Disclaimer : rien ne m'appartient hormis quelques OC...

Chapitre 27 : a revenge to take.

- Qu'est ce que vous faîtes ? demanda innocemment Daphné, passant sa tête par-dessus l'épaule de Neville qui ne l'avait pas entendu venir.

Neville et Elisabeth se trouvaient à la bibliothèque, comme à leur habitude. Les trouver dans l'antre de Mme Pince était de plus en plus fréquent, et Daphné commençait à se demander ce qu'ils pouvaient bien y fabriquer. Même si Elisabeth était une élève consciencieuse, c'était loin d'être le cas du Gryffondor qui en temps normal faisait ses devoirs plus ou moins à la dernière minute.

- Oh rien, juste des recherches pour un devoir, marmonna Neville, fermant brusquement le livre qu'il était alors en train de lire. Inutile de préciser que cela ne fit qu'attiser la curiosité de la jeune Serpentarde.

- Allez, dîtes-moi, insista-t-elle. Je vois bien que vous cachez quelque chose, je ne suis pas née d'hier ! Depuis le début de l'année vous passez plein de temps ici, à lire toutes sortes de livres ! Je peux peut-être vous aider qui sait ?

- Dis-lui Nev, répondit Elisabeth en haussant les épaules. De toute façon ce n'est pas comme si c'était top secret !

Neville repoussa le livre qui se trouvait devant lui et indiqua à la jeune blonde de s'asseoir à côté de lui.

- Eh bien en fait on ne sait pas vraiment ce qu'on cherche, commença-t-il à expliquer. Mais tu te souviens du journal dans lequel Jenny écrivait l'année dernière et qui permettait à Voldemort version jeune de la posséder ?

Daphné hocha la tête en signe d'acquiescement et le Gryffondor continua son histoire.

- Eli en début d'année m'a confié qu'elle était curieuse à propos de ce journal, car elle n'avait jamais entendu parler d'un objet qui avait ce genre de pouvoirs, même dans le monde sorcier. On chercher donc à trouver ce que c'est, sans vraiment savoir où chercher, sans vraiment n'avoir aucune piste.

- Tout ce qu'on sait, reprit la Serdaigle, c'est que cet objet doit relever de la magie noire, ça me paraît évident. On regarde donc de ce côté-là depuis plusieurs mois, mais jusque là aucun résultat.

- Et il n'y a que vous deux qui cherchiez ?

- Oui, répondit Neville. On pense qu'Harry en a déjà assez sur les épaules en ce moment, et c'est juste une idée folle qu'on a, alors inutile d'alerter tout le monde. Tu trouves que c'est idiot ce qu'on fait ?

- Non absolument pas ! Mais maintenant que j'y pense, je me souviens que Lucas était venu me voir l'année dernière le jour du festin de fin d'année, enfin moi et Blaise, pour nous demander qu'est ce que c'était que ce journal. Bien entendu aucun de nous deux n'avons pu lui répondre, mais je m'étais alors posé la question à cette époque, mais j'avais vite laissé tomber. Après tout ça venait de Voldemort, qu'il puisse faire ce genre de choses, posséder quelqu'un par le biais d'un journal, cela ne m'étonnait qu'à moitié.

- Oui, mais c'est bien là que la baguette coince, l'interrompit Elisabeth avec passion. Nulle part on ne trouve des références à des objets qui permettraient à une personne disparue depuis plus de 10 ans de posséder une personne ! Pour posséder une personne, il faut un enchantement, un sort, mais pas un simple objet.

- Mais ce n'est pas exactement Voldemort qui possédait Jenny, fit remarquer Daphné. C'est sa version jeune, Tom Jedusor, une version de 16 ans, une version très éloignée du Voldemort qui a disparu en 1981 ou même de celle qu'a affronté Harry en 1991. D'après ce que j'ai compris, lors de l'affrontement dans la chambre des secrets en juin dernier, Tom Jedusor a failli revenir à la vie, mais sous son apparence jeune ! Quelque part, c'est comme si ce journal contenait un bout de l'âme de Voldemort quand il avait 16 ans.

- Mais aucun objet ne peut contenir l'âme d'une personne, ou même un bout de son âme, c'est contre-nature, et je suis presque sûre que c'est impossible ! répliqua Elisabeth.

- C'est peut-être impossible, mais souviens-toi que oncle Remus nous a expliqué que Voldemort avait été bien plus loin dans la magie que n'importe quel sorcier. Il a exploré la magie noire comme personne, il a peut-être trouvé un moyen ! Je pense qu'on a cherché sous un mauvais angle. Cela fait des mois qu'on essaie de trouver comment il a pu la posséder à travers un objet, mais la remarque de Daphné mérite peut-être qu'on regarde de ce côté-là !

- Je peux vous aider, proposa alors la Serpentarde. Mon père a une grande bibliothèque, et peut-être que je pourrais y trouver des livres qui nous indiqueraient la réponse. Je peux toujours lui demander de m'envoyer quelques livres par hibou !

- D'accord, mais ne parle pas trop à ton père du sujet de nos recherches, lui recommanda Neville. Il pourrait se demander pourquoi.

- Pas de souci, je lui dirai juste que c'est pour ma propre culture, et il n'y réfléchira même pas, répondit Daphné avec un geste de la main insouciant. Je vais aller lui écrire une lettre.

Une fois qu'elle fut partie, Neville poussa un petit soupir satisfait.

- Eh bien peut-être qu'on va finir par avancer, déclara-t-il, mettant ses mains derrière sa nuque. Pour te dire la vérité, j'avais l'impression de piétiner dernièrement.

- Idem, répondit sa meilleure amie. Et Merlin sait qu'il n'y a rien de pire pour moi que de me heurter à un mystère que je ne puisse résoudre.

Neville laissa échapper un petit rire. En effet, s'il y avait bien une chose qui caractérisait Elisabeth Evana Black, c'était sa curiosité et sa détermination. Déjà quand elle était petite, elle ne cessait de poser des questions à ses parents pour comprendre comment marchaient les choses, et comment on faisait de la magie. Bien des fois elle avait failli rendre fou son père qui s'impatientait vite de ce genre de questions. Mais c'était Elisabeth, elle était comme ça et on ne pouvait rien y changer.

Elle voulait savoir ce qu'était cet objet, et qu'est ce qu'avait bien pu faire Lord Voldemort pour réussir à posséder son amie de la sorte, et Neville savait pertinemment qu'elle n'abandonnerait pas tant qu'elle n'aurait pas trouvé. Plus obstiné qu'Elisabeth Black, c'était difficile à trouver.

- Et alors comment vont les choses avec ton père ? osa-t-il demander, alors que sa meilleure amie rangeait les livres et ses affaires.

- Bof, répondit-elle. Je ne lui parle toujours pas et je suis toujours censée ne plus parler à Harry. Il a essayé de me parler une fois dans un couloir mais je me suis enfuie. C'était quand j'en voulais à Harry, je pense qu'il a du le remarquer et essayer d'en profiter, mais je ne me suis pas laissé avoir. Ma mère m'a aussi envoyé des lettres, mais je ne les ai pas lus.

- Ton père a essayé de me parler également, répondit-il en se levant et en allant ranger les livres sur les étagères où ils les avaient pris. Il m'a prit à part à un cours il y a quelques semaines. Il m'a dit que si jamais j'avais des problèmes, ou que j'avais besoin d'aide, je ne devais pas hésiter à aller le voir. Mais bon je n'ai pas vraiment donné suite.

- Je crois qu'ils n'ont toujours pas compris, répondit-elle. Ils ne voient pas qu'ils ont beau essayer de me punir, ou de m'empêcher de voir Harry, ils ne peuvent rien faire, et au contraire, ils ne font qu'empirer la situation. S'ils étaient plus rationnels, s'ils essayaient de me parler tranquillement, sans menaces ou cris, si au moins ils donnaient une chance à Harry ! Mais non ils restent butés sur leurs positions, et je n'arrive plus à les comprendre !

