Pdv Hoodie

J'avais fermé la porte à clé et me l'étais fourrée dans la poche de mon sweat, restant collé contre le mur, les bras croisés en fixant méchamment Toby qui n'avait pas bougé d'un centimètre depuis le départ de Rune. Tim l'avais emmené pour s'occuper d'elle un instant, ce qui me laissant du temps avec cet incapable de bipolaire, qui m'exaspérait plus que tout à trembler comme un enfant, assis sur son lit en jouant avec l'élastique de ses lunettes. Sa maladie m'avait toujours énervé mais je ne pouvais jamais rien dire à ce sujet, ou Slender alors me forcer à m'excuser auprès de lui. Il agissait comme un tueur sanguinaire et sans pitié et deux minutes après il se retrouvait à la merci de n'importe qui en ressemblant à un enfant perdu. Je tapais du pied par terre en serrant les dents, donnant un violent coup de poing dans le mur derrière moi pour le faire réagir. Ce qui marcha plutôt bien puisqu'il sursauta avant d'aller se plaquer contre la paroi du lit, me regardant avec plus de peur que de courage, se doutant bien qu'il n'allait pas passé le moment le plus agréable et calme de sa vie. Ayant enlevé ma capuche et ma cagoule un moment auparavant, je passais une main dans mes cheveux en esquissant un sourire énervé avec un petit sourire qui laissait bien paraître la haine et la colère qui me serrait l'estomac. Il avalait sa salive en continuant de trembler, tendant doucement la main vers la table de nuit pour attraper une petite boîte de pilules bleues. Il devait en prendre à chaque fois que les changements d'humeur étaient trop brusques et forts, pour qu'il ne fasse pas de crises d'épilepsie ou ce genre de choses qui pourraient très bien le faire mourir. Mais avant même qu'il puisse poser la main sur le capuchon, j'avançais rapidement en saisissant le pot, le soulevant au dessus de lui tout en lui attrapant le col du tee-shirt de ma main libre, l'étouffant une seconde. Dans une pleine position de supériorité, je le regardait droit dans les yeux en sentant son souffle saccadé et beaucoup trop rapide sur moi. Je ne me souciais que très peu de son état physique ou mental alors le faire souffrir n'était pas vraiment un problème pour moi, surtout que jusque là, il s'était moqué de moi.

-Tu t'es bien foutu de moi enfoiré de petit pyromane... Je lui disait doucement en le gardant en l'air, mettant égal sa boîte de médicaments dans ma poche en le secouant un coup. Tu disait que la tuer serait mieux pour nous? Mais en fait tu avais juste envie de la tuer pour ton propre plaisir hein? Je serrant mon autre main sur sa gorge, bloquant sa respiration quelques longues secondes pendant qu'il se débattait en dessous de moi. Il ne pouvait pas ressentir la douleur comme nous, je voulais bien le croire, mais je pouvais quand même l'empêcher de respirer pour qu'il souffre. Quand je le lâchais pour qu'il me réponde, il toussa un instant en commençant à pleurer, ayant du mal à reprendre son souffle, en plein début de crise de respiration dû à son manque de médicaments. Mais je n'allais pas lui donner pour autant, hors de question que je lui fasse cette honneur en l'épargnant gentiment comme je le faisais habituellement. Maintenant on allait changer les rôles et à la place d'être le type discret qui ne voulait pas faire de mal inutilement à cet idiot, j'allais prendre un malin plaisir à le voir souffrir. Dans un dernier espoir, il se redressa sur le lit en tendant le bras pour attraper les cachets mais, pur réflexe j'imagine, je lui envoyais mon poing dans le visage, entre son oreille et son menton, sentant mon poing taper fortement sur sa mâchoire. Il n'eut même pas le temps de crier qu'il tomba sur le côté en regardant dans le vide, faisant pencher sa tête en arrière, comme je le soulevais encore par le col. Par peur au départ, je le lâchais brusquement pour que son corps s'étale sur le matelas et je fourrais la boite dans ma poche, regardant son corps étendu.

