! »
Dans la capitainerie de la sixième division, les deux officiers se faisaient face, tout en évitant soigneusement de se regarder dans les yeux. Byakuya avait choisi de se réfugier dans la cour intérieure de la capitainerie, endroit plus calme et reposant qui lui permettait d'aborder les problèmes avec sérénité, aidé en cela par le « ploc ploc » de la fontaine en bambou et du « fufu » du vent dans le mobile en feuilles de bananiers séchées.
Renji s'était rapproché du capitaine et tentait de comprendre. Je n'aurais jamais pensé qu'il irait aussi loin. Surtout devant les autres capitaines. Utiliser un prétexte aussi fallacieux pour m'empêcher de changer de division. Maintenant il est grillé, définitivement. Pourquoi ? Pourquoi ne pas simplement me laisser aller ? Pourquoi ne pas me faire confiance ?
Finalement, Byakuya était très fort pour lui demander des comptes sur tout ce qu'il faisait et exiger des explications. Mais pour en donner, il fallait lui courir longtemps après. En fait il ne donne jamais d'explications. Sauf à Rukia, quand il se croit au bord de la mort. Mais bon, si faut le tuer pour qu'il soit sincère, je suis pas sorti de l'auberge. Surtout que je serais pas foutu de le tuer, moi.
Après tout, j'ai besoin de savoir, ce qui le motive. Pourquoi fait-il cela ? Il brûlait de lui poser la question. Pourquoi prend-il cette peine ? Quelle raison muette le pousse à faire tout ça ? D'ailleurs, y 'avait-il seulement une raison muette ? Il pouvait très bien être sincère quand il affirmait qu'il ne voulait pas perdre un vice-capitaine maîtrisant le bankai. Mouais... faut voir.
« Capitaine ! Pourquoi est-ce que...
- Silence.
- Hein ?
- Je t'interdis de mentionner une seule fois cette affaire. La question de ton affectation est close.
Renji secoua la tête.
- Pourquoi refusez-vous de me laisser faire ce que j'entends ?
Kuchiki ne se retourna pas en répondant.
- Je défends les intérêts de ma division. Je ne veux pas d'un vice-capitaine novice et faible.
En voilà une excuse qu'elle est bonne. Mais Renji fronça les sourcils. Même moi j'en trouve des mieux quand je veux. S'il fallait être obéissant et sage, autant ne commencer qu'après avoir eu toutes les explications.
- J'ai demandé cette mutation par égard pour vous. Comment avez-vous pu ne pas vous en apercevoir ?
Kuchiki hocha la tête placidement.
- Je l'ai bien compris. C'était assez clair comme ça. Mais il est de mon devoir de me consacrer avant tout à la bonne marche de ma division, avant même de considérer mon propre agrément. Ma division a besoin d'un vice-capitaine capable de la défendre. »
Renji en laissa tomber sa mâchoire au sol. Comment pouvait-on trouver une excuse aussi pitoyable ? Et surtout, la débiter avec le plus grand sérieux du monde. Et puis Renji leva les yeux au ciel, puis les tourna vers son capitaine.
Qu'attendait-il de lui maintenant ? Il s'était délibérément exclu de son monde, et Byakuya l'y avait ramené de force, et pour couronner le tout, il lui sortait une excuse bidon, débile et lâche. Alors autant y aller jusqu'au bout. Renji n'avait jamais eu l'intention de faire ça au début, mais l'attitude butée de son capitaine l'y obligea.
« Il y a quelqu'un d'autre qui maîtrise le bankai.
Byakuya s'immobilisa, mais haussa les épaules, masquant son inquiétude.
- Cela ne se peut.
- Hé si. Et je sais même qui c'est. Sans une explication valable de votre part, je refais ma demande de mutation et je vous laisse avec ce type aussi fort que moi sur les bras puisque vous voulez absolument un vice-capitaine doué. Et je vous préviens, c'est pas un cadeau.
Byakuya finit par regarder Renji dans les yeux et demanda.