- Pareil ! renchérit Neville. Tu vois, je veux bien comprendre qu'au début c'était dur à accepter qu'il ait été réparti à Serpentard, avec le contexte de la première guerre, des Mangemorts qui venaient pour la plupart de cette maison, et puis pour ton père son histoire familiale ! Donc bien sur j'aurais compris si la pilule avait été dure à digérer pour tous. Mais ça fait trois ans ! Et Harry n'a rien à se reprocher. Il est le meilleur élève, il est poli, il fait partie de son équipe de Quidditch et est un des meilleurs joueurs de l'école ! Il a absolument tout pour lui !

- Mais le problème ne se situe pas là. Dés le début ils ne traitaient pas bien Harry. Ils passaient leurs temps à l'ignorer, à l'oublier et à considérer qu'il ne valait pas la peine qu'ils y fassent attention. Souviens-toi de James qui ne voulais pas lui apprendre à voler, ou quand Lily tentait d'apprendre la magie à Ryan qui refusait, et quand Harry lui demandait elle refusait systématiquement ! Et à leur anniversaire, il avait toujours bien moins de cadeaux que son jumeau. Ce n'est pas pour rien que le monde sorcier ignorait l'existence d'Harry jusqu'à récemment.

- Mais imagine si nous et oncle Remus n'avions pas été là pour lui, tu peux imaginer ce que Harry serait devenu, seul, sans amis ni véritable famille ! Là les accusations actuelles de notre famille auraient pu être fondées, remarqua Neville sombrement.

- Je n'ose même pas y penser, répondit Elisabeth. Mais le plus horrible dans tout ça, c'est qu'en traitant Harry de la sorte, ils ne se rendent pas compte, que ce soit mes parents ou les tiens, qu'ils nous perdent également. Et je suis persuadée tu vois qu'un jour ils le regretteront amèrement.

- Mais ce sera bien trop tard, conclut Neville, ouvrant la porte de la bibliothèque. Les deux adolescents s'engouffrèrent dans le couloir sombre, en direction de la Grande Salle. C'était en effet l'heure du dîner, et leurs amis les attendaient.

HPHPHPHPHPHPHPHP

- Bienvenue à tous pour le dernier match de Quidditch de l'année, opposant les Serdaigles aux Serpentards, hurla la voix de Ronald Weasley dans un mégaphone amplifié par la magie. A ces mots, la foule hurla son enthousiasme.

On était à la veille des vacances de Pâques, il faisait, une fois n'est pas coutume, un temps magnifique au dehors. Le soleil brillait et il n'y avait aucune rafale de vent pouvant déconcentrer les joueurs.

Harry se préparait dans le vestiaire, nerveux. S'ils voulaient avoir une chance de remporter le match, il fallait qu'ils l'emportent avec 210 points d'avance sur les aigles. Ayant en effet gagné leur dernier match contre les Poufsouffle avec une bonne avance, ils étaient deuxième juste derrière les Gryffondors. Et Harry ne voulait rien de plus au monde que de ravir la coupe à son cher frère. Si jamais les lions gagnaient Harry ne se remettrait pas de l'humiliation. Il était le meilleur attrapeur de l'école, sans conteste aucun, et il allait leur prouver à tous. Pour la septième année d'affilée Serpentard remporterait la coupe de Quidditch.

Tous les joueurs étaient prêts et comme d'habitude ils eurent droit au discours de leur capitaine, qui leur promit milles tortures si jamais ils perdaient ce match ou le gagnait sans les points d'avance nécessaire. Pour la centième fois il répéta à Harry d'attendre que son équipe ait 70 points d'avance avant d'attraper le vif d'or.

Face à l'équipe adverse, Harry ne se faisait pas de souci. L'équipe était bonne, mais l'attrapeuse Cho Chang, une midinette qui avait beaucoup de succès avec les garçons apparemment, ce qu'Harry ne comprenait pas car il la trouvait plus que quelconque, était assez bonne, mais en comparaison elle ne valait rien. Et Harry avait en plus un meilleur balai qu'elle.

Ils volèrent sur le terrain, et du haut de son balai, Harry vit tous ses amis agglutinés dans les gradins, tous portant des écharpes aux couleurs de Serpentard, même Elisabeth qui osait défier son père et Luna qui ne supportaient même pas leurs propres maisons. A côté d'eux se trouvait également un Remus souriant qui avait enfin pu se libérer de son boulot pour assister à un match de son neveu préféré. Et comble de l'audace l'ancien Maraudeur arborait fièrement les couleurs vert et argent. Cette vue lui réchauffa le cœur.

- Je vous préviens je veux un match fair-play, les menaça l'arbitre, Mme Bibine, et Harry ricana en entendant cela. On pouvait s'attendre à tout à un match où jouaient les Serpents, mais un match fair-play ne figurait pas dans leurs habitudes.

Et le match commença. Harry fit le tour du terrain, à la recherche du vif d'or, attendant avec hâte que son équipe marque les premiers points. Mais il n'avait pas à se faire de souci, Draco était un excellent poursuiveur, c'était lui qui à tous les matchs marquait le plus.

Et Harry poussa un cri de joie quand son ami marqua les premiers points du match au bout de seulement quelques minutes. Bien sûr, toute l'école hormis les Serpentards se lamenta, mais ils n'en avaient cure. Ce n'était pas comme s'ils n'avaient pas l'habitude de ce genre de traitements, mais après tout, l'adversité rend plus fort.

Trente minutes plus tard, il ne manquait plus que 10 points aux serpents pour que leur attrapeur ne se décide à attraper le vif d'or qui n'était toujours pas apparu sur le terrain. Le score était de 80 à 20, et, une chose était sûre, les Serpentards étaient déchaînés aujourd'hui. De mémoire, jamais ils n'avaient joués aussi bien, et Harry était fier de son équipe et de sa maison. Ils allaient leur apprendre une bonne leçon.

Enfin, quelques minutes plus tard Draco trompa le gardien adverse et ils avaient désormais les points d'avance qu'il fallait. Harry s'élança sur le terrain alors que le commentateur se lamentait. Tous retenaient leurs souffles, Harry réussirait-il à attraper le vif d'or et faire gagner sa maison ?

Serpentard marqua encore trente points, rassurant son avance. Les poursuiveurs de Serdaigle avaient beau tenter feintes et manœuvres, Blaise ne laissait rien passer. Mais il fallait dire qu'à ce poste il excellait, cela faisait des années qu'il s'y entraînait.

Mais Harry avait beau scruter le terrain, en faire le tour encore et encore, le vif d'or n'était toujours pas là. Et la présence de Cho Chang qui ne cessait de le suivre tel un petit toutou l'agaçait au plus haut point.

Alors qu'il cherchait le vif d'or, Harry aperçut simultanément deux choses qui glacèrent le sang dans ses veines.

En bas, prés des gradins, une forme qu'il ne connaissait que trop bien s'avançait lentement, flottant.

Non, pas ça, pas encore, songea-t-il avec ferveur. Je ne vais pas encore perdre à cause de ces sales créatures il n'en est pas question. Pas deux fois.

De l'autre côté du terrain le vif d'or avait fait son apparition, mais Harry avait de la chance car l'attrapeuse de Serdaigle ne l'avait toujours pas vu, trop occupé à suivre Harry.

Celui-ci prit immédiatement une décision. Refusant de se laisser avoir encore une fois par un détraqueur, et constatant que la sale créature n'avait pas encore d'effet sur lui, il sortit sa baguette et lança le sortilège du patronus. Un immense loup-garou argenté sortit de sa baguette et se dirigea à toute allure vers le détraqueur, alors que la foule et le reste des joueurs, minus Draco et Blaise qui étaient au courant de la forme de son patronus, poussaient des petits cris de stupéfaction.

Harry profita de cette ouverture pour se lancer à la poursuite du vif d'or. Autour de lui c'était comme si le temps s'était arrêté. Tous observaient la progression du patronus vers le détraqueur qui s'était immobilisé.

Harry n'avait plus conscience de son environnement. Tout ce qu'il voyait, c'était la petite balle dorée qui se rapprochait de lui. La victoire était proche, et son patronus avait du être drôlement efficace car il ne ressentait pas les habituels effets d'un détraqueur.