-Merde... Nan nan nan, je répétais des insultes en silence, le regardant de long en large. Je posais immédiatement deux doigts dans son coups, au creux de sa mâchoire pour vérifier son pouls. Je lâchais un soupire rauque et soulagé quand je sentis quelques battements au bout de mes doigts. Je m'enlevais de par dessus lui et lui donna deux petites claques sur la joues en riant ironiquement.

-Maintenant Toby, tu vas gentiment dormir et me foutre la paix pour le restant des jours qu'ils te restent.

Au fond, j'avais vraiment envie qu'il l'entende mais je me disais aussi que la phrase que je venais de prononcer ne me ressemblait pas. Je grognais en me levant, posant deux pilules sur sa table de nuit pour quand il se réveillait, ne voulant pas qu'il meurt maintenant.

Maintenant j'allais juste rejoindre Tim pour me détendre sérieusement. À croire que cet endroit perverti vraiment les gens. Tu verras Rune, toi aussi tu sombreras la dedans, et plus vite que ce que tu ne te l'imagine.

Pdv Rune

Je serrais entre mes doigts l'ordinateur portable que je venais de trouver sous l'oreiller avec un sourire excité et désespéré à la fois. Je pensais à toutes les possibilités que cette trouvaille pouvait m'apporter et je tremblais de tout mon corps, la respiration rapide et saccadée à m'en faire mal à la poitrine. Je mettais la main sur mon cœur, essayant de me calmer du mieux que je le pouvais mais j'avais une envie incontrôlable de pleurer et de rire en même temps, ou même de hurler aussi fort que je le pouvais pour laisser sortir la tristesse et la rage qui me dévorait encore le ventre. Soufflant un grand coup, je passais ma main dans mes cheveux emmêlés en essuyant au passage mes joues qui étaient encore humides, gardant mon sourire aux bords des lèvres, n'arrivant plus à penser rationnellement, ne pensant qu'à une seule et unique chose. Partir d'ici le plus rapidement possible pour retourner chez moi et oublier toute cette histoire.
Rapidement, mon sourire s'éteignit après cette pensée, tout comme mon regard qui redevenait terne et sans vie. Oublier? Je venais réellement d'imaginer ça? C'était étrange de penser à ça tout à coup, ça me paraissait même irréaliste, surnaturel, complètement impossible. Quand j'y pensais vraiment, est-ce que je pourrais réellement oublier tout ce que j'avais vécu? Je caressais mes bras du bout des doigts en me mordant doucement la lèvre, baissant la tête, encore à genoux sur le matelas du lit qui devait appartenir à Tim. Mes bras, mes jambes ou même mon corps tout entier, les brûlures et les coups allaient sûrement laisser des traces et des cicatrices alors il y a peu de chances que je puisse effacer toutes ces horreurs de ma mémoire. La mort d'Alessa, celle de mes parents ou même celle de Vincent me hantais sans cesse et une mort ne s'oublie jamais rapidement. Et puis... personne n'avais dit que j'allais sortir d'ici. Je secouais frénétiquement la tête en me frottant les joues pour arrêter de me morfondre, étant sur le point de retomber dans le gouffre profond de la tristesse et de la peur qui me possédait depuis des semaines.

Je devais me concentrer maintenant! Je ne devais plus être dérangée par mes sentiments et devais simplement penser à ce que j'allais faire maintenant. Et ce que j'allais faire, c'était trouver un moyen quelconque pour sortir. Des idées me fusaient dans la tête pendant que, tremblante, j'ouvrais doucement l'écran de l'ordinateur en soupirant pour me calmer une seconde, posant mon doigt sur le bouton On de l'appareil. Je fermais les yeux en appuyant un coup sec dessus, priant pour qu'aucun son ne sorte de l'ordinateur et, à ma grande satisfaction, le volume de l'appareil était bel et bien éteint. Je me passais la main sur le front en soufflant, regardant une interface bleuté avec un seul icon s'allumer. Un seul icon... Rien qu'un.

