Bleach et Labyrinthe appartiennent à leur propriétaires respectifs.
Les blocards eurent un mouvement de recul et un grand silence prit place dans la pièce. Les observateurs ne dire rien, se contentant de prendre des notes sur des cahiers ou des calepins. Tous portaient des chemises blanches et des blouses noires. Ils n'affichaient aucune expression, restant absolument neutres. Certains remirent leurs lunettes, d'autres se grattèrent la tête, une femme hocha la tête… Ils ne semblaient aucunement impressionnés ou étonnés de ce qui se trouvait devant eux.
- Non mais c'est qui ceux-là ? Grogna Ichigo.
- Les Créateurs, répondit Minho. Je vais tous vous buter ! Hurla-t-il à leur encontre.
- Mais qu'est-ce qu'ils attendent ? Grimaça la maton des coureurs.
- Si ça se trouve ils ont réactivés les griffeurs et vont à nouveaux les… Commença Newt avant d'être coupé par une sonnerie assourdissante.
Paniqué le groupe se tourna dans tout les sens, cherchant l'origine du bruit. Tout était comme à leur arrivée, rien n'avait bougé. Puis le groupe se tourna vers les portes qui pivotaient vers eux. La sonnerie cessa et laissa place à un lourd silence.
Deux personnes entrèrent dans la pièce, une femme assez ordinaire vêtue d'un pantalon noir et d'une chemise blanche avec le logo WICKED brodé en bleu sur sa poitrine. Enfin ses cheveux étaient châtains, lui arrivant aux épaules, son visage était étroit et ses yeux foncés. Elle avança avec un visage neutre et s'arrêta à quelques mètres d'eux, les détaillants d'un regard froid. A côté d'elle se tenait un garçon vêtu d'un sweat-shirt trop large dont la capuche masquait son visage. Le jeune capitaine vit Tsukishiro froncer les sourcils en le regardant.
- Bienvenue chez vous, déclara la femme, ça fait maintenant trois ans et vous avez eut si peu de morts. C'est remarquable.
Les blocards en restèrent bouche bée et le blanc senti la maton des coureurs trembler de rage.
- Pardon ? Demanda froidement Newt.
- Tout s'est déroulé conformément au plan, Monsieur Newton. Fit-elle en regardant le blond. Même si nous pensions que vous seriez plus nombreux à renoncer.
La femme tourna ensuite les yeux vers son compagnon, qui rabattit sa capuche, dévoilant des yeux mouillés de larmes. Les blocards poussèrent une exclamation de surprise.
Gally.
- Mais qu'est-ce qu'il fout ici celui-là ? S'emporta Minho.
- Vous ne risquez plus rien ici, reprit la femme, ignorant les mots du jeune homme. Vous pouvez vous détendre à présent.
- Nous détendre ? Rit amèrement Tsukishiro. Non mais vous êtes qui pour nous dire ça ? Après tout ça vous nous demandez de nous ''détendre'' ? C'est une blague ?
- C'est clair ! Apportez nous un responsable, la police, l'armée, le président si il le faut ! Reprit Minho.
La femme le dévisagea un moment avant de froncer les sourcils.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles petit. Je m'attendais à mieux venant de quelqu'un ayant passé trois ans dans le Labyrinthe.
Alors que Minho allait répondre Newt le coupa.
- Gally, comment vas-tu ?
Les blocards le regardèrent avec étonnement puis posèrent les yeux sur l'intéressé. Ses yeux flamboyaient et sa tête tremblait légèrement, mais il ne dit rien.
Quelque chose ne va pas. Fit la blanche.
Le capitaine doutait que ça lui soit vraiment adressé alors il ne répondit pas mais fit un léger signe de tête, effectivement il y avait quelque chose d'étrange.
La femme reprit.
- Un jour vous nous serez reconnaissants de ce que nous avons fait pour vous. Je vous le promets et je pense que vous comprendrez. Dans le cas contraire ça voudra dire que nous avons eu tord. Les temps sont durs, monsieur Newton. Très durs. Naturellement il reste une dernière variable.
Sur ces mots elle recula légèrement et l'attention des blocards se tourna vers Gally. Le garçon tremblait des pieds à la tête et son visage était livide, ses lèvres pincées frémissaient, comme si il essayait de leur dire quelque chose.
- Gally ? Demanda Tsukishiro, essayant de réprimer sa colère.
- Ils… me… contrôlent… Bredouilla-t-il. Je n'arrive pas… à… Je… je dois… Fit-il en plaçant ses mains sur sa gorge.