Il se rapprochait du vif d'or, il n'était plus qu'à quelques centimètres. Harry sentait déjà un sentiment de victoire l'envahir. Il allait les battre, il allait leur montrer…

Et enfin, sa main saisit la petite balle dorée qui ne put s'enfuir. Il se retint de pousser un hurlement de joie, mais les joueurs de son équipe et les supporters de sa maison ne s'en privèrent pas. Quand ils eurent compris qu'Harry avait attrapé le vif à temps, et que Serpentard avait remporté la coupe de Quidditch, tous les joueurs se ruèrent vers leur attrapeur, hurlant leur joie et leur fierté. Harry fut étouffé par les accolades de son équipe.

- On l'a fait Harry, on a gagné ! hurla Blaise, ébouriffant la crinière indomptable de son ami, et Draco vint les rejoindre dans une folle embrassade. Tous les trois criaient leur joie d'avoir lavé l'humiliation du début d'année, d'avoir battu les Gryffondors, d'avoir enfin fait leurs preuves et montré au reste de l'école que les Serpentards étaient les meilleurs.

- Vous avez vu, le détraqueur n'a eu aucun effet sur moi ! s'exclama Harry après que ses amis l'eurent lâchés. J'ai lancé mon patronus, et blam, je n'ai rien ressenti ! C'est fantastique !

- Euh Harry, l'interrompit Blaise avec un petit sourire narquois. Ce n'était pas un détraqueur ! regarde par toi-même !

Harry regarda dans la direction que lui indiquait son ami et constata que, en effet, ce n'était pas un détraqueur qui se trouvait sur le terrain de Quidditch.

Il eut la surprise de voir le professeur McGonagall, l'air positivement furieuse, prés de trois garçons de Gryffondor penauds, à leurs pieds se trouvaient une sorte d'immense drap blanc censé les déguiser en détraqueur très probablement.

- Tu as foutu la trouille à tout le monde avec ton patronus vieux, remarqua Blaise. Ça ne va pas arranger ta réputation à l'école je pense.

Harry ne répondit pas à ce commentaire. Ses yeux étaient rétrécis sous l'effet de la colère. Parmi les trois élèves qui avaient tenté de se faire passer pour un détraqueur, et ainsi le déstabiliser assez pour le faire perdre, il reconnut son propre frère, accompagné de ses deux larbins, Dean Thomas et Seamus Finnigan. Harry sentit la colère l'envahir. Où était l'honneur des Gryffondors ?

L'équipe de Serpentard atterrit enfin sur le terrain et leurs amis se ruèrent vers eux, fous de joie.

- Tu as été grandiose ! cria Elisabeth en direction d'Harry. Tu as été génial pour attraper le vif, mais ton patronus était incroyable ! Tu aurais vu la tête de tout le monde, personne n'en revenait que tu puisses faire un sortilège aussi compliqué, mais surtout que ce soit un loup-garou ! Tu aurais vu la tête de mon père, c'était génial.

- Harry je crois que quelqu'un veut te parler, lui indiqua Neville avec un grand sourire. Se retournant, Harry vit son oncle préféré s'avancer vers lui, et on aurait dit qu'il avait pleuré.

Remus se rapprocha, et sans qu'il ne se rende compte de ce qui allait arriver, Harry sentit les bras de son oncle l'entourer et le serrer contre lui.

- Tu ne peux pas savoir à quel point je suis fier de toi Harry, murmura-t-il dans son oreille, et Harry sentit une douce chaleur l'envahir. C'était à ça que devait ressembler une embrassade maternelle ou paternelle.

- C'était pas grand-chose, marmonna le Serpentard, appréciant ce contact.

- Si, lui affirma Remus, le saisissant par les épaules et se baissant légèrement pour être à sa hauteur. Je suis incroyablement fier de toi, pour ton comportement en général, pour ce que tu viens de faire sur le terrain, pour tout ce travail que tu accomplis en dehors des cours. Je suis fier de toi, et je suis également incroyablement flatté de la forme que ton patronus a pris, même si j'aurais préféré que tu prennes un autre animal.

- Ce n'est pas moi qui ai choisi, répondit Harry, mais moi je ne regrette pas. Un patronus prend la forme d'un animal qui nous donne confiance et nous donne le sentiment d'être protégé, et c'est ce que je ressens avec toi, avoua-t-il à voix basse. Et Remus le reprit dans ses bras, plus heureux que jamais. Comment les autres pouvaient-ils prétendre qu'Harry était maléfique ? Ce garçon était une perle, c'était un gosse incroyable qui deviendrait quelqu'un de bien, Remus aurait parié sa vie dessus.

A quelques pas de là Jenny observait la scène avec bonheur. Elle savait que cela devait faire du bien à Harry d'être avec son oncle. Détournant les yeux, elle aperçut au loin le professeur McGonagall qui les regardait avec semblait-il une lueur de fierté dans les yeux et un mince sourire sur les lèvres. A côté d'elle se trouvait le père d'Elisabeth qui observait la scène avec un air troublé sur le visage, et cela fit plaisir à la petite Serpentarde. Plus elle assistait aux cours du professeur de défense, plus elle se surprenait à penser que ce n'était pas un mauvais homme, même si sa haine des Serpentards était disproportionnée. Elle était ainsi persuadée que s'il laissait tomber ses stupides préjugés, il pourrait être un excellent père pour Elisabeth et un excellent parrain pour Harry et Neville. Tout ça c'était bien dommage.

HPHPHPHPHPHPHP

Pendant qu'Harry et ses amis fêtaient la victoire de Serpentard, la directrice des Gryffondors et un de ses anciens élèves allaient s'entretenir avec trois Gryffondors de troisième année.

- Comme j'ai honte de ma maison en ce moment, criait le professeur McGonagall. Mais enfin qu'est ce qui vous a pris ? N'avez-vous donc aucun honneur, aucune fierté, à essayer de recourir à des ruses pour tenter de tromper un joueur d'une équipe adverse afin qu'il perde le match ?

Ses trois élèves avaient les yeux fixés sur le sol, apparemment honteux et mal à l'aise. Tous se trouvaient dans le bureau du professeur de Métamorphoses.

- 50 points en moins pour chacun, déclara-t-elle quand aucune réponse ne se fit entendre de la part des élèves. Et vous aurez une semaine de retenue avec Mr Rusard durant les vacances de Pâques. Mr Thomas et Mr Finnigan vous pouvez retourner à votre dortoir, j'ai quelques mots à dire à votre ami ici présent.

Les deux Gryffondors lancèrent un regard d'encouragement à Ryan qui continuait à fixer le sol, mais il avait l'air plus furieux qu'honteux à présent. Apparemment perdre 150 points pour sa maison ne l'enchantait guère. Avec ça, Gryffondor qui était jusque là en seconde place à quelques points des Serpents n'avait plus aucune chance de remporter la coupe des maisons.

- Quand à vous Mr Potter, je dois dire que votre comportement me surprend beaucoup, continua-t-elle tout en indiquant à son élève de s'asseoir. J'aurais pensé que vous seriez un peu plus sensé que cela, surtout que vous devez savoir dans quel état les détraqueurs mettent votre frère jumeau, insista-t-elle avec un regard entendu.

- Qu'est ce que vous voulez dire Minerva ? demanda Sirius avec un ton surpris.

Minerva leva un regard fatigué vers le Maraudeur et entreprit alors de lui expliquer en quoi consistait le lien des jumeaux que, de manière surprenante Sirius semblait ignorer.

- Cela veut dire que Ryan ressent les émotions fortes d'Harry ? demanda Sirius, visiblement surpris par cette révélation.

- C'est exact, acquiesça le professeur McGonagall. Ryan est venu me voir en début d'année pour me demander des éclaircissements. J'aurais pensé qu'en de telles circonstances il aurait été plus sage et plus avisé cependant.

- Mais il n'a rien avec les détraqueurs, s'emporta soudain Ryan, qui jusque là était resté silencieux. Quand il est à côté d'un détraqueur je ne vois qu'une lumière noire, et c'est tout ! Il jouait la comédie depuis le début, j'ai voulu lui faire payer, c'est tout !

- Est-ce que tu es bien sûr de ne rien voir lorsque ton frère se trouve dans les environs d'un détraqueur ? insista Minerva, soucieuse.

Ryan hocha avec vigueur la tête, mais il était visible que Minerva McGonagall n'était pas convaincue.