- Pourquoi ne l'as-tu pas dit devant le comité ?
- Parce que je lui avais promis.
- Et cela même alors que tu souhaites encore quitter ma division ?
- Je le ferai. Sans une autre raison de votre refus, je le ferai. J'ai besoin de comprendre.
Gardant le silence tous les deux, ils se fixèrent, quelques secondes, attendant chacun une réaction de l'autre. Et puis Kuchiki s'approcha lentement, dangereusement près, comme un fauve sur sa proie. Il murmura calmement.
- Considère cela comme un ordre.
- Hein ?
- Un ordre, ai-je dit. As-tu déjà demandé à comprendre un ordre ? Non, même quand tu n'es pas d'accord, tu ne veux pas comprendre cet ordre. Tu dois juste t'y soumettre ou t'y soustraire si tu n'es pas d'accord. »
Renji tint tête quelques longues secondes, révolté à l'idée d'une telle alternative et surtout choqué que Kuchiki puisse ainsi disposer de sa vie comme il le désirait.
Il ne pouvait pas résoudre cela tout seul. En plus, sa pitoyable tentative de chantage, il ne la mettrait jamais à exécution. Ikkaku refusait un commandement par admiration pour Zaraki. Une admiration et une fidélité sans bornes. Il y avait d'autres raisons, sûrement mais aussi un attachement qui devait être celui d'un vice-capitaine pour son capitaine. Renji ne se sentait pas le cœur ni à trahir le secret d'Ikkaku, ni à lui imposer un capitaine comme Kuchiki, un capitaine qu'il ne pourrait ni aimer, ni admirer.
« J'ai toujours obéi à vos ordres, capitaine.
- Ah oui ?
- Enfin, presque. »
Kuchiki soupira, Renji lui trouva l'air fatigué et il réalisa qu'il le regardait de près depuis assez longtemps, et le dévisageait d'une manière trop insistante pour être honnête.
« Je... ce n'est pas qu'un ordre. Vous savez ce que je ressens... et ce que...
- Toi aussi, tu dois faire passer les nécessités de la division avant ta satisfaction personnelle, quoi qu'il t'en coûte.
- Cap...
- Je ne pense pas que les hommes soient interchangeable, Renji. Ta place est ici, cette division est la tienne et personne d'autre n'est son vice-capitaine.
Byakuya soupira et murmura, plus doucement, moins sûrement.
- Personne d'autre n'est mon vice-capitaine.
Renji sentit le rouge lui monter aux joues. Nan mais là, s'il le prenait par les sentiments, ça allait pas le faire.
Vous allez le regretter alors, fit-il, plus pour lui-même que pour son interlocuteur.
- Que dis-tu ?
Byakuya s'immobilisa.
- Je vous demande si vous êtes prêt à payer le prix de me voir rester ici.
- Je te l'ai déjà dit. Serais-tu sourd ? Ce que je pense importe peu face au bien de ma division.
- Oui mais là, le prix est cher, capitaine. »
Il s'apprêtait à parler mais fut interrompu avant d'avoir pu prononcer le premier mot (ce qui n'est pas plus mal vu que c'était une connerie).
« Vice- ! »
Une brassée de jeunes shinigamis parmi les plus jeunes de la division se jetaient sur lui. Rikichi, les yeux pleins de larmes s'accrocha à sa manche.
« Vice-capitaine ! On a vraiment cru que vous alliez partir.
Le taux d'humidité augmentant dramatiquement, Renji se dégagea des étreintes mouillées et émues de ses subordonnés.
- Mais qu'est-ce qui vous prend ! C'est pas le bureau des pleurs ici ! »
Depuis l'engawa où il avait rapidement trouvé refuge, Kuchiki observait la scène, pensif et un peu agacé.
« Ce n'était donc pas qu'un caprice de ta part.
Byakuya fit un bond de surprise.
- Kyoraku ! Que faites-vous ici ?
- Je pratique le shunpo. Dis-donc, quel succès le petit Abarai ! Il faudra le surveiller, il va y avoir des jaloux.
