Konohamaru ne dormait plus. Il se releva un peu s'appuyant sur son coude et tourna son visage vers la créature qui partageait son lit. Paisible, elle dormait à points fermés une main sous son visage. Il balaya doucement la mèche qui chatouillait son nez et laissa ses doigts se perdre dans la crinière brune de sa douce. Il caressa la courbure de ses épaules et son cou offert. Elle dormait paisiblement mais il ne pouvait s'empêcher de la toucher encore et encore de peur que cette nymphe sortie de ses rêves les moins chastes ne s'évapore.
Il connaissait par coeur la rondeur de ses hanches et même la finesse de ses jambes. Il maudit ses draps trops blanc, trop soyeux seuls obstacles à la félicité de ses doigts curieux. Finalement, une brise souleva les rideaux transparents laissant entrer l'air frais qui aurait dû calmer ses ardeurs. Pourtant, la Nature malicieuse n'avait fait que nourrir le vice qui s'emparait de lui depuis plus d'une heure. Le drap si léger venait de glisser au bas des épaules laissant une chair blanche et infiniment parfumée des essences de jouissance de la veille.
Elle se retourna lui faisant à présent face. Sa respiration resta bloquée dans sa gorge. Sa dulcinée se réveillait-elle ? Non. Le nez retroussé, les sourcils froncés, elle n'avait jamais aimé les réveils matinaux. Elle se colla à lui, réduisant encore cette distance qui le maintenait maître de lui même. Sa poitrine contre son torse, il sentait la douceur de sa peau si blanche. Il remonta la couverture et revit cette fine cicatrice qui ornait son cou tel un collier funèbre. Une rage sans nom emporta avec elle le reste de ces pensées de convoitise. Sa main agrippa le drap. Il maudissait tous ceux qui avant lui avait pu poser la main sur elle...qu'elle soit douce ou rude, de plein ou de mauvais gré. Il méprisait tous les hommes qui avant lui avait pu effleurer sa peau délicate et goûter à ses lèvres fragiles. Il haïssait tout ceux qui avait pu un jour lui tirer des gémissements comme ceux qu'il aimait tant. Il les haïssait tous.
Elle ouvrit ses yeux délicatement et fut surprise de la colère qui brûlait dans ceux de son aimé. Elle aimait l'éclat de vie chocolat qui dansait dans ses prunelles, la force qui émanait de lui, cette énergie qui la protégeait de tout. A cet instant, elle ne la trouva pas. Cette expression si douce reparu le temps d'un battement de cil. Il la regardait à nouveau la couvrant de tout l'amour dont il était capable. Sa main parcouru la crinière noire et elle se lova contre cette invité. Il l'embrassa comme si demain n'était qu'un mot vide de sens, comme s'il aurait fallu tout vivre aujourd'hui, comme si leur existence dépendait chaque matin de cette personne en face. Elle sourit et lui tourna le dos pour mieux sentir sa chaleur blottie à nouveau contre lui. Ils n'avaient pas besoin de mots. Tout était là, dans cette sphère protectrice. Leur monde était là.
– Tu devrais te lever marmotte, lui glissa-t-il à l'oreille.
– Tu ne devrais pas réveiller une femme enceinte, fit-elle sur le même ton sarcastique.
Il la retourna si brusquement qu'elle eut peur.
– Qu'est-ce que tu as dit ? Demanda-t-il incrédule.
– Je...je suis enceinte...
Il resta figé, quelque part entre l'étonnement et la joie.
– Je...je vais être père?
Elle affirma de la tête.
Il se rallongea toujours abasourdi par cette nouvelle.
– Moi, père... C'est …le plus beau cadeau que tu puisses me faire.
Elle sentit ses larmes alors que son sourire grandissait tel l'aurore de printemps. Il entendit son rire cristallin de si loin qu'il en oublia de la taquiner. Oui, elle était et serait toujours la seule et l'unique et à présent elle était aussi la mère de ses enfants.