Il haletait, comme si chacun de ses mots étaient l'œuvre d'un effort insoutenable. Tout d'un coup il se tut et se détendit complètement. Gally passa alors sa main dans son dos et sortit de sa poche un objet assez long, un couteau, un long couteau de chasse. Avec une habilité inattendue il arma son bras et lança son couteau sur Tsukishiro. Celle-ci écarquilla les yeux de surprise, ne s'attendant pas à être attaquée. Elle vit le couteau tournoyer vers elle et se prépara à l'éviter mais un cri retenti à côté d'elle et soudain Toru se plaça entre elle et l'arme. C'était trop tard, elle ne pouvait pas pousser Toru, elle ne pouvait pas arrêter l'arme… Elle était totalement impuissante. En en bruit effroyable le couteau s'enfonça en plein dans le torse du jeune homme. Celui-ci hurla de douleur et s'écroula au sol en tremblant violement. Un flot de sang jailli sur le sol et une écume blanche perla de ses lèvres. Tsukishiro sentit toutes ses forces l'abandonner et son cœur se broyer, comme arraché violement, morceau par morceau, de sa poitrine. Elle tomba à genoux près de lui, tenant fébrilement son corps entre ses petites mains.
- Toru ! Hurla-t-elle, la voix coupée de sanglots difficilement retenus. Toru je t'en prie !
Malgré ses hurlement douloureux le brun continuait de trembler, perdant toujours plus de sang, venant tâcher les longs cheveux immaculés de la jeune fille.
- Toru ! Toru … Gémit-elle.
Elle serra les yeux, elle savait qu'il n'y avait rien à faire, mais pourquoi avait-il fait ça ?! Pourquoi ?!
- Tsu… Tsuki… Murmura faiblement le brun.
- Toru ! Accroche-toi, s'il te plait ! Pas toi, pitié pas toi !
Elle sentit sa vue se flouter et des images du jeune homme quand ils étaient dans le Labyrinthe lui revinrent par centaines. Le jour où elle l'avait vu arriver par la boite, le soulagement qu'elle avait ressentit en sachant qu'elle ne serait plus seule ici, la joie qu'ils avaient partagés durant toutes ses années, leurs disputes, leurs jeux de taquinerie, leur amitié, leur fratrie… Il avait été comme un frère dans cet enfer, un frère sur qui compter, un frère à qui elle n'avait pas hésité à confier la tâche de soutenir et administrer le Bloc… C'était injuste, certes il avait changé depuis sa transformation mais il était toujours son frère…
- Tsuki… Je… je te les… confie… Fit-il, coupé par une toux ensanglantée. Sois forte Tsuki… Sois…
Il ne put finir, ses paupières se fermèrent et son corps devint lourd. Tsukishiro laissa échapper de nombreuses larmes silencieuses. Une rage sans nom prit possession d'elle, une haine terrible emplit tout son corps. Les deux shinigamis sentirent son reiatsu exploser, même si elle tentait de le maintenir il lui échappait inévitablement. Un reiatsu lumineux et puissant, ils semblaient être les seuls à le voir s'échapper d'elle. Son reiatsu tournoyait autour d'elle, reflétant parfaitement sa rage et sa colère. Elle se leva doucement et en un flash blanc se jeta sur Gally, qui bascula violement en arrière. Les blocards clignèrent des yeux, ébahis, sans qu'ils n'aient eu le temps de comprendre ce qu'il s'était passé ils se trouvaient face à un Gally effrayé et un énorme loup blanc le plaquant au le sol en grognant.
Des cris de surprise éclatèrent dans l'assemblée et l'animal planta ses griffes dans le torse du jeune homme avant de mordre violement son épaule. Le garçon tenta de se défendre en donnant des coups de pieds dans les flans de la bête, celle-ci ne sembla pas s'en préoccuper et recula d'un pas avant de se jeter à nouveau sur lui, lui lacérant profondément le torse et les hanches de ses puissantes pattes et en lui mordant violement le bras gauche. Le garçon hurla de douleur alors que l'animal poussait des hurlements à glacer le sang.
Enfin Minho et Newt réagirent en tirant l'animal loin de Gally. Quand ils le lâchèrent le loup recula de quelques pas et secoua violement la tête, comme pour reprendre ses esprits. Ses yeux se posèrent de nouveau sur Gally, qui le regardait avec crainte et qui était couvert de sang. La bête grogna à nouveau avant qu'Hana ne se place entre les deux adversaires. La jeune fille voyait bien la rage présente dans les yeux violacés de l'animal, mais elle ne bougea pas.