- Que faites vous ici ?
- Et bien... on m'envoie éclaircir cette histoire de bankai. Est-il vrai que tu étais au courant et n'en as rien dit ?
Kuchiki haussa les épaules.
- Ce n'était pas utile. Son bakai est encore trop brouillon.
- Toujours est-il que la maîtrise du bankai est un événement important qui doit être consigné aux archives.
- C'est chose faite.
Kyoraku haussa un sourcil. Ah oui. Donc Byakuya Kuchiki avait consigné un événement d'importance dans les archive du Seireitei, profitant que sa famille en ait la charge, le tout sans en référer à son supérieur direct ? Hé ben il est pas au bout de ses peine, papy Yamamoto.
- Oui, mais pourquoi ne pas l'avoir signalé réglementairement ?
- Ce n'était pas intéressant.
Kyoraku hocha la tête, un sourire sournois aux lèvres.
- C'est mignon un capitaine qui couve son lieutenant.
Il secoua la tête avant de le relever, l'air de se souvenir subitement de quelque chose.
- Hé ! Mais c'est la deuxième fois que je te dis ça, moi ! La rumeur serait-elle fondée ? Y'aurait-il du rififi à la sixième division ? »
Byakuya, plus crispé que jamais, se retint de filer une grosse mandale à son collègue. C'est vrai qu'un petit coup de senbonzakura, et ça irait tout de suite mieux. Il serait détendu, serein, il pourrait convaincre Renji de rester si celui-ci avait encore des doutes. Imperceptiblement, il porta à la main à la poignée de son zanpakuto. Oui, se défouler un bon coup, une bonne fois pour toute, en finir avec les gens indélicats qui venaient fourrer leurs gros sabots dans ses affaires. Est-ce qu'il allait mettre son nez chez les autres lui ? Non, ben, alors !
Kyoraku recula un tout petit peu. Quand Byakuya prenait ce regard noir et en même temps éteint, c'est qu'il pensait très fort à tuer quelqu'un. Kyoraku ne l'avait pas souvent vu, mais il n'aimait pas trop en être la cible.
Finalement, ce fut Renji qui les sauva tous les deux (et nous priva d'un beau combat d'anthologie, mais c'est encore une autre histoire) en déboulant, poussant son capitaine à l'intérieur.
« On rentre capitaine, s'il vous plait. Lâchez-moi ! Les mômes ! Je suis là, ça va, je vais pas m'évaporer.
Une petite blondinette à forte poitrine lui agrippait toujours la manche, les yeux plein de larmes et le nez plein de morve.
- Mais vous vouliez partiiiir... Bouuuuh ! Vous nous aimez paaaaeuuuhh !
- Mais si, mais si...mais bordel. J'ai le droit de vivre ma vie, protesta Renji en se réfugiant derrière Byakuya qui ouvrit de grands yeux (trois millimètres d'écarquillement, c'est tout dire) à l'idée de devoir faire un rempart de son corps entre Renji et ses fangirls&boys en pleurs.
- Un peu de tenue ! Fit-il avec autorité.
Immédiatement, les jeunes shinigamis encore accrochés à Renji se détachèrent comme par enchantement et se mirent au garde-à-vous par pur réflexe.
- Allez reprendre votre poste. Le vice-capitaine Abarai reste avec nous. »
Une explosion de joie se fit parmi l'assemblée (qui en fait ne comprenait pas que des jeunes shinigamis).
Une fois que les autres se furent éloignés à toute vitesse sous le regard acéré de leur capitaine, Renji se tourna vers lui, tout en prenant soin de rester le plus près possible.
« Je reste avec vous ? Vous décidez un peu vite non.
- Pas vraiment. Essaye de me faire accepter un autre vice-capitaine et tu regretteras d'être venu au monde.