- Quoi qu'il en soit, reprit-elle plus sévèrement, rien ne pouvait justifier cette sorte de farce que vous lui avez joué cet après-midi. Un tel comportement est indigne d'un Gryffondor, et je suis persuadée que ton oncle sera d'accord avec moi sur ce point là.

- En effet, acquiesça Sirius, qui avait l'air profondément déçu. Je comprends que tu voulais gagner contre ton frère, c'est tout à fait normal, mais ce n'était pas une raison pour tricher de la sorte. Tu es bien meilleur que lui, et tu n'as pas besoin de te déguiser en détraqueur pour le prouver.

Minerva roula des yeux en entendant le discours de son collègue. Décidément Sirius Black était incorrigible. Il avait beau avoir la preuve sous les yeux, il n'en démordrait pas et continuerait à tenir son filleul en piètre estime. Alors que, et ce n'était pas pour être médisante, mais Harry était un garçon bien plus agréable que son jumeau dont la large tête menaçait d'exploser s'il continuait à se pavaner de la sorte dans l'école. Il était dix fois pire que son père au même âge, et Merlin savait que James Potter avait un égo dont la taille devait être équivalente à celle d'Hagrid.

Plus le temps passait, et plus Minerva était fière d'Harry Potter. Il avait un comportement exemplaire dans toutes les classes, il avait les meilleures notes possibles, il était visible qu'il travaillait dur, il était poli et courtois avec ses professeurs, même ceux qui le traitaient mal et il avait réussi à réunir autour de lui une bande d'amis très proche, tous des jeunes gens charmants et à la fois venant d'horizons complètement différents, et pourtant si semblables. Et lui seul avait réussi à franchir les barrières existant entre les maisons, et cela, Minerva en était heureuse.

En plus, Harry était un petit prodige de la Métamorphose, ce qui ne gâchait rien. Son professeur avait bien constaté qu'Harry était très en avance sur ses autres camarades, il était visible qu'il s'entraînait à côté, et cela, conjugué à ses aptitudes naturelles, faisait de lui le meilleur élève dans cette matière qu'elle ait jamais eu. Bien meilleur que James Potter lui-même.

En revanche Ryan…son comportement laissait à désirer. Il avait des notes passables en classe, et ce n'était pas parce qu'il était stupide ou moins apte à faire de la magie, mais c'était bel et bien de la paresse pure. Le Survivant préférait en effet jouer au Quidditch ou faire des farces avec ses amis plutôt que de consacrer un peu de temps à son travail. Bien sûr la plupart des professeurs, excepté Rogue et elle-même, étaient enclins à le favoriser par rapport aux autres, et il en profitait donc sans nulle vergogne. Et c'était dommage, car Ryan aurait pu être tellement plus. Minerva savait que Ryan avait bon fond, mais la célébrité l'abrutissait indubitablement, et cela finirait par avoir des conséquences néfastes à long terme.

- Qu'est ce qui t'a pris Ryan ? insista Sirius. Tu vaux bien mieux que ça !

- Je suis désolé oncle Sirius, marmonna le Gryffondor. Je ne recommencerais pas.

- J'espère bien ! Par contre je suis désolé mais je vais devoir avertir tes parents, le prévint-il. Maintenant, retourne dans ton dortoir, je crois que tu es déjà bien assez puni.

Ryan s'exécuta et quitta le bureau de Minerva en bredouillant au revoir aux deux professeurs. A la vitesse dont il sortit, il était visible qu'il était pressé de s'échapper et de rejoindre ses amis. Mais les Gryffondors n'allaient pas être ravis en apprenant qu'ils avaient perdus 150 points tout ça pour une stupide farce que le Survivant avait voulu jouer à son frère et qui n'avait même pas réussi.

- Vous voulez prévenir James et Lily vous-mêmes Minerva ou vous désirez que je m'en charge ? s'enquit Sirius une fois que Ryan ait disparu.

- Tu peux t'en charger, soupira Minerva. Tu veux une tasse de thé Sirius ?

Le professeur de défenses acquiesça d'un hochement de tête et s'assit en face de son ancien professeur qui lui servit une tasse de thé brûlante et une assiette de petits gâteaux.

- Je ne sais vraiment pas ce qui lui a pris, soupira Sirius en enfournant un petit gâteau dans sa bouche. Vraiment, ce n'est pas son genre d'agir de la sorte.

- Je ne serai pas aussi catégorique que toi mon cher Sirius, rétorqua le professeur McGonagall, abasourdie par tant d'aveuglement. Ryan a l'habitude d'avoir tout ce qu'il veut, par un simple claquement de doigts et au détriment des autres. Dans ce cas bien précis, il a vu qu'il n'obtiendrait probablement pas la coupe de Quidditch qu'il désirait tant, et il a agi en conséquence, d'après la seule faiblesse visible de son frère. Il n'a aucune notion de ce qui est bien et de ce qui est mal.

- Vous-y allez un peu fort, protesta Sirius. Ryan est un bon petit, simplement, il s'est laissé emporter.

- Il ne s'est pas laissé emporter Sirius, s'exclama son ancienne directrice. Il a dépassé les limites et c'est inacceptable. Tenter d'intimider son frère de la sorte, c'est une honte. Je suis bien contente qu'Harry ne se soit pas laissé avoir et ait réussi à attraper le vif, il l'a bien mérité.

En entendant cela, Sirius se rembrunit immédiatement, comme à chaque mention qu'on faisait de son cher filleul. Il savait pertinemment que Minerva McGonagall aimait bien Harry, et il s'était déjà disputé à quelques reprises sur ce sujet en salle de professeurs, et la seule qui ait jamais pris parti de la directrice des Gryffondors était ce vieux Snivellus, qui devait se réjouir de voir le fils de son ennemi juré prendre la voie des Ténèbres.

Mais Sirius aimait beaucoup Minerva McGonagall et décida de laisser tomber le sujet, ça ne valait pas une énième dispute.

HPHPHPHPHPHPHPHPHP

- Patmol appelle Cornedrue! Patmol appelle Cornedrue! La terre à Cornedrue, chantonna le professeur de défenses contre les forces du mal, accroupi prés de la cheminée qui se trouvait dans sa chambre.

La tête de son meilleur ami apparut alors une minute plus tard dans les flammes vert émeraude qui scintillaient dans la cheminée.

- Qu'est ce qui se passe vieux ? On doit se rendre chez Franck et Alice dans une dizaine de minutes alors j'ai pas vraiment le temps.

- C'est à propos de Ryan, lui expliqua d'une voix sérieuse Sirius, et aussitôt James lui apporta toute son attention. Que se passait-il avec son fils prodige ?

Sirius lui expliqua rapidement ce qui venait de se passer sur le terrain de Quidditch, et les traits de James s'assombrirent au fur et à mesure du récit.

- Attends, si je résume la situation : Serpentard a gagné la coupe mais Ryan a essayé de faire perdre son frère en lui faisant peur en se déguisant en détraqueur, et Harry l'a contré en lançant un patronus qui avait la forme d'un loup-garou, c'est bien ça ? répéta James, clairement abasourdi par tout ça.

- Oui, on peut dire ça comme ça, répondit Sirius en haussant les épaules.

- Mais c'était un vrai patronus ? Corporel ?

- Oui, aussi claire et argenté qu'un patronus puisse l'être, et ça avait la forme de Lunard à ses mauvais jours.

- Mais comment est-ce que c'est possible ? Il n'est qu'en troisième année, il ne peut pas être assez puissant pour réussir un sortilège de la sorte ! Qui lui a appris ? Tu es sûr que ce n'est pas quelqu'un d'autre qui aurait lancé ce patronus ?

- Aussi sûr que je puisse l'être, dit Sirius. Et honnêtement James tu penses qu'il y a beaucoup de sorciers qui pourraient se sentir en sécurité auprès d'un loup-garou !

- Non c'est sûr, acquiesça James. Mais quand même un loup-garou ! Ce n'est pas commun, c'est inquiétant même.

- Pourquoi est-ce que tu dis ça ?