-C'est pas vrai, je grognais entre mes dents en cherchant dans le menu d'accueil si une autre application était présente, mais je ne trouvais rien à par cette application de chat.

Je devais être complètement folle mais Internet n'était même pas installé sur cette ordinateur. Ni Google, ni quoi que ce soit d'autre! Juste cette fenêtre de chat qui clignotait dans un coin. J'allais fermer l'écran pour le lancer contre un mur à cause de la frustration, mais avant que je puisse faire le moindre mouvement brusque, mes yeux se posèrent sur la dite fenêtre et en particulier sur le nom de l'utilisateur qui était écrit en caractère gras dans le haut de la page.

-C... Cake... Je me répétais ce mot en fronçant les sourcils, les yeux grand ouverts. Je secouais doucement la tête en me répétant que c'était un sale coup du hasard mais en appuyant sur le chat, la seule discussion disponible s'affichait, montrant une conversation avec une certaine Broken Girl qui était amicalement surnommé Brok' dans la totalité des messages. Je lisais les messages un à un pour me rassurer mais c'était bien réel, cette personne qui chatais avec moi et bel et bien ici, et comme j'étais dans le lit de Tim, et que l'ordinateur se trouvait sous son oreiller, je pouvais quand même facilement en déduire que c'était lui qui me parlait depuis tout ce temps.

Je levais les yeux au plafond un instant en laissant sortir un rire nerveux et apeuré, ne sachant pas si je devais crier de rage ou de peur. Je commençais sérieusement à me dire que ma présence ici n'était pas qu'un hasard, mais que peut-être ces personnes avaient tout préparé pour que je sois ici avec eux. C'était horrible à s'imaginer comme réalité et pourtant il n'y avait se cette théorie qui semblait réaliste, sinon ils m'auraient tuée depuis longtemps, ou même abandonné dans la forêt pendant que j'étais encore blessée à mort pour me laisser mourir entre deux arbres sans que jamais personne ne s'en aperçoive. Au bord de la crise de nerf, j'allais fermer l'écran quand je vis que la personne à l'autre bout, qui d'ordinaire devait être moi, était connectée sur mon PC. En ligne, était bien écrit son mon nom et ca ne pouvait pas être un problème du site puisqu'il fallait obligatoirement que l'application soit ouverte pour que cette phrase s'affiche. Mon cœur se mit à accélérer d'un seul coup et, sans hésiter une seconde, me jeta sur le clavier en tapant rapidement sur les touches un simple message pour prévenir que la nouvelle Cake était présente.

[Envoyé aujourd'hui à 22h31]
Moi: Bonjour...?
[Non lu]

Quand le message était finalement envoyé, un sourire se mit à illuminer mon visage, alors que je sautillais presque sur le lit. Je n'avais pas à être aussi heureuse lors d'un moment pareil de ma vie mais quelque chose de rassurant m'arrivait enfin, et je pouvais respirer sereinement en me disant que tout allait bien se passer, même si je n'en avait aucun preuve...
Il ne me restait plus qu'à prier à partir de maintenant.

Pdv Adrien

Assis sur mon canapé à fumer ma dixième cigarette en regardant le plafond, je soupirais longuement, écrasant ce qu'il restait du mégot dans le cendrier sur ma table basse. J'étais rentré tôt du travail aujourd'hui, ordre de mon supérieur, alors j'avais rejoint mollement mon appartement, situé dans le centre ville. Un appartement beaucoup trop grand pour une seule personne, trop vide aussi. Ma dernière petite amie m'avait quitté quelques mois auparavant avec comme seul argument mon acharnement eu travail. Enfin, c'était un argument assez convaincant pour me laisser tomber comme elle l'avait fait, mais je m'en était remit assez rapidement, je n'étais pas du genre à m'attacher trop rapidement aux gens. De nature plutôt solitaire, son départ ne m'avait fait ni chaud ni froid, et maintenant la seule chose qui me tenait compagnie était le bruit de l'horloge accroché au plafond qui résonnait dans le silence pesant de la pièce.
Encore une fois, j'étais mort de fatigue mais je n'arrivais pas à trouver le sommeil malgré les nombreux essaies et ma boîte de somnifères avalée. Je me levais difficilement du canapé en me dirigeant vers le miroir de mon salon, traînant le bas de mon jogging grisâtre par terre, n'ayant pas prit la peine de mettre un teeshirt.