Si Byakuya avait pu se voir dans un miroir, il aurait bien dû reconnaître qu'il avait au fond des yeux cette lueur qu'ont tous les psychopathes et qui clame « si je ne peux pas t'avoir, personne ne t'auras ». Mais heureusement, il n'y avait que Kyoraku pour voir ça, et lui, les regards de psychopathe, il est habitué.
Renij, pour sa part, regardait ailleurs, variant les angles qui lui permettaient d'éviter de croiser son capitaine en face à face.
- C'est un peu possessif non ?
- Totalement.
- Ah.
- Pourquoi crois-tu que j'aille jusqu'à me ridiculiser en conseil des capitaines pour toi ?
- Capitaine vous... vous m'ai...
Une main lui agrippa le col et il se retrouva en une seconde à moins de dix centimètre du visage de Byakuya. Ce qui n'était pas pour lui déplaire en soi, mais là, il était surtout face à un regard tout à fait polaire.
- Plus un mot. Capitaine Kyoraku, débarrassez-moi le plancher, merci.
Shunsui qui assistait, rigolard, au tendre spectacle, hocha la tête et tourna les talons.
- Bon courage, Renji-kun... bon courage.
À ces mots, Renji fixa son capitaine.
- Pourquoi c'est à moi qu'il souhaite bon courage ? »
ce dernier le dévisagea à son tour, l'air de rien et le repoussa d'un coup, mais seulement pour pouvoir mieux le rattraper par la manche. Renji suivit le mouvement, tracté par son capitaine et peu désireux de résister. Quand il est énervé, surtout ne pas résister.
Enfin arrivés dans le bureau du capitaine, il le lâcha mais seulement pour mieux le pousser contre son bureau.
« Cap... »
Et le fixer d'un regard de dément.
« Capitaine, vous voulez que je reste, parce que vous m'aimez ? »
Et Byakuya résista une fois de plus à l'envie de tuer Renji. Ou de lui sauter dessus, il ne savait plus trop, à force de se retenir.
« Mais que croyais-tu ? À cause de toi, je néglige mes devoirs, je suis infidèle à mon épouse, j'abandonne ma fill...sœur et je suis la risée de tout le Seireitei. Bien sûr que je t'aime. Si ce n'étais pas le cas, je n'aurais pas toléré le dixième de ce que tu as fait. Je me compromets pour toi un peu plus chaque jour, alors que tu cherches à fuir.
- Je ne veux pas fuir, trancha Renji, un peu agacé de passer toujours pour le boulet de service. Je ne veux pas vous fuir.
- Alors quoi ?
- Je veux vous mériter. Je veux... être à votre mesure, à votre portée. Je ne veux plus être derrière vous tout le temps.
Byakuya soupira. Oui, il s'attendait à une connerie dans ce genre, mais là...
- Si vraiment tu considères que tu dois gagner mon affection, alors vas-y, mais ne fais pas les choses à moitié. Deviens capitaine, simplement. Là, tu pourras dire que tu es à ma portée.
Renji baissa la tête.
- C'est impossible pour moi.
- Alors pourquoi penses-tu que changer de division te mette à ma hauteur ?
- Cela me sort au moins de...
- De ?
- De ma dépendance envers vous.
Byakuya se pencha, l'air plus blessé qu'énerver.
- Ta dépendance ? Et que fais-tu de la mienne ?
Renji secoua la tête.
- Je ne peux pas croire que ce soit aussi fort. Vous ne pouvez pas être aussi touché que moi.
- Ah bon ?
Byakuya se pencha, toute sa colère était retombée et il luttait maintenant, bien vainement, contre la gêne qui prenait possession de lui. Il s'approcha un peu de son lieutenant, posa ses mains de chaque côté de lui, sur le bureau.
- Renji, depuis ce jour où je suis venu te voir dans ta chambre d'hôpital, je n'ai cessé de penser à toi. Quelques furent mes pensées, c'était toi. J'ai dû abandonner mon deuil, mon honneur et bon nombres de principes de mon éducation pour enfin accepter que tu sois à mes côtés. Et tu voudrais partir ?
- Cap... vous êtes aussi...