- Eh bien, commença avec hésitation James, ce n'est pas contre Remus, tu sais très bien que je le considère comme un frère, c'est un grand sorcier, quelqu'un de génial, de doux et de pacifique, mais ce n'est pas le cas de Lunard ! Quand il est sous la forme d'un loup-garou, il est dangereux et nous tuerait sans la moindre hésitation. Et c'est pour cela que je dis que c'est inquiétant : est-ce que la forme de son patronus ne serait pas révélatrice d'une certaine déviance chez lui, d'un certain attrait pour les créatures des Ténèbres, ou tout simplement pour les Ténèbres en général ?

Sirius dévisagea son meilleur ami qui avait sincèrement l'air anxieux. Il savait que le cas d'Harry perturbait grandement James et Lily, qui se désolait d'avoir un tel fils, et il les comprenait. Mais dans le cas présent, les choses n'étaient pas aussi simples.

- Ce n'est pas vraiment comme cela que ça marche James, expliqua-t-il. Comment te dire, par exemple, si Ryan devait apprendre le sortilège du patronus aujourd'hui, je suis persuadé à 99 que le patronus prendrait la forme soit d'un cerf, soit d'un chien comme moi, parce que ce sont nos formes d'animagus, et qu'avec nous Ryan se sent en sécurité, et il est d'ailleurs plus probable que son patronus soit un cerf. Quoi qu'il en soit, un patronus prend la forme d'un animal avec qui on se sent protégé. Dans le cas de ton fils ainé, il est incroyablement proche de Remus, dont la seule forme animale est un loup-garou. En réalité, je suis presque sûre que si son patronus est un lycanthrope, c'est uniquement à cause de Remus, le seul adulte par qui il se sent protégé.

- Je vois, répondit James, soucieux. Donc ce n'est pas grave ?

- Non.

- Et qu'est ce qui va se passer pour Ryan ?

- McGonagall l'a déjà puni, donc c'est inutile que tu le punisses à ton tour. Mais je pense qu'il faudrait que tu lui parles la prochaine fois que tu le verras. Lui expliquer qu'il ne doit pas recourir à ce genre de ruses juste pour gagner une coupe de Quidditch. Qu'il ne doit pas s'abaisser à ça.

- Lily ne va pas être ravie en entendant cela, observa James. Mais j'ai du mal à croire qu'il ait pu faire ça, ce n'est pas du tout son style pourtant ! D'Harry cela ne m'aurait pas étonné mais de Ryan ! C'est comme s'ils avaient échangé leurs personnalités pendant un instant !

- Oui et c'est bien ça le problème. Sur ce coup là Ryan a agi en véritable Serpentard, et c'est ça qui me dérange le plus. Je ne veux pas qu'il suive la voie de son frère.

- Je vais lui parler, décréta James. Par contre désolé mon vieux mais là il faut que j'y aille, Lily ne va pas tarder à venir me tirer les oreilles, elle déteste arriver en retard. On se voit bientôt, et tiens moi au courant s'il y a du nouveau.

Sirius hocha la tête en signe d'acquiescement et la tête de James disparut très vite. Sirius regretta alors qu'il leur soit interdit de quitter le château durant la période scolaire. Sa femme et ses amis lui manquaient, et il comprenait maintenant à quel point c'était difficile d'être professeur à Poudlard. Bien sur, Evana venait lui rendre visite de temps à autre, mais ce n'était pas assez, et souvent Sirius s'ennuyait. Les autres professeurs étaient vieux ou l'avaient déjà eu comme élève et conservaient donc des souvenirs assez 'douloureux' dirons-nous de la scolarité de Sirius. Ne restait que Rogue mais Sirius préférait se crever un œil et se balader tout nu dans l'école avec tatoué sur les fesses 'j'aime les Serpentards' plutôt que de faire ami-ami avec lui.

Encore heureux, il y eut ses enfants et son neveu préféré qui étaient à l'école, et Emmett venait tous les jours voir son père. Emmett était un enfant adorable selon les dires de tout le monde. Intelligent, poli et charmant, les professeurs l'aimaient beaucoup et Sirius était très fier de son fils. Bien sur, il aurait aimé qu'Emmett ait l'esprit un peu plus maraudeurien, mais on ne pouvait pas tout avoir dans la vie.

Quand à sa fille, les choses ne s'étaient guère arrangées depuis les vacances de Noël. Elle ne lui avait toujours pas parlé, en classe elle refusait de répondre, et tout à l'heure, lors du match, elle avait osé le défier en arborant les couleurs vert et argent et en célébrant la victoire d'Harry au détriment de sa propre maison. Clairement elle ne se souciait pas de ce que pouvait faire son père, plus les jours passaient, et moins elle faisait semblant de ne plus trainer avec des Serpentards.

Et elle avait raison, songea Sirius. Elle sait très bien que jamais je ne l'enverrais à Beauxbâtons, aussi loin de nous, alors elle me défie. Mais qu'est ce que je peux faire ? Quoi que je dise, ça ne fera que la rapprocher de lui.

Il était dans une impasse et il en était conscient.

HPHPHPHPHPHPHP

Alors que Sirius se lamentait sur son sort, qu'Harry et ses amis s'apprêtaient à fêter leur victoire, Remus Lupin sortait de l'infirmerie où il avait été rendre une petite visite de courtoisie à l'infirmière Mme Pomfresh, comme il en avait l'habitude à chaque fois qu'il se rendait à Poudlard. Il était en effet resté en très bon termes avec l'infirmière qui avait si bien pris soin de lui durant sept années.

Auparavant il avait également l'habitude d'aller voir le professeur Dumbledore, mais il évitait ces derniers temps. Pour dire la vérité, il était quelque peu irrité par l'attitude du directeur de Poudlard, qui était si médisant envers son neveu.

Lorsque lui-même était élève dans son école, Remus vénérait le directeur pour lui avoir donné sa chance. Il n'avait jamais cru qu'il pourrait un jour être admis dans la plus prestigieuse école de sorcellerie de l'Europe, mais Dumbledore lui avait donné sa chance, et cela méritait sa reconnaissance éternelle !

Ensuite, il avait quitté Poudlard avec ses amis, mais sa dévotion envers le vieux sorcier qui dirigeait l'Ordre du Phénix était restée. Et puis Voldemort avait disparu, et lorsque Dumbledore leur avait expliqué à tous ce qui s'était passé, Remus avait senti que le vieux sorcier ne leur disait pas tout. Ce n'était qu'une impression, mais les sens aiguisés du lycanthrope lui hurlaient que Dumbledore mentait. Mais la guerre était terminée, tout allait bien dans le meilleur des mondes, et Remus avait laissé couler.

Et puis une dizaine d'années s'étaient écoulées, et les enfants étaient partis à Poudlard. Au fond de lui-même, Remus savait pertinemment que jamais Harry ne serait réparti à Gryffondor. Il était trop ambitieux, trop rusé, et sa place était à Serpentard, et Remus, qui ne souffrait d'aucun préjugé ne s'en offusquait pas. Si c'était là qu'il était heureux, eh bien tant mieux. La pilule serait dure à avaler pour les Potter et les Black, mais le loup-garou était persuadé que cela finirait par passer.

Mais il avait eu tort, et si l'attitude de ses amis le décevait, celle de Dumbledore le révoltait purement et simplement.

A plusieurs reprises, il avait entendu le directeur leur faire part de ses appréhensions concernant Harry, de ses soi-disant mensonges, de sa haine envers Ryan. Il l'avait vu convaincre James, Lily et les deux autres couples, et avait été indigné.

Comment Dumbledore, celui qui trente ans auparavant avait donné sa chance à un loup-garou, celui qui défendait toujours les opprimés, qui croyait aux secondes chances, en la justice, pouvait agir de la sorte ? Comment pouvait-il ? Il n'était plus le directeur que Remus admirait et respectait, et Remus en était désolé.

Mais cela n'empêchait pas son neveu préféré qu'il considérait presque comme son fils de s'épanouir et de devenir quelqu'un d'incroyable. Nul doute qu'un jour il deviendrait un grand sorcier, et Remus serait toujours à ses côtés, quoi qu'il se passe. Il ne savait que trop bien ce qu'était la peur d'être exclu, rejeté, le sentiment de solitude. Et lui Remus serait toujours là.

