Coucou les mandragores !
La koupine Aël Dragon a inventé il y a quelques temps un ship, le Jeannon (Jeanne x le Patron de SLG). Et il est populaire auprès de certaines personnes, dont la koupine Emmy Soterel. Vu que cette dernière est chez moi, autant écrire un Jeannon. Deathfic. Parce que c'est drôle :D
Bonne lecture ! =D
Il la regardait, si blanche de peau, si rose des yeux. Si belle. Si... Il n'y avait pas de mot pour la qualifier assez bien dans son entièreté. Et cela le gênait. Quelle ironie, n'est-ce pas ? Lui, le Patron, celui qui ne devait avoir aucun sentiment, ne penser qu'au sexe, au moyen de devenir plus puissant, à être toujours vil, était amoureux. Mais voilà, Jeanne avait ébranlé ses certitudes. Oh, ce n'était pas la première fois. Quand Mathieu avait été tué, il s'était retiré, avait épousé une femme et avait eu d'elle une petite fille. Il fut un mari et un père exemplaire, menant une vie de famille rangée sans éprouver de remord. Mais il avait fallu que Mathieu réapparaisse pour que cette illusion s'embrase.
Et depuis, il s'était juré de jamais plus se lier à quiconque. Ce serait trop difficile si jamais Mathieu provoquait une nouvelle séparation. Non, plutôt rester solitaire. Paraître être un gros connard était mieux, pour tout le monde.
Mais c'était sans compter sur Jeanne. Au départ, elle ne lui était rien. Juste une nouvelle trouvaille du présentateur, qui était bizarre. Et puis… Et puis il avait appris à mieux la connaître. Sa naïveté le touchait, sa capacité à tout emmagasiner l'impressionnait, sa logique le déroutait. Plus le temps passait et plus elle l'intéressait. Au point d'envahir ses pensées, ses songes, ses envies.
Et un jour, Jeanne s'était matérialisée en humaine. A force d'améliorer son algorithme de créativité, elle pouvait, sous la forme d'une jeune femme à la peau plus blanche que la neige, et aux yeux et aux cheveux d'un magnifique rose. Et Jeanne en elle-même était une beauté.
Il n'en fallut pas plus pour que le Patron tombe amoureux. Pas seulement pour le physique, mais également pour sa force et son caractère. Elle luttait pour sauver Mathieu, restait invaincue et n'hésitait pas à dire ouvertement que les humains étaient des êtres stupides. Une belle audace qui lui plaisait.
Parfois, Jeanne venait les voir. Quand Mathieu en avait assez de lui parler, elle allait à la rencontre des autres. Le Hippie n'était généralement pas en mesure de lui parler, même si elle s'évertuait à lui donner de la rhubarbe, sans savoir à quoi cela pouvait servir. Quant au Redneck, elle avait vite cessé de le fréquenter : après avoir compris qu'il la considérait simplement comme une bonnasse juste douée pour les tâches ménagères, elle ne lui avait plus adressé la parole. Le Geek amusait Jeanne, car cette dernière aimait le voir craintif et analyser ses réactions quand elle posait des questions. Et quand elle le pouvait, l'intelligence artificielle allait le voir lui. Jeanne lui avait avoué qu'il était de groupe celui dont elle avait le plus de mal à discerner la personnalité, car elle n'entrait guère dans statistiques et autres regroupements de donnés contenus dans son programme. Alors elle le questionnait et lui éludait, ne voulant pas que son secret soit éventé. Surtout que l'intelligence ne pouvait pas comprendre ce que lui ressentait.
Patron se tut. Il se taisait toujours. Pas question de se montrer sentimentaliste et amoureux. Non, il resterait l'ordure. Cette situation ne changerait pas.
C'était sans compter sur le destin.
…
Jeanne les prévint : ils étaient attaqués.
- Panda et Prof sont là, avec une armée entière ! Ils sont si nombreux !