- Bien sûr, Renji Abarai. Crois-tu que je laisse n'importe qui entrer ainsi en mon cœur ?
Honteux, Renji secoua la tête et baissa les yeux.
- Je n'ai connu que deux êtres en ce monde, mon épouse, qui mourut il y a cinquante ans, et toi. Seulement vous deux, et il n'y a jamais eu personne d'autre.
Renji sentit son cœur accélérer ses battements, une telle confession était... inespérée, incroyable, extraordinaire. S'il avait su plus tôt à quel point Byakuya l'aimait, peut-être aurait-il entrepris plus de choses.
- Vous êtes si distant parfois.
- Je suis comme je suis. Tu ne changeras pas ma nature, comme je ne changerai pas la tienne. Cependant, réfléchis à cela, nous n'avons pas besoin de changer pour s'aimer.
Le vice-capitaine se pencha, nicha son visage au creux de l'épaule de Byakuya.
- Capitaine, je n'agis pas souvent comme je le devrais, mais je vous aime aussi. Je ne peux pas être aussi noble que vous, je ne suis pas parfait, ni pur. Mais je voudrais rester à vos côtés.
Byakuya sourit en coin. Bien.
- Suis-moi Renji. »
Et il effectua un magistral shunpo qui le conduisit dans la rue, à quelques dizaines de mètres de la capitainerie, puis à nouveau un peu plus loin, puis dans un parc, puis finalement devant un immense portail qui ouvrait sur un non moins immense manoir.
« Cap...
Renji haletait après cet enchaînement de pas qu'il n'avait suivi qu'avec difficulté. On avait beau dire, l'art du déplacement à la manière de Byakuya était un art d'experts, et Renji s'y sentait douloureusement amateur.
Le capitaine se retourna pour faire face à Renji.
- Tu sais où nous sommes ?
- Oui... bien sûr. C'est chez vous.
- Ceci est la maison de la noble famille Kuchiki. Seuls les membres de mon clan peuvent y accéder.
Renji hocha la tête, attendant de voir où son capitaine voulait en venir.
- Même Hisana, malgré sa qualité d'épouse, n'a pas sa place sur l'autel familial Kuchiki. Je suis le seul à l'honorer comme on honore un membre de sa famille.
À nouveau, Renji hocha la tête, sans montrer à quel point il se sentait ému d'entendre Byakuya parler pour la première fois de sa défunte épouse devant lui avec une telle franchise.
- Je te l'ai dit, seuls les membres de la famille Kuchiki sont admis ici. Et, malgré tout mon pouvoir de chef de famille, ce n'est à moi de décider qui est membre de ma famille.
Il s'approcha de Renji et planta son regard dans le sien.
- Es-tu prêt à te soumettre à une telle situation ?
Sans un mot, Renji hocha la tête. Pas besoin de lui dire, il savait depuis le début que l'univers de Byakuya Kuchiki était diamétralement opposé au sien, mais cela ne diminuait en rien les sentiments qu'il avait pour lui. Il ne pouvait renoncer à l'homme qu'il aimait à cause de cela, s'il le faisait c'est qu'il avait préjugé de la force de son amour, et ce n'était pas le cas.
- Capitaine, je le sais depuis longtemps. Et vous devriez savoir, vous, que je ne reculerais devant rien pour vous.
Byakuya eut un petit sourire satisfait et hocha la tête.
- Alors suis-moi. »
Et il pénétra dans l'immense maison d'un pas assuré, suivi par Renji, qui semblait prêt à fuir à tout moment.
Dès qu'ils furent entrés, une demi-douzaine de serviteurs se précipitèrent en rang d'oignons devant le capitaine et saluèrent bien bas. Byakuya secoua la tête.