Quand il avait appris quelques heures plus tôt que le patronus d'Harry était un lycanthrope, des larmes avaient coulé sur ses joues, et il n'en avait pas honte. C'était la plus belle forme de reconnaissance qu'il pouvait avoir. Il était heureux et fier qu'Harry le considère de la sorte, c'était la preuve qu'il avait réussi à insuffler au jeune homme un sentiment de stabilité et d'amour dans sa vie. Même si les Potter rataient clairement leur boulot, au moins lui réussissait à réparer les dégâts.

Alors qu'il était plongé dans ces pensées, Remus rencontra quelqu'un qu'il n'avait pas vu depuis des années maintenant. Seuls dans un couloir les deux hommes se dévisagèrent longuement.

- Professeur Rogue, finit par le saluer Remus, et même s'il n'en montra rien, Severus Rogue fut touché par cette appellation. Cela prouvait que l'ancien Maraudeur reconnaissait son statut à Poudlard, contrairement à Black et Potter qui continuaient à l'appeler Snivellus comme si rien n'avait changé depuis 20 ans et qu'ils étaient toujours les mêmes.

- Lupin, répondit Rogue d'un ton neutre. Belle performance de ton neveu tout à l'heure sur le terrain, commenta-t-il.

- Oui je suis plutôt fier, acquiesça Remus. Tu dois également être content que ta maison ait remporté la coupe.

- Pour la dixième année consécutive, fanfaronna le professeur de Potions. Oui je suis heureux je dois le dire, Harry apporte beaucoup à sa maison, contrairement à ce que son nom de famille aurait pu laisser à penser, ajouta-t-il avec une pointe de mépris.

- Harry est loin de ressembler à son père ou son frère, répondit lentement Remus. Il est très différent, c'est un adolescent exceptionnel, capable de beaucoup de choses.

- En effet. Son patronus de tout à l'heure était très impressionnant, surtout quand on sait qu'aucun détraqueur n'était réellement présent sur le terrain.

- Oui, d'ailleurs je te remercie pour ces petites leçons que tu enseignes à Harry, il m'a tout raconté, précisa le lycanthrope en voyant les sourcils de son ancien ennemi se soulever. Je me réjouis de voir que tu as réussi à surmonter d'anciennes querelles pour aider au mieux un de tes élèves.

- Serpentard ne veut pas dire stupide Lupin, répliqua sèchement Rogue. Je t'accorde que j'avais mes doutes sur le jeune Potter quand je l'ai vu arriver à Serpentard, mais les premiers mois m'ont vite convaincu qu'il n'avait rien à voir avec le reste de sa famille. C'est un vrai Serpentard, pur et dur. S'il y a ici des personnes qui vivent encore dans le passé c'est bel et bien Black et Potter. Ces deux là seraient incapable de voir le vrai talent même s'il leur faisait une danse du ventre.

- Je te l'accorde, concéda Remus. Tout ce que je voulais faire, c'était simplement te remercier de l'attention que tu accordes à Harry. Il le mérite, et ton aide ne peut lui être que bénéfique.

Rogue hocha légèrement la tête et les deux hommes se séparèrent. Chacun n'en revenait pas de cette entrevue qui avait été si polie. On aurait dit deux vieilles connaissances qui s'arrêtaient pour prendre des nouvelles alors que la réalité était tout autre.

Même si Severus devait admettre que jamais Lupin ne l'avait personnellement tourmenté, jamais il n'avait rien fait pour arrêter ses amis, hormis quelques faibles protestations. Mais avec du recul il comprenait mieux ce genre d'attitude. Lupin était un loup-garou, et les trois autres Maraudeurs avaient probablement du être ses premiers amis. Il avait du s'accrocher à cette amitié comme à une bouée de secours, prêt à faire n'importe quoi pour cela. Lui-même n'avait-il pas agi de la même manière avec les Mangemorts et le Seigneur des Ténèbres : lui aussi avait cautionné des actes qui le révoltaient uniquement parce qu'il voulait se sentir accepté. Au final, Lupin et lui n'étaient pas si différents.

Mais Severus ne pouvait pas pardonner comme ça bien entendu. Trop de souvenirs et de rancœurs émaillaient leur relation. Pour l'instant, seul Harry Potter les rapprochait et formait un lien ténu entre eux deux.

Harry Potter…si trois ans auparavant quelqu'un avait osé affirmer à l'irascible professeur de Potions de Poudlard qu'il se prendrait d'amitié pour le rejeton de James et Lily Potter, Severus aurait indubitablement esquissé son sourire le plus narquois avant d'envoyer paitre l'importun avec un bon sort bien placé.

Severus avait été un des rares à connaître l'existence d'Harry Potter, et quand le temps était arrivé pour que les jumeaux ainsi que la fille de Black et le fils Londubat, les meilleurs amis des Potter, ne fassent leur entrée à Poudlard, Severus avait plus d'une fois piqué des crises de nerf très indignes d'un ancien Mangemort et directeur de la maison Serpentard. Mais à la simple idée de devoir enseigner à ces enfants d'idiots, à DEUX Potter et une Black en même temps, et pour sept ans, c'était tout simplement bien trop pour ce pauvre Severus. Merlin devait vraiment le haïr pour laisser de telles horreurs se produire.

Mais quand il avait vu qu'Harry Potter avait été réparti dans sa maison à lui, sa première idée avait été de vérifier si Dumbledore n'avait pas mis un hallucinogène dans son café du matin, parce que, ce n'était pas possible, un Potter à Serpentard, c'était de l'inédit, du jamais vu, c'était comme dire que Dumbledore avait été amoureux de Grindelwald, c'était tout simplement impossible.

Le lendemain de la répartition, quand Severus s'était réveillé, il s'était auto-persuadé que tout ceci n'était qu'un cauchemar et que non, bien sur que le frère du Survivant avait été réparti à Gryffondor, il ne pouvait en être autrement.

Mais le premier cours de Potions l'avait détrompé, et il avait observé avec une sorte de fascination morbide l'ainé des Potter.

Point négatif pour lui, il était le portrait craché de son père d'un point de vue physique, et une version miniature de James à contempler n'était pas un régal pour les yeux de Severus.

Mais très vite, il avait été forcé d'admettre que les ressemblances s'arrêtaient là. Harry ne ressemblait en rien à son géniteur. Et ses amis étaient également très différents. Neville Londubat était loin d'être un idiot de Gryffondor, et la fille de Black ressemblait bien plus à sa mère, dont Severus avait de très vagues souvenirs. Mais il n'avait jamais eu de préjugés envers les Serdaigles, et il ne s'acharna donc pas sur le trio d'or comme beaucoup les appelait.

Tout avait changé lorsque Potter numéro un avait décidé de faire la révolution à Poudlard et avait sorti Serpentard de l'isolement que la maison connaissait depuis maintenant des décennies. Tout avait commencé un jour dans la Grande Salle lorsque Elisabeth Black, une fille qui avait du cran Severus devait le reconnaître, avait décrété que désormais elle viendrait manger à la table des Serpents, très vite rejointe par Londubat. Et comble de la surprise, tous ses étudiants les avaient accueillis à bras ouverts.

C'était du jamais vu. A Poudlard, chacun mangeait à sa table, et aucune exception n'était connue. Et là, Potter et sa bande décidait de changer de tout ça et de se mélanger allégrement. Severus ressentit alors une pointe de fierté, un sentiment qu'il ne ressentait jamais habituellement.

La suite des évènements n'avait fait que confirmer ce premier sentiment. Petit à petit Harry Potter s'était intégré dans la maison des serpents et s'était trouvé plusieurs amis précieux : nul autre que les héritiers Malfoy, Zabini et Greengrass, trois des très grandes familles sorcières. Tous formaient une petite bande unie qui faisait la fierté des Serpentards.

De plus, il était indubitable qu'Harry Potter était pour beaucoup dans l'obtention de la coupe des quatre maisons, de par le nombre impressionnant de points qu'il remportait à chaque cours. Et cela faisait également deux ans qu'il aidait à remporter la coupe de Quidditch que Severus adorait contempler dans son bureau.