Patron fondit. Car Jeanne démontrait pour la première fois la surprise, l'anxiété et la peur à travers son apparence humaine. Mais elle n'était pas une demoiselle en détresse, oh que non, mais une guerrière prête à tout pour défendre Mathieu, l'unique objectif de sa création. Alors elle se battrait. Et Patron serait là pour elle.
Déjà, bien des ninjas entrèrent dans les lieux. Il y en avait trop pour que le programme puisse tous les arrêter en contrôlant les lieux. Hippie étant dans le coma et Geek s'étant enfuie en pleurnichant, on ne pouvait compter sur eux. Redneck tirait, mais c'était plus du travail d'amateur qu'autre chose. Et Mathieu était encore trop inexpérimenté pour être véritablement utile.
- Elle est là ! hurla Panda en pointant du doigt la femme en rose.
Alors Patron comprit. Avant de pouvoir abattre Mathieu, sans cesse protégé des coups, il fallait mettre Jeanne hors d'état de nuire. La supprimer complètement. Pour l'homme en noir, cette idée était tout simplement inconcevable. Profitant d'être près de sa belle, il courut dans sa direction et la prit dans ses bras, l'emmenant loin de la bataille.
- Patron, que fais-tu ? demanda Jeanne. Je dois protéger Mathieu ! Si tu m'éloignes, ma tâche sera ardue, voire impossible !
- M'en fous ! Regarde par toi-même, c'est déjà trop tard.
- On peut toujours…
- Ils sont trop nombreux ! Tu tiens donc tant que ça à mourir, gamine ?
- Le concept de mort est…
- Ta gueule !
Toujours en ayant Jeanne dans ses bras, Patron partait de plus en plus loin. Elle aurait pu se dématérialiser pour revenir en pleine bataille, mais le ton impérieux la tétanisait presque.
- Tu pleures, Patron ? Selon des études, pleurer signifie que l'on est triste. Tu es triste ?
Son interlocuteur ne répondit pas tout de suite, préférant se taire. Puis, s'étant rendu compte qu'ils étaient vraiment loin, s'arrêta et posa l'autre.
- Je ne pleure pas.
- Pourtant, ton visage exprime…
- Jeanne, arrête de parler comme ça ! Tu n'es pas une simple machine, mais quelqu'un de bien mieux.
- Je suis une intelligence artificielle, je ne possède pas de vie propre. Et ma mission, tu m'as empêchée de la réaliser avec succès.
- Le gamin doit être mort depuis le temps oui, mais je m'en contrefous ! Il ne méritait pas que tu te sacrifies pour lui.
- Qu'importe les ressentis, il faut que…
- Jeanne, cesse d'obéir pour une fois. Sois libre d'être toi-même. Maintenant, l'autre ursidé et son acolyte se fichent de nous, nous ne représentons plus la moindre menace. Alors on peut vivre notre vie tous les deux, heureux et libres.
- Tu n'es pas comme d'habitude.
- Parce qu'aujourd'hui j'assume mes sentiments. Je suis amoureux de toi.
- L'amour est à mes yeux une notion abstraite, je ne peux la partager. Et ton comportement est plus que bizarre. Selon le vocabulaire propre aux fanfictions, tu serais qualifié de OOC.
- Qu'importe. Recommençons une vie à deux !
- Je ne peux pas.
- Si Jeanne, on peut tout faire !
- Tu ne comprends pas, je ne peux pas.
Jeanne regarda fixement Patron d'un air impassible.
- J'ai été créée et programmée dans l'unique but de protéger le garçon. Ma raison d'être vient de partir. Je vais donc m'autodétruire.
- Non ! Je refuse ! Jeanne, lutte !
- Impossible. Je suis déjà mourante. Ce fut bref, mais j'ai été heureuse de vous connaître, même si je n'ai pas de sentiments.
- NOOOOOON !
Patron, qui voyait déjà les pixels de Jeanne s'effriter pour disparaître complètement se jeta sur elle et l'embrassa avec toute la passion dont il était capable. Il entendit un rire cristallin à ses oreilles et quand il rouvrit les yeux, il se retrouva seul.