« Merci, nous n'avons besoin de rien. Faites servir le thé dans mes appartements. »
Tout au long des couloirs sans fin du manoir, Renji eut largement le temps de s'étonner. Il savait que la famille Kuchiki était une des quatre grandes familles nobles, mais là, ça faisait un peu trop. Le manoir d'une famille était plus grand que deux capitaineries réunies. Des serviteurs discrets mais dévoués entretenaient les nombreux jardins dans lesquels ils passèrent, saluaient au passage, et puis disparaissaient dans les couloirs. Renji eut un frisson dans le dos en réalisant que ces kilomètres de couloirs et ces centaines de pièces devaient être scrupuleusement entretenus par une armée de petites mains au service du clan.
Finalement, ils arrivèrent devant une porte aussi sobre que les autres, rien n'aurait pu indiquer que vivait là le chef de famille.
Byakuya ouvrit et puis s'effaça pour laisser entrer Renji en lui faisant un signe de la main. Toujours aussi incertain, Renji pénétra dans la pièce et fut frappé par le dénuement de celle-ci. Peu de décoration, aucun confort apparent et pour seul meuble, une table basse posée au milieu du tatamis.
À l'autre bout de la pièce, Byakuya alla ouvrir la cloison qui donnait sur un jardin intérieur et s'installa sur l'engawa.
« Viens ici, Renji.
Ce dernier s'exécuta, toujours sous le choc de voir enfin, pour de vrai, l'endroit où vivait son capitaine.
- Capitaine, vous... vous vivez ici ?
- Bien sûr. Mes appartements encadrent ce jardin.
- Oh, fit Renji, que tant de richesse et de luxe laissait sans voix. Et...je peux voir ?
Byakuya haussa les épaules.
- Ce n'est pas très enrichissant. Tu as vu la pièce principale. Là, fit-il en montrant le côté droit, c'est mon bureau particulier, de l'autre côté, c'est une salle d'étude. Et en face, ma chambre à coucher. »
Renji secoua la tête ; rien que la pièce principale par laquelle ils étaient entrés était plus grande que son pauvre appartement dans le Seireitei.
Il allait demander quelque chose lorsqu'un grattement à la porte se fit entendre et une jeune fille à l'habit et la coiffure aussi stricts que possible entra dans la pièce, poussant un plateau devant elle.
Elle salua et entra totalement, apportant le plateau jusqu'à l'engawa, le posa entre eux et salua à nouveau avant de partir rapidement. À la voir disparaître ainsi sans bruit, Renji se dit que les serviteurs ici, devaient tenir lieu de meubles.
Byakuya commença à servir le thé, avec des mouvements amples et gracieux qui forcèrent Renji à se taire et regarder. Le froissement du tissus lorsque Byakuya levait le bras, le crissement du parquet quand il se penchait en avant et son soupire de contentement quand le parfum du thé monta jusqu'à lui, tout participait à hypnotiser le vice-capitaine.
Ils burent ainsi une première tasse dans le silence le plus complet, profitant de la douceur de la soirée, perdu dans la contemplation du jardin dont les ombres s'étiraient avec la fin du jour.
Lorsque Byakuya servit leur deuxième tasse, son regard accrocha celui de Renji, comme par erreur, et ils ne se quittèrent pas pendant quelques secondes.
Byakuya admira en silence la longue chevelure rouge et maudit le bandeau et le l'élastique qui gardaient cette chevelure prisonnière. Il avait envie de voir le visage de Renji encadré de cette crinière de sang, il avait envie que sa main parte toute seule ôter le bandeau et l'élastique, il avait envie que ses doigts se perdent dans la masse des cheveux rouge, il avait envie que Renji le couve alors de ce regard sauvage et fou qui l'avait fait frémir.
Renji détaillait les traits anguleux de son capitaine, et contemplait avec fascination le jeux des ombres sur ce visage. À chacun de ses mouvements, un rayon de soleil venait se poser ailleurs, illuminant chaque relief l'un après l'autre. Et il maudit ce soleil qui lui montrait chaque parcelle de peau qu'il aurait voulu caresser. Il avait envie de voir Byakuya dans l'ombre, dans l'ombre d'une nuit. Non pas ce visage lisse et net, illuminé, mais un visage perlé de sueur, un visage déformé par le plaisir, un visage masqué dans l'ombre. Il avait envie de ne voir briller que le regard perçant de Byakuya dans la nuit.