C'était un élève brillant et prometteur, et désormais Severus Rogue ne le considérait même plus comme un Potter. Bien sûr, il n'irait pas jusqu'à dire qu'il avait de l'affection pour le jeune homme, ce n'était qu'un élève pour le moment, mais Severus plaçait beaucoup d'espoir en lui. Et quelque part, il le respectait. Cela devait être difficile, tout d'abord d'être un Potter à Serpentard, mais également de devoir supporter cette famille de Gryffondors stupides. Le petit avait du cran, et pour ça, Severus Rogue le respectait.

HPHPHPHPHPHPHP

A l'autre bout du château, une bande de jeunes Serpentards extrêmement joyeux faisait des plans pour la soirée à venir.

- Vous venez, le reste de l'équipe est en train de prévoir une énorme fête dans la salle commune, s'exclama d'une voix forte un Blaise surexcité à ses amis qui étaient toujours en train de commenter le match sur le terrain de Quidditch.

- Enorme du genre de celle de l'année dernière ? demanda Tracey en esquissant un léger sourire. Elle adorait les fêtes.

- Encore mieux il paraît, répondit Blaise, passant un bras autour de ses épaules. Il n'y aura que les Serpentards, excepté pour les amis Gryffondors et Serdaigles du héros du jour selon Warrington. Dépêchez-vous ils nous attendent.

Tous se dirigèrent alors en direction de la salle commune des Serpentards, riant et parlant, heureux d'avoir une occasion de s'amuser. Harry était à la traîne, discutant avec Luna, quand une voix féminine l'interrompit.

- Harry Potter, cria quelqu'un derrière lui. Se retournant, il vit Hermione Granger courir dans sa direction.

Il s'arrêta et attendit qu'elle ne le rattrape, curieux de savoir ce que le rat de bibliothèque Gryffondorien lui voulait.

- Je voulais te dire un truc, haleta-t-elle une fois arrivé devant lui. Oh bonjour Luna ça va ? dit-elle en apercevant la jeune Serdaigle.

- Oui, tu veux que je vous laisse ? demanda celle-ci à Harry, mais ce fut Hermione qui répondit.

- Oh non tu peux rester, ce n'est rien de très grave, lui assura-t-elle. Je voulais simplement te féliciter pour ce match Harry, je trouve que tu t'es vraiment très bien débrouillé, et aussi, je voulais m'excuser au nom de ma maison pour ce que ton frère t'a fait. Ce n'était pas digne d'un Gryffondor, et j'espère que tu ne nous voudras pas, dit-elle.

Harry était plus que surpris de cette déclaration. Il avait une relation polie, mais distante avec la jeune fille, mais ce qu'elle venait de faire, c'était très sympa.

- Ne t'inquiète pas, répliqua-t-il. Je suis juste en colère envers mon frère et ses idiots d'amis, mais mon opinion sur les Gryffondors reste la même, dit-il avec un petit sourire narquois. Mais je te remercie, ça me fait plaisir.

- De rien, répondit-elle, les joues rosies par sa course. En tout cas félicitations, tu méritais cette coupe.

- Tu n'es pas déçue que ta maison ait encore perdue ?

- Ce n'est que du Quidditch, dit-elle en haussant les épaules. Je suis venue voir le match uniquement parce que mes amies m'ont presque obligé. D'ailleurs je suis bien contente que tu ai vite attrapé le vif, comme ça le match n'a pas duré une éternité comme le dernier que j'ai été voir.

Harry laissa échapper un petit rire. Dans le monde sorcier, il y avait peu de personnes qui ne se lamenteraient pas d'une telle défaite.

- Tu n'aimes pas le Quidditch ? demanda-t-il, retournant au château en compagnie des deux jeunes filles.

- Ce n'est pas que je n'aime pas, c'est juste que je ne comprends pas pourquoi les sorciers prennent autant au sérieux au sport. C'est comme le football chez les moldus, mais enfin ce n'est qu'un sport, un hobby qu'on est censé pratiquer dans son temps libre, quelque chose pour nous permettre de nous détendre, de nous amuser et passer un bon moment. Mais toute cette compétition, tout cet argent, ça ôte l'esprit même de ces sports et ça les gâche je trouve, répondit-elle avec passion.

- Si ça peut te rassurer je pense comme toi. J'adore le Quidditch mais je n'irai pas en faire mon métier plus tard, ça c'est évident. Mais j'aime bien aussi me battre sur un terrain et montrer à tous que je suis un excellent joueur, et j'adore pouvoir battre mon frère, avoua-t-il avec un petit sourire malicieux.

- Oui je te comprends, répondit Hermione en souriant. Il faut avouer que ton frère est loin d'être facile à vivre.

Harry acquiesça et les trois adolescents rentrèrent au château tout en discutant tranquillement. Avec surprise Harry se rendait compte que la compagnie d'Hermione pouvait être agréable quand elle ne parlait pas de devoirs et de cours, sujets qui en temps normal semblaient l'obséder.

- Bon, je vais vous laisser, dit-elle une fois qu'ils furent arrivés devant la porte de la Grande Salle. J'ai entendu dire que vous alliez fêter la victoire de Serpentard, passez un bon moment. Et sur ce elle commença à s'éloigner, mais Harry la retint.

- Eh, tu voudrais venir, lui proposa-t-il avec un petit sourire.

- Tu es sûr ? Je ne sais pas, après tout je suis à Gryffondor et je ne pense pas que les membres de ta maison accepteront ma présence…

- Oh non ne t'inquiète pas, mes amis sont les bienvenus, répondit-il en haussant les épaules. Viens, on va passer un bon moment, je t'assure que tu vas t'amuser.

Hermione resta songeuse quelques secondes, puis un immense sourire illumina son visage et elle suivit Harry et Luna en direction de la salle commune des vert et argent où elle n'avait jamais mis les pieds.

HPHPHPHPHPHPHPHPHP

Quelques heures plus tard, la fête battait son plein, et comme Harry l'avait promis à la jeune Gryffondor, Hermione passait un excellent moment dans l'antre des serpents, même si de prime abord elle avait trouvé la salle commune assez froide et que Pansy Parkinson l'avait accueilli avec un 'mais qu'est ce qu'elle fait là la sang de bourbe ?'.

- Ferme-la Parkinson, avait alors répliqué Blaise. Ne prête pas attention à elle, avait-il ajouté à l'intention d'Hermione, ce n'est qu'une gamine prétentieuse qui ne sait même pas ce qu'elle dit la plupart du temps.

Si les amis d'Harry avaient été surpris de la voir, ils n'en montrèrent rien et l'accueillirent chaleureusement.

Dix minutes après leur arrivée des Serpentards de septième année étaient revenus avec des caisses entières de Biérabeurre pour les plus jeunes et de Whisky pur-feu pour les plus courageux et la fête avait commencé. De grandes bannières aux couleurs de leur maison étaient affichées dans toute la salle commune et une radio sorcière avait été installée pour pouvoir danser. Tous les Serpentards étaient présents pour l'occasion, et la salle était bondée.

L'alcool coulait à flot et du coin de l'œil Harry aperçut dans les coins des couples désinhibés par la boisson et l'esprit de la fête. Une Biérabeurre à la main il se dirigea vers un canapé où se trouvaient Jenny, Tracey et Lucas qui étaient en train de rire.

- Alors on ne danse pas ? demanda-t-il en s'asseyant sur la petite table juste en face du canapé.

- Trop de monde, cria Tracey par-dessus la musique. On préfère admirer Pansy Parkinson là-bas, dit-elle en montrant du doigt la piste de danse qui s'était improvisée dans la salle commune habituellement austère.

Harry rit en voyant la jeune Serpentarde visiblement saoule qui tentait de danser avec un Serpentard de sixième ou septième année. Tenter était bien le mot car elle ne cessait de trébucher et de faire des mouvements qui s'apparentaient à tout sauf à de la danse.

- La musique sorcière n'est pas terrible, commenta Lucas, et les deux filles à côté de lui acquiescèrent vigoureusement. Harry ne pouvait que leur donner raison. Il y avait peu de groupes sorciers qui faisaient dans la musique que les jeunes pouvaient écouter, et résultat, cela faisait déjà la troisième fois qu'ils écoutaient la même chanson.