-Il allait sentir la fumée après de toute manière, je pensais en me grattant la nuque. Je me regardais quelques minutes dans la surface brillante du miroir, faiblement éclairé par l'écran de la télévision qui était restée allumé depuis un moment, sans que je ne la regarde réellement. Je tirais une grimace de dégoût, voyant que mes cernes étaient de plus en plus larges, gagnant du terrain sur mon visage aux traits fatigués. J'étais dans un état pitoyable il fallait bien le dire.

Une petite sonnerie me sorti de mes pensées déprimantes, me faisant tourner la tête vers la table de la salle à manger ou était posé mon téléphone. J'allais voir qui avait pu m'envoyer un message maintenant, m'attendant à un mot de mes collègues sur une affaire quelconque, mais lorsque j'allumais le dit téléphone, je n'avais aucune notification de message. D'ailleurs, je ne me souvenais même pas avoir mit cette sonnerie là. Je fronçais les sourcils en regardant autour de mon, cherchant la provenance de ce son, avant que je ne vois l'intérieur de la pochette d'ordinateur posée sur la chaise s'éclairer doucement. Mon cœur fit un énorme bon dans ma poitrine et je saisit la pochette en sortant l'appareil de cet étui, ouvrant l'écran avec de grand yeux, un air déboussolé scotché sur le visage.
J'avais eu l'autorisation d'emmener l'ordinateur de la fille disparu chez moi pour continuer mes recherches et le voilà qui se mettait à sonner en pleine nuit. Un sourire excité par l'adrénaline se dessinait sur mes lèvres quand je cliquais sur l'application de chat d'où semblait provenir le message, et la conversation apparue d'un coup au centre de l'écran.

[Reçu aujourd'hui à 22h31]
Cake: Bonjour...?
[Lu à l'instant]

Je réfléchi un instant, relisant ce mot plusieurs fois pour essayer de comprendre de qui il venait. Cake, cette personne semblait parler souvent à Rune avant sa disparition et maintenant il envoie un message aussi hésitant? Ça me semblait plus que louche, ce mot semblait beaucoup trop timide pour pouvoir être la véritable personne sous le pseudonyme de Cake. Malgré l'interdiction formelle de mes supérieurs de commencer une action sur l'enquête sans les prévenir, je décidais, seul, de répondre à ce mot.

[Envoyé aujourd'hui à 22h35]
Moi: Bonsoir. Puis-je savoir à qui je suis en train de parler?
[Lu à l'instant]

Le message de retour était déjà lu, cette personne semblait attendre une réponse de ma part. Ou plutôt de la part de la propriétaire de cet ordinateur. Je regardais mes mains avec stupeur, les voyant trembler sans pouvoir s'arrêter, prit d'un élan d'adrénaline qui me bouillonnait dans le sang. Parler à un inconnu à travers un ordinateur qui ne m'appartenait même pas, même en temps que policier je trouvais ça terriblement excitant. La réponse ne mit pas longtemps à apparaître, comme si mon interlocuteur était pressé.

[Reçu aujourd'hui à 22h36]
Cake: Dieu merci quelqu'un me répond...! Je m'appelle Rune, vous m'avez vu à la télé peut-être!? Je suis portée disparue par pitié aidez moi! Je vous en supplie !
[Lu à l'instant]

Je perdit immédiatement mon sourire en je me laissais tomber lourdement sur la chaise, la main plaquée sur la bouche, sous le choc. Je serais en train de parler à une portée disparue à travers son propre PC? Qu'est ce que c'est que ce délire...?

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Youhou! La suite à mit du temps à arriver... Vous aimez bien Adrien? Parce que moi oui ;-;