Puis, il se mit à boire sa tasse de thé pour ne plus penser à ces yeux perçants.
Après une brève gorgée, il détacha ses lèvres du bord de la tasse en fermant les yeux.
« C'est bon. »
Et c'était la vérité, il n'avait jamais goûté un thé aussi intense et parfumé, tout en étant subtilement amer.
Du bout des doigt, il effleura la tasse de Byakuya et reprit.
« Vous avez de la chance de boire quelque chose d'aussi bon tous les jours.
Ses doigts rencontrèrent ceux de son capitaine et il commença à les retirer, mais Byakuya retint simplement sa main contre la sienne.
- Je suis conscient de ma chance, et des devoirs qu'elle implique.
Renji hocha la tête et se pencha en avant, la tasse tomba sur le plancher dans un « poc » sourd, elle roula sur quelques dizaines de centimètres avant de s'arrêter. Dans se cheveux, il sentit la main avide de Byakuya qui lui ôtait bandeau et élastique.
Du bout des lèvres, il murmura, presque timidement.
- Je peux voir votre chambre ? »
Pour toute réponse, les lèvres du capitaine trouvèrent celles de son lieutenant, et ce dernier se trouva allongé sur le sol sous un Byakuya très entreprenant.
La nuit n'était pas encore tombée, mais la chambre était plongée dans l'obscurité la plus complète, Renji pouvait voir briller les yeux perçants de son capitaine et profiter du frissonnement intense que cela provoquait en lui. Ses mains agiles qui le caressaient lui ôtaient toutes ses envies d'agir et tuaient sa volonté.
Byakuya faisait courir ses doigts fins le long des muscles tendus de Renji, rencontrant le dessin mystérieux de ses tatouages. Il défit doucement l'obi de Renji, tirant la ceinture avec délicatesse, effleurant la peau nue de son amant du bout des doigts. Il fit subir le même sort au kosode de Renji, souriant au son du tissus froissés sous la peau. Lui même se dévêtit rapidement et finalement, dans un crissement soyeux, il défit le hakama de Renji, tout en le forçant à rester allongé sur le dos, coincé entre ses jambes.
Renji sourit en coin en songeant à ses chaussettes toujours bien en place à ses pieds, et se tortilla pour les ôter à moitié.
Pendant ce temps, Byakuya continuait à prodiguer ses caresses sensuelles, et, petit à petit, posa ses lèvres par endroits, laissant un sillon brûlant de baisers le long des arabesques noires.
Renji se tendit, tout son corps arqué pour recevoir le plus possible la sensation douce et chaude de son capitaine sur lui. Il passa ses mains dans la chevelure d'ébène et gémit. Il avait l'impression que ça faisait un siècle qu'ils n'avaient rien fait.
Byakuya décida qu'il devait savoir, à son tour, jusqu'au allait le tatouage.
Il se redressa et couva son lieutenant d'un œil scrutateur. Ses cuisses étaient aussi zébrées des dessins noirs. Il haussa un sourcil et murmura.
« Tourne-toi. »
Docile mais inquiet, Renji s'exécuta et se mit à quatre pattes, offrant à Byakuya une vue imprenable sur la partie la moins intellectuelle de sa personne.
Le capitaine sourit franchement, la première fois depuis longtemps, et, à nouveau, suivit du bout des doigts le chemin du tatouage. Mais au lieu de s'arrêter à la fin du tracé, il continua, jusqu'à se glisser entre les fesses bien fermes de son lieutenant.
Ce dernier étouffa un grognement et se cambra.
Et puis doucement, Byakuya se plaqua contre Renji, ses jambes mêlées aux siennes, son torse contre le dos tatoué, son visage dans la nuque chaude, humant le parfum musqué de la crinière rouge.