- Tsuki ! ça suffit ! T'acharner comme ça sur lui ne ramènera pas Toru !
Une vague d'exclamation surprise traversa les blocards, comment ça Tsuki ? Cet animal était Tsukishiro ? Dès qu'il l'avait vue se transformer ils auraient dû comprendre mais ils avaient refusé, trop étonnés, trop effrayés. Comment était-ce possible ?
La louve leva la tête, une nouvelle expression sur ses traits, de la tristesse, du désespoir. Après un hurlement loupin elle reprit forme humaine, à genoux sur le sol, les mains couvrant son visage, ses épaules tremblantes sous ses sanglots. Sans réfléchir Hana accourue à ses côtés, la serrant dans ses bras. Jamais Tsukishiro n'avait à ce point dévoilé ses faiblesses, jamais elle n'avait pleuré en trois ans d'enfer. Mais aujourd'hui la mort de Toru était de trop, trop pour leur jeune maton.
- On devait partir ensemble… s'en sortir ensemble… Sanglota-t-elle.
- Je sais…
- Il était comme un frère… c'était mon ami, il savait et il ne m'a jamais abandonnée, il ne m'a jamais rejetée ! Gémit-elle.
- Je sais… Ho Tsuki… Tout ça c'est la faute des Créateurs, tu n'y peux rien. Tu dois continuer à être forte, pour lui.
La plus jeune hocha la tête, tentant de calmer ses sanglots. Les blocards se regardèrent les uns les autres, les coureurs survivants comprenaient maintenant pourquoi le loup qu'ils avaient put croiser dans le Labyrinthe les protégeait contre les griffeurs, et surtout pourquoi il était là, depuis le départ c'était Tsukishiro. Plus qu'effrayés ils étaient plutôt reconnaissant à présent, elle les avait toujours protégés. Hana avait dit que c'était la faute des Créateurs, surement que la jeune fille avait été la victime d'expériences de leur part. Cette réalisation fini de calmer les blocards, ça prouvait combien les Créateurs étaient vils, s'en prendre à une enfant…
Tsukishiro fini par cesser de sangloter et se leva, aidée par Hana. Elle devait se reprendre, elle expliquerait tout aux autres plus tard, elle était même prête à un rejet de leur part, elle l'avait toujours été, mais maintenant ils devaient en finir avec les Créateurs, avec tout ça.
La femme en chemise reprit calmement.
- Prodigieux. Fit-elle en hochant la tête. Tu es vraiment un sujet fascinant Tsukishiro. Au demeurant, reprit-elle, toutes choses n'arrivent jamais sans raison. Vous devez le comprendre, tous.
Tsukishiro la dévisagea incrédule et furieuse, comment osait-elle dire ça ?
Alors qu'elle allait ajouter quelque chose la femme fut interrompue par des cris et des bruits de lutte de l'autre côté des vitres. Elle blêmit et se retourna, la panique marquée sur ses traits. En suivant son regard les blocards purent voir des hommes et femmes vêtus de vieux jeans sales et de manteaux trempés, armes en main, entrain d'entrer dans la salle en criant. Leurs armes, dont des fusils et pistolets, semblaient assez anciens. Comme si elles avaient été abandonnées avant de resservir des années plus tard.
Deux des nouveaux arrivants plaquèrent la femme au sol sous le regard stupéfait des blocards. L'un d'eux recula et arma son pistolet avant de le diriger vers la femme. Trois détonations résonnèrent dans la pièce, la femme était morte, baignant dans son propre sang. Les blocards reculèrent d'un pas, choqués. Un des hommes présent s'avança tandis que les autres se plaçaient autour d'eux en tirant vers les fenêtres. Celles-ci se brisèrent et de longs cris ponctués de giclées de sang résonnèrent. En face d'eux l'homme qui s'était avancé, un grand brun assez jeune, prit la parole d'une voix tendue.
- Je n'ai pas le temps de tout vous expliquer. Contentez vous de me suivre et courez comme si votre vie en dépendait. Et je peux vous assurer que c'est le cas.
Sur ces mots il fit signe à ses collègues et repassa les portes vitrées au pas de course, son arme prête à être utilisée. D'autres bruits de luttes résonnèrent, ce qui força le groupe à écouter ce qu'il leur avait dit.
- Allez ! Leur cria un des acolytes du brun.