- On pensait qu'on pourrait peut-être aller finir la soirée dans la salle sur demande, dit alors Jenny. On sait comment ensorceler une radio pour qu'elle diffuse de la musique moldue, et on aurait plus de place pour s'amuser.

- Qu'est ce que vous êtes en train de mijoter, les interrompit brusquement Blaise, s'écroulant à moitié sur Tracey.

- On pense à aller finir la soirée dans la salle sur demande, répondit cette dernière, poussant le Serpentard.

- Oh excellente idée, s'exclama Blaise en claquant des mains. Cette soirée devient monotone je trouve, on n'a pas assez de place pour danser et il n'y a presque plus de biérabeurre. Et en plus, si je dois encore voir Millicent Bulstrode et Vincent Crabbe en train de s'embrasser je crois que je vais vomir.

- Oh mon dieu c'est dégoûtant ! répondit Jenny en plissant le nez. Bon alors c'est réglé, je vais prévenir les autres que la fête change de location.

- Moi je vais aller chercher des provisions dans les cuisines, décréta Blaise, se relevant. Tracey, Lucas, un petit tour chez les elfes de maison ça vous dit ? Quoi que je ne vous laisse pas le choix, il me faut des bras pour m'aider à porter !

En riant les trois amis se levèrent et partirent aux cuisines rendre visite aux elfes qui étaient toujours ravis de les voir. Harry les regarda partir, un léger sourire sur les lèvres. Il avait passé un excellent début de soirée, et la suite promettait d'être encore meilleure. Cela faisait du bien de s'amuser, pour une fois.

Une heure plus tard tous étaient dans la salle sur demande, s'amusant plus que jamais. Du rock moldu hurlait dans la pièce, et tous dansaient et chantaient avec ferveur.

- Tu t'amuses, murmura Elisabeth dans l'oreille de son meilleur ami qui était assis dans un fauteuil, regardant Neville et Jenny danser sur une table sur un air d'un groupe appelé Nirvana.

- Oui, beaucoup, répondit-il avec un large sourire. J'avais besoin de ce break.

- On en avait tous besoin, fit-elle remarquer. On travaille très dur et on en oublie qu'on n'est que des ados de 12 ou 13 ans. On devrait passer plus de soirées de ce genre au lieu de tout le temps s'entraîner.

- Tu as raison, acquiesça-t-il. Tu n'as pas peur de ce que ton père ferait s'il découvrait que tu as passé la soirée avec nous ?

- J'emmerde mon père, déclara-t-elle d'un ton hautain et Harry poussa un sifflement de surprise.

- Votre langage Mlle Black, dit-il d'un ton faussement sérieux et sa meilleure amie éclata de rire. Le rouge de ses joues et la lueur dans ses yeux montraient qu'elle était plus détendue et heureuse que jamais.

- Allez, viens danser avec moi, ordonna-t-elle, se levant, et le saisissant par le bras. Harry lui obéit docilement et tous les deux rejoignirent leurs amis qui continuaient à danser sans s'arrêter.

Une fois sur la piste de danse, alors qu'elle était tout prés de lui, Harry songea qu'Elisabeth était véritablement une fille incroyablement jolie. Ses longs cheveux noirs qui flottaient dans son dos, ses yeux d'un bleu saphir, son visage aristocratique, sa démarche gracieuse et souple…elle était vraiment très belle, et elle le deviendrait encore plus en grandissant.

Et elle sent très bon, songea-t-il, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. On dirait une odeur fruitée, exotique même. C'est…charmant.

HPHPHPHPHPHPHPHPHP

Dans la tour Gryffondor on s'amusait beaucoup moins que chez les Serpentards. Bien sur, tous étaient déçus que Serpentard ait remporté la coupe de Quidditch. Ils étaient persuadés que cette année serait leur année, notamment pour le capitaine de l'équipe Olivier Dubois qui venait d'effectuer sa dernière année à Poudlard et qui avait désespérément voulu voir la victoire de prés.

Mais ce qui énervait plus le lion, c'était les 150 points perdus par leur star. 150 points perdus simplement parce qu'il avait voulu jouer un tour à son idiot de frère. Comment avait-il pu être aussi stupide ?

Devant l'ire de ses petits camarades, Ryan et ses deux complices s'étaient réfugiés dans son dortoir, tandis que son fidèle compagnon Ronald Weasley tentait de calmer les Gryffondors, et notamment les jumeaux qui étaient furieux. Eux qui étaient si près de remporter la coupe des quatre maisons ! Quelques heures auparavant les sabliers indiquaient qu'il leur manquait seulement 9 points pour dépasser les serpents, et à quoi servait Hermione Granger si ce n'est à leur ramener des points facilement !

Emmett Black assistait à la scène d'un air songeur. Il avait ignoré quels étaient les plans de son meilleur ami jusqu'à ce qu'il ne les voit de ses yeux. Bien sur, il savait que Ryan mijotait quelque chose, mais il avait pensé que c'était une simple blague, rien de bien méchant.

Un tel comportement le décevait beaucoup. C'était indigne d'un Gryffondor, c'était inutile, et mesquin. Surtout que Ryan savait que les détraqueurs affectaient fortement son jumeau, il l'avait avoué à Emmett quelques mois plus tôt. Quand Harry était face à un détraqueur, Ryan ressentait une forte douleur à la tête et voyait tout ce que son frère voyait. Et pourtant il avait décidé de lui jouer ce tour. C'était tout simplement cruel, et Emmett en voulait à Ryan d'avoir agi de la sorte.

En revanche, il avait été impressionné par le patronus qu'avait conjuré Harry. Emmett savait que c'était de la magie qu'on apprenait seulement l'année des ASPICS, et encore, beaucoup de sorciers n'en étaient pas capables. C'était incroyable qu'il ait pu réussir à faire cela.

Et plus incroyable encore était la forme qu'avait prise son patronus. Un lycanthrope, c'était…original c'était le moins qu'on puisse dire. Emmett avait tout de suite reconnu la forme de son oncle Remus et avait été fasciné. La forme argentée était bien plus parlante que les représentations que l'on pouvait voir dans des livres, et Emmett avait toujours voulu voir à quoi cela ressemblait. Mais la silhouette argentée avait l'air bien moins féroce et cruelle que tout ce qu'il avait pu imaginer. Au contraire, on aurait presque dit que le loup-garou semblait doux, et protecteur en un sens. C'était étrange.

Emmett n'avait absolument rien contre Harry. Il était à Serpentard, et alors ? Sa tante Andromeda et son oncle Ted avaient également été à Serpentard, et c'étaient des personnes géniales. Mais le reste de sa famille ne voyait pas les choses sous cet angle, il était persuadé qu'Harry finirait mal. C'était stupide selon Emmett, mais il n'avait pas le courage de s'opposer à Ryan et les autres et d'exprimer à voix haute son désaccord. Ainsi, il ne parlait pas à Harry et faisait semblant.

Mais il savait que sa sœur n'était pas dupe de sa comédie. Il était heureux que depuis l'année dernière ils s'entendent bien à nouveau, mais Elisabeth était très intelligente, et fréquemment elle lui demandait pourquoi il continuait à trainer avec Ryan et ses sbires.

Mais s'il cessait d'être ami avec eux, il serait seul ! Ryan était son meilleur ami depuis qu'ils étaient enfants, il ne pouvait pas rompre cette habitude, ce mode de vie confortable qui plaisait à ses parents. Et puis, Ryan n'était pas tout le temps comme ça. Ils avaient de bons moments ensemble, surtout quand les Weasley ou d'autre fans n'étaient pas là et que Ryan ne cherchait pas à impressionner quelqu'un.

La vie était bien plus facile quand ils étaient tous des enfants, songea-t-il avec amertume. Lui qui pensait que venir à Poudlard serait une aventure formidable, la vérité avait été tout autre, et aujourd'hui plus que jamais il avait perdu tous ces repères.

Note de l'auteur : merci à tous pour vos reviews, les réponses seront sur mon LJ demain matin ainsi que des explications sur les animagus et les couples...

Le prochain chapitre sera posté vendredi dans l'aprés-midi car je pars en week-end...d'ici là, vous savez ce que je veux...gros bisous à tous et à bientôt