Ses mains continuèrent leur travail en allant et venant, massant, caressant. Byakuya puisait dans ses souvenir, dans tous les gestes aimants qu'il avait pu avoir dans sa vie, pour prodiguer le même plaisir à Renji. Si on pouvait aimer avec les mains, alors il voulait être capable de le faire.
Bientôt, ses efforts portèrent leur fruit et Renji étouffa un gémissement de plaisir et se cambra un peu plus. Dans les mains de Byakuya, le sexe dur de son amant se raidit et Byakuya sentit le souffle lui manquer. La sensation de fragilité de ce qu'il avait entre les mains, mais en même temps l'agressivité du membre tendu, et ses propres doigts autour, ses mains qui s'activaient, ses doigts fatigués qui cherchaient à vaincre cette dureté... Il se tendit à son tour, toute son attention portée à cette petite partie de son amant, entendit à peine Renji protester d'un vague « capitaine...non.. pas tout de suite », et porta une main plus en avant, effleurer les testicules lourds du plaisir à venir.
Renji étouffa un hoquet et serra les poings, et Byakuya sourit, voilà ce qu'il attendait de son amant, un moment où il serrait totalement sincère avec lui-même, avec ses sentiments, un moment où il pourrait lire en lui comme dans un livre.
Il se plaqua à nouveau contre Renji et, au creux de son oreille, murmura d'une voix tentatrice qu'il ne se connaissait pas.
« Renji... que veux-tu ? »
À ces simples mots, Renji jouit sans pouvoir plus se maîtriser, souillant le drap sous lui, son ventre et les mains blanches de son capitaine.
Il retomba sur les coudes, le front contre le futon, les yeux fermés et le visage trempé de sueur.
« Fais... fais-moi l'amour.
Ses mots tremblaient, ses mains aussi, son souffle errait sans trouver son rythme mais au fond de sa voix une volonté inflexible l'animait.
- Maintenant. »
Byakuya se redressa, tourna à demi son vice-capitaine et lui prix le menton d'une main.
« Renji, m'aimes-tu ?
À bout de souffle, le simple frôlement des lèvres sèches de Byakuya suffit à tirer Renji hors de son hébétude.
- Tu le sais bien que je t'aime.
Byakuya poussa Renji sur le dos, glissa une jambe entre les siennes et passa presque à quatre pattes sur lui.
- Apparemment non, puisque j'en doute.
Le capitaine sentit avec contentement les bras de Renji passer autour de ses épaules, rapprocher leur visage et, dans une attitude de soumission totale, il se tourna de lui-même sous Byakuya, les jambes écartées et le corps offert.
- Montre-moi combien je t'aime. Prends-moi. »
Sans voix devant une telle offre, Byakuya se pencha pour embrasser son amant avec passion. Une de ses mains descendit vers le sud et fit brusquement frémir Renji, une fois, deux fois, trois fois, avant de trouver la juste manière de le prendre.
Le cœur battant à tout rompre, Byakuya observa longuement son amant, et ne vit en lui qu'une chose, cette envie sans fin de vivre en l'autre. Son regard sombre le suppliait de le prendre, exigeait qu'il vienne en lui trouver la réponse à sa question, son regard fou l'appelait à ne devenir qu'un, à devenir l'un l'autre. Ce n'était plus une question physique de satisfaction des sens, mais un impératif moral de se sentir entier et uni à l'autre.
Byakuya le prit avec fougue, plus que d'habitude, plus que jamais, et n'eut de répit que lorsqu'il perçut dans le regard perdu et dans les grognements de plaisir non plus uniquement de la satisfaction, mais aussi la sensation d'union, d'intense accomplissement que lui-même ressentait. Et là seulement, son esprit connut la paix, pour la première fois depuis des jours.
A SUIVRE...
La suite le lundi 7 novembre ! On reprend les bonnes habitudes !
Et pour patienter :
« Attends Renji, j'ai rêvé là ?
Ça dépend, t'as vu quoi ?
Ce mec te mettre la main au cul.
Alors t'as pas rêvé, c'est bien arrivé... Reprends ta mâchoire, elle traîne par terre. »