Malgré une hésitation le groupe fit rapidement ce qui lui avait été demandé, courant derrière leurs ''sauveurs'', loin du Labyrinthe, loin des Griffeurs, loin de cet enfer. En revanche Tsukishiro n'avait pas bougée et Hana tentait tant bien que mal de la faire bouger. Après un regard avec le roux le jeune capitaine se rua vers la blanche et lui saisi le poignet.
- Allez Tsukishiro ! On ne peut pas rester là ! Il faut partir !
- On ne peut pas laisser Toru ici… Fit-elle faiblement.
- Il le faut ! Allez ! Ordonna-t-il en la tirant vers la sortie.
Bien que faiblement, la jeune fille le suivi sans protester d'avantage, lançant un dernier regard vers le corps inerte de son ami, elle détourna la tête et sera les yeux, se laissant entrainer par le capitaine, Hana non loin d'eux. Rapidement ils rejoignirent le groupe dans une série longue de couloirs et d'escaliers. Tsukishiro ne ressentait plus qu'un profond vide, courant machinalement, guidée par la main du capitaine autour de son poignet. Elle était fatiguée, toute énergie, toute volonté l'avait quittée, plus que jamais elle avait perdu ce qui avait fait sa vie depuis sa perte de mémoire. Quand elle reprit ses esprits le groupe traversait une porte vitrée et sortaient à l'extérieur dans la nuit noire. La pluie chaude et battante sur son visage fini de la faire reprendre conscience. Elle vit qu'il pleuvait des cordes et que de nombreuses flaques s'étaient formées au sol.
Leur guide s'arrêta non loin d'eux, devant un grand bus aux flancs rayés et cabossés, dont la plupart des vitres étaient soit brisées soit fendues.
- Grimpez ! Cria l'homme. Vite !
Les blocards s'exécutèrent rapidement, montant un a un dans l'engin. Tsukishiro et Toshiro furent les derniers à monter, Hana ayant rejoint Ichigo juste avant. Cependant au moment où la jeune fille allait monter dans le véhicule une main s'abattit violement sur son épaule, l'entrainant en arrière, obligeant le capitaine à la lâcher. Elle tomba lourdement au sol, lui coupant momentanément la respiration. C'est alors qu'elle vit le visage d'une femme, ses cheveux étaient gras, sa peau était pâle et fripée, couverte d'ulcères purulents, et une atroce odeur d'œuf pourri émanait d'elle. La jeune fille dû retenir sa respiration pour ne pas faire sentir d'avantage cette horrible odeur à son odorat sensible. La femme ouvrit la bouche et hurla.
- Z'allez tous nous sauver ! Z'allez tous nous sauver d'la Braise !
Sans raison elle éclata de rire et hurla quand l'un des ''soldats'' la poussa violement de la petite blanche. D'un geste celle-ci se releva et recula jusqu'au capitaine qu'on avait empêché de sortir du bus.
- Ça va ? Demanda-t-il.
- Oui… Je crois… Fit-elle vaguement en voyant l'homme trainer la femme loin d'eux alors que celle-ci pointait le doigt sur eux.
- Les croyez pas ! Z'allez nous sauver d'la Braise ! Cria-t-elle avant que l'homme ne la jette durement au sol.
- Reste ici ou je te descends ! Et toi, fit-il en regardant la plus jeune, monte dans le car !
Un peu déboussolée et dépassée par ce qui ce passait elle obéit rapidement, se laissant entrainer dans le véhicule par le capitaine. Ils prirent place au fond du bus, côte à côte, tandis que la pluie battante lacérait les vitres et que le tonnerre grondait au dessus d'eux.
Que voulait cette femme ? Demanda le blanc.
La jeune fille ne sut que répondre, se contentant de secouer la tête. Le jeune homme soupira et regarda l'intérieur du bus, tout le monde était installé, une expression inquiète sur le visage. Une femme s'installa de l'autre côté de l'allée et leur guide prit place au volant. Le bus démarra rapidement en un grondement sourd. La maton des coureurs vit la femme courir derrière le bus, une lueur de folie dans les yeux, pour finalement disparaître dans la nuit. Le bus accéléra de nouveau et s'enfonça dans la pluie battante.
Voilà ! Nous arrivons bientôt au bout de ce premier tome ! Le second suivra dans la foulée ! Merci infiniment à tout ceux qui mon suivie et soutenue tout au long de cette histoire, je pense notamment à jadeisa31 et Toshiro-Hitsugaya222 ! A bientôt !
